Contrairement à l'extrême gauche, le RN n'est pas sectaire ! - Matthieu Valet (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteÉludée
On ne sait pas trop ce qui vous arrange au Rassemblement National, la censure ou pas la censure ?
- 0:58FerméeRéponse directe
Votre ligne rouge, c'est le prix de l'électricité, c'est celle-là ?
- 1:55OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez le même objectif, qu'on évoquait à l'instant avec Alma Dufour, d'aller provoquer au minimum un débat sur la démission du président de la République et au mieux son départ ?
- 3:23RelanceRéponse directe
Les principaux responsables de tout ce qui se passe, à vous entendre, c'est plutôt Emmanuel Macron et Gabriel Attard, voire Bruno Le Maire, beaucoup moins que Michel Barnier. Est-ce qu'en creux, entre les lignes, il faut entendre que finalement, vous ne voteriez pas une motion de censure qui déstituerait, qui renverserait M. Barnier ?
- 3:43RelanceÉludée
On arrive quand même…
- 4:59ComplaisanteRéponse partielle
On laisse répondre à Madame Dufour.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« on apprend que le Sénat veut faire travailler les Français gratuitement pendant 7 heures »
- 0:35Invité politiqueChiffre
« le prix de l'abonnement a augmenté de 44% »
- 1:13Invité politiqueChiffre
« le gouvernement de Michel Barnier qui s'apprête à augmenter le déremboursement, ou en tout cas la contribution de 5% en plus pour les médicaments »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« on dépense près d'un milliard d'euros pour les clandestins qui rentrent par infraction en France et qu'on soigne gratuitement »
- 2:30Invité politiqueChiffre
« Pour les Jeux olympiques, on a promis 700 millions d'euros de primes pour les fonctionnaires de police, pour les gendarmes, pour les militaires qui étaient engagés »
- 2:37Invité politiqueChiffre
« En total, c'est 1,7 milliard que le gouvernement de M. Attal et de M. Darmanin qui n'ont pas budgété »
- 4:14Invité politiqueFait
« nous, contrairement à la gauche ou l'extrême-gauche, on n'est pas sectaire »
- 4:24Invité politiquePromesse
« si le budget ne nous convient pas, d'adopter une motion de censure »
- 5:12Locuteur non identifiéFait
« L'impôt sur la fortune, c'est dans votre programme, 80% ou plus de vos électeurs, ils sont favorables, vous avez voté contre »
- 5:26Locuteur non identifiéFait
« Vous avez voté contre une partie de la taxe Zuckman sur les plus gros milliardaires »
- 6:04Locuteur non identifiéChiffre
« Si on vous avait laissé faire votre budget, il y avait encore 9 milliards de recettes en moins que ce que propose M. Barnier »
- 6:49Invité politiqueFait
« sur les retraites, vous êtes dans le bal des hypocrites »
- 7:08Invité politiqueFait
« moi ma mère a travaillé à l'âge de 16 ans, vous êtes pour que les gens qui ont travaillé avant l'âge de 20 ans et qui sont cassés par le travail, par dogmatisme et sectarisme, continuent à travailler jusqu'à l'âge de 64 ans »
- 19:35Invité politiqueChiffre
« On a proposé plus de 13 milliards d'économies, la réduction de la contribution française au budget de l'Union européenne »
- 20:27Invité politiqueFait
« depuis 1974 qu'un budget n'a pas été présent à l'équilibre par tous les gouvernements auxquels vous avez peut-être voté »
Temps de parole
- Matthieu Valet36 %
- Locuteur non identifié21 %
- Locuteur non identifié 217 %
- Locuteur non identifié 312 %
- Locuteur non identifié 49 %
- Présentateur6 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mathieu Vallée est avec nous, bonjour, député européen du Rassemblement National. Peut-être rebondir sur ce que disait Émilie Zapalski à l'instant, on ne sait pas trop ce qui vous arrange au Rassemblement National, la censure ou pas la censure ?
Écoutez, on attend le vote définitif du budget. Deux choses, puisque j'ai écouté Alma Dufour, la députée de la France Insommniste, que vous avez invité juste avant moi. La première chose, c'est qu'on apprend que le Sénat veut faire travailler les Français gratuitement pendant 7 heures, quand on sait le train de vie du président du Sénat, Gérard Larcher, un chauffeur, un cuisinier, de l'intendance. Je trouve que c'est indécent pour les classes moyennes et les classes populaires qui travaillent et qui sont matraquées par ce budget. De la même manière que M. Barnier, vous augmentez les taxes sur l'électricité de 3 milliards, alors que depuis 2022, le prix de l'abonnement a augmenté de 44%.
Donc, dans un contexte où il fait froid, vous en avez fait l'année de votre actualité avec la neige, j'estime qu'on ne peut pas demander aux Français de travailler plus pour peindre un copec et demander aux Français de payer plus pour se chauffer, en fait, la cerise sur le gâteau, pardon. Mais vous avez remarqué que nous tous, on va devoir payer de 5%.
Votre ligne rouge, c'est le prix de l'électricité, c'est celle-là ?
Entre autres, pardon, il y a un décalage. Entre autres, monsieur, mais encore une autre ligne rouge. Vous avez effectivement le gouvernement de Michel Barnier qui s'apprête à augmenter le déremboursement, ou en tout cas la contribution de 5% en plus pour les médicaments. Donc, les gens payent de plus en plus cher leur complémentaire santé, la sécurité sociale, et en même temps, on soigne tous les clandestins du monde. Ce n'est pas possible.
On ne peut pas faire une sécurité sociale qui, en réalité, devient privée de plus en plus et empêcher notamment les retraités ou les classes populaires et moyennes de ne pas pouvoir aller aux médecins, de ne pas pouvoir prendre des médicaments parce que les prix augmentent, parce que les prises en charge sont réduites et parce qu'en attendant, on dépense près d'un milliard d'euros pour les clandestins qui rentrent par infraction en France et qu'on soigne gratuitement. Donc, il faut une justice sociale.
Et c'est là ce que je vous disais, que ce soit l'électricité, les heures travaillées gratuites que le Sénat vient d'adopter, ou encore les soins qui augmentent, c'est des lignes rouges parce que c'est le budget des Françaises et des Français qui est grévé.
Est-ce que vous avez le même objectif, Mathieu Vallée, qu'on évoquait à l'instant avec Alma Dufour, qui est toujours avec nous d'ailleurs, mais d'aller provoquer au minimum un débat sur la démission du président de la République et au mieux son départ ?
Non, mais la France insoumise, ils sont pour le chaos des institutions et ils veulent rejouer l'élection présidentielle, qu'ils n'ont absolument pas gagné – Il n'y aurait pas de chaos avec une censure ? – Oui, mais il n'y a pas de chaos, monsieur. Le chaos budgétaire, fiscal et social dans lequel le pays, c'est à cause d'Emmanuel Macron et de M. Attal qui siègent aujourd'hui, qu'on fera tableur à la semaine nationale. Je vous donne un exemple concret, puisque Mme Alma Dufour n'a pas parlé. Pour les Jeux olympiques, on a promis 700 millions d'euros de primes pour les fonctionnaires de police, pour les gendarmes, pour les militaires qui étaient engagés.
En total, c'est 1,7 milliard que le gouvernement de M. Attal et de M. Darmanin qui n'ont pas budgété. Donc je dis simplement qu'ils sont irresponsables, ils ont rasé gratis. Et aujourd'hui, on demande à l'Assemblée nationale et au Parlement de rattraper des choix budgétaires qui n'ont aucun cas été prévus, qui n'ont été budgétés. C'est irresponsable. Une famille qui ferait ça a terminé devant la Banque de France. Donc moi, j'estime qu'on pourrait mettre M. Darmanin, M. Attal, M. Le Maire en interdits bancaires, parce qu'ils ont conduit le pays dans le mur.
Et aujourd'hui, on demande aux classes populaires, aux classes moyennes, d'éponger l'incurie et l'incompétence de dirigeants qui ont été à la tête du pays durant 7 ans, et singulièrement, depuis 2022, deux ans d'actes de renouvellement du mandat de M. Macron. Mais nous, on ne veut pas rejouer l'élection présidentielle à l'Assemblée nationale. Il y a des élections qui sont prévues. Et M. Mélenchon ne va jamais terminer au second pire, contrairement à Marine Le Pen. – Jeannick, elle vient.
– Oui, alors Mathieu Vallée, à vous entendre, les principaux responsables de tout ce qui se passe, à vous entendre, c'est plutôt Emmanuel Macron et Gabriel Attard, voire Bruno Le Maire, beaucoup moins que Michel Barnier. Est-ce qu'en creux, entre les lignes, entre vos mots, entre vos phrases, il faut entendre que finalement, vous ne voteriez pas une motion de censure qui déstituerait, qui renverserait M. Barnier ? On arrive quand même… – Pardon ? Je vous en prie.
– Vous avez raison de… Je vais rajouter d'ailleurs une corde à votre arc, si j'ose dire. La semaine prochaine, M. Barnier est dans la cohérence de ses engagements lorsqu'il arrive à Matignon, il va recevoir dans les responsables politiques Marine Le Pen. On attend la version définitive et les choix budgétaires définitifs que le gouvernement présentera à l'adoption définitive du projet de loi de finances pour savoir si on censurera. Et puis nous, contrairement à la gauche ou l'extrême-gauche, on n'est pas sectaire. Comme pour la réforme des retraites, tout ce qui va dans l'intérêt des Françaises et des Français, on le vote.
Donc on n'aura pas de difficulté, si le budget ne nous convient pas, d'adopter une motion de censure. Mais j'ai plus loin, Madame, pourquoi l'extrême-gauche, aujourd'hui, est un danger non seulement pour nos institutions, dans lesquelles on a combattu des dizaines de milliards sur le dos des Français et des petites et moyennes entreprises. Ils ont voulu faire une taxe sur les ascenseurs, une taxe sur l'eau, une taxe sur l'eau touristique, une taxe sur le carburant des pêcheurs. Donc en gros, je me demande à Madame Dufour pourquoi elle estime que, par exemple, les gens qui achètent des bouteilles d'eau, aujourd'hui, c'est des gens riches.
Quand vous irez au centre commercial, en fait, grâce à l'extrême-gauche, grâce à la France insoumise qui prétend défendre le peuple, vous paierez des taxes plus chères si on ne les avait pas combattues. Donc l'extrême-gauche était responsable.
On laisse répondre à Madame Dufour. Je vous en prie.
On est en plein délire, là. Mais comme d'habitude, avec le Rassemblement national, ça commence bien, puis ça finit en sortie de route. Excusez-moi, je vais vous donner les amendements qui étaient d'ailleurs dans votre programme, auxquels vous vous êtes opposés, finalement, en changeant d'avis entre la commission et la séance, parce que M. Bardella, il est devenu de... L'impôt sur la fortune, c'est dans votre programme, 80% ou plus de vos électeurs, ils sont favorables, vous avez voté contre. L'exit taxe, c'est-à-dire la taxe qui vient taxer quand vous sortez vos capitaux de France, vous avez voté contre. Vous avez voté contre une partie de la taxe Zuckman sur les plus gros milliardaires.
Donc en fait, ceux que vous protégez aujourd'hui, ce sont ceux qui se gavent, grâce à Macron, depuis au moins 10 ans. Ce sont ceux qui ont doublé leur fortune en 10 ans. Ce sont ceux qui accumulent à eux tout seuls la moitié de la richesse annuelle du pays. C'était ça, nos amendements. Quand je vous ai dit qu'avec 4 amendements, on arrivait à faire quasiment le deux tiers de l'effort budgétaire à Fournier. Vous, le Rassemblement national, moi j'ai compté tout ce que vous avez proposé d'amendements, je les ai chiffrés. Si on vous avait laissé faire votre budget, il y avait encore 9 milliards de recettes en moins que ce que propose M. Barnier. Voilà la réalité.
Donc vous n'auriez peut-être pas taxé comme eux les factures d'électricité des Français. Sur ça, on vous rejoint. Par contre, on aurait un gros problème de déficit et on devrait aller encore prendre plus au département, aux soignants, aux enseignants, à la justice. Donc malheureusement, et c'est bien pour ça que le NFP et la force politique, qui est un programme soutenu par 300 économistes et pas le Rassemblement national, c'est que vous aurez beau dire ce que vous voulez à la télé, la réalité elle est là. Notre programme il est chiffré, notre programme il est sérieux et on est en train de convaincre peu à peu les Françaises et les Français qu'en fait on est la solution.
Mathieu Vallée.
Non, mais Mme Dufour, elle peut répéter une vérité ou un mensonge et ça n'en fait pas une vérité, selon elle. Non, mais Mme Dufour, très simplement, sur les retraites, vous êtes dans le bal des hypocrites. Vous dites qu'il faut abriger cette réforme, on l'a proposée par M. Thomas Ménager, notamment à la Sénatrice nationale, vous l'avez refusée, non pas parce qu'elle ne va pas dans le sens des Français, mais parce qu'elle ne va pas dans le sens électoral de votre parti.
Donc nous, vous savez, contrairement à vous, on pense aux Français avant notre parti et vous, vous êtes pour, par exemple, moi ma mère a travaillé à l'âge de 16 ans, vous êtes pour que les gens qui ont travaillé avant l'âge de 20 ans et qui sont cassés par le travail, par dogmatisme et sectarisme, continuent à travailler jusqu'à l'âge de 64 ans. Ça, c'est du concret. Et je te relance juste sur ça.
Non, c'est pas concret, c'est la présidente de la Sénatrice nationale qui a jugé votre proposition de loi irrécevable. Mais monsieur, je suis à l'Assemblée nationale, je vais vous dire comment ça s'est passé. Mais collègue aussi, ne jouons pas sur ça. Non, mais Macroniste a refusé votre proposition de loi, elle l'a jugée irrecevable par l'article 40. Comme la vôtre. Oui, mais sauf que nous, elle est passée parce qu'on a été plus malins que vous en commission,
je suis désolée, mais c'est pas notre chose en fait. Si vous êtes plus malins, c'est que nous, on est plus républicains que vous, madame Dufour. On pense aux Français, on pense aux Français, c'est pas pareil.
Mais on n'a rien fait, monsieur. On n'a pas voté contre votre proposition, c'est Yael Brunpivet qui l'a déclaré. Mais vous n'avez jamais voté
la progration de la réforme des retraites en hémicycle, monsieur Ménager, vous a même pris en défaut. Mais c'est parce qu'il n'y avait pas d'article
d'abrogation, de réforme des retraites dans votre loi, parce qu'ils avaient été jugés irrecevables.
Vous n'êtes pas pour, juste très simplement, moi, ma mère a travaillé à l'âge de 16 ans, elle est cassée par le coréen, quand elle a travaillé à l'âge. Donc pourquoi vous n'avez pas voté la réforme proposée par la Réforme nationale ?
Monsieur Vallée, c'est vous qui acceptez. Quand c'est vous, vous votez,
mais quand c'est bien de mieux, vous ne votez pas. Mais non, je vous ai dit que c'était madame...
Mais c'est pas ça, je vous ai dit que c'était la présidente de l'Assemblée nationale, bien connue pour avoir défourraillé plusieurs textes sur les retraites, y compris... Monsieur, laissez-moi finir une phrase. Madame Brode-Pivet, elle avait déclaré irrecevable la proposition de loi de l'IOT, un groupe centriste. Elle vous a fait le même coup, vous n'avez rien vu venir, nous avons eu l'intelligence peut-être d'arriver à passer au travers ces fourches codines. Nous ferons discuter en séance la même proposition de loi d'abrogation des retraites. Nous allons même plus loin que vous puisque nous revenons à la retraite à 60 ans. Eh bien, votez-la.
Qu'est-ce que je voulais que je vous dise mais on n'y est pour rien.
On va voter l'abrogation que vous proposez. Après, sur les modalités de départ, vous, vous êtes pour financer gratis sur le dos des gens et des générations futures un régime que vous êtes absolument incapable de chiffrer. Je redis ce qu'on a dit en hémicycle. Les images de l'Assemblée nationale peuvent témoigner de la véracité de mes propos. Vous avez voté contre notre réforme. En tout cas, vous ne l'avez pas approuvée pour qu'elle soit abrogée. Monsieur Ménager, vous l'a clare en disant en hémicycle. J'ai les images à votre disposition, Madame Dufour, si vous avez des points de l'hémicycle. Non, mais j'étais là, monsieur. Je n'ai pas l'impression. Je n'ai pas l'impression.
Ou alors vous dormiez.
C'est encore plus compliqué quand vous êtes tous les deux à distance que quand vous êtes en plateau. Émilie Zapalski. On a compris, monsieur.
Je pense que ça donne l'impression qu'en effet, 49.3 sera un peu contournable parce qu'on voit bien que les lignes ne sont pas du tout les mêmes. Forcément, ça, ce n'est pas très étonnant. Mais on voit surtout qu'il n'y aura pas de dénominateur commun pour un éventuel budget. Plus globalement, moi, si je reviens sur le Rassemblement national et cette idée de motion de censure qui pourrait précipiter, c'est quand même délicat la situation dans laquelle ils sont. Encore une fois, ils doivent marquer leur opposition avec un gouvernement qui, moi, je continue à le dire, se débrouille comme un bonan-malan pour avancer. Et surtout, on n'en a pas parlé jusque-là.
Il y a un élément dans le gouvernement qui peut être très gênant pour le Rassemblement national, c'est Bruno Rotaillot qui avance ses billes sur des sujets qui sont plutôt les sujets fondamentaux du Rassemblement national. S'il laisse faire, quelque part, Bruno Rotaillot un petit peu trop longtemps, même s'il sera empêché, quand même, de mettre tout en place, tout ce qu'il a dit, ça risque de diminuer un petit peu l'impact du Rassemblement national sur ces sujets-là. Et quand est-ce qu'ils peuvent voter une motion de censure ?
Les lois qui vont arriver à l'Assemblée, ça va être la loi sur l'immigration, ça paraît quand même compliqué pour le Rassemblement national de faire une motion de censure là-dessus. Après, plus tard, on aura la fin de vie, même chose, ça irait complètement à rebours de ce que veut la société. Donc, quelque part, c'est vrai qu'il y a plusieurs éléments qui poussent à penser. Oui, mais encore une fois... Voteraient la motion de censure. Oui, mais c'est un véritable dilemme parce que, de l'autre côté, je ne suis pas sûre que ce parti est prêt. Et on l'a vu, il y a de l'impréparation, il y a quasiment un manque de professionnalisme. Ils en sont conscients.
Depuis le début de la rentrée, ils sont dans une campagne permanente, c'est-à-dire qu'ils essaient de virer les brebis galeuses, comme les avait appelées Jordan Bardella. Jordan Bardella a fait aussi son livre pour avancer ses idées. On voit bien qu'ils essaient d'avancer pour avoir une équipe suffisamment au point pour une éventuelle dissolution qui arriverait plus tôt que prévue, c'est-à-dire d'ici quelques mois, puisqu'elle ne peut pas arriver avant juin-juillet. Et ça ne les arrangerait pas. Donc, quelque part, il y a, comme vous disiez, c'est plusieurs coups à l'avance de voir quel avantage et quel désavantage. Mais forcément, une présidentielle anticipée,
ça pourrait les arranger.
Ce n'est pas sûr. Oui, peut-être qu'ils seraient prêts. Mais franchement, je trouve que le RN, malgré ce qu'on voit de l'extérieur, est encore très fragile au niveau des compétences, au niveau des lignes, au niveau de l'économique. Ils ont réussi à sortir un programme économique, mais qui ne tient pas forcément debout complètement. Il est encore très, très fragile. Donc, je pense qu'il y a un véritable dilemme sur déclencher ou pas la motion de censure.
Alors, Jean-Philippe du Gouinclément, il y a peut-être un autre élément qui peut être un peu gênant en ce moment, comme si Michel Barnier n'avait pas assez de cailloux dans sa chaussure, c'est que la pression vient de son propre gouvernement. Antoine Armand, ce matin, en une du Parisien, attention à l'impôt de trop. Ce n'est pas habituel qu'un ministre mette en garde son Premier ministre.
Écoutez, moi j'ai tendance à penser que d'une manière générale, les choses, c'est mieux de se les dire en interne à une structure, à un exécutif, plutôt que de les mettre sur la presse publique. Bon, ça c'est sur une question de cohérence et de cohésion. Sur le reste, il n'aura échappé à personne que le gouvernement qui est en place est un gouvernement de coalition. On retrouve des anciens membres de l'AREM de la majorité présidentielle, comme on retrouve des LR, des UDI, des MoDEM, des personnes d'horizon. Et on se retrouve avec un gouvernement qui d'ailleurs est dirigé par quelqu'un qui était dans l'opposition, il y a encore de cela, moins de six mois.
Et ce qui a été fait, et c'est tout le courage de Michel Barnier et la difficulté de sa mission, c'est essayer de recoller les morceaux pour faire que le pays ne sombre pas. Parce qu'aujourd'hui, nous sommes face à un déficit qui est absolument abyssal, où il y a effectivement des discussions et des divergences. Mais c'est le propre de la démocratie. Après, quand il n'y en a pas, on nous dit parfois, il n'y a pas de voix qui se font entendre, tout le monde est d'accord, il n'y a pas de discussion. Eh bien, il y en a. Il y en a en interne.
Moi, ce que je regrette, c'est qu'une partie de la gauche, notamment le Parti socialiste, n'ait pas eu le courage de s'émanciper de LFI pour pouvoir aussi participer à ces échanges, à ces discussions. Bon, maintenant, les choses sont comme ça. Ce que je trouve quand même extrêmement intéressant sur le mini-débat qu'on vient d'avoir entre M. Vallée et Mme Duchour, c'est qu'on voit qu'on a des gens qui n'ont strictement rien en commun, qui se retrouvent potentiellement à pouvoir décider de voter une motion de censure demain pour des raisons purement politiciennes et dont les uns comme les autres n'apportent pas de solution à ce qui est un fait.
C'est le fait que notre pays est hyper-endetté, que nous avons un mur de dette, un mur d'emprunt, et que si on ne fait pas l'effort de réduire nos déficits pour revenir dans les purs des 5% l'année prochaine et des 3% au-delà, on va mettre les Français, pour les générations qui viennent, dans une situation absolument effroyable. Et les deux solutions qui sont proposées d'un côté par l'extrême droite et de l'autre par l'extrême gauche et LFI, c'est soit des dépenses non chiffrées, non compensées, d'un côté, du Front National, du Rassemblement National, et côté LFI, on en revient à ce qui est la méthode traditionnelle de la gauche, de la taxe, de l'impôt.
Je rappelle qu'on est quand même avec plus de 56% de prélèvements obligatoires, le pays occidental, qui avons le plus fort taux d'imposition. Alors, on peut toujours reprocher le fait qu'il y ait de nouvelles pressions fiscales, mais qui sont le plus modérées possible pour arriver à boucler cet exercice budgétaire. Mais c'est un exercice qui est toujours sur la ligne et qui est d'essayer d'amoindrir au maximum le niveau de prélèvement fiscal pour l'ensemble des Français.
– Janine Calimier.
– Non, j'aurais voulu poser une question à Mathieu Vallée, c'était possible ? – Bien sûr. – Ah d'accord, d'accord. – Encore là, on vient de le voir à l'écran, c'est ça.
Si la question était de savoir s'il était encore en ligne, oui.
– Oui, vous êtes encore là, M. Vallée. Oui, si jamais M. Barnier ne répondait pas positivement aux demandes de Marine Le Pen, est-ce que vous êtes en possibilité, en volonté de proposer un Premier ministre de remplacement, si je puis dire, après la motion de censure votée par le NFP et par vous ? Donc un Premier ministre de remplacement alternatif, c'est plus noble, dans la mesure où vous êtes le premier groupe politique à l'Assemblée nationale.
– Écoutez, madame, entre le nouveau Fonds populaire qui veut refaire le match avec la destitution du président de la République d'une élection présidentielle qui n'a absolument ni gagné ni été au second tour comme Marine Le Pen, et puis les élections législatives qui sont passées, on a acté, on a fait le deuil qu'on n'avait pas de majorité absolue.
Donc le Premier ministre qu'on n'a pas présenté en juillet, le 7 juillet, à l'issue des urnes, on ne le présentera pas en novembre ou en décembre après un budget qu'on peut éventuellement censurer s'il ne correspond pas à l'intérêt des Françaises et des Français, et j'en profite pour répondre à l'éditorialiste ou votre invité en tout cas sur le plateau, M. Retailleau, il ne tient pas le Rassemblement national en haleine, en aucun cas il est un concurrent ou quelqu'un qui nous fait de l'ombre.
Quand on voit aujourd'hui l'état du pays en termes de sécurité, que ce soit les violences faites aux femmes, que ce soit les narcotrafiquants avec les victimes innocentes qui sont exécutées à Marseille, à Rennes, ou en tout cas qui sont gréement blessées, les solutions on les a, et le réquisitoire fait sur notre parti et sur notre compétence et nos propositions, c'était de l'an 40. Il faut mettre le logiciel à jour, sur tous les sujets, et votre humble serviteur en matière de sécurité pour avoir pendant 20 ans protégé la République en tant que policier, on a un gros programme en sécurité.
Je veux bien inviter cette dame à boire un café pour lui expliquer qu'on est compétent, qu'on a un programme, et même la surprendre, on a même des propositions concrètes pour les Françaises.
C'est le café de Mathieu Vallée.
Oui, j'accepte le café, d'ailleurs on s'est déjà croisés sur des plateaux dans votre vie antérieure. Mais non, non, moi je réitère, l'an 40, c'était il n'y a pas si longtemps, ou alors je n'ai pas la même notion du temps, mais pendant les législatives, on a vu clairement qu'il y avait des candidats, et ce n'est pas moi, c'est les brebis galeuses, c'est les mots de Jordan Bardella.
On sent bien qu'il y a encore des fragilités, c'est normal aussi, vous êtes un parti qui a eu son évolution, vous arrivez à l'Assemblée en force, donc vous avez beaucoup plus de moyens, pas forcément que financiers aussi, des ressources humaines, pour vous organiser, vous avez mis quand même énormément de temps à sortir un programme économique. Donc voilà, moi c'est juste sur les faits.
Après, et je pense qu'en effet, là je comprends bien l'idée de ne pas proposer de Premier ministre à ce coup-ci, vous n'y avez aucun intérêt pour vous faire castagner avec la constitution d'un autre budget, et puis l'Assemblée telle qu'elle est actuellement, ça serait difficile, mais moi je réitère, c'est un parti qui a encore beaucoup, beaucoup de fragilité, et à cela je rajoute en fait, ce qui se passe à Bruxelles en ce moment, sur le procès, avec une candidate potentielle, Marine Le Pen, qui est quand même adoubée par le parti, et par une grande partie des électeurs, qui aussi bien ne pourra pas être éligible en 2027.
Donc ça fait beaucoup de fragilité, quand même, je reconnais vos forces, mais je reconnais aussi vos fragilités.
On vous laisse répondre Mathieu Vallée, juste à dire qu'à l'hemi.
Ça va sur une autre fragilité, M. Vallée, si vous renversez, participez au renversement du gouvernement Barnier, et que vous ne proposez pas de solution alternative, est-ce que, comme Premier ministre, est-ce que vous ne risquez pas de vous faire taxer, stigmatiser par votre propre électorat, d'ajouter du chaos au chaos, dans la mesure où vous renversez un gouvernement, et que vous ne proposez pas d'alternative, contrairement, il faut le reconnaître, alors ça durera ce que ça durera, au NFP, qui a quand même un programme et une incarnation, d'alternatifs.
Oui, quand vous dites incarnation, c'est le Premier ministre imaginaire, premier poste dans la Ve République, qui a inventé le Nouveau Front Populaire, Lucie Casté, qui a enfin accepté de se retirer de ses fonctions de la ville de Paris, et qui laisse une dette colossale, si elle gère la mairie de Paris ou la France, comme son président poste. M. Vallée,
sur le Rassemblement National, est-ce que vous voyez quand même la limite de renverser sans proposer, ou alors vous ne renverserez pas ?
Non, mais vous n'énervez pas, madame ? Non, non, je ne m'énerve pas. Vous savez, c'est le décalage aussi. Le décalage, c'est le décalage. Ce que je veux vous dire, madame, c'est qu'on a un contre-projet budgétaire qu'on a présenté, que Jean-Philippe Tanguy a présenté lors de la proposition du budget par le gouvernement. On a proposé plus de 13 milliards d'économies, la réduction de la contribution française au budget de l'Union européenne, la simplification administrative, la simplification et la réduction des mesures liées à l'immigration. Il y a énormément la réduction de niche fiscale.
Il y a plein de mesures ici dont je ne vais pas vous faire la liturgie, je vais vous éviter l'économie de vos oreilles, mais en tout cas, on a un programme sérieux et stable. Et puis, sur Marine Le Pen, attendons la décision de la justice. On nous répète, béquille et ongles, et c'est normal que la présence de l'innocence prévaut pour tout le monde. Ça doit être le cas pour Marine Le Pen. Ne vous inquiétez pas, le délibéré interviendra dans quelques semaines en début d'année. Donc, soyons patients. Et sur le budget économique, on a un budget sérieux.
Maintenant, vous avez raison, madame, on n'a pas intérêt à envoyer un Premier ministre qui serait censuré immédiatement et qui n'aurait pas les moyens de sa politique. Et puis, en plus, pardon, mais on n'a pas vocation à éponger toutes les conneries et les incuries qui ont été faites avant qu'on arrive au pouvoir. Et ça, ça fait 40 ans, madame. Ça fait depuis 1974 qu'un budget n'a pas été présent à l'équilibre par tous les gouvernements auxquels vous avez peut-être voté. Mais moi, en tout cas, j'estime qu'aujourd'hui, la France est au pied du mur et ce n'est pas à cause de nous et on propose un contre-budget qui est sérieux.
Et à défaut de vous proposer un café, je peux vous l'envoyer sur votre adresse mail. Vous verrez qu'on a des propositions sur tous les domaines de réduire la dépense sans serrer la ceinture des classes moyennes et des classes populaires qui n'en peuvent plus.
Et vous, Alma Dufour, vous seriez dans l'intérêt d'envoyer, en l'occurrence, une première ministre qui potentiellement serait censurée rapidement ?
Alors, justement, non, mais c'est très bien ce débat parce que ça montre tout ce qui nous différencie au NFP avec le Rassemblement national. Je veux dire, le Rassemblement national, il n'est pas nouveau dans la scène politique française. Depuis 2002, ils ont failli être élus. En tout cas, ils étaient au deuxième tour de la présidentielle. Ils ont eu largement le temps de se doter d'un programme économique et d'y être fidèles. Et donc, ce n'est pas une question de temps de compétence. C'est qu'en fait, le Rassemblement national est un parti de droite qui se fait passer pour un parti de gauche. Il va falloir que les gens le comprennent.
Si le Rassemblement national a dans son programme depuis au moins une dizaine d'années le retour de l'impôt sur la fortune et que comme ça, du jour au lendemain, ils décident de voter contre parce que M. Bardella a eu un dîner aux chandelles avec un milliardaire, c'est que ces gens-là ne sont pas vraiment de gauche. Et s'il y a une partie des gens qui votaient à gauche avant qui votent pour eux, c'est bien regrettable. C'est parce que la gauche de gouvernement a fait beaucoup d'erreurs et la France Insoumise est aussi là pour rattraper ça. Mais c'est la réalité.
Ils n'ont pas de programme économique et comme je vous l'ai dit, moi j'ai calculé tout le chiffrage de ce qu'ils ont déposé dans le budget, c'est 9 milliards de recettes en moins. Alors après, qu'ils nous disent où ils vont faire des économies dans le budget, on a compris sur l'aide médicale d'État, 1 milliard, ce n'est pas ça qui va régler le trou du déficit. Je suis désolée. Donc il va falloir qu'ils nous disent sur quels services publics ils vont taper. Sur la justice ? Sur l'hôpital ? Sur l'éducation ? Sur les trois en même temps ? Peut-être sur la transition écologique effectivement puisqu'ils sont prêts à nier le changement climatique.
Je venirai juste sur un point pour répondre à monsieur de UDI. Excusez-moi monsieur, le budget du gouvernement populaire revenait à un déficit de 3%. Donc vous ne pouvez pas nous dire qu'on ne prend pas en compte les alertes budgétaires alors qu'on faisait mieux que votre gouvernement Barnier. Quant à la taxe sur les milliardaires, encore une fois, ce n'est pas une taxe sur les classes moyennes, c'est une taxe sur des gens qui aujourd'hui sont taxés à moins de 2% par le biais des holdings, tirelire, etc. Je ne vais pas rentrer dans le débat.
Mais vous avez bien dit, oui, les impôts pèsent surtout sur les classes moyennes et ne pèsent plus sur les plus riches dans notre pays et c'est ça qu'on voulait changer.
Merci. On aurait pu laisser le débat évidemment se poursuivre pendant deux heures tant les différences sont nombreux d'entre vous. Mais un grand merci à tous les trois, Alma Dufour, Jean-Philippe Dugouin, Clément Mathieu Vallée d'avoir débattu. Merci.
Matthieu Valet