Vins : la filière française a la gueule de bois
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
J'ouvre le second débat de ce sens public avec ce chiffre. Merci de rester en place quelques secondes. 28 000 hectares, la France va arracher 4 % de son vignoble en 2026. 28 000 hectares de vignes.
Pourquoi une telle crise ? Les viticulteurs français se sont-ils endormis pour certains sur leur laurier ? Peuvent-ils s'adapter à ces nouveaux codes de consommation avant d'en débattre ?
Clément Guillauneau et Aliénor Pastry nous détaillent les statistiques. Ce toboggan sur lequel le secteur glisse depuis des années rouge blanc rosé le vin alcool français par excellence ne se vend plus autant qu'avant en 1960 la consommation de vins était quasi quotidienne pour une large partie des français Chaque habitant en buvait 160 litres par an. Un chiffre qui a chuté en une soixantaine d'années.
Aujourd'hui, les Français n'en consomment plus que 40 litres chaque année. Pour ce caviste parisien, cette baisse est avant tout un phénomène Il y a peut-être un peu moins des échéances du dimanche midi, du repas familial, de passer à table. Il y avait une tradition chez nos aînés de garder un peu plus les bouteilles, de se constituer une cave, d'acheter en primeur, d'avoir des vins qu'on faisait vieillir dans sa cave.
Et c'est vrai que ça se perd un peu. Je constate que la nouvelle génération, les jeunes de moins de 30 ou 25 ans rentrent moins dans la cave et donc on s'inquiète pour les années à venir sur ce public. Cette diminution de la consommation de vins témoigne d'une transformation des modes et habitudes de consommation d'alcool, obligeant la filière viticole à s'adapter pour survivre.
Aujourd'hui on recalibre un petit peu l'offre à la demande, qu'on procède à des arrachages de parcelles de vignes parce parce qu'elles ne correspondent pas exactement à l'objectif qualitatif, alors déjà à la demande, et à l'objectif qualitatif des consommateurs actuels. Il nous appartient de recalibrer, de retrouver des parts de marché, de reconquérir des parts de marché à l l'export, de reconquérir le cœur des Français en leur faisant admettre quand même qu'ils ont un rôle important à jouer dans le soutien à la souveraineté alimentaire d'un pays et notamment au soutien de la S'il est moins consommé qu'avant, le vin reste aujourd'hui encore l'alcool préféré des Français. Le vin et la filière française qui a la gueule de bois, on en débat avec Henri Cabanel.
Bonjour, bonsoir, bienvenue, vous êtes Vous êtes sénateur, RDSE, Rassemblement démocratique et social européen de l'Hérault. Et vous êtes viticulteur. Fanny Barthélémy, bonjour et bienvenue.
Vous êtes consultante RSE, responsabilité sociale, sociétale, environnementale des entreprises, en collaboration avec Foodpilot, animatrice de la fresque du vin et vous publiez 22 actions pour un vignoble durable. C'est aux éditions Duneau. Pablo Maillet, bonjour.
Bonjour. Bienvenue à vous aussi. Vous êtes journaliste à Uzbek Erika et vous aviez piloté une enquête parue il y a quelques années, 2023.
Ce n'est pas si vieux. Génération sans alcool. Et c'est une partie très importante évidemment de notre débat.
On va regarder, tiens pour commencer, la consommation mondiale de vin avec une chute qui est vraiment régulière. Si on regarde simplement sur un an, c'est moins 2 ,7%. Mais si on remonte à une vingtaine d'années, 2007, on est à une baisse de moins 17 % de la consommation mondiale de vin. 'est un phénomène qui s'accélère d 'une certaine façon.
Henri Cabanel, qu'est-ce qu'on peut en dire ? Oui, on peut dire que ça s'est accéléré depuis 2018. Puis il y a eu la période de la Covid qui est passée par là.
Et effectivement, les consommateurs qui ne retrouvent plus dans le levain ce que peut-être ils recherchaient...
Et aujourd'hui, on voit bien que les jeunes, donc, se partent ailleurs, si je puis m'exprimer ainsi. Et les consommateurs réguliers diminuent au fur et à mesure. Donc effectivement, la problématique, elle n'est pas récente.
Et ce que je regrette, c'est que la filière viticole française n'ait pas su, à un moment donné, prendre un petit peu de hauteur pour s'entendre sur quels sont les enjeux et construire une stratégie. Et les enjeux, parmi les deux enjeux principaux, il y a l l'adaptation au changement climatique et la déconsommation. – Ces deux enjeux, on va évidemment les aborder en détail pour essayer de comprendre la situation et d'esquisser effectivement une réponse imparfaite ou en tout cas qui pourrait se construire.
Fanny Barthélémy, est-ce que cette baisse, elle touche toutes les couleurs de vin ? Rouge, blanc, rosé, tout le monde a la même enseigne ou certains plus frappés que d'autres ? Alors certains sont quand même plus frappés que d'autres et en particulier le vin rouge, donc il y a effectivement une chute, une déconsommation plus importante de vin rouge, alors que certains blancs effervescents sont un peu plus épargnés, donc vraiment la couleur rouge.
Effectivement, c'est notre société, si on reste un peu sur la France, là, on était sur la consommation mondiale, ça peut valoir sans doute pour d'autres pays, Pablo Maillet, mais comment elle s explique cette chute de consommation dans notre rapport quotidien à la fête, à la sociabilisation, à l'autre ? Je crois d'abord qu'il faut dire qu'elle s'inscrit dans un contexte plus large qui est celui de la baisse de la consommation d'alcool en général. Je crois qu'on va...
Je vous donnais pas mal de chiffres tout à l'heure, mais j'en donne juste un pour l'instant. En 1960, un Français consommait en moyenne 200 litres d'alcool par an, en moyenne, par personne. C'était moins de 80 en 2018.
Donc ça a été divisé par plus de 2. C'est assez conséquent. Si on regarde le vin en particulier, c'était 128 litres par an, par personne en moyenne, encore une fois, en 1960.
C'est 36 litres en 2018. Donc c'est une chute spectaculaire. Et quand on regarde plus précisément dans mon enquête, je me suis notamment intéressé aux jeunes générations.
Il y a une enquête qui fait pas mal référence, qui s'appelle ESCAPAD, qui est réalisé par l'Observatoire français des drogues et tendances addictives, l'OFDT. Et elle montre qu'il y a une augmentation significative sur ces 15 dernières années de la part d'adolescents n'ayant jamais bu d'alcool au cours de leur vie. C'est passé de 4 % au début des années 2000 à 14 % en 2017.
Et alors, sur les raisons, je pense que ce qui est ressorti du travail que j'ai fait, c'est qu'il y a d'abord un changement des modes de sociabilité qui n'est pas récent, mais qui a été notamment prolongé depuis les années 2010. Le temps passé dans les écrans augmente tout simplement, ce qui est moins propice au contexte festif, convivial que vous évoquiez. Et donc ça fait que c'est moins propice à la consommation tout simplement.
Un deuxième facteur important, visiblement, c'est une attention croissante qui est portée au corps, à la santé, mais aussi à l'image de soi qu'on – Alors, la santé, le prix du vin, tout ça c'est des thèmes qu'on va aborder un peu plus tard. Donc je vous interromps là-dessus. Mais la question effectivement de la sociabilisation, de la façon dont on fait ou moins la fête, ça me semblait intéressant que que vous puissiez nous le dire.
Évidemment pour les viticulteurs français, la conséquence elle est brutale. C'est l'arrachage des vignes. Je vous ai donné le chiffre en lancement tout à l'heure.
Un crève-cœur pour par exemple Nicolas Castan qui est installé dans l'Ode, dans les Corbières. La tristesse, l'échec. Oui, mon père, mon cousin me laisse un patrimoine et c'est dur me laisse un patrimoine et il faut que ce soit moi qui te met à feu et à sable, enfin moi, sans dire que ce soit moi, c'est pas ma faute, c'est sûr, tout le monde me dit, c'est un échec total pour pour d'anéantir le patrimoine, c'est très dur.
Même si mon cousin me dit que c'est pas grave, c'est comme ça, c'est la vie, il faut avancer mais bon c'est dur quand même très difficile dans ce cas particulier c'est surtout la sécheresse qui explique l'arrachage c'est une des dînes un des aspects de l'équation qu'il faut pas oublier c'est effectivement mais effectivement ça a été mentionné l'un des enjeux majeurs aujourd'hui à côté de la déconsommation il y a effectivement l'adaptation au changement climatique et un sujet majeur qui est l'eau qui devient au-delà d'un sujet environnemental vraiment un enjeu de production pour la filière viticole. Après, il y a des choses qui peuvent être mises en...
Des actions qui peuvent être mises en place. On a un certain nombre de leviers, mais effectivement, c'est un vrai sujet aujourd'hui. Est-ce que ça vous est arrivé, Henri Cabanel, d'arracher des vignes Non, pas encore, mais ça ne saurait tarder en tout cas dans ma région, puisque après la région bordelaise, c'est le Languedoc qui est soumis malheureusement à des arrachages massifs.
Est-ce que c'est notre modèle de production qu'il faut revoir ? Quand on dit qu'on arrache 28 000 hectares de vignes, 4 % du vignoble en 2026, c 'est ce qui est prévu pour cette année ? On est quand même le seul pays européen à arracher.
Les Italiens n'arrachent pas, les Espagnols n 'arrachent pas. Je reviens sur la stratégie. Les Italiens ont une stratégie, les Espagnols l'ont aussi.
Nous, nous sommes un pays riche en vignobles et jusqu'à maintenant, chaque vignoble avait sa propre stratégie et là on s'aperçoit que le changement climatique donc apporte des conséquences dramatiques sur certains territoires l'aude c'est à côté de chez moi c'est les roues les PO c'est encore pire et il n'y a pas eu cette anticipation de ce changement climatique parce que moi dans le département de l'Hérault j'ai eu la chance d'être dans une association dans l'association climatologique de l'Hérault le décrochage des températures c'est les années 1980 où on voit réellement que la température augmente et que la pluviométrie descend pour autant il y a eu des projets d'irrigation mais tout le monde n'a pas adhéré et le temps en faisant son chemin aujourd'hui on se trouve quand même assez dépourvu à la matière puisque il ya à peine 20 % donc du vignoble chez moi qui est irrigué fanny barthélémy est-ce que dans ce contexte de crise les viticulteurs ont les moyens et peut-être aussi l'envie l'énergie pour transformer leur modèle, passer à une agriculture peut-être moins consommatrice en eau, moins consommatrice en intrants, en pesticides, etc. ? Je pense qu'en fait aujourd'hui c'est plus une question, je pense que le vignes, enfin les domaines aujourd'hui se rendent compte qu'en tout cas une partie de ceux avec lesquels j'ai l'occasion d'échanger, se rendent compte qu'on ne pourra plus faire comme avant.
Il n'y a pas forcément une envie, enfin dans certains cas une envie ou vraiment une volonté de faire cette transition écologique, on va dire. Mais de toute façon une prise de conscience qu'on ne pourra plus faire autrement qu'effectivement il va falloir faire avec moins d'eau, il va falloir faire avec une pénibilité accru au travail, quand il fait plus chaud au moment de certaines tâches. Et donc il y a des modifications de pratiques qu'il faut mettre en place et ça va du coup bien, enfin au-delà, donc les investissements, enfin tout ce qui sont bien évidemment pris en compte.
Il y a des arbitrages, des priorisations qui doivent être faites, mais il faut y aller quand même. Il y a des situations très différentes d – D'un domaine à l'autre, on dit le monde viticole. Et d'une certaine manière vous évoquez un certain nombre de départements, c'est sûrement les domaines les plus fragiles qui sont les plus touchés.
Donc c'est vrai quand on parle de la question ont-ils les moyens de financement d'un changement de modèle, on pense à un certain nombre de grands noms dans le bordelais, qui sont, oui, eux, ils ont les moyens de faire le changement de modèle et ça va même être valorisé sûrement dans les années qui viennent. En revanche, dans un certain nombre de filières, plus dans le sud-ouest de la France, qui ont plutôt monté en gamme, qui étaient un peu en deuxième division sur, si on parle des décennies précédentes, et qu'on a poussé, d'une certaine manière, à se développer de la même façon que les exemples bordelais. Aujourd'hui, on est dans une quadrature qui fait que, voilà, comme je le disais, ce sont les plus fragiles et ceux qui ont le moins les moyens de changer le modèle.
Une première question, merci de participer à notre émission en scannant ce QR code. Maurice qui nous écrit Damien, est-ce une question de gamme ? Les piquettes, il a mis les guillemets et nous aussi, se vendent-elles mieux que les bons vins, les clients préfèrent-ils le prix à la qualité et le bio dans tout ça ?
Alors il y a trois questions en une, mais je vais commencer sur le bio. Pablo Maillet, est-ce que les vins bio, naturels, biodynamiques, alors c'est pas exactement la même chose, mais bref, je fais une catégorie globale, est-ce Est-ce qu'ils se vendent mieux que les autres ? Est-ce qu'ils résistent mieux que les autres ?
En tout cas, le marché du bio est en pleine expansion. Encore, je ne vais pas vous assommer de chiffres. Et pour répondre à l'autre partie de la question, ce qu'on observe, en effet, encore une fois, entre les années 60 et aujourd'hui, c'est qu'autant ce que l'INSEE les vins de consommation courante c'est à dire qu'ils sont faits pour être dégustés dans les 1 à 3 ans suivant leur millésime autant il recule très fortement autant les vins de qualité ce que ni s'appelle les vins de qualité c'est-à-dire qu'ils sont faits pour être des goûts déguster C'était, eux, plutôt dans les années, voire des décennies.
Par le vin de garde. Voilà, exactement, ça peut être un synonyme. Eux, ils sont en augmentation.
C'était 12 litres en 1960, c'est 19 litres en 2018. Alors on va continuer de donner des chiffres. Je vais en rappeler On n'avait pas exactement le même C'est peut-être une question de date Il est quand même frappant En 1960, 127 litres De vin par an et par habitant 2023, c'est le dernier qu'on ait trouvé On est à 40 litres On va voir ce que ça dit pour les autres alcools avec Stéphane Duguay tout de suite qui a donc regardé ses statistiques de l'INSEE de près, le voilà Stéphane, très belle entrée, dynamique, bienvenue.
Bonjour Thomas. Donc là on parle beaucoup de vin mais la tendance elle se confirme aussi pour les autres alcools. Oui c'est sans appel, on ne boit pas seulement moins de vin, on boit moins de tous les alcools avec quelques différences sur les types d'alcools, on va y revenir mais avant ça on rappelle cette tendance générale quand on regarde la consommation par an et par habitant de plus de 15 ans.
Selon les chiffres de Santé publique France, la consommation d'alcool a baissé de plus de moitié entre les années 60 et 2018. Alors on va regarder les nuances pour les différentes familles d Oui, les statistiques de l'INSEE là-dessus sont très éclairantes. On voit l'évolution de la consommation par type d'alcool depuis 1960.
Si on prend la bière, la consommation a augmenté jusque dans les années 80 avant de diminuer jusqu'en en 2010 et de reprendre ensuite sous l'effet notamment des bières artisanales. Alors côté chiffres, qu'est-ce que ça donne ? En 1960, on consommait 38 ,9 litres d'alcool en moyenne chaque année par personne.
Ça a augmenté jusqu'à 44 ,2 litres dans les années 80 pour baisser à 28 litres dans les années 2010 et on voit petite augmentation 32 ,3 litres en 2018. Et d'ailleurs je crois qu'en 2025 la bière a même devancé le vin c'est ça ? Alors ça c'est ce que dit la filière avec la consommation de 22 ,1 millions d'hectolitres de bières selon les brasseurs de France.
C'est plus parce que le vin, c'est 22 millions d'hectolitres consommés la même année. Des chiffres pour le vin qui nous viennent de l'Organisation internationale de la vigne et du vin et contrairement au vin qui chute fortement depuis les années 60, eh bien la bière, on l'a vu avec les statistiques de l'INSEE, la bière ça fluctue mais ça reste plus ou moins stable. Est-ce qu'on observe cette stabilité aussi sur des alcools plus forts, sur les spiritueux Oui, quand on parle de spiritueux, on parle d'alcool fort, vodka, rum, whisky, mais on parle aussi des apéritifs.
Et les chiffres de l'INSEE indiquent qu'on consommait en moyenne 5 ,8 litres de spiritueux dans les années 60 et c'est descendu aujourd'hui en 2018 c'est 5 ,3 litres on voit que c'est monté puis que c'est redescendu mais ça reste assez stable en revanche regardons le cidre là comme le vin la consommation s'effondre la chute est même bien plus vertigineuse moins 95 % de consommation du cidre entre 1960 et 2018 les chiffres c'est qu 'en 1960 on consommait 26 ,7 litres par personne et parent de cidre et en 2018 ce n'est plus qu 'un litre et demi à peine et pour finir tour d'horizon un des autres alcools on peut dire aussi que la est plus consommé dans les régions des Hauts-de-France et dans le Grand Est. Les alcools forts sont eux plus consommés dans l'Ouest en Bretagne, Pays de la Loire et en Normandie et le vin on en boit plus dans le sud en région Auvergne-Rhône-Alpes, en région Occitanie et en région Nouvelle-Aquitaine plus que dans les autres régions françaises. Merci beaucoup et c'est évidemment le moment où je dis que le vin se consomme avec modération comme tous les alcools.
On les a tous cités à peu de choses près. Tiens question, vous avez commencé à répondre tout à l sur... vous avez amorcé la question de la santé et puis la question du prix.
Je veux bien qu'on parle du prix. Est-ce que les vins ou certains vins ne sont pas tout simplement trop chers, Pablo Maillet, pour certains consommateurs français notamment peut-être les plus jeunes ? Oui, c'est quelque chose qui est pas mal revenu en filigrane dans les témoignages que j'avais recueillis pour mon article.
Et de manière générale, pour l'alcool, en effet, quand c'est intéressant encore une fois aux jeunes, il y a 27 ,5 % des adolescents n'ayant jamais consommé d'alcool qui proviennent de milieux défavorisés contre seulement 5 % de milieux très favorisés. Après, ils ont aussi plus de risque de basculer dans l'addiction. Donc voilà, il faut aussi nuancer là-dessus.
Et ce qui est peut-être important à préciser aussi, on ne peut pas dire avec certitude que c'est lié à la question économique, mais on peut quand même en faire l'hypothèse, c'est que chez les jeunes, on observe plus de comportements, ce qu'on appelle d l'alcoolisation ponctuelle importante, les API. En bon anglais on parle de binge drinking, c'est-à-dire le fait de boire beaucoup d'alcool d'un seul coup, là où à l'inverse la consommation quotidienne est beaucoup plus présente chez les plus âgés. On se rend compte que chez les jeunes, ce que vous évoquiez justement de ces comportements-là, il y a aussi des batailles d'intérêts entre des filières qu'on rassemble derrière l'alcool en général.
Mais toute l'industrie des spiritueux a mis le paquet en termes de marketing pour justement aller toucher ces jeunes populations dans un moment festif un peu extrêmes. Et c'est vrai que la consommation de quelques bières, c'est plus ça. On est plutôt dans la multiplication des shots et dans effectivement des comportements crèmes.
Je me posais une question, c'est le vieillissement de la population aussi. C'est-à-dire que vous évoquiez tout à l'heure le fait qu'on prend en compte sa santé. Mais c'est que dans une population qui vieillit, on boit évidemment moins quand on est soumis à un certain nombre de traitements médicaux à l'âge de 70 ans, 80 ans.
Cet allongement de la vie change aussi la structure, la nature de la population et sa façon de consommer. Et je rappelle quelque chose que j'ai vu qu'il m'a...
On en a déjà parlé, je crois, une fois ici. Jusqu'en 1956, à la cantine, au collège, on avait le petit verre de rouge, quoi. Ou même après.
Alors, officiellement, ça a été interdit en En 1977, moi, j'avais une bouteille de vin au lycée. – Je ne suis pas sûr que c'était autorisé. – Ah bien, en tout cas, j'étais réel, visiblement. – Ça dépend collège ou lycée. – Moi, je disais collège jusqu'en 1905. – Mais on a l'impression de parler d'un autre monde. – Je veux bien rebondir sur ce que disait Jonathan sur le marketing en fait est-ce que c'est pas justement l'un des retards ou l'un des trains dans lesquels une partie des filières évidemment je généralise c'est un peu facile, le vin français n'est pas monté oui parce qu'on on s'est concentré sur ce que l'on fait de mieux donc en termes de produits le vin et sur sur l'offre qui pouvait représenter mais je pense qu'on n'a pas suffisamment compris aussi quel était l'usage et notamment le côté festif de rencontres entre jeunes et on a un exemple frappant, j'en reviens à nos collègues italiens sur la perle Spritz qui était inconnue au bataillon et qui aujourd aujourd'hui c'est de l'apérole avec deux doses d'apérole, trois doses de prosecco et de l'eau de gazeuse une trêche de citron ou d'orange à consommer avec modération et là ça explose ça veut dire que ils ont bien compris l'usage aussi on vient de finir un rapport avec deux de mes collègues sur l'avenir de la filière viticole donc récemment et on a auditionné des gens qui étaient dans le marketing et qui nous expliquaient qu'effectivement peut-être qu'il faudrait réfléchir aussi parce que ce qui marchait le mieux c'était des produits instagrammables avec la couleur avec un verre mais ce que font les italiens à travers le spritz et là je dois je dois reconnaître qu'il faut qu'on aille un petit peu plus en avant sachant que la tendance mondiale et pas qu'en france c'est peu ou pas d'alcool et là aussi il faut que la filière réfléchisse et je sais qu'elle y réfléchit aujourd'hui avec des vins sans alcool et des vins zéro alcool.
Alors ça on va en parler un tout petit peu plus tard mais il y a effectivement cette idée d'une tradition, d'une culture française dans laquelle certains viticulteurs se sont peut-être un peu trop reposés. Écoutons le président de la coordination rurale du département 66. Et quel département ?
Je ne l'ai pas en tête. Mais ça, on va le trouver dans un instant. Les Pyrénées-Orientales.
Les Pyrénées-Orientales, merci beaucoup. Alors là, ponds sur le doigt, réviste ta géographie. Philippe Méda, c'est parti.
La viticulture, c'est la culture française déjà en premier lieu. Donc une culture, moi je fais partie, donc je suis des anciennes générations mais pour moi on ne peut pas faire un repas si on n'a pas un vin à table. Donc un repas sans vin n'est pas un repas pour moi.
Donc cette culture, nous sommes en train de la perdre lentement. Alors cet argument, Jonathan, c'est l'un de ceux qu'on entend de la part du lobby du vin et vous avez voulu signer votre édito sur ce thème. Oui, alors le lobby du vin, comme tout lobby, son but, son travail c'est de peser sur les politiques publiques et de défendre les intérêts de ses clients.
Plusieurs cabinets d'affaires publiques travaillent par exemple pour une structure qui s'appelle Vin et Société, qui est l'association qui regroupe les producteurs et les négociants de vins français. Donc effectivement, à les écouter, le vin c'est un plaisir millénaire, une sublimation de nos terroirs, un morceau de notre patrimoine et une filière économique à protéger évidemment nous. Tout ceci est vrai et même incontestable, évidemment ça passe sous silence que vous évoquiez, c'est-à-dire aussi la question de santé publique l'impact d'une consommation excessive de vin, l'enjeu des politiques de sensibilisation.
Et alors ce lobby évidemment il ne manque pas de relais au Parlement ici au Sénat et au Oui, des relais de bonne foi, des relais parfois même constructifs parce que derrière la filière 20, il y a des territoires, évidemment, pour lesquels la viticulture est une activité vitale et c'est le rôle des élus d'être en soutien de leurs administrés. Donc il y a des députés, des sénateurs qui montent au créneau. Certains, honnêtement, qui ont des relations un peu trop consanguines avec la filière industrielle et qui relaient de façon indistincte des arguments, voire des amendements qui leur sont parfois fournis clés en main.
Ça fait partie de ce genre de mécanique. Ça Ça ne concerne pas que cette filière-là. Plus largement, beaucoup d'élus et tous les gouvernements défendent une activité qui fait partie de l'identité de la France, qui serait presque pas questionnable.
Et ils défendent aussi un atout de poids pour notre économie, l'industrie de l'alcool. – Alors, venons quelques – Quelques chiffres. – Voilà, quelques chiffres.
Donc toujours l'industrie de l'alcool en général, donc vin et spiritueux, c'est environ 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires, plus de 13 milliards d'euros d'excédents commerciaux, quelques 700 000 emplois directs ou Ou indirect. On est sur des chiffres qui sont absolument massifs à l'export, par exemple, qui est un enjeu évidemment quand on connaît la situation d'abandonnance commerciale. La seule filière 20, c'est 10 ,5 milliards d'euros en 2025.
C'est beaucoup. C'est en baisse de 4%, mais c'est beaucoup. Alors, sur quel sujet, quelle thématique on entend effectivement ce lobby du vin s'exprimer ?
Tout azimut, dès qu'on parle de vin. Donc d'un côté, sur les conditions de production évidemment, avec le moins de contraintes possibles et notamment le moins de taxes. C'est un lobby qui est particulièrement attentif chaque automne au moment des discussions sur le budget de la sécurité sociale parce que c'est par ce texte que se déterminent les nouvelles taxes qui pourraient venir augmenter le coût de production et donc le prix du vin.
Mais il essaye aussi de peser sur la façon dont le vin est perçu dans la société en martelant que ce n'est pas un alcool comme les autres. Ça, on l'entend souvent, il y aurait les alcools et puis il y aurait le vin. En 2023, sous la pression de vin et société, deux campagnes de prévention élaborées par Santé publique France au moment de la Coupe du monde de rugby.
Les slogans, c'était « Quand on boit des coups, notre santé prend des coups ». On comprend bien le rapport avec le rugby. Une de ces deux campagnes avait été complètement enterrée par le ministère de la Santé. – Oui, et puis il y a aussi au Parlement des lobbies contraires qui s'affrontent. – Oui, il y a certains élus qui font passer la question de la santé avant la question de la filière, en tout cas en disant qu'il y a un meilleur équilibre à trouver.
On rappelle que la consommation d'alcool, en général, ça provoque 49 000 décès par an, des causes plurifactorielles mais qui ont l'alcool en commun. Ces dernières années, les lobbyistes sont fortement montés au créneau pour contrer ce qu'on appelle la fiscalité comportementale. La fiscalité comportementale, c'est un ensemble de taxes qui qui vise à détourner par justement l'arme fiscale un certain nombre de consommateurs de produits jugés nocifs, l'alcool mais évidemment le tabac et aussi le sucre dont on a déjà parlé ici.
Il y a un épisode qui est assez symptomatique en En 2024, lors des discussions sur le budget de la Sécu, le sénateur de droite Yannick Nöder, pourtant cardiologue, donc médecin de formation, est élu d'un territoire lisaire qui n'est pas connu pour être un grand producteur. Ce n'est pas la capitale du vin français. Même lui reprenait des arguments sur le fait que le seul enjeu, c'était de s'attaquer aux alcools forts plutôt que de taper sur nos viticulteurs.
Ce n'est pas l'enjeu des gens qui défendent la santé publique. Ce discours, quand même pas très exigeant, ça ne l'a pas empêché de devenir ministre de la Santé, ministre éphémère sous le gouvernement Bayrou. Bon, vous avez un viticulteur et sénateur à vos côtés.
C'est pour ça que j'ai mis plein de nuances à certains moments. Oui, mais c'est bien. Tiens, je vais vous poser une question simple.
Est-ce que vous considérez que le vin est un alcool comme un autre ou pas ? Oui, c'est un alcool comme un autre. Mais aujourd'hui, ça représente au-delà de l'alcool, ça représente un patrimoine, ça représente des traditions, ça représente des paysages, parce que bon...
Vous avez parlé du sud de la France, du sud-ouest. Chez moi, c'est du petit parcellaire. Si on enlève la vigne, ça va être compliqué et ce qu'on mettra pas pour soutenir nos viticulteurs, on le mettra pour soutenir nos pompiers et ça risque de nous coûter plus cher.
Donc c'est tout ça la vigne. Mais effectivement, les chiffres que vous avez cités, et vous serez d'accord avec moi tous autour de la table, on fait dire aux chiffres ce qu'on a envie de leur faire dire. D'accord ?
Bon. La problématique de l L'alcool, comme le tabac, c'est les excès qu'on peut avoir en buvant du vin, de l'alcool, etc. Vous parliez de vins Vins et Société.
Vins et Société, en accord avec la filière viticole, prônent donc des dégustations raisonnées. Pas plus de 2-3 verres de vin par jour et pas tous les jours. On n'est pas dans la beuverie qui inciterait des gens à boire pour, in fine, être malade.
Il faut considérer ça aussi comme un produit culturel français. Cet argument, on l entend très bien. Mais il y a effectivement l'argument de la santé.
Et il se trouve que depuis le début de ce débat, moi j'avais prévu d'en parler, vous avez commencé à l'évoquer, mais il y a beaucoup, beaucoup de questions de téléspectateurs et de téléspectatrices sur la question de la santé. Je vais en prendre quelques-unes. François qui nous écrit de verre de lait « J'ai cessé de consommer du vin en prenant conscience du niveau de pollution dû au traitement de la vigne.
Suis-je devenu un mauvais citoyen ? » demande-t-il. Sylvie qui nous écrit « Dosser, vin aux pesticides, la qualité de notre production agricole est en bête.
Il faut mieux acheter un vin bio espagnol ou italien qu'un vin français conventionnel pour le même prix. On ne s'empoisonne pas. » Encore une fois, c'est une tonalité assez forte, assez massive dans les réactions sur notre fil de conversation avec vous.
J'en ai une autre, Jérôme de Saint-Cloud. Du vin, oui, mais souvent, moins souvent de meilleure qualité, les vins bio font toute la différence, souvent de petits domaines. Où 11 chapitres.
Il faut bien vous entendre là-dessus, Fanny Barthélémy. Ça rejoint un peu ce que vous disiez tout à l'heure sur les mutations de la filière. Vous dites 22 actions pour un vignoble durable.
Ça veut dire quoi, un vignoble durable ? C'est-à-dire moins de pesticides, notamment ? Ça en fait effectivement partie.
Si on reprend un pourcentage, donc un autre chiffre, la viticulture c'est à peu près 4 % de la surface agricole utile et c'est Et effectivement, en fonction des sources, on va dire entre 15 et 18 % l'utilisation des produits phytosanitaires. Donc il y a effectivement un enjeu majeur autour de l'utilisation des produits phytosanitaires. Et donc ce sujet doit être pris effectivement à bras à bras le corps pour les conséquences que l'on connaît et en particulier, en premier lieu, pour les professionnels de la filière, du coup liés aux maladies professionnelles.
Donc effectivement, c'est un sujet et d'ailleurs, c'est des questions, parce qu'il m'arrive aussi au-delà de l'accompagnement d'animer certaines masterclass, c'est des questions qui reviennent auprès de grands publics, qui reviennent de plus en plus. Mais du coup, là, en fait, est-ce que ces pesticides, on va les retrouver dans le vin ? Quelle est la manière de produire aujourd'hui ?
Donc c'est vrai que c'est un vrai sujet. Et il y a des choses qui sont...
Il y a des transformations qui sont en court, mais c'est un sujet qui doit vraiment être...
Oui, vous aviez commencé à en parler, Pablo Maillé, tout à l'heure. Dans les explications de la baisse de consommation, cet argument de la santé lié notamment aux pesticides, il revient souvent ? Oui, il revient énormément et ce qui est intéressant, dans mon enquête, c'est que j'ai mieux compris qu'il y avait une tension entre ce dont on peut se réjouir, c'est-à-dire une meilleure connaissance, une meilleure diffusion des connaissances scientifiques sur le sujet, et en même temps, ça, c'est lié aussi à des normes corporelles potentiellement assez rigides qu'on va tendance à mettre en avant sur les réseaux sociaux, où ce n'est pas seulement un argument de santé, c'est aussi entretien d'une certaine image de soi, une certaine image de son corps.
Et de ce point de vue-là, l'alcool est perçu comme quelque chose qui peut nous rendre vulnérables face à une image qu'on cherche à entretenir. Il y a cette expression, comme avait dit une spécialiste, de la santé comme capital à préserver. Elle m'avait dit qu'il faut faire attention, on peut se dire que la baisse de la La consommation d'alcool du point de vue de la santé publique, c'est une bonne nouvelle.
Mais les facteurs à l'origine de cette baisse ne sont pas forcément positifs. Ils peuvent eux-mêmes déboucher sur des problèmes de santé, notamment de santé mentale chez les plus jeunes. – Henri Cabanel, pourquoi c'est difficile pour un viticulteur de se le passé de pesticides ou de produits phytosanitaires ?
Parce qu'un viticulteur qui traite ça...
Vous savez, en termes de coût d'exploitation, les entrants représentent à peu près 30 % des coûts d'exploitation. Donc si les viticulteurs mettent des entrants aussi nombreux, c'est qu'ils veulent sauver leur récolte. Les entrants, donc, c'est les produits phytosanitaires.
Et le mot en emploie des pesticides. Ce sont des pesticides naturels mais ce sont des pesticides, que sont le cuivre et le soufre. Et depuis déjà 18 ans, moi, je me bats pour que la filière innove et s'appuie sur des recherches, notamment de l'INRAE, à travers donc des cépages résistants.
Et aujourd'hui, on sent quand même qu'il y a un engouement qui se dessine. Il vaut mieux tard que jamais, mais qui va dans ce sens parce que moi j'en ai fait l'expérience sur ma propre exploitation, entre un cépage traditionnel et un cépage donc résistant nous sommes à diviser les traitements par cinq par cinq donc je pense que l'avenir me semble-t-il passera aussi par là sur l'innovation et la plantation de cépages résistants qui permettent moins d'entram. – Ça rejoint la question de la consommation, tout ça est lié, on vient de le comprendre. – Mais si j'ai pu me permettre Quand le téléspectateur a parlé de pesticides, il ne faut pas viser que le vin.
Parce que les pesticides, il y en a dans tous les aliments. les fruits, les légumes, il y a autant de pesticides que sur le vin. Il faut appeler un char une char aussi.
Un consommateur qui achète des légumes, il se dit je peux les laver, je peux les éplucher, avec le vin, le pesticide est dans Enfin, vous voyez, peut-être que c'est une fausse idée, mais en tout cas...
Je pense que c'est une fausse idée. Et puis, il y a une question qui se pose pour l'ensemble des produits alimentaires qu'on consomme. Exactement !
L'honnêteté nous obligerait dire qu'elle est soulignée à chaque fois qu'on parle d alimentation. Alors, vous demandez la parole, l'un et l'autre, je commence avec vous. Après, il y a aussi, au-delà des pesticides, l'éléphant au milieu de la pièce c'est aussi le réchauffement climatique.
Vous citiez l'INRAE tout à l'heure. Ils avaient publié une carte très intéressante il y a quelques années sur les zones favorables à la culture de la vigne d d'ici 2050. Ils avaient fait un scénario sur une augmentation, je crois, de 3 degrés des températures et on voyait que tous les territoires qui étaient en dessous de la ligne Nantes-Strasbourg passaient en rouge, donc sous-entendu pas très favorable à la culture de la vigne et tout ce qui était au-dessus passait en vert, sous-entendu favorable.
Oui, c'est un changement potentiellement majeur. Vous vouliez intervenir aussi ? Peut-être justement sur cette conversion, cette capacité à utiliser moins d Exactement.
Donc effectivement, il y a des évolutions qui sont déjà en cours, qui ont déjà lieu et donc il y a effectivement une acceptation plus importante de ces variétés, de ces variétés de résistance. Il y a aussi une progression de la qualité de ces variétés résistantes, une progression en termes gustatifs. Et puis on voit aussi dans les pratiques, il y a comment est-ce que je peux modifier mes pratiques en utilisant un peu moins d'intrants et en garantissant quand même ce que j'ai qu'une récolte par an.
Donc c'est quand même mon économie qui est en jeu. Dans les pratiques, par exemple, juste un exemple sur les panneaux récupérateurs qu'on peut mettre sur les pulvérateurs pour effectivement, du coup, en fait, on va mettre des panneaux récupérateur, on va bien regarder où est-ce que je pulvérise mon produit pour être sûr qu'il arrive au bon endroit sur les feuilles, etc. Et pas uniquement dans le sol, parce que ça n'aurait pas d'intérêt.
Et puis, quand je pulvérise ce qui ne va pas sur la feuille, du coup, je le récupère dans ces panneaux récupérateurs et du coup, il y en a moins après dans le sol. Et il y a beaucoup de recherches en ce sens, il y a d'ailleurs des grands domaines qui partagent aussi, qui ont un peu plus de moyens, on en revient à la partie économique, qui partagent leurs recherches et les résultats de ces recherches. Donc il y a aussi une collaboration qui évolue en ce moment. – Allez, dernier thème dans notre débat, il nous reste je crois 5-6 minutes, les vins sans alcool, est-ce que la solution, une partie de la solution peut venir de là, écoutez le cofondateur d'une start-up qui s'appelle Modérato, spécialiste justement de vins sans alcool.
Il y a en effet une prise de conscience si on prend les plus jeunes de l'alcool et un peu moins un c'est un phénomène sociétal, social, d'appartenance. Il y a aussi le fait qu'on le voit dans les différentes générations, il y a une prise de conscience de « j'ai envie de continuer à me faire plaisir avec des bons produits », mais je ne veux pas forcément des effets secondaires. Alors, des vins sans alcool ou moins forts en alcool aussi, c'est l'une des pistes de travail de la filière en Cabanel.
Moi, je me mets… Enfin, c'est presque contre-intuitif pour des viticulteurs de se dire « on va faire du vin sans alcool ». C'est pour ça que ça a du mal à décoller en France ? Alors, vous savez, j'ai eu la chance de voyager un petit peu et je suis allé dans les pays du Nouveau Monde discuter avec eux parce que c'est d'abord des anglo-saxons qui sont vraiment axés sur le commerce et leur poser la question, c'est quoi un vin de qualité et ils m'ont répondu simplement, un vin de qualité c'est un vin examen de défaut qui correspond à un marché.
Quand je dis ça, il y a un marché, ce n'est pas ce qui va sauver la filière, mais il y a un marché pour les vins sans alcool, il faut y aller. Il y a un marché pour des vins désalcoolisés, il faut y aller et il faut compter encore plus sur la recherche pour qu'ils nous permettent de planter des cépages à l'avenir qui mûrissent plus tôt, donc moins titrés en sucre et en alcool. Parce qu'aujourd'hui, la problématique du réchauffement climatique, c'est qu'on a des vins qui montent fort en alcool puisqu'il y a deux maturités, la maturité phénolique qui est parallèle au taux de sucre, qui font qu'on a des vins très alcooleux.
C'est d'ailleurs pour ça que ce sont les vins en rouge qui sont les premiers touchés parce que ce sont les vins rouges qui sont les plus titrés en alcool alors que les vins rosés et les vins blancs sont un petit peu moins titrés et un petit peu plus frais aussi donc ça vous l'étudiez de près fanny barthélémy il ya effectivement ce lien dans la réticence de certains consommateurs entre degré d'alcool et décision d'achat, c'est ça ? Oui, il y a vraiment ce climb-break. J'évoquais un certain nombre d'échanges que je peux avoir avec les consommateurs tout à l Il y a ces dernières années, il y a une question qui… je leur pose la question, est-ce que vous regardez le… quand vous achetez une bouteille de vin, qu'est-ce que vous regardez ou quels sont vos critères d'achat évidemment le prix ressort dans ces réponses qui est tout à fait logique et un critère qui n'était pas là il y a quelques années encore, c'est effectivement le degré d'alcool.
Alors pour certains c'est une information, je veux savoir, ça revient à ce que vous dites tout à l'heure, je veux connaître le degré d'alcool de mon vin et donc ce que je vais boire en termes d'alcool. Et pour certaines autres, enfin pour d'autres personnes c'est au-delà de temps je n'achète pas. Donc des générations dont vous parlez dans l'article du Zbek Erika.
Oui, il y a même dans les grandes villes maintenant c'est assez courant, des caves dédiées au sans alcool qui ouvrent. Et ce qui revient beaucoup aussi c'est la recherche peut-être d d'ivresse mais plus souvent d'ivresse douce visiblement que d'ivresse tout court. Effectivement, une dernière question, on n'a pas parlé de la loi Evin depuis le début de ce débat, elle date d'il y a quand même quelques décennies mais c'est Xavier qui nous écrit de Marseille.
Pensez-vous que la loi Evin a participé à la chute du modèle et que finalement elle a contribué à nous tirer une balle dans le pied ? Votre avis sur cette loi, monsieur le sénateur ? – Forcément que la loi Evin était là pour protéger la santé. – Forcément que la loi Evin était là pour protéger la santé. – Forcément que la loi Evin était là pour protéger la santé.
On l'a répété plusieurs fois, la déconsommation est mondiale. La loi Evin, elle est française. Donc c'est vrai que quand on a fait notre rapport où on a été un petit peu agressif pour le bien de la filière, pour qu'ils puissent réagir, tous nous ont mis en avant.
C'est à cause de la loi Evin. En fait, la loi Evin, et on l'a dit à travers les chiffres qui ont été cités, elle est aussi valable pour la bière que pour les alcools, que pour le vin. Sauf que c'est le vin qui a eu la plus grosse des consommations.
Donc c'est que les autres sont adaptés. Donc c'est un faux problème. Et la loi EVEN, elle est là pour protéger.
Donc on peut très bien aussi à travers la loi EVEN pouvoir être agressif commercialement en inventant d'autres moyens de communication. Est-ce qu'il y a effectivement une sorte de modèle étranger, Fanny Barthélémy, dont la France pourrait s'inspirer ? Ce qui est quand même la France qui est perçue encore comme une espèce de modèle mondial en termes de qualité de ses – On avait s'aimé notre savoir-faire, on en a été très cher pendant des années. – Mais qui a un peu, on l'a bien compris, raté le virage, bref, est-ce qu'il y a un modèle de… on parlait de l'Italie, on parlait de l'Espagne, est-ce qu'il y a un modèle Je pense que, du coup, la France est restée pendant un certain temps et probablement pendant trop longtemps sur l'aspect tradition dans sa production de vingt et c'est effectivement probablement pas suffisamment tôt remise en question.
On voit qu'il y a...
Mais comme il n'y a pas...
Dans certains sujets, vous mentionnez, certains pays, pardon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande où effectivement...
En fait, il n'y a pas cette...
Il y a moins cette tradition du vin. Donc il y a probablement un peu plus d'ouverture. C'est des pays...
Enfin si je prends par exemple la Nouvelle-Zélande, c'est vraiment un pays producteur de vins blancs. Ce sont des vins. Du coup, ils surveillent le...
Enfin Ils essaient de maîtriser avec des pratiques, avec un certain nombre de pratiques agroécologiques, de maîtriser le degré d'alcool. Ce qui est beaucoup plus facile quand on est à bord du blanc. Donc on est sur des profils qui plaisent.
Très aromatiques. Un peu moins alcoolisées. Donc il y a peut-être une attention, l'avenir peut peut-être se poser la question, une attention plus particulière à ce qu'attend finalement ce consommateur qui a un peu changé.
Est-ce que cette génération que vous vous avez ausculté en quelque sorte, elle se moque de l'origine du vin. Qu'il soit français, néo-zélandais, espagnol, moriora, est-ce qu'elle s'en moque ? Est-ce que c'est moins un critère d'achat qu'avant ?
C'est une bonne question que je ne l'aurais pas posée. Ah, vous auriez dû la poser, franchement. J'aurais dû pour le prochain épisode.
En tout cas, typiquement, pour revenir aussi sur le côté marketing dont on parlait tout à l là où il y a peut-être un écart générationnel c'est qu'on voit qu'un youtuber comme squeezy qui est un des premiers youtubeurs il s'est lancé dans une boisson de kombucha il n'y a pas très longtemps il ne s'est pas lancé dans une boisson de vin à l'inverse un acteur très célèbre comme josé garcia mais qui est peut-être plus populaire auprès de générations plus âgées le rose et garcia il a lancé le rosé garcia tony parker aussi qu'on peut citer parmi les néo viticulteurs propriétaires en tout cas oui dans l'importance de l'usage qu'on en fait à travers la boisson 20 c'est ce qu'il faut comprendre et pas que répondre à l'offre il y a tout un tas de consommateurs les connaisseurs qui préféreront des vins premium et d'autres qui préfèreront des vins plus légers plus frais etc etc et arrêter d'être complexé aussi par la compréhension, parce que les jeunes disent souvent je ne bois pas du vin parce que c'est trop compliqué. Effectivement, il Il faut aussi qu'on réponde à une offre un peu plus simple. – Merci beaucoup à tous et à toutes d'avoir participé à ce débat.
Votre livre, Fanny Barthélémy, 22 actions pour un vignoble durable, c'est aux émissions – Duneau, vous l'avez en main ? – Voilà. – Vous le connaissiez ? – Non. – Donc vous avez de la lecture pour ce soir, c'est parfait.
Et puis je rappelle votre enquête « Génération sans alcool » parue dans Uzbek et Rika. Je vous dis à demain, 18h-22h d'ici là, nos débats sur publicsena .fr, c 'est notre plateforme et en podcast, notez que demain c'est Guillaume Ancel, ancien officier écrivain qui sera l'invité d'Alexandre Poussard dans notre matinale.
Belle soirée
Henri Cabanel