Conférence de presse du Président Emmanuel Macron à l’issue du G7 en Allemagne.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 9:00RelanceRéponse directe
La guerre est-elle terminée d'ici la fin de l'année ? Que pensez-vous de la proposition de Poutine de cesser les combats si l'Ukraine dépose les armes ?
- 11:00OuverteRéponse directe
À quel point êtes-vous préoccupé par l'escalade de la crise alimentaire en Afrique et au Moyen-Orient ?
- 15:00OuverteRéponse directe
L'escalade militaire est-elle actée ? La France va-t-elle livrer plus d'armes ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Le G7 peut-il plafonner le prix du pétrole russe ?
- 25:00OuverteRéponse partielle
Le paquet pouvoir d'achat est-il un test pour le quinquennat ? Que répondez-vous à la plainte contre Damien Abad ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Emmanuel MacronFait
« Le groupe des sept grandes puissances partage un même attachement de l'ordre multilatéral démocratique. »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« La Russie ne peut ni ne doit gagner. Et donc notre soutien à l'Ukraine et nos sanctions contre la Russie se maintiendront aussi longtemps que nécessaire. »
- 12:00Emmanuel MacronChiffre
« La France a annoncé un doublement de sa contribution à la sécurité alimentaire mondiale en la portant à 700 millions d'euros. »
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Bonjour Messieurs-dames, heureux de vous retrouver. À l'issue de ce G7, je souhaitais d'abord remercier le chancelier Scholz pour l'organisation de ce G7 à Elmau et la prochaine étape au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement se tiendra donc au Japon. Et le Premier ministre japonais a pu, à l'issue de nos réunions, présenter le programme.
Évidemment, ce G7 a d'abord conduit à de nombreuses discussions en format G7 avec les différents pays qui nous ont rejoints, mais également dans un format plus restreint ce matin sur la guerre en Ukraine. Le groupe des sept grandes puissances partage un même attachement de l'ordre multilatéral démocratique. Et de manière très claire, ce qui ressort de nos discussions, nos conclusions, c'est que ce n'est pas l'Ouest qui s'oppose au reste du monde, mais bien le camp de la paix contre celui de la guerre.
La Russie ne peut ni ne doit gagner. Et donc notre soutien à l'Ukraine et nos sanctions contre la Russie se maintiendront aussi longtemps que nécessaire et avec l'intensité nécessaire durant les prochaines semaines et les prochains mois. Évidemment, nous avons tous appris ensemble, hier après-midi, la frappe russe sur le centre commercial de Krementchouk.
Et nous avons tous, avec la plus grande fermeté, condamné ce nouveau crime de guerre et son atrocité. Si besoin en était, c'est la preuve, une nouvelle fois, que l'armée russe a décidé d'utiliser la sidération comme un élément du conflit et s'attaque à des civils. Donc, là aussi, nous continuerons d'oeuvrer pour que la vérité soit faite et que toutes celles et ceux qui doivent l'être soient condamnés par la justice internationale et la justice ukrainienne.
Le G7 a ainsi montré son efficacité pour coordonner le soutien à l'Ukraine, d'abord pour permettre aux Ukrainiens de se défendre. Nous avons pu, lors de l'échange avec le président Zelensky, revenir dans le détail sur les soutiens bilatéraux et la coordination de ces derniers pour aider sa population avec un soutien humanitaire et des engagements nouveaux pour permettre là aussi au pays d'avancer et de maintenir l'effort de guerre avec une aide budgétaire importante et un investissement européen, comme vous le savez, que nous avions décidé il y a quelques semaines de 9 milliards d'euros de prêts en plus de ce qui avait été fait sur le plan bilatéral et je le rappelle, sur tous ces sujets, la France a d'ores et déjà mobilisé 2 milliards de dollars d'engagements que j'avais pu confirmer il y a quelques semaines à Varsovie. Nous avons également, lors de l'échange avec le président Zelensky, pu avancer sur le processus de reconstruction du pays.
Une plateforme européenne portera le financement et nous avons décidé de donner de la cohérence à nos initiatives entre Européens et non-Européens et de pouvoir, justement au sein du G7, organiser nos efforts financiers et l'organisation des efforts de reconstruction. La guerre est loin d'être terminée, mais nous avons pu le voir pour celles et ceux qui m'accompagnaient il y a quelques jours à Irpin. Il y a un enjeu de reconstruction dès cette phase de la guerre, même s'il est partiel, pour permettre aux populations, en particulier dans toute la région de Kiev et au Nord, de revenir dans les villes qui parfois ont été largement détruites.
Le G7 est aussi au rendez-vous pour éviter une surcrise mondiale liée à la guerre. En effet, le monde sort à peine de la pandémie. Nos économies doivent maintenant absorber un autre choc économique très important, qui est lié à la guerre et qui fait monter les prix de l'énergie et de l'alimentation qui alimentent l'inflation et le ralentissement de nombre de nos économies et nourrissent l'inquiétude dans les économies développées, celles du G7, comme dans les économies émergentes ou en voie de développement, ce que la discussion d'hier a permis de mettre en lumière.
Et donc, cette nécessité de prendre en compte et de répondre aux conséquences directes et indirectes de la guerre est indispensable. D'abord pour aider nos populations à vivre durant un temps qui va durer et ensuite pour éviter que le monde ne se fracture. Car nous avons tous mesuré combien la Russie, dans ses tentatives de déstabilisation de l'ordre mondial, utilisait les conséquences du conflit pour faire douter certains États.
Les partenaires invités hier, l'Inde, l'Indonésie, l'Afrique du Sud, le Sénégal et l'Argentine ont pu largement échanger avec nous sur ce sujet. Notre volonté commune d'avancer sur, à la fois, l'organisation de nos politiques macroéconomiques et le soutien budgétaire aux pays en difficulté, sur notre volonté commune de répondre justement à la crise alimentaire et sur la question énergétique. Sur notre politique macroéconomique et financière, c'est une question essentielle, et, sur ce volet, il est très clair que nous avons besoin d'agir de manière concertée.
Nous avons besoin, entre économies du G7, pour articuler nos réponses monétaires et budgétaires. En notant d'ailleurs, on pourra y revenir si vous le souhaitez, mais que la situation nord-américaine et européenne est très différente. Les économies européennes n'ont pas un excès de demande et des économies qui sont en surchauffe et justifieraient des politiques trop restrictives sur le plan monétaire.
Nous avons une normalisation monétaire à conduire, mais aussi des économies à continuer de faire sortir de la pandémie. Et donc il nous faut coordonner, c'est la vocation initiale du G7, politique macrobudgétaire et financière pour veiller à absorber les différents types d'inflation, à préserver la création d'emplois et une économie stable et bien articulée en sortie de crise Covid et dans un contexte géopolitique que je décrivais. Mais c'est plus encore à l'égard des économies les plus fragiles, et donc des pays en voie de développement et pays émergeants, que nous devons intensifier la réponse.
Vous vous en souvenez sans doute, mais au mois de mai de l'année dernière, la France avait apporté une réponse en tenant un sommet sur le financement des économies africaines. Il avait permis justement d'articuler, en lien avec le FMI, des premiers engagements pour aller vers une émission de droits de tirage spéciaux et une réallocation de ces droits de tirage spéciaux du FMI à l'égard de ces pays, justement les plus pauvres et intermédiaires, qui avait été actée à Carbis Bay lors du précédent G7. Ce point de rendez-vous me permet de vous dire que les engagements ont été tenus.
La France a tenu son engagement de réallocation de 20 % de ses droits de tirage spéciaux et nous avons bien ces 100 milliards d'engagements qui sont tenus. Face au contexte qui est le nôtre, il est clair que nous devons désormais accroître cet effort. La discussion hier, en particulier avec la directrice générale du FMI, a permis de montrer l'importance de poursuivre cet effort et de réallouer davantage, et donc, le travail qui avait été fait entre le G7 de Carbis Bay et le G20 de Rome, qui avait permis de consacrer ces efforts, doit être poursuivi maintenant en vue du G20 de Bali et nous devons passer d'une répartition de 20 à 30 % pour pouvoir justement répondre aux défis de beaucoup de ces pays et élever le seuil pour pouvoir répondre à la situation de quelques pays émergeants.
Je pense à l'Indonésie entre autres. Nous y travailleronsdonc avec le FMI, mais j'ai pris l'engagement de porter cette initiative comme la France l'avait fait il y a quelques mois, pour évidemment apporter cette aide indispensable aux pays vulnérables. Sur les questions énergétiques, qui étaient le deuxième point que j'évoquais, là aussi, nous avons essayé d'apporter une réponse commune et elle contribue de ce qui est absolument essentiel dans la période.
D'abord parce que la guerre vient faire monter le prix des énergies fossiles, c'est-à-dire l'essence et le gaz, dans toutes nos sociétés. Pour les Européens, c'est évidemment un choc très important. Il est asymétrique par rapport aux autres économies parce que beaucoup d'économies européennes dépendent plus du gaz russe.
Et ça intervient dans un contexte où nous étions en train de mener, nous devons continuer de mener la transition énergétique, qui est la seule compatible avec nos objectifs climatiques. Nous ne devons pas la perdre de vue et donc en cela, la transition énergétique demeure notre grand chantier pour les années à venir que la crise actuelle ne fait qu'accélérer. À court terme, notre objectif est évidemment de limiter les effets de la crise sur l'ensemble de nos concitoyens, nos entreprises, et pouvoir rétablir les équilibres sur le marché de l'énergie et faire baisser les prix.
Plusieurs initiatives ont été lancées qui demandent à être maintenant concrétisées techniquement, mais nous avons donc appelé entre acteurs à mieux nous coordonner pour parler ensemble aux producteurs qui portent une responsabilité immense étant donné notre dépendance collective et donc notre volonté de pouvoir à la fois en libérant davantage de volume, mais en ayant aussi une discussion concertée entre grands pays acheteurs; permettre de mieux tenir les prix du gaz, les prix du pétrole, qu'il s'agisse du pétrole brut, comme de tous les produits transformés à partir du pétrole. Je pourrai là aussi répondre, si vous le souhaitez, à vos questions et rentrer dans plus de détails. C'est une première concertation qui était indispensable à notre niveau.
Elle emporte beaucoup de sujets techniques qui vont alimenter les travaux des prochains mois. Évidemment, le déplacement du président Biden dans le Golfe dans quelques jours, quelques semaines, et les travaux que nous aurons à mener en Européens et, là aussi, dans le cadre du G7 au niveau ministériel. Ensuite, il nous faut continuer d'avancer sur les voies alternatives au gaz russe, d'une part, mais d'autre part, l'accélération des sources d'énergie et de production d'électricité bas carbone, qui sont compatibles avec nos objectifs climatiques, et avec évidemment une baisse de la sensibilité à la Russie et, à cet égard, le nucléaire d'une part et les énergies renouvelables, d'autre part.
Je veux ici dire tout notre soutien au projet de l'Agence internationale de l'énergie pour accélérer les transferts de technologies à travers des mécanismes, en particulier de regroupement de licences pour sécuriser les industriels. Un peu sur le plan de ce que nous avons fait pour les sujets sanitaires il y a quelques mois. Et donc nous porterons cet agenda avec l'Agence internationale de l'énergie en vue de la COP 27.
Et nous avons aussi mené sur ce sujet un travail important sur les intrants critiques qui concernent notamment la transition énergétique pour intensifier notre coopération. Dans ce contexte, il est clair que nous devons aussi soutenir la transition chez nos grands partenaires en nous inscrivant dans les lignes décidées à Glasgow qui nous permettent d'envisager cette transition dans son ensemble pour sortir du charbon en priorité, en passant par le gaz et ou le nucléaire jusqu'aux renouvelables et donc avec une gradation, c'est à dire une échelle qui demeure très claire et que je veux ici repréciser. Le pire est le charbon, c'est le plus émetteur.
Le gaz est moins dramatique, mais il émet quand même du CO2. C'est une ressource fossile. Et le nucléaire est meilleur puisque c'est la seule source d'énergie non intermittente pour produire de l'électricité qui est à bas carbone.
C'est pour ça que nous la défendons au-delà du modèle français. Et ensuite, il y a toutes les sources d'énergies renouvelables qui ont aujourd'hui la technologie constante. Un défaut, c'est celui d'être intermittente, c'est à dire de ne pas produire en permanence, mais qu'il faut développer très largement dans nos économies.
Nous devons ici être clairs. Il y a eu des débats avec beaucoup de nos partenaires et nous sortons convaincus d'une double nécessité. D'une part, nous devons accélérer les investissements pour garantir l'accès de tous à l'énergie et en particulier intégrer dans nos critères le fait que nous avons encore aujourd'hui 600 millions de foyers sans électricité en Afrique, auxquels on ne peut pas dire du jour au lendemain « Débrouillez-vous ! ».
Et donc nous devons accompagner les grands projets énergétiques aux meilleurs standards possibles en Afrique. Et c'est le cadre d'ailleurs des projets que nous portons. C'est celui que nous avons monté avec l'Afrique du Sud, le projet dit JETP, celui que nous allons développer avec le Sénégal et plusieurs autres économies, et puis, tenir le cap de la neutralité carbone à horizon 2050.
Au delà des sujets macroéconomiques et financiers et du soutien, au-delà des sujets énergétiques, il y a également, je le disais, la question alimentaire. C'est le troisième grand sujet de déstabilisation lié au contexte contemporain et qui a été renforcé par la guerre. Là dessus, la France a annoncé un doublement de sa contribution à la sécurité alimentaire mondiale en la portant à 700 millions d'euros, dont 150 millions d'euros pour le Programme alimentaire mondial.
Et donc, tout cela nous conduit à avoir une série de nouveaux engagements du G7 qui nous porte au total à 4,5 milliards de dollars d'efforts. C'est une nécessité pour nous coordonner et poursuivre l'action. Cette action, vous vous en souvenez, nous l'avons lancée dès les premiers jours de la guerre avec l'initiative dite FARM que la France a lancée, en lien avec le Sénégal, la France, dans le cadre de sa présidence de l'Union européenne, le Sénégal dans le cadre de sa présidence de l'Union africaine.
Nos deux organisations régionales ont évidemment endossé cette initiative et FARM a d'ores et déjà permis d'avoir des résultats très concrets avec des initiatives aussi qui ont été ensuite poursuivies à l'Organisation mondiale du commerce, au Programme alimentaire mondial, le FIDA, la Banque mondiale, etc. Nous avons pu obtenir les premiers accords historiques à l'Organisation mondiale du commerce contre les restrictions d'exportation, notamment pour les denrées destinées au Programme alimentaire mondial. C'était un des risques de début de la guerre, que certains pays restreignent leurs exportations pour faire face à ce choc asymétrique, et donc la réaction immédiate que nous avons conduite, l'engagement avec l'Organisation mondiale du commerce, a permis de prévenir ces comportements et ensuite, de mobiliser le secteur privé.
Nous avons mis en place une coalition formée par les différents ministres représentant toute la chaîne de valeur et nous avons, tout en luttant contre la spéculation, dégagé davantage d'offres et apporté une réponse en termes de production destinée aux pays qui étaient les plus dépendants des céréales russes et puis un investissement sur le long terme. Le G7 a donné ainsi mandat au FIDA qui a travaillé avec nous sur une feuille de route pour augmenter la production agricole, notamment en Afrique. Ceci est très cohérent avec ce que nous avons porté sous la présidence française de l'Union européenne à travers le sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne, dans lequel nous avons inscrit cette stratégie protéinique que la France a beaucoup portée, qui consiste à davantage produire de protéines sur le sol africain.
Ce qui était déjà au cœur, dès janvier 2021, du One Planet Summit Biodiversité que nous avons tenu à Paris, avait permis de relancer cette initiative de la Grande Muraille verte qui permet d'apporter des soutiens internationaux à la production de projets d'agroforesterie dans 13 pays, du golfe de Guinée jusqu'à la Corne de l'Afrique. C'est une initiative qui est très cohérente et qui réconcilie, si je puis dire, les agendas de lutte contre la désertification et d'amélioration de la sécurité alimentaire et en particulier des pays africains. Nous poursuivrons ce travail et je veux ici saluer l'engagement du Secrétaire général des Nations Unies, car dans le cadre de ce travail sur l'enjeu alimentaire, il y a évidemment la nécessité de sortir les céréales qui sont aujourd'hui prises au piège de la guerre et des décisions de la Russie en Ukraine.
Une médiation était commencée par le Secrétaire général pour utiliser la voie maritime par Odessa. Elle se poursuit et nous avons eu l'occasion d'échanger avec lui hier pour lui apporter notre plein soutien. Elle suppose évidemment des discussions au premier titre entre la Russie et l'Ukraine, car cette sortie ne peut en aucun cas fragiliser la sécurité du sol ukrainien.
Mais elle implique aussi la Turquie, qui a un rôle particulier, vous le savez, pour la sécurité en mer Noire. Notre soutien est acquis, nous l'avons rappelé au Secrétaire général. En parallèle, nous continuons de travailler pour améliorer la sortie des céréales d'Ukraine par d'autres voies, et en particulier par la Roumanie et la Moldavie, c'était au cœur de discussions que j'ai pu avoir quand je me suis rendu moi même, il y a quelques jours, dans ces deux pays, par voie ferroviaire et par voie fluviale, où nous arrivons à sortir des volumes.
Nous avons d'ailleurs largement amélioré les choses ces derniers mois, puisqu'alors qu'en temps ordinaire c'est 5 millions de tonnes par mois qui sont sorties par le port d'Odessa, au mois d'avril c'était 1,2 million, au mois de mai 1,7 million et au mois de juin on a réussi à sortir un peu plus de 2 millions de tonnes grâce à cette mobilisation supplémentaire. Mais les prochaines semaines seront critiques car le défi est de pouvoir libérer ces volumes pour aller vers les pays qui en ont le plus besoin et avant qu'il n'y ait une nouvelle récolte et que les moissons n'arrivent en Ukraine, qui nécessiteront d'utiliser à plein ces capacités de stockage. Le G7 ne perd pas de vue les autres grands combats mondiaux, et je terminerai sur ce point.
Nous restons mobilisés évidemment sur la santé mondiale. Nous avons largement dépassé les milliards de doses sur lesquels nous nous étions engagés à Carbis Bay Nous devons continuer sur l'agenda de la résilience avec deux sujets sur lesquels je veux insister : d'abord, tout ce qui a été fait pour produire des vaccins, en particulier en Afrique, doit être renforcé, et nous devons aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Et donc, sur ce sujet là, c'est l'engagement que nous avons pris à l'égard du Sénégal et de l'Afrique du Sud.
Vous vous en souvenez peut être, mais il y a un an, j'étais en Afrique du Sud pour qu'on porte les premiers sujets de coopération industrielle permettant de développer de la production de vaccins sur le sol africain. C'est en train d'arriver à maturité et la clé maintenant, c'est que quand nous achetons des vaccins pour les Africaines et les Africains, on les achète sur ces hubs de production, et pas évidemment dans des laboratoires situés en Europe ou ailleurs. C'est une nécessité pour leur donner de la solidité.
Et la crise a montré combien nous avions besoin de continuer à soutenir les systèmes de santé primaires parce que, lorsqu'ils sont trop fragiles, les campagnes de vaccination ne peuvent être efficaces. Nous portons aussi tous la même cible de protéger 30 % des terres et mers d'ici 2030, que nous porterons à la Convention pour la biodiversité de Montréal en décembre prochain. Et nous partageons l'ambition d'un ordre public numérique en bâtissant les outils existants.
Et je rappelle ici l'importance des appels de Christchurch, l'appel de Paris, du Programme mondial pour l'intelligence artificielle, que nous avions porté avec le Canada. Et j'aurai l'occasion en septembre prochain, de, en lien avec Reporters sans frontières, porter une nouvelle étape des initiatives que nous défendons depuis plusieurs années maintenant pour lutter contre la désinformation dans nos pays et dans tous les pays du monde. Et en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, nous aurons à porter une initiative pour bâtir ce GIEC de l'information et de la lutte contre la désinformation.
Voilà les quelques mots, en étant le plus complet possible, mais en ayant conscience de ne pas être totalement exhaustif, que je souhaitais porter à votre connaissance à l'issue de ce G7 avant de répondre à vos questions. Question de Philippe Ricard du Monde. Bonjour, merci.
Vous venez de dire que la guerre est loin d'être terminée. Est-ce à dire que vous considérez comme illusoire l'espoir porté hier par Monsieur Zelensky devant les dirigeants du G7, l'espoir de mettre un terme au conflit d'ici à la fin de l'année, au risque, sinon, de voir les fronts se figer ? Et question corollaire, Monsieur Poutine vient de dire qu'il était prêt à mettre fin aux combats en un jour si jamais l'ordre était donné aux troupes ukrainiennes de déposer les armes.
Qu'est-ce que vous pensez de cette exigence de Monsieur Poutine juste avant le sommet de l'OTAN qui commence demain ? Merci. D'abord, je pense qu'il faut saluer l'engagement, le courage du président ukrainien, de l'ensemble des responsables et du peuple ukrainien et de son armée.
Et ensuite, quand il donne cet objectif de fin d'année, vous voyez que nous sommes à quatre mois de guerre. La fin d'année est encore loin et nous mesurons tout ce que ça représente. Donc ça veut dire que ce n'est pas demain.
Mais personne ne s'inscrit dans une fin de la guerre qui soit dans les prochaines semaines ou les mois qui viennent. J'espère avec beaucoup de force que l'issue peut être obtenue en fin d'année, mais avec une certitude, volonté, c'est que la Russie ne peut ni ne doit gagner. Quant aux propos du président Poutine, il clarifie ce que j'ai pu à plusieurs reprises dire et ce qui a marqué un point d'inflexion et qui a levé une ambiguïté qu'il a longtemps lui-même entretenue au début du conflit.
Rappelez-vous, lorsqu'il y avait des négociations qui se tenaient à la frontière avec la Biélorussie, j'ai le sentiment qu'il voulait négocier. Maintenant, il est clair que l'agression lancée par la Russie sur le sol ukrainien a un objectif : la reddition de l'Ukraine. Ça ne s'appelle pas une négociation.
Et donc nous, nous continuerons de sanctionner la Russie. Nous continuerons de soutenir l'Ukraine et son peuple pour obtenir soit une victoire complète de l'Ukraine, soit la possibilité, dans des termes et aux moments qui seront choisis par les Ukrainiens, de mener la négociation qui sera la leur, à leurs conditions. Il n'y a pas d'autres options que le G7 soutienne, ni la France.
Je vois ça plutôt comme un élément nouveau d'intimidation verbale. Rien de plus. Question de Thomas Hummel, de Süddeutsche.
Bonjour, je n'ai pas un niveau de français assez bon pour poser une question en français. Vous avez beaucoup parlé de la nutrition, la crise alimentaire. La question est de savoir à quel point êtes-vous préoccupés ?
Pensez-vous que cette crise alimentaire en Afrique, au Moyen-Orient peut vraiment subir une escalade ? Je pense qu'il y a plusieurs sujets. D'abord, vous avez à court terme une augmentation des prix, comme vous le dites.
Je pense qu'aujourd'hui elle est entretenue par plusieurs éléments, d'abord des déstabilisations du marché mondial dans les chaînes de valeurs et de production pour beaucoup d'agriculteurs, et parce qu'ils sont impactés par la sortie de certaines céréales nécessaires pour l'alimentation directe et l'alimentation du bétail, la perturbation de ces chaînes de valeur, la rareté et la déstabilisation des chaînes sur les engrais azotés qui sont nécessaires là aussi à la production et la productivité en Afrique comme au Proche Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est et dans toutes ces régions où il y avait une forte dépendance, soit aux engrais azotés directement produits par la Russie, soit aux intrants qui sont nécessaires et qui venaient de Russie, d'Ukraine ou de Biélorussie. Et ensuite, il y a des phénomènes spéculatifs qu'il ne faut jamais oublier parce que quand je regarde les évolutions de certains prix mondiaux, ils ne sont pas dus qu'à ça. Il y a en ce moment où nous nous parlons des gens qui font sans doute beaucoup d'argent et le sans doute est de trop.
Et donc nous devons absolument nous trouver les voies et moyens de répondre à cela. D'abord sur les céréales, en libérant ce qui est produit en Ukraine. Ensuite, et je le rappelle et je le dis avec beaucoup de force, aucunes sanctions européennes ou américaines, d'aucun membre du G7, ne touche l'alimentation, fausse information, comme aurait dit un autre président avant moi.
Donc il n'y a pas de tension sur l'alimentation. C'est un jeu aussi qu'ont certains. Et ensuite, nous devons trouver dans les prochaines semaines les solutions techniques pour que les engrais azotés qui sont nécessaires à la productivité agricole de tous les pays concernés puissent trouver les voies et moyens d'être acheminés ou que les autres en produisent plus.
C'est très technique, c'est-à-dire que les intermédiaires qui utilisaient les systèmes Swift qui ont été coupés doivent être réintégrés pour qu'on puisse acheminer s'est ces produits vers les pays qui en ont besoin. On doit trouver des compensations. Ça, c'est un travail qui doit être fait entre la Commission européenne, l'ASEAN et l'Union africaine dans les toutes prochaines semaines.
C'est absolument indispensable. Donc, je pense qu'il y a une réponse très claire. Après, Il est clair que la production ukrainienne ne sera pas la même.
Je ne sais pas ce que sera la production russe malgré les déclarations et leur capacité d'exporter. Donc on a de toute façon une déstabilisation des marchés mondiaux de l'alimentation et donc je pense qu'on aura une déstabilisation de beaucoup de prix. Ce qui veut dire quoi ?
D'abord des risques d'accès à l'alimentation pour tout ou partie de certaines populations. C'est pourquoi nous avons dès le début mis en place ce système de surveillance avec les Nations unies et le Programme alimentaire mondial pour pouvoir y répondre. Et donc, on a besoin d'acheminer en priorité ce que nous, nous produisons ou ce qu'on produit en plus pour aller vers ces populations.
Ça, c'est indispensable. Donc on a un système là de, si je puis dire, de surveillance et de réaction rapide. Ensuite, la montée des prix de l'alimentation dans beaucoup de ces pays est facteur de crise politique.
Dois-je ici rappeler qu'il y a un peu plus de dix ans, les printemps arabes sont nés de colère sociale sur les prix de l'alimentation, en particulier du pain ? Et donc tout ça crée beaucoup de volatilité, d'instabilité politique dans le pourtour méditerranéen, au Proche Moyen-Orient, au Caucase, en Afrique et peut-être ailleurs. Et donc, nous devons tous être très vigilants sur cela.
Donc voilà les conséquences à court terme, comment nous essayons d'y répondre, et c'est aussi l'objectif de l'initiative FARM que nous avons lancée et de l'ensemble des initiatives. On tiendra un sommet dans quelques jours à Rome avec la FAO sur ce sujet. L'objectif, c'est vraiment, un, de s'assurer qu'il n'y a pas d'élément de rareté, de début de famine ou de mauvaise allocation de l'alimentation dans certains pays.
C'est ensuite, donc, d'éviter les surstockages dans d'autres pays en lien avec l'Organisation mondiale du commerce. C'est après, nous, de produire plus pour cibler notre production et prioriser les pays qui en ont le plus besoin. Et c'est d'aider ces pays à produire davantage à très court terme.
C'est aussi pour ça qu'il nous faut régler le sujet des engrais azotés. Jérémy Trottin, RMC. Bonjour Monsieur le Président.
On a réalisé à l'occasion de ce sommet qu'il était parfois difficile de se mettre d'accord sur des processus de sanctions. On réalise aussi que le processus diplomatique est complètement bloqué. En revanche, il y a une forme de consensus entre les pays occidentalisés, les pays de l'Ouest ou les pays qui luttent en faveur de la paix.
Vous l'avez dit tout à l'heure, c'est la livraison d'armes aux Ukrainiens. Les Américains, il y a quelques jours, ont indiqué qu'ils allaient livrer des missiles sol air à moyenne et longue portée. Ce matin, c'est Sébastien Lecornu, ministre de la Défense, qui indique que la France va livrer des blindés en nombre significatif.
Est-ce que vous n'avez pas tout simplement acté que nous étions entrés dans une forme d'escalade militaire au cinquième mois de cette offensive ? Vous partez tout à l'heure à Madrid pour le sommet de l'OTAN. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus justement sur les livraisons d'armes que pourrait fournir la France et autres questions complémentaires ?
Tout à l'heure, le président Zelensky appelait finalement ses partenaires à classer la Russie comme un État qui finance le terrorisme. Est-ce que vous êtes favorable à ce classement et que répondez-vous au président Zelesnky ? Bon, d'abord, sur la situation, elle s'intensifie mais nous ne changeons pas de grammaire.
Depuis le début du conflit et en nous adaptant à chaque étape, qu'est-ce que nous faisons ? Du soutien économique et financier à l'Ukraine, au peuple ukrainien, pour tenir. On continue et nous avons passé une nouvelle étape [INAUDIBLE].
Du soutien militaire. Et là dessus, nous avons déjà livré des blindés. Nous livrons des Caesar qui sont un élément déterminant, nos canons Caesar, à la résistance dans le Donbass et la contre-attaque, avec malgré tout un point sur lequel je veux insister ici, c'est que tous les alliés, le président américain l'a lui-même aussi rappelé, ont une ligne.
Nous livrons des armes, des équipements, des munitions pour aider le peuple et l'armée ukrainienne à se défendre sur son sol. Jamais pour attaquer un autre territoire. Et ça, c'est un élément essentiel et c'est le cadre dans lequel nous restons.
Mais oui, nous intensifions parce qu'il y a un peuple et une armée qui résistent et nous les aidons à résister. C'est ce qu'on a dit depuis le début et donc nous continuons de le faire. Et la France est au rendez-vous de ces livraisons, de ce soutien.
Je rappelle que la France fait partie de ces pays qui n'avaient pas attendu le début de la guerre pour être au soutien de l'Ukraine, puisque nous étions le premier exportateur d'armements à l'Ukraine avant le début du conflit. Et donc nous continuons. Nous nous inscrivons dans cette logique.
Il n'y a pas de rupture de logique et puis nous sanctionnerons. Et sur la sanction, il y a une grande unité. Je vais essayer d'être très clair, très grande unité.
On a des processus de concertation en Européens qui font qu'on veut tenir l'unité des 27, ce qu'on fait à chaque fois. Mais nous avons réagi au bout de deux jours en Européens, ce qui n'était jamais arrivé dans notre histoire, et nous avons pris six séries de sanctions. Est-ce qu'on a exactement les mêmes ?
Non, d'ailleurs, nous sommes parmi les plus restrictifs sur certains sujets, alors même que nous étions les plus exposés, comme le pétrole. Mais il y a une très grande unité de tous les alliés sur ce sujet. Donc nous continuerons sur ce chemin.
Sur la question du classement comme État terroriste, là-dessus, je veux être clair la France n'a pas cette méthodologie, ne suit pas cette méthodologie. Pourquoi ? Parce qu'on essaie de toujours avoir la même approche.
J'ai qualifié les choses dès le début et dès que, en particulier, les images de Boutcha ont été rendues publiques. Ce sont des crimes de guerre. La qualification appartient aux juges.
Et donc nous condamnons ces crimes de guerre. Nous avons envoyé des enquêteurs, j'étais à leurs côtés il y a quelques jours à Kiev. Gendarmes, experts, magistrats qui enquêtent aux côtés de la procureure générale. ukrainienne et qui, en soutien avec la justice ukrainienne et la justice internationale, vont permettre de faire la vérité et donc nous, nous sommes très clairs, nous sanctionnons l'Ukraine et on n'a pas besoin de qualification ou de classement, nous sanctionnons la Russie, pardon, et nous n'avons pas besoin de quelques qualifications que ce soit pour porter ces sanctions.
Et nous aidons à l'établissement de la vérité pour qualifier pleinement ces crimes de guerre et surtout, en trouver les auteurs et qu'ils soient sanctionnés par la justice ukrainienne et la justice internationale. C'est ce qu'il nous faut faire. Mais sur les livraisons d'armes, je n'ai pas d'autre chose de plus à préciser que celle qui a déjà été rendue publique et les Caesar additionnels sur lesquels nous nous étions déjà engagés.
Et je m'étais moi-même engagé à livrer six Caesar supplémentaires lorsque j'étais à Kiev, je vous en confirme la livraison prochaine dans les toutes prochaines semaines. Sur les blindés, nous avons déjà livré des blindés, donc on va poursuivre sur ce même volume. Question de Steve Sedgwick pour CNBC.
Monsieur le Président, merci beaucoup de répondre à ma question. Sur le marché du pétrole, on avait un cours à 110 $ le baril, maintenant il est à 117 $. On a parlé de plafonnement du prix du pétrole.
Que diriez-vous de ce plafonnement du prix ? Parce que le marché pense que le G7 est incapable de fixer un plafond pour tous les producteurs. Alors vous avez discuté avec le président Biden des capacités au Moyen-Orient.
Est-ce que vous pensez que le marché qui dit que le G7 est incapable de plafonner ces prix, est-ce que vous pensez que c'est vrai ou est-ce que vous pensez qu'il y a autre chose à dire, à savoir que le G7 peut créer un mécanisme parce que selon Fatih Birol, avec qui on discutait hier, il n'y a pas de mécanisme pour le moment. Ce qui a été, sur l'initiative d'ailleurs, des États-Unis d'Amérique, une première discussion sur l'idée de trouver des mécanismes de contrôle des prix, est une bonne discussion. Nous vivons tous dans nos pays une situation qui est intenable où nos compatriotes paient de plus en plus cher le plein d'essence, où c'est de plus en plus cher pour nos industries, et où nous devons dépenser l'argent du contribuable pour trouver des mécanismes pour compenser.
Ce n'est pas soutenable dans la durée. Je pense que c'était une bonne initiative d'en discuter. La première idée qui est arrivée sur la table, c'est l'idée d'un mécanisme de plafonnement des prix du pétrole russe.
Ce mécanisme n'existe pas aujourd'hui. Donc la réflexion a commencé. Est-ce que j'y suis favorable ?
Oui, je trouve que c'est une très bonne idée. Est-ce que c'est une très bonne idée de dire nous, nous avons décidé de sanctionner, de sortir à plus de 90 % de tout ce dont l'Europe a besoin, du pétrole russe ? Je ne vais pas vous dire que c'est une mauvaise idée.
On est en train de le faire. On s'est donné jusqu'à la fin de l'année et on a des pays qui sont très dépendants parce qu'ils n'ont pas d'alternative. Donc si dans l'entre-temps, on peut en plus limiter le prix pour éviter que les cours mondiaux n'enrichissent la Russie, c'est une très bonne chose parce que la situation que je viens d'évoquer est d'autant plus absurde que l'augmentation des prix mondiaux aide à financer l'effort de guerre en Russie.
C'est ça la réalité. Donc l'idée de mettre un plafond est une très bonne idée. La difficulté est technique, c'est que le pétrole de Russie n'arrive pas par un seul tuyau.
Il est vendu à différents pays. Et il se trouve qu'il y a le pétrole brut et le pétrole transformé avec beaucoup de pays qui le transforment et vont ensuite le transformer, qui en diesel, qui en produit d'autres usages. Et donc, pour que cela marche, il faut élargir au maximum une alliance d'acheteurs, engager tous les acheteurs, l'Inde qui était avec nous hier est un très gros acheteur et un transformateur de beaucoup de ces produits, que ces acheteurs soient d'accord et qu'on définisse un plafond et qu'on le rende effectif.
Donc nous, nous sommes totalement sur cette ligne. On pense que c'est une très bonne idée. Je pense que simplement maintenant, les travaux techniques vont commencer sur la base de la discussion politique que nous avons eue.
Donc, est-ce qu'on peut, en sortant du G7, appuyer sur un bouton et dire il y a un plafond de prix ? Non, ce serait faux parce que le mécanisme, vous l'avez très bien dit, n'existe pas techniquement. Et donc, nos ministres et nos experts vont continuer sous l'impulsion des États-Unis d'Amérique qui ont pris cette initiative que je salue, de travailler pour qu'un tel plafond existe en impliquant une alliance d'acheteurs la plus large possible pour faire cela.
La deuxième chose sur laquelle on doit avancer, c'est faire la même chose sur le gaz russe, ce qui est plus simple parce qu'il passe par des pipelines et la capacité qu'ont les Russes de passer par du gaz LNG est très faible. Donc là, c'est plus simple. Moi j'y suis aussi très favorable, donc il faut là aussi qu'on puisse engager ce travail.
Le Premier ministre Draghi y est aussi favorable. On est plusieurs. Donc on va continuer d'avancer dans les prochaines semaines pour avancer sur ce sujet.
Après, si on voulait être complètement cohérents, on voit bien qu'au moment où on se parle, il y a des producteurs qui font des surprofits en pétrole et en gaz parce qu'il y a certes cette crise, mais les marchés mondiaux se sont tellement envolés. Est-ce qu'il y a une justification de production réelle pour que les prix s'envolent autant ? Non.
Et donc moi je veux continuer d'avancer sur l'agenda international. La France portera cette voix. Nous avons aujourd'hui certains producteurs et beaucoup de spéculateurs qui font beaucoup d'argent sur le contexte géopolitique.
Est-ce que ça peut durer ? Non. Et donc on doit aussi avoir un marché mondial qui accepte que nous avons des systèmes et des marchés qui se sont déréglés à cause de la guerre.
Nous avons des gens qui ont spéculé sur la guerre et aujourd'hui, vous avez des gens qui font beaucoup d'argent sur la guerre. On appelle ça des profiteurs de guerre. Et moi, je ne comprends pas comment on peut accepter très longtemps que l'argent du contribuable dans nos pays soit utilisé à aider les ménages à pouvoir vivre en temps de guerre et qu'à côté de ça, il y ait des gens qui s'enrichissent beaucoup en temps de guerre.
Donc on va devoir régler ça et le régler de manière coordonnée en Européens entre économies développées. Sinon, on aura un problème, un problème politique. Moi, quand je n'arrive plus à expliquer, à manier avec des mots normaux comment les choses fonctionnent ou dysfonctionnent, c'est qu'il y a un problème.
Et il y a une partie de l'équation que je n'arrive pas totalement à expliquer. Non, là-dessus, d'abord, je veux dire ici, j'ai eu une discussion avec le président des Émirats arabes unis. Je veux le remercier pour son engagement et sa volonté de fer et son sens des responsabilités sur des marchés mondiaux.
Je n'ai absolument pas parlé au prince héritier d'Arabie Saoudite et donc je veux dire ici que la volonté est en effet de regarder lucidement, en tant que membre de l'Opep+, comment aider, et au fond, une manière d'aider dans cette période, c'est évidemment que les pays producteurs aident à compenser une partie des capacités qui sont aujourd'hui entravées par la guerre, et donc accroissent les volumes pour nous aider sur les prix. L'Opep+ avait pris un engagement, qu'il n'y ait jamais de rupture d'approvisionnement. Je salue leur esprit de responsabilité.
Cet engagement a été tenu. Il n'y a jamais eu de rupture. Je souhaiterais qu'on puisse franchir une nouvelle étape et qu'ils nous aident à tenir les prix, pas par un cap, d'ailleurs, ça n'a pas été le cœur de la proposition américaine, mais par un engagement volontaire.
Après tout, cela suppose des investissements supplémentaires de leur part. Il leur appartient à eux de s'exprimer publiquement sur ce sujet. Et je ne ferai pas ici d'expression à la place de tel ou tel.
Je veux les remercier pour leur sens des responsabilités, en particulier le président Mohamed ben Zayed que j'ai eu au téléphone. Le président Biden se rendra dans la région dans les prochaines semaines. On aura l'occasion d'avoir un échange et j'espère que nous en sortirons avec des résultats positifs qui aideront à faire baisser les prix mondiaux.
Dernière question, s'il vous plaît, Valérie Astruc, France TV. Et ensuite la conférence de presse s'achèvera là. Bonjour Monsieur le Président, on commence à distinguer les contours du paquet pouvoir d'achat qui va être soumis un peu plus tard à l'Assemblée nationale.
Est-ce que vous considérez que c'est un test et quel test pour le quinquennat qui s'ouvre ? Et deuxième petite question, Damien Abad a été visé par une plainte pour tentative de viol. Est-ce que vous lui maintenez votre confiance ?
Alors je tiendrai la même règle que d'habitude et vous la connaissez, je ne fais pas de commentaires sur la politique nationale dans des conférences de presse ou des sommets internationaux. Le pouvoir d'achat est un sujet essentiel pour nos compatriotes et donc il appelle une réponse forte. Cette réponse, le gouvernement y travaille depuis plusieurs semaines.
Il y a d'ailleurs apporté déjà des éléments de réponse depuis l'automne dernier, ce qui fait que la France est un des pays d'Europe qui a le moins d'inflation. Pourquoi ? Parce que nous avons mis en place des boucliers sur le gaz et l'électricité qui empêchent qu'il n'y ait un trop gros impact sur les ménages et les entreprises.
Je le dis parce qu'on ne s'en rend pas forcément compte. Mais d'ores et déjà, nous avons dépensé plus de plusieurs dizaines de milliards, dizaines de milliards d'euros pour maintenir les prix. Mais il faut qu'on soit lucides.
Cette inflation, ce n'est pas une inflation qui est liée à une surchauffe de notre économie. Non. L'inflation classique, c'est ça.
C'est un impôt de l'extérieur qui vient par le gaz et l'électricité. Donc il faut aussi qu'on soit très prudents parce que l'argent du contribuable n'a pas vocation à compenser cet impôt de l'extérieur. Sinon, c'est un système sans fin qui va nous appauvrir.
Donc il faut qu'on arrive à éviter que l'inflation ne rende la vie impossible pour beaucoup de nos compatriotes qui souffrent déjà de ces conséquences et qui veulent pouvoir faire le plein de courses et le plein d'essence et pouvoir avoir un été le plus normal possible et aider nos entreprises à résister. Ça, c'est l'objectif. Le gouvernement y travaille.
Ensuite s'impose une réponse européenne. Quelle est elle ? En Européens, on doit acheter le gaz ensemble pour faire baisser les prix.
On a décidé ça il y a quelques semaines, on a donné ce mandat à la Commission et en Européens, ce qui est un point très important, qui est d'ailleurs à juste titre, demandé par beaucoup de partis d'opposition, c'est de changer les règles de fonctionnement du marché de l'électricité. On a quelque chose qui a été fait historiquement pour aider à développer le renouvelable, c'est que les prix de l'électricité étaient fixés sur le prix de la quantité marginale d'énergie dont on avait besoin pour faire de l'électricité, c'est-à-dire aujourd'hui le gaz. Et donc vous avez des prix de l'électricité qui s'envolent et qui n'ont plus rien à voir avec les coûts de production de l'électricité.
Ça suit le gaz. C'est absurde. Ce qui fait que vous avez des acteurs, par exemple dans le renouvelable, qui font des surprofits dans la période totalement déraisonnables.
Notre marché dysfonctionne. On doit réformer le prix de l'électricité en Européens pour faire baisser notre prix de l'électricité. Ça, c'est en Européens.
Et à l'international, c'est la réponse que j'apportais à votre collègue. Et honnêtement, ce sont les Shadoks, ce qu'on est en train de vivre. On dépense l'argent du contribuable pour essayer d'aider le même contribuable comme consommateur à faire face à l'augmentation des prix qui vient de l'extérieur sur le pétrole et le gaz qu'on ne produit pas et qui est lié à la guerre.
Objectivement, la meilleure réponse, c'est de faire baisser ces prix à l'achat par des éléments de pression, par des mécanismes, parce que toutes nos économies vivent ça et au moment où il y a des gens qui sont en train de s'enrichir sur notre dos. Ce n'est pas du tout une bonne règle. Ils s'enrichissent sur notre dos.
Pourquoi ? Parce que la Russie a décidé de lancer une guerre et que nous, nous avons décidé qu'on devait aider à protéger l'Ukraine. Donc, la réflexion qu'on a eue là sur trouver des solutions concertées pour baisser les prix de l'essence et du gaz, elle est essentielle pour le pouvoir d'achat et c'est la plus structurante parce qu'elle ne coûte pas d'argent aux contribuables et elle aidera le consommateur.
Voilà les éléments que je pouvais vous apporter mais pour vous faire toucher du doigt combien ces discussions au G7 sont essentielles pour, en quelque sorte, nos pays, parce qu'à l'échelle nationale, nous n'avons que des traitements curatifs, symptomatiques, c'est-à-dire qu'on ne peut traiter que les symptômes de la crise, c'est-à-dire l'envolée des prix. On ne peut pas traiter les causes de la crise. Les causes de la crise sont au niveau au moins européen, mais beaucoup plus international.
Et donc la crise de pouvoir d'achat que nous vivons n'a pas le cœur de sa réponse au niveau national, elle a le au cœur de sa réponse dans le travail que nous faisons sur le plan international. J'insiste sur ce point. C'est pourquoi ces sommets du G7, qui peuvent parfois, sembler très lointains à nos compatriotes, très désincarnés, touchent en fait des sujets qui sont essentiels pour notre quotidien, parce qu'on parle du plein de courses et du plein d'essence.
Maintenant, nous allons à l'OTAN. J'aurai l'occasion de vous y retrouver. Ce sommet, ça rejoint des questions auxquelles j'ai moins répondu, de collègues sur le sommet de Madrid qui prend un tour très important.
Nous devons être unis à Madrid, unis dans le soutien à l'Ukraine, unis dans notre fermeté, unis dans la défense et la sécurité du flanc oriental de notre alliance. Et à cet égard, comme vous le savez, la France a réagi très vite en déployant ses troupes en Roumanie. Je le redisais, en cinq jours, entre la décision politique et le déploiement complet des troupes, nous avons su réagir, ce qui est une force de l'Alliance et ce qui est un élément de crédibilité de la France.
Et donc, nous aurons à discuter de beaucoup de choses. Mais le message qui doit ressortir de Madrid, c'est un message d'unité et de force pour les pays qui en sont membres, comme pour celles et ceux qui aspirent à le rejoindre et dont nous soutenons la démarche parce que, dans le contexte, c'est de la sécurité du continent européen dont il s'agit. Il faut répondre avec beaucoup de calme, d'unité, de détermination et d'attachement à nos principes et nos valeurs.
Merci beaucoup. Je vous retrouve à Madrid. Merci à tous, bon retour.
Merci.
Emmanuel Macron