Capitale européenne de la culture en 2028, Bourges fera "très attention" à l'environnement, assure son maire
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6h21, Bourges, la préfecture du Cher, deviendra en 2028 capitale européenne de la culture. C'est seulement la cinquième ville française à accéder à ce titre très convoité. Et c'est en grande partie grâce à vous, Yann Gallu. Bonjour. Bonjour. Vous êtes le maire de Bourges. Vous avez appris la bonne nouvelle hier soir. La nuit a été courte ?
La nuit a été courte, mais comment dirais-je, quand on a la chance et l'honneur de devenir capitale européenne de la culture, ça n'a pas trop d'importance. J'ai peu dormi. C'était pour la bonne cause. Mais voilà, exactement.
Vous étiez en concurrence avec trois autres villes, Rouen, Montpellier et Clermont-Ferrand. Qu'est-ce qui a fait la différence ?
Je pense que ce qui a fait la différence, c'est que nous sommes une ville à taille humaine. Nous sommes une petite ville. J'avais en face de moi de très beaux projets, de très bons maires.
64 000 habitants, c'est ça ?
Voilà, 64 000 habitants face à des métropoles régionales. Et on a proposé un modèle de développement culturel différent de nos amis de Rouen, Clermont-Ferrand, qui jouaient dans une autre division. On a proposé vraiment une campagne, une capitale sobre, une capitale qui fait très attention à l'environnement, au développement durable.
C'est les deux points. C'est la taille, la plus petite candidate avec le plus petit budget aussi, et la candidature au sobre.
Voilà, la candidature au sobre. Et on a proposé des thématiques qui ont profondément intéressé, je pense, l'Europe et le jury. Vous savez, ce qu'on a dit au jury, c'est qu'en 2028, on ne pourra pas vivre une capitale européenne comme elles se sont vécues auparavant. On va être dans un moment où la transition écologique va être fondamentale. Je vous donne un exemple très concret. Dans les années précédentes, notamment à Marseille, les gens sont énormément venus en avion. Nous, on considère qu'en 2028, on ne viendra pas en avion à Bourges. On viendra...
Ça veut dire aussi que vous n'avez pas un aéroport gigantesque.
Exactement. Mais beaucoup auraient pu venir à Paris en avion et puis descendre à Bourges. Nous, ce qu'on dit, c'est que pour venir à Bourges en 2028, par exemple, vous allez prendre le train. Et notamment les trains de nuit à travers l'Europe. Et à travers ces trains de nuit, on va faire des offres artistiques. Donc, on a vraiment, vraiment proposé un projet alternatif de développement durable.
Alors, passons au contenu, justement, de ce projet. Dans 5 ans, Bourges aura un autre visage, c'est ça ?
Oui, Bourges aura un autre visage parce que Bourges sera plus attractive, plus développée. Alors, on ne va pas faire de grandes infrastructures. On va réutiliser des lieux qui étaient abandonnés pour certains pour créer...
Des rénovations.
Voilà, on va faire plus des rénovations. Mais on va aussi faire... Une capitale européenne, c'est une fête. Vous savez, moi, j'ai le printemps de Bourges chaque année. Le printemps de Bourges, ça dure une semaine. Là, en gros, c'est pendant un an. Vous allez avoir le printemps de Bourges pendant un an. Mais vous allez aussi avoir des grandes expositions. Vous allez avoir du théâtre de rue. Vous allez avoir plein, plein de choses pendant un an. Et ça va être un moment formidable.
Vous avez cité le printemps de Bourges. C'est sans doute ce qui est le plus connu dans votre ville. La cathédrale aussi, bien évidemment. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Quelles sont les autres richesses que vous souhaitez faire découvrir ?
D'abord, il y a les richesses patrimoniales. On a l'une des plus belles cathédrales de France. On a les marées. Mais aussi, on a la maison de la culture qui a été la première maison de la culture inaugurée par André Malraux en 1963. Et puis, on a 400 maisons à Colombage. On a un centre-ville extraordinaire. Donc, on est vraiment les porteurs de ces villes françaises qui sont des belles villes. Et vous savez qu'après le Covid, ce sont ces villes à taille humaine, ces villes moyennes qui sont mises en avant où les gens ont envie d'aller. Et on vit une culture de proximité. Donc, je pense que ça, c'est très important.
Et il y a une enveloppe, bien évidemment, qui va avec quand on est capitale européenne de la culture. Combien va vous donner l'Europe ?
Alors, elle ne va pas nous donner grand-chose de manière directe. 1,5 million d'euros sur un budget de 45 millions d'euros, mais sur plusieurs années. Ce n'est pas qu'en 2028. On commence le budget à partir de maintenant jusqu'en 2029. Donc, l'Europe va nous donner 1,5 million d'euros, mais elle va nous permettre d'avoir accès à d'autres financements européens qu'il va falloir aller chercher.
D'accord. Donc, il n'y a pas que cette enveloppe-là.
Non.
Financement français aussi ?
Bien sûr. Alors, on a demandé 12 millions d'euros au ministère de la Culture. Toutes les villes ont mis ce chiffre-là de 12 millions d'euros.
Et vous pensez qu'il y aura un vrai retour sur investissement ?
Oui, mais de manière incroyable. Vous savez, pour préparer cette candidature, j'ai pris mon bâton de pèlerin et j'ai été dans de nombreuses villes européennes qui ont eu le titre. J'étais, par exemple, à Matera. Matera a été une ville italienne, a été capitale européenne de la culture en 2019. Ils ont, l'année où ils ont eu ce titre-là, ils ont multiplié le tourisme par 10 et après, ils ont maintenu à 4 fois plus de touristes qu'avant. Donc, c'est vraiment un pouvoir d'attractivité incroyable. Il faut savoir...
Il y a eu des ratés quand même. Porto, les chantiers n'étaient même pas finis
quand il y a eu des 2 000 capitaux. Oui, mais c'était les premières, quelque part. Ces dernières années, toutes les capitales européennes ont été une réussite. J'étais à Veszprem, en Hongrie, qui est capitale européenne actuellement. Le maire de Veszprem me disait... Moi, par exemple, à Bourges, j'ai un vrai problème de médecin. D'ailleurs, je lance un appel. Si des médecins veulent rejoindre Bourges, on les accueille avec grand plaisir. Le maire de Veszprem, en Hongrie, qui est capitale actuellement, en 2023, me disait, puisque j'ai été rencontré, me disait que quand il a été capitale européenne de la culture, eh bien, il a vu des médecins débarquer.
Il avait 45 postes à son hôpital où il n'y avait pas de médecin. Eh bien, aujourd'hui, il refuse des médecins. Il a eu plus de 60% d'étudiants inscrits à son université. Donc, c'est un vrai pouvoir d'attractivité.
Donc, ce n'est pas qu'un développement culturel, c'est la culture qui va permettre de développer la ville au sens large.
Exactement. Vous savez, moi, quand j'ai été élu en 2020 à Bourges, il fallait que je trouve des idées pour développer la ville. Donc, j'ai tout misé sur la culture, mais parce que la culture, il y a aussi une économie de la culture. Nous, on va... Alors, il y a aussi une notion très importante, c'est qu'on veut créer la cité internationale des auteurs et des artistes à Bourges. Je veux que Bourges devienne le Villa Médicis d'Europe. Donc, cette notion de mettre en avant les auteurs et les artistes dans notre candidature, elle est fondamentale pour aussi attirer.
Dernière question, est-ce que vous allez augmenter les impôts pour financer ce projet ? Pas du tout.
Pas du tout. Je peux vous garantir, j'ai pris cet engagement. On n'augmentera pas les impôts, mais on ira chercher de l'argent parce qu'on va aussi avoir des mécènes. D'ailleurs, je salue par exemple Olivier Monin. Les sirops Monins qui sont à Bourges ont été notre premier mécène.
Merci Yann Gallu, maire de Bourges, capitale, future capitale européenne de la culture, ce sera en 2028. Merci de votre invitation. Bonne journée à vous.