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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 23 octobre 2017 11 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesBudget & impôts

EUROPE : «NOUS AVONS UN PLAN B» - Mélenchon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00MélenchonFait
    « Pour nous, le problème ce n'est pas l’Europe ! C'est le capitalisme financier, à laquelle elle est rivée par ses traités financiers. »
  • 4:00MélenchonFait
    « Le Danemark, refusant le traité de Maastricht, obligé de revoter. L’Irlande, refusant le traité de Nice, obligée de revoter. »
  • 6:00MélenchonFait
    « Après toutes ces chansons sur l’Europe Son caractère bienfaisant... Son ouverture... Eh bien, l'Europe dépend de plus en plus de la contribution des nations. »
  • 8:00MélenchonChiffre
    « La contribution de la France; le prélèvement est de plus en plus important. Il a été multiplié par cinq depuis 1982. »
  • 18:00MélenchonFait
    « Il faut solder la dette ! Vous n'y parviendrez pas par des excédents bruts. D'année en année, avec ce que le gouvernement actuel est en train de faire. »
  • 20:00MélenchonChiffre
    « Cinq points ! Il faut cent ans pour finir par payer cette dette. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Présidente, ministres, collègues, bonjour ! Depuis le discours de la Sorbonne du président de la République J'estime que la campagne des prochaines élections européennes est commencée et c'est une bonne chose. Il a raison de dire, que c'est une occasion pour nous, Français, nous tous, de proposer une issue à l'impasse politique, économique et morale, dans laquelle se trouve enfermée l'Union Européenne, dont la construction semble en quelque sorte bloquée par les circonstances.

Ce débat, il faut l'aborder dans le respect, c'est-à-dire, dans le refus de caricaturer les positions qui sont en présence, parce que la caricature ne convaincra jamais que ceux qui la prononcent. Et pas ceux qui la reçoivent C'est la raison pour laquelle Lorsque je lis, dans un journal, que je suis en tentation souverainiste. Eh bien, l'ancien enfant de chœur, que je suis, souris.

Sachant que la tentation Est en quelque sorte un désir peccamineux et la préfiguration du mal. Mais franchement, est-ce que la discussion est entre le mal et le bien, le beau, le juste et l'infâme Nationalisme? Non, je ne le crois pas.

Et je vais vous rassurer, pour la qualité de notre débat Non, nous ne le sommes pas. Pour nous, le problème ce n'est pas l’Europe ! C'est le capitalisme financier, à laquelle elle est rivée par ses traités financiers.

Pour nous le problème, ce n'est pas l'étranger, c'est le refus absolu. D'avoir une situation d'égalité des droits avec lui. Pour nous, le problème, ce n'est pas de faire l’Europe C'est de refuser de défaire la France pour y parvenir Défaire la France ?

C'est à dire tout ce qui la constitue. D'abord sa laïcité. Pas seulement son drapeau.

Mais les symboles de sa laïcité. Et sa laïcité réelle ! Ses services publics, ses champions industriels, sa vocation égalitaire !

Son identité universaliste ! Enfin, Son refus d'être contrôlée, sa volonté d'être in-dé-pen-dan-te ! Voilà l'idée que je m'en fais, rien d'autre.

Mais cela ne devrait pas me valoir d'être enfermé, avec mes amis, dans une confusion: Dès que l'on parle d'indépendantisme, c'est que l'on voudrait se replier sur soi. Mais quoi ? Depuis quand l'affirmation de soi et de ses valeurs est un repli ?

C'est tout le contraire ! C'est l'enthousiasme qui nous meut ! Et lorsqu'on me traitera de souverainiste - moi, mes amis - je n'aurai qu'une chose à vous dire Eh bien, appelez nous comme vous voulez !

Du moment que, lorsqu'on parle de souverainisme, on entend bien qu'il s'agit de la souveraineté DU PEUPLE ! Qui est la seule souveraineté acceptable. Et pourquoi en parler ?

Est-ce faire un procès d'intention ? Dois-je rappeler qu'avant le Brexit - c'est-à-dire le moment où un peuple décide de s'en aller - il y a eu d'autres votes Et ses votes comme ont-ils été traités ? Le Danemark, refusant le traité de Maastricht, obligé de revoter.

L’Irlande, refusant le traité de Nice, obligée de revoter. La France, les Pays-Bas, votant contre. Il n'en est tenu aucun compte !

Le référendum Grec, se prononçant contre un mémorandum. Tout le monde s'en fout ! C'est à dire qu'il y à une dérive autoritaire, dont monsieur Juncker a fini par exprimer l'esprit tout entier, lorsqu'il a dit: Il n'y a pas de démocratie possible en Europe, en dehors des traités.

Si - et je me pose même la question de savoir: S'il n'y a de démocratie, qu'à la condition qu'on sorte les traités - Et notamment des traités budgétaires. Car c'est eux, qui créent la tension à l'intérieur des nations et entre elles. Jusqu'au point que les peuples en viennent à s'affronter !

Non seulement entre eux, mais à l'intérieur des nations jusqu'à ce qu'elle se démembrent. Parce qu'on les transformées en coquille vide. Bien.

J'en viens au rapport ce n'est pas de ça dont il parle. Le rapport, c'est son boulot. Il est bien fait d'ailleurs.

Je vais en souligner la qualité. J'en désapprouve totalement la conclusion mais la qualité elle est indiscutable Et pointe de vrais problèmes et de vrais sujets de discussions. Mais enfin...

Qu'est ce qu'on observe ? Après toutes ces chansons sur l’Europe Son caractère bienfaisant...

Son ouverture...

Eh bien, l'Europe dépend de plus en plus de la contribution des nations. Que par ailleurs, on décrie, on montre du doigt et à qui on jette des pierres Car au début, c'était un petit 10 % En 1988, pour les états membres. Et maintenant, nous voici rendus à 60 % des recettes totales de l'Union.

Et puis, vous verrez que ça un rapport politique quand on regarde pour les recettes Après avoir vu que les nations font tout, on regarde la case des recettes propres de l'UE Et quoi ? Eh bien les droits de douane ! Que voit-on ?

Que voit-on ?? C'est tombé de 30 % à, à peine, 14%.

Et pourquoi ? Parce que les traités de libre échange. Qui, par ailleurs, détruisent nos emplois Défigurent nos sociétés et tout ce que vous voulez, font que les recettes de douane, et de l'UE, sont décroissantes Voilà un organisme qui est en train de se tuer lui-même.

Et puis dans cette affaire...

Il faut bien observer que cette Europe - qui donne tant de leçon aux autres - est certainement l'organisme européen le plus mal géré Comment expliquez-vous que jusqu'à l'année dernière Jusqu'à l'année dernière, nous en étions à presque 20 milliards d'impayés. C'est grandiose non ? Cette année, on est descendu.

Je le reconnais. Mais quand on va arriver à la fin du cycle du budget pluriannuel Car il y a aussi cette étrangeté, qui dépasse le mandat d'un député, chère madame Rabault Figurez vous que nous serons à découvert de 240 milliards Car 240 milliards de dépenses auront été décidées mais elles n'auront pas été payés Voilà un des exploits de gestion de l'union européenne. Je vous passe le reste C'est à dire que tous ces organismes, qui ne sert strictement à rien.

Comme ce service d'action extérieure dont la baronne Ashton a eu la franchise de dire Qu'elle ne savait pas quoi il servait, quoi qu'elle en soit placé à la tête Mais qu'elle pensait, que l'organe finirait par définir de sa fonction. Voilà ! Voilà où nous voilà rendus dans cette sphère.

Après quoi, il faut dire que pour la France C'est de plus en plus cher. Je vous rassure Mme Rabault, je n'ai jamais dit que j'étais contre le prélèvement Car cela interdirait...

Mais écoutez madame, les autres. Ne vous contentez pas de lire les fiches, qui viennent de Solférino Je suis contre le paiement de l'excédent. Et je vais vous expliquer maintenant pourquoi.

La contribution de la France; le prélèvement est de plus en plus important. Il a été multiplié par cinq depuis 1982. Et bientôt vous verrez, qu'il y en aura pour la prochaine période pour 5 milliards de plus Alors, c'est très cher payé pour ce que nous avons Oui oui !

Et je suis contre le paiement De l'excédent positif de la France; c'est à dire que nous donnons 20 milliards Et nous en recevons 14 pour appliquer une politique agricole, que je condamne de toutes les manières possibles Et la différence c'est 6 milliards. Donc nous cotisons, brut, pour 6 milliards que nous donnons Si ces milliards étaient restés dans les caisses de l’État Eh bien nous serions à la barre des 3%. Et il n'y aurait pas besoin d'engager ce que nous engageons pour réduire le déficit structurel J'ajoute, que sur votre budget, 16 milliards sont destinés à compenser le total de...

Excusez moi, je me tourne vers vous Dans ce budget, 16 milliards Sont rognées du budget de l'état. 10 milliards pour compenser les baisses d'impôts. 6 milliards en économies pures.

Eh bien, ces 6 milliards. C'est les 6 milliards que nous donnons à l’Europe Et d'ailleurs, c'est pas la première fois. Parce que depuis 2012, la totalité de l'excédent - c'est à dire des économies faîtes vraiment sur le périmètre de l’État - ont été versées à l'Europe.

Vous ne croyez pas que ça mérite, une discussion, un tant soit peu plus approfondie que La confrontation des dénonciations et des bêlements d'enthousiasme. Je suis donc contre le fait qu'on paye l'excédent ! Et deuxièmement, je suis pour qu'on ouvre la procédure D'excédents commerciaux excessifs Qui est le fait de l’Allemagne Parce que, ce qui est en train de se construire, c'est un modèle économique calqué sur celui de l’Allemagne.

Les traités européens condamnent, ces excédents. Parce que ces excédents sont toujours fait sur le dos des autres. Pourquoi ne l'ouvre t'on pas ?

N'a t'on pas le droit de dire, à nos amis allemands: "Écoutez, vous exagérez !". Quand les anglais nous ont dit, qu'ils voulaient un rabais Qui a représenté 60% de leur contribution Les allemands ont dit "Ah bah nous, on ne paiera pas tout.

On ne paiera que 25% du reste". Et c'est nous les français qui payons le plus Est-ce que c'est une situation normale ? Alors que nous sommes censés être en déficit excessif ?

Bien...

Voilà. S'il ne les respectent pas ? Il faut qu'on les leur fasse respecter !

Tout ça tourne autour d'une question - Et moi je vais devoir me dépêcher. C'est l'affaire de la dette ! Qui est la grande question du continent européen.

Il faut solder la dette ! Vous n'y parviendrez pas par des excédents bruts. D'année en année, avec ce que le gouvernement actuel est en train de faire.

Et il fait un effort dans ce sens ! Vous le savez comme moi. On en dénonce assez la violence.

Cinq points ! Il faut cent ans pour finir par payer cette dette Cette dette doit être annulée. Notamment celle des français parce qu'elle est excessive !

Une part trop importante de cette dette est due aux taux d'intérêts des années 90 Qui n'ont pas d'autre raison d'être, que le fait que les allemands Ont décidé de donner pour un marc de l'est, un marc à l'ouest. Et que pour contrer l'inflation que ça a créé Les taux d'intérêt sont montés à 6, ou à 7 ou à 8%. Si nous avions payer à l'époque, 2% comme on paye aujourd'hui Et même moins, la dette de la france serait 30% inférieure.

Ce sont des réalités ! Nous ne pouvons pas accepter que cette situation roule et que nous les français nous ayons comme unique ambition D'être, comme l'avait dit le président Hollande: "Les meilleurs élèves de la classe". Pas question, il faut revenir sur cette dette.

Il faut la réévaluer. Il faut l'effacer. Et pour ça, il n'y a qu'à faire un moratoire ou à la gelée.

Il y a rien de plus facile. Je viens à ma conclusion avant qu'on m'y rappelle: Tout le monde doit avoir un plan B. Et vous autres de la REM, vous en avez un.

Bien sûr, vous avez un plan B. Vous proposez, et bah vous avez un plan A et un plan B Pardon, vous n'avez pas de plan B. Vous avez un plan A.

Regardez, il y a un problème de financement. Vous mettez une taxe carbone. Maurice, arrête de faire le singe.

Le président veut mettre une taxe de financement Sur la taxe carbone à la frontière. Vous avez tous compris que ça s'appelle du protectionnisme, je vote pour. Proposez là, on vote pour !

On nous propose aussi de mettre une taxe sociale. Nous avons un plan B, à notre manière. En avez-vous un ?

Si ils vous disent non, que ferez-vous ? Si ils ne veulent pas taxer les GAFA ? Si ils ne veulent pas changer le statut de travailleurs détachés ?

Que ferez vous ? Les bras croisés, vous protesterez ? Ou bien, avez-vous une méthode pour répliquer ?

Nous avons un plan B. Je le résume à une phrase Qu'a prononcé ma camarade, Kateřina: A Lisbonne, ce grand rassemblement du plan B. Entre les traites et budgétaires et les peuples, nous avons choisi, c'est les peuples.