Véronique Riotton, députée "Ensemble pour la République" de Haute-Savoie | La politique et moi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle est passée des figures imposées du patinage artistique à celles de la politique avec une carrière dans le privé entre les deux. Elue sous les couleurs d'En Marche en 2017, mon invitée préside la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée. Générique --- Bonjour Véronique Riotton. -Bonjour. -Le sport a toujours tenu une place importante dans votre vie et on va voir que ça n'a pas changé une fois députée. *-Ils sont députés, sénateurs ou collaborateurs, tous unis au sein de l'équipe du XV des parlementaires. *Huit équipes au total se sont affrontées pour cette Coupe du Monde créée en 1995 où la moitié des formations sont mixtes. *Trois femmes font partie de l'équipe de France. *Parmi elles, Véronique Riotton, députée Renaissance de la Haute-Savoie, qui joue à l'aile, reste à savoir, à droite ou à gauche ? -Alors, ailière droite ou gauche ? -C'est sympa votre introduction.
Les deux. Je cours, donc peux faire les deux. -C'est votre vitesse de pointe qui vous a placé à ce poste-là ? -En tout cas, c'est le fait de continuer à courir, d'être en forme qui m'a mis dans l'équipe. -Vous n'aviez jamais joué au rugby avant de devenir députée, c'est ça ? -L'histoire c'est que j'ai un passé sportif, vous l'avez dit.
Lorsque je suis arrivée à l'Assemblée, j'ai la culture rugbystique et donc je suis rapidement venue au XV parlementaires et puis plutôt voir les matchs ou passer du temps. Comme j'anime la foulée parlementaire à l'Assemblée, donc je cours, les engagés du rugby m'ont dit : "Ecoute, t'as la culture du rugby, t'as la forme, viens faire un entraînement avec nous." -Cette Coupe du monde de rugby entre parlementaires, c'est pas anodin, elle a été marquée par une polémique extrasportive, une polémique politique.
Les équipes d'Afrique du Sud et d'Angleterre, 100 % masculines, ont refusé de jouer contre les équipes qui avaient des femmes. Ca vous a choqué à l'époque ? -Il y a une spécificité dans le rugby, c'est que le rugby n'est pas une pratique mixte.
Or, au XV parlementaires, on a cette pratique mixte, puisqu'on est sur une pratique tranquille. Et on a un règlement particulier. Et oui, on a, lors de la finale, dit notre désaccord, on n'a pas pu jouer ce temps de finale.
Mais ça m'a permis d'être impliquée ensuite à la Fédération française du rugby pour aller travailler la mixité dans le sport en compétition. Donc le tout est dans le tout. -Même pour le XV parlementaires, toutes les femmes ont signé une charte à l'époque, toutes les femmes qui étaient dans des équipes de XV parlementaires, pour protester.
Ca a produit ces effets ? -On verra pour la prochaine Coupe du monde comment on a...
Non, c'est ça. -Donc cet incident rejoint votre combat politique pour défendre notamment la place des femmes dans le sport. C'est un milieu où les préjugés sexistes ou les stéréotypes sont plus présents qu'ailleurs ? -C'est un milieu qui est très masculiniste.
L'histoire a montré cela. -Masculiniste, pas masculin ? -Il y a une culture du masculin.
Et oui, la place des femmes dans le sport particulièrement, c'est un milieu qui est encore sexiste et où la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est importante, où la place des femmes demeure. On a voté en mars 2022, une loi pour tenter d'avoir une meilleure gouvernance et on voit que, je suis en train d'évaluer cette loi, ça reste difficile. -Vous parlez dans les fédérations sportives ? -Oui, la gouvernance des fédérations sportives, et les rôles modèles, le rôle des médias, le rôle de la place des femmes, puisque je considère que le sport, c'est vraiment une place d'émancipation pour chacun, de prendre sa place dans la société.
Donc, si on veut que notre société soit à l'image de ce qu'elle est dans la vie, c'est-à-dire 50 % de femmes, oui, il y a encore du travail. -On continue sur le sport parce que vous avez pratiqué le patinage artistique à haut niveau dès 5 ans. Vous avez même été médaillée de bronze au championnat de France Espoir.
A quoi ressemblait votre vie en sport-études ? On vous voit, vous aviez quel âge, je ne sais pas ? -J'ai 7 ans ici.
Alors c'est une vie qui est très organisée, une vie rythmée, sept heures sur la piste, on avait une organisation du temps, entre 7 h 00 et 9 h 30 sur la piste, puis des horaires aménagés entre 10 h 00 et 15 h 00, puis retour à la patinoire pour le libre l'après-midi, fin vers 18 h 00, ensuite il faut rentrer, il faut manger, faire les devoirs, se coucher tôt parce que le lendemain matin ça reprend. Et donc, le patinage, ça m'a donné à la fois de l'organisation, parce qu'ensuite, il faut faire les compétitions, ça m'a donné aussi une vie collective, et puis de pouvoir sortir le meilleur de soi quand on est sur la piste. Et face aux juges, oui, il faut une forme de dépassement pour faire en sorte que l'entraînement qu'on a eu sorte ce jour-là. -Par la suite, vous avez travaillé en entreprise, d'abord comme commerciale, puis dans les ressources humaines, jusqu'à devenir coach en entreprise.
C'est quoi exactement ? -En tout cas, je m'occupe des personnes dans l'entreprise et je m'intéresse à l'humain, donc la connaissance de soi, la connaissance de nos qualités, de nos limites et de ce qui nous anime et de ce qui nous motive. Donc je deviens une spécialiste des relations dans l'entreprise, la place de chacun à la fois en termes d'appétence, en termes de compétence et des relations en comité de direction ou en management des ressources humaines. -Devenue députée, vous avez été élue vice-présidente du groupe En Marche et on vous a confié la valorisation des talents.
Vous étiez coach du groupe En Marche à l'Assemblée ? -C'est une véritable aventure humaine et la vie du groupe dans ce qu'elle a à s'organiser, la coopération, l'organisation des spécialisations. Oui, c'est une vie managériale qui n'est pas tout à fait comme dans l'entreprise, mais c'est une constitution de groupe. -En 2019, vous vous êtes retrouvée impliquée dans un incident de séance et j'aimerais en parler.
C'était lors d'une prise de parole d'Alexis Corbière. A l'époque, il était encore chez les Insoumis. On va voir cela. *-Oui. *Monsieur le Président, je tiens à dire que cette personne m'a insulté pendant que je parlais. *Je veux bien entendre qu'il y ait des protestations, mais quand c'est des injures qui sont tenues à côté de moi, c'est assez...
Pardon, madame ? *-Monsieur Corbière, reprenez le fil de votre intervention, s'il vous plaît. *S'il vous plaît, monsieur Corbière, vous avez la parole. *-Je propose que cette collègue aille s'asseoir, car elle parle et elle m'insulte pendant que je parle. -Bon d'abord, qui s'est-il passé exactement ?
Qu'avez-vous dit pour qu'Alexis Corbière réagisse comme ça ? -Alors quand on est dans l'Assemblée, il se passe des incidents souvent et on commente. Et donc là, Alexis Corbière est en train de dire vraiment des énormités, notamment que la police tue.
Et donc je commente comme quand je peux faire, sauf qu'habituellement je suis de plus loin. Je dis : "Mais qu'est-ce qu'il dit comme connerie !" Et donc, évidemment, je suis à deux mètres, et je commente, et donc, comme Alexis Corbière est quand même un champion de la mise en scène, il prétend que j'insulte, et puis, voilà, il fait cet incident, et...
Et pour moi, c'est quand même la première fois. Le lendemain, j'ai à peu près tous les médias qui se sont tournés vers moi. Et donc, du coup, c'est vraiment pour moi l'idée de dire entre la réalité de ce qu'on travaille au long cours, tranquillement, et puis finalement, ce qu'on donne à voir aux gens.
Là, je prends conscience de la mise en scène qui est orchestrée par certains groupes. -C'est vrai que cette image interpelle. On vous voit bras croisés, le regardant, refusant de regagner votre siège.
Ca donne presque l'impression que vous le défiez, que vous voulez presque l'intimider physiquement. -Oui... -Et ça a duré longtemps, 1 minutes 30. -C'est 23 heures, moi je suis à l'écart, c'est rien ce temps-là, je suis à l'entrée et en fait, avant de prendre la place, quand un collègue parle, il a la caméra qui est sur lui, donc c'est franchement pas grand-chose et il en fait beaucoup. -Mais la coach aurait validé cette attitude ? -La coach, elle est au clair avec le fait qu'on a des temps où on est en pleine capacité et puis on est là pour parler.
Et puis là, la coach, elle dit : "Je suis en train de rentrer à ma place." Et puis la coach, elle s'insurge des propos qui sont inacceptables. Donc à un moment donné....
Oui, je pense qu'il faut dénoncer quand La France Insoumise instrumentalise ce qui se passe dans l'hémicycle et c'est ce qu'il faut retenir de cet épisode. -Votre nom est désormais associé à cette loi qui redéfinit pénalement le viol pour y ajouter la notion de consentement. C'est une loi que vous avez portée avec une autre députée, Marie-Charlotte Garin, du groupe écologiste.
Cette loi n'a pas fait l'unanimité au début. Emmanuel Macron n'était pas favorable et certaines associations féministes aussi. Comment vous les avez convaincus ? -La genèse de ce combat, ça démarre à l'Europe.
Et à l'Europe, les parlementaires votent pour et au Conseil de l'Europe, la France vote contre. Et donc, la négation d'Emmanuel Macron, elle est dédiée à l'Europe. Moi, je préside la délégation des femmes, je suis dans un parti progressiste et je dis que ce n'est pas possible que la France s'oppose.
Et donc, le président me dit : "Ca n'est pas du droit européen, c'est du droit français." Qu'à cela ne tienne, finalement, je suis renvoyée dans mes 22. Donc, à la présidence, Marie-Charlotte Garin m'avait déjà sollicitée sur ces sujets-là et on a démarré. -Vous êtes allée à deux ? -Oui et avec beaucoup d'humilité, on a démarré notre travail en nous posant la question, faut-il ou non, changer la définition pénale du viol ? -Un rapport parlementaire, -Une mission d'information qui a duré deux ans. -Vous dites qu'on est passé de la culture du viol à celle du consentement.
Qu'est-ce que vous entendez par culture du viol ? -La culture du viol, c'est tout ce qui est autour de ces agressions sexuelles et de ces viols qui visent à mettre la victime au centre des préoccupations et qui, dans un inconscient collectif, va dire mais qu'est-ce qu'elle a fait pour... -Pour qu'il se produise ça. -...pour qu'il se produise ceci.
Et donc, ça, c'est la culture du viol. Et la culture du consentement, c'est vraiment de passer à une dimension de dire que chacun est responsable de son corps et qu'une personne qui dit non, elle doit être écoutée et que cette culture du consentement doit commencer de l'éducation des jeunes...
On peut aussi parler de la dimension de l'inceste et de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et de dire que mon corps m'appartient, et tous ces enjeux, de dire que tout contact sexuel non consenti est un viol. -On va passer à notre quiz à présent pour finir sur une note un peu plus légère. Je vous propose de compléter les phrases suivantes.
J'avais promis de ne pas faire plus de deux mandats, mais... -Si c'est un combat contre le RN et que c'est moi la mieux placée, j'y retourne. -Les commentaires de Philippe Candeloro sur les patineuses. -Alors, j'apprécie beaucoup Philippe.
On patinait ensemble, on a fait des stages à cette époque. Pas sûre qu'il contribue à cette image plutôt sexiste qu'on connaît déjà. -Enfin, un petit trail de 40 kilomètres en haute montagne. -C'est l'entraînement pour être en forme. -Et ça vous arrive souvent ?
Je vous regardais sur les réseaux sociaux. -Ca m'arrive, oui. A l'UTMB, c'est ma fille qui m'accompagne.
C'était l'été dernier, il y a un an. C'est 40 kilomètres sur la petite course de l'UTMB. -Petite course, 40 kilomètres, 2 000 mètres de dénivelé, j'ai regardé... -Quand on fait 160 kilomètres, c'est les grosses courses.
Moi, courir, c'est un temps de ressourcement. Dans ce mandat, on passe beaucoup de temps. Mon équipe sait qu'il me faut au moins une demi-journée pour aller respirer. -Vous arrivez à courir ici à Paris ? -Je cours le matin de 7 h 00 à 8 h 00 sur les quais de Seine. -Merci beaucoup Mme Riotton d'être venue dans La Politique et moi. -Merci à vous.
Générique de fin
Véronique Riotton