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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 15 avril 2026 23 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationEurope & international

Carburants : le plafonnement des marges des distributeurs "est une très mauvaise idée", selon le PDG de Coopérative U

Au micro : Benjamin DuhamelSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 15 %Défensif 55 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:17OuverteÉludée

    Quand est-ce que les prix vont baisser dans vos stations-services ?

  • 1:55FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'est une façon de vous contraindre ?

  • 2:55FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous nous dites juste ce matin, ça ne sert à rien,

  • 14:18OuverteRéponse directe

    pourquoi les prix du carburant ne baissent pas aussi vite que leur montée ?

  • 8:57OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'on peut, selon vous, anticiper une baisse des cours du pétrole à court terme ?

  • 17:20OuverteRéponse directe

    pourquoi ce diagnostic ne serait pas aussi valable pour la France ? Pourquoi Friedrich Merz est-il plus inquiet que nous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:11PrésentateurChiffre
    « 2,28 euros le litre de gazole, 1,98 euros le sans-plomb 95 en moyenne. »
  • 2:21Dominique SchellcherChiffre
    « Symbolique, un, deux, trois centimes. »
  • 3:37Dominique SchellcherChiffre
    « Et là, il y a de l'ordre de 10 à 15 centimes de baisse à trouver. »
  • 7:11PrésentateurChiffre
    « 5% de stations-service à sec. »

Temps de parole

  • Présentateur38 %
  • Invité26 %
  • Invité 218 %
  • Invité 315 %
  • Présentateur 24 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.

0:05
Invité

La crise va-t-elle durer avec la guerre au Moyen-Orient ? Les prix des carburants se sont envolés, hausses passagères ou durables, qui va dépendre de la suite du cessez-le-feu fragile conclu la semaine dernière et de la situation dans le détroit d'Hormuz. En attendant, l'économie en subit les conséquences. Pouvoir d'achat, inflation, difficultés pour les entreprises et pour l'emploi. On va faire le point sur ce qui nous attend ce matin dans le grand entretien avec nos deux invités, Benjamin. Bonjour Éric Ayer. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur Inter.

Vous êtes économiste, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE et votre dernière note parue la semaine dernière est pile dans l'actualité. Elle avait pour titre « Oul énergétique et vent d'incertitude ». À côté de vous, Dominique Schellcher, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes PDG de Système U et vous avez été auditionné hier à la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, notamment sur le prix des carburants. Et appelez-nous, amis auditeurs, pour témoigner de vos difficultés, de vos inquiétudes au 01-45-24-7000 ou sur l'appli Radio France. Alors, on va commencer par les prix de l'essence et du gasoil, évidemment.

Dominique Schellcher, le baril de pétrole est repassé sous les 100 dollars hier, mais les tarifs à la pompe restent hauts. 2,28 euros le litre de gazole, 1,98 euros le sans-plomb 95 en moyenne. Quand est-ce que les prix vont baisser dans vos stations-services ? Malheureusement, je n'ai pas de boule de cristal. Et donc, nous répercutons au quotidien, au gré de nos achats de camions de carburant, le prix du cours du jour, en fait. Donc, nous, on est dépendant du cours du jour. C'est à Rotterdam. Ça se passe au niveau européen. Et un jour, vous le voyez, un jour ça monte, un jour ça baisse de quelques centimes.

Et donc, au gré de nos achats, on répercute soit la petite eau, soit la petite baisse. Mais on ne voit pas de baisse durable pour l'instant. Le gouvernement étudie la possibilité de plafonner les marges des distributeurs dont vous êtes directement visé, Dominique Schellcher. Est-ce que c'est une façon de vous contraindre ? C'est une très mauvaise idée. Ça fait cinq semaines, au bout de cinq semaines après le début de cette crise, les gens commençaient à comprendre qu'il y a très peu de marges au niveau de la distribution du carburant. Les observateurs l'ont dit. Même le ministre de l'économie, à la fin, a dit, en fait, je demande une enquête à Bruxelles sur les marges de qui ?

Des raffineurs. C'est-à-dire que vous, vous faites une démarche de combien sur le litre de carburant ? Symbolique, un, deux, trois centimes. Et quand il y a un moment de tension comme celui-là, tout le monde se compare au quotidien et veut avoir le prix le plus bas pour ne pas perdre ses clients. Donc, on gagne souvent encore moins dans ces phases-là. Donc, le sujet n'est pas chez nous, et chez les raffineurs. C'est chez les raffineurs qui cherchent l'argent. Mais bien évidemment. Donc, chez Total, qui est à la fois producteur, raffineur, distributant, par exemple. Mais pas que, aussi les spéculateurs qui font le marché du carburant à Rotterdam. Il y a beaucoup d'impact à ce niveau-là.

Juste avant de vous demander, Éric Ayer, ce que vous pensez de cette mesure, pour être très précis, Dominique Schellcher, si d'aventure le gouvernement décidait de plafonner les marges. Est-ce que vous nous dites juste ce matin, ça ne sert à rien, ou est-ce que ça aurait un effet contre-productif qui mettrait en difficulté le marché ? Ça n'aurait pas d'effet, voilà, sur les prix du carburant, ou très, très, très, très faible. En plus, vraiment, c'est une usine à gaz qu'on a du mal à comprendre. Et on fait une contre-proposition. Notre fédération, la fédération du commerce et de la distribution, fait une contre-proposition.

On devrait, et on propose au gouvernement, de suspendre provisoirement pendant quelque temps, les C2E sur le carburant. Les certificats d'économie d'énergie qui financent un peu la transition écologique. Qui financent le grand plan annoncé. Ce n'est pas le cœur des taxes. Par le gouvernement, la semaine dernière. On pourrait, pendant quelques mois, suspendre ça. Et là, il y a de l'ordre de 10 à 15 centimes de baisse à trouver. Eric Ayer. Quoi, Eric Ayer ? Et juste, on voit là toute la difficulté d'un gouvernement qui fait ce qui n'est même pas une annonce, mais une réflexion.

Et immédiatement, une sorte de levée de bouclier des acteurs qui explique qu'en fait, ça ne servirait strictement à rien.

3:53
Présentateur

Oui, mais je pense que pour l'opinion publique, c'est bien de se dire qu'il n'y a pas des profiteurs de ce moment-là. Et donc, dire que, attention, les distributeurs ne vont pas gagner avec cette crise-là. Dire, rappeler que l'État ne va pas non plus gagner avec une crise. Vous voyez, quand on a une crise, surtout qui vient de l'extérieur, ce qu'il faut vraiment avoir en tête, c'est que c'est une ponction qui vient de l'extérieur. Et donc, cette ponction, elle est importante, puisque c'est du prix du pétrole, c'est des gaz, c'est des engrais. Et il faut se dire, mais qui va payer cette ponction ? Est-ce que ce sont les ménages ? Est-ce que ce sont les entreprises par les marges ?

Et le ménage par les pouvoirs d'achat ? Ou l'État par les finances publiques ? Pour l'instant, ce sont les ménages, en l'occurrence, et les entreprises. Et traditionnellement, tout de même, depuis les chocs pétroliers de 1974-1979, on a désindexé les salaires sur les prix, et donc on dit, c'est aux ménages à finalement payer ce type de choc. Aujourd'hui, est-ce que les ménages sont capables d'absorber ce choc ? On a envie de dire non, parce qu'ils subissent déjà, ils n'ont pas encore récupéré le pouvoir d'achat de la crise de 2022.

Il faut rappeler, les salaires, aujourd'hui, ont perdu 2% de pouvoir d'achat par rapport à 2022, c'est-à-dire qu'il y a eu une crise en 2022, on n'avait toujours pas rattrapé, on était sur le point de le rattraper. Donc certains ménages disent, les salariés, je n'ai pas les moyens. Mais d'un autre côté, l'épargne des ménages a fortement augmenté, donc le gouvernement peut se dire qu'il y a des ménages qui ont les moyens, finalement, d'absorber ce choc par la surépargne, qui est assez considérable depuis 2022. Et donc c'est pour ça qu'il va falloir faire des mesures extrêmement ciblées pour ceux qui n'ont pas les moyens, mais pas de mesures comme on a pu faire en 2022, des mesures générales.

5:28
Invité

Et comme ce qu'on voit notamment, Eric Ayer, dans d'autres pays européens, vous avez notamment le chancelier allemand qui a annoncé des baisses de taxes qui correspondent à une baisse de 17 centimes sur le litre d'essence et de diesel. Ça, il faut le dire aux Français, on n'a pas les moyens, on n'a plus les moyens.

5:42
Présentateur

Alors, ce n'est pas qu'une question de moyens, c'est une question d'efficacité. Est-ce que c'est efficace de faire des mesures généralisées ? Non, ce n'est pas efficace. Alors, surtout quand on est Français, pourquoi ? Parce que, vous voyez, en gros, globalement, soutenir le pouvoir d'achat, ça ne doit pas être dans la dette publique. La dette publique ne sert pas à soutenir le pouvoir d'achat. Donc, ça veut dire que si vous faites ces mesures transitoires parce qu'il y a un choc, il va falloir dire qu'il faut rembourser. Or, nous, en France, lorsqu'on fait ces mesures, puisqu'elles sont invisibles, personne ne veut rembourser deux, trois ans plus tard.

C'est ce que l'on voit aujourd'hui à l'Assemblée nationale, au moment où on vote des budgets. Personne ne veut payer des aides invisibles. Et donc, il faut dire, on en a fait peut-être beaucoup trop en 2022, 2023, 2024. Ça a porté ses fruits dans le sens où l'inflation a été beaucoup plus faible en France que partout ailleurs. Il y a à peu près dix points d'écart d'inflation cumulée avec les grands pays. Et donc, il faut dire, là, maintenant, c'est fait. On arrête de faire. On ne fait que des mesures ciblées.

6:34
Invité

En prenant le risque de relancer un effet gilet jaune, de réunir les ingrédients pour une crise sociale.

6:41
Présentateur

Oui, mais c'est là où il faut vraiment avoir en tête que le pouvoir d'achat se négocie dans les entreprises. C'est-à-dire que, globalement, c'est les salariés qui doivent négocier avec leur employeur des hausses de salaire. Donc, c'est la responsabilité aussi des entreprises de se dire, je n'attends pas du gouvernement des aides, soit par des primes d'activité, soit par des boucliers, soit par des aides pour donner du pouvoir d'achat. À mes salariés.

7:04
Invité

On va revenir sur ce qui se passe à la pompe. Les automobilistes sont très inquiets. Il y a des stations-service à sec, 5% de stations-service à sec. Il y a des files d'attente interminables devant ceux qui vendent le moins cher. Est-ce que vous le constatez, Dominique Schellcher, dans votre propre station coopérative vue ? Est-ce que vous avez des difficultés d'approvisionnement ? Comment ça se passe en ce moment ? Aucune difficulté d'approvisionnement chez coopérative vue dans nos prêts de 1000 stations. En fait, il faut distinguer les ruptures ponctuelles de la pénurie potentielle. Il n'y a pas de pénurie de carburant aujourd'hui. Il n'y a pas de problème à la commande.

Par contre, ponctuellement, quand il y a un afflux de clients à une station particulièrement, ça peut un week-end vider dans l'attente du camion. Ce sont des ruptures ponctuelles. Donc, différence entre rupture. Par contre, M. Pouyannet de Total Energy a pris la parole hier pour dire qu'il y avait un risque... Le kérosène. Absolument, sur le kérosène. Et le diesel, parce que ce sont deux matières qu'on importe. On ne le produit pas, le diesel notamment. Et il situe ça à horizon du mois de mai. Donc, il est très bien placé pour parler de ça. Donc, je pense qu'il faut l'écouter.

Dominique Schellcher, encore sur les prix, puisque c'est vraiment la question qui obsède à juste titre les Français, qui ont parfois l'impression que, comme on dit, les augmentations, elles prennent l'ascenseur et que les baisses, elles prennent l'escalier. Et que ça va toujours très vite pour augmenter et que ça met énormément de temps à descendre. Que répond le distributeur à cette impression qu'ont les Français et les automobilistes ? Le commerçant que je suis reprend l'engagement de répercuter les baisses aussi vite que les hausses. Mais c'est toujours la même chose. Il faut que nos cuves se vident et le changement se fait aux nouveaux camions.

C'est aussi simple que ça dans un sens ou dans l'autre. Éric Ayer, les marchés semblaient plutôt optimistes hier sur la suite du conflit alors que le détroit d'Ormouz est toujours fermé. Est-ce qu'on peut, selon vous, anticiper une baisse des cours du pétrole à court terme ? Et est-ce que si tout se passait bien, les carburants retrouveraient précisément leur prix du mois de février ?

9:08
Présentateur

Alors, non à votre deuxième partie de la question. C'est-à-dire que globalement, il faut vraiment être prudent et modeste. Aujourd'hui, on ne fait plus de prévisions, on fait des scénarios. C'est-à-dire que globalement, dans tous les scénarios, que ce soit ceux de l'OFCE, mais du FMI ou de la Banque de France, globalement, le prix du baril ne reviendra pas au prix d'avant-crise avant 2027. D'accord ? D'accord.

9:31
Invité

Donc les prix à la pompe ne reviendront pas

9:32
Présentateur

au prix avant-crise. Les prix à la pompe ne reviendront pas non plus. Donc ça, c'est une quasi-certitude parce qu'il y a effectivement des infrastructures qui ont été touchées et lorsque vous fermez des infrastructures, il y a toujours un coût à la réouverture. Donc, allez, il faut bien se dire. Donc cette crise, elle va durer ? Donc cette crise va durer, mais ça ne veut pas dire qu'on va rester à 100 dollars le baril pendant toute l'année.

Donc aujourd'hui, ce qui est dans le scénario le plus probable, mais alors vraiment, je mets ça avec beaucoup de guillemets parce qu'il faut être prudent, c'est que ça reste à 100 dollars jusqu'à la fin du semestre, du premier semestre et qu'ensuite, il y a une décrue très progressive pour arriver à 75 dollars le baril en 2027, sachant que normalement, le baril, s'il n'y avait pas eu la crise, aurait dû être à 60. Donc vous voyez qu'il y a, on va garder quand même 15 dollars d'écart et ça c'est au mieux, mais on est en train de réfléchir à des scénarios où on resterait plutôt aux alentours de 85,

10:24
Invité

quand l'agence internationale de l'énergie parlait hier du choc d'offres pétrolières le plus grave de l'histoire avec une perte de 10 millions de barils le mois dernier, est-ce qu'à terme, on a parlé du kérosène des avions, est-ce qu'il faut s'attendre à des pénuries ?

10:39
Présentateur

Alors pour l'instant, le monde est un peu divisé en deux, c'est-à-dire qu'effectivement, c'est un choc d'approvisionnement et de pénurie dans la partie asiatique du monde et donc quand on est l'AIEU, on regarde le monde et donc il y a effectivement des problèmes d'approvisionnement en Asie, chez nous, en Europe, c'est qu'un problème de prix pour l'instant, ça peut devenir un problème d'approvisionnement mais ce n'est pas la même chose un problème de prix et d'approvisionnement et donc on peut espérer qu'il n'y ait jamais de problème d'approvisionnement en Europe.

11:02
Invité

Dominique Schellcher, l'intérêt d'avoir et de discuter avec un distributeur, c'est au fond de vous utiliser comme une sorte de baromètre de l'état d'esprit des Français, ce que vous pouvez constater dans vos magasins, vous avez l'œil sur leur consommation. Est-ce que le pouvoir d'achat qui est entamé par l'augmentation des prix du carburant commence à se faire sentir dans le caddie des consommateurs ? Qu'est-ce que vous voyez de l'état d'esprit des Français et de leur façon de consommer ?

Dans le caddie des consommateurs, on n'a pas noté de changements significatifs pour l'instant, d'autant plus qu'on sort de Pâques qui est une période un peu festive où les gens sont quand même fait un peu plaisir. Il n'y a pas de déconsommation. Il n'y a pas de déconsommation à date. Si elle devait venir, ça pourrait être à partir de maintenant. Par contre, il y a des changements de comportement sur l'utilisation de la voiture, clair et net. On essaie d'optimiser ces circuits de voiture, on fait du covoiturage et on nous parle déjà des vacances. Un certain nombre de gens remettent en cause leur projet de vacances quand ils étaient en voiture, en camping-car et lointain.

On dit non, on ira moins loin ou on partira peut-être même pas. À quoi est-ce que vous le constatez ça ? C'est dans le dialogue avec les gens. Pour l'instant, je dirais, l'impact tourne beaucoup autour de la voiture, du carburant, des circulations, mais pas encore dans le caddie. Alors justement, vendredi dernier, Sébastien Lecornu a annoncé un plan d'électrification pour la France. C'est une vision à long terme pour nous sortir notre dépendance aux énergies fossiles qui viennent de l'étranger, sauf que ça ne remplit pas les réservoirs des automobilistes les plus modestes, que tout le monde ne va pas pouvoir s'acheter un véhicule électrique dans les prochaines semaines.

Du coup, est-ce que ce n'est pas un peu décalé vu l'urgence de la situation ? Je pense que dans toute crise, il faut aussi en profiter pour se projeter dans l'avenir et il y a toujours des changements en profondeur qui s'opèrent. Et dans les discussions, c'est vrai que les gens disent aussi qu'il faudrait quand même que je pense à prendre une voiture électrique. Donc, ça émerge quand même. Donc, à court terme, oui, ça peut apparaître comme un peu de l'opportunisme, mais il y a des changements en profondeur et on l'a bien vécu pendant la crise ukrainienne. Éric Ayer, sur ce plan d'électrification ?

13:15
Présentateur

Mais bien sûr que c'est la solution tout de même. On aurait dû le commencer en 2022. On voit bien que des chocs à répétition sur le pétrole ou des conflits qui fassent augmenter les prix d'énergie, ça va être à répétition. Donc, il faut bien qu'on sorte de cette dépendance. Donc, il y a bien le chemin de moyen long terme qu'il va falloir maintenant... Alors, bien sûr qu'il y a le court terme et ce court terme-là, aujourd'hui, on a tout même la chance qu'il arrive à un moment où l'inflation était relativement mesurée. Donc, vous voyez, on n'est pas en 2022.

2022, il faut rappeler lorsque le choc énergétique est arrivé, on était déjà dans une inflation qui était galopante et donc, ça a été un choc sur un choc. Là, on était sur une inflation basse. Donc, ce choc, il est pour l'instant gérable. Mais attention, si on ne veut pas que ce soit des chocs qui soient durables, il va falloir aller vers cette indépendance. Et ça, c'est à la fois pour le pouvoir d'achat mais aussi pour la transition écologique. C'est indispensable qu'on fasse ce genre de planification.

14:07
Invité

Alors, on a une question au standard pour vous, messieurs, c'est Faudel qui nous appelle. Bonjour, bienvenue Faudel. Bonjour.

14:14
Présentateur

Bonjour à toutes et tous. Bonjour à la rédaction de France Inter. Bonjour M. Schultecher. Ma question, c'est que pourquoi les prix du carburant ne baissent pas aussi vite que leur montée ? C'est-à-dire quand ça monte, les anciens stocks que vous avez achetés avant la crise et ils étaient là et vous augmentez rapidement et quand les prix baissent, vous nous dites ben écoutez, non, on ne peut pas baisser les prix parce que nous avons acheté pendant la crise et c'était hyper cher. Et on a remarqué pas uniquement ça mais au niveau de vos magasins on a remarqué quand même certaines hausses de prix sur certains produits comme les conserves, les pâtes et tout ça, etc.

de quelques centimes et ça, on le constate tous les jours. Donc, le consommateur, en gros, il est devenu une mesure d'ajustement autant pour la grande distribution que pour l'État qui se gouache avec une taxe irraisonnable. Voilà.

15:06
Invité

Merci M. Faudel pour votre question. Sur le carburant, Faudel, je vous assure qu'on répercute à la hausse ou à la baisse à la même vitesse mais ce qu'il faut comprendre c'est que quand la crise a démarré, la hausse a été brutale et importante. Donc, le choc de hausse a été important. Par contre, la baisse, elle est progressive, ça vient d'être dit. Et le baril va rester long assez haut et donc, nous, on suit les cours à Rotterdam encore une fois. Et sur les prix en magasin, je vous assure qu'il n'y a aucun impact à date d'aujourd'hui de cette crise de l'Iran.

Alors, sauf qu'il va peut-être y en avoir puisque manifestement, vous allez peut-être devoir rouvrir les négociations commerciales avec vos fournisseurs de l'agroalimentaire. C'est le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, qui est votre prédécesseur chez Coopérative U qui l'a dit hier. Donc, ça veut dire que nécessairement, les prix vont augmenter ou alors vous allez renier vos marges. Il a été très prudent, il a été très prudent en disant il faudra peut-être le faire. Donc, moi, ce matin, je relativise et je vous assure qu'on n'est pas du tout dans la même situation qu'il y a 4 ans au moment de la guerre en Ukraine Il est trop alarmiste, le ministre ?

Je pense qu'il lance une alerte à terme mais ça n'est pas le cas aujourd'hui. Mais malgré tout, qu'il y ait une renégociation ou pas avec les industriels, est-ce que vous anticipez dans l'effet qu'aura sur l'économie mondiale ce choc énergétique des augmentations plus importantes qu'elles n'auraient dû advenir s'il n'y avait pas eu cette guerre en Iran ?

C'est si la crise dure, si l'impact dure parce qu'il n'y a pas que l'impact du pétrole il y a à terme l'impact des engrais il y a des questions sur le plastique beaucoup des billes de plastique qui permettent de fabriquer nos emballages viennent de cette région si le conflit dure si les chaînes d'approvisionnement ne se rétablissent pas rapidement ça peut être compliqué par contre la grande différence avec 2022 on n'a pas le sujet de l'électricité et on a moins le sujet du gaz et ça, ça change dans les entreprises quand même beaucoup la donne Eric Ayer quand Friedrich Merz le chancelier allemand dit avant-hier que son pays va ressentir encore longtemps les conséquences de la guerre nous nous préparons à une charge considérable pour l'économie allemande et donc pour les ménages et les particuliers pourquoi ce diagnostic ne serait pas aussi valable pour la France ?

Pourquoi est-ce qu'il est plus inquiet que nous Friedrich Merz ?

17:27
Présentateur

Alors il est plus inquiet alors je pense qu'il y a des hommes politiques en France qui sont très inquiets aussi ils le disent peut-être un tout petit peu moins parce qu'ils ont peut-être moins de marge manœuvre mais peut-être aussi parce que la situation n'est pas la même en Allemagne ils sont en quasi-récession depuis maintenant six ans alors qu'en France il y a peu de croissance mais il y en a tout de même les prix ont beaucoup plus augmenté aujourd'hui il y a un écart de niveau de prix entre la France et l'Allemagne d'à peu près 10 points avec des salaires réels qui ont plus perdu en Allemagne que chez nous c'est-à-dire que le pouvoir d'achat des Allemands a plus baissé qu'en France

18:04
Invité

avec une économie plus exposée aux exportations

18:06
Présentateur

et aussi une économie plus industrielle et donc plus exposée aussi au prix d'énergie donc effectivement c'est un peu ce qu'on indique dans nos simulations c'est que globalement vous voyez nous l'inflation devrait au maximum remonter aux alentours de 3,2 cette année en 2026 si on est dans le pire des scénarios en Allemagne c'est plutôt aux alentours de 5,5 donc le choc n'est pas le même en Allemagne qu'en France et donc c'est normal qu'ils soient un peu plus inquiets

18:33
Invité

mais cette note Eric Hayer de conjoncture que vous publiez vous dites quand même vous anticipez un important repli du pouvoir d'achat avec un indice qui pourrait reculer de 0,7% je vous cite ce serait le plus mauvais chiffre depuis 2013 ça veut dire que ça ça a quand même un impact direct sur le pouvoir d'achat sur la consommation des français

18:50
Présentateur

Oui c'est vrai alors c'est pas uniquement dû à ce choc énergétique c'est-à-dire qu'il n'y avait pas eu ce choc énergétique il y aurait tout même eu une baisse du pouvoir d'achat ce qu'il faut et c'est ça qui va un peu amplifier c'est-à-dire que le retournement du marché du travail le fait que le chômage augmente c'était avant la crise et donc effectivement on anticipait une baisse du pouvoir d'achat aussi parce que globalement le revenu du capital va moins progresser mais globalement oui les salariés auraient perdu en pouvoir d'achat quoi qu'il arrive parce que le chômage est en train de revenir

19:20
Invité

sur l'emploi avec des entreprises en difficulté qui peuvent être amenées à licencier

19:25
Présentateur

C'est évident encore une fois c'est un choc récessif je ne dis pas qu'il y aura une récession mais ça va amputer la croissance économique donc avant cette crise on anticipait des destructions d'emplois et une hausse du chômage donc bien entendu ça va faire un accélérateur

19:39
Invité

Dominique Schellcher comme distributeur vous êtes aussi en lien avec le milieu agricole et les agriculteurs sont particulièrement inquiets de ce qui se passe et des conséquences de la crise sur leur activité il y a notamment une envolée des cours des engrais ces engrais qui passent en bonne partie par le détroit d'Hormuz est-ce que là aussi vous comprenez leur inquiétude est-ce qu'on est à la veille d'une nouvelle crise agricole pour une profession qui a déjà été durement touchée ces derniers mois ?

La profession est extrêmement fragilisée et donc c'est un coup dur de plus la chance qu'on a en France c'est que beaucoup d'agriculteurs anticipent leur achat d'engrais et parfois sont incouverts sur deux ans et font des stocks et donc pour l'instant on n'a pas d'alerte majeure il peut y en avoir à gauche à droite donc je pense que encore une fois c'est si le conflit est dur que ça va peser davantage et peut-être davantage vers 2027 et pour les fameuses négociations commerciales 2027 celles-là c'est sûr seront impactées Eric Ayer pour terminer vous avez planché sur les effets de la crise à plus ou moins long terme avec plusieurs scénarios un scénario de crise passagère un scénario de récession plus grave on a envie de vous demander lequel est le plus probable même si vous n'avez pas de boule de cristal et de savoir si potentiellement il peut y avoir une campagne présidentielle dans une France en pleine crise économique

20:56
Présentateur

alors effectivement dans le scénario d'escalade on tomberait quasiment en récession en 2027 donc on serait dans le scénario effectivement de récession en France au moment de l'élection présidentielle alors ce scénario escalade on a un peu amplifié pour donner un peu des cas polaires pour dire pour nous c'est le pire des scénarios parce que c'est un prix du baril qui reste au-dessus de 100 dollars tout le long de 2027 mais le prix du gaz également donc il y a un peu un emballement on peut espérer que ça ne sera pas le cas mais vous voyez dans le pire des cas on frôlerait la récession effectivement

21:29
Invité

et c'est une situation

21:30
Présentateur

qui va imprimer la campagne présidentielle c'est une situation qui imprimera alors il est possible que si on est dans ce scénario là ce scénario ne se réalise pas complètement parce qu'il y aura peut-être des actions du gouvernement qui ne laissera pas finalement le pouvoir d'achat se détruire aussi fortement donc ça sera plutôt des finances publiques déséquilibrées et on renoncerait alors à nos engagements mais ça veut dire que les Européens si on est dans ce scénario là c'est tous les Européens qui tomberaient dans ce climat là et peut-être qu'il y aurait un plan budgétaire en Europe

21:59
Invité

Un tout dernier mot Eric Kerr puisque au moment où Faudel posait sa question je vous voyais réagir quand il disait l'Etat se goinfre ou au fond l'Etat profite de la situation là-dessus le regard de l'économiste et on avait tout à l'heure cette discussion avec Laurent Wauquiez qui disait ici il faut faire la transparence sur ce dont bénéficie l'Etat avec la hausse des prix du carburant

22:15
Présentateur

Oui non mais qu'on fasse la transparence c'est bien mais globalement on ne peut pas imaginer qu'en période de crise un peu plus de recettes de TVA d'un côté mais il y a un peu moins de consommation de l'autre donc ça se compense et même vous voyez il y a dans nos scénarios systématiquement des pertes qui seraient liées à ce choc donc non arrêtons avec cette idée que l'Etat pourrait se goinfrer au moment d'une crise

22:40
Invité

Merci Eric Hayard merci Dominique Schellcher d'avoir été au micro d'Inter ce matin

Carburants : le plafonnement des marges des distributeurs "est une très mauvaise idée", selon le PDG de Coopérative U · Pourquijevote