Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis la Conférence des Nations unies sur l’Océan à Nice.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Emmanuel MacronFait
« il y a quand même un grand absent, ce sont les Etats-Unis »
- 0:30Emmanuel MacronFait
« La première puissance maritime n'est pas là. La deuxième puissance maritime au monde, c'est la France. »
- 1:00Emmanuel MacronFait
« On a la Chine qui est présente au niveau très haut, gouvernemental, et on a tous les pays qui comptent pour ce combat. »
- 2:00Emmanuel MacronPromesse
« On l'a signé il y a quelques mois. J'annoncerai demain qu'il va enfin pouvoir entrer en vigueur parce qu'on s'est mobilisé et qu'on a assez de ratifications. »
- 3:00Emmanuel MacronChiffre
« La barre des 60 est atteinte, ça y est ? Elle sera dépassée. »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« La France a été aux avant-postes pour interdire le plastique à usage unique. On l'a fait, ça a été une vraie révolution. »
- 5:00Emmanuel MacronChiffre
« On a multiplié par plus de quatre la baisse des émissions de CO2 par an. Quand j'ai été élu en 2017, on réduisait de 1 % par an les émissions de CO2. L'année dernière, on les a baissé de plus de 4,5 %. »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« MaPrimeRénov' est suspendu. Je pense qu'il faut qu'il y ait un travail rapide pour qu'elle soit remise en place, parce qu'il y a des ménages qui en ont besoin. »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« Les océans, ils capturent à peu près un quart du CO2 qu'on émet. Les océans, ils absorbent une bonne partie, une majorité de la chaleur qui est dégagée. »
- 11:00Emmanuel MacronChiffre
« On a une centaine d'États qui sont représentés, on a une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, on a toutes les organisations internationales. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[…] il y a quand même un grand absent, ce sont les Etats-Unis. Ce que vous déplorez ce soir ? Alors, les Etats-Unis, finalement, ont décidé d'être représentés, à un niveau qu'on appelle technique et de travail, mais il y a le chef du bureau de la Maison-Blanche en charge de l'environnement.
Aucun ministre, pas même Donald Trump- C'est tout à fait vrai, mais ce n'est pas une surprise. On sait la position de l'administration américaine sur ces sujets. Est-ce que ça doit nous empêcher de bouger ?
Non, je suis, je vous le dit toujours, très stoïcien en la matière. J'estime que nous, on doit faire ce qui est en notre capacité et entraîner le maximum de monde. La première puissance maritime n'est pas là.
La deuxième puissance maritime au monde, c'est la France. Grâce à nos territoires ultramarins et en particulier la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, notre Guyane, nos Antilles, la Réunion, Mayotte. Et il y a eu des décisions très fortes qui ont été prises par le gouvernement polynésien, et puis tout le reste du monde est là.
On a la Chine qui est présente au niveau très haut, gouvernemental, et on a tous les pays qui comptent pour ce combat. Et vous lui dites quoi, à Donald Trump, ce soir ? Je lui dis la même chose qu'en 2017 : Ça ne nous arrêtera pas.
Et donc moi, je respecte, le peuple américain a élu le président Trump. D'abord, je pense que c'est bien qu'il y ait une présence, c'est mieux que la chaise vide, et ensuite on va continuer à avancer. Ça ne nous a pas empêchés de signer un traité pour protéger la haute mer.
Vous savez, ça fait quinze ans qu'on attendait de signer un traité pour protéger la haute mer. On l'a signé il y a quelques mois. J'annoncerai demain qu'il va enfin pouvoir entrer en vigueur parce qu'on s'est mobilisé et qu'on a assez de ratifications.
Donc ça ne bloque pas le travail. La barre des 60 est atteinte, ça y est ? Elle sera dépassée.
Ah bon, elle sera dépassée ? [INAUDIBLE] Exactement. C'est-à-dire, plus précisément ?
Non mais je vais le dire demain, je ne vais pas, je ne vais pas… Vous avez des instruments de ratification finaux qui ont été déposés et des engagements fermes auprès de l'ONU et de la présidence qui seront déposés. Et donc, les deux nous permettront de dire qu'à l'horizon de l'Assemblée générale des Nations Unies, ça entrera en vigueur. Donc, ça, c'est une mobilisation très forte.
Est-ce que vous soutenez la proposition de Pierre Cazeneuve qui consiste à interdire les bouteilles d'eau de moins de 50 centilitres en France ? Je pense que nous avons...
Aujourd'hui, les parlementaires travaillent et il y a beaucoup de choses qui ont été faites. La France a été aux avant-postes pour interdire le plastique à usage unique. On l'a fait, ça a été une vraie révolution.
On l'a passé avec la loi dite AGEC qui était le fruit de la convention citoyenne, c'est ça. On a passé aussi des choses pour améliorer les systèmes de consigne. Il faut maintenant le mettre en œuvre.
On n'y est pas encore. On a des chiffres de consigne qui varient selon les régions et qui ne sont pas forcément très bons. Et après, je pense que c'est le travail du gouvernement et des parlementaires de continuer d'avancer.
Ce qui est vrai, c'est qu'on doit, en tout cas à chaque fois qu'on interdit quelque chose, avoir des solutions alternatives. Et on doit réussir, partout où il y en a, à enlever le plastique à usage unique et surtout à recycler le plus rapidement possible. [INAUDIBLE] le recyclage des bouteilles en plastique.
Mais parce qu'on n'a pas mis en place encore les systèmes de consigne. Pardon de le dire aussi bêtement que ça, mais il y a des pays qui l'ont fait en deux ans et ils ont réussi à arriver au résultat. La loi est passée.
Moi, je trouve que ce qui est formidable dans la période que nous sommes en train de vivre, c'est que beaucoup de gens qui m'ont expliqué qu'on n'avait rien fait sur le climat découvrent au fond qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites au moment où ils sont en train de les détricoter. Vous visez qui ? Tous ceux, y compris d'ailleurs l'extrême gauche qui a voté la suppression des ZFE, non, [INAUDIBLE] est plutôt cohérent et il a plutôt été toujours derrière.
Mais je pense que depuis huit ans, on a une action d'écologie concrète. Alors pour les uns, ça ne va pas assez vite, pour les autres, ça va trop vite, et j'essaie, moi, que le pays avance dans une même direction. Mais on a multiplié par plus de quatre la baisse des émissions de CO2 par an.
Quand j'ai été élu en 2017, on réduisait de 1 % par an les émissions de CO2. L'année dernière, on les a baissé de plus de 4,5 %. Ce n'est pas c'est pas tombé du ciel, c'est qu'on a changé les pratiques, c'est qu'on a investi sur les énergies renouvelables et le nucléaire, c'est qu'on a commencé à changer les pratiques dans nos entreprises, c'est qu'on a accompagné des ménages pour changer leur véhicule ou pour changer leur logement.
Justement, pour changer les logements, ça sera bientôt plus possible ? MaPrimeRénov' est suspendu. Je pense qu'il faut qu'il y ait un travail rapide pour qu'elle soit remise en place, parce qu'il y a des ménages qui en ont besoin, en particulier des ménages modestes, et que cette rénovation des logements, j'étais dans le bassin minier il y a quelques jours, on a rénové plus d'une dizaine de milliers de logements.
Les gens vous interroge là-dessus ? Mais les gens ont surtout remercié, dans le bassin minier, parce que ce sont des familles qui n'ont pas beaucoup d'argent, qui vivent dans des conditions très dures. Personne n'a envie de vivre dans des logements où il y a ce qu'on appelle de la précarité énergétique.
Parce que très concrètement, ça veut dire que vous avez très chaud l'été et que vous avez très froid l'hiver, et que vous dépensez beaucoup d'énergie pour un peu compenser. Donc c'est utile et ça crée de l'activité. Il y a des retours en activité, en emploi et en TVA, donc c'est de la bonne dépense, c'est de la dépense d'investissement.
Simplement, il faut qu'on soit tous conscients que notre société vit une transition. On doit accompagner cette transition, et donc c'est ça aussi le combat pour nos océans. Et ce que je veux vous faire comprendre avec cette mobilisation extraordinaire, c'est que tout ce dont on parle est lié.
Et les océans, c'est au cœur de cette bataille pour le climat. Pourquoi ? Parce que les océans, ils capturent à peu près un quart du CO2 qu'on émet.
Les océans, ils absorbent une bonne partie, une majorité de la chaleur qui est dégagée. Donc c'est un système de refroidissement naturel. Les océans, c'est un trésor de biodiversité.
Et donc pour toutes ces raisons, si on recule sur l'océan, c'est-à-dire si on les pollue, si on fait de la pêche illégale et en trop grande quantité, si on ne préserve pas leur biodiversité, ça nous fait reculer sur la bataille biodiversité, ça nous fait reculer sur la bataille climatique. Et qui est obsédé par les faits divers et l'invasion du pays plutôt que par la biodiversité ? Beaucoup trop de notre débat public collectif.
Bruno Retailleau ? Non, mais je ne juge pas… Mais je trouve… Regardons, soyons lucides avec nous-mêmes. Chaque jour, on court après des événements, des petites polémiques.
Je trouve que… Essayons collectivement d'avoir un débat où on progresse, c'est-à-dire de se dire qu'on vit dans une société qui a des défis, on a un défi démographique, écologique, technologique, d'unité du pays parce qu'il y a en effet de la violence, mais qui vient aussi de divisions, qui vient… Bon, tout ça, ce sont des problèmes de fond. Et moi je trouve que dans nos débats publics, d'abord, on s'intéresse qu'à ce qui va mal, et on a cette espèce de passion pour le drame permanent, et pas assez aux débats qui nous permettent collectivement de faire mieux. Moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'on fasse collectivement mieux.
C'est-à-dire, qu'est-ce qui va nous permettre d'être mieux ensemble, de vivre mieux ensemble ? Qu'est-ce qui va nous permettre de mieux protéger notre biodiversité, de moins émettre de CO2, d'accompagner nos enfants pour qu'ils soient mieux éduqués ? C'est ça les débats qu'on doit avoir.
Un peu de poésie, Monsieur le Président. Quand avez-vous pour la première fois entendu battre le cœur de l'océan ? J'ai eu la chance de grandir dans une famille qui m'a élevé en Picardie, en Picardie et les Hautes-Pyrénées.
Et j'ai été dans la baie de Somme tout enfant. Donc moi j'ai des souvenirs de mer. Ce n'est pas l'océan, mais c'est l'estuaire de la Somme, avec un parc magnifique qui est le Marquenterre, que je recommande à tout le monde.
J'ai connu cette mer salée et les marées. Ce n'était pas la Méditerranée, c'est cette mer, celle de mon enfance. Mais moi, je suis...
J'ai besoin de voir la mer, je trouve ça formidable, et je trouve que ce qui est extraordinaire, c'est à quel point, il suffit de voir une carte, elle lie les peuples. Et ce qui est, je veux dire, je veux que vous touchiez ça du doigt, on est à un moment de notre géopolitique qui est très difficile. Vous avez commencé par m'interroger sur les Etats-Unis, à juste titre.
C'est-à-dire qu'on a un discours ambiant climatosceptique tenu aux Etats-Unis, on a des pays qui en profitent pour se détourner du combat climatique et on a, du coup, un débat ambiant même dans notre pays, on le voit bien, il y a une forme de recul. C'est un travail formidable qui a été fait par tous ceux qui ont préparé cette conférence. Parce que c'est à la fois une remobilisation de la France, de tous ces territoires ultramarins, j'étais très fier d'être aux côtés des Polynésiens, des Calédoniens, Des Réunionnais, des Antillais, des Guyanais, mais c'est aussi inédit.
On n'a jamais rassemblé dans l'histoire de l'humanité autant de monde pour les océans. C'est-à-dire qu'on a une centaine d'États qui sont représentés, on a une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, on a toutes les organisations internationales. Il n'y a jamais eu cela dans notre histoire.
Et donc la France doit être très fière. Et Nice peut être très fière d'accueillir une conférence de cette taille, de cette ampleur, qui va permettre cette mobilisation. Parce que d'ores et déjà, on a eu des résultats grâce à cette conférence, je le disais, on n'aurait pas eu la signature et demain la ratification de cette protection de la haute mer sans cette conférence, on n'aurait pas réussi à monter cette coalition pour le moratoire sur l'exploitation des grands fonds marins, on n'aurait pas remobilisé la science internationale et les financements avec la mission Neptune, et on n'aurait pas réussi à mobiliser autant contre la pêche illégale et non mesurée.
Donc voilà, et on continue ! Merci beaucoup ! Merci beaucoup et bonne soirée.