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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 16 décembre 2024 7 minContradictoireActualité / polémiqueLogementÉconomie & entreprises

Meublés touristiques à Paris : "Réduire le nombre de jours maximum" où une résidence principale peut être louée, "n'apportera aucun logement additionnel sur le marché", estime le PDG d'Airbnb France

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27InvitéFait
    « On pourra mettre en location sa résidence principale sur Airbnb à Paris pour une durée de 90 jours maximum dans l'année contre 120 aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur33 %

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0:01
Invité

France Info.

0:04
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous Clément Olry.

0:07
Invité

Bonsoir Yves-Alain Raymond.

0:08
Présentateur

Vous êtes le directeur général d'Airbnb France. Demain, le Conseil de Paris doit adopter une série de mesures visant à réduire et à réguler les locations de courte durée dans la capitale. En gros, à partir du 1er janvier, on pourra mettre en location sa résidence principale sur Airbnb à Paris pour une durée de 90 jours maximum dans l'année contre 120 aujourd'hui. Est-ce qu'à votre avis, c'est une bonne idée ?

0:34
Invité

Non, absolument pas. Qu'est-ce que c'est ? C'est une mesure de plus qui s'additionne aux différentes mesures drastiques qui ont été prises par la mairie de Paris depuis 8 ans. Mais cette fois-ci, elle s'attaque aux résidences principales avec un objectif, selon ce qui est dit, un objectif de logement. Or, on comprend bien qu'une résidence principale, qu'on réduise le nombre de jours maximum qu'elle peut être louée, n'apportera aucun logement additionnel sur le marché.

0:57
Présentateur

3 mois, c'est déjà pas mal. Si on peut louer sa résidence principale, 3 mois dans l'année, c'est déjà beaucoup.

1:03
Invité

Je vous confirme que les gens qui louent leur résidence principale entre 90 et 120 jours, c'est une très faible minorité de l'activité d'Airbnb à Paris. Cependant, on parle de gens qui ont des vraies situations. Premièrement, une étudiante avec laquelle j'ai parlé récemment, qui a le droit et qui s'est accordée avec son propriétaire pour louer quand elle est en vacances, ce qui lui permet de garder son bien sur plusieurs années. Est-ce qu'on a envie de lui interdire ça ? Je pense que le sujet, c'est quoi ?

1:26
Présentateur

Non, mais tout le monde, il n'y a pas que des étudiants qui vivent dans des studios et qui vont avoir un complément de refus.

1:30
Invité

J'ai beaucoup d'autres exemples, des gens qui voyagent pour raisons professionnelles. Le sujet, c'est quoi ?

1:34
Présentateur

Le sujet, c'est de mettre davantage de logements sur le marché locatif longue durée.

1:38
Invité

Exactement. Est-ce que réduire le nombre de jours qu'une résidence principale peut être louée, est-ce que ça va libérer des logements ? Non, puisque ce sont déjà des résidences principales.

1:45
Présentateur

Donc, ça ne sert à rien.

1:46
Invité

Ça ne sert absolument à rien. Ça n'aura aucun impact positif sur le logement. Ça aura, en revanche, des impacts négatifs sur le pouvoir d'achat de ces gens, sur la capacité à garder leurs biens à Paris quelques fois, et aussi sur l'activité économique des commerces. Qu'est-ce que je remarque ? Ce que je remarque, c'est que depuis huit ans, l'ensemble des mesures que la mairie de Paris a prises sous couvert d'objectifs de logement n'ont en fait, malheureusement, pas permis aux Parisiens de pouvoir mieux se loger aujourd'hui qu'auparavant. Les prix immobiliers et des loyers ont continué à augmenter.

Et dans le même temps, ce que je remarque aussi, c'est que la destination Paris pour les touristes, notamment les familles françaises et étrangères qui viennent à Paris, celle-ci s'est enchérie.

2:20
Présentateur

Oui, mais on voit quand même que la mairie de Paris estime de son côté à 25 000 le nombre de meublés touristiques loués illégalement dans la capitale et prévoit de doubler l'amende pour transformation illégale le faisant passer de 50 000 à 100 000 euros. Donc, vous contestez ces chiffres.

2:34
Invité

Alors, les amendes, en effet, contrôle et amende, très bien.

2:36
Présentateur

Ça aura un effet dissuasif.

2:38
Invité

Mais dissuasif de quoi ? Je vais vous citer un chiffre que je n'ai jamais vu, j'aimerais le voir. Une des propositions que je me permets de faire, c'est de dire, voilà, faisons une mission qui permet de regarder la situation et notamment l'impact, une étude d'impact des mesures contre l'allocation de meublés touristes depuis 8 ans. On est très loin de ces chiffres.

2:58
Présentateur

Ce n'est pas la seule ville à mettre en place ce type de mesures. Londres l'a fait avant elle, Stuttgart, Barcelone, énormément de capitales européennes et de grandes villes européennes mettent en place ce type de mesures.

3:09
Invité

Prenons l'exemple de New York, par exemple.

3:11
Présentateur

Oui, mais là, moi, j'ai parlé de villes en Europe.

3:13
Invité

Très bien. Alors, prenons le cas de l'ensemble de ces villes. Dans l'ensemble de ces villes, le résultat est le même. Premièrement, pas plus de logements sur le marché. La vacance reste aussi forte. Deuxièmement, les prix des loyers et de l'immobilier augmentent. Troisièmement, les prix des hôtels augmentent. Pourquoi ? Parce que quand on réduit l'offre d'accueil touristique, quand on réduit une offre d'accueil, les prix augmentent parce que la demande reste. À Barcelone, vous preniez l'exemple.

3:39
Présentateur

En fait, quel est l'impact sur concentration ? De façon hallucinante, plus 70% en disant.

3:43
Invité

Exactement. Sur Paris, plus 77% le prix des chambres d'hôtels sur 6 ans.

3:47
Présentateur

Donc, ça ne fera pas baisser le prix des loyers et ça ne maintiendra pas des habitants dans les centres-villes, ce qui est aussi l'objectif des élus. On comprend leur intention.

3:54
Invité

Évidemment. Et moi, j'appelle à des mesures efficaces. C'est pour ça qu'une mesure d'impact, une étude d'impact pour savoir l'impact des mesures qui ont été prises me semblerait utile. Autre proposition. Premièrement, pourquoi toucher à la location occasionnelle ? Il s'agit de pouvoir d'achat sans aucun impact sur le logement. Donc, résidence principale, ne pas baisser le nombre de jours. Deuxièmement, des quotas sur les résidences secondaires qui sont en fait dédiées toute l'année à la location au biais de tourisme. Vous savez, ces investissements locatifs.

4:16
Présentateur

Mais là, ce ne sont pas les mesures que prennent les villes.

4:19
Invité

Je demande qu'on change les mesures. Je demande à la mairie de Paris de réfléchir et de regarder l'impact des mesures et de réfléchir à un autre cadre réglementaire pour Paris afin de, premièrement, libérer des logements. Deuxièmement, permettre aux touristes, aux familles qui viennent à Paris en tourisme pour pouvoir en profiter un tourisme abordable.

4:36
Présentateur

La vérité, Clément Ellery, c'est que vous avez peur que Paris ne soit que la première d'une série de villes qui prennent derrière elle ce type de mesures puisqu'il y a une loi qui a été adoptée par le Parlement il y a quelques mois et qui permet aujourd'hui aux villes de renforcer leur arsenal anti-Airbnb, pardonnez-moi l'expression.

4:56
Invité

Le sujet, comme je l'ai dit depuis des mois, c'est les mesures efficaces. Dans la loi qui a été votée...

5:02
Présentateur

Vous avez donc peur qu'il y ait d'autres villes qui s'y mettent ?

5:04
Invité

Il y a des mesures efficaces possibles dans l'arsenal. Premièrement, des quotas. C'est pour ça que j'ai décidé de partager l'ensemble des données aux maires de façon à ce que quartier par quartier ils puissent savoir combien il y a de résidences principales, combien il y a de résidences secondaires.

5:16
Présentateur

Vous avez mis en place un outil d'aide à la décision à des élus il y a quelques semaines.

5:20
Invité

Afin que s'il y a besoin dans certains quartiers d'établir des quotas sur les locations de biotourisme elles puissent être prises ces mesures. En revanche, prendre des mesures qui n'auront aucun impact sur le logement et seulement un impact sur le pouvoir d'achat négatif je ne vois toujours pas l'intérêt.

5:34
Présentateur

Alors dernière question d'actualité avant le 1er janvier, il y a le nouvel an et vous avez mis en place des mesures pour éviter les fêtes qui dérapent. Est-ce que ça arrive souvent et est-ce que la France est particulièrement concernée ?

5:44
Invité

Alors je regardais les chiffres alors déjà on arrive aux fêtes et on va pouvoir en partager ce moment ensemble et le faire chez quelqu'un dans un logement c'est quand même agréable.

5:52
Présentateur

Mais pas dans un logement Airbnb où ça dérape.

5:55
Invité

Cependant, les fêtes sont interdites sur Airbnb je vous le confirme. Et c'est pour ça qu'il y en a si peu. Pourquoi ? Parce qu'on s'engage très fortement. Plusieurs choses. Premièrement, notre système permet d'identifier a priori avec une très bonne probabilité la propension de telle ou telle innovation à devenir une fête. Dans ce cas-là, elle est annulée tout de suite. Deuxièmement, les voisins par l'usage d'une adresse e-mail voisinage-arrobas-airbnb.com peuvent signaler si jamais il y a du bruit. Et troisièmement, on s'engage aussi à fournir des détecteurs de bruit dans les logements.

Donc en fait, on parle d'un sujet où on peut tout à fait profiter des fêtes de fin d'année mais dans le calme et dans le respect de chacun. Mais de toute façon, les voyageurs sur Airbnb sont très respectueux parce qu'ils sont chez des gens qui les accueillent.

6:38
Présentateur

Merci beaucoup Clément Ellery, directeur général d'Airbnb France, invité éco de France Info ce soir.

Meublés touristiques à Paris : "Réduire le nombre de jours maximum" où une résidence principale peut être louée, "n'apportera aucun logement additionnel sur le marché", estime le PDG d'Airbnb France · Pourquijevote