Discours de François Ruffin au lancement de Paris Debout! & Jeunes Debout!
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Marine Le Pen, dans les Hauts-de-France, vient de faire plus de 40%. »
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« en 24 heures, c'est 400 000 personnes qui signent une pétition »
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« C'est un défi productif avec la part de l'industrie dans le PIB qui a glissé sous la part des 10%. »
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« C'est un défi démocratique avec la natalité qui a baissé de 20% en 10 ans et un vieillissement »
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« La monarchie qui fait qu'on peut dépenser 62 400 euros par an en maquillage pour Macron »
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« des salaires qu'ils ont, c'est 10 000 euros par mois d'argent de poche. »
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« Sarkozy, c'est quand même un million d'euros. »
- 22:43PrésentateurChiffre
« au paiement des impôts est passible d'un emprisonnement de 7 ans et d'une amende de 3 millions. »
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« les comptes des 37 plus grandes familles françaises dont Hermès, Mulier, Arnaud et compagnie, »
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« Ça veut dire que les prix de transfert multipliés par 30 »
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« milliards, 42 milliards d'euros en bouclier tarifaire pour protéger un peu les Français, »
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« avec 157 intervenants, avec des dossiers qui se perdent sur des plateformes numériques »
Temps de parole
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Un tonnerre d'applaudissements pour François Ruffin. Bonsoir. Bonsoir à vous toutes et à vous tous. Évidemment, quand on a la chance de venir parler comme ça en public, qu'il y a une scène qui est installée, qu'il y a des lumières, qu'il y a de la sono, c'est parce qu'en amont du moment où vous venez, il y a eu une masse de travail, une masse de travail invisible qui a été effectué, de tractage, de communication et ainsi de suite. Et moi, je voudrais qu'on remercie Vincent, Hélène, Bastien et tous les militants qui ont fait ça. Alors, je vous remercie aussi d'être là parce que vous venez un peu servir de cobaye.
On est en échauffement, on se chauffe là pour la campagne qui va venir et voilà, on va essayer des choses ce soir. Je remercie aussi la fanfare parce que moi, je suis très attaché à ce qu'on ait une fanfare systématiquement. C'est une condition de venue parce que la politique, ça peut être un peu ennuyeux et la musique, la fanfare, ça va mettre une sauce de joie sur un plat de résistance qui peut être un peu difficile à avaler. Et je suis ce plat de résistance. D'abord, Hélène l'a dit, il y a un côté paradoxal presque à venir inaugurer Paris debout. Picardie debout s'est construit hors de Paris et même un peu contre Paris.
S'est construit contre le Paris de François Hollande qui décide en une nuit de rayer la Picardie de la carte de France. Il s'est construit un peu contre le Paris qui centralise tous les pouvoirs, pouvoir économique, pouvoir politique, pouvoir médiatique. Il fait que quand on est loin de Paris, on est hors de la vue et il n'y a point de salut. Et c'est presque pas un hasard s'il y a eu Corse debout, Savoie debout, Marseille debout, bien avant Paris debout. Voilà. Et il y a une originalité de ce mouvement, en effet, d'être né loin de Paris d'abord et de venir ensuite le faire avec vous. Maintenant, c'est une nécessité, c'est un besoin.
Et je vous le dis, moi je viens pour vous passer ce message central, on a besoin, besoin, besoin de vous. On a besoin de vous. Le pays a besoin de vous et la gauche a besoin de vous. Pourquoi ? Justement parce que tous les pouvoirs sont ici. Tous les pouvoirs économiques, politiques, médiatiques sont ici. Tous les centres névralgiques sont ici. Je dirais tous les contre-pouvoirs sont aussi ici. Les manifestations se déroulent ici à Paris. Donc évidemment, quand on est près du centre, près des centres de pouvoir, on est à un lieu d'action qui est plus proche pour avoir des effets qui sont démultipliés. Donc je le dis, vous avez une responsabilité.
Les assemblées générales d'actionnaires se déroulent à Paris. Et donc évidemment, il est beaucoup plus facile pour des Parisiens d'aller aux assemblées générales d'actionnaires, par exemple, que ça ne l'est pour des grenoblois, pour des gens qui sont à la campagne, ou même, puisqu'on a parlé de Total, pour des gens qui sont en Afrique et qui sont impactés par les activités de Total. Donc il y a évidemment une responsabilité des Parisiens pour ça. Il y a tout bêtement, très concrètement, on va avoir un Parlement debout qui va se dérouler le 14 février, ici à Paris, parce que c'est la capitale et c'est un peu fatal que ça se déroule ici.
Eh bien, il va y avoir besoin d'hébergement, il va y avoir besoin de logement, il va y avoir besoin de capacité d'accueil. Et on compte sur vous. Et puis, notre siège, notre siège, il est à Paris, il est à côté de la gare du Nord. Ça doit être une ruche qui fait que c'est là que se trouve l'énergie. Je le dis, pendant la Révolution française, Paris a été le poumon, l'espèce de forge qui envoyait un souffle, un souffle de transformation dans tout le pays.
Eh bien, de la même manière, dans la campagne qui vient, nous avons besoin d'un Paris, d'un Paris debout, d'un Paris plein de joie, d'un Paris plein d'énergie et plein d'envie pour amener cette énergie et cette envie d'avoir envie, citons Johnny, dans le reste du pays. Donc moi, je compte sur vous. Il y a un fan de Johnny, là, c'est ça ? Voilà. Il y a un fan de Johnny. Donc, après, je viens et je vais essayer de te donner l'envie, l'envie d'avoir envie. Alors, bon, là, on est en pré-meeting, pré-campagne, on est un peu entre nous dans ce tour de chauffe. Donc, je vais peut-être y aller pour quelques confidences. Quel est notre plan de bataille que je vous donne des indices à l'avance ?
507 jours. Il nous reste 507 jours. Nous vivons avec un compte à rebours parce qu'il paraît, on nous dit, que les dés sont déjà jetés, que le match est plié et que dans 507 jours, c'est Jordan Bardella à l'Elysée. Voilà l'histoire qu'on nous raconte. Voilà l'histoire qu'ils ont déjà écrite, qu'ont écrit les médias, qu'ont écrit les sondages, que racontent tous les JO, les historialistes sur les plateaux, les journalistes paresseux dans leurs studios. C'est cette histoire que nous devons faire mentir. C'est cette pente de la fatalité que nous devons inverser. Et vous savez, il y a une petite musique, même à gauche, moi je l'entends.
Alors, chez moi, dans mon coin, on ne les a pas encore essayées. Mais la musique que j'entends, y compris chez les intellos, c'est « bon, il faudra en passer par là ». Ils sont en Argentine, ils sont aux USA, ils sont là en Italie, ils sont là en Hongrie, ça monte jusqu'aux Pays-Bas. Et bien, il faudra en passer par là, dans une espèce de renoncement, de résignation, et comme si c'était banalisé et que l'extrême droite ne représentait plus un danger. C'est un danger. C'est un danger évident par les mesures qu'ils prendront d'en haut depuis l'Assemblée et depuis l'Élysée. Mais imaginez les forces obscures, les forces de haine, les forces de racisme que ça va libérer d'en bas.
Je ne veux pas voir ça dans mon pays. Ce qui nous rassemble ici, c'est que nous ne voulons pas voir ça. Et comme disait Roosevelt, il faut essayer quelque chose. Le pays ne nous en voudra pas d'avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé. Nous devons essayer. Je l'ai dit, je l'ai répété. Il n'y a pas de fatalité. Nous pouvons l'emporter. Nous pouvons l'emporter et nous l'avons déjà fait. Je vous fais en confidence. Pourquoi je me suis engagé directement ? J'étais déjà un journaliste engagé, mais pourquoi je me suis engagé politiquement, électoralement, il y a 10 ans maintenant, et je dirais 10 ans précisément, puisque c'était en décembre 2015 ?
On est entre deux des élections régionales. Marine Le Pen, dans les Hauts-de-France, vient de faire plus de 40%. Et je suis dans un train qui remonte de Paris vers Amiens, qui passe par Creil, donc une ville racisée. Et là, les wagons sont bondés. Il y a des Maghrébins, il y a des Blancs, il y a des Noirs. Mais qui se parle d'une banquette à l'autre ? Et presque en criant, et en tout cas en jubilant. Il dit, voilà, c'est bon, cette fois on va l'avoir. Marine, elle va l'emporter dimanche. Tu vas coller où ? Toi, tu traques où ?
Et c'était la première fois que j'avais des gens du Rassemblement National qui parlaient aussi fort que ça, et qui finalement avaient conquis le wagon pendant que nous, on regardait nos pompes avec honte. Et à ce moment-là, je me suis dit, on ne peut pas se laisser aller, il faut réagir. Et, c'était en fin d'année, on était en décembre, mon libraire, Philippe, de la librairie du Labyrinthe à Amiens, m'envoie une carte de vœux avec cette citation de Victor Hugo.
Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête, voilà l'exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise. Oui, vous ne pouvez pas plus venir Victor Hugo. J'ai retenu étonner la catastrophe. Nous avons fait avec Fakir une une, étonner la catastrophe, et je me suis demandé comment nous pouvions étonner la catastrophe, et c'est là qu'on a décidé de faire le réveil, pardon, et c'est là qu'on a décidé de faire le réveil des betteraves.
Je sais que passer du lyrisme de Victor Hugo au côté burlesque du réveil des betteraves, et je pense que Sylvain est là, et c'est lui qui se retrouvait en mascotte, vous savez on avait une mascotte, une grande mascotte de betteraves géantes, et c'était Sylvain qui était stagiaire à l'époque et maintenant mon responsable de la communication, qui faisait la betterave mascotte, et qui attirait les enfants. Bravo Sylvain, ouais. Évidemment, c'était un moyen, cette betterave, ce réveil des betteraves, de venir transformer la honte, la honte d'une picardie qu'on venait de rayer de la carte, en une fierté.
La honte des goudieurs qui, non seulement étaient licenciés, mais en plus qu'on traînait devant les tribunaux pour avoir retenu leur cadre pendant 48 heures, qu'on transformait en fierté. Et c'était par la manifestation, par ce réveil des betteraves, et on a eu 2-3 000 personnes comme ça, à froid, et c'est vrai que ce jour-là, je me suis dit, bon allez, on va continuer, on va se présenter aux élections, on verra bien. Et évidemment, ensuite, il y a eu d'autres étapes, puisqu'on a remporté un César, les Whirlpools, il y a eu les licenciements des Whirlpools, et ainsi de suite.
Mais à la fin, dans une circonscription où Marine Le Pen arrivait très largement en tête à la présidentielle, eh bien un mois après, nous l'emportions, nous avons gagné contre le Rassemblement National une première fois en 2017, nous avons gagné contre le Rassemblement National une deuxième fois en 2022, nous avons gagné une troisième fois contre le Rassemblement National en 2024, à chaque fois, nous avons déjoué les pronostics, à chaque fois, nous avons fait mentir les statistiques. Voilà.
Mais nous l'avons déjà fait, en grand, en partie l'an dernier, quand Macron, dans son coup de folie, annonce le 9 juin au soir la dissolution, Jordan Bardella est déjà en train de préparer ses cartons pour Matignon. Nous disons Fonds Populaire. Et à ce moment-là, en 24 heures, c'est 400 000 personnes qui signent une pétition pour dire au parti « Arrêtez vos conneries, soyez unis ». Ce sont des centaines de personnes qui se retrouvent devant les QG ici à Paris, d'où l'importance des Parisiens, pour mettre la pression, venir dire au parti « Soyez unis, arrêtez vos conneries ». En 4 jours, on obtient un candidat par circo. En 4 jours, on obtient un programme.
En 4 jours, on obtient une alliance. Et en 27 jours, je ne dis pas qu'on a gagné, mais je dis qu'on a évité le pire. Je dis qu'on a empêché la victoire de l'extrême droite. Je dis que ce jour-là, nous avons fait match nul. En 27 jours. Là, nous avons 507 jours. Nous avons 507 jours pour gagner. Nous avons 507 jours pour gagner pour de vrai. Durant des mois, je me suis demandé, après ça, mais comment on fait les 400 000 qui ont signé la pétition ? Comment on fait pour les retrouver ? Comment on fait pour les réveiller ? Les 7 millions qui ont liquité un bulletin « Nouveau Front populaire » dans l'urne, comment on fait pour les réveiller ? Comment on fait pour les retrouver ?
Même les 200 qui, à 8 heures du matin, pendant la campagne, se trouvaient devant la gare de Noyon, une terre où on savait que c'était Rassemblement National, mais ils étaient là quand même pour tracter, pour se bagarrer en préparant l'avenir. Comment on fait pour les retrouver ? Et c'est là qu'au printemps, j'ai dit primaire. J'ai dit primaire Gézère. J'ai dit primaire de débordement. Jamais j'ai rêvé de primaire. Ça ne me fait pas rêver ni ici avec les socialistes et les républicains, ni aux États-Unis.
Mais je vous demande, je fais ce pari que nous aurons 2 millions, nous aurons 3 millions de personnes qui vont venir se saisir d'un bulletin qui, c'est un peu comme si on reprend son destin en main et qui ensuite se retrouve engagé sur un chemin. Très concrètement, ça veut dire 2 millions de personnes dont on a le contact mail. 2 millions de personnes dont on a le numéro de téléphone. C'est une base de données, c'est-à-dire la possibilité de se réimplanter dans tous les coins, dans tous les cantons du pays pour remener la bagarre, pour remener la bagarre pied à pied. Cette primaire que nous avons réclamée au printemps dernier, elle va exister.
Cette primaire, vous aurez toutes les infos avant Noël maintenant, mais avant Noël, vous aurez la date du vote qui se déroulera à l'automne prochain et vous aurez le mode de scrutin. C'est une primaire que nous voulons ouverte, ouverte évidemment à tous les électeurs, mais ouverte aussi aux candidats. Je le dis, il faut faire passer le mot aux camarades communistes. Dans la lutte contre le fascisme, ils ont toujours joué un rôle majeur pour s'y opposer. Ils ne peuvent pas rester sur le bord du chemin. Ils doivent venir nous rejoindre dans cette bataille-là. Ils ont un rôle à jouer pour l'avenir du pays et pour l'avenir de la gauche.
Mais je le dis à tous les autres, de Jean-Luc Malenchon à Raphaël Guxman, oui, pour lui aussi, la primaire peut servir de refuge pour candidat en perdition. Et le pari que je fais, que nous faisons, c'est qu'au fond, quand un train part, ceux qui ne montent pas sur les wagons, ceux qui restent sur le quai ont l'air de cons et qu'à la fin, ils perdront. Voilà le pari que nous faisons. Cette campagne, quel en sera le ton ? Je ne veux pas d'une campagne consensus où on s'enlise, où on serait supposément tous d'accord. Cette campagne, nous ne la mènerons pas avec de l'eau tiède. Nous ne vaincrons pas Marine Le Pen et Jordan Bardelat avec les mots connus et les formules convenues.
Alors que le monde chavire, nous ne leur porterons pas en bons élèves, en cochons sagement toutes les cases avec 847 propositions et 47 livrées. Ce n'est pas vrai. Il va nous falloir de l'audace, de l'audace, de l'audace et encore de l'audace. Les défis pour notre pays sont gigantesques. C'est un défi productif avec la part de l'industrie dans le PIB qui a glissé sous la part des 10%. C'est un défi démocratique avec la natalité qui a baissé de 20% en 10 ans et un vieillissement de notre population. C'est un défi climatique évidemment avec tout à changer, les déplacements, les logements, l'industrie, l'énergie, la culture, l'agriculture pour s'adapter aux changements climatiques.
Mais le premier défi, le premier obstacle, il est sans doute démocratique. C'est la cassure. C'est la recure. Nous vivons à l'ère du soupçon. C'est la grande méfiance, la grande défiance. Et comment on fait ? Comment on fait ? Vous allez mener campagne. Comment on va faire pour qu'il n'y ait pas en permanence des aires sceptiques ? Ah, encore les politiques ? C'est ça qui va être notre principal adversaire. C'est la résignation. Vous savez, il y a une sinasse qui m'a demandé, mais finalement, que fabriquent les politiques ? Je me suis dit, c'est une bonne question, ça. Qu'est-ce que je fabrique ? Mon père travaillait chez Bonduelle. Il fabriquait des boîtes de conserve.
Le cordonnier, il répare des chaussures. Le politique, qu'est-ce qu'il fait ? Je pense qu'on est des fabricants d'espoir. On est des fabricants d'horizons communs. Mais on a en face de nous, vous savez, c'est un peu comme en amour. Quand on a été déçu, quand on a été cocu, on se construit une carapace, on ne veut plus aimer. On a des citoyens qui sont cocus, qui sont déçus depuis 40 ans et qui ne veulent plus aimer. Ils se construisent une grosse carapace, une carapace de cynisme, une carapace d'indifférence et même une carapace qui les conduit en le sachant à choisir le pire, à choisir ce qui pue, mais pour mettre un gros fuck finalement. Et nous, on doit venir casser cette carapace.
Voilà ce qu'on va avoir à faire dans la campagne, porte après porte, village après village. Comment on fait ? Comment j'ai fait pour mes législatives à un moment, à force de me faire renvoyer ça dans la figure, je serai un député au SMIC. Oui, ça paraît populo et démago. Mais à partir de ce moment-là, l'oreille s'ouvre parce que ça ne va pas être comme les autres. Oui, je pense qu'aujourd'hui, ça commence par nous, ça commence par les politiques, ça commence par dire que la monarchie, ce sera fini. La monarchie qui fait qu'on peut dépenser 62 400 euros par an en maquillage pour Macron et Brigitte. 62 400 euros par an. On comprend pourquoi Brigitte, ça rime avec déficit.
En plus des salaires qu'ils ont, c'est 10 000 euros par mois d'argent de poche. Vous imaginez ? Alors on fera comme De Gaulle, on payera nos factures d'électricité. On fera comme sa femme Yvonne qui allait acheter sa vaisselle au supermarché. Et on s'y engage. Oui, ça sera moins 20 millions d'euros sur les factures de l'Elysée. C'est symbolique. Mais moins 20 millions d'euros, c'est quand même 400 infirmières. C'est de quoi avoir déjà payé un bel hôpital à la place de payer la moquette et la décoration de Macron. Et ça sera fini évidemment avec les avantages à vie, avec les chauffeurs, les majordomes, les cuistots. Sarkozy, c'est quand même un million d'euros.
Même quand il est à la santé, ça continue à nous coûter un million d'euros. En plus, ce qui nous coûte à la santé quand même. Ça sera fini les ministres mis en examen. Enfin, ça sera fini les pantouflages et les retropantouflages. Et ça sera fini les conflits d'intérêts. Nous ferons une grande loi, une grande loi de séparation de l'argent et de l'État. Nous avons besoin aujourd'hui d'une grande loi de séparation de l'argent et de l'État. De quoi engager le grand combat ? Le grand combat, c'est quoi ? C'est le combat de la démocratie contre l'oligarchie.
Une oligarchie qui n'accumule pas seulement les fortunes, les dizaines de milliards, centaines de milliards, mais qui accumule aussi les pouvoirs, qui accumule aussi les médias, qui accumule ça entre quelques mains. Alors, j'ai décidé de me désarnotiser. Enfin, j'avais décidé de me désarnotiser. Mais je dois bien dire que Bernard Arnault ne fait rien pour m'y aider. Bon. Ce soir, il y a un numéro de cache investigation où on revient, entre autres, sur nos affaires d'espionnage. Et pendant la campagne, il y aura un procès. Il y aura un procès au civil contre Bernard Arnault sur ses atteintes à ma vie privée, sur l'espionnage qu'il a fait du journal Fakir.
Et évidemment, ce sera un procès politique. Ce sera un procès politique contre le numéro un de l'oligarchie française qui se croit tout permis et qui croit pouvoir être au-dessus des lois. Qui a dit ? Tiens. Oui, si vous voulez. Vous n'êtes pas obligés. Qui a dit ? Aujourd'hui, tous les riches fraudent. Nous le savons. Ça fait partie du jeu et ça les fait rigoler. Vous l'avez ou pas ? Qui a dit ça ? Vous ne l'avez pas ? Qui ? Lequel ? Jean-Philippe ? Non, non, non. Ce n'est pas la Ration mondiale. C'est Elie de Rothschild. Voilà. Et il dit « Moi, je suis d'accord pour payer la taxe Juckmann ». Bon, c'est un peu le bâtard de la famille, Elie de Rothschild. J'ai regardé.
Fils éligitimes, machin. Mais bon, c'est peut-être pour emmerder ses frères et soeurs. J'en sais rien. Mais il dit la vérité. Qu'est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce qu'on va faire ? Nous allons appliquer la loi. Tout simplement. Que dit l'article 1741 du Code général des impôts « Quiconque s'est frauduleusement soustrait au paiement des impôts est passible d'un emprisonnement de 7 ans et d'une amende de 3 millions. Le prononcer des peines complémentaires d'interdiction des droits civiques, civils et de famille est obligatoire. » Ça veut dire quoi ? Vous pouvez applaudir la loi si vous voulez. Il ne reste plus qu'à la faire appliquer.
Mais ça veut dire que quand on a les open lux, qu'on découvre les comptes des 37 plus grandes familles françaises dont Hermès, Mulier, Arnaud et compagnie, ce ne sera plus un ministre de l'économie qui ferme les yeux. Ce seront des procédures et des procès. Ça veut dire que les prix de transfert multipliés par 30 qui font qu'on envoie ses bénéfices en Irlande et à Jersey pour toutes les multinationales, ce ne sera plus la complexité de Bercy, ce seront des procédures et des procès.
Ça veut dire que les Elon Musk, les Zuckerberg, les Bezos qui échappent à l'impôt, qui font des réseaux sociaux un dépotoir comme si le net était hors des lois, ce ne sera plus le tapis rouge déroulé à l'Elysée ou à Versailles, ce seront des procédures et des procès. Nul n'échappera à la loi. On ne sera pas les premiers à faire ça, vous savez. Dans notre histoire, il y a eu Louis XIV, quand il a vu son surintendant Fouquet qui avait son château à Vaux-le-Vicomte, où il y avait des fontaines, où il y avait Jean de la Fontaine d'ailleurs, et il y avait tout ce qu'il y avait de plus beau et qu'il trouvait qu'il se la pétait un peu trop et que c'était quand même lui le roi.
Qu'est-ce qu'il a fait ? Il l'a envoyé en tol et il a voulu le faire condamner mais le procès n'a pas tourné exactement comme il voulait. Il l'a fait exiler en Italie. Ce qu'on ne sait pas, ça s'est connu. Ce qu'on ne sait pas, c'est que derrière, Louis XIV, il a pris les 200 créanciers de l'État, il les a foutus en garde à vue et les gars, ils ont dit, bon, on efface les dettes, vous nous laissez juste notre château à la campagne et on est tranquille, c'est réglé comme ça.
Mais plus près de nous, Roosevelt, quand il arrive au pouvoir aux États-Unis, il fait un grand procès à un monsieur qui s'appelle Mister Mellon, qui était le précédent ministre de l'économie, qui était un grand patron de la sidérurgie et pour fraude fiscale, pour avoir trafiqué des documents comptables, il lui fait un grand procès qui va durer des années, qui aboutit plus ou moins, mais qui devient le procès de la démocratie contre l'oligarchie. Nous devrons les mettre au pas et ça passera, oui, par des gardes à vue, où on enlèvera la ceinture, où on enlèvera les lacets et où on enlèvera les cravates. Voilà comment ça se passera aussi. On a parlé des méchants, maintenant les gentils.
Leïla, pour qui nous ferons campagne ? Pour qui nous serons là ? Pour qui nous serons les candidats ? Nous serons candidats pour Leïla et les femmes de ménage. Nous serons candidats pour les 5 millions de femmes, d'hommes, qui ont tenu le pays debout de la deuxième ligne pendant la crise Covid. Nous serons les candidats de tous ceux à qui Emmanuel Macron avait promis reconnaissance et rémunération et qui ont vu que deux ans de plus sur la retraite, qui pèse évidemment d'autant plus sur les métiers physiques et populaires, et qui ont vu la crise et l'inflation qui pèse sur les bas salaires. Voilà pour qui nous serons candidats.
Nous serons candidats et cette fois nous ne manquerons pas l'occasion. Parce qu'en 2022, c'était le moment de saisir cette chance, de mettre en avant ces métiers. Les auxiliaires de vie, les assistantes maternelles, les caristes, les camionneurs, les ouvriers de l'industrie agroalimentaire, les travailleurs du bâtiment, tous ceux qui ont continué à tenir le pays debout. Tous ceux, quand la déclaration de 1789 dit que les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune. Et c'est l'inverse dans notre pays. Ce sont ceux qui sont les plus utiles à la société, qui sont les plus méprisés, qui sont les moins valorisés.
Eh bien nous, nous serons les candidats qui feront que oui, pendant 18 mois, on va parler de vous. Pendant 18 mois, on va vous montrer. Pendant 18 mois, on va vous mettre en avant. Pendant 18 mois, on va faire les 5 millions de personnes qui tiennent le pays debout et qui pourtant vivent, survivent à peine de leur métier. Nous allons en faire une question politique. Nous allons en faire le moment de construction de classe. La crise Covid a été un temps de construction de classe où des métiers qui sont atomisés se sont retrouvés à avoir du commun, à avoir une fierté, à être mis en lumière. Eh bien nous allons utiliser cette campagne.
Nous serons au moins utiles à ça, à vous mettre en lumière, à vous mettre en avant, à en faire une question politique. Et nous bâtirons un statut pour les travailleurs essentiels, avec salaire, horaire, carrière. Nous appellerons ça une carte avantage. Nous appellerons ça un statut premium. Mais les derniers, cette fois, seront les premiers. Voilà ce que nous allons porter dans cette campagne. Et il faut que chaque homme, chaque femme, dans ses métiers du lien, dans ses métiers du back-office, de la seconde ligne, il faut que chaque homme, chaque femme soit convaincu dans cette campagne que, oui, avec nous, nous améliorerons leur vie.
Il faut qu'on soit convaincu que si nous gagnons, c'est eux aussi qui vont gagner et qui vont gagner très concrètement dans leur porte-monnaie pour que les Français, tous les habitants de notre pays puissent vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. Et quand tu demandais qu'est-ce qu'on fait pour la classe moyenne ? Qu'est-ce qu'on doit faire pour la classe moyenne ? C'est, enfin, simplement que les gens puissent vivre de leur travail. Ça veut dire que nous devons défendre le travail contre le capital. Ça veut dire que, très concrètement, il y a un gigantesque gâchis productif aujourd'hui dans notre pays sur la jeunesse, sur les étrangers, sur les personnes dites seniors.
Eh bien, nous, nous devons être ceux... C'est Christine Lagarde, vous savez, là, c'est pas très original, qui dit que ça fait 40 ans que le capital l'emporte sur le travail. Eh bien, nous devons être ceux qui portons la volonté d'inverser ce cours de l'histoire. Quand je dis qu'on va faire que les plus utiles de notre pays seront reconnus et seront revalorisés. C'est simplement pour remettre le pays à l'endroit, pour le remettre sur ses pieds alors que le sentiment des gens aujourd'hui, c'est qu'on a un pays qui marche sur la tête. On a un pays qui marche sur la tête quand les gens vont à l'hôpital et disent « Ben moi, je paye des impôts ».
Voilà, on a un pays où il y a un fort taux de prélèvement. Et pourtant, j'attends 4 heures aux urgences. Où va notre argent ? C'est quand sur l'électricité, on produit de l'électricité nucléaire ici. Et pourtant, il faut que l'État verse 42 milliards, 42 milliards d'euros en bouclier tarifaire pour protéger un peu les Français, les artisans, les commerçants et l'industrie. On marche sur la tête.
On marche sur la tête quand on voit comment fonctionne ma prime Rénov' avec des carrés dans tous les sens, avec 157 intervenants, avec des dossiers qui se perdent sur des plateformes numériques et qu'en fait, la moindre mesure de l'État, on a le sentiment que ça devient une usine à gaz et un grand sac de noeuds. C'est le maire d'Averna, une petite commune de chez moi, qui me racontait, lui est spécialisé dans le logiciel libre pourtant. Donc il est dans l'informatique. Mais il me dit, ma secrétaire de mairie, elle a 26 applications pour communiquer avec les services de l'État et tout ça. Et ces applications changent tous les deux ans.
Ce qui veut dire que c'est 13 applications sur lesquelles elle doit se reformer tous les ans. On marche sur la tête. On marche sur la tête quand plus personne ne comprend sa fiche de paye, quand plus personne ne comprend sa feuille d'impôt. Et on a là la nécessité d'une grande remise à plat. Je dis, nous travaillons sur un livre dont le thème sera la grande remise à plat parce qu'on a aujourd'hui un système qui, pour les gens, est devenu à la fois illisible, ruineux, un déficit géant et complètement injuste. Ça veut dire qu'au moment où on viendra dire, où je viendrai dire, voilà ce que je veux faire en matière de fiscalité, on va aller taxer les riches et puis tout ça. Ça ne va pas marcher.
Ça ne va pas marcher parce que ça sera automatiquement rejeté. Ça ne sera pas accepté. Pourquoi ? Parce que les gens se font tellement avoir dans tous les sens depuis trop longtemps que s'ils n'y sont pas profondément associés, le réflexe sera le réflexe du refus. Et quand bien même on aurait les meilleurs experts dans les ministères, les propositions seront rejetées. Ce qui veut dire quoi ? C'est qu'il veut dire qu'il nous faut, j'ai posé, mais il nous faut des états généraux de la fiscalité.
Il faut, si vous voulez, mais aucune grande mesure en matière d'éducation, de logement, de transport et ainsi de suite ne pourra vraiment être prise et pleinement acceptée si elle ne se fait pas par des états généraux, si elle ne se fait pas par des référendums, si elle ne se fait pas par des conventions citoyennes, si elle ne se fait pas profondément par des démocraties qui accompagnent ces réformes d'ampleur. Vous savez, c'est un gilet jaune sur lequel il était écrit « Père l'amour une fois tous les cinq ans, ça n'est pas une vie sexuelle ». Voter une fois tous les cinq ans, ça n'est pas une vie démocratique. Et je pense que c'est le nœud que nous aurons à trancher.
Pour conclure, dans Zorba le grec, je ne sais pas si vous avez vu ce film, c'est un vieux film en noir et blanc avec Anthony Quinn. À un moment, le héros dit « C'est quoi la vie ? C'est de défaire sa ceinture et de se battre ». Eh bien, pendant 507 jours, on va se battre. On va se bagarrer contre les grands intérêts, mais on va se bagarrer aussi contre les petites habitudes. On va se bagarrer contre l'extrême droite et l'extrême argent, d'autant plus que maintenant, elles fusionnent. Mais on va se bagarrer aussi contre la gauche qui ronronne, contre la gauche qui abandonne, contre la gauche qui répète ses mantras comme si c'était les tables de la loi. On va se bagarrer pied à pied.
Alors, profitez bien de Noël. Profitez bien des fêtes. Reposez-vous bien, parce qu'après on défait nos ceintures et il va y falloir toute votre énergie, toute votre envie d'avoir envie pour qu'à la fin, à la fin, c'est-à-dire dans 507 jours, c'est nous qu'on va ? C'est nous qu'on va ? Merci à vous.