Souveraineté militaire : un défi européen | Ici l'Europe - 16/05/26
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue au Parlement européen pour parler défense et réarmement de l'Union européenne. Les conflits se multiplient dans le monde, y compris à nos portes avec l'Ukraine et notre allié américain au sein de l'OTAN semble de moins en moins fiable. Alors pour se préparer à la guerre, Bruxelles autorise les 27 États membres à augmenter leurs dépenses militaires dans un plan intitulé Rediness 2030 qui espèt-on se traduira par 800 milliards d'euros sur 10 ans.
Et ce plan inclutos de prêts appelés safe, des prêts qui sont levés par la Commission européenne sur les marchés. La commission prête ensuite aux Étatsmembres pour acheter des équipements militaires principalement fabriqués en Europe. Mais l'Union européenne est-elle vraiment en train de prendre le tournant de son autonomie en matière de défense ?
Son industrie est-elle suffisamment intégrée, efficace pour relever ce défi ou va-t-on financer tout simplement l'appareil militaroindustriel américain ? Alors, nous en parlons tout de suite avec trois eurodéputés. Nicolas Stéphanuta, bonjour.
Vous êtes le viceprésident du Parlement européen eurodéputé roumain du groupe des verts. Nous sommes aussi avec Pierre Romain Tion. Bonjour. euh français donc membre du groupe des patriotes pour l'Europe, ce qui correspond en France au Rassemblement national et Tobias Créemer, bonjour.
Vous êtes eurodéputé à membre du groupe des socialistes et démocrates. Alors messieurs, rapidement en une phrase le constat pour ou contre le réarmement de l'Europe d'abord Tobias Kremer. Bah c'est nécessaire, ça ne fait plaisir à personne mais c'est nécessaire et pour finalement la première tâche de la politique c'est de protéger nos citoyens.
Donc c'est nécessaire et c'est qu'il faut faire. Pierre Romain Tonet, si nous ne voulons pas être soumis, écrasé ou victime de chantage, c'est absolument nécessaire et je crois que c'est la la grande tâche de l'Europe des pays européens au 21e siècle. Nicolas Stéphanuta, vous êtes écologiste.
À gauche, il y a des mouvements pacifistes, mais se réarmer en Europe, c'est nécessaire. Se défendre, c'est très nécessaire. Se défendre en face des défis qui sont là et plus on est proche, plus on le sent.
Alors, despositions de principe, vous le voyez qui semblent proche entendre quand même des nuances plus tard. Vous allez le voir. Ce réarmement de l'Europe se déroule dans un contexte de désengagement américain de l'Alliance atlantique.
Donald Trump veut retirer 5000 soldats du sol allemand. Écoutons tout de suite la réaction du chancelier Freddy Schmerz. La force de l'OTAN en Allemagne ne dépend pas du nombre de soldats mais de son objectif qui reste partagé.
Je n'ai aucun doute sur le fait que l'Amérique est très intéressée par un pilier européen fort au sein de l'OTAN, à ses côtés et réciproquement nous restons intéressés, très intéressés même par la présence de l'armée américaine et du soutien militaire américain à nos côtés. C'est quelque chose que nous avons en commun et que nous essayons de concrétiser. Alors Tobias Kremer, 36000 soldats américain en Allemagne, un pays traditionnellement d'ailleurs atlantiste depuis la guerre.
Donc comment a été perçu dans votre pays ce épisode du désengagement américain sur notre continent ? Est-ce que ça veut dire d'ailleurs que pour vous que l'Europe doit se réarmer ? Bah déjà pour nous c'est bien sûr regrettable mais c'était pas une surprise.
On savait très bien après la stratégie des Américains, la stratégie nationale de sécurité c'était déjà à peu près annoncé. ces 5000 soldats avent né de la présidence de Biden. C'était de toute façon euh voilà pour pour nous pas par pas une surprise mais ce qui ce qui est clair c'est que cela montre quelque chose qu'on devrait savoir depuis des années, c'est que les Américains vont s'orienter plutôt vers l'Asie et que nous en tant que européen, on doit être capable de se défendre soi-même, de devenir beaucoup plus autonome.
Et en fait pour moi, c'est pas une question est-ce qu'on est pour contre les Américains ? Parce que pour nous les devoirs c'est les mêmes. Soit les Américains se retirent que je l'espère pas.
Euh mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut investir dans notre capabilité de de se défendre et d'être dans notre dans nos atouts nous-mêmes. Mais cette stratégie elle-même est la meilleure stratégie pour persuader les Américains de rester en Europe parce que comme a dit Marco Rubio à Muni, les Américains ne veulent pas des alliés faibles.
Donc montrons montrons-leur que nous sommes pas des profiteurs en Europe. Nous sommes des alliés forts et capables de voilà de de nous défendre et d'avoir une position de de force. Pierre Romain Tionet face à cet allié américain imprévisible, Donald Trump dont d'ailleurs votre famille politique est plutôt proche politiquement.
Finalement, est-ce que ce n'est pas Emmanuel Macron qui a raison en voulant une Europe de la défense plus autonome, plus souveraine ? Je me permets de revenir sur ce que vous dites notre famille politique proche politiquement puisque on a les plus grandes réserves à l'égard de la politique étrangère qui est conduite par le président américain et s'il peut avoir des sensibilités communes en politiques intérieures. On a pris nos oppositions.
Voilà, je pense que c'est important de dire souveraine de la défense qui est défendu par Emmanuel Macron dans une position gauliste. bien sûr, mais il y a il y a une même position, c'est-à-dire c'est à la fois risque pour l'Europe parce que bien sûr, il y a une une accoutumance, une dépendance européenne à aux États-Unis de l'Amérique en terme de garantie de sécurité, d'industrie de l'armement. Donc, il faut savoir combler et prendre le relais là en en coopération entre les États européens.
Mais c'est évidemment et du coup du même coup une opportunité pour enfin combler ces dépendances, se penser davantage de manière autonome, penser notre stratégie de manière autonome et donc c'est à la fois un risque et un avantage, une opportunité à saisir. Je pense que si on ne la saisit pas maintenant alors que cela fait plus de 4 ans qu'il y a la guerre en Ukraine que le désengagement américain comme Tobias Kremer l'a dit, il est officiel maintenant dans les documents stratégiques américains mais il est déjà il est déjà en cours depuis Barack Obama et il va se poursuivre même s'il y a une alternance avec une administration démocrate. Et donc les Européens n'ont pas le choix et nous on défend aussi cette position d'une autonomisation pardon de la défense en Europe.
Alors jusqu'où l'autonomisation ? Est-ce que vous en Roumanie vous avez acheté beaucoup américain 32 avions de chasse F35 en 2024 par exemple ? Face à la menace russe, l'Europe de l'Est dans son ensemble souhaite réarmer.
La Roumanie a demandé 6 milliards 16 milliards d'euros pardon du pré safe. C'est autant que la France. Vous croyez encore beaucoup en en lotant néanmoins au parapluies, aux armes américaines ?
Chaque fois que je suis en cette émission, vous portrétisez l'Europe de l'Est comme c'est un bloc uniforme. Et moi je dis que il y a des similarités aussi avec le nord par exemple puisque vous avez évoqué l'achat des avions américain par les Roumains mais vous avez pas évoqué le fait que les finlandais le Suédois en entrant en automne on on fait exactement la même chose et c'est vrai que on aimerait plus acheter français par exemple ou la production propre européenne mais on n pas tout ce qu'il y a sur le marché il y a pas tout les avions qui sont les meilleurs ou les drones qui sont les plus avancés, il y a que certains producteurs au monde. Alors, on désire avoir plus de production européenne aussi en Roumanie.
C'est pour ça d'ailleurs qu'on a qu'on prend 16 milliards pour safe. Euh c'est pour développer nos capacités de production aussi en coopération avec les les Ukrainiens. Pourquoi les Ukrainiens ? puisqu'ils sont une production très développée en ce qui concerne les drones parce que c'est l'armée la plus actuelle en Europe, même plus actuelle que l'armée française, on doit dire puisque l'expérience de guerre a mené à cette résultat.
Donc on doit arriver à une situation où on achète plus européens et on n'est pas forcé de d'acheter par exemple d'Israël que je suis pas tellement d'accord à à acheter des produits venant de là. Alors parlons de la question financière car l'argent européen est là pour augmenter cet effort militaire. Pierre Romain Tonet avec le programme Safe 150 milliards d'euros de prêts.
Donc c'est la Commission européenne qui lève cet argent sur les marchés avec des très bonnes garanties car la Commission européenne a une très bonne note financière et ensuite elle prête aux Étatsmembres 16 milliards d'euros prêtés à la Roumanie par exemple. C'est le même montant qui est prêté pour la France. Finalement, est-ce que vous saluez ce financement européen de la défense qui puisse être utile pour les pays qui emprunteraient à des taux moins avantageux ? une chose mais en fait ça dit davantage ça dit davantage de la santé financière d'un pays parce que par exemple l'Allemagne ne va pas recourir à safe mais l'Allemagne va augmenter sensiblement ses dépenses militaires mais en fait ce n'est pas le bon indicateur pour évaluer les nios pas à finalement à nous préférions emprunter nous-même sans recourir à en effet ce qui est des conditions posées par la Commission européenne.
Bien sûr qu'il serait plus salutaire pour la santé financière de la France et pour ses libres choix de le faire en tant que France seul. L'Allemagne le fait par exemple, ça serait plus cher et c'est bien ce que je dis en fait. Le débat là est plutôt la santé financière.
Là, je veux pas rentrer dans un débat français sur le bilan de 10 ans d'Emmanuel Macron, mais c'est cela la responsabilité. Maintenant nous Rassemblement national nous sommes favorables en France à poursuivre l'effort d'augmentation des crédits militaires. 3 % notre PIB en dès 2030 et ensuite vers les 3,5 % 2035 les objectifs fixés dans le cadre l'OTAN.
Donc nous ne sommes absolument pas défavorables à l'augmentation des dépenses militaires au cont sur budget propre donc avec des recettes supplémentaires françaises à trouver. Vous entendez les souverainistes qui freinent un peu des cas de fer quand même sur cette question euh d'un grand emprunt européen, enfin en tout cas d'un d'un de d'avoir recours au près et puis est-ce qu'il faut aller plus loin ? Parce que inversement et bien ceux qui sont euh très disent il faudrait un endettement en commun européen pour justement mener ce grand effort de réf de défense et là et bien c'est l'Allemagne qui n'est pas trop d'accord.
Ouais, mais déjà ben déjà une chose, je suis bien heureux ce que vous avez dit que euh vous dites personnellement que vous êtes en faveur de la défense en Europe et à se devenir plus autonome. Mais dans votre dans v groupe parlementaire ici, euh des gens comme euh des gens en Hongrie, les les urbanistes, ils sont quand même assez contre. Donc ça c'est quand même un débat intéressant aussi au sein de votre groupe.
Mais oui euh mais il faut dire hein que c'est pas tous les patriotes européens qui sont pas d'accord chez les patriotes pour l'Europe. Il y en a qui veulent baisser clairement le budget de la défense les urbanistes. En effet, les les troupes d'orbanes budget pour répondre à votre question je crois finalement la question si on regarde les dépenses de la défense qu'on a, ça devient presque même pas la question combien d'agents on y met la le problème c'est vraiment la l'efficacité de l'utiliser parce qu'on a vraiment augmenté les dépenses.
Il faut les augmenter ça c'est sûr mais c'est pas seulement dépenser plus, c'est dépenser de manière efficace. Et là, il y a un véritable problème parce que nous, on essaie de le faire de manière nationale et c'est extrêmement inefficace. Euh c'est le rapport de monsieur Niniste qui a montré qu'on paye à peu près en moyenne une prime de 30 % parce que on se coordonne pas pour les achats et en même temps qu' faut des achats européensquip Oui, parce que c'est inefficace.
On va on va pas à l'échelle, on tout tout le monde essaie de le faire nationalement et le résultat c'est 27 armées bonnes et c'est pas une véritable force de capacité et c'est pourquoi pour moi finalement c'est moins sur combien d'argent on met dedans. C'est plutôt quelle capacité quelle vraiment capacité de défendre est-ce qu'on aura. Et là finalement c'est c'est oui payer plus mais surtout il faut payer euh de manière européenne, il faut acheter de manière européenne efficace et il faut en marcher comment dès la défense.
C'est vraiment on a il faut cette cette pas d'intégration. Alors justement pour euh financer ce réarmement, le plus gros prêt du programme safe parmi les 19 participants à ce programme va à un voisin de l'Ukraine, la Pologne, 44 milliards d'euros. On écoute le Premier ministre Donald Tusk.
C'est un moment charnière dans l'histoire de la Pologne et de l'Union européenne. C'est un jour où l'Europe entière montre qu'elle a tiré les leçons de l'histoire et qu'elle est prête à assumer une responsabilité bien plus grande pour notre sécurité conformément d'ailleurs aux recommandations et en coopération avec les États-Unis. Nicol Stéphanouta.
Alors dans ce pays la Pologne et bien le président polonais qui est ultraconservateur nationaliste et bien il pourrait bloquer ce prêt européen safe car il est opposé à une dépendance financière de l'Europe pour financer la défense polonaise. Est-ce qu'il y a le même mouvement dans l'opinion roumaine ? C'est-à-dire un mouvement qui pourrait être hostile à ce financement européen de la défense ou est-ce qu'il y a une unanimité ?
Je peux pas vous répondre précisément puisqueon a une crise politique gouvernementale pour le moment. On n pas de gouvernement mais quand on on aura on en on aura je veux dire qu'il y a pas une opinion publique qui est contre le programme safe. On entend quand même qu'il y a des il y a un narratif prousse et donc qui dit nous sommes aussi propés, nous ne voulons pas réarmer et cetera qui progresse quand même.
Ça progresse et c'est financé en part par euh des amis de partout un peu du monde qui ont un intérêt à à croître l'extrême droite avec des narratives qui sont fausses fa fautives en ce qui concerne les Ukrainiens qui qui sont nos ennemis. Je peux jamais comprendre comment ça marche mais euh voilà ça se joue aussi. Mais ce que je voulais dire aussi, c'est que le prêtre européen, moi j'étais d'accord avec cette idée de financer la défense par un prête commun, un peu comme la euh le programme ancien euh euh après le Covid euh pour le la relance économique.
Pourquoi ? Puisquil y a aucun pays qui peut s'impronter moins cher sauf l'Allemagne qui qui peut s'impronter moins cher que sur les marchés. Pesso mon pays s'imprend à 9 10 % euh sur le marché européen alors qu'on prend un prêt européen à 2 % c'est très intéressant et deuxièmement ça touche pas à au budget social qui nous intéresse aussi et qui intéresse beaucoup de monde qui veulent pas avoir une choix entre la défense et le social.
Alors, rapidement pour conclure, parlons euh d'industrie, on a parlé de financement euh mais Pierre Romain Tion, il faut que l'industrie de défense européenne euh suive et c'est pas vraiment le cas. Un exemple, le programme Scaf d'avion de combat du futur lancé en 2017 par la France et l'Allemagne, rejoint en 2019 par l'Espagne. Ce projet, il est à l'arrêt à cause d'un différent entre industriel entre le français d'Assu et l'européen Airbus.
D'Assu qui ne veut pas partager les brevets pour faire court. Ce blocage industriel, est-ce que c'est un effet pervers du souverainisme ? pas du tout.
C'est un effet pervers des directions politiques qui n'ont pas su faire respecter un un accord industriel dès le départ et jusqu'au bout. Mais je crois qu'il y a une focalisation sur cet échec hein, il faut le dire. Je sa mort n'est pas annoncée mais tout le monde la la pressend mais il y a d'autres coopérations qui fonctionnent y compris entre la France et l'Allemagne il y a quelques jours justement d'Ass parce que d'Ass quand même la cible aussi d'une d'une campagne d'hostilité à travers l'Europe comme quoi sur ces positions souverainistes je crois que c'est bien naturel que dans tous les pays on trouvera des groupes industriels qui défendent leurs intérêts, leur savoir-faire, leur maîtrise technologique.
DASO vient d'annoncer une coopération pour le vaisseau spatial du futur avec l'allemand OHB sur la partie justement spatiale et d'Assut qui aurait la charge de la partie aviation. Il nous reste il nous reste 20 secondes. Scaf, c'est vraiment très dommage ce qui s'est passé avec cet avion.
C'est c'est tout le problème du manque du marché commun européen parce qu'on essaie de le faire de manière c'est le gouvernement X qui travaille avec le gouvernement Y pour dire à à l'industrie de faire cela ou ceci. Non, il faut avoir un marché comment européen où c'est dans l'intérêt de l'industrie de coopérer, d'aller à l'échelle où c'est pas la logique nationale minimale bons mais vraiment la logique européenne mais faisons confiance entre nous que voilà on est on est la la géographie ne manque pas de la géographie et et là on est voilà on est principal par la Russie il faut se pas de vision très commune. Merci à tous les trois on a très bien entendu vos nuances.
Merci à vous de nous avoir suivi. Restez sur nos antennes pour plus d'informations. [musique]
Pierre-romain Thionnet