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InterviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 20 novembre 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéNumériqueÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Éric Piolle : « Les ministres de l’Intérieur successifs s’achètent un nom face au narcotrafic »

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteÉludée

    Est-ce que plus qu'une lutte contre le narcotrafic, aujourd'hui c'est une guerre ?

  • 0:50RelanceRéponse directe

    On a perdu ce combat aujourd'hui ?

  • 1:09RelanceRéponse directe

    Mais l'État est en échec ?

  • 1:14RelanceRéponse partielle

    Il est en échec parce qu'il ne met pas les moyens ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Sur les moyens, pour revenir à la question d'Auriane, sur les moyens, par exemple, dans une ville comme la vôtre, où est-ce qu'on en est en matière d'effectifs de police ?

  • 4:49OuverteRéponse directe

    Mais juste, qu'est-ce qu'ils vous disent aujourd'hui, les habitants de Grenoble, qui est une ville particulièrement touchée par le narcotrafic, est-ce qu'ils vous disent qu'ils ont peur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « La réalité, c'est que nous sommes en échec. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « La consommation de drogue a explosé en France. »
  • 1:20Invité politiqueFait
    « Nous répétons, depuis maintenant l'arrivée de Nicolas Sarkozy en 2002, nous répétons la même stratégie. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « Ils se sont tous achetés un nom. »
  • 4:13Invité politiqueChiffre
    « Il y a maintenant à peu près 30 000 policiers municipaux. »
  • 5:15Invité politiqueFait
    « Il y a eu un jeune de 15 ans abattu il y a un an à Grenoble. »
  • 5:29Invité politiqueFait
    « Il était aussi suivi, il était dans un foyer du conseil départemental. »
  • 6:00Invité politiqueFait
    « casser le narcotrafic en légalisant le cannabis, ça lui coupe la moitié de son chiffre d'affaires. »
  • 7:07Invité politiqueChiffre
    « Ils ont divisé par 10 les jeunes, ceux qui prenaient de la consommation d'alcool, de façon excessive. »
  • 8:30Invité politiqueChiffre
    « il y a, je crois, 10% des adultes en France maintenant qui disent avoir déjà testé la cocaïne. »
  • 13:22Invité politiqueFait
    « il ne faut pas se leurrer. »
  • 16:47Invité politiqueChiffre
    « le narcotrafic, c'est 100 morts par an. »
  • 16:50Invité politiqueChiffre
    « L'automobile, c'est 3 000 morts par an, plus de 3 000 morts par an. »
  • 16:53Invité politiqueChiffre
    « le tabac, l'alcool, c'est 40 000, le tabac, 70 000. »

Temps de parole

  • Invité politique87 %
  • Présentateur9 %
  • Présentateur 23 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et notre invité, c'est Éric Piolle. Bonjour, merci beaucoup d'être avec vous, mes écologistes de Grenoble. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesserredon du groupe Ebra, dont le dauphiné Éric Piolle. Bonjour Fabrice. Bonjour Auriane, bonjour Éric Piolle. Bonjour. Éric Piolle, on va évidemment commencer en parlant du narcotrafic. Laurent Nunes, Gérald Darmanin, qui sont à Marseille aujourd'hui, une semaine après l'assassinat de Médic et Sassi. Est-ce que plus qu'une lutte contre le narcotrafic, aujourd'hui c'est une guerre ?

0:41
Invité politique

Je ne sais pas si c'est vraiment la bonne question. La réalité, c'est que nous sommes en échec. La société française est en échec. Les ministres de l'Intérieur successifs sont en échec.

0:50
Présentateur

On a perdu ce combat aujourd'hui ?

0:52
Invité politique

Ce n'est pas une question d'avoir perdu. C'est que la consommation de drogue a explosé en France. Et malgré toutes les bonnes volontés des gens sur le terrain, qui font le maximum, très engagés, dans un contexte extrêmement difficile pour les policiers, notamment.

1:09
Présentateur

Mais l'État est en échec ?

1:10
Invité politique

Oui. Oui, de fait. Et plus ça se gendre...

1:14
Présentateur

Il est en échec parce qu'il ne met pas les moyens ? Il est en échec parce qu'il est impulsant ? Non, parce qu'il a une mauvaise stratégie.

1:18
Invité politique

Il a une mauvaise stratégie. C'est-à-dire que nous répétons, depuis maintenant l'arrivée de Nicolas Sarkozy en 2002, nous répétons la même stratégie. Le discours, c'est fermeté, tolérance zéro, comme s'il y avait quelqu'un qui voulait un peu de tolérance pour le narcotrafic. Et donc, on répète, il y a eu M. Sarkozy, M. Valls, M. Darmanin, M. Retailleau. Ils se sont tous achetés un nom. Donc, effectivement, c'est ça aussi qui est dommageable. C'est que cette stratégie a permis de mettre sur orbite Manuel Valls, qui avait fait 5% à la primaire du Parti Socialiste, qui se retrouve au Premier ministre. M. Darmanin, qui était inconnu, qui se retrouve présidentiable. M.

Retailleau, qui était encore plus inconnu, et qui se retrouve en même pas un an présidentiable.

2:02
Présentateur

M. Retailleau, qui font de la politique sur le dos du narcotrafic ?

2:04
Invité politique

M. Retailleau, répéter toujours les mêmes choses quand ça ne marche pas, on peut se demander, en fait, quels sont les objectifs. Si la stratégie de fermeté limitée, ce n'est pas une stratégie, cette fermeté de façade, pour moi, c'est du laxisme. Répéter toujours les mêmes stratégies quand ça ne marche pas, en espérant que ça marche, pour moi, c'est du laxisme. Si ça avait marché dans un seul pays dans le monde, bon, on se dirait, why not ? Mais en fait, ça ne fonctionne pas dans nos villes. Avant, c'était que les grands pôles métropolitains. Maintenant, c'est les villes moyennes, les campagnes.

2:42
Présentateur

Sur les moyens, pour revenir à la question d'Auriane, sur les moyens, par exemple, dans une ville comme la vôtre, où est-ce qu'on en est en matière d'effectifs de police ?

2:51
Invité politique

Ça dépend de qui vous écoutez. C'est-à-dire que par rapport aux effectifs de 2002, on considère qu'entre les policiers et les auxiliaires de sécurité, c'est-à-dire les contractuels policiers, contractuels, nous avons perdu en 20 ans plus de 100, 120 effectifs. Donc, vous manquez de policiers aujourd'hui à Grenoble ? Nous manquons de policiers, c'est une évidence. Nous manquons de policiers judiciaires. Les effectifs de la police judiciaire sont extrêmement bas. Mais, voilà, après, le ministre va comparer à l'année qui lui va bien pour montrer que machin, ils nous promettent tous, on est tous, nous, maires, on vient tous supplier les ministres de l'Intérieur de nous donner plus d'effectifs.

Donc, je fais ça depuis 2014, mes collègues aussi. On a la sale impression de, quand on nous promet quelque chose, qu'on va le prendre ailleurs. Donc, ça aussi, c'est désagréable pour nous, qu'il n'y ait pas de transparence. Nous demandons à France Urbaine la transparence des effectifs. Où ils sont répartis ? Sinon, on a l'impression que c'est pifométrique, en fonction du bruit et de la nouvelle vague de fusillades qui se déroule n'importe où en France. Voilà. Bon, ça, c'est la partie répression. Il y a une conséquence à cela. à envoyer nos polices nationales exclusivement sur le narcotrafic, quasiment exclusivement sur le narcotrafic.

C'est que l'État, du coup, se retire de plein d'autres sujets. Donc, les maires sont montés en charge. Il y a maintenant à peu près 30 000 policiers municipaux. On a multiplié l'effectif par 10 en une trentaine d'années. Donc, là aussi, c'est une charge régalienne qui vient de peser sur les communes. Et puis, pour nos concitoyens, ça veut dire que la sécurité du quotidien, voire des patrouilles. Moi, quand j'étais jeune, j'ai grandi à côté d'un commissariat. On voyait encore des policiers marcher le nez au vent au contact de la population. Vous ne voyez pas ça. Maintenant, c'est une police d'intervention. S'ils se déplacent, c'est qu'il se passe quelque chose.

Donc, c'est aussi un retrait de le reste de notre sécurité qui est assuré par les maires.

4:49
Présentateur

Mais juste, qu'est-ce qu'ils vous disent aujourd'hui, les habitants de Grenoble, qui est une ville particulièrement touchée par le narcotrafic, est-ce qu'ils vous disent qu'ils ont peur ?

4:56
Invité politique

Oui, il y a une peur qui est légitime, notamment parce que la mutation du narcotrafic est rapide. C'est un monde qui se néolibéralise et avec maintenant une accélération, ces dernières années, d'une exploitation d'êtres humains, donc des gens de plus en plus jeunes. Il y a eu un jeune de 15 ans abattu il y a un an à Grenoble. Il était suivi, il était en foyer de la PJJ, mais en fugue. Là, il y a un jeune qui a été touché par des balles ce week-end. Il était aussi suivi, il était dans un foyer du conseil départemental. Donc, on ne peut pas dire que ce sont des gens qui sont perdus dans la nature.

Mais on voit ce rajeunissement avec des jeunes de plus en plus fracassés et l'exploitation humaine, c'est de l'exploitation humaine, notamment d'exilés. Donc, ça, nous l'avons vu arriver aussi il y a quelques années. Donc, ce monde mute. Il mute de façon très violente. La vie n'a pas beaucoup de valeur. Et il faudrait, de mon point de vue, changer de stratégie. C'est-à-dire, casser le narcotrafic en légalisant le cannabis, ça lui coupe la moitié de son chiffre d'affaires. Quelle entreprise peut se rétablir ?

6:05
Présentateur

Donc, il faut dépénaliser.

6:06
Invité politique

Il faut dépénaliser le cannabis. Oui, je pense vraiment qu'il faut une légalisation contrôlée pour casser la moitié du chiffre d'affaires, d'une part, pour collecter des recettes aussi qui permettent de faire de la prévention et puis avoir une stratégie de santé publique. C'est-à-dire qu'on oublie, là, en fait, on lutte, mais il y a de la demande. On ne travaille pas sous cette demande. L'Islande avait un grand problème sur l'alcoolisme des jeunes et la drogue des jeunes dans les années 90. Ils ont décidé de faire un plan d'éducation populaire colossal. Ils ont dit, voilà, nous allons remplacer la drogue.

C'est ou bien vous cherchez à vous déstresser, ou bien vous cherchez à rester dans la performance, ou bien vous cherchez à fuir la société en fonction de si vous prenez du cannabis, de la cocaïne, de l'héroïne, maintenant toutes ces drogues de synthèse. Donc, ça relève de symptômes derrière, de problèmes de santé mentale. Ils ont agi là-dessus en disant, voilà, nous allons investir massivement dans le sport, la culture, l'environnement familial aussi, passer plus de temps au sein de la famille. Et les chiffres sont excellents. Ils ont divisé par 10 les jeunes, ceux qui prenaient de la consommation d'alcool, de façon excessive.

7:13
Présentateur

Donc, vous dites plus de prévention et moins de répression.

7:15
Invité politique

Oui, je ne sais pas, c'est que la prévention, c'est l'éducation populaire. Pour moi, il faut retrouver du lien. C'est le symptôme d'une société malade, d'une société qui se drogue. Surtout qu'on oublie toute la partie légale des drogues, les drogues psychotroques. Donc, la France consomme un nombre de psychotropes absolument hallucinant également.

7:31
Présentateur

Vous parlez des consommateurs. Emmanuel Macron, hier, en Conseil des ministres, il a dénoncé, il a fustigé les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiques. Qu'est-ce que vous dites de ces propos ?

7:40
Invité politique

Il y a quelques temps, j'avais proposé qu'on teste de façon anonyme, parce que là encore, l'important, c'est d'avoir une cartographie, de mettre un peu de données scientifiques dans tout ça, qu'on fasse un test sur nos élites, les cabinets ministériels, le Parlement, etc. Parce que vous avez des soupçons ? Vous avez vu, vous-même, la députée Renaissance, qui d'ailleurs s'était fait reprendre, qui débarquait, qui disait qu'elle était hallucinée de voir la circulation de drogue à l'Assemblée. Elle a dû manger son chapeau parce que les autres ont dit « Oh, Calmos !

» Mais, enfin, c'est pas être devin de se dire qu'il suffit de discuter avec les policiers, ce que je fais tout le temps, ils voient effectivement passer tout le monde. Tout le monde. Donc, voilà, il y a, je crois, 10% des adultes en France maintenant qui disent avoir déjà testé la cocaïne. Ça semble totalement hallucinant.

8:34
Présentateur

– Il a raison, Emmanuel Macron, de tenir ses propos ?

8:36
Invité politique

– Il a raison, s'il fait un plan de santé publique. Si c'est juste pour pointer la culpabilité individuelle des gens, évidemment que moi aussi ça m'écœure, évidemment que je fais ça, on travaille avec la Mildeka, on fait des spots pour dire, voilà, quand vous allez acheter votre drogue, en fait, vous le faites sur un lieu, maintenant souvent, qui a du sang sur le sol, et en fait, vous nourrissez, vous pourrissez l'environnement des habitants qui sont sur les points de deal, vous pourrissez l'endroit de l'espace public que s'approprient les dealers. Donc, évidemment, mais il faut une réponse systémique.

Quand le fléau est tel, c'est comme si on disait que la faute des alcooliques est une faute individuelle. Bon, il y a un moment, il faut traiter les choses de façon santé publique.

9:16
Présentateur

– Vous avez une méthode, bien à vous, début d'année, sur une radio nationale, vous aviez préconisé des compromis avec les dealers.

9:27
Invité politique

– Non, je n'avais pas préconisé des compromis avec les dealers. J'ai dit, le service public a un modus vivendi avec les dealers. Oui. Pourquoi ? Parce que le service public, il fait quoi, le service public local ? Il ramasse les déchets, il nettoie la rue, et il est sur le terrain pour faire de l'action associative, de l'événementiel, etc. Et vous faites quoi quand vous êtes dans un quartier qui est tenu par les dealers ? Eh bien, en fait, vous trouvez le moyen de faire votre travail, c'est-à-dire de ne pas abandonner les habitants, c'est-à-dire de faire votre travail et de ne pas abandonner les habitants de ces points de deal.

Et donc, ça nécessite d'avoir l'autorisation, c'est terrible, mais c'est comme ça, l'autorisation du système, c'est ça, cette espèce de compromis qui fait que vous faites votre travail, mais ils savent que vous n'êtes pas en train de les emmerder. Je fais des stages d'immersion, moi, depuis deux ans. Parmi mes stages d'immersion, j'ai été ouvrier agricole, j'ai été maçon, j'ai été en crèche, j'ai été en EHPAD, j'ai été balayeur aussi, au milieu de quartiers, pas à Grenoble, je ne fais jamais ça à Grenoble, au milieu de quartiers qui sont très marqués par le trafic.

Quand on nettoie dans ces endroits-là, il faut bien trouver la façon de nettoyer pour ne pas abandonner les habitants, tout en ayant l'autorisation, c'est-à-dire n'ayant pas les mecs qui viennent et qui vous menacent, en fait. Voilà, c'est juste la réalité. On peut toujours se cacher, dire que non, non, non, etc. Mais ça ne marche pas. Il y a quelques années, il y avait une commissaire à Grenoble qui a voulu dire, voilà, il y a un camp, il n'y a que deux camps dans leur avis. Ou bien vous êtes avec la police dans la lutte contre le narcotrafic, ou bien vous êtes complice.

Donc, elle avait dit aux salariés d'un bailleur social, qui sont des salariés de proximité, qui travaillent pour les locataires du logement social, maintenant, vous venez avec nous, avec les policiers, et on va aller ouvrir les apparts et on va vous marquer que vous êtes dans le bon camp. Alors, ils se sont exécutés, hors de la police. Le lendemain, ils ont été convoqués par les dealers. Ils leur ont dit, en fait, les amis, on ne veut plus vous voir. Voilà, on va menacer vous, on va menacer vos familles, etc. Ils ont fait quoi ? C'est des métiers qui sont durs. Ben, ils se sont mis en arrêt maladie le temps d'encaisser le choc. Ils y sont retournés, ils sont courageux.

Cette première ligne, c'est une première ligne qui est courageuse. Les policiers nationaux sont très courageux, mais ceux qui travaillent dans ces endroits-là sont très courageux aussi pour faire leur boulot. Et après, pendant six semaines, on n'a plus eu personne dans le quartier. C'est-à-dire que les locataires, ils étaient abandonnés. Abandonnés. Et ça, c'est inacceptable. Alors, ça gêne peut-être de dire que je dise la réalité de ce qui se passe partout en France. C'est que tous ceux qui sont en première ligne, ils font leur boulot engagé dans un contexte compliqué.

12:18
Présentateur

Eric Collon, on est à quatre mois des municipales. Est-ce qu'il y a un risque d'ingérence des narcotrafiquants dans ces municipales ? Est-ce que vous-même, vous avez eu des remontées ? Est-ce que vous-même, vous l'avez constaté ?

12:26
Invité politique

Non, je n'ai pas eu de... Voilà, donc évidemment, on est tous en alerte permanente là-dessus ou sur d'autres formes d'ingérence. Question de corruption, d'ailleurs, c'est un des points positifs de M. Rotaillot, c'est que c'est le Premier ministre de l'Intérieur qui reconnaît qu'il y a de la corruption dans la police et la justice. Ce que disait Dampoli, le spécialiste des mafias italiennes, il disait que quand vous avez un système qui est aussi structuré, ne vous faites pas d'illusions. Effectivement, il a réussi à pénétrer aussi police...

12:51
Présentateur

C'est le rapport du Sénat, sur la lutte contre une narcotrafiquante.

12:53
Invité politique

Un peu de pragmatisme, je ne le constate pas. Je ne le constate pas. J'ai vu dans les journaux, notamment du groupe Ebra, des affaires récemment qui pointaient des circuits d'information entre la police et les narcotrafiquants. Donc, évidemment qu'on sait que ça existe. La préfecture de Grenoble, sur un autre domaine, les titres de séjour où il y a aussi beaucoup de pression, a vécu trois histoires de corruption en 15 ans dramatiques. Donc, on sait que ça crée des points de fragilité. Il ne faut pas se leurrer. Mais là aussi, ne laissons pas le système se gangréné. À un moment, ouvrons les yeux.

Quand on n'arrive pas à lutter contre une maladie sociale, prelons-nous sur le côté de la santé publique. Sinon, on va se taper encore, je ne sais pas combien, de déplacements à Marseille. C'est le combien de tièmes ? Cette fois-ci, ils vont dire, allez, à partir de maintenant, les amis, vous allez voir ce que vous allez voir, tolérance zéro. Hier, M. Rotaillot me disait, grâce à nos efforts, nous avons divisé par deux le nombre d'homicides à Marseille. Bon, le procureur de Marseille disait, en fait, s'il y a moins d'homicides aujourd'hui, c'est que la guerre des gangs, il finit pour un moment. On ne contrôle pas ça. À Grenoble, il n'y a pas eu de mort cette année.

Ça se trouve, il y en aura quatre ce soir. Je ne sais pas. Entre 2016 et 2020, il n'y avait pas eu de mort, pendant quatre ans. Vous ne m'avez pas entendu chanter sur les tableaux, grâce au travail conjoint de la mairie, travaillant dans le continuum de sécurité, avec la police et la justice, nous avons réussi à ne pas avoir... Non, en fait, c'est lié à des événements qui, malheureusement, sont liés à cette violence du trafic. Et quand on voit le rajeunissement et la perte de sens de la vie... Enfin, les règlements de compte, il y a 20 ans, quand ça a commencé dans la drogue, c'était à peu près il y a 20 ans. Avant, c'était plutôt...

Les armes à feu circulaient plutôt dans Proxénitisme, les extractions de fonds, les jeux, etc. Ça a pénétré la drogue dans les années 2000. À Grenoble, 2007, il y a dix morts dans les règlements de compte. À l'époque, c'était dans des coins où vous ne foutiez jamais les pieds, la nuit. Maintenant, vous constatez, il y avait une mère de famille à Nîmes sortie d'une école, 17h, pouf, une balle dans la puits-tête, elle avait ses trois gamins dans la bagnole. Nous, il y a eu un meurtre l'année dernière, 17h, dans un endroit dans lequel je passe dix fois par jour.

14:59
Présentateur

Qu'est-ce que vous attendez cet après-midi de Sébastien Lecornu, qui sera devant les mères de France ?

15:03
Invité politique

Ce que j'attends, c'est de dire, OK, on a un problème de consommation de drogue au lieu de dire purement un problème de narcotrafic. Narcotrafic, il y a un consensus. Les maires de France urbaine, on a écrit une tribune il y a deux ans pour faire nos propositions. Bon, voilà, le diagnostic, il est assez partagé. Mais il y a un problème de santé publique. Abordons cette question de santé publique. Mettons des moyens sur l'éducation populaire, sur le sport, la culture, les moyens pour les familles de retrouver du lien social. C'est le lien, en fait, ce lien qui se détériore, ça génère des problèmes de stress évidents.

Donc on a une société qui pousse à des pulsions consommatrices absolument dingues, qui nous amènent loin de ce dont, nous sommes des mammifères, ce dont les mammifères ont besoin. Investissons un peu là-dessus, ça aura du sens, y compris pour les dépenses de santé.

15:53
Présentateur

Et le message est clair. Au-delà de cette question du narcotrafic, que doit dire, selon vous, le Premier ministre, au maire, pour les rassurer ?

16:00
Invité politique

Alors, si vous nous rassurez, il devrait dire, ok, les amis, il y a une situation géopolitique qui est d'une complexité extrême. On le voit sur le côté climatique, à la COP, j'y étais la semaine dernière, c'est quand même le gros sujet. Ce qui est dingue, c'est que le gros sujet de l'humanité, aujourd'hui, y compris en France, c'est le dérèglement climatique, les incidents climatiques, sécheresse, inondations, le réchauffement qui vient toucher nos qualités de vie.

On devrait mettre toute notre énergie pour dire comment on s'adapte, comment on atténue le chemin climatique, mais surtout comment on s'adapte, comment on améliore notre qualité de vie et on la protège, comment on retrouve du coup aussi de la souveraineté nationale pour se protéger. Par rapport à cela, on ne parle pas de ces événements qui sont majeurs, mais on parle de tout autre chose. Voilà, les sujets qui sont certes importants, mais le narcotrafic, c'est 100 morts par an. L'automobile, c'est 3 000 morts par an, plus de 3 000 morts par an. Le tabac, l'alcool, c'est 40 000, le tabac, 70 000.

16:56
Présentateur

Vous attendez des choses sur l'écologie ? Moi, ce que je dis,

16:59
Invité politique

je dis juste, ok, on a ce problème majeur. Aujourd'hui, il y a un bordel international sans nom, il y a un bordel national sans nom. Même moi, je n'arrive plus à suivre, je le dis à mes camarades députés, je me dis, ok, je sais que vous ramez de 9h à minuit, mais en fait, je n'arrive même plus à lire ce que vous faites. Je verrai le résultat à la fin. Général ou particulièrement

17:18
Présentateur

chez les écologistes ?

17:19
Invité politique

Non, partout, partout. On discute avec tous les députés sans couleur politique. Je leur dis, en fait, j'ai l'impression de perdre mon temps à suivre ce que vous faites. Donc, protégeons les collectivités locales. Protégeons les collectivités locales. Donc, arrêtez. Là, ils vont encore nous saigner de, le terme n'est pas bon, excusez-moi, mais de couper dans nos recettes de, nous, ça va être 6,5 millions de nouveaux plus les 2 millions de cotisations retraites qu'on se prend chaque année pendant 4 ans. Donc, c'est 10 jours de fonctionnement de la mairie de Grenoble qui sont coupés. Qu'est-ce qui se passe pour toutes les mairies en France et les collectivités locales en général ?

On a d'abord optimisé nos dépenses de fonctionnement en revisitant ce que nous faisons. On a ensuite dégradé nos ratios financiers. On a ensuite endetté pour continuer ou augmenter les impôts. Nous avons fait les deux. et ensuite, maintenant, nous nous coupons dans des investissements de transition. Ce que je me refuse à faire. Mais couper dans des investissements de transition, ça veut dire avoir un cycle récessif sur l'économie réelle et prendre du retard dans la transition environnementale. Donc, c'est détestable. Donc, je dis, préservez le dernier truc qui marche en France, s'il vous plaît. Le reste, vous discutez avec tout votre bordel là.

Mais préservons les collectivités locales pour qu'il y ait encore quelque chose qui marche en France.

18:34
Présentateur

Des collectivités inquiètent sur leurs finances. Bercy prévoit une hausse de la taxe foncière pour 7 millions de foyers. Est-ce que vous dites que c'est une bonne chose pour les finances de nos communes ?

18:41
Invité politique

Bon, ça sera, il y aura un intérêt, je ne vais pas vous le cacher, il va y avoir un intérêt corollaire qu'on ait tous, parce que là, nous avons perdu les dernières années, je pense que je ne sais pas si c'est un problème de fraude fiscale à grande échelle, mais nous voyons des reclassements de résidences secondaires en locaux vacants parce qu'ils sont moins taxés à une échelle qui fait qu'à Grenoble, par exemple, nous avons perdu 3 millions d'euros de recettes et c'est le cas un peu partout. Donc, il y a des éléments qui nous font perdre de recettes sur des mouvements dont on ne sait pas si c'est des corrections ou de la fraude.

Il y a des mouvements qui sont positifs, là c'est la réévaluation, ce n'est pas une hausse structurelle, c'est des mètres carrés qui ne sont pas déclarés parce que les bases n'ont pas été revues de 70. Bon, voilà, il y aura un petit intérêt direct, une correction évidemment désagréable pour les contribuables et un petit intérêt pour les communes.

19:29
Présentateur

Un mot sur le municipal justement, Fabrice. Sur la taxe, vous seriez favorable à un retour de la taxe des habitations ?

19:35
Invité politique

Nous serions favorables à un retour d'un lien entre les habitants et les collectivités et un lien entre les actions que nous mettons en œuvre et leurs effets pour nos finances. Donc, nous voulons retrouver de l'autonomie financière. Donc, ça dépend si c'est un truc supplémentaire. Enfin, là, la taxe d'habitation c'est 18 milliards dont 8 milliards ont été aux 20% les plus riches.

Donc, ce qu'a fait Emmanuel Macron, c'était sympa pour sa campagne de 2017 mais c'était sympa à titre évidemment personnel pour tout le monde puisqu'on a tous gagné des sous avec ça mais on a donné 8 milliards d'euros aux 20% les plus riches donc on a continué à faire ce qu'il a fait pendant tout son mandat enrichir les plus riches.

20:13
Présentateur

Pour parler des municipales, vous ne vous représentez pas à Grenoble ? Oui. Pourquoi ? Et est-ce que vous serez sur la liste de Laurence Ruffin ?

20:22
Invité politique

Alors, je ne me représente pas, je l'avais annoncé dès la campagne de 2014. Absolument. J'avais dit, voilà mon objectif, moi j'ai travaillé 18 ans dans l'industrie donc je suis passé de Clampin comme tout le monde à commenter la vie politique au bar avec mes copains à conseiller régional en 2010 et président de groupe puis maire. Je suis fortement attaché au non-cumul des mandats donc quand j'ai été élu maire j'ai démissionné de mon mandat de conseiller régional à la fois évidemment simultané mais également dans le temps.

Donc quand je me suis lancé là-dedans je me suis dit un, pour les écologistes il faut changer de culture cette culture de contre-pouvoir cette culture de lanceur d'alerte maintenant il faut la laisser de côté lanceur d'alerte il y a plein de gens qui font ça très bien et mieux que nous donc nous maintenant proposons un projet de société aux gens et en l'occurrence là à l'échelle locale mais on se dit la même chose l'enjeu est le même à l'échelle nationale et donc faisons cela mais derrière mon but je l'exprimais ainsi c'était gagner regagner pour valider effectivement les gens suivent et faire gagner pour que la première fois que les écologistes sont à la tête d'une grande ville d'une préfecture en France on ne se dise pas nous on était contre le cumul des mandats dans le temps mais sauf quand on arrive au pouvoir à ce moment-là j'ai évidemment je suis la même personne le plus connu blablabla donc voilà vous serez quand même

21:37
Présentateur

de la partie vous serez quand même de la partie ou pas ?

21:40
Invité politique

je le ferai à la demande de Laurence Ruffin si elle souhaite que je sois 60ème

21:43
Présentateur

elle ne l'a pas encore fait elle ne vous l'a pas encore demandé

21:46
Invité politique

je la vois tout le temps on est en transition mais voilà on verra en janvier si c'est intéressant que mon nom apparaisse en dernier ou si ce n'est pas intéressant que mon nom apparaisse en dernier mon but c'était quoi et son but aussi c'est d'amener de la fraîcheur pourquoi est-ce aussi je me disais que deux mandats c'est bien c'est que quand on pousse des changements on a poussé des changements forts à Grenoble ça crée aussi des tensions il faut savoir prendre avec un autre style elle ira avec son style à elle et le style de son équipe pour tirer des bords comme en bateau donc on va dans une direction on fait comme ça et donc il y aura d'autres choses donc il faut cette fraîcheur c'est une richesse

22:21
Présentateur

une dernière question Éric Piolle Marine Tondelier s'est déjà déclarée candidate à la présidentielle est-ce que vous avez compris son choix et son calendrier ?

22:28
Invité politique

Non, j'ai été élu porte-parole des écologistes c'était la première fois contre son gré par les adhérentes et les adhérents en avril dernier c'était la première fois quelqu'un qui avait exercé des responsabilités rentrait dans la direction des écologistes bon elle m'en a sorti par la fenêtre après l'élection nous avons des différences non pas de projet évidemment de société nous avons des différences stratégiques je pense qu'à l'échelle nationale je pense que c'est dommage parce qu'elle a un vrai crédit dans l'opinion et que ce crédit il faut l'amener en soutien des municipales une fois que vous êtes candidat à la présidentielle vos déplacements c'est des candidats à la présidentielle donc il y a une espèce de retournement où en fait votre déplacement vient nourrir votre candap plutôt que et en plus les élus locaux nous cherchons ce que j'ai essayé d'expliquer à dire ok on aime bien les écologistes mais à l'échelle locale en fait nous ne sommes plus des donneurs de leçons nous ne sommes plus des lanceurs d'alerte nous ne sommes plus des contre-pouvoirs nous avons des projets concrets c'est ce qui se passe dans toutes les villes là c'est quand même cette préfecture qui avait choisi des écologistes comme maire et je crois que le contexte n'est pas si défavorable que ça parce que dans ce bazar généralisé la qualité de vie du quotidien c'est important pour les habitants de ces habitants et donc je pense que face à l'élection ils diront finalement les écolos c'est eux qui proposent des solutions pour le logement pour l'espace public pour les déplacements pour l'alimentation la santé la lutte contre la pollution la transition énergétique concrète donc je pense que c'est pas si défavorable que ça

23:51
Présentateur

Merci Eric Piolle Merci beaucoup d'avoir été notre invité Fabrice Laune de l'Est Républicain la progression alarmante des drogues au volant c'est à la une de de vos journaux Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat