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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 14 février 2026 64 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Groenland : face à Trump, l'Europe envoie ses soldats - C dans l’air - 15.01.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Que cherchent les Européens en envoyant cette mission militaire au Groenland ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Général, à quoi ressemble cette force militaire ? S'agit-il d'une force militaire ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Il y a 15 chasseurs alpins français. Est-ce une force militaire ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Le symbole est fort. Quel est le double message envoyé par cette opération ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi Trump n'a-t-il pas réagi à cette décision européenne ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette opération est une ligne rouge pour l'Europe face à Trump ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Gal F.ChauvancyFait
    « Ce genre d'activité est avant tout un geste politique. Ce n'est pas les forces envoyées qui représentent quelque chose militairement parlant. »
  • 3:00Gal F.ChauvancyFait
    « Ils viennent de la brigade alpine de 7000 hommes en France. On envoie des officiers d'état-major qui vont estimer les besoins pour un exercice. »
  • 4:00E.MacronFait
    « Une 1re équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes. »
  • 6:00D.BenoitFait
    « Ca envoie un double message. Ca envoie un message des Européens pour dire que nous sommes prêts à contribuer à cette sécurité alors que D.Trump émet des inquiétudes sur la sécurité du Groenland. »
  • 8:00I.LasserreFait
    « Il y a eu une réaction de Moscou, mais pas de Washington. Cela veut tout dire. »
  • 16:00D.BenoitFait
    « La Hongrie a voté toutes les sanctions à l'égard de la Russie. Elle est solidaire de l'UE. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- C.Grand: Les Européens peuvent prendre leur sécurité en ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. E.Macron a fait l'annonce en quelques mots cette nuit sur les réseaux sociaux: la France a donc envoyé des moyens militaires au Groenland.

Une opération militaire conjointe de plusieurs pays nommés Arctic Endurance au lendemain d'une réunion à la Maison-Blanche actant un désaccord "fondamental entre Danois et Américains". Les Européens envoient un premier signal face aux appétits de D.Trump, une façon de réaffirmer la souveraineté du Danemark sur ce territoire autonome, comme l'a précisé ce matin le chef de l'Etat.

Mais les mots sont choisis, et les Européens affirment qu'il s'agit également de rassurer les Américains sur la sécurité du Groenland. Que cherchent les Européens en envoyant cette mission militaire? Comment peut réagir D.Trump?

L'Otan joue-t-elle sa survie dans ce dossier? Avec nous pour en parler, J.-D.Giuliani.

Vous êtes président de la Fondation Robert-Schuman. I.Lasserre est avec nous.

Vous êtes correspondante diplomatique au "Figaro". D.Benoit, vous êtes la cheffe du pôle international à l'AFP.

Enfin, le général F.Chauvancy. Vous êtes ancien militaire, spécialiste des questions géopolitiques.

Bonsoir à tous les 4 et merci de participer à cette émission en direct. Général, à quoi ressemble cette force militaire? S'agit-il d'ailleurs d'une force militaire?

Ces forces militaires ont donc été envoyées ce matin vers le Groenland. - Gal F.Chauvancy: Ce genre d'activité est avant tout un geste politique.

Ce n'est pas les forces envoyées qui représentent quelque chose militairement parlant. Mais il y a eu une erreur de communication en général faite en parlant de soldats envoyés au Groenland. Je doute fort que ce soit des soldats qu'on ait envoyés.

C'est plutôt un détachement précurseur composé d'officiers d'état-major en charge d'évaluer les besoins pour les forces qui seraient déployées. Une fois qu'ils seront revenus en métropole, ils diront ce qu'on va faire. C'est un détachement de reconnaissance qui va estimer les besoins, voir comment on va les accueillir.

Ce n'est pas les 15 soldats qu'on doit revenir retenir. - C.Roux: Il y a 15 chasseurs alpins français. - Gal F.Chauvancy: Ils viennent de la brigade alpine de 7000 hommes en France.

On envoie des officiers d'état-major qui vont estimer les besoins pour un exercice. 2e point, c'est un bel habillage pour dire qu'on ne va pas agresser les Etats-Unis. On profite de l'opportunité pour dire qu'on va faire un exercice, montrer notre volonté en envoyant à terme des moyens dont on ne connaît pas exactement le détail...

Le président n'a pas été... - C.Roux: Il a dit que les premiers soldats français seront appuyés de moyens terrestres, aériens et maritimes. - Gal F.Chauvancy: A part ça, on ne peut pas dire grand-chose.

Le but est de montrer qu'on y va. Le timing est intéressant. Ca a été appris rapidement hier soir.

Le président a pris une décision. Il n'y a pas beaucoup d'Européens de différentes nations dans ce détachement. On a quelques nations représentées.

Je n'ai pas senti que c'était l'UE qui se déployait sur le terrain. Ce sont quelques Etats qui ont bien voulu contribuer. Et c'est à la demande du gouvernement danois, donc dans un cadre juridique bien cadré.

C'est un Etat qui demande. On n'est pas dans le cadre de l'Otan ou de l'UE. - C.Roux: On est un peu obligés d'inventer, en ce moment, comme avec la Coalition des volontaires.

Vous avez parlé de timing. C'est intéressant. En général, ce genre d'opération s'organise.

C'est pas décrété comme ça. Quand vous parlez de timing, ça sous-entend qu'après la réunion et après les menaces répétées de D.Trump hier à la Maison-Blanche, il y avait une volonté d'envoyer un signal. - Gal F.Chauvancy: Oui, mais on a le président Macron qui est dans son rôle en permanence, qui est de montrer qu'on n'est pas absents de ce qui se passe.

Il y a aussi le timing de l'exercice en tant que tel. Un exercice de ce type se prépare 6 mois, 1 an ou 2 ans à l'avance. On s'est intégrés dans une opportunité.

Elle était soit déjà en cours, soit elle a été décrétée au dernier moment. La preuve, on n'est pas capables de dire quels sont les moyens qu'on va y mettre. C'est donc un geste très politique.

Le président Macron dit qu'on y va et qu'il fait tout de suite quelque chose. - C.Roux: Le symbole est fort. - D.Benoit: Nécessairement.

Ca envoie un double message. Ca envoie un message des Européens pour dire que nous sommes prêts à contribuer à cette sécurité alors que D.Trump émet des inquiétudes sur la sécurité du Groenland, même si, on va en reparler...

Et il y a aussi le signalement stratégique à la fois de solidarité envers les Danois, mais aussi une espèce de planter de drapeau pour redire la souveraineté de ce territoire autonome qui est européen. Il y a ces 2 choses. Et en sous-jacent, il y a le fait de rappeler peut-être à D.Trump qu'il s'agit de pays de l'Otan.

Même si cette opération ne sera pas sous l'égide de l'Otan...

Ca n'a pas été annoncé comme tel. Mais en sous-jacent, ce qui est grave pour nous, Européens, c'est effectivement la mort potentielle de l'Otan. Si les Etats-Unis décident de s'affronter au Groenland, de l'annexer en dehors de tout droit international, c'est la mort de l'Otan. - C.Roux: Peut-être que je l'ai ratée, mais il n'y a pas eu de réaction de la Maison-Blanche à cette décision, on va dire, européenne ce soir, même si ce n'est pas les 27 qui décident ça ensemble de manière concertée... - I.Lasserre: Non, il y a eu une réaction de Moscou, mais pas de Washington.

Cela veut tout dire. Pour l'instant, Trump n'a pas réagi. Il s'agit, tout en montrant aux Etats-Unis... "Vous dites qu'on est nuls mais on va vous aider à sécuriser le Groenland..." Ca sert aussi à rendre le coût d'une éventuelle action de force au Groenland très élevé pour que ça arrive.

C'est censé empêcher une annexion de force. "Attention, si vous faites ça de force et que vous tirez sur des soldats européens, vous allez tuer un soldat de l'Otan. Vous ne pouvez pas prendre ce risque." En même temps, un exercice ne dure pas longtemps.

C'est très éphémère. C'est donc une dissuasion qui n'est pas pérenne. Mais l'Europe a une espèce de chemin extrêmement fin.

Toute la subtilité consiste à essayer d'empêcher D.Trump d'annexer le Groenland par la force, ce qui voudrait dire la mort de l'Otan, et en même temps, il faut le faire sans froisser D.Trump.

Les Européens ont besoin de lui pour rendre crédible leur soutien militaire à l'Ukraine. Ils ont aussi besoin de D.Trump pour maintenir la cohésion au sein de l'UE.

Beaucoup de pays dans l'UE disent: "OK, on veut bien soutenir le Danemark, le Groenland et l'Ukraine, mais il faut que Trump soit content." Ces pays ne peuvent pas encore, ce n'est pas le cas de la France, envisager l'avenir sans les Américains. C'est trop difficile encore. - C.Roux: Il y avait cette remarque... - I.Lasserre: Mais bien sûr.

Il n'a pas complètement tort, D.Trump. En ce moment, c'est ridicule, ce qu'il dit...

Il accuse les Danois en disant: "Vous défendez le Groenland avec 2 traîneaux à chiens. C'est pas possible. Ramenez-les." Mais en décembre 2024, juste après que D.Trump a réitéré ses menaces contre le Groenland, ce qui fait quand même très longtemps, les Danois avaient dit: "Halte-là.

OK, on va défendre le Groenland. On vous envoie 2 navires d'inspection supplémentaires, 2 drones de longue portée et 2 équipes supplémentaires de chiens de traîneaux." Donc ça vient de quelque part. - C.Roux: Vous disiez qu'il ne fallait pas froisser D.Trump.

Lui ne prend pas de gants dans sa communication. Regardez cette image postée par la Maison-Blanche ce matin. On voit 2 traîneaux qui ont les chiens entre le soleil de l'Amérique et le crépuscule de la Russie et de la Chine.

Voilà ce qu'il dit aux habitants du Groenland. - J.-D.Giuliani: I.Lasserre a totalement raison, on est sur la même configuration que sur le dossier ukrainien.

Une partie des Européens ne veut pas froisser D.Trump, ne veut pas divorcer de l'Amérique et n'imagine pas, à mon avis, Anticiper...

Et l'autre partie, au contraire, avec d'ailleurs le président Macron, souhaite montrer une existence. La voie est extrêmement étroite, comme I.Lasserre vient de le dire.

On l'a vu sur l'Ukraine. Le plan Trump a été transformé par les Européens, qu'on le veuille ou non, au profit de l'Ukraine. Là, j'ai l'impression qu'on essaye de jouer la même chose à partir d'un exercice qui était danois, que les Danois ont élargi, je crois, aux Suédois, en demandant un peu à d'autres nations de venir, avec un officier britannique, un officier néerlandais...

La présence peut être supérieure...

Mais le geste politique est quand même assez fort pour mettre dans l'embarras, notamment au Congrès américain, où on voit des réactions, un président qui n'a pas besoin d'un traîneau pour insulter les Européens. Lui et son vice-président passent leur temps à faire ça. - C.Roux: C'est quand même sans précédent.

L'ancien numéro 2 de l'Otan parlait de crise inédite. "Vous avez pris les précautions nécessaires, ce n'est pas non plus l'armada qui débarque au Groenland..." Néanmoins, sur la lecture historique de ce qui est en train de se passer, c'est un geste très fort de ces quelques pays européens qui ont dit "on prend le risque de fâcher D.Trump"? - J.-D.Giuliani: Quelle que soit l'issue, qui est plutôt une issue négociée, ou conflictuelle, les relations ne seront plus les mêmes. - C.Roux: A cause de ce qui se passe aujourd'hui?

Parce qu'on dit non? - J.-D.Giuliani: Non, parce que ce sont les attaques réitérées de cette administration américaine contre l'UE qui les gêne parce qu'elle est forte économiquement, parce qu'elle veut réglementer par exemple le numérique, au détriment...

Parce qu'elle veut réglementer, verdir et électrifier l'économie au détriment de "drill, drill, drill" du pétrole américain...

L'Europe gêne l'Amérique, donc la campagne de communication extraordinaire, qui est même partagée chez nous...

L'Europe est dans un état de stress, on est faibles...

On n'est pas si faibles que ça. - C.Roux: On réaffirme notre puissance en faisant ça? - J.-D.Giuliani: Le message de la France, je crois, c'est de dire qu'on existe quand même.

Au bout d'un moment, on voit que même les Britanniques et les Allemands suivent cette voie. Il ne faut quand même pas exagérer. Le discours du vice-président, de Vance à Munich... - C.Roux: On va revenir sur tout ça.

On a bien compris l'hostilité américaine depuis le temps qu'on en parle sur ce plateau. La différence aujourd'hui, c'est ce qui s'est passé. On a l'impression que l'Europe a voulu mettre une ligne rouge.

Est-ce que c'est comme ça que vous le lisez? Je vous poserai la question dans un instant. Voyons le premier reportage.

C'est en tout cas une première réponse de l'Europe aux appétits de D.Trump sur le Groenland, au lendemain d'une réunion à la Maison-Blanche qui a débouché sur un désaccord fondamental entre les Danois et les Américains...

L'Allemagne, la France, la Norvège notamment, ont décidé d'envoyer une mission militaire au Groenland pour affirmer la souveraineté du Danemark, comme l'a dit ce matin E.Macron. - A Nuuk, la capitale du Groenland, les nouvelles menaces du président américain ont jeté un froid glacial.

Hier, ses habitants étaient réunis pour regarder les informations à la télévision. Ils déplorent l'échec des négociations avec les Etats-Unis. - C'est effrayant, car ce qui se passe est énorme.

La réalité vient de nous frapper et c'est très pesant. - Ils ne trouvent pas d'accord, mais je garde espoir, car je veux vivre en paix. - Dans la ville gelée de 20 000 habitants, on voit fleurir un peu partout le drapeau groenlandais, vu comme symbole de résistance aux provocations extérieures.

En boutique, ce t-shirt est même estampillé "le Groenland n'est pas à vendre". La tension monte alors que l'Europe envoie une mission militaire sur place censée réaffirmer la souveraineté de l'île. Un contingent danois et une quinzaine de Français ont débarqué ce matin. - E.Macron: Une 1re équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes.

C'est le rôle que la France doit jouer et qui est celui d'être disponible face à l'évaluation de la menace, de savoir s'adapter et d'être aux côtés d'un Etat souverain pour protéger son territoire. - Le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède, les Pays-Bas enverront également une poignée de soldats au Groenland. Une réponse avant tout symbolique aux dernières menaces de D.Trump. - D.Trump: Nous avons besoin du Groenland pour une question de sécurité nationale.

Si nous n'y allons pas, la Russie et la Chine iront. Le problème, c'est qu'il n'y a rien que le Danemark puisse faire si la Russie ou la Chine décide d'occuper le Groenland. - D'un point de vue stratégique, ce qui inquiète les Etats-Unis, c'est l'apparition de nouvelles routes maritimes autour du Groenland.

Avec la fonte des glaces, plusieurs voies, en particulier la route transpolaire, ici en bleu, s'ouvre aux paquebots, aux pétroliers et à d'éventuels navires militaires. Hier à Washington, une délégation danoise et groenlandaise s'est entretenue avec M.Rubio et J.D.Vance pour tenter d'apaiser les esprits, visiblement sans succès. - Nous n'avons pas réussi à changer la position américaine.

Il est clair que le président Trump veut conquérir le Groenland. Ce n'est pas vrai de dire que des navires de guerre chinois sillonnent la zone. D'après nos renseignements, aucun navire de guerre chinois n'a été aperçu au Groenland depuis une dizaine d'années. - L'autre raison qui motive D.Trump est essentiellement économique.

Le sous-sol du Groenland renferme d'immenses ressources naturelles: diamant, or, terres rares, graphite, nickel, titane...

Probablement des dizaines de millions de tonnes de minerais stratégiques. Un trésor dont les Américains aimeraient bien s'emparer, comme l'assume sans vergogne le nouvel envoyé spécial de D.Trump. - Le président veut un Groenland indépendant avec des liens économiques et des opportunités commerciales pour les Etats-Unis.

C'est ce que j'ai toujours défendu. Notre président est un homme d'affaires. C'est un businessman.

Il veut une économie américaine forte. Il veut des grands partenaires commerciaux. Quand il regarde le Groenland, il se dit: "Nous avons des intérêts militaires, un traité de défense en vigueur depuis des années, une base sur place, mais nous pouvons faire plus.

Nous pouvons offrir davantage au Groenland que ce que l'Europe lui offre. Donc quel est le problème?" - Ce matin, la Russie s'est dite très inquiète de l'envoi de troupes de pays de l'Otan sur place. - C.Roux: Peut-être un mot sur la réaction de la Russie, qui est agacée de voir au fond le Groenland militarisé? - I.Lasserre: Oui, parce que la Russie et la Chine travaillent dans l'Arctique depuis plusieurs années, y compris main dans la main...

Elles ont des joint-ventures en commun pour anticiper les nouvelles routes qui sont en train de s'ouvrir avec le réchauffement climatique et voir comment, à terme, on peut passer d'une mer à l'autre en passant par le nord du Groenland. Les géants pétroliers et gaziers russes Rosneft et Gazprom forent dans l'Arctique. Il est évident qu'ils auront anticipé.

Ils avaient pris un peu d'avance sur les Etats-Unis, d'où l'espace de rattrapage que va faire D.Trump. - C.Roux: Est-ce que c'est justifié?

Il a dit dans ce reportage: "Si nous, on le fait pas, si on n'y va pas, si on ne fait pas le job, c'est la Chine ou la Russie." C'est ça aussi que racontait ce dessin. - I.Lasserre: Comme toujours, avec D.Trump, c'est un peu caricatural.

Il y a 2 choses vraies. La Russie et la Chine s'intéressent de près à cette région. Si les sous-marins ne sont pas vraiment en bordure du Groenland, ils sont en Arctique.

La 2e chose, c'est que l'Europe avait complètement laissé tomber la sécurité et la défense du Groenland, donc c'est un bijou à prendre. Une fois qu'on a dit ça, évidemment, l'intérêt de D.Trump, c'est aussi, sans doute, de piller les richesses du Groenland.

Et pour les piller, il vaut mieux avoir l'acte de propriété intégral. Donc la réalité est sans doute au milieu. - J.-D.Giuliani: L'UE n'a pas laissé tomber le Groenland.

Depuis 5 ans, il y a un problème... - I.Lasserre: Je n'ai pas dit "laissez tomber le Groenland", mais "laissez tomber la sécurité et la défense".

On s'en désintéressait. - J.-D.Giuliani: Il y a l'Arctique et le Groenland.

Ce n'est pas exactement le même endroit. L'UE a développé depuis 5 ans un programme notamment d'exploitation des terres rares, du graphite, du pétrole, mais avec des règles environnementales qui vont bien aux Groenlandais, et avec des compensations. Le Groenland n'est pas dans le marché unique européen, mais les Groenlandais sont des citoyens européens.

Donc ils sont soumis à la justice européenne. On a donc investi, et je connais même les sommes, 230 millions... - I.Lasserre: Je parlais de forces militaires. - J.-D.Giuliani: Oui, effectivement.

Mais il y a déjà plus de 300 millions d'euros qui ont été versés et qui seront doublés dans le prochain budget européen pour le Groenland, mais à des conditions européennes. Sur le plan économique, l'intérêt des Américains...

On ne doit pas oublier que les Européens y sont déjà. - C.Roux: Là aussi, c'est hostile vis-à-vis de l'Europe et des intérêts européens au Groenland.

Question. - Gal F.Chauvancy: C'est un peu en filigrane de tout ce que nous disons.

On ne peut pas en arriver là. - C.Roux: Pourquoi? - Gal F.Chauvancy: Déjà pour des questions de politique intérieure américaine.

Je vois mal aujourd'hui, quel que soit le parti, une grande partie des Américains accepter que cela arrive. Il y a aussi un problème au niveau de l'Otan. L'Otan éclate.

L'Otan n'existe plus, s'il y a ce simple affrontement. C'est inconcevable. Ce qu'on voit depuis 24 heures, c'est un coup d'arrêt donné grâce à la France aux ambitions de Trump dans le domaine de la sécurité.

On a réagi très vite. Ca va être intéressant de voir ce que va faire Trump mais on a mis un coup d'arrêt. C'est presque une révolte symbolique, soyons raisonnables, mais une révolte quand même contre cet appétit impérialiste des Américains. - C.Roux: C'est pas rien de dire ça.

Ca veut dire qu'on est capables aussi de fixer des lignes rouges à D.Trump? - Gal F.Chauvancy: Oui.

On n'est pas obligés d'avoir des milliers de chars. Exprimer sa volonté, c'est déjà la base de tout. Le reste, ce ne sont que des moyens.

C'est ce qu'a dit le président de la République aujourd'hui sur beaucoup de sujets du même type. Il faut avoir le courage de s'opposer à. Là, c'est symbolique mais néanmoins avec des actes concrets sur le terrain.

On dit à Trump: "On a montré qui on était. Vous faites quoi maintenant?" - C.Roux: La balle est dans son camp. - D.Benoit: On a évoqué les ressources minières très importantes du Groenland...

Trump ne les évoque que peu. Il se met vraiment derrière ce besoin de renforcer la sécurité du Groenland. Mais le titre de propriété qu'il convoite n'est en aucun cas une obligation pour renforcer la présence militaire des Etats-Unis, présents sous forme de personnels militaires, ou alors d'infrastructures militaires, pour défendre mieux le Groenland, sachant que les Etats-Unis sont liés depuis longtemps par un accord de défense avec le Danemark qui leur permet d'étendre leur présence...

Ils ont une base, à Pituffik. Ils peuvent envisager D'augmenter leur présence ou de s'équiper de moyens d'interception dans leur fameux Dôme d'or de défense antimissile...

Sous réserve naturellement de feu vert du Danemark. Mais tout ceci peut se faire de façon pacifique et non pas à coups d'annexions territoriales. - C.Roux: Ca veut dire qu'il y a d'autres projets?

L'expansionnisme territorial américain? - D.Benoit: Oui.

Là où j'ai du mal à saisir, mais peut-être suis-je encore dans un logiciel du temps d'avant...

J'ai du mal à saisir en quoi c'est dans l'intérêt de D.Trump de risquer le futur de l'alliance transatlantique juste pour une histoire de territoire qu'il voudrait prendre... - C.Roux: Peut-être qu'il se dit que ça va passer.

Tout passe. Le bras de fer sur la guerre commerciale avec les Américains, U.von der Leyen est allée valider les 15 % en baissant la tête.

Il peut considérer que les Européens vont accepter ce deal. - D.Benoit: C'est la raison pour laquelle je suis assez d'accord avec vous.

On verra l'efficacité de cette annonce. Mais le timing de cette annonce aujourd'hui des Européens d'envoyer cette petite mission de reconnaissance militaire était assez bien vu. - C.Roux: On est tous alignés?

Dès le début de l'émission, vous avez dit qu'il fallait faire attention, que c'était plus restreint que ça, en parlant d'Européens...

Comme la Coalition des volontaires, ce n'est pas toute l'Europe mais juste des pays alliés. Est-ce que tout le monde est bien aligné? On voit bien des précautions oratoires prises par les uns et les autres.

E.Macron dit: "Au nom de la solidarité avec le Danemark." Les Allemands prennent soin de dire que tout ça se fait en bonne intelligence avec les Américains.

Est-ce qu'on est tous bien alignés sur la stratégie de la ligne rouge? - I.Lasserre: Il y a une unité au sein de l'UE, un consensus, pour soutenir le Danemark et pour soutenir le Groenland.

Après, quand on va dans les détails, on s'aperçoit que les pays n'ont pas tous la même volonté politique. Certains sont plus allants. D'autres le sont moins.

D'après ce que j'ai cru comprendre, c'est le Danemark qui a fixé le niveau très bas de la participation des Européens à l'exercice. Ils ne veulent pas froisser D.Trump.

Je rappelle que le Danemark est attaqué de manière quotidienne par D.Trump. Le Danemark achète des avions de chasse F-35 aux Américains et n'a pas l'intention de dénoncer le contrat.

Il y a donc des pays qui sont très liés aux Américains soit parce qu'ils achètent de l'armement américain, soit parce qu'ils vivent encore dans le monde d'avant en disant: "Sans les Américains, c'est pas possible. On va faire avec leur agressivité." Ce n'est pas le cas de la France.

La France est autonome au niveau militaire. En plus, elle a la dissuasion nucléaire. Sa volonté de ménager D.Trump est liée à l'Ukraine.

La Coalition des volontaires est une initiative d'E.Macron. Elle a plutôt pris de l'ampleur, surtout depuis quelques semaines, depuis que les Américains ont donné leur feu vert.

Ce sont les Américains, en quelque sorte, qui accréditent la viabilité de cette coalition. Si on n'a plus Trump, il n'y a plus de Coalition des volontaires. Donc E.Macron veut aussi y aller doucement. - C.Roux: On a posé le drapeau avec ces quelques militaires qui sont arrivés...

Je ne sais pas s'ils sont arrivés, d'ailleurs. Ils sont partis, mais est-ce qu'ils sont arrivés? Oui, d'accord.

Est-ce qu'on pourrait aller plus loin? Question. - Gal F.Chauvancy: Il n'y aura peut-être pas une base militaire permanente mais il peut y avoir des unités qui tournent régulièrement.

C'est peut-être la phase après exercice. L'exercice n'est pas encore programmé dans sa réalisation. Mais une fois qu'il aura été réalisé, est-ce qu'on peut s'arrêter là?

Non. Il faudra ensuite imaginer que les Européens concernés veulent bien défendre le Groenland en s'y installant avec l'autorité bien entendu des Danois. Et on va presque dire merci à Trump...

Il nous contraint à défendre l'ensemble de l'Europe en allant au Groenland. Jusqu'à présent, c'était les Américains qui l'assumaient. Ils nous offrent l'opportunité d'afficher notre volonté de défendre l'entièreté de l'Europe qui nous concerne.

On va donc bientôt lui dire merci. On va enfin faire notre travail de défendre notre continent. - C.Roux: Merci Trump, du coup.

Rires. - J.-D.Giuliani: Il y a 2 choses.

D'abord, les Américains...

Beaucoup de pays européens ont des troupes américaines chez eux. Les Polonais, les Baltes...

Ils n'imaginent pas qu'ils s'en aillent tellement ils ont peur de l'agressivité russe aujourd'hui. Mais ils sont quand même solidaires. Ils votent les sanctions, y compris la Hongrie.

Donc on veut pas se distancier...

L'analyse, c'est que beaucoup de nos partenaires européens n'ont pas compris que l'Amérique regardait ailleurs et pensent que Trump, finalement, qui est tellement particulier, c'est un mauvais moment... - C.Roux: Ce qui est difficile à apprécier dans ce moment, c'est savoir au fond si c'est un vrai non de l'Europe, quelque chose qui va à un bras de fer avec Trump et qui va souffler un vent froid, sans mauvais jeu de mots, sur cette petite entreprise européenne militaire...

Et à un moment donné, dire: "Vous jouez à ça? Je vous lâche sur l'Ukraine." On est habitués à ce genre de coups de boutoir des Américains.

Est-ce que c'est réfléchi? Est-ce que c'est un mouvement d'humeur de quelques pays agacés? Cela se produit au lendemain d'une réunion qui ne s'est pas très bien passée à la Maison-Blanche.

Est-ce que c'est un mouvement d'humeur, une vraie stratégie? Dans quel moment sommes-nous? - D.Benoit: Pour revenir sur ce qui s'est passé aujourd'hui, d'après nos informations, c'est une initiative dont on n'avait pas les contours jusqu'à présent.

Il y a quand même l'envie de la part de certains Européens d'émettre un signal de leur opposition, mais de faire quelque chose concrètement. - C.Roux: Pas juste des communiqués. - D.Benoit: Pas juste des réactions un peu outrées ou pincées.

C'est une réaction qui a été travaillée depuis plusieurs semaines. On sentait le sujet monter. Trump s'acharnait.

Je pense que les Européens, comme le disait Isabelle, ils sont sur une ligne de crête très complexe, mais ils ne peuvent pas, en aucun cas, accepter une violation de la souveraineté européenne par l'allié le plus important de l'Otan. C'est inimaginable. C'est la porte ouverte... - C.Roux: Lui l'imagine. - D.Benoit: Une fois encore, je suis peut-être un peu naïve ou très décontenancée par sa...

Une violation de la souveraineté européenne par l'ancien allié américain, devrais-je dire, c'est étonnant. - C.Roux: On changerait de monde, s'il allait au bout de ses volontés et qu'il utilisait la manière forte, militaire. - I.Lasserre: Les militaires américains ne sont pas d'accord. - C.Roux: Les Américains eux-mêmes ne sont pas d'accord.

Il y a ce sondage intéressant à propos du Groenland. 17 % des Américains seulement approuvent le projet d'annexion. L'usage de la force militaire est rejeté à 71 %.

Autant sur d'autres projets, ils peuvent suivre D.Trump. Autant, sur la question du Groenland, ils sont un peu perdus. - I.Lasserre: Au-delà de ça, les responsables militaires américains ont clairement fait savoir à Trump qu'un coup de force militaire au Groenland contre les Européens serait une mauvaise nouvelle.

Non, que ce serait une mauvaise chose. Il y a quand même là une protection de la part de l'armée américaine. - C.Roux: Vous êtes d'accord avec ça?

A un moment, les militaires se parlent, quand ils sont membres de l'Otan... - Gal F.Chauvancy: Oui, on ne parle pas de politique mais de choses sérieuses.

On parle de vies de soldats. On se parle directement. Nos rapports avec les officiers américains sont extrêmement fraternels.

On a combattu ensemble. On se connaît très bien. Le discours de pragmatisme, de réalité, est le nôtre.

On n'est pas dans le rêve. Vu les conséquences qui viennent d'être évoquées...

Les conséquences seraient telles que ce serait pire qu'une mauvaise nouvelle. Ce serait vraiment une déflagration. Et ce serait la fracture du camp occidental.

On verrait que des alliés qui, depuis 1945 travaillent ensemble, pourraient être amenés un jour à tirer l'un sur l'autre. En termes de politique intérieure, Trump le paierait très cher, surtout avec les midterms qui arrivent dans un an. - C.Roux: On peut imaginer qu'on prévienne le Pentagone?

Quand E.Macron tweete dans la nuit qu'il veut envoyer des soldats au Groenland, est-ce que les chefs d'état-major, nécessairement, se parlent? - Gal F.Chauvancy: Pas forcément mais je pense qu'ils le font.

Il y a des relations humaines qui se créent depuis des dizaines d'années entre les uns et les autres. Il est normal de se parler en dessous du bruit médiatique. Se parler d'homme à homme pour se dire de faire attention, qu'il se passe telle chose...

Ca met des pare-feu et ça permet de tempérer certaines volontés politiques. - C.Roux: Est-ce que vous pensez que ça l'arrête?

Vous pensez que ce qui a été mis en place aujourd'hui, c'est quelque chose qui peut faire basculer? - Gal F.Chauvancy: Oui, ça peut l'arrêter.

Non pas parce qu'on a mis 15 officiers et une compagnie de combat après...

Mais le fait d'avoir fait ce geste politique...

Je ne parlerais pas de ligne rouge mais de coup d'arrêt. Maintenant, il faut voir ce que ça va donner. "Ca suffit et on va assumer nos responsabilités." Indirectement, c'est un résultat positif.

Mais est-ce qu'il le sera vraiment, si Trump a compris le message? On sait bien que, de jour en jour, les messages varient avec lui. Il faut s'adapter.

Mais ce qu'on a fait de notre côté, c'est clair et net. Ca va durer quelques jours. L'exercice va se mettre en place.

On a montré notre détermination et notre volonté de ne pas se laisser faire. Ca s'est fait de manière très diplomatique, indirectement. On a une action militaire très diplomatique.

On fait un exercice. On ne dit pas qu'on se met face aux Américains. C'est calibré, de telle façon qu'on a fait un signalement. "Ce n'est pas contre vous.

Prenez-le comme vous voulez, mais on est là." En plus, il s'agit de mettre toutes les nuances qui vont bien pour ne pas mettre Trump en colère. Le problème de tout le monde, c'est qu'on évite de le mettre en colère.

Donc on fait une diplomatie militarisée ou l'inverse pour dire qu'on fait preuve de volonté, qu'on ne veut pas vous offusquer, comprenez le message et on espère qu'on s'arrêtera là. - C.Roux: Il y a une espèce d'habileté? - Gal F.Chauvancy: Oui. - D.Benoit: Et de prudence.

E.Macron n'a pas vraiment évalué la menace de la Russie et de la Chine. Je ne pense pas qu'il soit sur le même portage que D.Trump sur l'imminence, sur la gravité de cette menace.

C'est intéressant, ce qui s'est passé. En revanche, sur la réponse militaire, le choix de l'arme militaire pour annexer le Groenland par les Etats-Unis, je n'y crois pas non plus. En revanche, il faut se demander, si D.Trump prend la mouche ou s'il décide de persévérer, quelle forme ça va prendre.

La coercition économique, c'est sa spécialité. Peut-être que ça sera sous forme de chantage. - I.Lasserre: Un big deal. - C.Roux: Ou un gros coup de pression sur les Européens. - I.Lasserre: Avec beaucoup d'argent sur la table. - C.Roux: Parmi les options dont dispose l'Amérique pour faire main basse sur le Groenland, il y a la solution militaire et la solution financière.

Il s'agirait d'acheter ce territoire. Le Groenland affirme qu'ils ne sont pas à vendre mais à plusieurs reprises, l'Amérique a réussi à étendre sa souveraineté à coup de dollars. - Quand une ambition vient à l'obsession... - D.Trump: C'est une vaste transaction immobilière.

Beaucoup de choses peuvent se faire. Ca leur coûte cher au Danemark de l'entretenir et de le garder. - Acheter le Groenland, ou comment D.Trump renoue avec une vieille tradition américaine d'acquisition de territoires.

Décryptage en carte avec l'historien F.d'Almeida. Premier arrêt: Alaska, racheté aux Russes en 1867 pour 7,2 millions de dollars. - En 1867, les Etats-Unis veulent l'Alaska parce que ça leur permet de se rapprocher de la Russie, à laquelle ils veulent s'allier contre les Britanniques.

De l'autre côté, l'Alaska intéresse les Etats-Unis parce qu'il permet de prendre en tenaille le Canada, qui est encore une possession britannique. Le Groenland, il y a presque la même logique que l'Alaska. Le Groenland se trouve de l'autre côté du Canada et permet là encore de le prendre entre 2 morceaux des Etats-Unis, c'est-à-dire au nord, Groenland et Alaska, et au sud, tous les territoires de l'Union.

A partir de ce moment-là, pourquoi le Canada resterait le Canada? - Officiellement, plus de 40 % du territoire des Etats-Unis résulte d'achats. Alaska, Floride, îles Vierges, mais aussi le Mexique, qui a l'époque représente presque tout l'ouest des Etats-Unis, et la Louisiane, 1/4 du territoire, vendu par la France en 1803 pour 15 millions de dollars.

Une belle affaire. - La Louisiane, il y avait quand même une population, des gens qui y habitaient. On y fabriquait du sucre.

C'était le pétrole de l'époque. Ca donnait de l'énergie aux gens et leur permettait de travailler. C'est une valeur importante.

La Louisiane a eu un prix beaucoup plus faible que sa valeur réelle parce que Bonaparte voulait l'alliance des Américains. Il voulait cette alliance géopolitique pour lutter contre la Grande-Bretagne, contre les Anglais, qui étaient menaçants sur le continent européen. C'est un prix modique qui s'explique de cette manière. - Des transactions qui ont un double avantage: légitimer la prise de contrôle des territoires et donc éviter les conflits avec les autres puissances. - Il y avait l'idée de se dire qu'en payant, les autres Etats, les Etats dominant le monde, qui étaient partis à la conquête du monde, comme la France, la Grande-Bretagne ou même l'Italie et l'Allemagne, qui étaient en train de prendre des colonies partout sur la planète, ne pourraient pas contester la propriété américaine du territoire.

C'est donc aussi, le rachat, un moyen, en cas d'arbitrage, de montrer qu'on a une priorité, un antécédent sur le territoire. - Mais parfois, tout ne se passe pas comme prévu. En 1898, les Etats-Unis achètent les Philippines à l'Espagne pour 1 million de dollars.

Problème: les Philippins veulent leur indépendance. La guerre éclate. Les Américains finissent par quitter le territoire. - Ce sont des rachats sous pression militaire.

Les Etats-Unis envoient des troupes. Ils sont disposés à l'agression physique contre ces Etats. C'est en quelque sorte un moyen d'obtenir ce qu'ils veulent.

Trump peut être tenté d'agir avec le même autoritarisme que quelqu'un qui veut effectuer une colonisation au Groenland. Peut-être va-t-il jouer plusieurs étapes, faire un coup de pression militaire, ou peut-être faire une installation massive d'Américains, qui changerait la logique du territoire. A ce moment-là, il n'y aurait plus de discussion possible. 57 000 habitants, c'est ça, le territoire du Groenland? - C.Roux: Réactions à ce reportage?

Il y a l'aide militaire, s'il décidait de poser les dollars sur la table, que feraient les Européens? - J.-D.Giuliani: Il y a l'hypothèse qu'il veut des bases supplémentaires.

Pendant la guerre froide, il y avait plus de 10 000 soldats américains. 25 % de la population du territoire. C'est peut-être une manière pour lui de s'en sortir en disant: "J'ai réussi et j'ai forcé les Européens à mettre des moyens pour nous défendre." Après tout, c'est un deal de promoteur immobilier. - C.Roux: Ca vous paraît probable? - J.-D.Giuliani: C'est une hypothèse positive.

Ce sera un grand coup de pression à sa manière, un peu violente, un peu vulgaire, pour terminer sur une négociation plus raisonnable. - C.Roux: Ce n'est pas ce qu'il dit pour l'instant.

Il parle du Dôme d'or. "C'est la sécurisation de ma sphère d'influence." - D.Benoit: C'est pas du tout un must pour ériger cette défense antimissile, qui est censée protéger tout le territoire américain.

Le Groenland peut y participer avec des infrastructures dédiées américaines, mais ce n'est pas une obligation. - C.Roux: C'est lui qui le dit, pour la 1re fois hier. - D.Benoit: Tout à fait.

Il exagère certains points, le président américain. Acheter un territoire...

On l'a rappelé dans votre document, ça se faisait au XIXe siècle. On oublie juste qu'aujourd'hui, faire ça, ça voudrait dire bafouer le droit des peuples à l'autodétermination, inscrit dans la charte des Nations unies de 1945. Je sais que plus personne ne la lit par les temps qui courent.

Nous avons aussi une équipe sur place. Les Groenlandais sont contre le fait de devenir Américains. On en a rencontré qui sont intéressés par ces menaces de Trump.

Vous avez montré le t-shirt. Il est quasiment en rupture de stock. Ils ne veulent pas de cette annexion.

Il y a quelque chose de fondamentalement étrange qui va à contre-courant de l'histoire, ce droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. - C.Roux: On a basculé dans autre chose...

On peut le déplorer, mais on le constate. On a le sentiment d'être dans le retour des empires avec une extension de leur zone d'influence. Les Européens peuvent soit accompagner le mouvement, soit montrer un mouvement d'humeur.

Il est en train de changer le visage de son monde, D.Trump. - D.Benoit: Pour acheter quelque chose, encore faut-il qu'il soit à vendre. - J.-D.Giuliani: Et les peuples réagissent.

Vous avez remarqué que, y compris pour les interventions américaines, chaque fois qu'il y a un soupçon d'occupation étrangère durable, elle est rejetée par la population. Que ce soit l'Irak, l'Afghanistan ou ailleurs...

Pareil pour la Russie. La Chine ne s'y risque pas. - I.Lasserre: Si jamais D.Trump propose une somme absolument faramineuse à des Groenlandais devenus indépendants, la question pourrait un jour se reposer.

Dans 1 an ou dans 2 ans, ces personnes pourront se demander s'il ne vaut pas mieux être américains, mais riches, plutôt indépendants et pauvres. - C.Roux: Il a le sens de la provoc, D.Trump.

Il avait tweeté une image qui date de 2019, où on voit la Trump Tower posée au Groenland en disant "je promets de ne pas faire ça". Sur cette option, qu'en pensez-vous? Est-ce que la réaction des Européens sera plus compliquée à établir? - Gal F.Chauvancy: Le peuple doit disposer de lui-même.

Beaucoup de sondages montrent que c'est non. Ca supprime une partie de l'hypothèse. Que les Européens puissent faire quelque chose là-dessus...

Trump, dans 3 ans, il est parti. Son projet, est-ce qu'il serait capable de le mettre en résolution d'ici cette période? Je ne crois pas.

Quel est son intérêt aujourd'hui d'insister tellement sur ce rachat du Groenland? Il est déjà là-bas. Il fait ce qu'il veut.

D'un point de vue économique, c'est le Premier ministre groenlandais qui est capable de dire "oui ou non, on fait un accord commercial." Or, c'est cet accord qui est primordial. Pourquoi s'obstine-t-il? - I.Lasserre: Il veut un gros pays, plus gros que tous les autres. - C.Roux: Question.

C'est une séquence qui chasse l'autre, mais il avait dit: "On va faire du Canada le 51e Etat des Etats-Unis." - I.Lasserre: Le Canada, le Panama et le Groenland.

On n'est plus au XIXe siècle. Il y a des choses qui sont censées limiter les élans de D.Trump: le droit international, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes...

On est en même temps en train de revenir au XIXe siècle avec des réflexes impériaux, des reconstitutions d'empires. La reconstitution de sphères d'influence qui, de Pékin à Washington en passant par la Russie, peut se faire par la force. Venezuela, Groenland...

Du côté de la Chine, c'est Taïwan. Du côté de la Russie, c'est l'Ukraine et l'ancienne Union soviétique. On a un nouveau Yalta, mais l'UE est absente. - C.Roux: "C'est un retour des périls". - E.Macron: L'accélération des périls commande d'accélérer le réarmement de la France.

Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort.

Cela suppose que la nation consente à des efforts à la mesure de notre rude époque. - C.Roux: Vous commentiez, J.-D.Giuliani.

Vous êtes à l'antenne. Vous étiez en train de commenter cette phrase d'E.Macron. "Il faut être puissant.

Mettons davantage de moyens pour notre défense." Je vais citer le commissaire européen à la défense qui dit ceci... ... - Gal F.Chauvancy: Il trouve un nouveau sujet qui n'a pas beaucoup de sens.

Les troupes américaines en Europe, à part celles qui concernent la frontière avec la Russie, c'est plutôt aérien, logistique et autres. Qu'est-ce qu'on va remplacer? Parler d'une armée européenne...

A la limite, créer une Légion étrangère européenne, ça aurait plus de sens. Il faudrait harmoniser tout le monde. Pour l'instant, on n'est pas capables d'aller au combat.

Chaque contingent parle dans sa langue nationale. Il faut revenir à la réalité. - C.Roux: Revenir sur terre...

Est-ce qu'on peut évoquer la puissance? - Gal F.Chauvancy: La puissance est nécessaire, mais elle est aussi économique.

On en revient à des basiques. On a fait beaucoup d'impasses sur ces questions-là. On découvre aujourd'hui qu'il faut être puissant.

La puissance, ce n'est pas uniquement un nombre de chars. Il faut être capable de les fabriquer, il faut être capable d'une résilience morale. En France, on a quelques doutes sur l'engagement pour défendre notre pays y compris par les armes. - C.Roux: Vous pensez aux réactions après les propos du chef d'état-major des armées. - Gal F.Chauvancy: On a une population à qui on a dit pendant des années: "La guerre, plus jamais sur le continent européen." Depuis quelques années, on a la guerre sur le continent européen. - C.Roux: Est-ce que ce n'est pas ce qu'est en train de faire E.Macron? - Gal F.Chauvancy: Je tire mon chapeau au président, sans idées politiques derrière.

C'est le seul depuis un certain nombre d'années...

Il a rempli son rôle de chef des armées pour protéger la France. Les autres ont déstructuré l'armée et ses moyens. Aujourd'hui, on a quelqu'un qui a un fil directeur depuis 2017.

Il le fait. Il tient parole. Ses prédécesseurs ne l'ont pas fait.

Il nous donne un outil de défense qui n'est pas forcément complet. C'est très long. La question qu'il a évoquée aujourd'hui, c'est l'Europe.

On sait qu'on ne peut pas tout faire. On n'aurait pas beaucoup de volontaires. Il faut reconstruire cet esprit européen de défense qui n'existe pas aujourd'hui. - C.Roux: Si on reprend le début de l'émission, c'est ce qui se passe avec l'envoi de troupes conjointes au Groenland?

Rebâtir ou bâtir cet esprit européen? - Gal F.Chauvancy: Avec des volontaires.

Le problème, c'est que ce n'est pas les 27 qui y vont, mais les volontaires. Il faudrait une Coalition des volontaires pour le Groenland comme on a pour l'Ukraine. Mais ça révèle une certaine fragilité par ailleurs pour une défense collective à 27. - C.Roux: Allons sur le 3e reportage.

En Europe, tout le monde ne regarde pas du même côté. Au moment où les empires affirment de nouvelles ambitions. Les 27 avancent parfois en ordre dispersé.

Un pays fait figure de cheval de Troie des intérêts russes. Le soutien à l'Ukraine ne fait pas l'unanimité en Hongrie. - Dans le nord-est de la Hongrie...

Dans ce village, à chaque élection, le parti de V.Orban arrive largement en tête. Ici, l'UE n'a pas bonne presse. - L'Europe?

Elle veut à tout prix qu'on aille tous en Ukraine et qu'on soutienne les Ukrainiens. C'est tout ce qu'ils attendent, non? Mais c'est ce qu'il ne faut pas faire.

D'ailleurs, presque tous les Européens s'en prennent à V.Orban, parce qu'ils savent qu'il est plus fort. - Dans le conflit ukrainien, ils ont choisi leur camp: Poutine et le gaz russe, que la Hongrie continue d'acheter. - Grâce à la Russie, on a encore accès au gaz pas cher.

C'est très important que cette énergie bon marché soit maintenue ici. Si son prix triple, comme ils le disent à la télévision, on est fichus. - C'est du paprika doux et raffiné.

Délicieux. - Si j'étais Premier ministre, je ne donnerais pas un seul centime aux Ukrainiens. Je mettrais fin à une relation avec l'Europe.

Ce n'est pas à Bruxelles de décider ce que je dois faire ou pas. - Le sentiment d'être hongrois et non européen, le sentiment que l'UE est un adversaire et non un allié...

L'idéologie anti-Europe de V.Orban s'affiche jusque dans les rues sur ces panneaux avec pour cible favorite: les dirigeants européens et V.Zelensky.

Une idéologie défendue par ce journal ultraconservateur. L'un des éditorialistes vedettes nous fait la visite. - Ici, une couverture sur la rencontre entre V.Orban et D.Trump début novembre.

Du point de vue de la politique hongroise, cette rencontre a été cruciale pour l'économie et l'approvisionnement énergétique du pays. - Quand D.Trump s'en prend à l'UE, cela ne lui pose pas de problème, bien au contraire. - On ne peut pas demander aux Hongrois de se renier et d'être solidaires, d'accepter une mauvaise politique européenne uniquement pour que l'Europe soit unie.

Nous n'élaborons pas notre politique étrangère en fonction des valeurs que nous partageons avec tel ou tel pays. Ce n'est pas un critère. Avec la Chine, par exemple, nous parlons coopération et investissement.

Avec la Russie, il s'agit d'énergie. Dans le cas des Etats-Unis, il s'agit de renforcer la coopération politique entre les 2 pays. - Un pays européen qui se rapproche de Washington depuis le retour au pouvoir de D.Trump.

Le maire de ce village est l'un des plus vieux élus Fidesz de Hongrie. Il connaît personnellement V.Orban et lui voit des points communs avec le président américain, comme son style très direct. - Le secret de V.Orban réside dans le fait qu'il essaie de formuler simplement ce qu'il veut mettre en oeuvre.

D'une certaine manière, contrairement à ce à quoi on est habitués dans certains domaines de la vie, où les gens tournent autour du pot, ce n'est pas le cas avec V.Orban. - V.Orban espère bien profiter de sa proximité avec D.Trump. - Je pense que c'est positif qu'il soit d'accord avec Trump sur beaucoup de choses.

V.Orban n'a pas beaucoup de partisans parmi les personnes au pouvoir, les chefs de gouvernement et les Etats. Nous devrions tous faire confiance au président américain.

Son pouvoir est bien plus important que celui de n'importe quel dirigeant européen. - Pas sûr que le soutien de D.Trump suffise.

En difficulté sur les sujets économiques et à 3 mois des élections législatives, V.Orban est devancé de 8 à 10 points par son principal opposant, selon les sondages indépendants. - C.Roux: Trump connaît les faiblesses de l'Europe, les pays sur lesquels il peut s'appuyer, dont la Hongrie? - J.-D.Giuliani: Je parlerais plutôt de personnes.

Ce sont certains mouvements politiques. Il y en a chez nous, un peu partout en Europe. C'est un sujet de préoccupation.

C'est un sujet de division. L'Europe est puissante, mais elle est puissante économiquement, et elle a négligé l'autre partie de la puissance, militaire. Economiquement, c'est 20 % du PIB de la planète.

C'est plus que la Chine et la Russie. - C.Roux: Si on reprend notre discussion du début, et si ça se tendait avec les Etats-Unis, que feraient des pays comme la Hongrie? - J.-D.Giuliani: Le reportage est...

Les Hongrois sont plus européens que ce qu'on a entendu dans le reportage. La Hongrie a voté toutes les sanctions à l'égard de la Russie. Elle est solidaire de l'UE.

Elle est en crise économique, car on a suspendu plus de 30 milliards d'euros d'argent européen pour la Hongrie. Elle est en grave crise économique. Il y a un risque que V.Orban perde les élections.

On peut toujours essayer de diviser les Européens, parce qu'on est rarement d'accord tous ensemble sur les mêmes choses. Le problème, c'est qu'un petit Etat de 10 millions d'habitants, face aux Etats-Unis ou face à la Russie ou à la Chine, ne compte pas. - C.Roux: Question. - I.Lasserre: Oui, c'est le risque.

On peut renverser la proposition. Est-ce que le Groenland ne va pas faire les frais...

On peut imaginer que certains Européens seront d'autant plus mous au Groenland pour garder D.Trump. - C.Roux: Les 2 sujets sont liés. - I.Lasserre: Oui.

Il n'y a pas forcément de fatalité. Les réactions vives mais contenues au Groenland pourraient arrêter D.Trump.

Il a quand même été influencé par les Européens. Aujourd'hui, il manifeste les jours pairs une grande animosité contre V.Poutine.

Il peut encore prendre conscience qu'il est de son intérêt d'aider les Ukrainiens, parce qu'il est de son intérêt que l'Europe soit un pôle de stabilité dans les années qui viennent. - C.Roux: Il a été sensible aux alertes...

Si on change de dossier et qu'on parle de l'Iran, du Qatar et de l'Arabie saoudite. - I.Lasserre: Emirats arabes unis, Bahreïn et aussi Turquie. 5 pays lui ont dit non, pas d'intervention militaire contre l'Iran.

Peur de la crise migratoire, d'un chaos éventuel en Iran. - C.Roux: Vos questions, maintenant.

Question. - J.-D.Giuliani: C'est une demande des Danois, qui ont demandé à plusieurs pays, dont les Suédois, les Norvégiens et les Français... - C.Roux: Question. - Gal F.Chauvancy: J'ai des doutes.

Ils obéiraient, parce qu'on doit obéir. Avant d'arriver à l'application et à la prise de décision, il y aurait beaucoup de pression interne. - C.Roux: Question. - J.-D.Giuliani: Les Groenlandais sont des Européens.

Ils ne sont pas dans le marché unique, mais ils ont plein d'accords avec les Européens. Ils ont la citoyenneté européenne. Il y a des accords de pêche.

C'est la raison pour laquelle ils n'ont pas voulu rentrer dans le marché unique. 90 % de la richesse vient de la pêche. Il y a toute une série d'accords sur l'exploitation minière, avec des critères qui ne sont pas les critères américains et qui sont respectueux de l'environnement. - C.Roux: Question.

Ce n'est pas une mauvaise idée? - D.Benoit: Pourquoi pas.

On pourrait créer une sorte de syncrétisme. L'Otan n'est pas le cadre de règlement de cette question, même si l'Otan est directement concernée. L'objet Otan n'est pas dans les discussions.

Peut-être que ça finira par être le compromis trouvé. Je ne crois pas que ce soit le désir de D.Trump. - C.Roux: C.Grand évoquait tout à l'heure une crise sans précédent pour l'Otan.

Question. Il n'y a pas de réaction. - I.Lasserre: D.Trump tweete pourtant à tort et à travers, en général.

Là, on attend. - C.Roux: Ca raconte quelque chose, qu'il n'y ait pas eu de réaction de l'administration américaine? - J.-D.Giuliani: Un petit caillou dans la chaussure. - D.Benoit: Il répond par le mépris, peut-être.

On connaît le sens de l'ironie du président Trump. Je pense que ce... - Gal F.Chauvancy: Ca montre que le coup d'arrêt a marché. - C.Roux: Question. - J.-D.Giuliani: La Pologne a des troupes américaines.

Elle est face à la Russie et en a peur. Elle a besoin de cette présence américaine. - C.Roux: D.Trump a encore des leviers très solides, dont la Pologne, en Europe.

Question. - I.Lasserre: Des troupes au Groenland pour dissuader D.Trump, c'est très important. "Ridiculiser", ce n'est pas le terme que j'emploierais.

Elle a davantage parlé qu'elle n'a agi. Elle n'a pas rempli toutes ses promesses. 4 ans après la guerre, l'Ukraine tient toujours.

C'est aussi grâce aux Européens. - C.Roux: Question. - Gal F.Chauvancy: Je vois bien une compagnie d'une centaine d'hommes venant de la brigade alpine pour occuper le terrain.

Il n'y a pas besoin de plus. On voit qu'il y a des frégates qui pourraient être déployées pour assurer cette protection des côtes groenlandaises. On a parlé de flotte aérienne.

Je ne sais pas si on peut accueillir Des avions de chasse au Groenland, mais il peut y avoir 2 ou 4 Rafale. - C.Roux: Les détails des effectifs n'ont pas été encore annoncés. - Gal F.Chauvancy: Ca montre qu'on a été pris au dépourvu et qu'il faut s'adapter. - C.Roux: Et ça montre que c'est une réaction à cette réunion à la Maison-Blanche qui s'est conclue par un "désaccord fondamental" selon les Danois.

Question. - D.Benoit: Je ne me prononcerai pas sur l'aspect politique de cette question.

Il est vrai que le président E.Macron, depuis 2017, A une constance dans son discours en matière de politique étrangère, sur la défense et sur l'Europe. Il a toujours dit qu'il fallait cultiver l'autonomie stratégique européenne.

En 2017, son discours ne portait absolument pas. En 2026, beaucoup plus. Tout le monde s'y rallie.

Beaucoup de gens, notamment l'Allemagne, dont le vice-chancelier, hier, ont parlé d'une "grave crise de la relation transatlantique qui est en train de se dissoudre". - C.Roux: Question. - Gal F.Chauvancy: Nous. - C.Roux: C'est le mot de la fin.

Merci. On retrouve A.-E.Lemoine et l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

On parle de N.Sarkozy, F.Hollande et E.Macron. 3 présidents pour évoquer un journaliste au parcours hors du commun: A.Duhamel.

France 5 lui consacre dimanche un documentaire. - C.Roux: Bonne émission.

Groenland : face à Trump, l'Europe envoie ses soldats - C dans l’air - 15.01.2026 · Pourquijevote