Le docteur Bénédicte Guérin, pédiatre à la maternité de Navarre à Pau, dénonce le "mépris" de la direction
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
Bonjour. Merci d'avoir accepté de témoigner ce matin. Vous êtes pédiatre. Ça fait plus de dix ans que vous travaillez à la maternité.
- 0:44OuverteRéponse directe
Vous, en ce moment, vous êtes dans quel état d'esprit ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Et le mépris dont vous parlez, c'est aussi la manière dont ça a été fait.
- 2:29OuverteRéponse partielle
Donc vous pensez que c'est en lien ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'elles vous disent, les patientes, par rapport à cette fermeture ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en attendez, là, pour la suite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37PrésentateurChiffre
« En tout, plus de 160 postes en CDI sont menacés, 40 à la maternité. Tout ça sans parler des CDD. »
- 1:09InvitéFait
« C'est une holding, un actionnariat à prédominance indépendante, familiale et médicale. »
- 1:26InvitéFait
« Donc je me sens méprisée parce que depuis début novembre 2025, où nous avons entendu ici même, à cette antenne, M. Rossignol, le directeur de l'hôpital, parler de l'augmentation du nombre de naissances à la maternité du CH, du centre hospitalier. »
- 1:52InvitéFait
« et ils nous ont répondu, depuis les yeux dans les yeux, non, nous allons agir et il n'y aura en aucun cas de fermeture de la maternité. »
- 2:19InvitéFait
« Vous remarquerez que le calendrier, il est exactement superposable à celui des élections municipales. »
- 2:42InvitéFait
« pour que ce plan de licenciement intervienne et tombe le 1er avril, dix jours après la fin des élections municipales ? »
- 3:28InvitéFait
« Et donc, rien que lundi, une dame a dû être récusée au bloc à la demande de l'ARS. Elle était prête pour avoir sa césarienne. »
- 4:31InvitéPromesse
« Qu'on puisse leur proposer d'autres endroits pour travailler, des alternatives. »
- 4:33InvitéFait
« Le reclassement, que ce soit à l'hôpital ou ailleurs, je ne pense pas. »
- 4:39InvitéChiffre
« Nous sommes 56 personnes, en fait, impactées. »
- 5:32InvitéFait
« Clairement, il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de lits, quoi qu'en dise M. Elbol, le directeur régional de l'ARS. »
- 6:08InvitéFait
« Et contrairement à ce qu'a pu dire M. Beyrou, trois naissances en plus, ce n'est pas trois naissances tous les jours de l'année, c'est des flux. »
Temps de parole
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- Présentateur 23 %
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Ici Berne Bigorre, premier sur l'actu locale. Et à 7h46 justement, on va parler actualité puisque les négociations ont commencé entre les syndicats et la direction de la polyclinique de Paul-Léonie Cornet. Sur Ici Berne Bigorre, ça fait plusieurs jours qu'on vous parle du gros plan social à venir de la fermeture de plusieurs services dans les mois qui viennent, notamment l'oncologie. Ce matin, on se concentre sur la maternité navarre qui va fermer en septembre et c'est avec vous Bénédicte Guérin. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté de témoigner ce matin. Vous êtes pédiatre. Ça fait plus de dix ans que vous travaillez à la maternité.
En tout, plus de 160 postes en CDI sont menacés, 40 à la maternité. Tout ça sans parler des CDD. Vous, en ce moment, vous êtes dans quel état d'esprit ?
Alors déjà, merci pour cette invitation pour que l'on puisse parler de ce qui nous arrive. Mon état d'esprit, c'est vraiment le sentiment d'avoir été méprisé. Méprisé et trahi par mes employeurs. Donc là, c'est la société GBNA Santé. C'est une holding, un actionnariat à prédominance indépendante, familiale et médicale. Les docteurs Guichard, aidés par des fonds d'investissement, notamment UI Investissement et Généo Capital Entrepreneur. Donc je me sens méprisée parce que depuis début novembre 2025, où nous avons entendu ici même, à cette antenne, M. Rossignol, le directeur de l'hôpital, parler de l'augmentation du nombre de naissances à la maternité du CH, du centre hospitalier.
Nous sommes inquiets. Nous avons demandé à la direction ce qu'il en était, quelles actions ils allaient mettre en place pour lutter. et ils nous ont répondu, depuis les yeux dans les yeux, non, nous allons agir et il n'y aura en aucun cas de fermeture de la maternité.
Et le mépris dont vous parlez, c'est aussi la manière dont ça a été fait. C'est un mail qu'on vous a envoyé la semaine dernière.
En fait, c'est un scénario machiavédique pour moi, qui s'est fait au fur et à mesure de ces mois. Je me permettrai d'émettre cette hypothèse. Vous remarquerez que le calendrier, il est exactement superposable à celui des élections municipales.
Donc vous pensez que c'est en lien ?
Je me pose des questions. Est-ce qu'il y a eu des négociations avec les institutions, dans les salons feutrés de la municipalité, de l'ARS, pour que ce plan de licenciement intervienne et tombe le 1er avril, dix jours après la fin des élections municipales ?
Parce que c'est vrai que les négociations ont commencé véritablement hier, mais qu'il y a encore beaucoup d'interrogations autour de ça. Qu'est-ce qu'elles vous disent, les patientes, par rapport à cette fermeture ?
Alors, les patientes, elles sont stressées. Stressées parce qu'elles ne savent pas où elles vont accoucher. Elles sont inquiètes. Inquiètes aujourd'hui parce que chaque jour, par manque d'effectifs, effectivement, certains membres du personnel sont en arrêt. Donc, il y a des plans roses qui tombent, avec une fermeture impromptue de l'établissement, de la maternité. Et donc, rien que lundi, une dame a dû être récusée au bloc à la demande de l'ARS. Elle était prête pour avoir sa césarienne. Elle est remontée en chambre et elle a eu sa césarienne hier.
Donc, je pense que vous pouvez, pour avoir vraiment leur ressenti, aller, je vous invite à aller les interroger directement pour toutes celles qui sont hospitalisées à la maternité actuellement.
Donc, les conséquences ont bel et bien commencé. Et les négociations également, on en a parlé. Qu'est-ce que vous en attendez, là, pour la suite ?
Alors, des négociations, pour la suite, j'ai entendu parler d'une réunion avec l'ARS lundi, avec les différents corps de métier. Qu'est-ce que j'attends ? J'attends pour le personnel, enfin, un peu de respect et de bienveillance. Qu'on puisse leur proposer d'autres endroits pour travailler, des alternatives. D'ailleurs, est-ce qu'on pourra reclasser tout le monde ? Alors, non, en aucun cas. Le reclassement, que ce soit à l'hôpital ou ailleurs, je ne pense pas. Vous n'y croyez pas ? Non, nous sommes 56 personnes, en fait, impactées.
Il y a les 40 CDD dont vous avez parlé, CDI dont vous avez parlé, mais il y a aussi 6 CDD, et je ne veux pas les oublier, 5 auxiliaires de puriculture et une puricultrice, et les 5 infirmières et aides-soignantes qui travaillent avec nous, mais qui sont sur l'aide de gynécologie. On ne sait pas si elles feront partie aussi du plan de reclassement et de sauvegarde de l'emploi, ce bel élément de langage.
Vous êtes aussi régulièrement en contact avec vos collègues à l'hôpital. Comment elles appréhendent la situation ?
Alors, moi, je vais parler des sages-femmes qui nous ont soutenus, des auxiliaires de puriculture et des deux pédiatres de l'hôpital qui nous ont soutenus. Oui, elles appréhendent avec inquiétude. Clairement, il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de lits, quoi qu'en dise M. Elbol, le directeur régional de l'ARS. Donc, ça bouchonnera, ça ne peut pas être autrement. Oui, c'est ce que j'allais vous dire. Elles vont pouvoir encaisser ce surplus d'activité ? Elles feront mieux, je suis certaine de leur professionnalisme, je les connais. Elles feront mieux, mais il y aura forcément des sorties plus précoces pour les nouveaux-nés qui ne seront pas autonomes.
Il y aura forcément des patientes qui attendront d'avoir une chambre de libre. Alors, c'est mécanique, c'est une gestion des flux. Et contrairement à ce qu'a pu dire M. Beyrou, trois naissances en plus, ce n'est pas trois naissances tous les jours de l'année, c'est des flux. C'est une augmentation d'activité certains jours, c'est plus qu'un mieux d'autres jours.
Et vous l'évoquez un petit peu, la prise en charge à l'hôpital et à la clinique est un petit peu différente, on n'est pas sur le même accompagnement aussi ?
Voilà, tout à fait. En fait, la particularité de la maternité de Navarre, c'est que nous avons une puéricultrice 24h sur 24 et un service de restauration externalisé, ce qui fait que le cœur de métier, c'est au centre de leur pratique. C'est un binôme, sage-femme, main-soignante, infirmière-puricultrice, auxiliaire de puriculture et pédiatre. Et à nous toutes, on est sur le couple mère-enfant et on a du temps pour l'éducation, pour les mises au sein, pour les conseils de sortie, pour l'apprentissage des soins. À l'hôpital, c'est leur cœur de métier aussi, mais elles n'auront techniquement pas le temps.
En tout cas, merci beaucoup d'avoir accepté de nous en parler ce matin. On va continuer de suivre ce dossier, bien évidemment, dans les semaines qui viennent. Vous l'avez dit, une nouvelle réunion est prévue donc lundi avec l'ARS, avec les syndicats, pour parler des postes à la maternité, de ceux qui pourront être reclassés ou pas. Merci beaucoup, Bénédicte Guérin, d'avoir été avec nous aujourd'hui. Je rappelle que vous êtes pédiatre à la maternité de Navarre-Apau. Merci, bonne journée. Merci, au revoir.