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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 3 mai 2012 12 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asileSécurité

François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    D'abord un sentiment avec le recul de quelques heures, vous vous dites contrat rempli ?

  • 0:17RelanceRéponse directe

    Non, mais par rapport à vos objectifs ?

  • 0:40OuverteRéponse partielle

    Comment expliquer qu'il n'y ait jamais eu autant de tensions et d'agressivité dans un débat présidentiel ?

  • 0:44RelanceRéponse directe

    Vous ne pouvez pas dire simplement que c'est la faute de l'autre ?

  • 1:03OuverteRéponse partielle

    C'est ce que vous avez voulu exprimer Nicolas Sarkozy ce matin sur RTL a dénoncé votre agressivité, suffisance, votre certitude d'être dans le vrai.

  • 1:13FerméeRéponse directe

    Est-ce que j'ai utilisé le mot mensonge ? Calomnie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « Mon objectif était que tout soit dit et soit clairement dit. »
  • 0:22Invité politiqueFait
    « ceux qui avaient pensé que Nicolas Sarkozy, parce que candidat sortant, pouvait avoir je ne sais quel avantage lié à sa fonction, et qu'il y aurait de ma part comme une intimidation, rien n'a été de ce point de vue vérifié. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Non, mais depuis cinq ans il y a beaucoup de tensions dans le pays. »
  • 0:55Invité politiqueFait
    « qu'est-ce qu'il y a eu comme rupture, division, fragmentation, stigmatisation ? »
  • 2:58Invité politiqueFait
    « Quand il y a une dette publique aussi élevée, quand il y a des déficits aussi lourds, quand il y a un taux de croissance aussi faible, nous devons rentrer dans le détail des mesures. »
  • 3:07Invité politiqueFait
    « Je l'ai fait, sur le contrat de génération, sur mes propositions en matière de relance de la croissance en Europe, sur la fiscalité. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « faire admettre par le candidat sortant qu'il y avait bien eu une augmentation d'impôts, et qu'il y avait eu un allègement des contributions des plus riches. »
  • 5:52Invité politiqueFait
    « J'ai hérité d'un Conseil Général en 2008, avec un record, celui du département le plus endetté de France. »
  • 6:07Invité politiqueChiffre
    « Jamais nous n'avons connu un endettement de 90% de notre richesse nationale. »
  • 6:19Invité politiqueChiffre
    « j'ai réduit le budget d'investissement de 110 millions à 40 millions d'euros. »
  • 7:40Invité politiqueFait
    « Qu'est-ce que je vais proposer ? »
  • 7:46Invité politiqueFait
    « Ça fait 30 ans qu'elle est posée. »
  • 8:31Invité politiqueFait
    « Le droit de vote serait soumis... Au Parlement, il faut une loi constitutionnelle. »
  • 8:39Invité politiqueFait
    « Et il faut une majorité des trois cinquièmes du Parlement réunis en Congrès. »
  • 9:44Invité politiqueFait
    « Les centres de rétention, non seulement seront maintenus, mais seront modernisés. »

Temps de parole

  • François Hollande79 %
  • Présentateur21 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour François Hollande, on va revenir en détail sur certains aspects de vos échanges avec Nicolas Sarkozy. D'abord un sentiment avec le recul de quelques heures, vous vous dites contrat rempli ?

0:10
François Hollande

Oui, je ne suis pas là pour me tresser des couronnes de laurier, ce serait indécent. Ce sont les Français qui vont décider dimanche.

0:17
Présentateur

Non, mais par rapport à vos objectifs ?

0:19
François Hollande

Mon objectif était que tout soit dit et soit clairement dit. Oui, et ceux qui avaient pensé que Nicolas Sarkozy, parce que candidat sortant, pouvait avoir je ne sais quel avantage lié à sa fonction, et qu'il y aurait de ma part comme une intimidation, rien n'a été de ce point de vue vérifié.

0:40
Présentateur

Comment expliquer qu'il n'y ait jamais eu autant de tensions et d'agressivité dans un débat présidentiel ? Vous ne pouvez pas dire simplement que c'est la faute de l'autre ?

0:47
François Hollande

Non, mais depuis cinq ans il y a beaucoup de tensions dans le pays. Depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, il a dit qu'il n'y avait pas eu de violence. Soit, mais qu'est-ce qu'il y a eu comme rupture, division, fragmentation, stigmatisation ? Et le débat en a été le reflet.

1:03
Présentateur

C'est ce que vous avez voulu exprimer Nicolas Sarkozy ce matin sur RTL a dénoncé votre agressivité, suffisance, votre certitude d'être dans le vrai. Écoutez, est-ce que j'ai utilisé le mot mensonge ? Calomnie ?

1:16
François Hollande

Vous avez parfois pointé des inexactitudes. Ce n'est pas pareil. Je n'ai pas traité mon interlocuteur de petit calomniateur. Parce que ce n'est pas du tout ma façon de faire. Que je pointe effectivement des approximations avec la vérité. Ou des silences qui étaient en définitive des aveux. Comme sur la réunion du Bristol. où il a nié qu'il avait participé à une collecte de fonds pour son propre parti, à côté même de l'Elysée. Jamais je ne le ferai comme possible président. Donc, oui, le débat devait être ferme, devait être dur. Mais ne devait pas, à mon sens, et je n'y ai pas cédé, être celui de l'invective. Parce que les Français ne l'aiment pas ce climat-là.

Et c'est parce que je veux être un président de la réconciliation, du rassemblement, que je veille à dire mes arguments, mais jamais à blesser.

2:10
Présentateur

Il a aussi été technique ce débat, jamais autant de chiffres 92 cités par Nicolas Sarkozy, 47 par vous-même. Vous assumez le côté techno de ce débat. Vous avez davantage parlé finalement de vos mesures ou de votre façon de présider que de la France du XXIe siècle, de votre vision du pays.

2:24
François Hollande

Oui, il a manqué sûrement au début une ouverture du débat qui aurait été sur les grands enjeux. C'est-à-dire sur ce que doit assumer le prochain président. Pas simplement une gestion, mais un changement d'orientation. Une compréhension du monde. Une vision de l'Europe. Et il a manqué aussi, à mon sens, et chacun peut en faire finalement son autocritique, une capacité à pouvoir montrer précisément ce qu'allait changer pour les Français. Alors, les sujets ont été techniques, ils doivent l'être. Quand il y a une dette publique aussi élevée, quand il y a des déficits aussi lourds, quand il y a un taux de croissance aussi faible, nous devons rentrer dans le détail des mesures.

Et je l'ai fait, sur le contrat de génération, sur mes propositions en matière de relance de la croissance en Europe, sur la fiscalité. Oui, c'est forcément technique, mais c'est en même temps très politique. faire admettre par le candidat sortant qu'il y avait bien eu une augmentation d'impôts, et qu'il y avait eu un allègement des contributions des plus riches. C'était l'objectif que je m'étais assigné, et je l'ai atteint.

3:29
Présentateur

Cette tirade qui a marqué cette anaphore, figure de rhétorique, qui vous a fait répéter 16 fois, moi, président de la République, vous l'aviez répété, François Hollande ?

3:38
François Hollande

Non. Ça peut paraître curieux. Vraiment, ça vous est venu comme ça ? Oui. C'est-à-dire qu'un débat se prépare, bien sûr, je ne vais pas dire le contraire. Parfois, on cherche une phrase, et puis à un moment, dans le débat, il y a comme une évidence qui s'impose. Et cette figure rhétorique, comme vous dites, cet anaphore, je ne l'avais pas du tout préparé. Je savais que j'allais parler de la moralisation, de la vie politique.

Mais sur le fait que moi, président de la République, je n'accepterais pas un certain nombre de dérives, que je me conformerais à un certain nombre de pratiques, que je changerais profondément la pratique des institutions, j'avais les idées, et c'est la forme qui m'est venue dans le débat.

4:16
Présentateur

Donc, maintenant que vous pensez avoir réussi cet exercice, vous allez réclamer deux autres débats ? Non, parce que je pense qu'un débat a une part de dramaturgie.

4:27
François Hollande

Un débat doit être long, intense, autant qu'il est possible profond, même si tous les sujets ne sont pas abordés. Et il n'y aurait pas eu 20 millions de téléspectateurs, je crois que nous atteindrons...

4:38
Présentateur

On aura les chiffres à 9h, un peu après 9h.

4:40
François Hollande

S'il y avait eu plusieurs débats, un débat à radio, puis après un débat sur les chaînes d'information, puis enfin un débat à la télévision.

4:47
Présentateur

Donc vous vouliez cette solennité ?

4:48
François Hollande

Je voulais cette solennité, cette gravité. Je voulais que tous les mots comptent, que tous les gestes comptent, parce qu'il y a aussi une compréhension de ce qu'est la personnalité du candidat. L'un de nous deux sera le prochain président. Donc il fallait que les Français regardent les deux protagonistes comme étant finalement ceux qui, ou ont conduit la France déjà, pour l'un d'entre eux, où il fallait conduire demain.

5:14
Présentateur

Un regret, enfin, Nicolas Sarkozy lui a regretté de ne pas vous avoir interpellé sur la dette de la Corrèze, a-t-il dit il y a quelques minutes sur la télé.

5:23
François Hollande

Il aurait pu, il aurait dû, ça m'aurait permis, il a essayé de le faire sur les IPAD. Il m'a rendu hommage, c'est vrai que je distribue ces matériels à tous les enfants de collège, parce que je considère qu'il ne doit pas y avoir de fracture numérique, et que l'égalité doit être totale, et que je vais au-delà des compétences du Conseil Général. Il m'a dit, vous achetez des matériels qui sont fabriqués à l'extérieur. Je souhaite pouvoir en acheter, fabriquer ici, et ce sera d'ailleurs l'enjeu productif que j'ai voulu placer dans cette campagne. Et s'il avait voulu parler de la dette, je l'aurais fait bien volontiers.

J'ai hérité d'un Conseil Général en 2008, avec un record, celui du département le plus endetté de France. Et je vais, si les Français ont décidé, hériter d'un pays qui a un niveau de dette historique. Jamais nous n'avons connu un endettement de 90% de notre richesse nationale. Il a fallu que 10 endroits puissent aboutir à ce résultat. En responsabilité, l'endettement a bien continué à augmenter. Oui, mais je l'ai maîtrisé, puisque j'ai réduit le budget d'investissement de 110 millions à 40 millions d'euros. Un regret de votre côté pour ce débat ?

6:28
Présentateur

De ne pas avoir abordé un sujet ?

6:29
François Hollande

Je regrette que la question du handicap n'ait pas été traitée. Parce que je sais combien beaucoup de Français sont attentifs par, d'abord, vie quotidienne. Parce que beaucoup sont frappés par le handicap dans notre pays, beaucoup de familles. Et j'avais des propositions à faire, je peux ici les détailler, notamment en matière d'accessibilité, en matière de droit au travail, d'obligations faites aux entreprises pour accueillir des personnes handicapées. Et je pense que c'était un débat qui aurait dû avoir lieu aussi sur ces questions-là.

7:02
Présentateur

On n'a pas parlé d'industrie quasiment non plus hier soir, de la perte des emplois industriels. Vous voyez, il y aurait pu avoir matière à un ou deux autres débats.

7:10
François Hollande

Mais n'oublions pas qu'il y a une campagne électorale qui est engagée depuis, pour ce qui me concerne, près d'un an. Beaucoup de sujets ont été abordés tout au long de ces derniers mois. Ce n'est pas de ma faute si Nicolas Sarkozy s'est déclaré si tard.

7:22
Présentateur

En revanche, il a beaucoup été question d'immigration. Et pour la première fois, vous avez émis l'idée d'un référendum sur le droit de vote des étrangers aux municipales. Pourquoi soudain cette concession qui peut apparaître comme un recul pour les partisans de cette mesure ?

7:37
François Hollande

Non, c'est là encore le droit. Qu'est-ce que je vais proposer ? Et je pense avoir été là aussi suffisamment clair hier. Je ne vais pas reculer sur cette question. Ça fait 30 ans qu'elle est posée. Et à mesure des présidents de la République qui se sont succédés, il y a eu autant de recul. Oui, mais si elle est subordonnée au résultat d'un référendum... François Mitterrand disait, je voudrais le faire, mais je n'ai pas une majorité dans le pays. Puis après, Nicolas Sarkozy, président de la République, a dit, je voudrais le faire, le droit de vote des étrangers uniquement aux élections municipales, mais je n'ai pas la majorité pour y parvenir. Aujourd'hui, il a changé.

Il fait d'ailleurs une confusion qui a été regrettable. Et elle est apparue dans le débat. Comme si chaque étranger présent sur notre territoire depuis des années était un musulman. C'était quand même un raccourci qui n'avait aucun élément qui pouvait étayer cette conception du suffrage. Mais, qu'est-ce que j'ai dit ? Le droit de vote serait soumis... Au Parlement, il faut une loi constitutionnelle. Une révision de la Constitution. Pour permettre cette révision, il faut à la fois l'accord des deux assemblées, c'est possible. Enfin, ça sera possible, je l'espère, après les élections légitatives. Et il faut une majorité des trois cinquièmes du Parlement réunis en Congrès.

Si cette majorité est réunie, ça voudra dire que des députés, des sénateurs du centre ou de droite, il y en a quelques-uns qui sont sur cette position, et rejoignent les députés et sénateurs de gauche.

8:55
Présentateur

Vous êtes sûr ? Si vous avez la majorité à l'Assemblée à l'issue des législatives, vous aurez les trois cinquièmes avec le Sénat majoritaire à gauche, non ? Non.

9:03
François Hollande

Il faudra le concours, le renfort, devrais-je dire, d'un bon nombre de parlementaires du centre et de la droite. S'il n'y a pas cette majorité des trois cinquièmes de solution, où cette révision est abandonnée, où elle est soumise au peuple français. Et ceux qui s'interrogent en disant, est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal, auront l'occasion de se prononcer dans ce cas de figure par un référendum.

9:23
Présentateur

Je souhaite que la rétention redevienne l'exception et non un instrument banal de procédure. Je souhaite que soient privilégiées les alternatives à l'enfermement. Voilà ce que vous écriviez à France Terre d'Asile il y a quelques jours. Et vous avez semblé embarrassé par cette question soulevée par Nicolas Sarkozy.

9:41
François Hollande

Non. Nicolas Sarkozy a prétendu que je voulais fermer les centres de rétention. C'est faux. Les centres de rétention, non seulement seront maintenus, mais seront modernisés. Vous voulez bien limiter les mesures de rétention. Mais faut-il, parce qu'une famille ou parce qu'une personne est contestée dans sa présence sur le territoire, l'enfermer avec ses enfants ? Il faut l'éviter. Surtout quand ces personnes ont un logement. Donc il y aura deux solutions. Soit ces personnes peuvent être assignées à résidence, soit elles ne le peuvent pas. C'est une procédure exceptionnelle.

10:13
Présentateur

L'assignation à résidence a été décidée par la loi de... Une loi votée en 2011. Oui.

10:18
François Hollande

Et donc, soit c'est l'assignation à résidence, soit c'est le suivi, soit c'est la rétention. La rétention fait partie des moyens de droit. Mais comme vous le savez, le droit européen dit que ça doit être un moyen exceptionnel.

10:30
Présentateur

Comment pouvez-vous dire, François Hollande, ce que vous avez fait hier soir, que vous ne vous sentez lié en rien à l'accord passé avec les Verts ?

10:37
François Hollande

Je me sens lié par rapport à ce qui va être fait sur le plan des circonscriptions. Mais je ne suis pas lié par cet accord dès lors que j'ai présenté aux Français un projet, un projet présidentiel, et que ce sera sur le projet présidentiel que le gouvernement sera constitué en cas de victoire et que je dirigerai le pays.

10:58
Présentateur

Mais lié en rien, il y aura une campagne législative qui va s'ouvrir dans dix jours après la présidentielle.

11:02
François Hollande

Et que des parlementaires viennent à l'Assemblée avec chacun d'entre eux une sensibilité, bien sûr, c'est tout à fait normal, mais le gouvernement qui sera constitué, la majorité parlementaire qui le soutiendra, sera organisée autour du projet que j'ai présenté. Je ne peux pas aller devant les Français avec 60 engagements et puis ensuite dire que j'ai un autre texte qui devient force de loi pour l'action gouvernementale que le Premier ministre aura à conduire sous ma direction.