Richard Ferrand après le scandale Orpéa : "l'or gris, c'est pas du business"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:52OuverteRéponse directe
Dites-nous si vous avez un grand regret, une loi ou une réforme que vous auriez aimé faire et que finalement vous n'avez pas faite.
- 2:58OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui devrait être à vos yeux la grande mesure d'un éventuel deuxième mandat d'Emmanuel Macron ?
- 4:59OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous l'augmentation de la violence contre les élus et de quoi est-elle le symptôme selon vous ?
- 6:39RelanceRéponse directe
La violence contre les élus a-t-elle augmenté depuis la crise du Covid ?
- 7:02OuverteRéponse directe
Quelle est votre proposition pour lutter contre cette violence ?
- 7:38RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que ça changerait que les collectivités se portent partie civile ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:02Invité politiqueChiffre
« Songez que le niveau de chômage aujourd'hui est infiniment plus bas que là où nous l'avons trouvé en 2017. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Vous constatez que l'apprentissage fonctionne. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Nous avons mis en place pour l'accès aux soins, le reste à charge zéro en matière de soins. »
- 1:19Invité politiqueFait
« Nous avons dédoublé les classes dans un certain nombre de lieux en France où il y avait des difficultés scolaires particulières. »
- 1:27Invité politiqueFait
« Nous avons développé la scolarisation des enfants handicapés. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Nous avons créé l'index pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. »
- 1:35Invité politiqueFait
« Nous nous sommes attaqués, comme nous nous étions engagés notamment, aux violences conjugales. »
- 1:39Invité politiqueChiffre
« Nous avons créé 2000 maisons de santé et autant de maisons franc-service. »
- 2:30Invité politiqueFait
« Rappelez-vous les 5 euros d'appel. »
- 2:42Invité politiqueFait
« La réforme des retraites n'a pas rassemblé, alors que il me semble qu'elle était à la fois juste et ambitieuse. »
- 3:56Invité politiqueChiffre
« L'objectif premier, qui était l'émancipation des uns et des autres, l'attractivité de la France, qui est un succès, jamais autant d'investisseurs étrangers ne sont venus chez nous. »
- 5:26Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de 2000 plaintes qui ont été enregistrées à l'Assemblée nationale, et ça concerne 540 députés, c'est-à-dire presque tous, il y en a 577, et donc de tous les bancs, quelle que soit leur sensibilité. »
- 8:57Invité politiqueChiffre
« Parler de Waterloo, quand on a soi-même privé de 10 000 policiers et gendarmes la France, que nous, nous avons re-engagé, il faut être gonflé. »
- 13:16Invité politiqueFait
« Nous avons créé par une loi organique une cinquième branche de la sécurité sociale sur la perte d'autonomie et la dépendance. »
- 13:23Invité politiqueChiffre
« Nous avons abondé en termes de moyens de 2 milliards et demi cette nouvelle initiative qui est inaccomplie. »
- 18:22Invité politiqueFait
« Nicolas Sarkozy s'était déclaré le 15 février 2012 lorsqu'il a dit qu'il se représentait aux Français. »
- 18:30Invité politiqueFait
« Jacques Chirac le 11 février 2002. »
- 18:33Invité politiqueFait
« François Mitterrand avait attendu le mois de mars. »
Temps de parole
- Invité politique74 %
- Présentateur12 %
- Présentateur 210 %
- Présentateur 33 %
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Merci d'écouter France Inter, 8h22. France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le président de l'Assemblée Nationale. Question réaction 01 45 24 7000, passé autrement par les réseaux sociaux ou l'application mobile de France Inter. Richard Ferrand, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur France Inter. Vous êtes économe de votre parole, vous sortez rarement de votre silence. On va évoquer avec vous dans quelques instants la violence contre les élus. Elle est en pleine augmentation et vous avez des propositions sur le sujet. Mais quelques mots de bilan pour commencer tout d'abord.
Alors que le quinquennat d'Emmanuel Macron s'achève, dites-nous si vous avez un grand regret, une loi, une réforme que vous auriez aimé faire et que finalement vous n'avez pas faite.
Si vous voulez bien, je vais quand même commencer par les réussites. Car dans un bilan, il y a, vous avez raison, des choses que l'on n'a pas réussies. Il y a des choses que l'on a réussies. Songez que le niveau de chômage aujourd'hui est infiniment plus bas que là où nous l'avons trouvé en 2017. Vous constatez que l'apprentissage fonctionne. Vous constatez que nous avons mis en place pour l'accès aux soins, le reste à charge zéro en matière de soins. Que nous avons dédoublé les classes dans un certain nombre de lieux en France où il y avait des difficultés scolaires particulières. Que nous avons développé la scolarisation des enfants handicapés.
Que nous avons créé l'index pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Et que nous nous sommes attaqués, comme nous nous étions engagés notamment, aux violences conjugales. Que nous avons créé 2000 maisons de santé et autant de maisons franc-service. Et vous savez ce qui est cocasse, c'est que dans ce que je viens de vous indiquer, qui est vrai, qui est vérifiable, il y a une grande partie qui était dans les engagements qui n'avaient pas été tenus par le président précédent. Et parfois je me dis, heureusement que nous étions là pour tenir les promesses non tenues de François Hollande. Alors, sur les regrets, l'important d'abord c'est de ne pas avoir de remords.
Mais sur les regrets, par exemple la réforme institutionnelle qui n'a pas progressé. Mais il y a aussi eu un certain nombre d'erreurs au début du quinquennat. Rappelez-vous les 5 euros d'appel. Rappelez-vous qu'il y a eu un recalibrage de la politique de la ville qui depuis a été modifiée. Bref, il y a évidemment des choses qui n'ont pas abouti. La réforme des retraites n'a pas rassemblé, alors que il me semble qu'elle était à la fois juste et ambitieuse.
On va y revenir.
Donc, vous savez, dans une vie politique comme dans une vie professionnelle, il y a des choses qu'on réussit, puis il y en a qu'on ne réussit pas autant qu'on l'aurait voulu.
Qu'est-ce qui devrait être à vos yeux la grande mesure d'un éventuel deuxième mandat d'Emmanuel Macron ?
D'abord, le deuxième quinquennat que vous évoquez, c'est peut-être une espérance, mais pour l'instant, il n'y a pas de candidat, il n'y a pas véritablement de campagne, il n'y a pas encore de programme.
Certes, mais je vous demande un exercice un peu compliqué de vous projeter à plus de trois mois.
Et comme il se trouve que je ne suis pas candidat moi-même, je ne peux pas vous l'indiquer. Mais disons les choses. D'abord, je ne pense pas que ce soit une mesure qui doit comme ça... On ne se présente pas pour cinq ans pour une mesure. On doit se présenter à la fois pour dire quel est l'intérêt de la continuité, ce qu'il y aura de transformant et d'innovant si les Français venaient à donner leur confiance à celui qui se représenterait. Je crois que l'objectif premier, qui était l'émancipation des uns et des autres, l'attractivité de la France, qui est un succès, jamais autant d'investisseurs étrangers ne sont venus chez nous. C'est quelque chose à renforcer. La construction européenne.
Mais aussi, quand je parle d'émancipation, c'est par l'éducation, la formation. On voit bien que notre système de santé, il va tout de même falloir le repenser, que la politique du logement doit permettre qu'il soit mieux construit. Un peu partout en France, il y a des demandes de logement. Le poids du logement dans le budget familial est aujourd'hui trop élevé. En Ile-de-France, où nous nous trouvons ce matin, c'est particulièrement aigu.
Donc, si vous voulez, ce que je crois, c'est que beaucoup de choses ont été faites, beaucoup de choses restent à faire, mais toujours avec le même objectif, qui est l'émancipation individuelle, l'attractivité de la France, et la capacité de chacun de pouvoir choisir son destin. Ce qui est le fondement même de la démarche du président Macron.
Je le disais, Richard Ferrand, à l'instant, la violence contre les élus est aujourd'hui en pleine augmentation, en nombre et en intensité, puisqu'on parle d'agression physique et de menaces de mort. 300 plaintes ont été déposées. Pour commencer, oui. Comment expliquez-vous ce phénomène, et surtout de quoi, selon vous, est-il le symptôme ?
Si je précise un point sur les députés, mais il n'y a pas qu'il y a des députés, je pense aux maires, aux conseils départementaux, régionaux, enfin, tous les élus de France et de Navarre, il y a plus de 2000 plaintes qui ont été enregistrées à l'Assemblée nationale, et ça concerne 540 députés, c'est-à-dire presque tous, il y en a 577, et donc de tous les bancs, quelle que soit leur sensibilité.
Moi, j'ai le sentiment, mais ce n'est pas une analyse très documentée, mais je crois qu'au fur et à mesure du temps, ça ne date pas d'il y a 3 mois ou 6 mois, il y a sans doute eu, collectivement, un abandon d'un certain nombre de marques de respect à l'égard de ceux qui détiennent une certaine autorité, ou de ceux qui représentent les Français. Je veux préciser d'abord que la violence, elle est intolérable, même quand c'est pour d'autres que les élus. Les élus, c'est qui ? C'est des Français qui un jour se présentent aux autres et disent je souhaite vous représenter, je souhaite agir pour ma commune, mon département, etc. Donc, ils proposent de représenter des compatriotes.
Mais l'ampleur du phénomène, c'est un symptôme de quoi, selon vous, plus profondément ? C'est ce que je vous disais, on voit bien qu'il y a des violences également à l'égard des professeurs, qui ont du mal parfois à faire respecter leur propre autorité à l'égard des policiers.
Mais notez que depuis, notamment, la crise du Covid, c'est en augmentation notable, quand même, non ?
C'est en augmentation, mais je vais vous faire l'aveu que c'était moins bien compté auparavant. Ce qui fait que c'est difficile d'établir des comparéments. Mais oui. Donc en fait, vous relativisez la violence contre les élus ? Non, cela a augmenté, nettement. Et surtout, ce qui a augmenté, ce sont des menaces de mort explicites, et ce sont des atteintes physiques, et jusqu'au domicile des élus. Votre proposition ? Alors, d'abord, moi j'ai mis en place un système qui permet de recueillir déjà la nature des plaintes, ou autres, au sein même de l'Assemblée nationale. Plaintes, menaces, etc.
Et ce que je souhaite, c'est que les collectivités, ou les institutions dont on est l'élu, puissent se porter partie civile devant les juridictions, aux côtés des victimes individuelles. Aujourd'hui, la loi est muette sur ce sujet. Alors, il y a un arrêt de la Cour de cassation qui a admis qu'une collectivité ou une institution puisse être aux côtés des victimes qui appartient à cette collectivité ou à cette institution.
Qu'est-ce que ça changerait ?
Je souhaite que ce soit inscrit. Écoutez, vous savez, je crois qu'aujourd'hui, et je souhaite, je termine, étendre cela pour les conjoints, ou même les enfants des élus, qui, dans des communes, parfois sont mal menés à l'école, parce qu'un permis de construire a été refusé, ou je ne sais quoi. Eh bien, ce que ça changerait, c'est d'indiquer que les institutions, les collectivités, tous ceux qui cimentent notre vie démocratique sera toujours aux côtés des élus que l'on pourrait menacer. Mais d'une manière générale, disons-nous cela, en démocratie, la violence, c'est inadmissible à l'égard d'un voisin, d'un cousin ou d'un élu.
Justement, ce qui nous amène au bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron, puisqu'il n'y a pas que les violences contre les élus, les violences contre les personnes, les violences conjugales, les violences contre les policiers augmentent dans ce quinquennat. On l'a vu avec Gérald Darmanin, il y a deux jours, qui était notre invité. Du coup, la droite LR, notamment, mais aussi l'extrême droite, Pilon, parle d'un waterloo sécuritaire sur ce quinquennat, les violences d'une France orange mécanique. L'opposition LR, qui martèle que la sécurité restera le talon d'Achille de ce quinquennat. Qu'est-ce que vous répondez ?
Je trouve que c'est une débauche de grands mots et d'éloquence, qui est bien éloignée du travail qu'il faut faire sur le terrain. Parler de Waterloo, quand on a soi-même privé de 10 000 policiers et gendarmes la France, que nous, nous avons re-engagé, il faut être gonflé. Vous voyez ce que je veux dire ? Avoir comme seul regard sur la sécurité, la réinvention, la citation du Karcher, pardon, mais si je devais évoquer le travail du président Sarkozy, ce n'est pas le Karcher qui viendra en premier à l'esprit, mais plutôt sa capacité à faire face à la grande crise de 2008.
Donc vous voyez, il y a, comme toujours, beaucoup de démagogie sur ce sujet, comme toujours, la droite s'en saisit parce qu'elle pense que c'est un sujet qui lui appartient. Mais les Français aussi
sont sévères, Richard Ferrand. Un sondage IFOP pour le JDD souligne que 69% des Français jugent négatif le bilan d'Emmanuel Macron en matière de sécurité. À 75 jours de la présidentielle, comment comptez-vous lutter contre ce sentiment qui visiblement est en train de s'ancrer dans les esprits ?
C'est un sentiment et c'est aussi, dans un grand nombre d'endroits, une réalité. Donc il ne s'agit pas de nier le réel. Ensuite, évidemment, que je ne connais pas, moi, de gouvernement sortant ou un exercice qui ait eu, de la part des Français, un satisfait site sur la sécurité. Parce que, chaque fois qu'un phénomène d'insécurité dans un quartier, dans une ville ou même à la campagne, bien sûr, émerge, cela choque profondément. Alors, que faut-il faire ?
Eh bien, nous devons continuer là-dessus, à développer tout ce qui est fait en matière de prévention par Mme Hay, la ministre de la Ville, dans un certain nombre de quartiers, continuer à faire que les gendarmes et les policiers soient sur le terrain, à l'écoute de la population. Bref, c'est quelque chose qui ne tient pas un claquement de doigt, qui ne tient pas au fait que l'on dit « Ah, on va faire une loi, puis une autre loi, une autre loi », c'est pas ça, c'est beaucoup plus profond, c'est laborieux, c'est quotidien, et c'est être au plus près des réalités.
Nous avons engagé cela, bien sûr, ce n'est pas satisfaisant, je le sais, mais ce que je sais, c'est qu'il faut creuser ce sillon, et le travail que mène Gérald Darmanin à cet égard est tout à fait exemplaire, et en lien avec le ministère de la Justice, là aussi, ce type d'infractions du quotidien sont fermement réprimées.
Au chapitre social, Richard Ferrand, aujourd'hui CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs organisations de jeunesse appellent à une grande journée de mobilisation sur les salaires et l'emploi. Dans la plupart des programmes des candidats de gauche, ça n'a pas dû vous échapper, il y a la volonté d'augmenter le SMIC. L'ancien socialiste que vous êtes souhaite-t-il une augmentation du SMIC au début d'un éventuel second mandat d'Emmanuel Macron ? Le socialiste
que je suis ne le souhaite pas parce que je ne crois pas que ce soit la bonne mécanique. Parce qu'ensuite, on crée des trappes à bas salaires. D'ailleurs, on nous dit, oui, mais regardez, en Allemagne, ça augmente, etc. Oui, mais enfin, même quand M. Scholtz aura mis en place son engagement électoral, nous serons au même niveau. Donc, il ne faut pas prendre des pourcentages pour des réalités. En revanche, ce que je crois, c'est qu'en effet, les travailleurs, les salariés, ont raison de se battre pour que leur travail soit mieux rémunéré. Puisque aujourd'hui, on voit bien, nous avons un taux de croissance très élevé.
Nous avons des problèmes de recrutement de main-d'oeuvre dans beaucoup de métiers. pas simplement les métiers particulièrement difficiles physiquement. Donc, aujourd'hui, il y a une exigence de rémunération meilleure parce que les dépenses incompressibles ont augmenté. Je parlais du logement tout à l'heure. Et donc, le fait de se mobiliser me paraît nécessaire. Mais disons les choses clairement, ce n'est pas l'État, ce n'est pas l'Assemblée nationale, les députés ou autres qui fixent les salaires. C'est bien pour ça que les organisations syndicales au niveau des branches ou même dans les entreprises ont raison d'agir et de faire pression pour que le travail soit mieux payé.
Donc, syndiquez-vous, syndiquons-nous.
Richard Ferrand, les Fossoyeurs, le livre-choc du journaliste Victor Castenet, paru mercredi, décrit la situation dans les EHPAD, un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont rationnés pour améliorer la rentabilité du groupe d'EHPAD privé hors PA. Emmanuel Macron avait promis en 2018 une grande loi. Il disait à l'époque que ce sera une loi très importante, la loi sur la dépendance des personnes âgées. Vous ne l'avez pas faite. Pourquoi l'avoir abandonnée ? Est-ce que vous ne le regrettez pas ?
C'est une erreur, Mme Salamé. Nous avons créé par une loi organique...
Vous avez rajouté des mesures dans le PLFSS.
A nous de 2020, nous avons créé par une loi organique une cinquième branche de la sécurité sociale sur la perte d'autonomie et la dépendance. Et nous avons abondé en termes de moyens de 2 milliards et demi cette nouvelle initiative qui est inaccomplie. C'est-à-dire, nous n'avons pas rien fait, nous n'avons pas fini.
Vous n'avez pas fait une grande loi dédiée au montage. Non, mais c'est cela.
Il faut dire les choses. Ensuite, le sujet sur lequel vous évoquez et qui est extrêmement important, ça signifie quoi ? Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il y a quelques années, il y avait toute une série d'articles, la ruée vers l'or gris. L'or gris, c'était les personnes âgées. Et on se disait, il y a du business à faire. Eh bien, moi, ce que je crois, c'est que les établissements qui accueillent des personnes âgées dépendantes ou en perte d'autonomie ne devraient pas être à but lucratif. L'or gris, ce n'est pas du business. Je considère que tous les réseaux associatifs venaient dans le Finistère.
il n'y a qu'une, il n'y a qu'un EHPAD, pardon, une maison de retraite qui est gérée, y compris par le groupe que vous savez. Tous les autres, ce sont des grandes associations, les Amitiés d'Armor, par exemple, ou d'autres, qui ont une gestion désintéressée et qui, au fond, ne cherchent pas à faire de l'argent sur les soins et dans le même temps. Vous les nationalisez,
les EHPAD ?
Non, non, je n'ai pas dit nationaliser. Je dis simplement que les conseils départementaux qui assument la partie liée à la dépendance. Les familles payent l'hébergement et l'État paye les soins. Eh bien, je considère qu'on devrait privilégier, et dans mon département, nous l'avons toujours fait, les établissements qui sont à but non lucratif et qui ont une gestion désintéressée parce que je trouve profondément choquant que sur l'état de faiblesse de nos anciens qui doivent quitter leur domicile, eh bien, on puisse faire de l'argent. Et j'ajoute que le service, vous le dites, il est moins bon, ça coûte plus cher et au fond, ça ne rend pas service à la hauteur de ce que les familles attendent.
C'est aussi, si on entend les professionnels, un vrai problème de moyens. Vous avez mis, c'est vrai, 2 milliards d'euros dans le cadre du PLFSS du projet de sécurité sociale 2022, mais ça veut dire 10 000 créations de postes d'ici 2025, ce qui fait 2 salariés supplémentaires par établissement. Tous les professionnels vous disent qu'il faudrait au moins 5 fois plus pour s'occuper de nos anciens. Est-ce qu'il faut augmenter cette enveloppe ?
Ce qui est certain, c'est que d'abord, quand on donne ces grands chiffres, encore faudrait-il qu'il y ait des professionnels qui souhaitent exercer ces métiers. Être soignant, infirmière, ergothérapeute, enfin, tout ce qui est nécessaire pour prendre soin des anciens. Et aujourd'hui, je ne suis pas certain que l'appétence pour l'exercice de ces professions dans ces établissements soit à ce niveau, puisque là encore, les difficultés de recrutement sont absolument colossales.
Donc, j'évoquais tout à l'heure où vous me parliez les grands chantiers d'avenir, je crois que véritablement tout ce qui est relatif à la santé, tout ce qui est relatif à la prise en compte de la dépendance, du handicap, enfin, tout ce qui fait que la France est solidaire entre les uns et les autres, tout ça va devoir être à bien des égards redéfiné, repensé. Et la proposition que je fais fait partie, me semble-t-il, des éléments sur lesquels il faut réfléchir. Est-il légitime ou pas de considérer que la prise en charge des personnes âgées dépendantes puisse être une source de profit ?
Je ne le crois pas et je constate que les modes de gestion désintéressés à but non lucratif rendent un meilleur service, c'est moins cher pour les familles et c'est mieux pour les anciens.
Allez, on file au standard. On nous attend Carolina qui souhaite, je crois, ouvrir une page politique dans cet entretien. Bonjour et bienvenue.
Alors, bonjour à tout le monde. On vous écoute, bonjour. Oui, parfaitement bien. Bonjour. Voilà, donc je voudrais savoir quand commenceront le décompte du temps de parole et des frais de campagne ? D'Emmanuel Macron, j'imagine ? Ben oui, tout le monde s'est déclaré et voilà. Voilà. je trouve que ça commence à durer un petit peu et c'est dommage que, voilà.
Ben, on a bien compris, on a bien compris votre question Carolina. Merci beaucoup. Richard Ferrand vous répond.
Ben, écoutez, je ne sais pas répondre à la question de madame. Tout simplement, le temps de parole, il faudrait interroger le CSA pour savoir comment cela se fait. Est-ce que c'est à partir du moment où l'on se déclare ou est-ce six mois à l'avance ? Je ne sais pas répondre mais j'imagine que la question pourrait être évidemment enfin la réponse pourrait être trouvée. C'est un point réglementaire que j'ignore. Et ensuite, s'agissant des dépenses de campagne, ça signifie que toute action qui aura concouru ou qui aura été analysée par telle devra, comme telle, devra figurer dans le compte de campagne qui sera présenté au terme d'une campagne.
La question était au standard avec Carolina mais la droite pilonne le président. Eric Ciotti dit que c'est un scandale démocratique avec un candidat qui tranquillement fait campagne avec tout l'appareil d'État mobilisé autour de lui. Pour Gérard Larcher, le candidat ne pourra pas se cacher éternellement.
Que leur répondez-vous ? Je leur réponds que Nicolas Sarkozy s'était déclaré le 15 février 2012 lorsqu'il a dit qu'il se représentait aux Français. Jacques Chirac le 11 février 2002. François Mitterrand avait attendu le mois de mars. La présidentielle
est en mai.
Il faut aussi aller sur le fond. Très honnêtement. Nous avons encore une crise sanitaire. Nous avons une crise énergétique. Nous avons des menaces de guerre aux portes de l'Europe. Le président de la République par ailleurs assure la présidence du Conseil européen. Il ne serait quand même pas sérieux dès l'instant que ce n'est pas impératif d'imaginer que le président ne se consacre pas prioritairement à cela. Alors j'entends les autres candidats visiblement ont des loisirs. Alors même que ceux qui se présentent sont députés européens sont présidents d'une grande région de France et d'autres ont plus de temps. Soit.
Mais le président de la République doit à la fois exercer la présidence de notre pays ses responsabilités européennes et au fond par rapport au calendrier il n'y a rien si vous voulez qui soit extravagant par rapport à ce qu'ont pu faire ses prédécesseurs qui se sont représentés. Mais là encore pourquoi lancer des polémiques aussi stupides ? Je ne comprends pas que l'on veuille appauvrir le débat public à ce point alors qu'il suffit de constater que nous sommes dans notre tempo que l'histoire nous a livré jusqu'à aujourd'hui.
Allez on refile au standard. Mathieu bonjour. Oui bonjour la matinale merci de prendre ma question. Vous vous dites gilet jaune et on vous écoute. Oui effectivement maintenant ma question est complètement différente parce que M. Ferrand parlait tout à l'heure de démagogie ça tombe bien. Il y a quelques jours Olivier Faure a fait passer une résolution non contraignante pour reconnaître le génocide ouïghour en Chine. A la base c'est un tribunal qui décide qu'il y a un génocide ou pas. Et justement Mme Dumas qui est députée a déposé une résolution contraignante pour que la France réclame l'envoi d'une enquête pour vérifier s'il y a vraiment un génocide. Hier M.
Ferrand a fait retirer de l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale l'étude de cette résolution contraignante à quelques jours de l'ouverture des JO à Pékin. Eh bien j'aimerais savoir M. Ferrand pourquoi êtes-vous conciliant avec un régime qui est visiblement autoritaire et possiblement génocidaire ?
Merci Mathieu pour cette question Richard Ferrand vous répond. D'abord monsieur je vous remercie de cette question qui va enfin me permettre de lever un malentendu. L'Assemblée Nationale à l'initiative du groupe socialiste en effet a adopté à la quasi-unanimité la résolution que vous évoquez. Ensuite nous avons ce qui s'appelle la loi organique et l'article 136 du règlement de l'Assemblée Nationale qui indique que l'Assemblée Nationale ne peut pas se prononcer plusieurs fois sur des résolutions qui ont un objet identique.
Alors ensuite on dit oui mais c'est mieux présenté c'est mieux fait comme oui d'accord mais la loi organique et le règlement de l'Assemblée Nationale est celui que je vous indique. Et alors voyez-vous ce qu'il y a de détestable c'est qu'en effet j'ai découvert dans quelques articles malveillants inspirés par sans doute la personne que vous citez qui est frustrée de sa résolution de dire ah monsieur pour faire plaisir au régime chinois etc. Mais absolument pas pas un seul instant simplement figurez-vous que je suis tenu moi d'appliquer la loi organique et le règlement de l'Assemblée Nationale.
Alors de grâce pas de complotisme pas d'idée que je serais complaisant avec tel ou tel régime ceci n'a aucun sens simplement si l'Assemblée Nationale n'applique pas les lois organiques et son propre règlement c'est la fin des haricots si je puis dire.
Un mot sur les retraites vous en parliez au début de l'interview Richard Ferrand Emmanuel Macron sera le seul président à n'avoir pas fait de réforme de retraite François Hollande Nicolas Sarkozy Jacques Chirac en avait fait auparavant vous dites regretter qu'il n'y ait pas réussi à faire passer cette réforme systémique au système à points qui était selon vos mots plus juste et plus équitable aujourd'hui quand on entend Emmanuel Macron parler de ses dernières déclarations sur les retraites ce système là semble être abandonné il parle d'un décalage de l'âge de départ est-ce qu'il revient à une réforme classique et paramétrique au fond ?
vous avez cité et vous avez raison toutes les réformes qui ont été faites sous les quinquennats précédents ça montre bien qu'elles n'étaient pas pérennes puisqu'il a fallu en faire à chaque quinquennat or le but quand même ce serait qu'un jour on ait un système fiable lisible notamment pour les jeunes générations qui sachent au fond comment ça va se passer à la fin de leur carrière ce qui signifie que la liste de ces réformes passées démontre bien qu'il est temps d'organiser les choses de manière durable et pérenne c'est le premier point le second point c'est que l'ambition qu'avait la réforme que nous avons proposée faisait que à terme à terme je dis bien à terme au fond nos compatriotes qui sont les grands perdants c'est à dire ceux qui ont une carrière hachée ceux qui ont travaillé un peu dans le public qui ont été commerçants puis dans le privé qui ont eu un congé maternité ou qui ont eu une perte de chômage ceux-là ils sont les grands perdants par rapport à ceux qui ont une carrière linéaire et ascendante
elle est toujours sur la table cette réforme Macron
ou non ?
nous avons compris nous avons pris acte que ce que nous avions mis sur la table faisait que l'angoisse de potentiels perdants dans leur esprit ce qui n'était pas le cas s'opposer violemment à la réforme évidemment personne ne manifeste pour dire ah c'est formidable ça va aller mieux pour moi on manifeste quand on est contre rarement quand on est pour sauf pour quelques causes sociétales si je puis dire alors moi je reste j'ai bien compris que ce système serait difficile à porter cela étant nous savons qu'il nous faudra travailler plus ou plus longtemps ne serait-ce que pour équilibrer sur le plan budgétaire mais moi je ne désespère pas de faire une réforme qui soit juste et équitable alors si c'est le système à point si on arrive à un consensus tant mieux si on fait autrement on fera autrement mais je reste convaincu qu'il faut une réforme durable qui permette à un jeune de 20 ans de savoir comment ça va se passer à la fin de sa carrière mais qui soit plus juste qu'aujourd'hui ce que nous avons en place
d'un mot l'entretien se termine Emmanuel Macron avait pris un engagement au Louvre au soir de son élection au terme de son mandat les français disaient-ils n'auraient plus envie de voter pour l'extrême droite aujourd'hui elle est entre 30 et 35% dans les sondages d'intention de vote quelle responsabilité portez-vous Richard Ferrand dans cet état de fait
tous les démocrates de ce pays portent une part et donc je prends la mienne de responsabilité dans le fait que l'appétence pour l'extrême droite puisse être aussi élevée mais vous savez Emmanuel Macron c'est une des raisons de son élection en 2017 c'est parce que la gauche du gouvernement était un champ de ruines et que la droite l'était tout autant je constate 5 ans après que ça n'a pas changé et donc je pense que le fait de ne pas travailler politiquement de ne pas réfléchir de ne pas créer une vision un projet qui puisse entraîner les français font mieux regretter le climat de gauche-droite font qu'il n'y a pas aujourd'hui d'offres politiques construites sur notre droite ou sur notre gauche la droite est un champ de ruines
aujourd'hui ? vous trouvez que la droite est un champ de ruines ?
écoutez quand on fait cohabiter sous le même toit de monsieur Ciotti qui préfère Zemmour à Macron et des centristes je me dis que tout ça est un aéropage totalement incohérent quand on gagne les municipales et les régionales on n'est pas forcément en tout cas ce que moi je pense c'est qu'il n'y a pas d'alternative démocratique républicaine construite de sorte qu'aujourd'hui nous avons rassemblé de gauche et de droite mais ceux qui ont refusé ce rassemblement n'ont pas su construire une offre politique face à l'extrême droite et donc nous le combat si je puis dire de conviction continue et c'est nous qui sommes aux premières loges pour le mener merci monsieur le président
de l'Assemblée Nationale merci à vous
merci Richard Ferrand
d'avoir été à notre micro ce matin merci à vous
merci à vous merci à vous merci à vous