Comment le Qatar est-il devenu indispensable ?
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Comment le Qatar est-il devenu indispensable ?
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Quels sont les éléments qui ont fait du Qatar un acteur clé ?
- 0:29OuverteRéponse directe
Pourquoi les dirigeants internationaux se précipitent-ils à Doha ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Quels sont les talents du Qatar pour la médiation internationale ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Pourquoi le Qatar est-il connu des spécialistes de la région ?
- 4:55OuverteRéponse directe
Quel est le type de médiation pratiquée par le Qatar ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« le Qatar, parlent à tout le monde, hébergent la plus grande base américaine au Moyen-Orient en même temps que la direction politique du Hamas »
- 2:12InvitéFait
« Nous sommes arrivés tout près d'un accord de nombreuses fois ces six dernières semaines. »
- 2:18InvitéFait
« On a trouvé la méthode qui pouvait entraîner un accord entre les deux camps sur le nombre d'otages libérés d'un côté et le nombre de prisonniers relâchés de l'autre. »
- 3:50InvitéFait
« les négociations pour le retrait des Américains d'Afghanistan se sont passées au Qatar. »
- 6:50InvitéFait
« il y a eu cette crise du Golfe en 2017 qui a duré presque 4 ans, où l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont décidé de boycotter le Qatar. »
- 10:49InvitéFait
« le Qatar abrite maintenant depuis de nombreuses années les responsables frères musulmans qui sont en difficulté dans leur pays d'origine »
- 12:13InvitéFait
« le Qatar abrite la plus grande base américaine de la région »
- 17:28InvitéChiffre
« en Arabie Saoudite il y a 30 millions d'habitants dont 20 millions de Saoudiens »
- 22:57InvitéFait
« quand l'Arabie Saoudite impose un blocus plus rien ne rentre dans ce pays »
- 28:50InvitéFait
« le Qatar a abrité pendant quelques années un bureau de représentation commerciale israélien au Qatar »
- 34:05PrésentateurFait
« choisi Total Energy comme premier partenaire étranger pour développer le plus grand champ de gaz naturel du monde »
- 34:56InvitéChiffre
« c'est 3-4 fois le niveau des Français du PIB »
- 37:15InvitéFait
« 300 000 personnes qui vivent quand même dans des conditions tout à fait satisfaisantes »
- 37:45InvitéChiffre
« 90% de la population au Qatar est étrangère »
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Bonsoir, rentrons ensemble dans un temps du Daba consacré ce soir au Qatar. A l'ordre du jour ce soir, comment le Qatar est-il devenu indispensable ? Lula y était jeudi, l'Emmanuel Macron samedi, Erdogan y est aujourd'hui depuis le 7 octobre et les massacres du Hamas au sud d'Israël, les dirigeants internationaux se précipitent à Doha, au Qatar. C'est le cas également du chef du Mossad, David Barnier, qui s'y est rendu à plusieurs reprises pour discuter du sort des otages israéliens.
Car depuis une vingtaine d'années, voire une trentaine d'années, ce petit état du Golfe Persique a choisi, outre de développer son influence dans le sport mondialisé en investissant dans des grands clubs internationaux et en organisant la dernière coupe du monde de football, de créer la chaîne Al Jazeera et de se poser en puissance négociatrice entre états comme les Etats-Unis et des groupes terroristes comme le Hamas où les talibans, le Qatar, parlent à tout le monde, hébergent la plus grande base américaine au Moyen-Orient en même temps que la direction politique du Hamas soutient les frères musulmans et parle à Israël tout en n'ayant jamais reconnu ce pays.
Bref, il mène une politique qui l'a sorti de l'isolement que ses voisins du Golfe avaient tenté de lui imposer pendant plusieurs années. Nous en discutons avec nos trois invités, avec Agnès Levallois. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Vous êtes vice-présidente de l'IREMO, Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient. Avec nous également en studio, Laurent Bonnefoy. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes politiste, spécialiste de la péninsule arabique, chargé de recherche au Syrie, le Centre de Recherche Internationale de Sciences Po à Paris. Et enfin, à distance avec nous, Romain Grandjean. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes directeur régional du Pôle Moyen-Orient et Afrique du Nord au Centre pour le Dialogue Humanitaire. Vous nous expliquerez ce qu'est ce centre dont nous avons déjà parlé il y a un peu plus d'une semaine en compagnie de Pierre Hazan.
Il y a eu beaucoup de contretemps au cours de la médiation. Nous sommes arrivés tout près d'un accord de nombreuses fois ces six dernières semaines. Mais la semaine dernière, nos discussions ont été fructueuses. On a trouvé la méthode qui pouvait entraîner un accord entre les deux camps sur le nombre d'otages libérés d'un côté et le nombre de prisonniers relâchés de l'autre. La nature de l'aide humanitaire qui pourrait entrer à Gaza et la pause humanitaire qui entrerait en vigueur. Et on a travaillé aux aspects logistiques, les déplacements, la surveillance.
Régler toutes ces questions cette dernière semaine nous a permis d'avancer et de trouver les termes pour que chaque partie s'engage dans un accord. C'est ce qu'on a pu faire à la fin pour obtenir la signature des deux camps.
C'était le 23 novembre dernier sur notre antenne sur France Culture. Il y a donc presque deux semaines, c'était Majed Al-Ansari, le conseiller du Premier ministre du Qatar et porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans le journal de 18h. On peut dire effectivement que pour beaucoup de personnes jusqu'à cette négociation autour des otages, Agnès Levaloin, le Qatar c'était le pays qui avait organisé la Coupe du Monde. C'était un pays du Golfe qui avait d'énormes ressources en gaz, qu'il partageait d'ailleurs avec l'Iran. Et puis on n'en savait pas beaucoup plus que cela. On connaissait Dubaï pour son côté de hub international entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe.
Mais le Qatar apparaissait comme un endroit un peu, disons, méconnu. Et là, d'un seul coup, il apparaît sur la carte internationale. Mais pour les spécialistes comme vous, il est depuis longtemps sur la carte internationale.
Oui, c'est un État qui effectivement, pour ceux qui s'intéressent à cette région, c'est un pays qui est connu. On a d'ailleurs parlé pas mal du Qatar au moment de la négociation entre les Américains et les Talibans. Puisque les négociations pour le retrait des Américains d'Afghanistan se sont passées au Qatar. Et déjà le Qatar avait montré à cette occasion ses talents, si je puis dire, ou en tous les cas sa capacité à pouvoir réunir une réunion aussi délicate.
et qui montrait justement cette volonté du Qatar qui avait non seulement beaucoup investi, vous l'avez rappelé dans votre présentation, dans le Soft Power à travers sa chaîne de télévision Al Jazeera, qui est la première chaîne internationale arabe et qui a marqué et qui a provoqué une révolution médiatique dans toute la région du monde arabo-musulman lorsque cette chaîne a été lancée en 1996. Donc déjà là, le Qatar avait vraiment marqué des points, si je puis dire, en apparaissant sur la carte du monde grâce à cette influence. Et il y a eu également de l'investissement dans le sport, puisque la Coupe du Monde, on en a entendu parler pendant des années et des années.
Ce qui est effectivement plus nouveau pour le grand public, si je puis dire, c'est cette fonction de médiateur, même si on l'avait observé dans l'affaire afghane. Mais je crois que c'est ça qui a le plus marqué finalement ces derniers temps, ce qu'est le Qatar et qui a interrogé d'ailleurs beaucoup de personnes, se demandait pourquoi tout d'un coup le Qatar semble s'intéresser à cette mission de médiateur.
Oui, Romain Grandjean, médiateur Voulette, en tant que directeur régional du Pau-Moyen-Orient et Afrique du Nord au Centre pour le dialogue humanitaire, qui est basé à Genève. Cette médiation est faite soit par des grandes ONG comme la vôtre, le Centre pour le dialogue humanitaire, héritière du Centre Henri Dunant, et de l'autre côté par des États comme le Qatar. Quel est ce type de médiation et quels sont les talents, puisque c'est ce qui était utilisé par Agnès Levallois à l'instant, qu'il faut avoir pour être dans ce milieu de médiation justement internationale entre des gens qui théoriquement ne se parlent pas ?
Pour compléter ce que disait Agnès Levallois sur le Qatar, il faut rappeler que le Qatar a mis la médiation au centre de sa politique étrangère. Donc c'est un des piliers de sa politique étrangère. C'est même inscrit dans un article de sa constitution depuis 2003. Et le Qatar a enchaîné avant 2010 une série de médiations. Il y avait au Liban en 2008, au Yémen en 2010, 2010 et 2011 encore au Darfour. Et ensuite, il y a eu une longue pause qui correspond au printemps arabe où le Qatar a opté pour une politique interventionniste, donc a mis de côté la médiation.
Pour intervenir en Libye par exemple ?
Pour intervenir en Libye, pour soutenir aussi la mouvance des frères musulmans qui petit à petit prenaient le contrôle de plusieurs états de la région à travers notamment des élections. Et donc le Qatar a cessé d'être un médiateur pendant toute une période, ce qui a mené d'ailleurs à son isolement, en tout cas au sein des pays du Golfe, puisque vous savez qu'il y a eu cette crise du Golfe en 2017 qui a duré presque 4 ans, où l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont décidé de boycotter le Qatar. Mais on observe que depuis 2021, il y a un retour du Qatar en tant que médiateur 2020-2021.
Afghanistan, Tchad, aussi la négociation des échanges de prisonniers entre les Américains et les Iraniens. Et puis aujourd'hui, le conflit israélo-palestinien.
Oui, Laurent Bonnefoy, même question aux deux autres invités. Quels sont ces talents justement ? Comment s'impose-t-on sur la scène internationale, et en particulier sur cette scène moyenne orientale, comme étant justement le pays par lequel il faut passer ? Il faut avoir des accords, des capacités d'action, des capacités financières, on sait que le Qatar en a, mais pas simplement.
Effectivement, vous faites bien de relever le levier, qui est un levier financier, qui permet au Qatar d'attirer aussi un certain nombre de talents. Et c'est quelque chose qui est fondé historiquement, c'est-à-dire que ça n'a pas émergé au fil des années 2010, et pas seulement dans le foot, mais y compris des talents politiques, qui ont pu à certains moments être attirés vers le Qatar. Et donc ça, c'est un levier qui est important.
Qu'est-ce que vous appelez les talents politiques ?
Des talents politiques dans le sens où des figures aussi religieuses, des figures de la recherche, avec par exemple Azmi Bichara, qui est un ancien député israélien d'origine palestinienne, qui dirige un grand centre de recherche, qui permet de créer une forme de dynamique. Et puis, quand je parlais de talents religieux, Youssef El Karadawi, qui a été une des plus grandes figures, peut-être éminence grise, du spectre des frères musulmans depuis les années 60,
qui est décédé en 2022,
qui effectivement avait une émission hebdomadaire sur Al Jazeera. Et cette ressource-là a permis finalement au Qatar d'émerger comme peut-être une voie populaire ou davantage représentative que celle des autres gouvernements de la région, c'est-à-dire une voie vers laquelle les populations, en rapport avec la question palestinienne par exemple, pouvaient estimer être représentées et pouvaient donc se tourner. Cette ressource-là, elle est utile, alors elle est parfois décriée par l'environnement régional parce qu'il y a une capacité de nuisance où le Qatar joue le rôle de mouche du coche, mais c'est le cas en temps de paix.
Mais on se rend compte aujourd'hui que le fait d'avoir peut-être une voie plus indépendante, les ressources que je décris, eh bien en temps de guerre, c'est extrêmement utile.
Agnès Levallois, alors justement, arrêtons-nous sur cette histoire de la relation avec les frères musulmans. Visiblement, c'était le nœud du problème avec les voisins du Qatar, puisque le Qatar a constamment soutenu justement cette organisation des frères musulmans et les pouvoirs qu'ils pouvaient soutenir ou servir ou contester d'une certaine manière.
Donc avec cela, il y avait une dimension de proximité qui est souvent incomprise, puisque lorsqu'on a vu que les négociations pouvaient se tenir avec la direction politique du Hamas à Doha, au Qatar, entre justement des Israéliens et des Américains et cette branche politique du Hamas, on était parfois surpris de comprendre pourquoi ils étaient là-bas. Mais tout cela, d'une certaine façon, on le sait depuis par la presse et les articles et vos interventions, il y avait eu un accord depuis longtemps, justement pour qu'une fois que les frères musulmans avaient quitté la Syrie de Bachar el-Assad, on leur trouve un endroit qui ne soit ni l'Iran ni le Liban et donc le Qatar.
Oui, c'est vrai que le Qatar abrite maintenant depuis de nombreuses années les responsables frères musulmans qui sont en difficulté dans leur pays d'origine et que le Qatar s'est fait une spécialité, si je puis dire, d'accueillir ses frères musulmans sur son territoire et ce qui leur permet justement d'avoir ces contacts privilégiés.
Et je rappelle qu'au lendemain, justement des moments de contestation de 2011, lorsque dans le premier processus électoraux, les frères musulmans sont arrivés au pouvoir, eh bien on a vu le Qatar qui a pu dire aussi aux pays occidentaux qu'eux n'avaient pas de relation officielle avec les frères musulmans puisque beaucoup de pays occidentaux interdisaient ces rapports de façon officielle, eh bien le Qatar a pu se présenter là comme un intermédiaire. en Tunisie
ou le président qui a précédé donc le président égyptien au pouvoir.
Et donc ça a permis au Qatar de dire aux occidentaux « Écoutez, voilà, vous ne connaissez pas les frères musulmans, nous on les connaît bien puisque certains sont chez nous et on les a toujours soutenus. » Et déjà là, le Qatar s'est présenté comme un intermédiaire vis-à-vis de tous ces pouvoirs occidentaux qui se retrouvent avec des nouvelles élites au pouvoir dans les pays concernés sans qu'on ait nous cette relation. Et donc ça a permis aussi de nouer ces liens particuliers entre le Qatar et les occidentaux pour parler justement aux frères musulmans et on s'aperçoit aujourd'hui eh bien que cela aussi est très utile.
Et tout ça se passe quand même et je pense que c'est important, vous l'avez rappelé dans votre présentation, que le Qatar abrite la plus grande base américaine de la région et donc on peut très bien comprendre aussi que ça a été de cette manière aussi en accord avec les Américains. Je ne vois pas comment les Américains en mettant leur base au Qatar n'étaient pas aussi d'accord avec cette stratégie du Qatar qui était d'abriter les frères musulmans. Si ça posait vraiment une question majeure aux Américains, je pense qu'ils auraient les moyens de dire au Qatar écoutez, ça, ça ne nous convient pas.
Mais finalement, on a besoin d'un pays qui peut permettre justement de nouer des relations avec des interlocuteurs avec lesquels on n'a pas forcément envie de parler.
Oui, et d'ailleurs c'est assez intéressant parce qu'effectivement avec tout le discours aujourd'hui autour des frères musulmans en Europe en particulier qui deviennent d'une certaine manière des figures honnies par leur présence en Europe, eh bien on est surpris, on se dit mais voilà, ces gens-là qui sont chez nous sont aussi les amis des Qataris et en même temps les Etats-Unis ne font rien pour les empêcher d'une certaine manière leur en bonne foi.
Oui, une situation qui génère un discours qui est aussi extrêmement stigmatisant à l'égard du Qatar et sur lequel des acteurs dans la région et particulièrement les Émirats Arabes Unis ont largement joué mettant en place y compris au sein des médias des mécanismes qui pointaient du doigt un certain nombre de problèmes qui sont sans doute effectifs avec effectivement des méthodes d'intoxication qui apparaissent presque rocambolesques quand on sait comment la crise de 2017 a débuté avec un piratage orchestré de l'agence de presse officielle Qatari par les services de renseignement émiratis ça apparaît comme quelque chose de totalement absurde en vérité et qui a généré effectivement dans le contexte en plus de la coupe du monde de l'année dernière de foot une forme de focalisation sur le Qatar sur les droits humains sur les questions des travailleurs également ou bien les droits LGBT il y avait effectivement matière mais il n'y avait pas nécessairement matière à singulariser le Qatar par rapport à un environnement et des problèmes qui se passent également ailleurs
et puis c'est étrange parce qu'effectivement par l'intermédiaire du champ gazier qui est à la fois sur le territoire iranien et le territoire qataris et bien il y a aussi des accords avec l'Iran alors qu'on pourrait penser que ces deux pays pourraient se détester plus que cordialement Romain Grandjean ça fait partie aussi de la stratégie du Qatar que d'avoir des amitiés justement avec le plus grand pays chiite de la région alors qu'on se trouve
de l'autre côté du Golfe je crois que vous l'avez dit dans votre introduction le Qatar parle à tout le monde et je pense que la crise du Golfe entre 2017 et 2021 a quelque part eu l'effet inverse peut-être qu'espéraient certains pays en rapprochant même le Qatar et l'Iran et on a vu comment le Qatar s'est rendu aussi indispensable dans la négociation d'échange de prisonniers entre les Etats-Unis entre les Américains et les Iraniens récemment donc il y a effectivement une relation à la fois due à la géographie au commerce et au commerce évidemment donc le Qatar se situe vraiment à la croisée de plusieurs chemins et j'aimerais peut-être ajouter une chose par rapport à cet état médiateur je crois que le critère c'est plus l'efficacité de leur médiation plutôt que leur neutralité ou impartialité
aujourd'hui oui on peut dire néanmoins Agnès Levallois qu'ils ne se sont passés pas très loin non pas d'une guerre ou d'un conflit avec leurs voisins mais ça a été quand même très chaud à une période justement pendant ces quatre années où ils étaient en conflit avec les autres membres de ce conseil des états du Golfe avec les états de la région comme le Bahreïn les Émirats Arabes Unis ou l'Arabie Saoudite et que l'Arabie Saoudite a même eu un projet de séparer la péninsule arabique de cette péninsule qui elle est une toute petite péninsule celle de Doha au Qatar en creusant un canal pour en faire une île alors que c'est une presqu'île donc ça veut dire que c'était assez chaud tout de même
oui c'est-à-dire qu'il y avait une vraie volonté en fait d'isoler complètement le Qatar et de le faire chuter si je puis dire parce que ce que ne supportaient pas les pays voisins dont l'Arabie Saoudite qui considèrent que et à juste titre c'est la puissance régionale l'Arabie c'est le pays le plus important non seulement en termes de territoire mais en termes démographiques je voudrais juste rappeler quand même pour les auditeurs 3 millions d'habitants le Qatar c'est ça ?
Oui avec 300 000 300 000 300 000 Qatariens donc ce qui n'est absolument rien alors qu'en Arabie Saoudite il y a 30 millions d'habitants dont 20 millions de Saoudiens rien que ce chiffre si vous voulez il est vraiment important donc pour l'Arabie Saoudite le Qatar doit suivre ses orientations or le Qatar estime qu'il peut tout à fait mener sa propre stratégie et être complètement autonome même s'ils font partie de la même enceinte régionale qui est le conseil de coopération du Golfe et donc l'Arabie Saoudite a essayé d'isoler complètement mais pour faire tomber le Qatar pour que le Qatar se range aux exigences qui étaient posées par l'Arabie et les Émirats Arabes Unis or le Qatar étant tellement petit et avec tellement peu de personnes que ce blocus qui a été imposé en fait ils ont pu largement le détourner en faisant venir vous vous souvenez sûrement ces images de ces avions qui arrivaient d'Australie avec des vaches pour pouvoir justement répondre aux besoins de la population qatarienne et ça a été l'occasion au contraire pour le Qatar de développer tout un tas d'infrastructures pour être complètement autonome autosuffisant et donc lorsque l'Arabie et les Émirats se sont rendus compte de ça et bien ils ont été obligés finalement de revenir à la raison et de dire bon ben on n'arrive à rien faire les 13 conditions qui avaient été imposées pour lever le blocus aucune n'a été mise en oeuvre par le Qatar parce que le Qatar a pu complètement s'asseoir sur ses exigences et pour continuer sa vie et ce sont les Saoudiens qui ont finalement mis un terme à ce blocus contre l'avis des Émiriens qui étaient fous furieux
en les invitant en invitant le Qatar
mais les Émiriens n'étaient pas contents du tout parce qu'eux ils estimaient quand même qu'il ne fallait pas redonner comme ça ce pouvoir au Qatar mais le Qatar est ressorti vainqueur si je puis dire en termes d'image c'était le tout petit attaqué par les gros et finalement les gros ont été obligés de s'incliner
et cette façon justement de s'incliner les Émirats Arabes Unis qui sont les voisins du Qatar ne l'ont pas beaucoup apprécié mais néanmoins ils n'ont rien pu faire d'une certaine manière leur en bonne foi pour pouvoir contredire justement la volonté de l'Arabie Saoudite
non ils se sont effectivement trouvés dans une situation qui est en réalité assez humiliante parce qu'effectivement il y a déjà un différentiel de population important avec les Émirats Arabes Unis qui sont près de 5 fois plus peuplés que le Qatar mais ils ont clairement les deux joué des cartes qui sont très différentes avec une carte qui est celle des Émirats Arabes Unis qui est tournée vers une forme de modernisation à tous les niveaux effectivement et puis une forme de rupture aussi avec les sociétés alors que les Qataris en mettant en avant justement cette dimension liée aux frères musulmans une forme de lien avec la religion et les traditions et bien c'est une carte qui est différente ça ne veut pas dire que l'un ou l'autre serait plus démocratique ou plus libéral mais simplement ça implique de soutenir des acteurs qui sont extrêmement différents et ça implique que finalement le Qatar avec la coupe du monde aussi a pu avoir une forme de victoire de victoire symbolique
18h40 sur France Culture vous écoutez le temps du débat comment le Qatar est-il devenu indispensable c'est la question que nous posons à Laurent Bonnefoy politiste vous venez de l'entendre à Agnès Levallois vice-présidente de l'IREMO l'institut de recherche et d'études méditerranéennes du Moyen-Orient et méditerranée Moyen-Orient pardon et à Romain Grandjean directeur régional du pôle Moyen-Orient et Afrique du Nord au centre pour le dialogue humanitaire
l'arrivée de Neymar au Parc des Princes ou le triomphe d'un petit pays au moyen presque illimité le Qatar premier exportateur mondial de gaz pèse des dizaines de milliards d'euros l'émir du Qatar propriétaire du PSG et son président Nasser el Khalifi s'appuient sur des géants financiers le fonds d'investissement QSI des poids lourds de la banque du téléphone ou encore le puissant office du tourisme qataris des joueurs comme des ambassadeurs ce n'est pas une première la notoriété d'Ibrahimovic la popularité mondiale de David Beckham avait déjà servi les intérêts du Qatar Zinedine Zidane a même été recrutée à prix d'or pour promouvoir la candidature qataris pour la coupe du monde 2022 mais derrière ces enjeux sportifs y a-t-il une stratégie cachée ?
France Culture le temps du débat Emmanuel Laurentin
c'était le journal de 20h sur France 2 en 2017 y a-t-il une stratégie cachée ? c'était au moment de l'achat du joueur Neymar pour le PSG le Paris Saint-Germain la grande équipe de foot parisienne est-ce qu'on peut dire qu'il y a une stratégie cachée ou est-ce que toutes les cartes sont sur la table Agnès de Valois quand on parle ?
moi je trouve que les cartes sont sur la table je ne suis pas du tout d'accord avec l'analyse sur laquelle il y a un agenda caché les choses sont claires le Qatar ne s'est jamais caché d'avoir des relations avec des frères musulmans il les accueille sur son territoire de façon tout à fait claire et nette El Jazeera il y a une chaîne de télévision donc il n'y a pas plus aussi ouvert puisque ça diffuse la base américaine est là donc je trouve que la stratégie elle est claire le Qatar a choisi sa stratégie qui est un moyen d'exister le Qatar a besoin d'exister sur la scène régionale et internationale par rapport à ses voisins on l'a beaucoup dit le Qatar a besoin de s'acheter des assurances vie parce que c'est un tout petit pays qui est donc qui peut être attaqué à n'importe quel moment on voit ce qui s'est passé
avec le Yémen absolument
donc c'est un pays qui sait qu'il est fragile on l'a bien vu quand l'Arabie Saoudite impose un blocus plus rien ne rentre dans ce pays donc même s'il a de l'argent pour détourner le blocus il est quand même il se rend compte qu'il est éminemment fragile donc il achète des assurances vie en accueillant une base américaine mais en faisant aussi en ayant des bonnes relations avec la Turquie en signant des accords de défense avec la France ou d'autres pays donc c'est une stratégie qui pour moi est une stratégie tout à fait assumée claire et je ne suis pas d'accord lorsqu'on en parle de double jeu quand on parle de double jeu c'est qu'on cache quelque chose là les cartes sont sur la table
sur ce point Romain Grandjean quand on est un pays médiateur comme cela on sait qu'aujourd'hui justement le Qatar accueille en visite officielle le président turc Erdogan donc un autre pays qui se veut aussi un pays médiateur comment s'entend-on justement entre petits pays ou pays plus grands comme la Turquie pour pouvoir mettre en place des stratégies qui ne soient pas des stratégies d'opposition mais des stratégies de complément pourrait-on dire parce qu'effectivement les deux pays ont des intentions négociatrices dans toute cette région de l'est de la Méditerranée et du Golfe
oui je crois que le Qatar et la Turquie sont à peu près sur la même ligne en termes de politique étrangère et puis d'une certaine vision du monde d'ailleurs lorsqu'il y avait la crise du Golfe le Qatar s'est rapproché de la Turquie la Turquie a aussi été un soutien des frères musulmans et a accueilli les frères musulmans sur son territoire les responsables du Hamas peuvent tout à fait se rendre en Turquie et aussi rencontrer des interlocuteurs là-bas donc ils sont assez proches dans leur manière de concevoir la médiation mais n'ont pas forcément le même poids levier je pense que le levier Qatari est essentiellement financier et économique tandis que celui de la Turquie est plus politique
et cela justement Laurent Bonnefoy c'est une assurance vie comme le disait à l'instant même Agnès Levallois que de garder de très bonnes relations avec la Turquie qui est une très grande puissance dans la région en même temps que de la concurrencer parfois sur certains points
je pense que la relation avec la Turquie elle a pu être importante notamment pour permettre d'approvisionner en denrées alimentaires au moment du blocus mais sur le plan on pourrait dire strictement politique ou diplomatique il est beaucoup moins central que la relation avec les Etats-Unis qui constitue réellement l'assurance vie et c'est la raison d'être de la base d'Allodade vous avez dit qui est la plus grande américaine hors du pays c'est là que se trouve le commandement central pour le Moyen-Orient et elle a permis aux Etats-Unis d'intervenir dans tout un tas de conflits et donc ça c'est essentiel les Etats-Unis savent qu'ils ont besoin du Qatar pour cette raison-là ils savent actuellement qu'ils ont besoin du Qatar du fait de l'entre-gens qataris et les qataris ont bien conscience qu'ils ont besoin aussi des Etats-Unis pour les préserver des voisins agressifs
mais vous comprenez bien que lorsqu'on regarde pas au quotidien cette région du monde Agnès Levalois on peut être parfois surpris surpris de voir qu'en partie grâce au Qatar la négociation a redémarré entre les Etats-Unis et les talibans par exemple au mois d'août dernier qui se sont rencontrés à nouveau et qui ont commencé à rediscuter avec évidemment quelques façons de faire américaines qui disaient que sur la question des femmes ça n'était pas formidable mais que pour plein d'autres raisons les talibans gouvernaient bien leur état en particulier au point de vue économique donc on voit bien que parfois on ne comprend plus ce monde d'une certaine manière parce qu'on en est trop éloigné et que ces subtilités de négociation entre tous ces pays qui sont supposés être opposés ne plus ou jamais discuter ensemble nous échappent parfois
oui ça nous échappe
ça vous fait sourire parce que ça ne vous échappe pas mais ça peut nous échapper
je comprends qu'effectivement ça puisse se surprendre ce dont on se rend vraiment compte et peut-être encore plus maintenant avec la guerre entre Israël et Hamas c'est qu'on a besoin de ces médiateurs c'est-à-dire qu'on a besoin de médiateurs dans des situations de crise ou des situations difficiles et que le Qatar a compris que là il avait une carte à jouer qui lui permet je reviens sur cette expression qui pour moi est importante pour le Qatar d'exister comment un petit pays aussi petit avec 300 000 nationaux peut exister sur la face du monde
on a vu d'ailleurs combien dans des générations précédentes la Suisse avait existé parce qu'elle était justement ce petit pays qui avait gardé d'ailleurs par ailleurs sa neutralité ce qui n'est pas le cas du Qatar pour pouvoir justement être le lieu des négociations internationales ça n'est plus toujours le cas aujourd'hui mais ça fait partie effectivement de ces modèles
oui je pense que pour le Qatar qui a vraiment besoin pour se protéger pour être sûr de pouvoir vivre de façon pérenne qu'il a besoin de trouver sa carte sa propre stratégie sa propre politique qui le rend incontournable et c'est vrai que quand les américains veulent quitter l'Afghanistan que discuter avec les talibans c'est quand même un peu compliqué parce que le programme des talibans ne va pas forcément dans le sens de suite des américains et bien d'avoir le Qatar qui peut faire un pas les uns vers les autres et permettre une discussion une négociation et bien c'est tout à fait pratique et on en a besoin et je rappelle que le Qatar pour revenir à l'histoire enfin la situation aujourd'hui Israël Hamas c'est que le Qatar a abrité pendant quelques années un bureau de représentation commerciale israélien au Qatar donc déjà le Qatar
Au moment de l'opération Plomb d'Urcy donc je crois que c'est en 2008 ou 2009 ça a été mis de côté ou 2014 je ne sais plus
J'ai plus la date en tête mais donc on voit bien que le Qatar de longue date a l'idée que et bien il est important sans avoir des relations officielles parce que le Qatar n'a pas normalisé ses relations à la différence de Bahreïn ou des Émirats Arabes Unis mais a eu un moment des relations les a rompus parce que la situation le méritait mais ça n'a pas empêché le Qatar de continuer à travailler avec Israël pour permettre de faire venir tous les mois 30 millions de dollars pour payer les fonctionnaires de la bande de Gaza et ça à travers les banques israéliennes et à travers l'autorisation des négociations avec les Israéliens donc il a tout à fait compris le Qatar où était son intérêt pour mener ces différentes stratégies et là encore
pour exister Et pour ça justement on pourrait dire qu'il y a non seulement une stratégie tout à fait remarquable Romain Grandjean mais aussi une façon de percevoir un nouveau jeu ou un nouveau grand jeu diplomatique de façon très particulière parce que ces pays n'existaient pas dans le jeu diplomatique il y a encore une vingtaine d'années ou une trentaine d'années ils existent désormais ils se sont imposés sur la scène internationale et il faut compter avec eux ce qui d'une certaine manière rebat complètement les cartes diplomatiques dans la région mais même plus largement que cette région
oui c'est vrai on observe depuis maintenant quelques années aussi une plus grande autonomie de ces acteurs régionaux vis-à-vis des de leurs des grandes puissances des parrains
ce qu'on appelait les parrains
exactement que ce soit de l'occident ou d'ailleurs
d'ailleurs le président français s'est rendu donc à Dubaï pour la COP et avec l'espoir de pouvoir emporter avec lui quelques avis positifs sur des initiatives qu'il pourrait porter et visiblement ça ne s'est pas si bien passé que cela
oui maintenant ces pays n'hésitent pas également à ne pas répondre au téléphone lorsqu'un président américain les appelle ils sont dans une dans une logique de on appelle ça en anglais de edging c'est à dire qu'ils répartissent qu'ils diversifient leurs leurs atouts entre différents acteurs et on l'a vu aussi dans le rapprochement entre l'Iran et l'Arabie Saoudite lorsque l'Irak qui avait hébergé les premiers tours de négociation de discussion entre les deux pays s'est retrouvé à un moment donné bloqué Oman a repris la main et c'est la Chine qui a terminé le travail alors que mais je croyais
avoir lu dans le livre que j'ai trouvé très intéressant négocier avec le diable de Pierre Hazan je croyais avoir lu qu'il y avait deux types de médiateurs Romain Grandjean des médiateurs forts qui utilisaient la puissance militaire diplomatique ou économique et puis des médiateurs faibles et ils classaient justement Pierre Hazan classer la Suisse la Norvège le Qatar parmi les médiateurs faibles mais là on voit qu'il faudrait peut-être changer la classification peut-être Romain Grandjean
je pense que les médiateurs faibles c'est plutôt les organisations comme la nôtre c'est-à-dire des médiateurs le centre pour le dialogue
humanitaire
exactement nous n'avons pas de poids politique et nous n'avons pas non plus de levier économique mais justement c'est entre guillemets notre faiblesse qui nous rend intéressants vis-à-vis des parties au conflit parce que lorsqu'on est sollicité pour une médiation ça n'a au départ aucun caractère officiel donc on peut commencer à engager des discussions avec les uns et les autres c'est le moment où votre faiblesse devient une force d'une certaine manière exactement et puis on ne confère pas de légitimité aussi aux interlocuteurs si ce sont des interlocuteurs problématiques donc on peut aider à démarrer des négociations sans que c'est un caractère officiel et si les discussions prennent dans ce cas là ça devient un véritable processus politique on a facilité par exemple entre juillet et septembre 2020 les déclarations de cessez-le-feu en Libye en coordination avec l'ONU mais c'est nous qui avons invité les partis à Genève c'est nous qui les avons mis autour de la table pour tester voir si ça allait marcher et effectivement ça a mené à des déclarations et ensuite l'ONU a repris la main pour négocier un cessez-le-feu permanent
vous disiez tout à l'heure Laurent Bonnefoy effectivement que ce pays avait beaucoup d'argent ne serait-ce que par cette puissance en matière de champs de gaz ça lui permet d'avoir d'ailleurs choisi Total Energy comme premier partenaire étranger pour développer le plus grand champ de gaz naturel du monde récemment mais un jour ou l'autre ça s'arrêtera comme pour j'imagine l'Arabie Saoudite et donc j'imagine que le Qatar réfléchit à un après-pétrole ou un après-gaz naturel pour justement avoir encore une place et des moyens financiers pour pouvoir assurer le rôle qu'il s'est donné depuis quelques années
alors c'est une question qui traverse la région ce qu'on appelle la diversification économique donc la réduction de la dépendance aux hydrocarbures simplement on peut constater que le niveau de revenu est tellement faramineux dans un certain nombre de ces états que ce soit les émirats ou bien les émirats arabes unis ou bien le Qatar que la question
pour les qataristes et les qatariens
c'est 3-4 fois le niveau des français du PIB oui tout à fait et donc il y a un certain nombre de revenus et c'est la raison pour laquelle on trouve dans l'économie française des investissements qui sont importants avec l'idée que ça permettra de remplacer une rente par une autre mais ces investissements là du fait du positionnement politique du qatar du fait des relations avec les émirats arabes unis sont parfois mal perçus et l'objet de nombreuses polémiques qu'on retrouve dans le champ français
et on peut dire que ce soft power comme on dit en termes anglais du qatar va s'exercer encore à la fin de la semaine Agnès Levallois par un grand forum international qui s'y tient
oui tous les ans le qatar organise une grande messe si je puis dire une grande conférence internationale à laquelle sont invités des responsables politiques du monde entier donc avec beaucoup de ministres d'anciens présidents de toutes sortes mais avec aussi des universitaires
on parle de Davos en hiver mais c'est plutôt Doha à ce moment là
c'est ça et c'est un rendez-vous qui est très très important pour le qatar parce que ça lui permet de montrer justement qu'il réfléchit à l'avenir avec beaucoup de thèmes sur demain sur la question de la diversification mais sur l'avenir et ça on voit bien que c'est aussi une façon pour le qatar de se projeter parce que même si on sait que ces réserves gazières elles sont très importantes mais ce que l'on sait c'est que quand même il y a encore beaucoup de prospection qui n'a pas commencé dans ce golfe dans toute cette région du golfe et donc les prévisions sont quand même très rassurantes pour tous ces pays même si on n'en a pas encore idée mais ça va bien au-delà de ce que l'on peut imaginer mais ils se doivent aussi dans le contexte actuel où on réfléchit à d'autres formes d'énergie et bien de réfléchir à cette diversification et d'organiser ce genre de manifestations internationales participent aussi de cette volonté de montrer qu'ils se projettent de façon intéressante et sur ce que peut être le devenir de ces pays de la région
et peut-être le devenir est le plus complexe c'est avec ses propres citoyens ou concitoyens c'est-à-dire vous disiez tout à l'heure 3 millions d'habitants 300 000 Qataris et les autres qui n'ont pas les mêmes droits ça va peut-être à un moment ou à un autre poser problème
je crois qu'au Qatar pas tellement parce que 300 000 personnes qui vivent quand même dans des conditions tout à fait satisfaisantes et le mot est faible donc ça permet de complètement calmer aussi toute revendication on sait qu'il y a eu un poète qui a été emprisonné lors des mouvements de contestation de 2011 pour avoir émis quelques critiques à l'égard de la famille royale mais les conditions sont tellement fantastiques c'est vrai qu'il n'y a pas trop de contestation à ce stade alors en bonne foi sur ce point il s'agit d'une caractéristique qu'on a parfois tendance un petit peu à oublier c'est le fait que 90% de la population au Qatar est étrangère et soumise à des statuts qui sont souvent problématiques voire vexatoires quand bien même voire vexatoires mais qui signale une forme de hiérarchie en fait dans le fonctionnement de l'économie et qui voilà interroge bien sur ce modèle
merci à tous les trois merci à vous Agnès Levalois vice-présidente de l'IREMO à l'institut de recherche en études d'études militaire année Moyen-Orient merci à vous Laurent Bonnefoy politiste spécialiste de la péninsule arabique et chargé de recherche au série Sciences Po et à vous Romain Grandjean qui était à distance directeur régional du pôle Moyen-Orient et Afrique du Nord au centre pour le dialogue humanitaire c'était le temps du débat préparé ce soir par Mathias Megy Fanny Richer Roxane Poulin Nina Richard Stéphanie Villeneuve réalisé par Laurence Malonda avec à la technique Marie-Claire Oumabedi Sous-titrage ST' 501