Lecornu échappe à la censure - reportage #cdanslair 16.10.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sinon, ce sera zéro économie. - S.Brakhlia: On l'a tous compris autour de la table.
Le Premier ministre sait qu'il est en sursis. Les socialistes ont décidé de lui faire confiance tout en lui maintenant un pistolet sur la tempe. Résumé d'une journée tendue au sommet de l'Etat. - Y.Braun-Pivet: Pour l'adoption, 271.
La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée. - Le gouvernement sauvé à 18 voix près. S.Lecornu savoure le moment.
Tandis qu'à la sortie de l'Hémicycle ceux qui n'ont pas réussi à faire passer leur motion de censure fulminent. - M.Panot: La direction du PS porte une responsabilité historique dans cette non-censure en laissant E.Macron poursuivre sa politique de malheur dont plus personne ne veut dans le pays. - J.-P.Tanguy: C'est une journée bien triste pour notre pays, car vraiment, les contribuables, les Français qui travaillent, les retraités, vont devoir être tondus pour que quelques députés lâches gardent leur siège.
Ce pacte de lâcheté est consternant, mais au moins, les masques tombent. - Y.Braun-Pivet: La parole est à monsieur le Premier ministre. - Pari réussi pour S.Lecornu qui, quelques instants plus tôt, à la tribune de l'Assemblée, mettait en garde les parlementaires. - S.Lecornu: C'est le moment de vérité.
Est-ce que l'on souhaite l'ordre républicain avec des débats à l'Assemblée nationale, ou est-ce qu'on souhaite le désordre? Ne prenez pas en otage le budget de la nation et le budget de la Sécurité sociale. Merci. - L'examen du budget 2026 s'annonce plus que périlleux pour le gouvernement.
Si les socialistes lui ont offert un peu de répit, ils pourraient se crisper sur le contenu du projet de loi. Année blanche sur les prestations sociales et les retraites, qui resteraient gelées. Doublement des franchises sur les boîtes de médicaments et les soins médicaux.
Absence de taxe Zucman sur les hauts patrimoines. A la tribune de l'Assemblée, ce matin, le PS menaçait. - Notre non-censure d'aujourd'hui n'est évidemment en aucun cas un pacte de non-censure.
Nous ne nous engageons à rien et surtout pas à voter ou laisser passer le budget récessif et injuste que vos ministres nous ont présenté. Nous ne renonçons à rien. Si vous-même ou d'autres ici pouvaient en douter, nous rappelons le précédent de F.Bayrou qui s'était un peu vite bercé d'illusions à notre sujet. - Certaines hausses d'impôt prévues ne passent pas.
L'annonce de la suspension de la réforme des retraites a déchiré la famille politique des LR. Des cadres du parti, comme F.-X.Bellamy ou D.Lisnard ont appelé à voter la motion de censure.
Si cela n'a pas été suivi d'effet, c'est une question de temps pour J.-F.Copé. - J.-F.Copé: Que ce soit maintenant ou à la fin du processus budgétaire, il est impossible que ce gouvernement ne soit pas censuré.
A un moment, il y aura censure. C'est inévitable. On ne peut pas cautionner jusqu'à la fin des temps un budget qui est à ce point le renoncement de toutes nos convictions. - Un Premier ministre en sursis qui souhaite donner un budget à la France sans recourir à l'article 49-3.
Début de la bataille parlementaire le 24 octobre. - S.Brakhlia: On va essayer de préciser sur ce qui va se passer autour de la réforme des retraites.
On va parler de "suspension" ou de "décalage"? - F.Guinochet: C'est une suspension pendant 18 mois.
Ensuite, c'est 2028. Normalement, en 2028, la réforme des retraites devrait reprendre son cours. Entre les 2, ça n'aura échappé à personne, il y aura la présidentielle, en 2027, et donc la possibilité de revenir sur cette réforme ou de basculer dans un autre système, comme un système à points.
L'idée de ce régime revient. C'était l'idée de base d'E.Macron.
C'est très difficile à mettre en place. On a une quarantaine de régimes de retraite en France, entre les indépendants, les fonctionnaires et les régimes spéciaux. Basculer à un seul régime universel où la valeur de votre point conditionnera le montant de votre pension à l'arrivée, c'est difficile.
On avait essayé de le mettre en place. Il y avait un haut-commissaire, J.-P.Delevoye.
Il a dû démissionner pour d'autres raisons, mais certes, la difficulté technique...
Tous les gens qui connaissent le système de retraite disaient que ce n'était pas simple de basculer là-dedans. - S.Brakhlia: Concernant ce stop provisoire de la réforme des retraites...
Précédemment, c'était un totem. E.Macron ne voulait pas qu'on y touche.
A chaque fois, on disait que ça allait affoler les marchés. - F.Guinochet: Les marchés se disent qu'on va perdre quelques milliards d'euros, 3 à 5 milliards d'euros, pendant 18 mois.
Il vaut mieux perdre cette somme que les 15 milliards d'une dissolution, les 10 milliards d'une loi spéciale...
On a beaucoup entendu parler de sursis. Les marchés mettent en sursis. Ils ne bougent pas.
Ils détendent l'atmosphère. Les marchés, ce sont les investisseurs et les particuliers qui se disent: "S'ils arrivent à passer cette haie, on pourra être remboursés." C'est ça, leur intérêt. "Si on bascule dans un chaos politique, nos remboursements et nos prêts, c'est plus remboursé." C'est une équation très pragmatique.
Cette première haie a été passée pour S.Lecornu mais c'est l'Himalaya devant lui. Le sénateur C.Malhuret disait que ça allait être plus difficile à bâtir qu'un meuble Ikea.
On va avoir un peu de fil à retordre et il faudra trouver des petites vis, car le débat budgétaire sans 49-3, ça veut dire que tous les députés seront là pour défendre leurs amendements. Ils se disaient: "49-3. On ne va pas y passer la nuit.
A la fin, notre amendement va sauter." - S.Brakhlia: Chaque vote aura un poids particulier.
C'est dans les détails que se cache le diable. Concernant la technique de la réforme des retraites, ça passera par un amendement dans le budget de la Sécurité sociale. Ce n'est pas anodin. - P.de Saint Remy: Il y avait une petite hésitation sur le choix du véhicule législatif.
On parle beaucoup en jargon. C'est épouvantable. - S.Brakhlia: C'est technique et important. - P.de Saint Remy: S.Lecornu n'a pas tout de suite dit s'il voulait passer par un amendement au budget de la Sécurité sociale, ce qui voudrait dire...
Ca a une conséquence pour les socialistes. S'ils veulent que cette mesure qu'ils ont dealé avec le gouvernement soit adoptée, ils devront soutenir le budget de la Sécurité sociale, sauf si on est un peu complotistes et qu'on imagine que bien que S.Lecornu ait confirmé qu'il n'avait pas l'intention d'avoir recours au 49-3, il finisse par décider, dans un retournement de situation improbable, d'y avoir recours, s'il y avait eu des discussions secrètes.
Les socialistes ont bien compris que c'était un peu un piège pour eux que S.Lecornu ait décidé de ne pas recourir au 49-3. Je voudrais revenir sur la raison pour laquelle E.Macron n'a jamais voulu revenir sur la réforme des retraites jusqu'à présent.
Il y a des raisons économiques. Vous les avez évoquées, mais il y a aussi une raison politique majeure. C'est l'argument de B.Retailleau.
Lui et les sénateurs républicains sont très opposés à ça.
Sébastien Lecornu