Chrysoula Zacharopoulou : "Face aux violences économiques, le personnel des banques doit être formé"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Que vous ont-elles raconté ? Que subissent-elles exactement ? Que sont ces violences économiques ?
- 1:12OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on sait combien de femmes sont concernées ? Est-ce qu'on connaît leur profil ? Ou est-ce que ça transcende par exemple les classes sociales ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Alors comment on fait pour les contraindre ces femmes-là ?
- 2:29OuverteRéponse partielle
Quelle est la proportion, quel est le chiffre sur ces femmes victimes de violences économiques ? Est-ce qu'on peut le savoir ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui va pouvoir me rendre de l'autonomie financière ? Elles passent par quoi, les solutions de votre groupe de travail ?
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Parce qu'aujourd'hui, les auteurs sont impunis, c'est ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« Les violences économiques, c'est une des manifestations de la domination de l'homme sur la femme dans un couple. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Il contrôle les dépenses, empêche la femme d'utiliser la carte bleue. »
- 1:10Invité politiqueFait
« On a tous les profils. »
- 1:45PrésentateurChiffre
« la moitié des victimes, ce sont des femmes qui ont un salaire. »
- 2:47Invité politiqueChiffre
« C'est un 20% des femmes qui évoquent ces violences économiques. »
- 2:54Invité politiqueFait
« elles parlent des chantages économiques, elles parlent des contrôles des dépenses, et aussi interdiction d'exercer une activité professionnelle. »
- 3:09Invité politiqueChiffre
« 8 femmes sur 10 qui vont à travailler, elles disent qu'elles sont affectées négativement au travail »
- 3:51Invité politiqueFait
« la nécessité de définir et godifier les violences économiques dans la loi pour faciliter les poursuites. »
- 4:54Invité politiquePromesse
« une avancée financière d'urgence, un taux d'intérêt zéro, aider la femme pendant le premier pas. »
- 7:33Invité politiqueChiffre
« le gouvernement parle de 361 millions qui seront affectés à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. »
- 7:43Invité politiqueChiffre
« On parle de plus d'un milliard qui seront dédiés à la politique d'égalité femmes-hommes. »
Temps de parole
- Chrysoula Zacharopoulou71 %
- Présentateur29 %
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France Inter, le 7-9.
Alexandra Ben Saïd, votre invitée ce matin et députée européenne La République En Marche.
Bonjour Krizoula Zakharopoulou. Bonjour Madame Ben Saïd. Aujourd'hui, étape importante du Grenelle des violences conjugales avec les propositions des groupes de travail. Et vous, vous avez piloté celui sur les violences économiques, vous avez auditionné des femmes. Que vous ont-elles raconté ? Que subissent-elles exactement ? Que sont ces violences économiques ?
Alors, pour arriver, il faut arriver à donner une définition de violences économiques, parce que ce n'est pas si évident. Les violences économiques, c'est une des manifestations de la domination de l'homme sur la femme dans un couple. Comment peut-être exprimé que l'homme prend le contrôle des ressources économiques du couple ? Ça veut dire qu'il contrôle les dépenses, empêche la femme d'utiliser la carte bleue. Si vous voulez, il continue à la dominer. Il lui coupe les ailes financièrement, c'est ça ? Il peut lui couper les aides financières, oui.
Les ailes, les ailes. Les ailes, oui. Oui, les ailes et les aides. Et les ailes. Il la contraint. Est-ce qu'on sait combien de femmes sont concernées ? Est-ce qu'on connaît leur profil ? Est-ce qu'il y a un profil type ? Ou est-ce que ça transcende par exemple les classes sociales ?
Non, on a tous les profils. On a les personnes, par exemple les femmes qui ne travaillaient pas. Des femmes qui travaillent, et aussi des femmes qui viennent d'un environnement aisé, mais qui ne partent pas parce qu'elles ont peur de perdre le temps de vie.
Donc il y a des femmes au foyer, des femmes sans ressources. Il y a aussi, et c'est ça qui est très surprenant en effet, la moitié des victimes, ce sont des femmes qui ont un salaire. Bien sûr. Alors comment on fait pour les contraindre ces femmes-là ?
Si vous voulez, il y a aussi une manipulation psychologique de l'homme. Ça veut dire que cette personne joue beaucoup. Il fait sentir la femme incapable d'avancer. Il promet de faire par exemple un compte commun. Et là, c'est quelque chose qui ne va pas. Parce que d'un moment qu'on a un compte commun, les maris peuvent vider les comptes et laisser la femme sans maison, sans rien.
Par rapport aux violences physiques, psychologiques, tout ce dont en effet on parle dans ce Grenelle, quelle est la proportion, quel est le chiffre sur ces femmes victimes de violences économiques ? Est-ce qu'on peut le savoir ?
J'ai cherché à trouver des chiffres que c'est impossible. Seulement, on a vu que les femmes qui téléphonent aujourd'hui, les 39-19, il y a... Le numéro d'écoute, oui. Exactement. C'est un 20% des femmes qui évoquent ces violences économiques. Elles parlent des chantages économiques, elles parlent des contrôles des dépenses, et aussi interdiction d'exercer une activité professionnelle.
On leur interdit l'accès au monde du travail, voire on leur fait quitter leur travail.
Ça fait partie des violences économiques. Oui, oui, parce que quand on demande aussi, 8 femmes sur 10 qui vont à travailler, elles disent qu'elles sont affectées négativement au travail, elles peuvent subir aussi par l'interprise, que l'interprise n'est pas formée, et elles subissent aussi un autre type de violence, parce que personne ne les croit.
Personne ne les croit, personne ne les écoute. On arrive aux solutions, parce que là, on a fait la photo, on a posé le constat. Disons que, par exemple, je ne travaille pas, je suis isolée, j'ai peut-être des enfants. Qu'est-ce qui va pouvoir me donner, me rendre de l'autonomie financière ? Elles passent par quoi, les solutions de votre groupe de travail ?
Moi, j'étais très étonnée à voir que la première chose qui est revenue souvent, c'était la nécessité de définir et godifier les violences économiques dans la loi pour faciliter les poursuites. Ensuite, au niveau, par exemple, des banques.
Parce qu'aujourd'hui, les auteurs sont impunis, c'est ça ? Oui. Si vous infligez cela à votre épouse, à votre conjointe, la loi ne prévoit rien,
ça n'est même pas marqué. Exactement. Ça n'est pas ni marqué, ni écrit nulle part. Au niveau, alors, des banques, par exemple, tout d'abord, il faut que le personnel, dans les engences bancaires, soit formé, soit sensibilisé. Car souvent, les femmes se trouvent devant un conseiller de la banque qui ne comprend pas, qui ne peut pas l'aider. Et aussi, il faut voir les dispositifs. Qui ne perçoit pas. Mais alors, que peut faire le conseiller bancaire ?
Une fois qu'il est formé, comme ça peut arriver, par exemple, en Australie, qu'on voit, par exemple, des exemples, là, en deuxième temps, la banque, avec l'État, peuvent travailler ensemble et mettre en place, par exemple, une avancée financière d'urgence, un taux d'intérêt zéro, aider la femme pendant le premier pas. C'est important, ça. Mais donc là, ça voudrait dire que cette femme, elle va parler à son conseiller bancaire ?
Exactement. Non, mais pour parler, il faut que les conseillères soient formées. Vous voulez aussi impliquer le monde du travail. Vous voulez impliquer les entreprises. Alors, l'entreprise peut aider ces femmes ?
Les entreprises ont un rôle fondamental parce que, comme on disait, beaucoup de femmes travaillent. Et alors, c'est très important aussi que quelqu'un arrive au travail puisse parler. Et là encore, il y a de grandes entreprises qui commencent à faire des cours de formation pour le personnel. Et n'oubliez pas que le mari sait toujours où une femme travaille. Alors, quelle solution justement ? Puisque le mari sait toujours où la femme travaille. Il faut aussi là, renforcer les dispositifs comme par exemple l'aide à la mobilité, les congés spéciaux, la récession au travail. Et ça, l'entreprise, il faut qu'elle soit flexible.
C'est-à-dire que si je vais voir mon chef de service et je lui dis j'ai un gros problème dans mon couple, il faut qu'on soit prêt à me muter très rapidement. Exactement. Est-ce que vous avez étudié, vous avez cité l'exemple australien, est-ce qu'il y a des pays exemplaires sur ces violences économiques et comment lutter ?
Oui, l'exemple de l'Espagne qu'on dit souvent. Moi, j'ai fait une visite en Andalousie où vraiment, c'est la cause nationale. Tout, la bataille, la lutte contre la violence faite aux femmes. Et j'étais très étonnée à voir l'organisation, la formation des policiers, des juristes, des médecins, de toute la société. Aussi à l'école, il y a des cours qui s'appellent co-éducation et dès qu'ils sont petits, ils commencent à être éduqués sur ces sujets parce que les Espagnols disent qu'il y a une augmentation de violence entre les enfants de 13 et 18 ans vus aussi à cause de la pornographie.
Les associations féministes, elles disent le nerf de la guerre, c'est quand même l'argent. Il n'y a pas encore assez eu de moyens mis sur la table pour défendre les femmes. Elles demandent un plan Marshall. Vous, vos propositions, par exemple, combien coûtent-elles ?
Je ne peux pas vous dire combien se coûtent les propositions que je suis en train de faire. Ça, c'est le gouvernement qui va avoir. Mais ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, en France, il y a toujours eu, je me souviens très bien, des engagements des gouvernements sauf qu'ils n'étaient jamais vraiment comptabilisés. Aujourd'hui, pour 2020, le gouvernement parle de 361 millions qui seront affectés à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. On parle de plus d'un milliard qui seront dédiés à la politique d'égalité femmes-hommes. Il y a... Mais pas seulement en France, ce milliard. Il est dépensé pour les trois quarts à l'international. Oui, pas seulement. C'est un budget transversal.
Mais si vous voulez, je pose cette question aux Espagnols en disant est-ce que c'est une question d'argent ? Et on me dit non, c'est au fond, c'est toujours une question de mentalité et c'est pas par hasard. Ville et moyens, en Espagne, aujourd'hui, il reste quand même, il y a 50 femmes qui sont mortes.
Chrysoula Zakharopoulou, vous êtes donc députée européenne, vous êtes une femme élue en France, mais de nationalité grecque, on l'entend un peu. On sait combien les relations de la Grèce avec le reste de l'Europe et avec Bruxelles ont été dures pendant la crise et ça n'est pas fini. Est-ce que pour vous, ça a un sens particulier d'être eurodéputée ?
Oui, c'est tout à fait, tout d'abord, c'est un grand honneur de représenter la France au Parlement européen avec mon accent, comme vous dites, mais encore plus parce que je suis née à un pays qui a souffert beaucoup d'une Europe très dure et mon engagement, c'est exactement ça. Je ne veux jamais voir un autre pays qui souffre comme la Grèce ni sa population.
D'un seul mot, s'il vous plaît, Thierry Breton, candidat au poste de commissaire européen, il a ses chances ? Qu'est-ce qu'il se dit dans les couloirs ?
Elle est super compétente, je pense que ça va aller tout bien.
Grisoula Zakharopoulou, ça va aller tout bien. Merci d'avoir été sur France Inter.
Merci. Merci à toutes les deux. Bonne journée. France Inter, il est...
Chrysoula Zacharopoulou