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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 20 février 2025 17 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileDéfenseInstitutions & électionsEurope & international

Julien Odoul : "La famille Bibas est le symbole de l’abomination du 7 octobre !" (France 24)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous croyez à la volonté de Donald Trump de parvenir à une paix juste en Ukraine ?

  • 3:11RelanceRéponse directe

    Mais ce qu'est en train de faire Donald Trump, est-ce que ça n'est pas d'une certaine manière légitimer ou relégitimer Vladimir Poutine ?

  • 4:19OuverteRéponse directe

    Comment pourrait-on donner une crédibilité et une force diplomatique à l'Union européenne ?

  • 7:03OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on pourrait accepter une paix négociée par les États-Unis, mais dont les Européens seraient chargés ensuite d'assurer la mise en œuvre ?

  • 7:58OuverteRéponse directe

    Comment pourrait-on donner une crédibilité et une force diplomatique à l'Union européenne ?

  • 9:36OuverteRéponse directe

    François Bayrou est sous le feu des critiques, est-ce que pour vous, nous sommes devant une affaire d'État ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « Il s'agit de cet otage israélien, Shiri Bibas, qui était détenu avec ses deux enfants par le Hamas. »
  • 0:30Invité politiqueFait
    « Ce qui signifie naturellement que ces trois otages, cette mère de famille et ces deux enfants, dont l'un des deux avait à peine deux ans, sont tous les trois décédés. »
  • 1:11PrésentateurFait
    « C'est le symbole de l'abomination du 7 octobre 2023. »
  • 1:15PrésentateurFait
    « Je suis profondément choqué de voir qu'une chaîne du service public en France, France 5 notamment, puisse se demander aujourd'hui encore si le Hamas est dangereux. »
  • 1:30PrésentateurFait
    « Bien sûr, le Hamas est un groupe islamiste, le Hamas est un groupe de barbares qu'il faut combattre, qu'il faut éradiquer. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « On va parler des premiers pourparlers entre les États-Unis et la Russie, des premiers pourparlers depuis le début de la guerre en Ukraine, qui ont eu lieu aujourd'hui à Riyad, en Arabie Saoudite. »
  • 2:51PrésentateurFait
    « C'était ce que demandait Marine Le Pen notamment, dès 2022, que de toute façon ce conflit ne pouvait pas se régler par les armes. »
  • 3:33PrésentateurFait
    « Non, mais nous avons condamné de la manière la plus ferme l'agression de la Russie vis-à-vis de l'Ukraine. »
  • 3:58PrésentateurFait
    « D'ailleurs, j'observe que l'attitude de notre ministre des Affaires étrangères, M. Barrault, est totalement absurde et irresponsable en disant « je ne parle pas aux ministres des Affaires étrangères russes ». »
  • 4:47Invité politiqueFait
    « Mais est-ce que vous croyez que l'Europe va être un véritable partenaire à part entière, respecté, entendu, dont la voix pèsera ? »
  • 6:44PrésentateurFait
    « L'Ukraine n'ira pas envahir Moscou et la Russie ne peut pas entrer à Kiev. »
  • 9:53Invité politiqueFait
    « où ont eu lieu des comportements brutaux, des agressions sexuelles aussi, sur des élèves. »
  • 11:39Invité politiqueFait
    « Pour Laurent Wauquiez, je vais le citer, parlant donc de Richard Ferrand, c'est une personnalité qui pose un problème d'éthique, un problème d'impartialité et qui pose un problème parce qu'il n'a pas d'expertise juridique. »
  • 12:50PrésentateurFait
    « Une pratique partisane. Voilà, Laurent Fabius, qu'il a assumé, a souhaité faire du Conseil constitutionnel un instrument, un outil de blocage, de blocage par rapport à des politiques qui sont souhaitées par les Français. »
  • 14:08Invité politiqueFait
    « je ne considère pas que le Rassemblement national soit la peste, je ne considère pas non plus qu'il faille un cordon sanitaire. »
  • 15:51Invité politiqueFait
    « Lequel des deux serait le meilleur adversaire du RN dans une élection présidentielle ? »
  • 16:16PrésentateurFait
    « M. Retailleau, dont on nous fait le nouvel homme fort de la droite, qu'est-ce qu'il a fait depuis six mois ? Est-ce qu'il a réduit les flux migratoires ? Non. »
  • 16:22PrésentateurFait
    « Est-ce qu'il a interdit le voile pour les accompagnatrices scolaires, comme il l'avait dit ? Non. »
  • 16:25PrésentateurFait
    « Est-ce qu'il a supprimé l'aide médicale d'État pour les clandestins, comme il l'avait dit ? Non. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Julien Odoul31 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Julien Odoul

Julien Audoul, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes porte-parole du Rassemblement National et député de Lyon. On va commencer par une nouvelle qui est tombée il y a assez peu de temps. Vous m'avez dit que je souhaite en parler immédiatement. Il s'agit de cet otage israélien, Shiri Bibas, qui était détenu avec ses deux enfants par le Hamas. Et le Hamas a annoncé, je le disais donc il y a quelques instants, qu'ils feraient partie des corps qui seront remis à leur famille samedi prochain. Ce qui signifie naturellement que ces trois otages, cette mère de famille et ces deux enfants, dont l'un des deux avait à peine deux ans, sont tous les trois décédés.

0:39
Présentateur

Oui, cette annonce du Hamas est un drame absolu. Un drame absolu puisque le petit Kfir Bibas a été enlevé à l'âge de neuf mois. Il a enlevé à l'âge de neuf mois avec son frère, avec sa mère, avec son père, qui a été libéré il y a quelques jours. Et il aura passé la majeure partie de sa courte vie dans un tunnel sordide, en détention. C'est le symbole de l'abomination du 7 octobre 2023. C'est le symbole aussi de ce qu'est le Hamas, un groupe islamiste terroriste. Et moi, je suis profondément choqué de voir qu'une chaîne du service public en France, France 5 notamment, puisse se demander aujourd'hui encore si le Hamas est dangereux. Oui, le Hamas est dangereux.

C'est l'allusion à un bandeau qui était au bas de l'écran. Bien sûr, le Hamas est un groupe islamiste, le Hamas est un groupe de barbares qu'il faut combattre, qu'il faut éradiquer. Et cette annonce bouleversante vient confirmer la réalité de ce groupe terroriste.

1:44
Julien Odoul

– On va parler des premiers pourparlers entre les États-Unis et la Russie, des premiers pourparlers depuis le début de la guerre en Ukraine, qui ont eu lieu aujourd'hui à Riyad, en Arabie Saoudite. Est-ce que vous croyez à la volonté de Donald Trump de parvenir à une paix juste en Ukraine ?

2:03
Présentateur

– En tout cas, il faut saluer le volontarisme de Donald Trump, puisque rien ne se passait avant son élection et il a le mérite de vouloir essayer de faire aboutir la situation, de mettre les partis autour de la table. Ce qu'on peut déplorer en revanche, c'est à la fois l'isolement de la France et c'est le fait que nous soyons mis de côté. – Quand vous dites « nous », c'est la France toujours ou l'Europe ? – La France, vous savez, l'Europe, combien de divisions ? Ursula von der Leyen n'a aucune légitimité.

On a bien vu d'ailleurs ces derniers mois et depuis le début de ce conflit que l'Europe était totalement impuissante pour parler à la fois d'une seule voix et puis pour, j'allais dire, aller vers la paix et donc aller vers une conférence de la paix. C'était ce que demandait Marine Le Pen notamment, dès 2022, que de toute façon ce conflit ne pouvait pas se régler par les armes, que nous serions contraints d'organiser une conférence de la paix avec la Russie, avec l'Ukraine, avec les pays limitrophes, avec les États-Unis. Peut-être, et nous espérons effectivement que ça puisse aboutir et que les armes se taisent en Ukraine.

3:11
Julien Odoul

– Mais ce qu'est en train de faire Donald Trump, est-ce que ça n'est pas d'une certaine manière légitimer ou relégitimer Vladimir Poutine après l'offensive qu'il a lancée contre l'Ukraine et qui est tout de même condamnable, non ? Enfin, a priori, si chacun, chaque dirigeant de pays peut se dire « j'attaque le voisin et puis ça passera », c'est un peu embêtant, non, tout de même ?

3:33
Présentateur

– Non, mais nous avons condamné de la manière la plus ferme l'agression de la Russie vis-à-vis de l'Ukraine. Pour autant, la Russie est là, elle est aujourd'hui présidée par M. Poutine et il faut faire avec. Et pour une négociation et donc pour aboutir à une trêve et ensuite à des préliminaires de paix, il faut discuter avec la Russie. Nous ne pouvons malheureusement pas faire la paix sans discuter avec la Russie. D'ailleurs, j'observe que l'attitude de notre ministre des Affaires étrangères, M. Barrault, est totalement absurde et irresponsable en disant « je ne parle pas aux ministres des Affaires étrangères russes ». C'est totalement stupide.

Il faut évidemment parler à toutes les parties et mettre toutes les parties autour de la table pour aboutir à un cessez-le-feu et à une paix durable.

4:19
Julien Odoul

Alors, toutes les parties, la question est posée depuis quelques jours de savoir si les Européens seront associés ou non à ces discussions. Il y a eu hier une réunion d'urgence de dirigeants européens à Paris. Aujourd'hui, les États-Unis ont laissé entendre que les Européens pourraient être associés aux discussions. Mais est-ce que vous croyez que l'Europe va être un véritable partenaire à part entière, respecté, entendu, dont la voix pèsera ?

4:47
Présentateur

En tout cas, il faut que la France... Et je parle d'abord de la France, parce que c'est la France qui est une puissance et qui a toujours été une puissance d'équilibre, équidistante et qui avait une voix singulière. Malheureusement, avec M. Macron, cette voix singulière s'est un petit peu estompée et nous avons été mis de côté. Mais oui, il faut que nous pesions. Il faut que nous retrouvions une diplomatie claire. Il faut que nous retrouvions cette place d'équilibre qui était, j'allais dire, la vocation de la France dans le concert des nations. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que la France avait une voix qui portait. Il ne faut pas qu'on soit alignés. Il ne faut pas qu'on soit vassalisés.

Il faut que nous ayons un message clair et fort à dire au monde, et notamment dans le cadre de ces conflits et de ce conflit qui est proche de nous.

5:35
Julien Odoul

La situation dans laquelle nous sommes, d'une certaine manière, est révélatrice à plusieurs égards. D'abord, la faiblesse de l'UE de l'Union européenne. Ça, on la constate. Mais aussi des visions très différentes aujourd'hui, puisque au moment où les États-Unis reprennent langue avec Vladimir Poutine, rétablissent des relations et sont assez, même aujourd'hui, font part d'un certain enthousiasme sur ce qui va se passer dans l'avenir, au même moment, l'Europe annonce, elle, un nouveau train de sanctions contre la Russie.

6:09
Présentateur

Oui, mais on sent bien, d'ailleurs... Là, on va à eux et à dire. L'Europe, c'est, encore une fois, je le redis, combien de divisions, puisque les avis sont divergents. Entre certains qui aimeraient envoyer les troupes au sol, entre d'autres qui ne sont plus mesurées. Il faut éviter l'escalade. Il faut éviter d'envenimer la situation. Un conflit avec la Russie serait terrible, mortifère, pour la sécurité de nos concitoyens, pour nos intérêts vitaux. Il faut, encore une fois, aller vers une négociation. Ce conflit ne peut pas se régler par les armes. Nous le savions depuis le début. L'Ukraine n'ira pas envahir Moscou et la Russie ne peut pas entrer à Kiev. Voilà.

Donc il faut trouver, encore une fois, un modus vivendi. Il faut une négociation. Il faut mettre toutes les parties autour de la table. C'était le sens de la volonté de Marine Le Pen. Et je pense et j'espère que nous arrivions à cette solution.

7:03
Julien Odoul

Est-ce qu'on pourrait accepter, puisque c'est aussi un scénario qui est évoqué, est-ce qu'on pourrait accepter une paix négociée par les États-Unis, mais dont les Européens seraient chargés ensuite d'assurer, d'une certaine manière, la mise en œuvre et le suivi ?

7:18
Présentateur

Écoutez, pour le moment, toutes les cartes sont sur la table. Il est encore trop tôt pour le dire. L'idée et le projet, je pense, qui est partagé par tout le monde, c'est que les armes se taisent, c'est que le calvaire du peuple ukrainien s'arrête et qu'on sorte de ce conflit une bonne fois pour toutes, qui n'a que trop duré. Trois ans de guerre épouvantable à la lisière de l'Europe. Il faut évidemment que ça se termine. Et les envolées bellicistes des uns et des autres ne font qu'attiser les tensions, n'apportent rien, si ce n'est se faire plaisir. Or, aujourd'hui, il ne faut pas se faire plaisir, il faut avoir un discours responsable, raisonnable, et ça passe par le chemin vers la paix.

7:58
Julien Odoul

Comment pourrait-on donner une crédibilité et une force diplomatique à l'Union européenne ?

8:06
Présentateur

Écoutez, l'Union européenne, aujourd'hui, qui est représentée par une personne non élue, Mme van der Leyen...

8:13
Julien Odoul

Ce n'est pas la première, ça a toujours été comme ça.

8:14
Présentateur

Oui, mais c'est moi ce que je reproche en tant que patriote et souverainiste. Moi, j'aimerais que mon pays, la France, retrouve son indépendance et sa diplomatie. Et j'aimerais que mon pays, la France, retrouve une voie qui porte et qui se détache, justement, des tutelles, qu'elles soient de Bruxelles, qu'elles soient de Berlin, qu'elles soient de Washington, de Doha ou n'importe où dans le monde.

8:40
Julien Odoul

Mais l'argument selon lequel la France, 75 millions d'habitants, c'est de cet ordre, face aux États-Unis, où l'Union européenne, 450 millions d'habitants, une Europe unie, une Europe cohérente, qui parlerait d'une seule voie, est-ce qu'elle ne serait pas plus forte ?

8:58
Présentateur

Ce n'est pas une question de nombre, si je prends...

9:00
Julien Odoul

Ça joue quand même ?

9:01
Présentateur

Non, ça joue oui et non, puisque nous sommes sur le continent européen, nous sommes la deuxième puissance démographique et économique, nous sommes membres du Conseil de sécurité des Nations unies, nous sommes une puissance nucléaire, nous avons encore une fois le deuxième réseau diplomatique du monde, donc nous sommes une puissance mondiale. Cette puissance mondiale, malheureusement, est dirigée par de petits dirigeants qui ne croient pas à notre souveraineté, qui ne croient pas à notre indépendance, et c'est ça le vrai danger, et c'est là où le bal blesse.

9:36
Julien Odoul

François Bayrou est sous le feu des critiques, depuis plusieurs jours maintenant, dans l'affaire Betaram, c'est le nom d'un établissement scolaire, collège-lycée catholique dans les Pyrénées-Orientales, donc dans le fief de François Bayrou, où ont eu lieu des comportements brutaux, des agressions sexuelles aussi, sur des élèves. Le Premier ministre est tous les jours sommé de s'expliquer sur ce qu'il savait, l'affaire est devenue très politique. Est-ce que pour vous, comme le dit un député de la France insoumise, nous sommes devant une affaire d'État ?

10:08
Présentateur

Pour l'instant, nous n'en savons rien. Il y a eu visiblement, manifestement, des comportements abjects, des victimes nombreuses, et il faut avoir une pensée pour elles, pour leur famille, pour un calvaire qui a duré visiblement des années. Pour autant, nous n'avons aucun élément aujourd'hui qui dise que François Bayrou a dissimulé ou n'a pas dit la vérité. Si c'est le cas, ce sera très grave. Ce sera très grave qu'il ait caché certaines choses, qu'il ait eu vent de ses comportements, mais pour le moment, il n'y a aucun élément.

Donc, faire de la mousse, comme la France insoumise le fait, de manière outrancière, avec une récupération indigne, je pense qu'il se moque totalement, d'ailleurs, de la douleur des familles et des victimes, tout cela, évidemment, n'est pas au niveau des attentes à la fois de nos institutions et surtout des familles.

11:04
Julien Odoul

Et la défense de François Bayrou à l'Assemblée nationale, vous paraît convaincante ?

11:09
Présentateur

Non, malheureusement, la défense de M. Bayrou est assez poussive, il faut bien le dire, il essaye de se justifier par des chemins assez tortueux. Et effectivement, quand on l'écoute encore aujourd'hui, je ne suis pas sûr que ça permette d'éclairer la situation parce qu'il y a besoin de vérité, que toute la vérité soit faite.

11:33
Julien Odoul

Les élus Les Républicains vont voter contre la nomination de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel. Pour Laurent Wauquiez, je vais le citer, parlant donc de Richard Ferrand, c'est une personnalité qui pose un problème d'éthique, un problème d'impartialité et qui pose un problème parce qu'il n'a pas d'expertise juridique. Alors, ce sont les membres des commissions des lois, Sénat et Assemblée nationale, qui vont être appelés à voter. Si j'ai bien compté, le RN dispose de 16 députés en commission des lois. Est-ce qu'une consigne de vote leur a été donnée ?

12:11
Présentateur

Pas pour le moment. Nous allons déjà, enfin, nos députés, membres de la commission des lois, vont auditionner le candidat Ferrand. Nous allons écouter et attendre de voir ce qu'il a à nous dire, quelle est sa vision du Conseil constitutionnel, quel est son sens, finalement, de l'indépendance, de l'intégrité, et ce qu'il va rompre avec la pratique et la philosophie de l'actuel président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius. Nous allons déjà... C'est-à-dire ? De quelle philosophie, de quelle pratique parlez-vous ? Une pratique partisane.

Voilà, Laurent Fabius, qu'il a assumé, a souhaité faire du Conseil constitutionnel un instrument, un outil de blocage, de blocage par rapport à des politiques qui sont souhaitées par les Français. Je pense évidemment au projet de loi Immigration, qui a été totalement vidé de sa substance par le Conseil constitutionnel, et puis aussi en cas d'accession au pouvoir de Marine Le Pen et des Patriotes. Donc avant de prendre une décision, nous allons déjà écouter, auditionner Richard Ferrand. Richard Ferrand a été, je crois, relativement apprécié par les députés

13:22
Julien Odoul

comme président de l'Assemblée nationale, pour notamment son respect de l'opposition. Est-ce que ça peut plaider en sa faveur ?

13:30
Présentateur

Nous verrons. Vous savez, ce poste est déjà très symbolique. Il a gagné ces dernières années une importance dans nos institutions, dans l'organisation de notre vie démocratique. Donc nous attendons de voir et d'entendre sa vision précise du Conseil constitutionnel, s'il respectera tous les partis, tous les groupes, l'indépendance, le pluralisme, et si ce n'est pas effectivement un instrument de blocage qui ira contre la volonté des Français.

14:03
Julien Odoul

Laurent Wauquiez a dit dimanche qu'il ne considérait pas que, je vais le citer, je ne considère pas que le Rassemblement national soit la peste, je ne considère pas non plus qu'il faille un cordon sanitaire. Le seul désaccord, dit-il, est économique. Comment vous interprétez ces propos ? Est-ce que ça ouvre des horizons ?

14:24
Présentateur

Non, je ne le pense pas et je ne pense pas que M. Wauquiez ait envie d'ouvrir quelque horizon que ce soit avec le Rassemblement national. M. Wauquiez... Pourquoi dit-il ça alors ? Il le dit parce qu'il est dans une campagne interne face à Bruno Retailleau, qu'il est un petit peu décroché médiatiquement parlant, et qu'il a envie de faire parler de lui, tout simplement. Mais nous ne sommes pas dupes de ses discours. Alors après, il dit une vérité, effectivement, le cordon sanitaire est un non-sens et n'existe pas. Être au Rassemblement national...

14:54
Julien Odoul

Il a existé aux élections législatives.

14:56
Présentateur

Oui, ce n'était pas un cordon sanitaire, vous le savez. Ça a été un des désistements qui étaient anti-républicains, qui ont montré...

15:03
Julien Odoul

Oui, ça fait ça comme vous voulez, mais ça a été un mécanisme réflexe pour vous empêcher d'accéder à la quignure, notamment.

15:10
Présentateur

Mais la réalité à l'issue de cette élection législative, c'est que le premier groupe à l'Assemblée nationale est le groupe du Rassemblement national avec ses alliés, que nous sommes le premier parti de France représentant 11 millions de Français, et qu'il ne peut pas y avoir de cordon sanitaire avec 11 millions de Français qui ne sont ni des pestiférés, ni des sous-citoyens et qui méritent d'être respectés comme des Français à part entière et non pas comme des Français totalement à part.

15:34
Julien Odoul

Oui, vous l'avez dit, les ambitions de Laurent Wauquiez pour 2027 se heurtent à la popularité grandissante de Bruno Retailleau depuis qu'il est ministre de l'Intérieur. Lequel des deux serait le meilleur adversaire du RN dans une élection présidentielle ?

15:51
Présentateur

Les deux, il n'y a aucun qui sort du lot puisqu'ils ont la même politique et la même lâcheté politique surtout. Ce sont deux candidats de la parole qui aiment parler comme le RN en campagne, sur les plateaux, à la tribune, mais qui agissent comme la gauche quand ils sont aux responsabilités. M. Retailleau, dont on nous fait le nouvel homme fort de la droite, qu'est-ce qu'il a fait depuis six mois ? Est-ce qu'il a réduit les flux migratoires ? Non. Est-ce qu'il a engagé un rapport de force avec l'Algérie ? Non. Est-ce qu'il a interdit le voile pour les accompagnatrices scolaires, comme il l'avait dit ? Non.

Est-ce qu'il a supprimé l'aide médicale d'État pour les clandestins, comme il l'avait dit ? Non. Donc on voit bien que derrière les effets de tribune, il y a le néant qui s'installe et que c'est toujours les mêmes illusions et au final la même trahison.

16:40
Julien Odoul

Oui. À sa décharge, il a déjà été dans deux gouvernements et la stabilité politique ne favorise pas forcément l'action.

16:47
Présentateur

Oui. Mais justement, en matière de gouvernement, M. Retailleau a fait le choix de siéger avec des socialistes, avec des macronistes. Il siège à côté de M. Lombard, qui est ministre des Finances, qui veut taxer davantage, qui considère que l'immigration est une chance. Il siège à côté de Mme Méadelle, socialiste, qui considère que sa ligne rouge, c'est la préférence nationale. À côté de M. Repsamen également. Donc très clairement, comment peut-on faire confiance à quelqu'un qui n'a aucune cohérence et qui aujourd'hui gouverne aux côtés de socialistes ?

Julien Odoul : "La famille Bibas est le symbole de l’abomination du 7 octobre !" (France 24) — Julien Odoul · Pourquijevote