Industrie : liquidation de Brandt, symbole d’un déclin français ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 4:19OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous attendiez à ce que la justice prononce la liquidation de Brandt ?
- 6:15OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a encore des solutions pour les 700 salariés ?
- 6:20OuverteRéponse partielle
Le ministre dit que le gouvernement ne laissera pas tomber. Est-ce qu'il y a encore un espoir ?
- 12:47OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous de l'adoption du budget de la Sécurité sociale ?
- 20:38OuverteRéponse directe
Est-ce que le plus dur est à venir pour Sébastien Lecornu ?
- 26:08OuverteRéponse directe
Comment s'y prendre comme un manche ? Expliquez-moi en deux minutes par Laurent Nunez.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:34InvitéFait
« Absolument pas. À partir du moment où, à partir des 8 offres qui avaient été déposées, il n'y en avait qu'une qui était une offre qui maintenait l'outil industriel et qui le développait. »
- 5:15InvitéChiffre
« Il y avait, dans cette opération, 20 millions d'argent public apporté par la région, plus de 7 millions d'euros, la métropole d'Orléans. »
- 5:23InvitéChiffre
« Il y avait un engagement fort, le ministre, je lui avais demandé de venir, il était venu sur place, il avait engagé l'État à hauteur de 5 millions d'euros, une aide de Vendôme, agglomération. »
- 6:56InvitéChiffre
« Nous avons, en centre-val de Loire, 40 % de plus d'emplois industriels que la moyenne nationale. »
- 7:02InvitéChiffre
« 20 % de la richesse, elle est liée à l'industrie encore dans notre région. »
- 11:06Locuteur non identifiéChiffre
« Majorité 241 pour 247 contre 234. »
- 30:23Locuteur non identifiéFait
« Oui, elle était sauvable. »
- 30:30Locuteur non identifiéFait
« Il faut que j'appelle le procureur pour qu'il fasse appel. »
- 33:20PrésentateurChiffre
« Vous avez 20 millions d'euros qui sont mises par François Bonneau, le président de la région, par les pouvoirs publics. »
Temps de parole
- Présentateur48 %
- Locuteur non identifié20 %
- Invité11 %
- Invité 210 %
- Locuteur non identifié 25 %
- Invité 33 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et on va, à l'une de nos régions, prolonger la magie de Noël. On va poursuivre notre tour des châteaux de la Loire qui font honneur à ces fêtes de Noël. Et cette année encore, le château royal d'Amboise se transforme en royaume féerique. Les sapins ont quitté leur forêt pour investir les lieux. Paris, de leurs plus beaux atours, dans ses décors magiques, chaque arbre révèle sa propre légende. Le sapin, des songes et des rêves. Le sapin forgeron d'épée légendaire ou encore le prince sylvestre de la nuit noire. Visite guidée avec Romain Delville pour Val-de-Loire TV.
Jusqu'au 4 janvier, le sapin est le roi du château d'Amboise. Sapin gâteau dans la salle à manger en lien avec l'alimentation. Arche de sapin à l'épée dans la salle d'armes. Les sapins jumeaux, en hommage à la forêt de Sherwood et à Robin des Bois. Sapin froufrou, en hommage à la duchesse d'Orléans, Hélène Mecklenburg-Schwerin, qui aurait importé en France l'usage du sapin à Noël, comme ça se faisait dans son pays de naissance en Allemagne. Les 4 jardiniers paysagistes sont à pied d'oeuvre depuis 3 semaines pour finaliser les installations. Car ici, le parcours a été imaginé, conçu et mis en place par les équipes du Logier-Royal.
La première partie, on a monté le sapin en haut, enfin la première partie du sapin. Et il a été décoré tout ça. Et ensuite, il a fallu amener le reste, donc le tronc, plus la partie basse du sapin, pour que ça fasse un ensemble directement, comme si l'arbre poussait à travers le lit. Et c'est très long parce que les racines sont à part, il faut les mettre, il ne faut pas se tromper, chaque racine a son propre numéro, qu'il faut installer sur le tronc. Amboise fait partie des 6 châteaux de Touraine à participer à l'opération Noël au pays des châteaux, coordonnée par l'Agence départementale du tourisme en Touraine.
Et les critères sont rigoureux, où chaque château doit proposer des parcours différents et renouvelés d'année en année. Il faut que chaque salle soit investie, il faut que le parcours soit présenté durant tout le mois de décembre et début janvier, donc ça c'est très précis. Et puis il y a vraiment une optique de qualité. On essaye de travailler sur des choses vraiment qui sont créatives, nouvelles, pour compléter l'offre du Noël au pays des châteaux. Les visites guidées colleront au thème pendant les vacances scolaires. Une balade nocturne aux chandelles est programmée le 13 décembre pour la Sainte-Lucie, ainsi qu'une heure du compte dans l'après-midi du 23 décembre.
Et voilà pour cette magie de Noël. Allez, on revient à l'actualité, on regarde content avec vous ce qui est à la une de la presse régionale. Et on commence avec de la colère, c'est la colère qui gronde dans le monde agricole.
Exactement, c'est à la une de la dépêche du midi à Toulouse. Dermatose, la tension monte. Mais aussi, vous le voyez dans cette deuxième une, la Nouvelle-République des Pyrénées, à Tarbes, un risque de contagion. On voit la forte mobilisation du syndicat de la coordination agricole. On les reconnaît à leurs bonnets et casquettes jaunes. Ces agriculteurs qui s'opposent aux euthanasies des animaux touchés par la dermatose nodulaire, qui est apparue, on le rappelle, en France fin juin. Dans les pages intérieures de la Nouvelle-République des Pyrénées, on lit ce matin la détresse des éleveurs.
L'abattage de mes bêtes, c'est un crève-cœur, dit ce matin Vincent Sabaté, qui ne comprend pas comment sa vache a pu être infectée depuis des semaines, dit-il. On ne les a ni rentrés ni sortis nos bovins. Attention, il faut surveiller cette colère du monde agricole entre ces épidémies, les avaries climatiques, la prochaine Pâques européenne qui s'annonce douloureuse pour la France, ou encore le Mercosur. Beaucoup de sujets, Oriane, qui font monter la tension dans les filières.
Et quant à la une de la presse régionale également ce matin, la fin d'un espoir pour Bronte.
C'est-à-dire à la une de la République du Centre, journal d'Orléans, le tribunal des activités économiques de Nanterre, qui a placé hier matin le groupe électroménager en liquidation judiciaire, ne retenant pas le projet de scope soutenu par le groupe Revive. Coup de machu pour les 680 salariés, dont 350 près d'Orléans, qui vont se retrouver au chômage et colère notamment des présidents de région et d'Orléans-Métropole qui s'étaient engagés à soutenir la scope.
Et justement, Quentin, on va écouter François Bonneau. Bonjour François Bonneau, merci beaucoup d'être avec nous. Président socialiste de la région Centre-Val-de-Loire, la région. Et on vous avait reçu il y a quelques jours pour ça, qui soutenait ce projet de scope. Est-ce que vous vous attendiez à ce que la justice prononce la liquidation de Brent ?
Absolument pas. Absolument pas. À partir du moment où, à partir des 8 offres qui avaient été déposées, il n'y en avait qu'une qui était une offre qui maintenait l'outil industriel et qui le développait. Une qui était, au final, malgré des délais très courts, équilibrés financièrement. À partir du moment où il y avait un engagement extraordinaire des salariés et qui, en quelques jours, ont monté leur scope, etc. À partir du moment où il y avait une structure d'accompagnement, Revive, qui est une structure industrielle, qui développe dans ma région l'entreprise Apivor, qui participe au retournement actuellement de l'entreprise Tupperware. Les éléments étaient réunis pour un redémarrage.
Il y avait, dans cette opération, 20 millions d'argent public apporté par la région, plus de 7 millions d'euros, la métropole d'Orléans. Il y avait un engagement fort, le ministre, je lui avais demandé de venir, il était venu sur place, il avait engagé l'État à hauteur de 5 millions d'euros, une aide de Vendôme, agglomération. Tous les éléments étaient réunis. Nous ne nous attendions absolument pas à ce que cette offre, qui avait véritablement un dynamisme, une force, puisse être recalée comme elle a été recalée.
Parce que derrière, ce sont, et vous l'avez dit, ce sont 700 salariés, ce sont 700 familles qui auront la lettre de licenciement sous le sapin, et c'est la disparition de 700 emplois industriels à un moment où on parle de réindustrialisation de la force du Made in France. C'est complètement incompréhensible et, pour moi, intolérable. Et je veux dire aux salariés que je partage à la fois leur peine, leur tristesse et leur colère.
Et 700 salariés que vous êtes allés rencontrer hier. Est-ce qu'il y a encore des solutions pour eux ? Le ministre, ce matin, dit que le gouvernement ne laissera pas tomber. Est-ce qu'il y a encore un espoir, ce matin, François Bonneau ?
Vous savez, hier matin, j'étais parmi eux, parmi eux quand l'opérationnalité du licenciement a été commentée. Ça veut dire que la lettre de licenciement est partie. Ça veut dire que dès lundi matin, ils vont être informés de la mise en place de leurs droits, etc. Le plan social est en marche. Donc, cette entreprise, elle est condamnée. C'est un renoncement véritable par rapport à ses salariés, par rapport à l'industrie. Faut-il en rester là ? Non. Moi, je suis président d'une région qui est une région fortement industrielle. Nous avons, en centre-val de Loire, 40 % de plus d'emplois industriels que la moyenne nationale.
20 % de la richesse, elle est liée à l'industrie encore dans notre région. Et nous nous battons. Et nous allons nous battre. Nous allons nous battre pour que les locaux industriels, pour que les machines industrielles, puissent servir et je vais développer des contacts. Nous allons accompagner ces salariés, accompagner fortement la région à une responsabilité en matière de formation.
Eh bien, dès aujourd'hui, je mets en ordre de marche les services de la région en lien avec l'État pour que nous puissions trouver les emplois, les entreprises qui pourraient offrir des emplois à ces salariés et pour que nous puissions engager, pour tous ceux et toutes celles qui en auront besoin, un plan de formation dans la proximité pour leur permettre d'aller vers d'autres emplois, de monter en niveau leurs qualifications. Il y a une mobilisation sociale autour de ces salariés qui va se développer. Et je me porterai, en tant que président de région, complètement, complètement sur cette priorité.
– Merci François Bonneau, merci beaucoup d'avoir été avec nous, président socialiste de la région Centre-Val-de-Loire, et on suivra évidemment ce dossier avec vous. Merci beaucoup d'avoir été dans cette émission. Quentin, on repart sur les unes de la presse régionale. On continue avec le moral des Bretons.
– Voilà, c'est à la une du Télégramme, effectivement, Oriane. La santé au beau fixe, voilà, des nouvelles un peu plus réjouissantes à la une ce matin. C'est donc à lire ce matin dans le journal de Brest. Les Bretons qui se sentent en meilleure santé que les habitants des autres régions de France, c'est l'un des enseignements d'une enquête de Santé publique France réalisée tous les deux ans. Dans le détail, dans les pages intérieures, les Bretons qui dorment plus longtemps que la moyenne des Français, 7h38, ils sont moins sédentaires, c'est-à-dire qu'ils restent moins en position assis toute la journée.
Les Bretons qui fument moins aussi que les autres Français, la moyenne, c'est de 17% en France, c'est moins chez les Bretons. Mais en revanche, les Bretons qui boivent plus que la moyenne des Français, 28% des Bretons qui admettent dépasser les deux verres d'alcool par jour recommandés contre 22% pour les Français en général.
– Voilà, on a bien compris le profil, du coup, Alain Quentin. Évidemment, on parle de Noël. Déjà, c'est vendredi, donc avec vous, on parle de Noël. Noël qui approche !
– Oui, et effectivement, c'est cette publicité qui cartonne, peut-être que vous l'avez vue, je crois qu'en rien, vous ne l'avez toujours pas vue.
– Mais non !
– Le conte de Noël qui émeut le monde, l'histoire de ce loup mal aimé, un joyau d'animation réalisé pour l'enseigne Intermarché et qui fait le buzz des millions de vues partout dans le monde. Cette pub, elle a été créée à Montpellier, d'où cette une Cocorico. C'est l'œuvre du studio Illogic. Félicitations à eux pour ce succès.
– Bon, il faut que je regarde cette pub. Alors, on termine non pas avec les marchés de Noël, mais avec le repas de Noël cette fois-ci.
– Oui, peut-être que vous réfléchissez à ce que vous allez pouvoir servir pour le réveillon. L'occasion est bien de s'intéresser à ce que l'on mange en Guadeloupe, avec cette une en créole. « Kanuka, manger pour Noël », titre ce matin en créole le journal France Antille. Dans les pages intérieures, on voit plein de plats. Et je lis dans le papier, « L'île est une mosaïque », dit le journal, « une mosaïque qui, à Noël, se met à chanter, cuisiner, rire et mijoter en plusieurs langues et plusieurs épices ». Regardez, donc, on a ces plats à base de riz, poids d'angole et cochon rôti, colombo en toute sauce, poisson grillé au citron jaune.
Le journal qui dit aussi que l'on mange des huîtres sur certaines tables aux Antilles.
– Merci, Quentin. Voilà, une bonne idée de repas.
– Oui, qui fait voyager aussi au passage.
– Merci. Mais je vais Noël parce qu'on ne vous retrouve pas du coup dans cette émission. – C'est la dernière pour moi cette année.
– En 2025, on vous retrouve en 2025.
– On se retrouve en 2025. – Merci beaucoup. Merci, Quentin. Allez, on va revenir à la politique. Et sur le fait marquant de cette semaine, c'est donc l'adoption du budget de la Sécurité sociale par l'Assemblée. Et la validation de la méthode Le Cornu menace qu'une étape, quid de la suite d'abord. On va revenir sur ce qui s'est passé cette semaine avec Marion Dalpèche.
– Il a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué. Mardi, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est adopté.
– Majorité 241 pour 247 contre 234.
– Mais si ce budget éloigne la perspective d'une nouvelle crise politique, il ne satisfait personne à l'Assemblée.
– Le compromis, c'est d'accepter que le texte final n'est pas celui dont nous aurions les uns et les autres rêvé.
– Ce soir, c'est le retour de façon accélérée au tambouille, à la petite cuisine oséabonde de la Quatrième République. – Il était important qu'on puisse affirmer quand même, parce qu'il ne faut pas mentir aux Françaises et aux Français sur la situation budgétaire du pays, qu'on puisse affirmer les choses, et ce qui ne va pas en particulier dans ce budget, sans pour autant que ça fasse finalement entrave à son adoption. – Après le vote des députés, les sénateurs à majorité de droite prévoient de rejeter d'emblée le texte de retour au Sénat aujourd'hui, permettant ainsi sa validation définitive mardi prochain à l'Assemblée.
– Le Sénat a montré beaucoup de sagesse, parce que si on avait réouvert le dossier, bien sûr, on aurait pu reprendre un certain nombre de mesures qui nous sont chères, mais je crois qu'on n'aurait pas tenu les délais, et de ce fait, on tuait le PLFSS.
– Mais la partie n'est pas encore gagnée pour le Premier ministre. Le budget de l'État doit encore être voté d'ici la fin de l'année. Le gouvernement devra arracher un nouveau compromis, cette fois avec l'ensemble du Parlement. Et le gouvernement prévient, il n'utilisera pas le 49-3. – Le 49-3 n'a pas été utilisé pour le PLFSS, il ne sera pas utilisé sur le PLF dans la démarche que je viens de vous donner. Il faut donner toutes ses chances à cette commission expéritaire, il faut faire confiance aux sénateurs dans la capacité à construire des compromis. – En cas de désaccord, il sera impossible de tenir les délais.
Restera alors l'option de la loi spéciale, utilisée l'an dernier, qui permet de re-voter le budget de l'année précédente.
– Cette semaine avec vous, bonjour Françoise Degoy. – Bonjour. – Merci d'être là et bonjour Arnaud Bénédici. – Bonjour. – Merci également d'être avec nous, directeur de la nouvelle revue politique. On va revenir évidemment sur le fait marquant de cette semaine politique, victoire de Sébastien Lecornu, victoire du Parlement aussi, Arnaud, cette semaine.
– Vous savez, moi je me méfie toujours, je vais dire des interprétations actives et rapides. Oui, c'est une habileté certaine du Premier ministre à avoir réussi à bâtir un compromis que personne, sur le fond, n'attendait compte tenu de la situation au Parlement. victoire aussi parce que, finalement, le groupe LR, d'une certaine façon, par une sorte de mouvement d'irrédentisme, s'est détaché des consignes de vote du président de LR. Moi, c'est ce que je constate quand même. Cette victoire n'aurait pas été possible sans les socialistes d'un côté indéniablement, mais sans le ralliement d'un certain nombre de députés LR qui ont voté favorablement ce compromis.
Ça, c'est la réalité, en tout cas du moment. Ensuite, la vraie question qu'il faut se poser, c'est l'impact que ça aura dans l'opinion publique. Moi, je crois que c'est ça qui est important. En effet, c'est la première fois qu'on arrive à un compromis qui était absolument impossible, jugé impossible, il y a encore quelques semaines. De ce point de vue-là, Lecornu a réussi là où Barnier et Beyrou n'ont pas réussi. Mais la vraie question est de savoir comment ça va être ensuite métabolisé par l'opinion. Bon, si vous voulez, la France est une vieille terre antiparlementaire. Il ne faut jamais l'oublier aussi.
La Troisième et la Quatrième République, je veux dire, se sont à un moment donné effondrés sur le choc des réalités de l'opinion publique par rapport à ce qui apparaissait comme des combinaisons parlementaires et des combinaisons politiciennes. C'est ça qu'il faudra suivre par la suite. C'est-à-dire, comment ça va percoler dans l'opinion publique au-delà, en effet, de l'habileté certaine de M. Lecornu à avoir réussi, en tout cas, à avoir franchi cet obstacle qui était un obstacle difficile, je le reconnais.
– Ça paraît difficile de le dire, mais enfin, c'est l'habileté de Sébastien Lecornu, c'est aussi quand même un peu l'habileté d'Olivier Faure. Je sais qu'on a quand même beaucoup de mal à reconnaître que c'est quand même une victoire, non pas toi, mais pas vous, pardon, une victoire socialiste, mais c'est quand même la maestria aussi d'Olivier Faure et du Premier ministre avec, comment dirais-je, deux personnalités qui parlent à peu près le même langage, mais un qui est bien installé sur sa droite et l'autre qui est bien installé sur sa gauche.
Donc là où je ne suis pas sur la percolation d'opinion, bien sûr, mais la percolation d'opinion, elle plébiscite le vote du PLFSS, parce que dans ce vote, il y a quand même des choses très fortes sur le plan social. Il y a la suspension de la réforme, des retraites, il y a le dégel des pensions de retraite, des minima sociaux, il y a le milliard en plus pour l'ONDAM, tout ça c'est concret. C'est d'ailleurs pour ça que le PLFSS passionne et fascine parce que c'est vraiment la partie du budget très concrète. Moi, contrairement, bien sûr Arnaud a raison de le dire, c'est un moment, moi je pense qu'on est au début d'une nouvelle culture en réalité.
Et si j'osais pousser, je suis avec le spécialiste absolu de la vie parlementaire et de l'histoire parlementaire, mais si j'osais pousser, je dirais que nous sommes peut-être en train de vivre les prémices quand même de la 6ème République. Et je dois dire quand même que qu'est-ce qui s'est passé dans tout ce débat, on viendra à la suite car je fais partie des gens qui pensent qu'il n'y aura jamais le 49-3 parce que Sébastien Lecornu est tout à fait cohérent avec lui-même, mais si on regarde ce débat, il y a en plus de ça, ce débat fait qu'il y a un homme, parce qu'il est faible politiquement, mais qui est complètement sorti du jeu qui s'appelle le président de la République.
Et ce président de la République, d'ailleurs, chaque fois qu'il remet des pattes dans le débat public, les Français ne supportent pas. En fait, ils veulent finir le quinquennat sans lui. En gros, Emmanuel, tu ne veux pas partir, tu es bien là où tu es, occupe-toi de l'international. Dès qu'il remet un peu les pattes dans le débat public, je pense à la libéralisation, etc., les gens l'éjectent. Et ce débat-là, quand même, quelles que soient les raisons pour lesquelles il a lieu, c'est-à-dire la faiblesse d'Emmanuel Macron, la dissolution, eh bien il met en lumière un Premier ministre, un Parlement, et il laisse un peu de coquetet, il efface un peu la fonction présidentielle.
Et moi, je trouve que c'est extraordinairement sain, ce qui est en train de se passer. Ça n'a rien d'apocalyptique, j'entends les postures. Ce n'est ni apocalyptique, ni toxique. C'est extraordinairement sain. – On est aux premiers de la 6ème, Arnaud ?
– Alors moi, personnellement, je ne le souhaite pas, parce que je suis, contrairement à Françoise de Gouin, un fervent défenseur de la 5ème République, et qui a permis de stabiliser et de mener un certain nombre de politiques publiques et de réformes qui ont, il faut clairement le dire, redressé la France après 1958, indéniablement. Moi, ce qui m'inquiète, c'est que, si vous voulez, le parlementarisme tel qu'il s'est construit historiquement en France a été très souvent un parlementarisme qui n'a pas permis, finalement, au pays de pouvoir mener les réformes et de développer une vision stratégique.
Je rappelle quand même les exemples de la 3ème et de la 4ème République qu'on nous ressent régulièrement comme des exemples formidables de démocratie parlementaire. Certes, ce sont des exemples de démocratie parlementaire, mais ce sont aussi des exemples de ce qu'on appelle le régime d'assemblée, c'est-à-dire qui, à un moment donné, empêche l'État, véritablement, de mener les politiques dont le pays a besoin. Non, mais la 3ème, rappelons quand même que la 3ème et la 4ème République, Françoise, se termine par des naufrages absolus. Non, non, mais, ok, ok, ok, on va pas refaire l'histoire parlementaire.
Et alors, moi, ce que je crois aujourd'hui, non, mais je crois qu'on est plutôt dans ce moment-là. Mais moi, c'est là où j'ai une différence, une interprétation différente avec Françoise qui est extrêmement optimiste. Moi, je suis beaucoup plus pessimiste. Je pense qu'aujourd'hui, malheureusement, la situation dans laquelle on se retrouve et dont le président de la République, je suis d'accord avec vous, est totalement responsable, en l'occurrence, nous empêche véritablement de pouvoir franchir les haies que nous avons à franchir. Et ça, c'est un vrai sujet. Après, est-ce qu'on est au début de la 6ème République ? Je ne sais pas. Mais franchement, je ne fais pas de prophéties.
Moi, ce n'est pas des prophéties. C'est ce que je vois dans la façon dont s'est déroulé le débat, dans la façon dont les gens se parlent et, encore une fois, dans l'effacement, vraiment, en tout cas, la mise de côté de l'ombre portée permanente du chef de l'État. Et ça n'est pas simplement lié à Emmanuel Macron. C'est-à-dire l'ombre portée du chef de l'État sur la 5ème, qui est à la fois la garantie de la puissance de la 5ème, mais qui est désormais, je pense qu'Emmanuel Macron, j'espère qu'il sera le dernier président de la 5ème République. Il a poussé au paroxysme. Non, mais ce n'est pas pour sa mort.
– Non, mais c'est-à-dire qu'en vous, dans un an et demi, vous voyez la fin de la 5ème République. – Non, non, non, mais je voudrais. Évidemment, il faut du temps, il faut une constituante, etc. Mais je veux dire par là que nous sommes dans cette mutation-là et je le souhaite et je l'espère. Nous ne pouvons plus, et je suis d'accord avec les bienfaits de la 5ème, dans ce que vous dites, et vous le dites mille fois mieux que moi, mais la réalité, c'est que nous ne pouvons plus, politiquement, même en termes de psyché collectif, nous ne pouvons plus… Je sais qu'on me dit, les Français sont paradoxaux, ils ne se sont jamais remis d'avoir coupé la tête du roi. Tout ça, c'est bullshit pour moi.
C'est 0 plus 0, la tête à Toto. C'est les arguments qu'on trouve à la mort moins le nœud, si vous voulez, pour expliquer qu'en fait, il faut un roi, il faut Jordan Bardella comme président de la République. Non, tout ça, je laisse de côté. Je pense véritablement que nous rentrons plutôt dans le siècle de l'horizontalité. Je pense que la verticalité a été bénéfique, mais maintenant, elle tue la politique. – On va parler… – 0 plus 0, la tête à Toto, excusez-moi. – Mais on adore, mais Françoise, on adore. On va revenir à ce qui risque de se passer dans les prochains jours et notamment la suite, le budget, que Sébastien Lecornu va devoir faire passer.
On va écouter ce qu'en dit la députée Renaissance-Prisse-Catévenot.
– J'entends effectivement d'un côté les socialistes donner énormément de listes de concessions que les autres devraient faire sans quoi ils ne suivraient pas. Et de l'autre côté, j'entends une partie de la droite, Horizon, les Républicains, dire qu'il y aurait trop de lignes rouges qui seraient franchies. Moi, ce que je dis simplement, c'est que nous avons un Premier ministre et son gouvernement qui sont en train de bâtir un chemin de compromis. C'est courageux, c'est difficile, c'est complexe, mais nous devons nous inscrire dans cette rénigne-là. Ce n'est pas facile, mais nous devons y arriver.
Pas pour nous, mais pour les Français qui le demandent, parce qu'aussi, il faut le dire très honnêtement, adopter un budget pour le pays à la fin de l'année permettra peut-être de sortir de cette crise politique dans laquelle nous sommes enfermés depuis un an et qui nous empêche d'adresser plein d'autres sujets qui sont nécessaires et essentiels.
– François, est-ce que le plus dur est à venir pour Sébastien Lecornu ? Est-ce que ce qui s'est passé sur le budget de la sécurité sociale peut se repasser sur le budget ? – Alors, on fait un peu une analyse des troupes faisant une cartographie comme l'état-major. Ce n'est pas tout à fait… Ça va être bien plus difficile en fait sur le budget général, sur ce qu'on appelle le PLF, le projet de loi de finances. C'est plus difficile que sur le PLFSS parce qu'on a une majorité quand même qui est extrêmement remontée et qui sera très difficile pour le Premier ministre d'amadouer.
C'est-à-dire qu'en gros, dans le PLF, il faut, pour que le PLF soit adopté, à la différence du PLFSS, parce que là, le PS avait arraché… – On va dire le budget de la CQ… – Le budget général, le Parti Socialiste ne votera jamais. On est d'accord ? Ça n'existe pas. Si vous votez le budget général, c'est que vous êtes dans la majorité, ce qui n'est pas le cas. Donc, ce n'est pas la peine de se faire des nœuds dans la tête. Jamais le PS ne votera pour, pas plus que les écologistes ou le Parti communiste. Si on fait le rapport de force, aujourd'hui, pour que le PLF passe, il faudrait que l'ensemble de renaissances, enfin, de EPR, je ne sais jamais comment on les appelle…
– Oui, l'ensemble du renaissance… – Le bloc central… – C'est ce qu'on appelle le bloc soviétique. Non, je plaisante. Vote comme un seul homme pour, il faudrait que l'IOD vote comme un seul homme pour, il faudrait que les LR votent comme un seul homme pour, et que le PS, les Verts et le PC s'abstiennent. Et là, ça passe. Comprenez bien que le chemin, il est encore plus étroit que pour le PLF-SS. Donc, il est possible, vous savez, si Sébastien Lecornu, comme il le laisse entendre, rétablit le fond vert ou une partie du fond vert, vous pouvez évidemment amadouer aussi les écologistes. Mais si vous amadouez les écologistes, qu'est-ce que vous faites pour amadouer votre propre…
Donc, sur le PLF, je pense que l'exercice est plus compliqué. Ça ne passera pas au 49-3. Je sais bien que tout le monde ambiance, il y a plein de gens à qui ça intéresse, le 49-3, qui ambiance les rédactions pour dire « Attention, Lecornu, pas du tout. Sébastien Lecornu le répète ad nauseum à tout son entourage. Pas de 49-3. » Et c'est normal parce qu'il est cohérent avec lui-même. Parce que s'il fait un 49-3, la censure, elle sera immédiate, y compris la censure du Parti socialiste. Donc, probablement que ça termine en loi spéciale, votée à la mi-janvier ou vers le 20 janvier. Mais il reste 1% du chemin pour le vote du budget.
Je n'y crois pas beaucoup, contrairement à la dernière fois où je vous avais affirmé sur ce plateau que ça passait contre Vans et Marais.
– Non mais Françoise a tout dit. Je ne vois pas comment aujourd'hui le budget, dans les conditions actuelles, peut être adopté. D'abord, le vote sur le budget pour une opposition, c'est clair, je veux dire, c'est le marqueur. Vous êtes dans l'opposition quand vous votez contre le budget. C'est l'histoire du Parlement et c'est l'histoire même de la Ve République, pour le coup aussi, d'une certaine façon.
Donc, on ne voit pas aujourd'hui, en effet, le trou de souris qui peut exister pour que le Premier ministre arrive à faire adopter son budget sans passer par une loi spéciale ou, évidemment, l'utilisation du 49-3, à laquelle je ne crois pas, en effet, parce que l'utilisation du 49-3, c'est le déclenchement mécanique de la censure. Et là, pour le coup, la censure sera adoptée et Sébastien Lecornu tombera. Donc, la solution, c'est la loi spéciale. Mais après, je veux dire, ça ne règle pas quand même les difficultés budgétaires de la France parce que la loi spéciale n'est pas à la hauteur, finalement, de l'épreuve budgétaire que nous devons affronter.
Et c'est ce qui me ramène à ce que je disais tout à l'heure, à l'incapacité que nous avons à affronter les vrais sujets parce que, tout simplement, la situation du Parlement nous oblige à une forme d'immobilisme si l'on veut survivre. Et c'est bien le problème, me semble-t-il.
On passe au second thème de ce club et on va parler de la colère des agriculteurs mobilisés. Hier, en Ariège, 500 agriculteurs mobilisés, 4 interpellations. C'est ce qu'annonce ce matin le ministre de l'Intérieur. Il était sur RTL. On va l'écouter.
Il y avait évidemment des agriculteurs, des éleveurs, puis il y en a eu aussi quelques dizaines de militants de la mouvance ultra-gauche qui ont été très en pointe pour empêcher les forces de l'ordre d'accéder à cette exploitation. Il y a eu des interpellations. En utilisant beaucoup de moyens d'obstruction, des barrages, des mises à feu, puis surtout des prises à partie des forces de sécurité intérieure qui nous ont obligés, évidemment, à intervenir. Il y a eu des interpellations. Il y a eu 4 interpellations. Nous comprenons, évidemment, parfaitement. C'est un drame pour un éleveur de voir son troupeau disparaître.
Donc voilà, c'est une souplesse, tact, mais en même temps, on ne peut pas tolérer de violence, d'exaction et de dégradation.
Franchement, honnêtement, comment s'y prendre comme un manche ? Expliquez-moi juste en deux minutes par Laurent Nunez, alors qu'il me déçoit un peu, parce que je dois dire que Laurent Nunez fait partie des gens de gauche, et on est assez nombreux à tresser des lauriers de ce préfet de Paris qui a été, peut-être parce qu'il était, par rapport à l'Allemand, il était... Mais je veux dire... Guiliel Allemand, l'ancien préfet de Paris. Objectivement, comment est-ce qu'on peut commettre des fautes politiques pareilles ? Pourquoi est-ce qu'on en voit ? Alors bien sûr, maintenant, on accuse l'ultra-gauche, alors elle a bon dos, les sous-dèvements de la terre, ils ont bon dos.
On en voit les CRS, on en voit des hélicos, dans un monde rural qui est déjà exacerbé, et les agriculteurs, je veux dire, ne sont pas en crise parce qu'ils ont des humeurs de danseurs, ou des états d'âme de garçons de bain. Je suis désolé, les agriculteurs ont de vraies raisons, et je ne suis pas populiste en le disant, de vraies raisons d'avoir une crise existentielle réelle. Donc, on est... Imaginez quand même la vista des aigles politiques qui nous gouvernent. On est à quelques jours de la signature du Mercosur, qui va mettre le feu à nouveau à la prairie. Et on envoie des hélicos chez des agriculteurs, ça n'a aucun sens.
Je ne comprends pas, à un moment donné, comment on peut se tromper à ce point de vision. Pardon.
Je suis tout à fait d'accord avec ce que dit Françoise. Là, pour le coup, ce sont des images qui sont politiquement destructrices. Absolument destructrices dans le contexte que connaît le monde agricole en France. Ce qui s'est passé hier en arrière. La signature du Mercosur, l'abattage des troupeaux, qui constitue en effet un drame absolument existentiel pour les exploitants agricoles, et des gens qui n'ont plus rien à perdre. Il faut bien se rendre compte que le monde paysan et qu'un certain nombre d'exploitations n'ont plus de trésorerie devant elles. Donc, on va voir ce qui va se passer aujourd'hui.
Mais on sait très bien que la coordination rurale est en train de mobiliser dans le sud-ouest devant les préfectures. On sait très bien qu'il y a une mobilisation qui se fait à peu près dans un nombre de régions d'élevage en France. Aujourd'hui, contre ce qui est en train de se passer, les images des hélicoptères, des centaures, du déploiement policier est hors de proportion par rapport à la réalité et au drame que vivent les paysans. Je pense que c'est une faute politique qui va peser sur, en effet, le ministre de l'Intérieur mais aussi sur la ministre de l'Agriculture qui est quand même engagée dans cette affaire et plus largement sur le gouvernement.
Oui, sur le gouvernement et sur Emmanuel Macron parce que je vous rappelle que, comme toujours, enfin, ça c'est aussi la... C'est la vertu de votre cinquième. C'est-à-dire que même ma voiture est cassée dans la rue, c'est la faute du président. C'est utile quand même. Non, non, mais c'est la vertu de votre cinquième parce que, d'abord, il n'a plus de paratonnerre pour se protéger, Emmanuel Macron. Il est celui qui a changé d'avis 14 fois sur le Mercosur. Il a essayé de trouver une coalition, évidemment, pour lutter contre le traité. Il ne l'a pas trouvée. Donc, changement de pied en plus de ça.
Il y a un mois à Belém, à la COP, au Brésil, où il donne le sentiment que finalement, ce n'est pas si mal parce qu'il est avec Loulard. Donc, on nage complètement avec ce président dans ses propos un peu en figurique, si vous voulez, sur le Mercosur. Alors que, pour lui, c'est assez clair. Quand vous en discutez avec lui, effectivement, ça se tient. Mais ce qui sort dans l'opinion, c'est que ça ne se tient pas du tout. Moi, je vais vous dire, je n'ai pas d'informations, mais même si ça circule un peu sous le manteau, si je suis aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, un insoumis, et que j'ai décidé, si vous voulez, de faire tourner le gouvernement, vous savez ce que je fais ?
J'attends la signature du 20 décembre et je dépose une motion de censure. Et vous allez voir la motion de censure contre la signature, etc. La motion de censure dont on peut se cesser par le 49-2. C'est ça ? La motion de censure du gouvernement, je vous assure qu'elle passe très largement sur le Mercosur. Donc, vraiment, comment peut-on se mettre dans une position aussi faible ?
Et le contexte que l'on vit actuellement dans les campagnes depuis 24 heures peut, en effet, inciter la France insoumise à déposer une motion censure.
Mais même le Rassemblement national.
Elle sera votée si c'est la fille.
Il y a les difficultés du monde agricole, il y a aussi les difficultés de notre industrie avec la liquidation judiciaire hier de brandes coups durs pour les 700 salariés qui se retrouvent au chômage alors qu'il y avait un projet de reprise soutenu par l'État, soutenu par les collectivités territoriales. Et on va voir ce qu'en dit ce matin le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin. – Oui, elle était sauvable. Maintenant, ce que je souhaite, c'est qu'on n'agisse pas à nouveau dans la précipitation. Il y en a qui me disent il faut que j'appelle le procureur pour qu'il fasse appel. Je rappelle juste que dans notre constitution, il y a quand même une forme de séparation des pouvoirs.
Donc, il faut qu'on prenne le temps. D'ici la fin de l'année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d'investisseurs privés, sans doute, aussi. – Donc, il ne peut encore y avoir un avenir pour France ? – Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt. – Oui. – C'est le choc pour les salariés de Brandt, mais ça va au-delà, Arnaud. Il y a une forme aussi d'incompréhension qu'un projet qui était soutenu par les salariés, avec le soutien de l'État, des collectivités, et qui est une position derrière.
– On va revenir à Emmanuel Macron encore une fois. C'est tout le logiciel que nous vend à Emmanuel Macron sur la prétendue réindustrialisation du pays ces dernières années qui s'effondre devant cette réalité. C'est-à-dire que Brandt, qui est une marque qui est centenaire, qui est une marque d'ateliers, qui est une marque historique, est en train de s'effondrer avec 700 personnes qui sont sur le carreau. En effet, c'est aujourd'hui, j'allais dire, le témoignage de ce processus de désindustrialisation lent qui s'est finalement développé depuis les années 70, d'ailleurs, parce que ça n'a pas commencé dans les années 80.
C'est vieux, la crise du système productif, c'est au moment des deux chocs pétroliers de 1973 et de 1977, on l'a complètement oublié. Mais voilà, on en arrive là, c'est en effet absolument destructeur. – Ça m'intéresse
parce que ça dédouane les socialistes.
– C'est destructeur, c'est la réalité.
– C'est le choc Giscard, bien sûr, c'est le choc pétrolier. – Oui, c'est le choc pétrolier, surtout. – Le choc pétrolier, c'est Giscard.
– Et voilà, ça a commencé sous Giscard. Et donc, cette situation, en effet, arrive au plus mauvais moment pour le gouvernement, là aussi.
– Oui, alors, moi, je suis d'accord 100% avec ce que vient de dire Arnaud, décidément, on est d'accord, mais ça, c'est normal. – Sans faire des institutions. – Non, j'avais d'avis, bien sûr, moi, je suis une affreuse gauchiste, vous êtes un affreux réactionnaire. – Oui, bien sûr. – Non, c'est bien, c'est bien. – C'est ce qui fait le charme de débat. – Non, mais je veux dire, je suis 100% d'accord. Ce que je rajouterais juste, c'est donc le côté lunaire. Moi, j'aime bien ce jeune ministre, je n'ai rien pour lui. Il n'y a pas d'empathie, déjà, dans les mots. Est-ce qu'on a tous été reporteurs ? Moi, je l'ai été.
Vous avez déjà fait des reportages dans les usines où on apprend qu'on va fermer avant Noël. Vraiment, ça me brise le cœur. Ça brise le cœur des salariés, déjà, à la base. Donc, parlez avec un langage frac, techno. Si vous pouviez utiliser d'autres langages que, déjà, ça, c'est le premier point. Ce n'est pas de communication, c'est profond. Ça veut dire que, est-ce que ce gouvernement est concerné ou pas autrement que par des chiffres ? Deuxièmement, qu'est-ce que doit faire ce gouvernement ? Qu'est-ce qu'il doit faire, ce gouvernement ? Il faut tordre le bras aux banques. On a bien vu. Moi, je veux bien qu'on mette sur la tête du procureur, etc.
Mais pourquoi est-ce que la justice rend cette décision ? Parce que la justice sent que les banques ne suivront pas. Vous avez 20 millions d'euros qui sont mises par François Bonneau, le président de la région, par les pouvoirs publics. 20 millions ! Il manque entre 20 et 25 millions d'euros. Vous avez des salariés qui s'engagent. Pourquoi la justice ? Parce qu'elle est méchante. C'est parce qu'elle sent bien que les banques ne suivent pas. Donc, à un moment donné, à un moment donné, les banques, je rappelle qu'en 2008, on a sauvé les banques. Je rappelle que, pas simplement en France, les États ont sauvé le système bancaire. Donc, à un moment donné, les banques aussi doivent...
Quelques fous, la Banque publique d'investissement dans cette histoire ? Bon, peut-être qu'elle y est... Non, non, mais je suis sévère parce qu'on a des outils qui sont complètement obsolètes. Sous le quinquennat de François Hollande, j'avais la chance, moi, d'être dans ce gouvernement parce que, pour moi, ça a été un honneur. On a vu, par exemple, dès qu'on est arrivé, la filière douce effondrée, la filière du poulet. Vous vous souvenez ? 1 000 personnes sur le carreau. Les abattoirs en Bretagne qui ferment 1 000 personnes sur le carreau. avec aucune possibilité, si vous voulez, de réagir. On a des moyens. Il faut que le gouvernement torde le bras aux banques. Point barre. Voilà.
Point barre. Point barre. À l'opposé de Brant, on va terminer par une belle histoire qui concerne l'industrie. C'est dans le Morbihan. C'est l'histoire de la maison Sequoia. Ils font des maisons en bois et 4 employés, dont le fils du gérant, ont repris l'entreprise. Pourtant, lorsque l'heure de la retraite a sonné pour le gérant, François Bellec, il y avait des investisseurs intéressés, mais ils auraient très certainement voulu davantage industrialiser l'entreprise. Alors, avec cette reprise par les employés, ils ont l'intention de garder leur statut d'artisan, de rester à une échelle, à leur petite échelle, avec une dizaine d'employés. C'est ce qu'ils voulaient. J'adore.
Ça a été stressant mais hyper stimulant, disent-ils. Et au final, tout reste comme avant. Il n'y a pas de raison que ça change. J'adore. J'adore ce que vous savez. On voulait terminer par une histoire un peu plus positive. Arnaud, très rapidement, on veut dire un petit mot de la nouvelle revue politique ?
Ah oui. Ça y est, le site a été lancé la semaine dernière. On a déjà beaucoup de contributions. Une chaîne YouTube, bientôt, je veux dire, avec plusieurs débats qui sont programmés. Donc, en effet, on a une équipe qui est en tout cas particulièrement mobilisée et puis la qualité nous sert.
Malgré votre côté réactionnaire, je vous lisais. Vous irez débattre sur sa chaîne YouTube, François ? Non, mais j'adore. J'adore. J'aime l'intelligence. J'aime l'intelligence pour qu'elle vienne. Merci beaucoup. Merci Arnaud. Merci François. Merci à tous de nous avoir suivis. Très bon week-end à lundi.
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