Marc Vannesson : "Les Français sont beaucoup moins bien formés aux premiers secours qu'ailleurs en Europe"
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Questions et réponses
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Demain c'est la journée mondiale des premiers secours organisés par la Croix-Rouge.
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Alors pourquoi vous l'expliquez ?
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Quels sont les accidents les plus fréquents qui touchent les enfants ?
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On en parle beaucoup moins, est-ce qu'ils sont plus fréquents ou moins fréquents ?
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Alors qu'est-ce qu'on apprend précisément dans ces ateliers ?
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On est mauvais élèves donc, est-ce que c'est payant ces ateliers ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On est beaucoup moins formés aux premiers secours que beaucoup de pays européens. »
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« Vous disiez 4 sur 10 en France, en Allemagne 80% des personnes sont formées aux premiers secours, en Norvège on a 95%. »
- 1:02InvitéFait
« Alors les accidents de la vie courante sont la première cause de mortalité chez les enfants. »
- 5:09InvitéChiffre
« 25 millions d'euros qui ne sont pas compensés aujourd'hui par les boucliers énergétiques. »
- 5:18InvitéFait
« On est obligé de réduire le panier moyen qu'on donne aux personnes. »
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France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, 6-9.
L'invité de 6h20 avec vous Marion Lourdes.
Demain c'est la journée mondiale des premiers secours organisés par la Croix-Rouge. Nous sommes 4 sur 10 seulement à maîtriser les gestes qui sauvent et on en parle avec le directeur des programmes de la Croix-Rouge. Bonjour Marc Vanesson. Bonjour. Vous organisez demain des ateliers un peu partout en France. La bonne nouvelle c'est qu'il y a de plus en plus de candidats pour apprendre ces gestes qui sauvent.
Oui effectivement ça remonte, on avait eu une vraie chute avec la crise du coronavirus et maintenant on a de plus en plus de Français qui prennent conscience de l'importance de ces gestes.
Alors pourquoi vous l'expliquez ?
Parce qu'après les attaques terroristes il y avait eu déjà cette forte mobilisation. Je pense que confrontés à des situations d'urgence de plus en plus de Français ont envie de pouvoir passer à l'action.
Et parmi ceux qui veulent se former au premier soin il y a beaucoup de parents, beaucoup de grands-parents qui s'inquiètent notamment pour leurs enfants. Quels sont les accidents les plus fréquents qui touchent les enfants ?
Alors les accidents de la vie courante sont la première cause de mortalité chez les enfants. Et notamment chez les 0-14 ans il y a les risques de noyade et d'étouffement. Et donc on a vraiment besoin de pouvoir se former. Ça peut être réagir face à un évanouissement, une coupure, un risque électrique. Et donc tous ces sujets qui sont souvent, on en parle beaucoup moins que les accidents de la route par exemple, sont pourtant une vraie cause d'accidents et de mortalité chez les enfants.
On en parle beaucoup moins, est-ce qu'ils sont plus fréquents ou moins fréquents ?
Comme je le disais tout à l'heure, sur les enfants, la mortalité c'est d'abord sur les accidents de la vie courante.
Alors qu'est-ce qu'on apprend précisément dans ces ateliers ?
Alors c'est vraiment, l'idée c'est de pouvoir passer à l'action. Donc c'est très pratique, on a une séance d'initiation qui ne dure qu'une demi-journée pour le soin des premiers secours aux enfants et aux nourrissons. Avec justement plein de mises en situation, comment réagir si votre enfant saigne abondamment, si il perd connaissance, comment faire un massage cardiaque sur un nourrisson, ce n'est pas la même chose que sur un adulte. Vraiment c'est de la mise en situation avec l'idée de passer à l'action. On est beaucoup moins formés aux premiers secours que beaucoup de pays européens.
Vous disiez 4 sur 10 en France, en Allemagne 80% des personnes sont formées aux premiers secours, en Norvège on a 95%.
On est mauvais élèves donc, est-ce que c'est payant ces ateliers ?
Oui, alors les ateliers dont vous parliez dans toute la France, demain c'est gratuit, c'est des séances d'initiation, des stands, plein d'événements. Et après les séances d'initiation sur une demi-journée, ça coûte 30 euros de se former.
Est-ce que ça devrait être finalement gratuit, obligatoire pour tous peut-être ? Est-ce que c'est pour ça que nos voisins sont meilleurs que nous ?
Alors, il y a déjà maintenant l'obligation de se former dans les programmes scolaires. On a du mal à le réaliser pour de vrai malheureusement dans les établissements, mais c'est déjà une bonne source pour développer cette formation. C'est vrai qu'on pourrait généraliser encore plus cette formation en la rendant encore plus accessible. Il faut savoir qu'il y a aussi beaucoup de collectivités locales, par exemple, qui financent ces sessions de formation.
Marc Vanesson, en cette période de forte chaleur, est-ce qu'il y a des incidents, je dirais, supplémentaires qui peuvent toucher les enfants, les coups de chaleur, les choses comme ça, des choses qu'il faut surveiller ?
Oui, tout à fait. Notamment le risque de déshydratation. On en parle pour les personnes âgées, mais ça existe aussi pour les plus jeunes et pour les enfants. Donc, il faut être très vigilant. Et les coups de chaleur, notamment pour les travailleurs en extérieur, c'est un vrai souci. Il faut prendre attention à ces éléments.
Ça, c'est la prévention. Et si je remarque que mon enfant ou que mon collègue, tout d'un coup, est pris d'un coup de chaleur, d'une insolation, qu'est-ce que je dois faire ?
On a toujours trois grands principes sur les premiers secours. Protéger, alerter, secourir. Donc, protéger, c'est mettre fin à la situation qui cause le danger ou le risque. Essayer de prévenir en amont. Alerter les secours. Et plus on est rapide, plus les secours arrivent rapidement. Et secourir, c'est justement ce qu'on apprend dans ces séances d'initiation, c'est de poser les premiers gestes pour réagir.
Je vous repose la question parce que vous ne m'avez pas complètement répondu tout à l'heure. Est-ce qu'il faudrait vraiment une formation obligatoire ?
En tout cas, si on veut vraiment atteindre cet objectif que fixent les pouvoirs publics d'arriver à 80% de personnes formées au premier secours, c'est sans doute la bonne réponse. On a déjà fait beaucoup en l'inscrivant dans les programmes scolaires. Maintenant, il faut passer à la réalité. Et puis vraiment, on invite tous les Français à se former massivement. C'est bon pour eux. Et même, ça les rend plus sûrs au-delà de la réaction face à une situation d'urgence. Quand on est formé, quand on est prêt à réagir en situation de crise, on est aussi mieux dans sa peau et mieux avec les autres.
Alors, Marc Vanesson, on a entendu le week-end dernier le cri d'alarme des Restos du Coeur qui était mis en difficulté financière par l'inflation notamment. Est-ce que cette inflation, elle pèse aussi sur vous, sur la Croix-Rouge ?
Oui, clairement, on est très frappé par la hausse de la facture énergétique notamment. On s'est tourné d'ailleurs vers les pouvoirs publics, vers les entreprises pour venir en aide à la Croix-Rouge et nous aider à accomplir notre mission au service des plus fragiles.
Vous avez besoin de combien ?
25 millions d'euros qui ne sont pas compensés aujourd'hui par les boucliers énergétiques. Donc ça, c'est un vrai sujet et notamment sur l'aide alimentaire. On est obligé de réduire le panier moyen qu'on donne aux personnes. Votre collègue tout à l'heure parlait de toutes ces applications qui permettent...
Tout go, tout go, des choses comme ça pour acheter moins cher en quelque sorte.
C'est positif, mais ça a un effet négatif sur les associations comme nous. C'est qu'on a moins de ramasses, c'est-à-dire qu'on récupère moins de produits invendus pour les distribuer aux personnes fragilisées. Donc on a besoin de plus d'argent pour pouvoir acheter nous-mêmes des biens qu'on peut redistribuer. Donc ça, c'est un vrai besoin. La bonne nouvelle, c'est quand même que les Français restent généreux malgré l'inflation. Les volumes des dons restent à peu près stables, même si les plus petits dons baissent, ce qui montre que les Français les plus en difficulté ont moins la possibilité de donner. Et il y en a beaucoup qui, du coup, donnent du temps.
Et par exemple, à la Croix-Rouge française, on a plus de bénévoles en ce moment, et c'est une bonne chose. On en a besoin pour venir en aide sur l'aide sociale, mais aussi, justement, sur le premier secours, les secourismes, notamment dans la perspective des Jeux Olympiques, où on a l'obligation de former massivement les Français au secourisme.
Vous dites qu'on a lancé un appel très très rapidement. Est-ce qu'il a été entendu déjà ? Vous avez eu un retour de la part du gouvernement ?
Pas suffisamment.
Merci Marc Vanesson, directeur des programmes de la Croix-Rouge. Je rappelle que c'est la journée mondiale des premiers secours demain, avec entre autres à Paris des ateliers toute la journée, sur le parvis de la mairie du 19e arrondissement.