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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 avril 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Frédérique Vidal : "On prépare une rentrée 2021 100% en présentiel"

Au micro : Léa SalaméSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Dites-nous à quoi vont ressembler les semaines qui viennent pour l'enseignement supérieur ?

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que les protocoles sanitaires vont évoluer, vont être assouplis ?

  • 0:57OuverteRéponse directe

    Les facs vont-elles rouvrir au même rythme que le pays ?

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Les étudiants ont le droit de revenir à l'université en présentiel une fois par semaine. Est-ce qu'ils le font ? Dans quelle proportion ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    Qu'en est-il de la rentrée de septembre ? Est-ce qu'elle se fera en présentiel ?

  • 4:08OuverteRéponse directe

    Quels sont les protocoles sanitaires prévus pour les examens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24Invité politiqueFait
    « Les examens ont été tenus à distance jusqu'au 3 mai. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « À partir du 3 mai, ils peuvent reprendre en présentiel. »
  • 2:52Invité politiqueChiffre
    « Ils sont plus de 60% à revenir physiquement dans les locaux des universités. »
  • 3:32Invité politiquePromesse
    « On prépare une rentrée 100% en présentiel. »
  • 3:50Invité politiqueChiffre
    « Depuis lundi, on a distribué 800 000 auto-tests dans les établissements, pour les personnels, pour les étudiants. »
  • 5:28Invité politiquePromesse
    « Nous avons fait le choix d'effectivement donner la possibilité d'une session de rattrapage pour l'ensemble des étudiants de BTS qui n'auraient pas pu venir composer ou qui auraient échoué d'ailleurs. »
  • 11:11Invité politiqueChiffre
    « C'est l'objectif des repas à 1 euro, c'est 750 000 repas par semaine. »
  • 11:32Invité politiqueFait
    « Indépendamment du revenu fiscal de ses parents, indépendamment du fait que c'est un étudiant national ou international, peut demander une aide, reçoit immédiatement une aide de 500 euros. »
  • 11:54Invité politiqueChiffre
    « On a environ 3000 consultations par semaine. »
  • 14:15Invité politiqueChiffre
    « Ça a été 2000 places cette année et ce sera encore l'année prochaine du même ordre de grandeur. »
  • 23:52Invité politiqueFait
    « Il y a eu un sous-investissement, c'est très clair. »
  • 24:16Invité politiqueFait
    « La première séquence du virus, ce qui a été à l'origine de la possibilité de faire des vaccins, c'est français. »

Temps de parole

  • Invité politique60 %
  • Présentateur19 %
  • Présentateur 216 %
  • Invité3 %
  • Invité 22 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien la ministre de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation. Questions et réactions, vous êtes déjà très nombreux aux standards et sur l'application d'Inter. Vous pouvez passer également par les réseaux sociaux. Frédéric Vidal, bonjour. Bonjour. Le pays se prépare au déconfinement progressif. Hier, le président de la République esquissait un calendrier pour les restaurants de début mai à début juin. Hier encore, les écoliers du primaire retrouvaient leur classe après des vacances un peu particulières.

Pour les collégiens et les lycéens, retour en classe la semaine prochaine avec des jauges adaptées. Alors dites-nous en ce qui concerne l'enseignement supérieur, Frédéric Vidal, dites-nous à quoi vont ressembler les semaines qui viennent. Est-ce que les protocoles sanitaires vont évoluer, vont être assouplis ? Les facs, même pour peu de temps, vont-elles rouvrir au même rythme que le pays ?

1:01
Invité politique

Alors oui, c'est quelque chose que l'on prépare évidemment depuis plusieurs semaines avec les établissements. D'abord, on est dans une période où les examens vont démarrer, où pour certains ont déjà démarré. Donc, on n'est pas sur un calendrier homogène pour l'ensemble de l'enseignement supérieur. Donc, les examens ont été tenus à distance jusqu'au 3 mai. A partir du 3 mai, ils peuvent reprendre en présentiel. Seule exception, les concours et les examens nationaux qui ont été maintenus avec des protocoles qui ont été testés à la fois l'année dernière à la même époque et puis en décembre et en janvier. repris avec une jauge à 50% dans les établissements.

Là encore, pas forcément pour des enseignements, puisque dans la majorité des cas, les étudiants seront en examen. Mais par exemple, parce que des universités nous ont dit qu'elles prévoyaient de mettre en place des sessions de remise à niveau pour préparer les deuxièmes sessions qui, elles, auront lieu à la fin du mois de juin.

2:05
Présentateur

Alors, on va vous poser beaucoup de questions sur les examens, parce qu'il y a beaucoup de questions et que la situation n'est pas pareille en fonction des universités ou des écoles. Mais aujourd'hui, à l'heure où nous parlons, les étudiants ont le droit de revenir à l'université en présentiel une fois par semaine, un jour par semaine. Est-ce qu'ils le font ? Dans quelle proportion ? Est-ce que vous avez des chiffres à nous communiquer ?

2:22
Invité politique

Alors, d'abord, c'était vraiment une demande très forte de leur part. Moi, tous les étudiants que j'ai vus au mois de novembre, au mois de décembre, disaient « Nous avons besoin de retrouver nos profs ». Et d'ailleurs, les profs disaient la même chose, « Nous avons besoin de retrouver nos étudiants ». La situation a été contrastée selon les disciplines. Quand il y avait des travaux pratiques, les étudiants pouvaient venir même en novembre et en décembre en présentiel. Ce n'était pas le cas dans les disciplines plus théoriques où il n'y a pas de travaux pratiques. Ils reviennent majoritairement. Ils sont plus de 60% à revenir physiquement dans les locaux des universités.

C'est très variable d'un site à l'autre. Lorsqu'on a des universités, j'allais dire, qui ont un bassin de recrutement de proximité, la majorité des étudiants sont revenus en présentiel. Lorsque le bassin de recrutement est plus large, certains étudiants sont retournés dans leur famille.

3:14
Présentateur

Parce qu'ils ne voulaient pas payer leur logement pour une semaine et un jour.

3:19
Invité politique

Et donc, sans rester à distance. Mais au total, c'est un peu plus de 60% des étudiants qui sont revenus.

3:24
Présentateur

À l'heure où nous parlons, qu'en est-il de la rentrée de septembre, Frédéric Vidal ? Est-ce qu'elle se fera en présentiel ou pas ? Est-ce que vous travaillez sur différents scénarios ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire à cette heure ?

3:32
Invité politique

On prépare une rentrée 100% en présentiel. C'est vraiment le souhait de tout le monde. Le passage à une jauge à 50% va nous permettre de tester les protocoles et de regarder notamment comment vont se mettre en place les possibilités d'auto-test pour les étudiants. Puisque depuis lundi, on a distribué 800 000 auto-tests dans les établissements, pour les personnels, pour les étudiants. Mais on prépare une rentrée 100% en présentiel. Et puis, on fera comme l'an dernier. On aura une solution de repli à demi-jauge.

4:06
Présentateur

Les examens, donc on y revient. Il peut y avoir beaucoup de monde dans une salle d'examen ou de concours. Quels sont les protocoles sanitaires prévus ? Qu'est-ce qui est prévu pour éviter les problèmes sanitaires ? Est-ce que les étudiants qui entrent en examen ou en concours peuvent être testés ?

4:23
Invité politique

Alors, il n'y a pas d'obligation à avoir un test. Ce sont des protocoles qui ont été travaillés, je vous le disais, pour les concours en juin et juillet 2020. Avec des convocations, j'allais dire, très en amont de l'heure de début de l'épreuve, de manière à ce qu'il puisse y avoir une entrée qui soit fluide. Un maximum de points d'entrée. Évidemment, des locaux nettoyés et aérés. Des masques, du gel hydroalcoolique à disposition. On n'enlève pas son masque pendant les examens. Et on demande aux étudiants, lorsqu'ils sortent, de ne pas s'attrouper devant les bâtiments. Mais là, on retourne sur la voie publique. Donc, c'est plus compliqué.

5:03
Présentateur

On a déjà la question sur l'application. Que se passera-t-il pour les étudiants positifs au Covid, qui ne peuvent donc passer l'examen ou concourir avec les autres ? Est-ce qu'ils auront une deuxième chance ?

5:15
Invité politique

Alors, on est en train d'organiser cela. Ça a été annoncé avec Jean-Michel Blanquin. Nous avons fait le choix d'effectivement donner la possibilité d'une session de rattrapage pour l'ensemble des étudiants de BTS qui n'auraient pas pu venir composer ou qui auraient échoué d'ailleurs. On l'a ouvert de manière extrêmement large. Pour les examens classiques, j'allais dire, il y a toujours des deuxièmes sessions. Donc, évidemment, ça va continuer à fonctionner. Et pour les concours, la règle, c'est que le concours ne compte pas. Vous savez que souvent, pour les concours, on a un nombre d'essais, si je puis dire. Et dans ce cas-là, l'essai ne comptera pas.

5:55
Présentateur

Plus de 1000 étudiants, le collectif des professionnels de santé C19, l'association Victimes Coronavirus France, ont déposé une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui auprès de la Cour de justice de la République. Contre Jean-Michel Blanquin et contre vous, Frédéric Vidal, ils s'opposent au maintien d'examens en présentiel, comme les examens de BTS. Ceux qui ne réussiront pas bénéficieront pendant deux mois d'un coaching personnalisé jusqu'à l'épreuve exceptionnelle de rattrapage prévue en juillet, a déclaré Jean-Michel Blanquer. Vous maintenez donc les épreuves, mais avec un rattrapage possible, c'est ce que vous dites.

L'argument de la mise en danger n'est pas recevable, selon vous ?

6:27
Invité politique

En fait, on a déjà l'expérience de concours qui parfois ont rassemblé des centaines d'étudiants venant de toute la France. Comme je vous le disais, en juin, en juillet de l'année dernière, en décembre et en janvier cette année aussi, avec aucune constatation de clusters formés lors de ces examens. Ce qui nous paraît important, c'est de prendre en compte le fait que cette année a été particulière et qu'effectivement, alors que d'habitude il n'y a pas de session de rattrapage pour les BTS, c'est important de pouvoir en prévoir une cette année. Mais les sessions sont maintenues ? Les sessions sont maintenues.

7:02
Présentateur

En raison de l'épidémie, certaines écoles comme les IEP ont renoncé au concours au profit d'un examen sur dossier. N'était-ce pas la voie de la sagesse ou de la simplicité, Frédérique Vidal ?

7:15
Invité politique

En fait, les IEP ont proposé de remplacer l'ensemble des épreuves par une épreuve à distance, sur des questions contemporaines. C'était important parce qu'on sait qu'il y a des étudiants qui se préparent pendant des années pour rentrer dans les IEP. Donc voilà, à chaque fois, moi ce que je constate, c'est la réactivité des équipes pédagogiques et le fait qu'elles sont capables de proposer effectivement des choses qui prennent en compte à la fois l'engagement des étudiants qui préparent ces concours et qui dans le même temps proposent des mesures de simplification.

7:49
Présentateur

Donc le présentiel, c'est un gage de qualité pour le diplôme ? C'est ça ce que vous dites ?

7:56
Invité politique

En réalité, l'année dernière, la majorité des examens ont eu lieu à distance et on a beaucoup entendu des gens dire ces examens ne valent rien, ils se font à distance, etc. Donc ce que les équipes pédagogiques ont retenu de cette période, c'est qu'effectivement il y a des épreuves dont elles estiment qu'elles ne peuvent se tenir qu'en présentiel et pour cela, il y a des protocoles. Et puis il y a des épreuves qui peuvent être tenues à distance ou l'évaluation peut se faire par la remise d'un rapport ou d'un projet et dans ce cas-là, évidemment, elles font ce choix.

8:27
Présentateur

Allez, on file au standard d'Inter. De très nombreux auditeurs nous y attendent. Boris, bonjour. Bonjour. Vous nous appelez de Lyon et vous êtes vous-même étudiant. Absolument, je suis étudiant à l'université Lyon-Frois.

8:39
Invité

Bonjour Madame Salamé, bonjour Madame la Ministre. Merci d'avoir essayé de poser ma question. Ma question est la suivante. On a eu des examens en présentiel dans mon université pour le semestre de cet hiver et le semestre qui arrive. Ce n'est pas le cas pour toutes les universités. In fine, je vais être jugé sur un dossier de master avec des notes qui seront dues à des examens en présentiel contre des étudiants qui n'auront pas eu ces examens-là. Ce sont donc des conditions qui ne sont pas tout à fait égalitaires. J'aurais voulu savoir ce que vous en pensiez, ce mode de sélection en première année de master avec des examens qui ne sont pas les mêmes pour tous.

9:19
Présentateur

Merci. Merci à vous Boris. Frédéric Vidal vous répond.

9:24
Invité politique

Alors comme je le disais, ce sont les établissements qui prévoient leur modalité de contrôle des connaissances. C'est le cas en général, pas seulement dans cette année Covid. Donc ce sont des choix faits par les établissements en fonction des disciplines, en fonction des enseignements, des équipes pédagogiques. Et je crois que ce qui est important, c'est qu'on puisse garantir partout sur le territoire la qualité du diplôme et le fait que le diplôme a du sens cette année et que contrairement à ce qu'on entend, parfois malheureusement, il ne s'agira pas de diplôme bradé.

10:00
Présentateur

Julien Austandard, êtes-vous là ? Allô ? Oui, on vous écoute. Bonjour.

10:07
Invité

Bonjour Madame la Ministre. Merci beaucoup. Merci de prendre ma question. Je me demandais si vous aviez pris la mesure de la crise sociale et de la précarité alimentaire qui touchent les étudiants. Nous sommes une association qui s'appelle Linky et on redistribue chaque mois l'équivalent de 160 000 repas aux étudiants qui sont en grande précarité alimentaire. Alors, certes, la précarité alimentaire existait avant la crise, mais enfin, elle s'est largement dramatisée. Et les repas du Crous ne suffisent pas. Et on se demande parfois si vous avez bien pris la mesure de la crise.

10:40
Présentateur

Merci pour cette question, Julien. Frédéric Vidal, sur l'explosion de la précarité, notamment alimentaire en l'occurrence.

10:49
Invité politique

Merci, merci effectivement pour cette question. Évidemment, cette crise, elle a révélé, et c'est ce que disait votre auditeur, une précarité dont on sait qu'elle existe depuis longtemps et qui a été encore amplifiée par cette crise. Donc, c'est l'objectif des repas à 1 euro, c'est 750 000 repas par semaine. C'est le soutien qu'apporte le ministère aux associations qui, justement, contribuent aussi à lutter contre cette précarité. C'est le fait que nous ayons doublé les aides d'urgence, qui sont des aides de guichet à toute personne qui en a besoin.

Indépendamment du revenu fiscal de ses parents, indépendamment du fait que c'est un étudiant national ou international, peut demander une aide, reçoit immédiatement une aide de 500 euros, et peut déposer un dossier pour avoir une aide jusqu'à 500 euros par mois pendant la durée de sa scolarité, sans aucune contrepartie.

11:43
Présentateur

Sur le plan psychologique, le prix payé par les étudiants est également très lourd. Vous avez mis en place un chèque psy qui avait été annoncé par Emmanuel Macron. Combien d'étudiants y ont recours à ce chèque psy depuis que vous l'avez lancé ?

11:54
Invité politique

Alors, on a environ 3000 consultations par semaine. Donc, c'est a priori sur une base de trois consultations, mais évidemment, il peut y en avoir plus si besoin. C'est dans le cadre d'un parcours de soins, parce que c'est très important de voir si les étudiants ont besoin simplement d'une aide psychologique ou s'il faut une prise en charge médicale. Et on a, là encore, vu un élan de solidarité très important, puisque, outre le fait que nous avons recruté des psychologues dans les établissements, c'est plus de 1300 psychologues de ville qui se sont inscrits sur la plateforme, et qui permettent qu'il n'y ait plus de fil d'attente lorsque l'on veut consulter un psychologue.

Évidemment, tout est pris en charge par l'État.

12:34
Présentateur

Frédéric Huidal, beaucoup de questions qui viennent de partout en France sur votre réforme de la première année de médecine et des études de santé. On sait combien les soignants, médecins et autres sont sollicités depuis un an. Les médecins et les soignants qui défendent les étudiants qui sont surchargés de travail et de stress, qui craquent littéralement. Ils estiment que votre réforme augmente la désorganisation et rend cette première année chaotique et inhumaine. Et puis aussi, ils vous demandent d'augmenter beaucoup plus les places en deuxième année. Vous avez fait une augmentation de 14%. Ils vous demandent au moins 30% de place en plus sur toute la France.

On a reçu notamment une lettre du collectif Nîmes-Montpellier, mais il y a aussi d'autres collectifs qui protestent à Lyon, à Toulouse, à Bordeaux. Vous leur répondez quoi ce matin ?

13:14
Invité politique

Je leur réponds que d'abord, cette réforme, elle était souhaitée, demandée, à la fois par les enseignants et par les étudiants des études de santé, qui reprochaient à cette première année de médecine d'être totalement inhumaine, et qui reprochaient aussi le fait que lorsque l'on ratait deux fois le concours, on repartait niveau bac finalement.

13:35
Présentateur

Là, ils disent qu'elle est encore plus inhumaine.

13:36
Invité politique

C'est normal, j'allais dire, de trouver que la mise en place d'une réforme génère du stress et la mise en place d'une réforme dans cette année particulière génère encore plus de stress. Ce que je veux leur dire, c'est qu'évidemment, contrairement à ce qu'on peut entendre, il y a cette année la possibilité de tenter pour la première fois un concours d'accès aux études de santé, qu'ils auront tous la possibilité de le tenter une deuxième fois, qu'effectivement, au total, il y aura cette augmentation qu'ils demandent, mais il faut la penser sur deux années, forcément, puisque...

14:11
Présentateur

Donc, une augmentation de plus de 30% de place.

14:14
Invité politique

Absolument. Vous vous en avez engagé. Ça a été 2000 places cette année et ce sera encore l'année prochaine du même ordre de grandeur. Donc, ce qui est important, c'est qu'on arrive à la fois à mieux prendre en compte la diversité des publics qui doivent pouvoir accéder aux études de santé et que l'on soit capable aussi d'avoir une réponse qui soit territoriale. On a énormément de jeunes qui sont formés dans les études de santé, dans les grandes métropoles, et on parle en permanence de déserts médicaux. L'important, c'est qu'aujourd'hui, on peut commencer ces études de santé partout en France, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Et surtout, il faut lier ça à la réforme du deuxième et du troisième cycle, c'est-à-dire que l'on pourra aussi faire son externat et son internat partout sur le territoire, par exemple dans des maisons pluridisciplinaires de santé. Donc, on oublie le pour faire des études de santé ou pour faire une spécialité de médecine, je dois partir entre 10, 12, 14 ans parfois dans une métropole. Et donc, je ne retournerai jamais dans mon territoire d'origine.

15:16
Présentateur

Sur l'application Inter, Céline vous interpelle. Madame la ministre, ouvrez les universités, nos jeunes adultes souffrent. Mon fils est enfermé dans sa chambre toute la journée avec cours en visio, questionnaire en ligne. Les TP ne sont pas en présentiel, il ne sort plus, il a des troubles du sommeil. Nous avons dû l'emmener chez le médecin, il se sent mal, au secours. Alors, ouvrez les universités, que pouvez-vous répondre à Céline ?

15:44
Invité politique

Eh bien, c'est évidemment tout le travail qui est fait sur le terrain pour pouvoir effectivement avoir du présentiel au moins un jour par semaine. Et puis, dans les semaines qui viennent, repasser à 50% de présentiel, comme je le disais, y compris pour préparer les deuxièmes sessions d'examen. Et puis, surtout, préparer une rentrée qui, elle, sera 100% en présentiel.

16:03
Présentateur

Une question rapide de Sophie, mais elle revient souvent. Mon fils est en Master 2 de physique à la Sorbonne. Il doit effectuer un stage de 6 mois pour finaliser son cursus. Or, il ne trouve plus de stage. Comment cela va-t-il se passer pour ces jeunes ?

16:22
Invité politique

Alors, d'abord, on a étendu la possibilité de faire des stages jusqu'au 31 décembre. C'est une disposition qui avait très bien fonctionné l'an dernier. Et puis, grâce notamment à la plateforme Un Jeune, Une Solution, on permet à toutes les personnes qui cherchent des stagiaires de pouvoir se manifester. Donc, c'est plus de 100 000 connexions par jour sur cette plateforme. C'est une plateforme qui a vocation à donner à chaque jeune toutes les solutions en fonction de son contexte. Le Premier ministre sera en déplacement à Angers cet après-midi. Il annoncera de nouveaux outils pour que chacun sache à quoi il a droit et comment s'orienter.

17:00
Présentateur

Ça reste un enfer pour les jeunes aujourd'hui. De manière générale, de trouver un stage, c'est difficile. Mais alors, en ce moment, on leur répond, les entreprises, toutes les entreprises, même les entreprises de médias. Ceux qui essayent de postuler ici, on répond, un protocole sanitaire, on ne peut pas, on ne peut pas, on ne peut pas.

17:11
Invité politique

Bien sûr, mais c'est pour ça que c'était très important d'autoriser que ces stages puissent se faire à minima jusqu'au 31 décembre 2021.

17:20
Présentateur

Venons-en maintenant au débat politique, public, académique qui a été très vif depuis la mi-février. Frédéric Vidal et vos propos sur l'islamo-gauchisme qui gangrène la société et auquel l'université n'est pas imperméable. Je cite vos propos. Le sociologue Michel Vievorka s'est saisi de la question. Il a publié un livre, Racisme, antisémitisme, antiracisme, apologie pour la recherche. Il dit vous l'avoir déposé au ministère, la guérite de l'entrée. Est-ce que vous l'avez reçu, l'avez-vous lu, qu'en avez-vous pensé ?

17:55
Invité politique

Alors oui, je l'ai reçu. Non, je n'ai pas encore eu le temps de le lire parce que comme je vous le disais, nous sommes en train de préparer la période des examens et de sécuriser la rentrée universitaire. Après, Michel Vievorka sait que la porte de mon bureau lui est toujours ouverte. Il aurait même pu venir me le remettre en main propre.

18:12
Présentateur

Alors on va vous dire, comme vous ne l'avez pas lu, on va vous dire en substance ce qu'il dit. Michel Vievorka dit d'abord que l'expression de l'islamo-gauchisme est très douteuse. Et ce que j'ai pu observer à l'université, c'est que le problème est non pas inexistant, mais très très secondaire.

18:25
Invité politique

Écoutez, une fois de plus, je lirai avec beaucoup d'attention ce qu'il a dit. Je vais laisser les spécialistes, ils ont été nombreux à s'exprimer sur le terme. C'est un sujet qui est extrêmement sensible. Et moi, mon objet, mon travail, mon rôle, c'est de défendre la liberté académique et c'est de veiller à la liberté d'expression. Chaque fois qu'un colloque est empêché, chaque fois qu'un professeur se sent empêché de débattre, alors c'est normal que l'on veille à ce que la liberté d'expression puisse être maintenue, à ce que la liberté académique soit protégée. C'est essentiel pour avoir une recherche libre, pour avoir une recherche plurielle.

19:08
Présentateur

Vous avez des chiffres sur le nombre de colloques empêchés ou des statistiques ou des témoignages précis sur le nombre de professeurs contraints au silence, empêchés d'enseigner, contestés en plein cours ou en plein séminaire. Est-ce que vous avez une photographie précise du phénomène ?

19:28
Invité politique

C'est exactement l'objet de l'étude que j'ai souhaitée, parce que, comme je l'ai dit, il y a des choses qui sont très médiatisées, il y a des choses dont on ne parle pas du tout, mais qui sont tout aussi graves, à mon sens, en termes d'empêchement de la liberté académique. Et donc, ce qui est très important, c'est d'abord, effectivement, de recenser ça, de savoir si ce sont des phénomènes sporadiques. Tout le monde est capable de décrire au moins un cas qu'il connaît, où il y a eu une difficulté. Voilà, je pense que c'est important qu'on soit capable d'objectiver cela.

20:02
Présentateur

Il vous dit, attention à ne pas vous mêler, à ne pas enfreindre les libertés académiques, et qu'en gros, il dit le terme d'islamo-gauchisme.

20:09
Invité politique

Je remercie Michel Vievorka, mais vraiment, si quelqu'un protège les libertés académiques, je pense que c'est moi.

20:14
Présentateur

Oui, mais après, lui, il estime que, en tout cas, cette phrase de l'islamo-gauchisme qui engagerait la société et l'université, peut-être vous l'avez outrepassé, il pointe le climat parfois délétère à l'université, il ne l'unit pas. Il raconte avoir été traité de mâle blanc dominant en plein séminaire par une étudiante. Pour lui, c'est plus sur la question de l'antiracisme que les camps sont les plus opposés, entre les tenants d'un républicanisme strict et ceux qui s'inscrivent dans les courants théoriques de l'intersectionnalité.

Mais, pour reprendre aussi la question de Nicolas, en fait, ce qu'on essaye de comprendre avec vous, puisque vous avez mis le sujet sur la table, et ensuite, ils ont répondu, mais c'est vous qui l'avez mis. C'est d'essayer de comprendre, dans votre tête, dans celle de Jean-Michel Blanquer, dans celle de ce gouvernement, c'est un phénomène qui est gangrénant, qui est partout dans l'université, où ce sont des événements sporadiques qui existent, certes, mais qui sont secondaires. Quel est votre avis, vous, de ministre ? Parce que vous avez dit ça. Le problème, c'est que vous avez dit que ça gangrène, et ensuite, vous reculez en disant « Non, on ne sait pas si c'est sporadique ou pas ».

Donc, vous êtes où ?

21:13
Invité politique

Non, non. Ce qui est très clair, c'est qu'il y a de plus en plus de personnes qui se plaignent, et qui s'expriment, et qui disent qu'ils sont empêchés. Et ça, même si ça se produit une seule fois, ça n'est pas acceptable. Ce n'est pas l'université que je connais, ce n'est pas l'université que je souhaite. L'université, c'est un lieu où l'on doit pouvoir débattre, et donc, c'est pour ça que ça me paraît important de faire en sorte que, chaque fois que c'est nécessaire, il y ait une intervention de l'inspection, et on protège cette pluralité de l'expression et cette liberté.

21:53
Présentateur

Vous pensez qu'il y a une dérive militante, aujourd'hui, de la recherche ?

21:57
Invité politique

Le militantisme, en soi, c'est porter avec conviction une opinion. C'est très différent d'une démarche de recherche. Une démarche de recherche, c'est être capable de poser une question ouverte, sans savoir déjà la réponse qu'on va trouver. C'est être capable d'avoir de la contradiction. C'est être capable d'argumenter.

22:16
Présentateur

Mais en même temps, des combats militants, il y en a toujours eu. À l'université, c'est aussi un lieu où on rencontre la politisation, où on peut rencontrer l'engagement. Les Mahôles et Staliniens en 68, le conflit israélo-palestinien qui a déchiré l'université,

22:30
Invité politique

est-ce que ce n'est pas le propre de l'université ? C'est très important de rencontrer l'engagement. C'est très important aussi d'avoir la capacité à débattre, c'est-à-dire d'avoir une pluralité de pensées.

22:42
Présentateur

Deux questions pour terminer. D'abord, le Président a dit que l'ensemble de la population adulte serait, si elle le souhaite, vaccinée à la fin de l'été. À partir de quand la vaccination des jeunes va-t-elle démarrer ? Est-ce que vous avez un calendrier ?

22:51
Invité politique

Le protocole tel qu'il est pensé pour la vaccination, c'est vacciner en priorité les personnes qui se retrouvent à l'hôpital ou qui se retrouvent en réanimation et qui font que notre système de santé est soumis à cette pression extrêmement forte. Donc, fort heureusement, dans les populations jeunes, le fait d'être infectée par la Covid ne produit que peu de symptômes et conduit très rarement à une hospitalisation ou à des cas plus graves, voire à la mort.

23:22
Présentateur

Si j'ai 20 ou 25 ans, je suis vaccinée quand même, la ministre ?

23:24
Invité politique

Cet été.

23:25
Présentateur

Cet été, pas avant juillet, c'est ça ? À partir de juillet à peu près ?

23:29
Invité politique

Écoutez, je ne peux pas vous donner le détail du calendrier puisque au fur et à mesure que les doses arrivent et au fur et à mesure que les volontaires se présentent dans les centres de vaccination, on élargit cette vaccination.

23:39
Présentateur

Mais en tout cas, ils ne seront pas vaccinés avec un vaccin français puisque la France n'en dispose toujours pas. Que pensez-vous comme ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de cette incapacité à trouver un vaccin ? Est-ce un signe tangible du déclassement ou du sous-investissement dans la recherche française ?

23:58
Invité politique

Il y a eu un sous-investissement, c'est très clair. Et la loi pour la recherche que j'ai portée veille à remédier à ce sous-investissement. Maintenant, il faut, je crois, arrêter de s'auto-flageller. La première séquence du virus, ce qui a été à l'origine de la possibilité de faire des vaccins, c'est français. Parmi les dix papiers, les dix articles scientifiques les plus cités au monde sur la compréhension du virus, deux d'entre eux sont français. Les autotests sont issus de laboratoires français. Je crois qu'on peut aussi reconnaître quand la recherche française est capable de produire aussi de belles découvertes.

24:36
Présentateur

Merci Madame la Ministre, Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Merci Frédéric Vidal d'avoir été à notre micro.