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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 26 novembre 2025 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSécuritéDéfenseEnvironnement & énergie

Roland Lescure va étudier "de potentielles baisses de taxes" pour faire baisser le prix de l'énergie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:05RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'un argument permet de penser que la France aura un budget voté d'ici au 31 décembre ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Pensez-vous vraiment à la possibilité que ça se termine sur un vote ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Quels sont les scénarios possibles si le budget n'est pas voté ?

  • 3:56RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'à la fin, ce n'est pas un moindre mal de se dire « on va reconduire d'une année sur l'autre » ?

  • 5:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce serait un danger pour l'économie française qu'il y ait une loi spéciale ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Quels scénarios de baisse des prix de l'électricité sont envisagés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:13InvitéChiffre
    « l'électricité en France, c'est 40% moins cher que de l'autre côté du Rhin. C'est moins cher qu'ailleurs en Europe. »
  • 9:58InvitéChiffre
    « on a complété cette semaine le financement de nos dettes publiques pour l'année 2025. Plus de 300 milliards d'euros qui sont passés sur les marchés. »
  • 12:27InvitéFait
    « Madame 49.3, la pauvre Elisabeth Borne, qui a quand même gouverné la France pendant deux ans du mieux possible. »
  • 16:44InvitéFait
    « Fnac, ce n'est pas un commerçant comme un autre. Vous l'avez dit, c'est des biens culturels. »
  • 17:08InvitéFait
    « Ils vont rester un actionnaire à 20 et quelques pourcents dormant, aucun droit de gouvernance, aucun impact sur la gestion de l'entreprise. »
  • 18:20InvitéFait
    « il faut se protéger contre les invasions de produits, en l'occurrence venant de Chine, qui sont du véritable dumping. »
  • 18:33InvitéFait
    « on a obtenu que la commission lance une enquête et augmente les tarifs douaniers sur l'acier. »
  • 20:30InvitéFait
    « Stellantis a annoncé l'arrêt brutal de ses projets hydrogène. »
  • 21:56InvitéPromesse
    « on prolonge le bonus automobile l'année prochaine, il sera même augmenté. Si vous achetez un véhicule électrique fait en France, fait en Europe, vous avez jusqu'à 5700 euros de primes. »
  • 23:05InvitéFait
    « ça dépend du chemin que vous mentionnez donc là il y aura un chemin et une volonté mais moi j'ai fait le service militaire en 1987 ça ne me rajeunit pas. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Roland Lescure19 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 24 %
  • Présentateur 23 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h24 sur France Inter. France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin le ministre de l'économie et des finances. Vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France. Bonjour Roland Lescure.

0:20
Roland Lescure

Bonjour.

0:20
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin dans un moment de grande instabilité politique qui pèse sur l'économie. On a beaucoup de sujets à aborder avec vous, la plateforme chinoise Chine. Au tribunal aujourd'hui, la taxe foncière, ce plan qu'on nous annonce pour faire baisser les prix de l'électricité. Mais d'abord, le budget et cet introuvable compromis. Hier soir, les sénateurs ont rétabli la réforme des retraites. Ils vont aujourd'hui voter un budget de la sécurité sociale qui ressemble au texte initial du gouvernement. Alors au fond, Roland Lescure, les sénateurs, ils font ce que vous auriez voulu. Vous les remerciez ?

0:55
Invité

Un détail près, ce n'est pas un petit détail, c'est, vous l'avez dit, la réforme des retraites. Le gouvernement a souhaité inscrire dans le texte la suspension de la réforme des retraites comme un gage de volonté d'un compromis. Moi, je suis convaincu que si on doit pouvoir se mettre d'accord sur ce qu'on appelle les comptes de la Sécu, le PLFSS c'est quoi ? C'est les comptes de la Sécu. Si on n'est pas capable de se mettre d'accord sur les comptes de la Sécu, ça va être compliqué de se mettre d'accord sur le reste. Et donc, on a ce qu'on appelle une commission mixte paritaire aujourd'hui où les sénateurs et les députés vont tenter de se mettre d'accord. J'espère qu'ils vont le faire.

1:27
Présentateur

Mais sauf qu'on a deux copies radicalement différentes entre l'Assemblée et le Sénat.

1:30
Invité

Exactement. Et si ce n'est pas le cas, la procédure budgétaire est très claire. C'est l'Assemblée qui aura le dernier mot. Et j'espère bien que ce dernier mot sera positif. Qu'on arrivera à voter un budget de la Sécu parce que, au fond, d'abord c'est notre quotidien à tous et à toutes. Et je suis persuadé qu'on est capable de trouver un compromis autour de ça. Ensuite, il y aura le budget de l'État, ce qu'on appelle le projet de loi de finances. Mais commençons déjà par nous mettre d'accord sur les comptes de la Sécu. Je suis sûr que c'est possible.

1:55
Roland Lescure

Roland Lescure, ceux qui nous écoutent ce matin sans doute ont du mal à comprendre ce qui se passe autour de ce budget. Puisque Florence le disait, des copies radicalement différentes. La dernière fois qu'il y a eu un vote à l'Assemblée nationale, une partie du budget de l'État a été rejetée. Et 404 voix contre seulement, une voix pour. Est-ce que ce matin, vous pouvez nous donner un seul argument qui permettrait de laisser à penser que la France aura un budget voté d'ici au 31 décembre ?

2:16
Invité

Mais d'abord, il y a eu un vote avant celui auquel vous faites référence sur le projet de loi de financement de la Sécu qui a été positif. Donc, il y a aujourd'hui une majorité de l'Assemblée pour voter un budget de la Sécu. Puis il y a une large majorité de l'Assemblée pour rejeter un budget qui n'est clairement pas celui dont les députés veulent. On l'a dit, on l'a redit, dans ce budget, il y avait à peu près tout et n'importe quoi. Notamment en termes de hausse d'impôts votée par les insoumis d'un côté et les reines de l'autre qui n'avaient aucun sens. Donc, on sait, on connaît maintenant le budget que l'Assemblée ne veut pas.

Le défi des quatre semaines qui viennent, trois semaines qui viennent, c'est de se mettre d'accord sur un budget dont l'Assemblée veut. Là aussi, moi, je suis persuadé que c'est possible. Dans tous les états du monde, on y arrive. Ça prend du temps, ça prend des compromis. Il faut faire des pas les uns vers les autres.

3:01
Roland Lescure

Vous pensez vraiment à la possibilité que ça se termine sur un vote ?

3:04
Invité

Mais bien sûr, j'y crois. Pourquoi ? Parce qu'on est dans une négociation. Quand vous négociez, vous exprimez des convictions. Mais ensuite, je ne vais pas... Allez, si je vais le faire, je vais citer Mao Zedong. Quand il y a une volonté, il y a un chemin. Aujourd'hui, moi, je vois qu'il y a une majorité de l'Assemblée nationale qui est prête à faire ces compromis. On n'a pas l'habitude en France. Donc, c'est un peu dur. Ça fait un peu mal, y compris à nous, d'ailleurs.

3:27
Roland Lescure

Le ministre de l'Économie et des Finances qui cite sur France Inter, Mao Zedong, je pense que ça fait partie du bingo qu'on peut cocher. Juste sur les scénarios possibles, ils sont assez simples. Soit le budget est voté, s'il ne l'est pas, pour qu'il y ait un budget, soit il y a des ordonnances, soit il y a un 49-3, soit il y a ce qu'on appelle une loi spéciale. Et de plus en plus, cette hypothèse d'une loi spéciale monte. Une loi spéciale, ça veut dire reconduire d'une année sur l'autre le budget de cette année. Vous avez par exemple Bruno Retailleau, le patron des Républicains, qui vous dit « Entre un mauvais budget et une loi spéciale, moi, je préfère une loi spéciale.

» Est-ce qu'à la fin, ce n'est pas un moindre mal de se dire « Eh bien, on va reconduire d'une année sur l'autre ? »

4:01
Invité

Bon, deux choses là-dessus. Un, moi, je ne souhaite pas écrire à la fin du film avant qu'il soit tourné. Et on est en train de le tourner. Mais je vais quand même répondre à votre question. Je reste persuadé qu'on peut avoir un budget, et que ce budget, il ne sera peut-être pas idéal ni pour Bruno Retailleau ni pour Olivier Faure, mais ce sera un budget de compromis qui permettra de converger. La loi spéciale, ce n'est pas la formule magique ou la solution à tous nos problèmes. Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, la loi spéciale, ça consiste à, en fait, reprolonger le budget de 25 en 26. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que si on veut financer, par exemple, l'effort de défense, ce n'est pas possible. On a prévu plus de 6 milliards d'euros pour financer notre effort de défense. On l'a vu avec Pierre Aski tout à l'heure, on est dans un monde quand même très compliqué. Ce n'est pas possible. Les petits colis, vous savez que j'ai beaucoup travaillé, ni compris au niveau européen, pour convaincre le fait que la franchise de taxes sur les petits colis de Chine et d'autres, c'est terminé. Ça, on l'a voté. On a voté une taxe sur les petits colis. S'il y a une loi spéciale, il n'y a pas de taxes sur les petits colis. Donc, la loi spéciale, on l'a connue l'année dernière.

5:02
Roland Lescure

Oui, et au gouvernement, vous nous expliquez que ça allait être épouvantable, que les cartes vitales allaient arrêter de fonctionner, disait Elisabeth Borne. Bon, à la fin, l'économie française s'en est remise d'une loi spéciale.

5:09
Invité

Oui, enfin, ça nous a coûté un peu d'argent au passage, des milliards d'euros. La loi spéciale s'est reculée pour mieux sauter.

5:14
Présentateur

C'est surtout qu'il faut rediscuter de toute façon. Exactement. Il faut bien trouver un accord derrière.

5:17
Invité

J'allais y venir, merci. S'est reculée pour mieux sauter. Parce que, vous prolongez le budget pendant un mois, deux mois, trois mois, mais in fine, ce budget-là, il ne tient pas un an. Parce qu'il faut financer des dépenses nouvelles, il faut financer le financement de la dette, et donc, il faut reprendre les discussions budgétaires avec un budget forcément dégradé. Donc, voilà, on a les moyens...

5:39
Roland Lescure

Est-ce que ce serait un danger pour l'économie française qu'il y ait une loi spéciale ?

5:41
Invité

En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que si on a un budget voté, Sécu et État, ce sera une bonne nouvelle pour l'économie française, parce qu'aujourd'hui, on a des incertitudes politiques qui génèrent des inquiétudes économiques, il faut les lever. La croissance, pour l'instant, elle est bonne, il faut que ça reste comme ça.

5:57
Présentateur

Alors, ça aussi, c'est le budget, le budget des ménages. Roland Lescure, le Premier ministre, vous a demandé de plancher sur des scénarios de baisse des prix de l'électricité. On l'a appris hier soir, on parle des prix que payent les Français, les entreprises, de quoi s'agit-il ?

6:12
Invité

Alors, d'abord, vous savez qu'aujourd'hui, l'électricité en France, c'est 40% moins cher que de l'autre côté du Rhin. C'est moins cher qu'ailleurs en Europe. Pourquoi ? Parce qu'il y a 50 ans, il y a des leaders politiques qui ont décidé de lancer un grand plan d'investissement dans les centrales nucléaires qui nous permettent aujourd'hui d'avoir l'électricité la plus décarbonée d'Europe et la moins chère d'Europe. Donc, la première chose que me demande le Premier ministre, c'est de lui faire des propositions pour continuer ses engagements. On appelle ça la programmation pluriannuelle de l'énergie. C'est un peu technique. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire quel est le grand plan d'investissement qu'on a envie de faire dans les mois, trimestres, années qui viennent, pour financer des nouveaux réacteurs nucléaires, pour financer des énergies renouvelables. Parce que ça, c'est la seule garantie de prix d'électricité faible dans les décennies qui viennent.

6:54
Roland Lescure

Mais ça, Roland Lescure, ça prend du temps. Là, ce que vous dit Sébastien Lecornu, est-ce qu'il y a, pour ceux qui nous écoutent ce matin, une perspective à court terme de baisse des prix de l'électricité ?

7:04
Invité

Ce que me dit le Premier ministre, c'est deux choses. Un, il faut travailler sur ce grand plan à long terme, c'est la seule manière. Et deux, il faut éviter les formules magiques. J'ai vu que le Rassemblement National votait une baisse de la TVA sur l'électricité. Ça coûte une fortune, ça ne sert à rien. Et donc, de regarder de manière sérieuse des amendements qui, aujourd'hui, tournent. Il y en a au Sénat, il y en a à l'Assemblée, pour baisser ce qu'on appelle les assises sur l'électricité.

7:26
Roland Lescure

Ce sont des formes de taxes, oui.

7:27
Invité

Qui sont des formes de taxes. Mais je dirais, ça, c'est directement l'État qui le prend. S'il voulait baisser, c'est une baisse de la facture. Le problème qu'on a, et comme sur toutes les mesures qui sont bonnes à regarder, c'est comment on finance. Moi, devant chaque plus, je veux un moins. Et donc, il faut qu'on trouve les manières de financer de potentielles baisses de taxes de manière à potentiellement baisser les factures d'énergie. Moi, je le dis depuis le début, je suis un peu le garant du cadre. On a parlé d'un déficit inférieur à 5%. Je ne fais pas ça pour me faire plaisir. Je fais ça parce que si on n'est pas en dessous de 5%, on ne sera pas en dessous de 3% en 2029.

On n'arrivera pas à financer nos priorités stratégiques. Il faut qu'on arrête d'augmenter la dette publique française.

8:05
Roland Lescure

Et donc, vous n'excluz pas de baisser les taxes sur l'électricité ?

8:08
Invité

Moi, d'abord, quand le Premier ministre me demande de regarder quelque chose, en général, je le fais. Et puis, évidemment, il y a des amendements aujourd'hui parlementaires. Vous savez que la discussion parlementaire est plus importante que jamais. Évidemment, on les analyse.

8:19
Présentateur

Alors, il y a une autre question au sujet du portefeuille des Français. C'est la taxe foncière. Elle doit augmenter pour plus de 7 millions de logements. Votre collègue ministre Vincent Jean Brun, hier, a dit que le gouvernement souhaitait suspendre cette augmentation. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin qu'il n'y aura pas d'augmentation de la taxe foncière en 2026 ?

8:38
Invité

Bon, d'abord, il y a beaucoup de bêtises qui ont été dites sur cette mesure qui est avant tout une mesure technique. On actualise les bases. On le fait tous les ans.

8:45
Roland Lescure

Ce qui aboutit à ce qu'elle augmente pour 7 millions de gens.

8:47
Invité

Ce qui aboutit à ce qu'elle baisse pour certains, elle augmente pour d'autres. Et je le répète, j'espère que tout le monde en est conscient, la taxe foncière, elle ne vient pas dans ma poche. Elle est dans la poche des collectivités locales. Et donc, pour voir la manière dont on fait évoluer cette mesure, on consulte les collectivités locales. Elles viennent aujourd'hui à Bercy. Elles vont nous dire si stop ou encore, elles veulent ou elles ne veulent pas. Et on en tirera les conséquences. Mais aujourd'hui, ce n'est pas l'État qui cherche à faire les poches des Français.

Il adapte techniquement, comme tous les ans, une mesure qui va dans les poches, si je puis dire, des collectivités locales. Si elles n'en veulent pas, clairement... Donc suspension ? On va écouter les collectivités locales. Moi, je ne décide pas à leur place. Donc si elles souhaitent la suspendre, je pense qu'on les écoutera.

9:27
Roland Lescure

Encore un mot rapidement, Roland Lescure, avant de retrouver Frédéric Ostandard, sur cette proposition des socialistes au Sénat qui veulent instaurer un emprunt obligatoire. C'est une révélation de nos confrères des Echos pour les 20 000 foyers les plus riches, ce qui permettrait à l'État de lever 5 à 6 milliards d'euros. Est-ce que ça, c'est une bonne idée, un emprunt forcé pour les plus aisés ? Ah, je vous vois lever les sourcils en studio. Non, mais je lève les sourcils,

9:48
Invité

pourquoi ? Parce que si vous voulez, le ministre des Finances, quand il se lève le matin, il y a quand même pas mal de problèmes à régler. Heureusement, il y en a un qui ne lui pose pas de problème, c'est le financement de la dette. Je peux vous annoncer qu'on a complété cette semaine le financement de nos dettes publiques pour l'année 2025. Plus de 300 milliards d'euros qui sont passés sur les marchés. Aujourd'hui, les gens continuent à prêter à la France et c'est tant mieux.

10:10
Roland Lescure

Donc, pas besoin d'un emprunt forcé.

10:11
Invité

Donc, a priori, pas besoin d'un emprunt qui plus est forcé. Que les socialistes soient nostalgiques des années Mitterrand, je le comprends. La dernière fois qu'on a fait ça, c'était le gouvernement Montrois en 1983. Qu'on puisse examiner toutes les formes, allez, je dirais, créatives, innovantes de financement de la dette de l'État, pourquoi pas ? Mais attention, aujourd'hui, je n'ai pas de problème de financement. Je ne compte pas en avoir l'année prochaine non plus.

10:35
Présentateur

Un prêt à tout zéro, ça ne vous intéresse pas ?

10:36
Invité

Surtout, s'il est forcé, je pense que ça ne donnerait pas forcément un message très positif.

10:41
Roland Lescure

Donc, pas d'emprunt forcé pour la position du ministre

10:42
Invité

de l'Économie et de la finance. Effectivement, pas d'emprunt forcé.

10:45
Présentateur

Alors, Roland L'Escur, on en vient à Chine. La plateforme au tribunal à 11h ce matin a signé... Ah bah oui, on devait prendre un éditeur. Ah bah écoutez, on va le prendre et puis on parle de Chine après. Alors, on a Frédéric. Bonjour Frédéric, bienvenue. J'ai failli vous oublier, pardonnez-moi. Il n'y a pas de mal. Bonjour à un terme. Roland L'Escur, bonjour. Bonjour. Pensez-vous pas qu'en renonçant à ses responsabilités, je pense à l'abandon du 49.3, et en ayant renoncé à organiser lui-même des compromis en amont sur un programme.

Ne pensez-vous pas que le gouvernement, en fin de compte, cherche à faire retomber sur les parlementaires la responsabilité d'un échec annoncé sur le vote du budget, en fin de compte, la responsabilité de la crise économique que nous vivons et qui incombe, bien entendu, à votre camp et à la gestion, à votre gestion depuis au moins 7 ans ?

11:40
Invité

Non mais d'abord, merci pour votre question parce qu'elle est assez pertinente. On a changé de méthode. On est dans une... Non mais c'est vrai parce que ça peut surprendre. Pendant deux ans, on déresponsabilisait les parlementaires. On en disait votez ce que vous voulez, de toute façon, c'est nous qui choisissons, on va vous faire un 49.3 et puis stop ou encore, vous décidez si vous maintenez le gouvernement ou pas. Là, on a inversé la responsabilité et donc vous avez raison, on partage la responsabilité d'un budget avec les parlementaires. C'est la moindre des choses dans une démocratie parlementaire.

S'ils ne souhaitent pas faire de compromis, le Premier ministre a été très clair, ce sera tant pis pour eux et tant pis pour nous.

12:13
Roland Lescure

Parce que ce que dit aussi Frédéric, c'est est-ce que ce n'était pas une erreur de se priver du 49.3 ? Est-ce que l'idée de se dire un 49.3, on se met d'accord avec les socialistes, un compromis, ce n'est pas une meilleure idée pour assumer d'avoir un budget ?

12:22
Invité

Alors, on nous l'a reproché suffisamment pendant deux ans et demi. Madame 49.3, la pauvre Elisabeth Borne, qui a quand même gouverné la France pendant deux ans du mieux possible. L'année dernière, le 49.3 sur le budget. C'était une demande des socialistes. Nous, on souhaite continuer à débattre un budget à 149.3. On y fait gré et on dit ok, banco, on y va. Ça complique le débat, c'est vrai. Mais je pense que ça le rend plus légitime, plus juste, plus responsable.

12:49
Roland Lescure

Pas de 49.3. Roland Lescure, parlons de la plateforme Chine au tribunal à 11h ce matin puisque vous avez assigné cette plateforme après l'affaire des poupées pédoponographiques et des armes vendues qui étaient en vente sur son site. Vous demandez une suspension de trois mois avant une réouverture éventuelle sous condition. À quoi ça sert cette assignation ? Est-ce que vous attendez vraiment de la justice qu'elle suspende la plateforme pendant trois mois ?

13:12
Invité

Ça sert, j'allais dire, au minimum à marquer le coup. Ils ont dépassé les bornes. Vous l'avez dit, on a vendu n'importe quoi sur une plateforme. Des poupées pédoponographiques, des armes interdites, ils ont dépassé les bornes. Et en plus, ils nous ont montré qu'ils étaient incapables de contrôler ce qu'on appelle leur place de marque.

13:26
Roland Lescure

Sauf qu'ils ont retiré ce qu'on appelle la marketplace, c'est-à-dire précisément ces objets non-vestimentaires qui posaient plus que problème.

13:33
Invité

Exactement. Ils ont reconnu qu'ils étaient incapables de contrôler ce qu'ils vendaient sur leur marché. Vous imaginez un marché à Paris ou à Bourgogne-Jailleux où le vendeur vous dirait « Écoutez, excusez-moi, je vous vends des trucs interdits, mais je ne savais pas, on me les a mis dans mon camion. » Donc, il faut quand même fermer la plateforme. En tout cas, c'est ce que nous, on demande, effectivement.

13:51
Présentateur

Mais ça sert à quoi de suspendre trois mois ?

13:53
Invité

Pourquoi faire ? Trois mois, le temps qu'ils montrent qu'ils sont capables de contrôler ce qu'ils vendent sur cette plateforme. Aujourd'hui, le règlement européen, mais la moindre des choses, c'est que quand on vend des choses interdites, on prenne le temps de s'assurer que ce ne sera plus le cas.

14:11
Présentateur

Alors, c'est Chine, mais pas seulement puisqu'on nous informe ce matin que l'État porte plainte contre AliExpress et Joom, deux autres plateformes pour le même motif, la vente de poupées pédopornographiques.

14:21
Invité

Bien sûr, ce qu'on a décidé de faire au fond, j'allais dire, c'est presque idiot à le dire, mais il faut le dire quand même, c'est d'appliquer la loi. Quand vous vendez des choses interdites, on demande votre suspension. C'est le juge qui décidera, au juge de décider, mais le rôle du gouvernement, c'est quand même d'appliquer la loi. On l'applique en France, on l'applique en Europe également, on a saisi la Commission européenne, on change la taxation de ce qu'on appelle les petits colis pour éviter qu'il y ait des avantages induits. Bref, on fait feu de tout bois pour que ces plateformes se comportent

14:49
Roland Lescure

comme les autres commerciaux. Juste sur Chine, Michel-Éloire Leclerc dit que c'est le bal des aveugles, il dénonce une forme d'hypocrisie. Pour ceux qui nous écoutent et qui peut-être penser faire leurs achats de Noël sur le site Chine, là vous leur dites, si jamais la justice décide de vous suivre, ça ne sera pas possible. Non mais je leur dis... Et là je ne parle évidemment pas des produits comme les poupées pédopondant graphiques ou comme les arbres, je parle du textile.

15:08
Invité

Ou pour ailleurs, ce n'est pas terrible. Non mais j'entends l'argument pouvoir d'achat. Donc ces plateformes permettent d'avoir accès à des produits pas chers et j'allais dire que ça fait partie du commerce moderne. Ça ne peut pas se faire à n'importe quel prix. Je pense que vos auditeurs comprennent que si le prix à payer pour acheter des t-shirts à 1 euro pour Noël, c'est qu'on se retrouve dans le Far West où on vend tout et n'importe quoi à des ados, à des jeunes adultes parce que ceux qui vont sur Chine, c'est plutôt des jeunes. Mais non, ça... Non mais beaucoup... Oui mais alors 2 euros

15:41
Présentateur

sur les petits colis, pardon, mais ce n'est pas hyper déçu.

15:44
Invité

Alors on a d'abord mis ça en place au niveau français. Si on avait mis plus tout seul, les petits colis seraient rentrés par ailleurs. Mais surtout, moi j'ai obtenu qu'au niveau européen, on accélère dès 2026 une réglementation qu'on avait prévue en 2028 qui était d'arrêter la franchise douanière, donc de pouvoir mettre une taxe plus importante en Europe. Alors... On agit en français, on agit en européen.

16:05
Présentateur

Roland Lescure, il y a un autre sujet de souveraineté en ce moment sur lequel vous êtes focalisé puisque le géant de l'e-commerce chinois, JD.com, pourrait devenir le deuxième actionnaire du groupe Fnac Darty qui est le premier vendeur de livres en France face aux risques stratégiques notamment concernant les données clients du groupe. Vous avez activé à Bercy ce qu'on appelle la procédure de contrôle des investissements étrangers en France. Le groupe chinois a dû déposer une demande d'autorisation préalable. Est-ce que vous allez lui accorder cette entrée au capital de Fnac Darty ? Est-ce que la souveraineté française est en danger dans cette affaire ?

16:44
Invité

En tout cas, Fnac, ce n'est pas un commerçant comme un autre. Vous l'avez dit, c'est des biens culturels. Et on est très sensibles en France, peut-être plus qu'ailleurs, à cette exception culturelle. Et donc, moi, j'ai échangé avec le groupe JD qui intervient de manière indirecte dans Fnac. Ils ont acheté une entreprise en Allemagne qui elle-même est actionnaire de Fnac. Un, pour les sensibiliser au caractère culturel du commerce en question et deux, pour poser des conditions. Ils les ont acceptées. Ces conditions, elles sont très simples. Ils vont rester un actionnaire à 20 et quelques pourcents dormant, aucun droit de gouvernance, aucun impact sur la gestion de l'entreprise.

En fait, Fnac.com demain, ce sera la même chose que Fnac.com hier. On passe d'un actionnaire allemand à un actionnaire chinois qui n'aura aucun impact ni sur la gestion de la gouvernance. Et ils l'ont bien compris, en fait. Autant il y a des plateformes avec lesquelles on a des débats parfois un peu conflictuels. Là, je reconnais qu'on est capable d'attirer des investisseurs qui comprennent ce que c'est que la France.

17:39
Roland Lescure

Donc, vous allez leur donner cette autorisation.

17:40
Invité

Et qui joue le jeu. Et donc, s'ils jouent le jeu, évidemment, la France serait ouverte à ceux qui jouent le jeu. On n'est pas un pays qui est en train de se refermer. Ce n'est pas à n'importe quel prix. On a nos conditions. Quand on les respecte, on garde la porte ouverte. Et j'allais dire, c'est tant mieux.

17:53
Roland Lescure

Roland Lescure, demain sera examinée à l'Assemblée nationale la niche parlementaire de la France insoumise, c'est-à-dire une succession de textes à leur initiative. Il y aura notamment une proposition de loi pour nationaliser ArcelorMittal en France. Arcelor qui produit deux tiers de l'acier français. Cette nationalisation, ça coûterait à peu près 3 milliards d'euros. Est-ce que c'est une solution pour sauver l'acier français quand on voit que l'entreprise ArcelorMittal s'est, ces dernières années, progressivement désengagée d'un certain nombre de sites industriels ?

18:19
Invité

Non, mais ces 3 milliards d'euros, c'est surtout pour garder une aciérie en France et en Europe. D'abord, un, il faut se protéger contre les invasions de produits, en l'occurrence venant de Chine, qui sont du véritable dumping. Nous, on a obtenu que la commission lance une enquête et augmente les tarifs douaniers sur l'acier. Ça, c'est bien. Deux, il faut que l'acier se décarbone. Ces 2 milliards d'investissements, qui va payer ça ? C'est encore l'État français ? Donc on va faire un chèque de 3 milliards qui ne changera rien à la compétitivité de l'acier européen.

On va remettre 2 milliards pour décarboner, tout ça, sans changer quoi que ce soit à ce qui se passe aujourd'hui et au défi majeur de l'acier. C'est un écran de fumée.

19:00
Roland Lescure

Pardon Roland, l'escure, mais quand on regarde d'autres exemples européens, vous avez en Grande-Bretagne des hauts fourneaux qui ont été mis sous tutelle par l'État. Il s'est passé la même chose en Italie il y a un an. En Italie, ce n'est pas exactement un gouvernement communiste puisque c'est le gouvernement de Georgia Meloni qui a décidé de mettre sous tutelle le site de Tarente qui est d'ailleurs aussi la propriété d'ArcelorMittal. Quand vous avez des exemples comme ça autour de vous, il n'y a qu'en France que ce n'est pas possible de prendre le contrôle d'acierie pour protéger

19:24
Invité

l'acier français. Je vous rappelle quand même que c'est le gouvernement Édouard Philippe qui avait nationalisé les chantiers de l'Atlantique. Non, aujourd'hui, le problème, ce n'est pas un problème de capital, c'est un problème de compétitivité. Ce n'est pas parce que l'État va faire un chèque de 3 milliards qui en passant faudra financer quelque part qu'on va changer la compétitivité. Aujourd'hui, on a un aciériste global qui reste investi en France, qui souhaite décarboner ses fours, qu'on accompagne dans cet effort. J'allais dire, c'est très bien. Continuons.

Moi, je préfère effectivement des aciéries compétitives à l'international plutôt que des aciéries nationalisées qu'on va éteindre petit à petit parce qu'on n'aura pas les moyens d'investir dans leur avenir. C'est un vrai schisme de fond avec la France insoumise. On n'est pas d'accord sur la manière de gérer l'économie et ça, je l'assume totalement.

20:10
Présentateur

Puisqu'on parle industrie, on a une question de Pierrick à Lyon. Bonjour Pierrick, bienvenue. Vous avez une question à poser sur une des grandes filières de l'industrie française.

20:20
Invité

Oui, bonjour la grande matinale et bonjour monsieur Roland. Bonjour. Donc voilà, je voulais vous interroger sur l'avenir de la filière hydrogène automobile. Donc en juillet, Stellantis a annoncé l'arrêt brutal de ses projets hydrogène. Donc descend dans une grande incertitude l'entreprise Saint-Bieux qui fabrique des piles à hydrogène à Lyon qui a construit une gigafactory pour subvenir aux commandes de ce grand constructeur automobile. Et donc suite à l'arrêt de ce programme, cette nouvelle laisse dans une grande incertitude les 530 employés de l'entreprise.

Et je voulais vous interroger sur la position de l'État français et qu'est-ce que vous comptez faire pour assurer la souveraineté industrielle de la France et de la filière hydrogène dans un contexte que je rappelais qui est assez compliqué pour l'automobile.

21:14
Présentateur

Merci Pierrick.

21:15
Invité

Alors merci Pierrick. D'abord, un sur Symbion, on travaille avec les actionnaires pour s'assurer qu'on assure la pérennité du site. On y reviendra, j'espère, très bientôt. Mais plus généralement sur l'hydrogène, vous avez raison, il y avait un peu un mirage qui semble s'estomper et donc il faut se focaliser sur ce qui marche dans l'hydrogène. Ce qui marche dans l'hydrogène, c'est ce qu'on appelle la mobilité lourde, les camions, les trains, c'est l'industrie, on parlait d'ArcelorMittal tout à l'heure, on a les moyens de remplacer le charbon qui permet de faire de l'acier par de l'hydrogène.

21:44
Présentateur

Mais non pas la voiture.

21:45
Invité

Il faut investir. La voiture à hydrogène, si vous voulez, déjà moi je veux qu'on continue à soutenir la voiture électrique et je peux vous l'annoncer, on prolonge le bonus automobile l'année prochaine, il sera même augmenté. Si vous achetez un véhicule électrique fait en France, fait en Europe, vous avez jusqu'à 5700 euros de primes. Ça, il faut continuer à le faire. Donc ça c'est une annonce

22:02
Roland Lescure

ce matin,

22:04
Invité

le bonus électrique il est maintenu en 2026, il est même augmenté jusqu'à 5700 euros, donc un peu plus de 1000 euros par véhicule, ça dépend de votre revenu. Donc je ne vais pas rentrer dans le détail des paramètres. Mais aujourd'hui, le véhicule électrique le plus vendu en France c'est une Renault 5 faite à Douai. Soyons-en fiers et continuons à accompagner ce qu'on appelle l'électrification des usages de manière à ce qu'on continue à investir dans l'électricité décarbonée, pas chère et faite en France.

22:30
Roland Lescure

Roland Escur, juste avant de vous poser une question sur le service militaire, puisque nos auditeurs connaissent bien Mao Zedong et autres, ils nous font remarquer et ils ont raison que quand il y a une volonté il y a un chemin, ce n'est pas Mao Zedong mais c'est... Alors Olivier nous dit Lénine et Hubert nous dit qu'en fait c'est une situation qui est attribuée à tort à Lénine mais qu'en fait on la doit à William Aslitt voilà, when there's a will there's a way où il y a une volonté.

Il y a un chemin, une question sur le service militaire puisque Emmanuel Macron demain devrait annoncer un service militaire volontaire avec un dispositif qui devrait monter en puissance 10 000 personnes, d'abord 50 000 par an, combien ça va coûter ?

23:05
Invité

Ben ça dépend du chemin que vous mentionnez donc là il y aura un chemin et une volonté mais moi j'ai fait le service militaire en 1987 ça ne me rajeunit pas. On est dans un exercice totalement différent là.

On souhaite que des gens qui sont dans la société civile qui ont pour certains d'entre eux des compétences réelles en technologie, en intelligence artificielle ou peut-être en mécanique puissent contribuer au développement de notre armée, puissent s'impliquer de manière temporaire et volontaire c'est important dans le développement de notre armée pour à la fois qu'on fasse nation et qu'on soit en lien avec notre armée et puis qu'on continue à développer je dirais une armée compétitive, forte et capable de faire face aux défis d'aujourd'hui.

23:45
Roland Lescure

Les coûts estimés ça pourrait être jusqu'à 2 milliards d'euros par an. On parlait il y a quelques instants de la possibilité de nationaliser ArcelorMittal c'est-à-dire 3 milliards d'euros. Est-ce qu'on a les moyens de dépenser jusqu'à 2 milliards d'euros par an pour mettre en place un service militaire volontaire ?

23:57
Invité

En tout cas ce dont je suis convaincu c'est qu'il faut qu'on choisisse nos priorités et qu'aujourd'hui la priorité une des priorités importantes en tout cas c'est la défense nationale. On est face à un monde géopolitique complètement bouleversé. On a un vrai risque aux portes de l'Europe un projet de développement de notre industrie de défense mais c'est avant tout un enjeu de souveraineté et de protection. On est là c'est le rôle majeur de l'Etat pour protéger nos concitoyens.

24:25
Présentateur

Merci Roland Lescure

24:27
Invité

ministre de l'économie et des finances. Je trouverai une citation de Maud Sétou.

24:31
Présentateur

Votre père était journaliste à l'humanité.

24:33
Invité

C'est vrai, c'est vrai. Le pauvre s'il savait je ne pense pas qu'il serait très fier de son fils.

24:37
Présentateur

Merci, merci monsieur le ministre.

24:39
Invité

L'invue presse à suivre.