L'édito de Mathieu Bock-Côté : «Dominique de Villepin, des ambitions présidentielles ?»
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Matok côté en France. Très intéressant. La presse parle de plus en plus des ambitions présidentielles de Dominique de Villepin.
Dans le Parisien en début de semaine, on lisait même, je cite, la nostalgie des grands hommes d'état. Comment Dominique de Villepin est devenue la nouvelle idole des jeunes. Sérieux ?
Alors, [rires] poser la bonne question. Alors, sur le coup, on peut dire c'est une blague sur le coup peut se dire vraiment le retour. Mais quand le Parisien qui ce qu'on pourrait appeler un journal plutôt institutionnel cherche nous présente ainsi cette information, je ne peux m'empêcher de me dire queon nous passe un message, on nous surtout des jeunes enfin je c'est un récit, ça vient tout ensemble.
On nous explique, on nous dit prenez-le au sérieux et moi je prends au sérieux quand les élites nous disent prenez quelque chose au sérieux, je le prends au sérieux parce qu'ils ont une idée derrière la tête. Alors qu'est-ce qu'on voit devant nous ? On a un homme qui depuis 2025 a joue [grognement] sur la possibilité de son retour.
Euh, il a fondé un parti, la France humaniste. On peut dire qu'il est peut-être atteint du syndrome du dernier tour de piste. C'est-à-dire dans sa vie, c'est la dernière présidentielle à laquelle il va pouvoir se présenter.
Il a toujours rêvé d'être candidat à la présidentielle et plus encore d'être président. Donc, il se dit maintenant fonçon sur mal entendu, ça peut fonctionner. Mais cela dit, il y a la question est celle du créneau mais vous l'avez dit, il est particulièrement il attache les jeunes s'attachent à lui.
Donc qu'est-ce qu'ils apprécient chez lui ? On pourrait dire que Dominique de Ville Pay, c'est d'abord un style. C'est pas moi qui l'ai dit, c'est le parisien.
Vous avez vous avez raison de le mentionner. Donc c'est d'abord un style, je pense qu'on peut le noter. Donc il porte bien, il a une belle voix, il fait des interventions poético politique.
On pourrait dire que c'est un peu le le madame Tobira de droite, c'est-à-dire une parole un peu ampoulée qui se croit poétique, qui se croit lyrique, qui se qui croit emporter nos sentiments les plus profonds, mais qui c'est chez certains peut faire rire mais manifestement pas chez ces jeunes qui l'admirent. Il incarne aussi la possibilité d'une forme de France néotiirmondiste. Donc on l'a vu, c'est c'est l'homme qui a le dernier, ça on lui reconnaîtra en 2003, il a tenu tête aux Américains au moment de la guerre d'Irak et il a envoyé un signal à ce moment-là, la France n'est pas une province américaine.
Elle a sa propre politique étrangère et c'est à ce moment d'ailleurs que il a gagné la réputation d'un grand homme d'État potentiellement. Donc, il appartient à une période de l'histoire où la politique voulait dire quelque chose. Aujourd'hui, c'est le monsieur international dans la politique française.
Il joue un peu le rôle d'une forme de kissinger idéaliste. C'est-à-dire c'est celui qui comprendrait tous les mécanismes de la politique internationale, mais qui refuserait le cynisme et qui nous éduquerait sur la possibilité d'une amitié entre les peuples. Et il renaît bien évidemment médiatiquement autour de Gaza.
Parce que là, il prend position très clairement pour Gaza contre Israël. Mais au-delà de ça, on pourrait dire que sur la question de l'Iran, il y a un préjugé anti-américain fort chez lui. Il y a un préjugé anti-occidental fort au sens large chez lui.
Donc il se il se crée une forme de base autour de cela. Et chez les plus jeunes, il est vrai. Il a un vrai succès sur TikTok, il a un vrai succès sur les différents réseaux sociaux.
Donc les l'espèce de grand écart entre le style à l'ancienne du politici du politique poète euh qui a connu les grands, qui était témoin de l'époque des grands et de l'autre côté le format TikTok, ainsi de suite et ben ça fait une rencontre imprévue qui donne un succès relatif mais suffisamment réel. Il tiktise comme Jordane pourrait-on dire. Et bien cette stratégie lui permet de faire parler de lui à quelques mois de la présidentielle peut-être à la manière d'un recours, c'est-à-dire un homme qui aurait pu faire toute autre chose de sa vie. mais qui revient pour sauver son peuple.
C'est ce que je crois comprendre de son message. Dominique de Villepin se présente-t-il comme un concurrent de Jean-Luc Mélenchon ? Et vous avez raison de poser la question parce que Jean-Luc Mélenchon, c'est l'homme qui a construit son offre politique sur la question de Gaza notamment depuis quelques mois. euh c'est celui qui est en qui est pratique une forme de tierisme à la française.
Et on sait que les électeurs sensibles au discours de Villepin sur les jeunes entre guillemets euh qui sont sensibles au discours de Villepin sont les électeurs spontanément de Jean-Luc Mélenchon. Bon, pourtant, il croit avoir son créneau. Il croit avoir son créneau et on peut dire qu'il va beaucoup plus loin, soit dit en passant, au-delà de Gaza dans la redéfinition de son identité politique, Dominique de Villepin est en train aujourd'hui de d'emprunter le langage du gaulisme pour imposer un multiculturalisme radical et même quelquefois une forme de racialisme inattendu que je ne m'attendais pas à voir chez lui.
Alors, je donne un exemple, il a fait publier un texte récemment sur Twitter encore une fois où il explique que selon lui la France en France le le racisme serait au pouvoir et le racisme [rires] systémique serait au pouvoir. Al, c'est dans le cadre de la controverse autour de Bali Bagayoko. Alors, que nous dit-il ?
Le hallo du racisme, c'est son terme, c'est ce qui doit nous conduire à conclure que le racisme est déjà au pouvoir, que le racisme est déjà et encore systémique. Dominique de Vilpin considère que le racisme est au pouvoir en France, que le racisme est systémique. Ce discours n'est pas différent de par exemple de Louis Boyard pour pour prendre peut-être un jeune qui l'admireuse.
Donc donc il va quand même assez loin avec ce terme, le racisme systémique. C'estàdire que la structure même de la société française est raciste. Par ailleurs, il dénonce donc il nous dit le racisme antinoir est de retour.
Il dit le racisme antinoir, c'est le texte commence ainsi. Il faut il faut une urgence d'ailleurs d'un réveil républicain contre le racisme et le racisme antinoir serait aujourd'hui au cœur de la vie française. Et pour cela, il nous dit il faut réintégrer, il faut réintégrer notamment la mémoire noire de la France dans une forme de multiculturalisme nouveau genre.
Je vais vous citer un extrait de son texte. Donc il propose une nouvelle commission Stasie de 2003 sur la laïcité mais aujourd'hui pour définir le racisme et pour mieux le combattre et je le cite, il faudra reconstruire la République à part égale. Remettre en pleine lumière la part noire de la République.
Rappelez les lumières noires qui depuis 1789 n'ont jamais cessé d'accompagner la pensée de la République. C'est tout ouverture. C'est la société des amis des noirs de 1791.
C'est le mouvement de la négritude d' Mé Césarer et de Léopole Sangor qui transforme la stigmat en fierté. C'est la pensée des doirs glissants qui invente une pensée en archipel qui donne toute sa part à l'héritage entier de la France. Ce sont les tirailleurs sénégalais venus deux fois libérer le territoire métropolitain.
Alors là, il y a deux choses qu'on doit se dire ici. Le racisme en général et le racisme antiloir en particulier sont évidemment scandaleux. Qui dira le contraire ?
Mais ce que je note chez lui, c'est qu'il considère que c'est un élément structurant et en ascension et dominant aujourd'hui en France. Donc il y a chez lui cette idée de se créer une candidature d'accusation. C'est une candidature d'accusation contre une France qui trahirait ses idéaux républicains, contre une France qui par ailleurs abandonnerait son rôle de nation qui éclaire les peuples du tiers monde aujourd'hui.
Et il va soit en passant entre-temps, il donne un coup quand même à ses amis, on pourit dire universalistes parce qu'il dénonce aussi l'universalisme qui qui invisibiliserait le racisme aujourd'hui. Donc là, on est devant une proposition qui se veut du langage du gaulisme. C'est c'est comme dans son esprit, c'est comme le giga maxigoliste mais qui par ailleurs euh nous dit il faut finalement embrasser Gaza le tiersmondisme nouveau.
Il faut par ailleurs condamner Israël et les États-Unis en toutes circonstances et il faut désormais célébrer, sans le dire ainsi, ce ne sont pas ces mots, un racialisme nécessaire en France. Pourquoi ? Pour combattre le racisme systémique qui sera au pouvoir en France.
C'est une proposition politique inédite. En tout cas, ça serait bien qu'il valorise vraiment les ultramarins parce que on voit qu'ils disparaissent au profit d'autres entre nous. Ne faut-il pas voir dans cette rumeur Mathieu Becoté une manière pour les médias d'occuper le récit de la présidentiel avant qu'elle ne devienne vraiment sérieuse et on parla de Jandberdé là dans un Oui.
Oui, je suis d'accord. [rires] Le fait est blague le fait est qu'en politique les journalistes politiques préfèrent raconter les couloirs les coulisses du pouvoir plutôt que s'intéresser aux enjeux. Je le constate, c'est pas le cas de tous, il y en a de très bons.
Mais normalement, ils aiment raconter sur le mode barron noir. Il a fait ce mauvais coup, ce petit coup, c'est tordu, c'est diablement tordu. Hahah, on l'a bien eu.
Bon, ça, ils aiment, ça c'est leur manière de parler de sport en parlant de politique. Donc, ça fait partie du récit. Vous noterez.
Ensuite, il p existe, il y a il représente quelque chose dans la campagne, c'est la normalisation dans le langage gauliste, je l'ai dit, du multiculturalisme le plus radical. Mais cela dit, l'obsession racialiste va au-delà de Dominique de Vilpin avec un autre candidat apparu il y a quelques jours. On en parle déjà un peu moins, mais je tiens à le mentionner.
Bali Bagayoko de passage chez euh sur M6 lui demande, c'est quand même pas mal. Certains vous considèrent déjà comme un Obama français. Question madame la PIC.
Qui sont certains ? J'aimerais le savoir [rires] parce que est-ce que vous pas entendu je c'est seulement elle qui a dit ça mais bon quoi qu'il en soit. Est-ce que finalement vous n'avez pas un profil plus intéressant pour représenter une candidature LFI ?
Parce que vous venez de cette Nouvelle France dont vous parlez aujourd'hui, parce que vous êtes plus jeune, parce que justement vous êtes noir, parce que vous êtes un élu de terrain depuis une vingtaine d'années. Alors qu'on se comprenne bien, Obama au moment de devenir président avait été sénateur représentant. C'est une grande figure de la politique américaine qui était là depuis longtemps.
OK. Bali Bagayoko qui est un homme honorable, je n'en doute pas, est une figure nouvellement élue avec un peu plus de 10000 votes à Saint-Ni et maire de cette ville aujourd'hui. Quel est le point commun entre Bali Bagayoko et Barack Obama ?
Manifestement, leurs parcours sont pas les mêmes. Manifestement, leur héritage sont pas les mêmes. Manifestement leur langage est pas le même.
C'est seulement qu'ils sont noirs. Donc il y a une obsession racialiste [rires] chez madame la PIC sans même qu'elle ne s'en rende compte. Évidemment, une obsession racialiste.
Donc elle dit "Puisque vous êtes noir, mais pourquoi vous seriez pas le nouveau Obama français So en passant Obama français c'est quand même ça nous montre à quel point il y a un côté vintage chez nos élites le journaliste politique. Obama ça fait longtemps que c'est terminé plus personne ne pense à lui. Donc là se tourner vers lui c'est comme chanter finalement une espèce de de vieille chanson à l'ancienne enant l'impression d'embrasser les jeunes.
Bon alors quoi qu'il en soit cette question donc cette idée que peut-être il y a un concurrent Jean-Luc Mélenchon qui s'appellerait Bali Bagayoko ou un autre qui serait peut-être dans les circonstances Dominique de Villepin. On peut y voir oui une forme de passemplasse de la classe journalistique qui parle de politique. Ils n'en demeurent pas moins qu'à travers cela.
Ils dévoilent leurs obsessions idéologiques et je le redis dans les circonstances obsessions racialistes.
Dominique de Villepin