Le show Macron, l'envolée Dati #cdanslair 19.01.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 36 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:02OuverteRéponse directe
Un exercice utile pour le président de la République ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est utile ?
- 5:20RelanceRéponse partielle
Toutes les questions n'ont pas été posées.
- 6:17OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il s'est passé quelque chose politiquement hier ?
- 13:53OuverteRéponse directe
Pensez-vous que le contenu de cette conférence de presse était bien en phase avec nos préoccupations ?
- 30:45FerméeRéponse directe
Est-ce que la seule grille de lecture qu'il faut appliquer, c'est celle du RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11PrésentateurChiffre
« 8,7 millions de Français ont donc suivi cette longue explication du président de la République hier soir. »
- 0:28PrésentateurPromesse
« Il promet de l'audace, de l'audace et de l'efficacité. »
- 0:31PrésentateurFait
« avec comme sujet de prédilection la jeunesse, l'école, le retour de l'ordre, des symboles. »
- 0:54PrésentateurFait
« Une stratégie politique assumée avec un objectif, faire reculer le Rassemblement national. »
- 1:03PrésentateurFait
« Pendant ce temps-là, à peine installé au ministère de la Culture, Rachida Dati annonce ce matin sa candidature à Paris. »
- 31:49InvitéPromesse
« Il a beaucoup joué sur l'incompétence du RN supposée qui entraînerait, du coup, sur le plan économique, un désastre. »
- 33:30InvitéFait
« C'est le rejet de l'écologie qui a dopé l'extrême droite. »
- 49:44InvitéChiffre
« Entre 1500 et 2700 euros pour une personne seule, entre 3700 et 6700 pour un couple avec deux enfants. »
- 50:01InvitéChiffre
« 2 milliards de baisse d'impôt sur nos compatriotes qui sont dans ces catégories en 2025. »
- 52:00InvitéChiffre
« 800 millions d'euros d'économies. »
- 56:40InvitéChiffre
« C'est 72%. »
- 58:23InvitéFait
« Hier, annoncé que la franchise sur les médicaments est doublée, comme on vient de le dire, que les tarifs d'électricité, alors j'ai noté cette formule du président, elle est quand même assez étonnante. »
- 58:35InvitéFait
« Comme les prix sont revenus à peu près à la normale, c'est naturel qu'il y ait une augmentation de l'électricité. »
- 59:24InvitéPromesse
« Nos enfants vivront mieux que nous. »
- 59:44PrésentateurChiffre
« Oui, 9 millions. »
- 1:00:07InvitéFait
« C'est qu'il n'y a pas de majorité absolue. »
- 1:00:30InvitéFait
« Non. Il y a des déclarations, il y a une réaffirmation d'un certain nombre de principes, mais les mesures vraiment qu'on pourrait qualifier et d'emprunter à la gauche, moi je ne les ai pas vues. »
- 1:00:44InvitéFait
« Pas directement. Mais il n'y a eu aucune mauvaise nouvelle pour les retraités. En soi, c'est une bonne nouvelle pour eux. »
- 1:00:53InvitéFait
« non seulement il n'y a pas de majorité absolue, mais les contraintes économiques font qu'il n'y a pas de marge de manœuvre ou très peu sur la question centrale du pouvoir de chambre. »
- 1:01:11InvitéPromesse
« il va y avoir d'autres expressions, notamment du Premier ministre dans 15 jours et même Emmanuel Macron, par exemple, sur le SNU, le Service National Universel, il veut reparler, il veut reparler régulièrement pour annoncer d'autres choses. »
- 1:01:25PrésentateurFait
« Bien sûr. Oui, bien sûr. Elle le dit ce matin, quasiment. Elle l'a dit. »
- 1:01:30InvitéFait
« Avec le risque que ça ne marche pas du tout, que le gouvernement devienne dans 6 ou 8 mois très impopulaire et qu'à ce moment-là, avoir été ministre dans ce gouvernement la plombe totalement. »
- 1:02:18InvitéChiffre
« Oui. Il y a un espace ? Oui. Raphaël Glucksmann progresse dans les sondages. »
- 1:03:24InvitéChiffre
« suivie hier par 8 millions de Français »
Temps de parole
- Présentateur34 %
- Invité18 %
- Invité 217 %
- Invité 317 %
- Invité 46 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. 8,7 millions de Français ont donc suivi cette longue explication du président de la République hier soir. Emmanuel Macron avait sans doute un objectif, redonner du souffle à son quinquennat, convaincre les Français qu'il avait encore l'envie d'agir, de briser les tabous, comme il l'a dit à plusieurs reprises. Il promet de l'audace, de l'audace et de l'efficacité, avec comme sujet de prédilection la jeunesse, l'école, le retour de l'ordre, des symboles. Cela passe à ses yeux par un retour de l'uniforme, l'apprentissage de la marseillaise, mais aussi par un meilleur accès à la culture ou encore au contrôle des écrans.
Un Emmanuel Macron qui emprunte parfois les slogans de la droite dure et promet qu'il fera tout pour que la France reste la France. Une stratégie politique assumée avec un objectif, faire reculer le Rassemblement national qu'il qualifie de partie du mensonge et de l'appauvrissement. Pendant ce temps-là, à peine installé au ministère de la Culture, Rachida Dati annonce ce matin sa candidature à Paris. Le show Macron, l'envolée, Dati, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Jérôme Jaffray. Vous êtes politologue, chercheur associé au Cévi-Pof. Avec nous ce soir, Cécile Cornudet. Vous avez suivi naturellement. Vous étiez à l'Élysée.
Non, non, je n'étais pas à l'Élysée. Ah, vous étiez pas à l'Élysée. Il n'y a pas de vous, oui, on ne peut pas travailler. Alors, vous nous direz en tout cas ce que vous en avez pensé. Vous êtes éditorialiste politique aux Echos, qui titre aujourd'hui Travail-Entreprise Macron annonce l'acte 2 des réformes. Je rappelle votre chronique du jour. Plus rien à perdre. Nathalie Moret, elle, était à l'Élysée. Vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse régionale ÉBRA. Je cite votre article du jour. Quand Emmanuel Macron vante l'audace face à la tentation de la résignation. On va en parler. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos.
Vous êtes enseignant à Sciences Po. Bonsoir à tous les quatre.
Bonsoir.
Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Petit tour de table rapide, parce que ce n'était pas rien cette conférence de presse. Jérôme Jaffray, 2h15, seul en scène, face à la presse. Un exercice utile pour le président de la République ?
Oui, disons le mot, c'était court. C'était court quand on connaît Emmanuel Macron. Finalement, on pouvait s'attendre à beaucoup plus long. Et puis, les journalistes étaient devant le président, mais en fait, le président parlait au français, bien sûr. Ce n'est pas le sens de l'exercice de la conférence de presse. Il s'adressait au public, au large public, près de 9 millions de téléspectateurs, je crois. Donc, un public important, très important pour écouter la parole présidentielle.
Et derrière cela, au fond, c'est comment transformer un président qui, fin décembre, paraissait très affaibli, qui est très impopulaire, il l'est toujours, et qui paraissait ne pas avoir beaucoup d'armes à sa disposition en un président qui reprend l'offensive, qui marque un certain nombre de points, nous allons en parler, sur le Rassemblement national en particulier, et qui essaye de répondre à un certain nombre d'aspirations et de demandes des Français. Ce qu'il nous a montré hier, très largement, c'est son rapport à la société française, et comment il sent et voit la société française.
Et il la sent bien, il la sent...
Il en a une lecture, mais je parle sous le contrôle de Brice Pinturier, éminent expert de ces questions. Il en a une lecture qui insiste sur un certain nombre de thèmes qui portent dans l'opinion, retour de l'autorité et le souci de l'éducation et de la jeunesse. Vous l'avez dit en introduction. C'est manifestement le point clé, parce que c'est un président qui ne peut pas distribuer de pouvoir d'achat. Et donc il faut bien trouver d'autres thèmes qui parlent aux Français.
Parce qu'il n'a plus de marge de manœuvre budgétaire. Il en a dit un mot, on va y revenir dans le détail, de toutes ces annonces, celles qui n'en sont pas, et la lecture politique qu'il faut faire. Cécile Cornudet, dont vous étiez au bureau, mais vous avez écouté, avec l'ordinateur bien posé devant vous. Est-ce que vous avez vu un exercice réussi ? Est-ce que c'est utile ? Très justement, Jean-Bio Jaffray disait qu'il était sans oxygène. En a-t-il le retrouvé ?
Oui, je pense qu'il en a retrouvé, parce qu'il a surpris, d'abord par le remaniement, et là parce que c'était court, mais c'était dense. Il y avait beaucoup de choses, donc l'impression qu'il est toujours capable de créer la surprise, de faire surtout. Son principal objectif, il ne supporte pas cette règle non dite de la politique qui veut que quand vous ne pouvez pas vous représenter, ça libère les ambitions et vous êtes presque mort et immobile. Et ça, cette idée-là le rend dingue. Et donc ce qu'il voulait, c'était montrer qu'au contraire, ne pas pouvoir se présenter, ça le libère.
C'est pour ça que j'ai titré « Plus rien à perdre », comme s'il n'avait plus rien à perdre et qu'il y allait fort parce qu'il veut jusqu'au bout pouvoir agir. Et c'est pour ça qu'il a ciblé le Rassemblement national, parce que dans six mois, on a une élection où aujourd'hui, le Rassemblement national dans les sondages est très en tête. Et si sa liste à Emmanuel Macron est très loin derrière en juin, eh bien ça stoppera net son quinquennat. Donc il faut cibler le RN pour continuer, lui, à agir jusqu'au bout.
Avec des mots qu'on a entendus, je le disais, briser les tabous, l'audace, casser les codes.
La question, c'est est-ce qu'au-delà des mots, dans les faits, ça se traduira vraiment. Mais en tout cas, les mots étaient là.
Nathalie Moret, sur la façon dont ça s'est passé, on entend certains médias qui disent « Toutes les questions n'ont pas été posées ». Vous avez pu poser une question hier soir. Alors c'est toujours le jeu quand il y a des conférences de presse. Toutes les questions ne peuvent pas être posées. Oui, il y avait 220 à 250 journalistes. On a dû être une petite vingtaine à poser des questions. Il y a forcément 180 journalistes qui sont frustrés. Bon, ça c'est le jeu. Parfois, ce n'était pas moi qui posais les questions hier. On essaye de tourner un petit peu. Sur l'ambiance, j'ai trouvé que c'était un moment finalement assez intime parce qu'on était tous assez près du président de la République.
Et je trouvais que dans l'atmosphère, on sentait qu'il allait se passer quelque chose d'important. Ce n'est pas une petite conférence de presse classique où on annonce une mesure, où on présente des voeux, où on est à mi-mandat ou quelque chose comme ça. Non, c'était vraiment, on avait tous le sentiment et c'est comme ça qu'on avait imposé le récit d'Elysée, qu'il allait se passer quelque chose et qu'on allait enfin connaître ce qui allait se passer dans l'acte 2 du quinquennat. Donc du coup, je pense que... Mais qu'est-ce qui s'est passé, Nathalie Moret ? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose à vos yeux, hier soir ?
Il y a des gens qui nous regardent ce soir qui ont peut-être vu le résumé de la presse et qui ont dit qu'il n'a rien dit. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose politiquement hier ? Moi, je trouve qu'il a retrouvé quelque part ce qui faisait sa marque de fabrique en 2017, c'est-à-dire un effet un peu disruptif. Alors fait comme ça, effectivement, les gens qui nous regardent vont dire « bah non, il était normal, c'est le président de la République », etc. Mais en fait, pas tant que ça. Parce que dans les mots qu'il a choisis, il y avait des choses très disruptives.
Il y avait « faut arrêter tout ça », « il faut arrêter les codes », « il faut arrêter les cases », « il faut tout simplifier », et tout ça annonce en creux, mais j'imagine qu'on va le décrypter exactement, tout ce qui va se passer, notamment le grand travail de simplification, etc., la loi Macron 2, etc. Je suis tout à fait d'accord avec vous, Cécile. Il n'en a plus rien à faire. Maintenant, il fonce, il a trois ans à tenir et il veut que ça se sache. Donc oui, il s'est passé des choses et politiquement, je trouve que c'est un moment intéressant. Brice Naturier ?
Oui, moi, je suis tout à fait d'accord avec ce que vient de dire Nathalie, pardon, et notamment sur le positionnement politique. Parce qu'il y avait une certaine liberté et on a beaucoup commenté les thèmes qui parlent à la droite. Il y avait beaucoup de choses, l'uniforme, le travail, moins de normes, moins de tracas, etc. Tout un registre, effectivement, qui parle à la droite, mais il y avait tout un registre qui parle aussi à la gauche. À chaque fois, il a d'abord son clème, c'était un peu une France forte et juste. La France forte, c'était le slogan de Nicolas Sarkozy. La France juste, c'était plus celui de Ségolène Royal ou de la gauche. Il n'a cessé d'accoler ordre et progrès.
Il est revenu sur la nécessité de lutter contre l'assignation à résidence, les inégalités de départ comme étant la pire des injustices. Il a même dit à un moment donné que l'ordre sans progrès, c'était réactionnaire. Sur la question des émeutes, il s'est démarqué aussi du lien fait par la droite avec l'immigration. Donc il y avait tout un registre qui allait vers la droite, mais il y avait tout un registre qui n'allait pas vers la droite. Et là, j'ai trouvé, effectivement, comme Nathalie Moret, qu'il essayait de réimposer sa grille de lecture. Et sa grille de lecture, c'est « je suis transpartisan ».
Le « en même temps » de la double radicalité.
Exactement. Et il a quand même aussi dit « je suis le « en même temps », ce n'est pas une moyenne un petit peu molle, c'est une double radicalité ». Et en gros, l'exercice a consisté à dire « je prends des thèmes très fortement qui sont peut-être pour vous des thèmes de droite, je prends des thèmes très fortement qui sont aussi des thèmes de gauche et en réalité, je me situe au-dessus de ça. » Et dans la forme, il était aussi dans une iconographie à la De Gaulle, avec quelque chose de très étudié, même sur la hauteur du bus, etc.
Oui, une table assez...
Oui, et De Gaulle, c'était quelqu'un qui disait « je ne suis ni de gauche ni de droite, je suis pour la France qui se voulait transpartisan ». Alors, comme tous ceux qui se veulent et de gauche et de droite ou les deux à la fois ou ni l'un ni l'autre, ils sont de droite plutôt. C'était la phase de Mignonne.
Mais j'ai trouvé intéressant qu'en réalité, ils cherchent à retrouver un peu, c'est plus fort vers la droite, mais un peu de cette alchimie due en même temps et de justement quelque chose qu'on ne peut pas enfermer dans une seule famille politique comme s'il avait compris qu'il fallait qu'il fasse attention après les vœux, après la séquence de Pardieu, après l'immigration, la loi sur l'immigration, qu'il fallait qu'il garde sa singularité. Et ça, c'était quand même un exercice recherché et plus subtil qu'à droite toute.
Et maintenant, il va falloir délivrer et on va revenir sur les mesures qu'il a annoncées pour que la France reste la France. Il l'a dit, cette petite phrase lâchée par le président hier soir traduit sans doute une des parties d'un nouvel axe qu'il souhaite donner à son quinquennat. La gauche dénonce le retour d'une France réactionnaire, la droite demande à voir et le Rassemblement National dénonce les emprunts macronistes à son programme. Emmanuel Macron qui a mis dans son viseur le parti de Marine Le Pen et qui promet de se battre contre l'extrême droite jusqu'au dernier quart d'heure. Nicolas Bidard, Christophe Roquet.
C'est une conférence de presse aux accents de campagne qu'a menée Emmanuel Macron hier soir depuis l'Elysée. Devant plus de 8 millions de téléspectateurs, le président de la République en a profité pour désigner son adversaire politique, le Rassemblement National, s'attaquant directement au projet du parti d'extrême droite. C'est le parti du mensonge et ça le continue de l'être. C'est le parti qui continue à vous expliquer que la retraite à 60 ans est possible sans vous expliquer comment la financer. Parti qui vous explique qu'il faut augmenter le SMIC sans vous expliquer comment ça désindustrialisera pas le pays.
C'est le parti qui continue de vous expliquer des choses impossibles sur le plan économique et social pour affaiblir. Et au fond, le Rassemblement National est devenu le parti de la colère facile. Du on n'a pas tout essayé et ça paraît sympathique. Une tentative de reprendre l'ascendant politique, d'endiguer la progression du RN avec en ligne de mire les élections européennes de juin prochain où le Rassemblement National distance largement le camp présidentiel dans les sondages d'environ 10%. Pour la tête de liste du RN Jordan Bardella, cette dynamique suscite l'inquiétude du chef de l'État.
Il commente, il enchaîne les numéros dans lesquels il se veut le beau parleur du déclin de notre pays et je déplore que ces interventions se répètent sans que les Français ne voient véritablement de changement dans leur quotidien. quant au fait qu'on utilise maintenant, c'est un peu la mode, les mots du Rassemblement National comme autorité, comme sécurité, comme ordre, en pensant qu'on va faire reculer le vote RN, c'est d'un cynisme absolu. Emmanuel Macron s'est effectivement épanché sur des thèmes chers au RN, martelant par exemple à nouveau un retour à l'ordre. Avoir une France plus forte, c'est aussi assurer l'ordre.
L'ordre en contrôlant mieux nos frontières, l'ordre en luttant contre les incivilités grâce à un doublement de la présence policière dans nos rues. L'ordre en luttant contre la drogue qui ces dernières années se déploie pas simplement dans les grandes villes mais dans des villes moyennes qui la connaissaient moins, parfois même dans des villages grâce à la multiplication des opérations place nette frappant les narcotrafiquants qui se conduiront dans toutes les catégories de villes. Retour aussi de l'autorité à l'école pour la jeunesse avec une panoplie de mesures déjà évoquées auparavant. La tenue unique sera expérimentée dès cette année dans une centaine d'établissements tous volontaires.
Nous instituerons dans chaque collège et dans chaque lycée dès la fin de cette année une cérémonie de remise des diplômes rites républicains d'unité, de fierté et de reconnaissance. Nous irons vers la généralisation du service national universel en seconde. Des propositions aussitôt critiquées à gauche pour qui les moyens alloués à l'éducation ont été éludés par le chef de l'État. Où va-t-il ? Où emmène-t-il le pays ? Personne n'en sait rien. En fait, ne croyons pas que nous allons résoudre le problème éducatif simplement avec l'uniforme une cérémonie de remise des diplômes et plus marseillaise. Franchement, qui peut croire que ça va remplacer les enseignants qui manquent ?
Il a une vision de l'ordre qui passerait par des symboles. Merci à tous et toutes. En fixant son capille hier soir, Emmanuel Macron a ainsi devancé celui de son premier ministre, Gabriel Attal, dont le discours de politique générale est prévu le 30 janvier prochain.
Et je me tourne vers vous, Brice Saint-Toyer, pour cette question de Gilles en Seine-Maritime. Pensez-vous que le contenu de cette conférence de presse était bien en phase avec nos préoccupations ?
Au tout début, il a répondu aux préoccupations des Français. Il a tenté de répondre aux préoccupations des Français en insistant d'abord beaucoup sur le contenu. On avait eu la séance casting avant avec le remaniement et notamment sur le pouvoir d'achat. Donc, je crois qu'il était conscient qu'il fallait maintenant parler davantage du fonds et parler davantage des attentes. Donc, je dirais que, oui, il a répondu ou tenté de répondre. Maintenant, la crédibilité des réponses qu'il a apportées, c'est une autre affaire.
Les Français, je suppose, ne vont pas se dire que ça y est, maintenant, sur l'énergie, le coût de l'énergie, le pouvoir d'achat, ça va aller mieux, d'autant avec ce qu'il a dit que sur les questions d'ordre qui agitent quand même l'opinion publique. Là, il était en phase. Il était en phase sur beaucoup de thèmes, mais ce n'est pas pour autant qu'il va être crédible
sur ce thème.
Donc, il l'avait repéré. Il savait qu'il était attendu là-dessus. Il a tenté de le traiter. Maintenant, le fossé est quand même immense entre la déclaration et les résultats attendus.
Avec, notamment, sur certains sujets, une façon de... Alors, c'est peut-être la transgression, le retour de la transgression sur, par exemple, le doublement de la franchise pour les boîtes de médicaments. Une façon de dire aux Français « Ben oui, il va falloir payer plus cher. » Et vous achetez bien des téléphones portables qui coûtent une fortune et vous payez vos abonnements. Ben, pour la boîte de médicaments, vous allez payer... Vous allez assumer le doublement de la franchise. C'est la responsabilisation. Ça, c'est un discours raide.
C'est rare qu'un discours comme ça, ça ne soit pas une succession de chèques pour plaire aux Français. C'est vrai qu'il était dans un discours de responsabilité qui est assez rare. Cela dit, moi, je trouve que c'est assez neuf chez lui ce souci permanent de coller au réel, comme il dit, de ne pas être juste dans la vision, mais d'avoir des solutions très pratiques. Alors, c'est un peu critiqué par ceux qui disent « C'est un président qui se mêle de tout, il devait rester plus large. » Mais il n'empêche, il y a le congé naissance, il y a la tenue à l'école, l'utilisation des écrans. Ça, c'est quelque chose de très intéressant, je trouve. Pourquoi ?
Parce que c'est un sujet qui est absent du débat politique en France, totalement absent. Et quand vous regardez le sondage, c'est un sujet d'inquiétude majeure pour les parents. Ils sont très angoissés de ça. Et en plus, c'est un sujet social. Parce que qui n'a pas les... est moins alerté sur les dangers des écrans et fait moins attention à ce que leurs enfants lisent, etc. Ce sont plutôt les catégories défavorisées pour qui l'écran, c'est un peu une babysitter sous la main et comme ça, on peut faire autre chose. Donc, c'est vraiment un sujet très important. D'ailleurs, c'est étonnant que le RN ne s'en soit pas saisi. Et puis, c'est un sujet démocratique.
Ils voulaient parler d'unité de la nation. Quand vous interrogez, il y a eu des études qui ont été faites là-dessus très intéressantes. Quand vous interrogez les jeunes qui passent du temps à lire et les jeunes qui ne passent que du temps à regarder les écrans, la culture historique, la connaissance de la Shoah, des choses est si évidente que ça, mais c'est spectaculaire. Et il a même fait le lien
entre la consommation des écrans et l'explication qu'il a donnée des émeutes.
Là, c'est effectivement un point très important. Quand on dit qu'il combat le Rassemblement national et que beaucoup lui disent « mais vous êtes finalement avec la loi immigration, vous êtes mis du côté du Rassemblement national », il est très intéressant qu'hier, il ait développé une toute autre lecture des émeutes. Parce qu'effectivement, le discours de la droite LR et du Rassemblement national, c'est « émeutes égale immigration » et « immigration ratée » qui fait que des jeunes venus et issus de l'immigration ont mis un désordre complet dans plein de villes. Lui, le président... Il dit c'est non. ...ne prend pas cette lecture. Il la refuse.
Ce sont de jeunes Français qui sont d'origine diverse, d'ailleurs. Et il y a trois explications qu'il donne. 60% d'entre eux sont dans des familles monoparentales. C'est aussi une des grandes questions. Cécile vient de parler des écrans. Et on comprend bien que dans les familles monoparentales, l'usage excessif des écrans est une façon pour le seul adulte qui est dans le foyer de gérer en même temps tout ce qu'il faut faire pendant ce moment. Et donc, on colle effectivement les gosses devant les écrans. Donc, c'est un problème. Deuxième explication, l'école qui s'arrête trop tôt. Et là, nous avons un problème sérieux. C'est-à-dire que dans beaucoup de...
Une fois que le conseil de classe est passé, dans beaucoup de collèges même, vous avez... C'est fini. On vient ou on vient pas à l'école selon les jours, selon les moments, si on veut voir les copains, si on veut pas les voir. Et donc, on est disponible pour faire autre chose. Et troisièmement, les réseaux sociaux qui permettent une mobilisation ultra rapide. Et l'absence... J'ajouterai une quatrième chose à part d'un an de ces trois. Une quatrième chose qui est l'absence du bien commun. C'est-à-dire, du coup, la culture qui fait ça. Ces jeunes, pendant les émeutes, ont détruit des biens qui sont leurs biens ou ceux de leurs parents. C'est ça qui est terrible.
Des écoles, des bibliothèques, des maisons de jeunes, des mairies, tout ça, c'est des biens communs. C'est ça qui a choqué la société.
Et il a été interpellé, Jérôme Jaffray, il a été interpellé là-dessus par une journaliste en disant, en gros, qu'il interrogeait sur le côté un peu sépia des codes, des symboles et du retour du drapeau de la Marseillaise et de l'uniforme. Et il s'est défendu en défendant l'utilité des symboles et des rites.
Alors, je crois qu'il n'a pas tort sur ce sujet. Il a parlé un moment de l'imaginaire. Il faut bien comprendre que vous... Alors, effectivement, là, on entendait Olivier Faure dans l'extrait que vous avez passé dire que ce n'est pas ça qui va résoudre les problèmes de l'éducation et l'absence des enseignants. Oui, mais chez les jeunes, il y a autre chose. Il y a la question de la discipline, la question du respect de l'enseignant. C'est des choses qui font... Alors, donc, une construction de symboles et d'attitudes peut faciliter les choses. C'est-à-dire...
Et ça, pour le coup, comme le président ne peut rien faire sur le pouvoir d'achat, c'est ça qui est le fondement du discours qu'il a tenu. C'est le thème de l'éducation et de la jeunesse qui devient l'axe de cet acte 2 du quinquennat dont vous parliez, Nathalie, qui fait que, là-dessus, on rassemble parents, grands-parents et des enfants qui sentent bien. Il a même eu cette phrase étonnante, des gens qui se sentent mal et qui ne sont pas heureux.
Oui, et il n'a pas parlé de la société liquide.
Voilà.
Brice Tintoli, vous voulez dire un mot ?
Oui, jusque sur ces dimensions, à ce moment-là, c'est toute la société qui est sépia. Parce que dans les enquêtes que nous menons, vous avez quand même 80% de Français qui vous disent qu'avant, c'était mieux. Donc, y compris des jeunes. Alors, ça ne veut pas dire qu'il faut réduire qu'à cette seule dimension la société française. Ces mêmes Français qui ont un besoin de retrouver des rituels pour lesquels la nostalgie, le passé, c'est quelque chose de très important et de très structurant parce que l'avenir est difficile, notamment à imaginer, ils vont être beaucoup plus modernes sur d'autres dimensions, beaucoup plus dans une forme de libéralisme culturel. Il y a les deux dimensions.
Mais du coup, il est dans quelque chose qui résonne auprès des Français sur toutes ces questions et il a eu quand même l'habilité de dire les remises de diplômes, les jeunes dévorent les séries. Je ne sais pas si c'est vrai, je n'ai pas d'enquête là-dessus. Vous ne regardez pas ces... Mais en tous les cas, c'était une façon... Moi, je les regarde, mais je ne sais pas si les jeunes adorent les remises de diplômes dans les séries. Mais c'était une façon d'essayer de ringardiser ceux qui lui faisaient le procès en ringardisation.
Avec un mot aussi, on va parler ce soir un petit peu de Rachida Dati qui était présente et qui a été encensée par le président de la République et qui s'est lancée dans la bataille de Paris. On va en dire un mot tout à l'heure avec un mot sur la culture. Ça aussi, c'est une des explications qu'il donne au mal-être d'une partie de cette jeunesse qui se sent assignée à résidence et qui n'a pas accès à la culture. Donc, il a parlé du théâtre, des cours d'histoire de l'art. Alors, je vous donne un petit sous-titre quand même à la culturelle. Rachida Dati, c'est vrai que dans ses premières prises d'expression, elle a souvent parlé du patrimoine.
Et hier, donc il y a quand même quelque chose de plus classique et plus classé à droite. Et hier, le président de la République a eu cette phrase. Il a dit, la culture, c'est à la fois le patrimoine et la création. C'est pour revenir sur votre en même temps. Oui, il a insisté sur deux choses. Effectivement, la culture, c'est ne plus être assignée à résidence. C'est exactement ce qu'il disait en 2017. Et rappelez-vous, en 2017, c'était quelqu'un qui, les corps intermédiaires, sauf qu'après les émeutes, il a reçu énormément de maires. Et les maires lui ont dit deux choses pour en avoir eu beaucoup au téléphone. Ils lui ont dit, les jeunes qui ont fait ça manquent de cadre, réponse, l'hérit.
Et manquent d'autorité, réponse, l'ordre, l'école, l'école, l'école. Donc en fait, moi, j'ai vu dans l'intervention d'hier beaucoup de réponses à ce que les maires lui ont posé comme quelques... Beaucoup de réponses aux problématiques qui se sont passées l'été dernier. Effectivement, l'hérit, c'est une réponse au manque de cadre. Et puisque vous parlez des maires et de certaines villes moyennes qui sont gangrénées par les trafics de drogue, là-dessus, sur la question, la partie régalienne, ordre, autorité, effectif de police, etc., il a mis l'accent sur sa volonté de... Alors, le trafic de l'ordre, de drogue, c'est un gros, gros chantier.
On le sait, en tout cas, il l'a évoqué hier soir comme étant une des solutions à apporter aussi. Oui, parce que le but d'hier soir, c'était aussi de faire un petit peu le bilan de ce qu'il avait fait. Donc, il a redit tous les villes contre les points d'île. Il a rappelé qu'il y avait 200 gendarmeries qui allaient être installées sur tout le territoire. Il a rappelé aussi, ça, c'est sur les services publics, qu'il y avait eu 2700 maisons France Service installées sur tout le territoire, c'est-à-dire des maisons où, à moins de 20 minutes de chez n'importe qui, on peut aller qui l'URSSAF, qui les impôts, qui Pôle emploie.
Donc, ça aussi, ce sont des choses qui parlent à cette France périphérique-là qui, à un moment donné, étaient très, très, très remontées contre le pouvoir en place. Et vous avez raison, Nathalie Moret, il a passé beaucoup de temps aussi à faire son bilan. Bien sûr. C'est-à-dire, on n'a pas rien fait. Pendant même ces deux premières années, on n'a pas rien fait.
Il n'a pas parlé de roi fainéant comme l'avait fait Nicolas Sarkozy à propos de Jacques Chirac, mais l'idée, c'était quand même je veux être jugé sur ce que je fais et ce que je fais, c'est énorme par rapport à ce qui n'a pas été fait par avant. Y compris, par exemple, sur les résultats de l'éducation, ça se verra plus tard. Il faut laisser le temps à cette génération, notamment pour le dédoublement, d'arriver. Donc, il était très pugnace sur l'intensité des transformations qu'il avait déjà opérées selon lui et les résultats qui allaient venir.
Alors, l'une des critiques qui est souvent formulée à Emmanuel Macron, c'est le fait qu'il soit de convictions successives. Est-ce que sur la question de l'école, c'est quelque chose qu'il porte ? Est-ce que c'est ce qu'on vient d'évoquer là, cette école-là, CEPIA, on dit certains, conservateurs, disent certains éditorialistes, plutôt plébiciatés, d'ailleurs, par les Français, vous nous le disiez à l'instant. Est-ce que ce sont ses convictions à lui ?
D'ailleurs, sur l'école, oui, je pense. Sur le reste de l'ordre de l'autorité, il s'est durci à mesure qu'il comprenait le pays. Mais sur l'école, souvenez-vous, en 2017, c'était déjà le dédoublement des classes. Jean-Michel Blanquer, c'était une figure d'autorité. Il a vu très vite que c'était populaire, que ça marchait. Donc, sur l'école, oui, et le reste, en revanche, il a évolué. Et il a évolué de façon récente parce qu'il voit les attentes d'autorité et d'ordre dans la société. Sur l'économie, en revanche, il n'a pas évolué, pour le coup. On va en parler dans un instant, puisque nous en parlais. sur les questions d'autorité et moins sur l'école.
Et on va en parler tout à l'heure, parce qu'on va revenir sur les classes moyennes. Il a la France de l'angle mort, c'est ça, ceux qui sont gagnés un peu trop pour être aidés. Et il a beaucoup insisté, tout comme l'avait fait son Premier ministre. On va en parler tout à l'heure. Un mot quand même sur le congé de naissance. Le congé de naissance mieux rémunéré qui permettra aux deux parents d'être près de leur enfant pendant six mois. Réponse au chiffre de la démographie et la politique familiale qui plaît aussi, là pour le coup, à une partie de la droite.
Et au-delà. Et au-delà. C'est une préoccupation majeure. Oui. Il y a certaines associations féministes
qui étaient un peu en colère.
Nous avions jusqu'à une date très récente environ 800 000 naissances par an et sorti le chiffre aujourd'hui où nous tombons à 678 000 l'année dernière. C'est quand même une baisse tout à fait considérable dans un pays du coup qui vieillit et qui a un problème de gestion de son modèle social à partir du moment où vous avez une courbe démographique qui est de cet ordre-là. Alors le congé de naissance, il remplacerait le congé parental. Oui. Mais la question, le président n'est pas rentré dans les mesures. Alors évidemment, son gouvernement était à côté, son premier ministre qu'il vient de nommer est là et donc à chaque occasion.
Et d'ailleurs, assez gentiment, je dois dire, ce qui n'était pas toujours le cas avec ses premiers ministres précédents, si vous me permettez de l'observer, il se tournait assez gentiment vers son premier ministre pour dire, bien entendu, le gouvernement devra mettre en œuvre ces mesures. Parce que le congé parental était rémunéré 419 euros par mois et je l'ai lu ce soir dans un quotidien qui paraît l'après-midi. Et 419 euros par mois, évidemment, vous n'aviez que 14% des femmes qui venaient d'avoir un bébé qui acceptaient de prendre le congé parental tel qu'il existait et 1% des pères. Alors là, 1% des pères. Donc, est-ce que ce congé de naissance va intéresser davantage ?
Est-ce qu'il est possible que les deux parents prennent ce congé ? Est-ce qu'on va avoir un système dans lequel, par exemple, un parent peut prendre 2 ou 3 jours dans la semaine et l'autre parent 2 jours ? Enfin, vous voyez, est-ce qu'on fait un système qui permet aussi de rester dans le monde de l'entreprise ? Et ça, c'est le gouvernement derrière qui doit travailler. Il y a deux dimensions. Il y a l'aspect égalité homme-femme parce que c'est vrai que, par exemple, dans les inégalités de salaire, on considère que c'est beaucoup la naissance d'un enfant qui handicape les femmes pour longtemps. Donc là, c'est l'idée de mettre tous les deux à égalité.
Et sur les chiffres, donc vous parliez de 419 euros, ce qui a été préparé parce qu'en réalité, c'était déjà en germe, le gouvernement préparait cette réforme avant les fêtes, c'est autour de 2200. Donc, ça n'a rien à voir. Et donc, je ne sais pas quel sera le chiffre, mais bon, du coup, il y a beaucoup de classes moyennes pour le coup qui pourraient se retrouver et se dire finalement, je ne perds pas beaucoup en prenant ces 6 mois. Et en plus, 6 mois, ça désorganise moins une entreprise que 3 ans. Donc, ça peut marcher. Préempter cet angle de la démographie, d'abord, c'est rare, mais ça a deux facettes. Il y a une facette économique qu'on vient de parler, il y a une facette identitaire.
Et pour le coup, celui qui utilisait beaucoup la démographie, c'était plutôt Éric Zemmour ou le RN, mais Éric Zemmour pour dénoncer le déclin, pour y voir une preuve du déclin, etc. Donc là, il essaye de répondre à cette double préoccupation ou à ce double effet qu'il y a dans l'enjeu démographique.
Un sujet qui a été abordé politiquement plutôt qu'en termes d'annonce, le sujet de l'écologie qui est quand même présent dans les préoccupations des Français. Alors, c'est quand même numéro 1, ça a un peu baissé, dites-vous. Bon, très bien. Avec l'idée d'une écologie juste, on avait parlé avec vous à Nathalie Morel sur ce plateau des zones à faible émission de cette façon parfois qui peuvent, pour les Français, paraître brutales, d'imposer des choses par le haut, etc. Là, il se dit la transition, il faut la faire mais avec les Français. Il a beaucoup insisté sur la méthode.
Oui, et c'est un sujet très compliqué parce qu'on ne peut pas dire très objectivement que le gouvernement n'a pas rien fait sur l'écologie. Il a rappelé hier, je ne vais pas rappeler toutes les lois qui sont passées, etc. et dont on verra les effets dans longtemps, mais il y a quand même quelque chose qui est un péché originel, c'est la non-interdiction du glyphosate glyphosate qu'il avait promis en 2017. Et ça, c'est son sparadrap. C'est-à-dire qu'à partir du moment où cette chose très symbolique n'est pas faite, le reste, ce que vous faites qui sont des choses structurelles mais qu'on verra dans plusieurs années, ce n'est absolument pas vu.
Et là, le gouvernement fait très très attention parce que vous avez peut-être repéré que partout en Europe, il y a des colères dans les mouvements agricoles qui se passent, etc. Retournez les panneaux. Voilà, notamment. Et donc, il y a une loi sur l'agriculture qui est en préparation et là, pour reprendre ce que vous disiez, c'est qu'effectivement, ils font très attention à ce qu'il n'y ait pas d'irritant. C'est-à-dire qu'ils ne se retrouvent pas deux mois avant les européennes avec des tracteurs qui bloquent les Champs-Elysées.
Donc, vraiment, c'est quelque chose auquel il fait très très attention et ça ne m'a pas échappé qu'hier, il était plus sur le bilan plutôt que sur l'affichage de quelque chose à faire.
Surtout qu'en Allemagne, par exemple, c'est le rejet de l'écologie qui a dopé l'extrême droite. Donc, effectivement, il y a la peur de ces irritants et il y a la peur des normes au moment où on veut réindustrialiser le pays. En fait, on se rend compte que c'est très difficile de faire venir des entreprises parce qu'il y a plein de normes écologiques, notamment. Donc, c'est vrai qu'on a eu le sentiment que son discours était un peu en retrait. En gros, il a dit, il ne faut pas attendre des mesures waouh. Maintenant, on est dans la mise en œuvre de ce qu'on a déjà fait.
Mais, ça crée du coup un petit espace potentiel pour Gabriel Attal qui a bien remarqué que le président parlait de tout sauf peut-être d'écologie et manifestement, il a envie de creuser ça.
Quand vous repassez l'ensemble de ces mesures qu'on a commentées à l'instant, est-ce que vous pensez que la seule grille de lecture qu'il faut appliquer, c'est celle du RN ? C'est-à-dire son objectif qui est de dire, vous parlez de l'écologie en disant, attention, c'est un irritant, ça a fait monter l'extrême droite en Allemagne. On a parlé de la question de l'école, de l'autorité, etc. Est-ce que, à votre avis, c'est une grille de lecture qui est aujourd'hui son seul objectif pour les quelques mois à venir en clair ?
Le combat contre le RN, c'est le marqueur quand même originel, un des grands marqueurs du macronisme. D'ailleurs, dans la façon dont il a, il s'est retrouvé face à Marine Le Pen à deux occasions à la présidentielle, aux européennes, ça se jouait sur un mouchoir de poche. Donc, il a naturellement ça en ligne de mire et c'est quelque chose d'extrêmement important. Je ne pense pas que ça structure l'ensemble de ses décisions. D'accord. Mais malgré tout, dans l'argumentation contre le RN, c'est que c'est une argumentation très économique. Il a beaucoup joué sur l'incompétence du RN supposée qui entraînerait, du coup, sur le plan économique, un désastre.
Donc, on voit bien que sa grille, elle est toujours sur le RN par rapport à ça. D'ailleurs, il a condamné encore l'idée que les arguments moraux seraient efficaces. Il n'est pas du tout là-dessus. Donc, c'est très important. Ça cristallise beaucoup de dimensions. Maintenant, l'éducation, par exemple, ce n'est pas uniquement le combat contre le RN.
La réponse qu'il apporte, c'est l'éducation, ordre, autorité, symbole de la République.
Non, moi, je crois que sa lecture, c'est la transformation du pays, le bilan. On puisse dire qu'il a fait deux quinquennats extrêmement utiles et transformateurs. Mais là-dedans, il y a le RN. Jean-Bioffray. Oui, sur le rassemblement national, on est un peu surpris que dans une conférence de presse, le président de la République, en principe, le président de tous les Français, se met à attaquer bille en tête une formation politique. Je dois dire que, de ce point de vue, je n'ai pas le souvenir tellement, dans toutes les conférences de presse, j'ai revisionné à la télévision celle du général de Gaulle, par exemple, etc. Il y avait des moments d'attaque directe d'un parti politique.
Donc, ça, c'était un peu décalé, mais 9 millions de téléspectateurs, vous ne résistez pas, effectivement, car dans la position de faiblesse où était le président, la meilleure façon de s'en sortir, c'est l'attaque. Il faut définir un adversaire et il faut taper sur un adversaire. À ce moment-là, vous reprenez une position de combat, une position offensive et pas seulement de recevoir des coups toute la journée. C'était à peu près ce qui se passait à la fin de l'année. Maintenant, je suis d'accord avec Brice, le fait de choisir des thèmes économiques vu que, par exemple, le président parle que le RN serait le parti de l'appauvrissement collectif.
Mais je pense que beaucoup de Français l'entendant se disent mais nous y sommes déjà dans l'appauvrissement collectif. De quoi parle-t-il le président ? C'est l'exemple aussi aux Etats-Unis où malgré le bon bilan apparent de Biden, les Américains ont le sentiment que ça va très mal dans le pays. C'est ça le risque pour lui.
En tout cas, ils étaient tous convoqués hier soir pour la grande explication du président. Les ministres, les ministres en vue et ceux en difficulté. Rachida Dati mise à l'honneur par Emmanuel Macron et Amélie Oudea-Castera soutenue à bout de bras par le chef de l'État qui plaide l'indulgence et balaie ce qu'il appelle les polémiques du moment. Juliette Perrault et Nicolas Baudry-Dasson.
Ils arrivent à la queue-leuleux, cherchent leur place puis attendent sagement l'arrivée du président
comme un air de rentrée des classes pour le nouveau gouvernement.
Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres.
Des ministres silencieux qui n'ont pas leur mot à dire même lorsqu'il est question d'eux.
La ministre a fait un choix pour ses enfants. Ce sont des choix individuels, personnels, je le disais, il faut les respecter.
Des choix mais surtout des propos polémiques sur l'école publique et ses enseignants. Amélie Oudea-Castera n'en finit plus de s'excuser ce matin encore sur un plateau télé. Je les ai blessés, je les ai heurtés et je le regrette extrêmement vivement. Je le regrette, voilà. Emmanuel Macron vole au secours de sa ministre.
La ministre a eu un propos public qui a été maladroit. Elle s'en est excusée. Elle a bien fait. Je vais vous dire, j'ai plutôt de l'indulgence parce qu'il m'est arrivé d'avoir des propos au tout début de mes responsabilités politiques qui avaient blessé tout particulièrement des femmes dans une entreprise du Grand Ouest et quand on blesse surtout sans s'en rendre compte on a raison de s'excuser. A côté d'Amélie Oudea-Castera,
une autre ministre fait-elle aussi l'objet d'une autre polémique ? Rachida Dati, tout juste nommée à la culture, est mise en examen pour corruption passive et recèle d'abus de pouvoir dans l'affaire Carlos Ghosn. Le chef de l'État invoque le droit pour défendre son choix.
Il y avait une vieille jurisprudence qui existait dans notre pays qui fait qu'en effet quand un ministre était mis en examen il devait quitter la table du conseil parce qu'il avait un de ses collègues qui pouvait donner une instruction individuelle au parquet. C'est interdit maintenant. Il n'y en a plus. Une ministre aux ambitions multiples. Nous n'avons pas parlé de Paris. Vous aurez du mal à me croire quand je vous dis ça. Mais c'est vrai.
Le président nie mais qu'importe. Rachida Dati se charge seule de son destin. Ce matin, elle confirme comme une évidence sa candidature pour la mairie de Paris. Je suis déterminée et vous le savez.
Donc ça ne change rien. Vous serez candidate à la mairie de Paris ? C'est dans trois ans, bien sûr. Je l'ai toujours dit. Je suis élue parisienne, je l'ai été en 2020. On va recommencer. Des ministres dont les faits et gestes sont scrutés de près et une polémique sur une personnalité publique,
Gérard Depardieu. Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron s'était exprimé sur des propos misogynes et insultants tenus par l'acteur envers les femmes et diffusés dans une enquête télévisée.
Ce n'est pas sur la base d'un reportage ou de telle ou telle chose qu'on enlève la Légion d'honneur à un artiste. Il y a une chose dans laquelle vous ne me verrez jamais sans les chasses à l'homme. Je déteste ça. Propos assumé hier soir. Je n'ai aucun regret d'avoir défendu la présomption d'innocence pour une personnalité publique, un artiste en l'espèce, comme je l'ai fait pour des responsables politiques. Si j'ai un regret à ce moment-là, c'est de ne pas avoir assez dit combien la parole des femmes qui sont victimes de ces violences est importante et combien ce combat est essentiel pour moi et nous continuerons l'action.
Un semblant de mea culpa, mais pas de retour en arrière sur ses déclarations ou sur ses choix. Le président, qu'on se le dise, n'est pas du genre à changer d'avis. Il a balayé les polémiques du moment, comme il les appelle, Nathalie Moret ? Oui. Si on parle de l'affaire Depardieu, pour commencer. Il a essayé, en tout cas. Sur l'affaire Gérard Depardieu que vous évoquez, je ne suis pas persuadée que ce soit très, très réussi. Parce qu'effectivement, il a rappelé ce qui est la vérité. C'est-à-dire que les violences faites aux femmes, il les a mises sur le haut de la pile dès 2016. Et ça, c'est vrai que c'est à mettre à son crédit.
Mais la façon dont il a eu hier d'assumer et de plus assumer sur la présomption de l'innocence que sur soutenir les femmes qui enfin parlent, je trouve qu'effectivement, je ne suis pas persuadée que ça referme totalement la polémique. L'autre polémique, on fait le tour, Oudea Castera, mais elle est Oudea Castera qui s'excuse et qui s'excuse et qui paraît toujours en difficulté. Il a fait, lui, un mea culpa évoquant ses propres maladresses. Est-ce que ça va suffire ? Il l'a bien soutenu. Il l'a beaucoup soutenu.
Il l'a beaucoup soutenu, oui. Il y a eu un débat, quand même, au sein du gouvernement sur est-ce qu'il faut qu'elle reste ou pas. Parce que, vu comme c'était parti et elle a braqué immédiatement les organisations syndicales, alors que Gabriel Attal venait de faire six mois d'un travail de réconciliation. Le problème, c'est qu'elle fragilise Gabriel Attal puisque lui plane toujours l'idée de pourquoi il est parti sitôt de l'éducation nationale. Est-ce que c'est pas un ambitieux ? Est-ce qu'il fallait lâcher ce dossier ? Donc, il a besoin de quelqu'un un peu solide pour reprendre. Au départ, il l'a beaucoup cornaqué, Amélie Odea-Cassera.
Il lui a fait répéter à la première intervention, si on t'interroge sur le sujet de la scolarisation de tes enfants, voilà ce qu'il faut répondre, c'est-à-dire pas grand-chose, j'assume, c'est ma vie privée. Et en fait, elle a fait toujours le contraire. Donc, c'est devenu vraiment un peu manifestement problématique entre eux. Donc, on va voir si elle arrive à rebondir par le haut, arrêter effectivement de s'excuser, mais essayer de construire une relation avec les organisations syndicales et les professeurs. Aujourd'hui, c'est ça qui est important.
Et il a défendu le fait que choisir l'école de ses enfants, c'est une liberté des parents et en gros, qu'il n'y avait pas de commentaires davantage à faire sur ce sujet-là, école publique, école publique et école privée. Mais il ne voulait pas relancer la guerre.
Oui, ça a relancé la guerre scolaire entre école privée et école publique, c'est dramatique. Un mot sur Rachida Dati ? Ah ben,
on y avait une question, regardez, Rachida Dati au gouvernement, est-elle ingérable ?
Oui.
Il l'a défendu aussi.
Très difficile à gérer, c'est sûr. si c'est une arme au service des macronistes, c'est utile, parce que Rachida Dati, pour polémiquer et envoyer dans ses buts n'importe qui, c'est une performance qui peut être très utile face au Rassemblement national et peut-être, peut-être dans l'esprit d'Emmanuel Macron contre les Républicains en vue des Européennes en lançant quelques scudes avec l'espoir du coup de placer cette liste même en dessous de 5%, ce qui ferait exploser le parti puisqu'en dessous de 5%, vous n'avez pas d'élus.
Et le président qui a fait vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de politique hier, on n'a pas parlé seulement de la société, il a quand même dit qu'il s'est prononcé pour un changement de la loi municipale à Paris, Lyon et Marseille, décidément, on est vraiment dans la politique parce que si on vote, ça veut dire qu'au lieu de voter dans des arrondissements à Lyon, dans des secteurs à Paris ou à Marseille, on vote directement pour la liste avec un maire qu'on élit par son vote directement qui se présente. Alors, c'est évidemment assez peu favorable à Anne Hidalgo à Paris vu son niveau de popularité s'il faut et ça signifierait probablement qu'elle hésiterait beaucoup à se représenter.
Pour Rachida Dati, la question, évidemment, ce n'est pas tout à fait la même. Il n'est pas sûr pour cette réforme, il faut qu'il y ait une loi. Il faut qu'il y ait une loi votée à l'Assemblée nationale. Excusez-moi de vous dire que je ne me demande dans quelle mesure les Républicains vont accepter de voter une loi qui aidera Rachida Dati qui est là pour les briser à devenir maire de Paris. Donc la loi n'est pas encore votée. Le président dit voilà ce que je souhaite et c'est l'Assemblée qui tranche. Donc là, les Républicains ont une façon éventuellement de faire payer à Rachida Dati son passage. C'est comme ça que j'ai lu les choses.
Elle les cible, les Républicains. Dès qu'elle le peut Rachida Dati ce matin sur RTL, on lui demandait si elle avait été exclue des LR et elle a dit je suis toujours là, je suis toujours au LR, j'attends toujours mon OQTF, mon obligation de quitter le territoire français. elle sait faire de la politique Rachida Dati à peine installée rue de Valois au ministère de la Culture que déjà elle annonce sa candidature à Paris. Alors, c'était un secret de polichinelle. Oui mais bon. Rappelez-vous aussi ce qu'elle a fait, je crois que c'était hier, elle a répondu sur Twitter à François Baroin.
François Baroin qui lors de ses voeux en a mis une couche à Rachida Dati en disant que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait, etc. et ni une ni deux, elle a pris son compte Twitter et elle a dit non mais c'est qui François Baroin, il n'a jamais rien fait à part, chaque fois qu'il a fallu qu'il fasse quelque chose, il s'est défilé et puis ce n'est qu'un héritier, enfin bref, avec des amis comme ça.
Donc effectivement, là on voit bien que Rachida Dati, elle n'a pas la, c'est quelqu'un de libre qui va ne pas perdre sa liberté de parole et je pense que ce qu'elle a envoyé sur Twitter comme message, c'est de dire attention, moi j'ai des dossiers et si jamais vous me cherchez, vous allez me trouver. Donc effectivement, jusqu'à présent, les Républicains avaient été, je trouve, assez sympas avec elle en l'excluant mais aucun des responsables n'avait eu de mots assez méchants vis-à-vis d'elle et là, elle lance le signal attention, vous ne dites rien sinon je sors les dossiers.
Et il a parlé de Rachida Dati hier, le président de la République, rendant hommage aussi d'une certaine manière à son parcours et à ce qu'elle représente. Voilà, et en disant quelque part que ce qu'elle avait dit, c'était un programme de gauche. Quand elle dit « La culture pour tous », c'est quand même un slogan de gauche depuis longtemps. Donc effectivement, elle rend hommage à son programme, à ce qu'elle veut faire, « La culture pour tous » et quelque part, c'est un symbole. En disant, voilà, sortir, enfin, s'émanciper de sa condition, voilà un exemple. Brice Tinturier.
Avec Rachida Dati, il se donne quand même les moyens, ce qu'il n'avait pas dans le précédent gouvernement, d'avoir quelqu'un d'audible, tout simplement, qui impacte.
C'est une flingueuse.
C'est une flingueuse, aussi bien, je crois effectivement, comme Jérôme Jaffray, vis-à-vis du RN que vis-à-vis des LR, peut-être même encore plus vis-à-vis des LR. L'autre chose qui va être intéressante dans la suite du film pour Rachida Dati, c'est de savoir si finalement, sa popularité, c'est beaucoup parce qu'elle est LR ou beaucoup parce qu'elle est Rachida Dati. Aujourd'hui, elle est...
Vous avez la réponse.
Oui, mais c'est important parce que ça veut dire que les LR ne sont pas si en position de force que cela. Rachida Dati a été populaire chez les LR. 60% de popularité et en gros, la même chose chez les sympathisants de Renaissance. Demain, il n'est pas dit que sa popularité s'effondre. On pense même plutôt qu'elle va bien tenir. Et donc, si elle tient bien, l'idée de la trahison ou le procès en trahison et avec les conséquences potentielles sur Paris, il va être un peu difficile quand même pour les LR.
C'est compliqué à gérer même en termes de communication. Elle est à peine installée à un gros ministère. C'est un énorme ministère, le ministère de la Culture. Il y a énormément d'enjeux.
Elle n'est pas très bien accueillie par la population mais elle arrive de la culture. Oui. Et elle annonce sa candidature. Je veux dire, elle confirme sa candidature. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui heurte un peu ? Surtout que la veille, Emmanuel Macron a dit qu'on n'a pas parlé de Paris. Le lendemain, elle dit que c'est même d'il et que ce sera moi la candidate. Donc, ça, ce sera tout le temps comme ça. Elle est ingérable. C'est un choix de gouvernement avec des poids lourds politiques et donc, il y aura de la castagne politique. Ils n'en font qu'à leur tête. Vous avez Gérald Darmanin il y a deux jours qui a dit non mais de toute façon, moi, après les JO, je m'en vais sous-entendu.
Le gouvernement Attal, il n'est là que pour six mois pour les européennes. Après, on passera à autre chose. Et tout va être comme ça. Donc, ça ne va être pas facile pour Gabriel Attal de gérer cette équipe de crocodiles. Emmanuel Macron, hier, a eu un mot. Il a dit le ministre, c'est la politique. Ce qui compte, c'est le cap. Donc, pour moi, c'est une façon de dire l'intendance suivra comme disait le général de Gaulle. Mais si vous avez une intendance trop fragile, un gouvernement qui pousse et à dire ou des ministres qui font des bourdes dès qu'ils sortent, ça va être compliqué.
Et autre chose, pardon, Oudea Castera, c'est problématique parce qu'elle envoie le message inverse à celui de Rachida Dati. Rachida Dati, c'est le contraire de la déconnexion. C'est la fille qui est partie de nulle part, qui a monté. La ministre de l'Éducation, quand elle critique une école publique du sixième arrondissement dont tout le monde sait que c'est une très bonne école, voilà, ça donne le sentiment qu'elle ne sait pas ce que c'est qu'une école publique dans un territoire défavoré. C'est la double radicalité. Non, je plaisante. D'un mot sur madame Oudea Castera, d'abord l'urgence c'est qu'elle arrête de s'excuser, ça devient impossible, il faut qu'elle se taise pour le moment.
Surtout qu'elle s'excuse, pas vraiment. Deuxièmement, elle a une planche de salut, c'est que les syndicats, ça n'est pas mauvais d'avoir affaire à un ministre un peu affaibli, avec qui on peut causer, et qui a besoin de montrer qu'elle se réconcilie avec les syndicats et qu'elle a l'écoute. À la place des syndicats, je dirais, on reparle de l'urgence avec madame Oudea Castera. Mais voilà le problème, c'est que si elle sort à chaque fois pour s'excuser, là, on n'en peut plus.
On dit, vous êtes d'accord pour dire que Gabriel Attal a une feuille de route claire. Qu'est-ce qui va lui rester à dire dans son discours de politique générale ? Alors, on a appris que ce serait le 30 janvier et qu'il ne demanderait pas le vote de confiance.
Il ne voulait pas qu'on demande le vote de confiance parce que c'est un petit peu risqué. Manifestement, Emmanuel Macron aurait bien montré, il trouvait que ça avait un petit peu, aurait bien voulu, il trouvait que ça donnait un peu de panache. Il essaye, entre-temps, de montrer sa méthode. Donc là, il reçoit beaucoup. Donc il veut installer ça. À défaut d'installer vraiment une feuille de route, il lui dira, moi, je négocie. En ce moment, il reçoit les partenaires sociaux, il reçoit les chefs de parti, il est au contact avec les Français. Là, samedi, par exemple, il va faire tout un débat avec des Français, 150 Français tirés au sort dans le Rhône.
Donc voilà, il veut installer une méthode un peu différente de celle du président et il veut aller sur quelques rares dossiers qu'il a laissés de côté. On en parlait de l'écologie, peut-être le logement qui est aussi un absent de la conférence de presse. Or, c'est un problème vraiment de préoccupation des Français. Donc, quand on parle avec son entourage, ils n'ont pas envie d'être dans la conception d'un Premier ministre collaborateur, voire animateur, comme a dit le président à un proche récemment. Mais ce sera compliqué parce qu'Emmanuel Macron montre que c'est lui qui décide de tout.
Qu'est-ce qu'il a dit hier, Bruno Le Maire ? Bon, ils n'ont rien dit, ils n'avaient pas le droit de s'exprimer, mais il avait l'air un peu éteint, non ? Pourquoi je vous parle de ça ? Parce qu'on va parler d'économie. Il y a eu des annonces économiques fortes ?
Oui, il y a eu des annonces sur la loi Macondo, une nouvelle loi travail. Il a été chargé, lui, de la mauvaise nouvelle de la période qui est l'augmentation de la taxe sur les tarifs d'électricité. Emmanuel Macron a été questionné deux fois dessus, deux fois, il l'a botté en touche. Et c'est Bruno Le Maire lui-même qui avait dit quelques jours avant et qui va le redire manifestement la semaine prochaine que si, il va falloir augmenter la taxe de 10%.
Sur l'économie, il a fixé un cap politique, il appelle ça la France de l'angle mort, celle qui gagne trop pour être aidée et celle qui tient le pays, a dit le président de la République. Hier soir, en droite ligne avec son Premier ministre, Emmanuel Macron s'est adressé en priorité à ce qu'on appelle les classes moyennes avec une promesse, une baisse d'impôt de 2 milliards marquée déjà dans les cartons depuis pas mal de temps. Laura Radeau et Aurélie Sanner.
Entendre l'exécutif, ils sont devenus les Français les plus courtisés, ceux qui forment la fameuse classe moyenne. Concept flou s'il en est, mais auquel Emmanuel Macron a voulu donner hier soir sa définition. Il y a ce que j'appellerais une France de l'angle mort. C'est tous nos compatriotes qui gagnent déjà trop pour être aidés et pas assez pour bien vivre. C'est la France populaire, la France des classes moyennes. Mais de qui le président parle-t-il au juste ? Pour l'observatoire des inégalités, les classes moyennes se caractérisent par leurs revenus nets d'impôts. Entre 1500 et 2700 euros pour une personne seule, entre 3700 et 6700 pour un couple avec deux enfants.
Presque un Français sur deux à qui le président a confirmé un nouveau coup de pouce. Et on aura, entre autres, dans notre trajectoire financière, 2 milliards de baisse d'impôt sur nos compatriotes qui sont dans ces catégories en 2025. Pas de précision pour le moment sur la forme que prendront ces baisses. Et si Emmanuel Macron promet de tout faire pour que le travail paye mieux, la France insoumise reste sur sa fin en la matière. Sur la question du pouvoir d'achat, des salaires, Emmanuel Macron, sur beaucoup de paroles.
Mais quand il faut agir, quand il faut faire en sorte que les salaires augmentent, quand il faut augmenter le SMIC, quand il faut faire en sorte, par exemple, qu'on indexe les salaires sur l'inflation, là, il n'est jamais au rendez-vous. Il y avait un grand absent. Hier, il y a eu beaucoup de mots, beaucoup, beaucoup de phrases du président de la République. Il y avait un mot qui n'a pas été prononcé, c'est le mot partage. Partage. Alors que cette année, on a atteint un record historique en France de versement des dividendes.
Mais pour financer les baisses d'impôts promises par le chef de l'État, il va bien falloir trouver des économies, notamment avec la fin du bouclier tarifaire sur l'électricité dans l'air depuis plusieurs semaines, confirmé hier. La France a beaucoup protégé face à l'inflation ces dernières années. L'inflation énergétique, nous avons dépensé 100 milliards d'euros pour protéger nos compatriotes. Donc au moment où les prix reviennent dans la norme, il est légitime qu'il y ait en effet des augmentations. À charge, pour Bruno Le Maire, d'annoncer le détail de la mauvaise nouvelle. probablement autour de 10% de hausse. Consternation du communiste Fabien Roussel.
Les factures d'électricité vont augmenter. Les prix des médicaments vont augmenter. Mais les salaires, eux, ne vont pas augmenter. La messe est dite. Se soigner coûtera en effet plus cher aux Français. Les franchises sur les médicaments et les consultations vont doubler. se dire qu'on va passer de 50 centimes à 1 euro pour un paquet de médicaments, pour un paquet, pardon, pour un médicament, une boîte de médicaments, je n'ai pas le sentiment qu'on fait un crime terrible. Je pense que sa responsabilité, c'est que c'est une bonne mesure. Une bonne mesure pour les caisses de la sécurité sociale. 800 millions d'euros d'économies, mais une mesure dénoncée par l'opposition.
Et alors là, on a vu qu'ils vivaient dans un monde parallèle. Parce qu'un euro sur une boîte de médicaments, c'est rien. Mais quand vous êtes au SMIC et qu'il ne vous reste rien dans le porte-monnaie le 20 du mois, je peux vous dire qu'un euro pour un médicament, c'est beaucoup. Autre message à la France qui travaille, Emmanuel Macron s'est engagé à mieux rémunérer les fonctionnaires sur la base du mérite. Un projet de loi est attendu dès la nomination du nouveau ministre de la fonction publique.
Je voudrais qu'on vienne avec vous, Brice Trinturier, sur cette annonce et puis le fait qu'il assume le président l'augmentation sur les tarifs des médicaments, le doublement de la franchise. On entendait Nicolas Dupont-Aignan dire mais il ne se rend pas compte. Est-ce qu'il est déconnecté ?
Mais là, c'est Nicolas Dupont-Aignan qui sent bien les Français. Parce qu'effectivement, sur ces questions-là, qui sont la première préoccupation des Français, je le redis, le pouvoir d'achat, toutes les annonces elles vont dans un sens contraire. Et sur la santé, qui est la quasi-première préoccupation au niveau personnel des Français, il y a un doublement donc des franchises. Alors, le président a l'air de dire que ce n'est rien. Ce n'est pas grand-chose. Finalement, 50 centimes par médicament, ce n'est pas énorme. Mais vous avez une proportion extrêmement importante de Français.
C'est l'ordre du tir des Français qui fait ses courses en faisant attention à l'euro près ou à moins de 3 euros. Donc, ce n'est pas rien si vous prenez trois médicaments pour beaucoup de Français de devoir payer 2 ou 3 euros. Alors, il a précisé que pour les ALD, il y aurait un plafond de l'affection de longue durée qui aurait un bouclier de 50 euros par an qui serait maintenu. Mais je pense qu'il a donné le sentiment d'une certaine désinvolture sur un sujet qui, pour les Français, est extrêmement important et sensible.
Il évoquait que lorsqu'il a parlé de cela, il évoquait aussi le désengorgement des urgences en évoquant les abus et il fallait expliquer à ses yeux qu'il fallait responsabiliser aussi les patients.
Oui, mais une chose est de responsabiliser sur l'usage des urgences, sur le fait de ne pas être aiguillé ou de ne pas aller dans les urgences pour rien. Il a eu d'ailleurs une formule un peu ambiguë parce qu'on a le sentiment qu'il pourrait être justement responsabilisé dans un sens financier.
C'est ce qu'on a compris.
Ce que vous disent les Français, c'est que aussi quand ils vont aux urgences, ils ne savent pas si c'est grave ou si c'est pas grave. Donc, la question de l'aiguillage est importante. Mais ce n'est pas aussi concret, net et du coup, brutal pour une partie de la population que cette question de la franchise sur les bois dominicaux.
Cette question d'Antoine dans la main. Cette baisse d'impôts annoncée alors que Bruno Le Maire cherche à réaliser 12 milliards d'économies n'est-elle pas un peu curieuse ?
Alors, les 12 milliards d'économies, c'est pour cette année et la baisse de 2 milliards d'impôts annoncés pour les classes moyennes, ce serait en 2025. Ce serait ? Ce serait. Ce sera. Parce qu'il l'a quand même confirmé. En fait, ça fait presque un an que ça a été lancé. C'est Gabriel Attal qui a mis dans le débat la thématique des classes moyennes. Donc ça, pour le coup, le président l'écoute de ce point de vue-là. Et comme ils veulent vraiment faire un axe fort, notamment contre le RN, en pensant que si les classes moyennes basculent, là, c'en est fini, c'est Marine Le Pen qui sera au pouvoir dans 3 ans et demi. Donc, ils ont vraiment cette attention pour les classes moyennes.
Mais à partir du moment où on leur avait déjà promis les 2 milliards, commencer l'année et ce nouveau cap en disant « Bon, ben finalement, on y renonce », ce n'était pas possible. Donc, on ne sait pas du tout sous quelle forme ce sera, si ce sera très, très ciblé sur certaines personnes, si ce sera sur l'impôt sur le revenu ou sur autre chose. Mais en tout cas, elle est effectivement confirmée.
Nathalie Moret, est-ce que cette France de l'angle mort, c'est la même que la France des oubliés de Marine Le Pen ? Absolument. Lors de ses voeux cette semaine, Jordan Bardella a quasiment fait l'intégralité de sa séance de voeux sur les classes moyennes en disant « Je veux rendre justice à cette France qui se lève tôt et qui ne compte pas ses heures mais qui pourtant a le sentiment de trimer et de subir. » C'est quasiment un écho à ce qu'a dit hier le chef de l'État en disant « Les gens qui ne gagnent pas assez pour être aidés et trop pour… » Enfin, c'est le contraire. C'est exactement le même diptyque. Ce n'est pas nouveau les classes moyennes.
Effectivement, ça a été remis sur le tapis par Gabriel Attal mais ça fait des mois que chaque fois qu'on croise un ministre, effectivement, il y a une attention sur les classes moyennes. Pourquoi ? Parce que les classes populaires sont déjà acquises à Marine Le Pen, je parle sous votre contrôle et effectivement, elle est en train de draguer pardon du terme mais les classes moyennes pour justement les faire balancer dans le… Et puis surtout parce que les classes moyennes, j'allais dire c'est tout le monde. Pas totalement. Mais quand on pose la question aux Français, est-ce qu'ils se considèrent comme faisant partie des classes moyennes, le résultat ?
C'est 72%. C'est 72%. Donc c'est ce qu'on appelle la classe sociale subjective, c'est-à-dire ce n'est pas par rapport à des niveaux de revenus et vous essayez d'objectiver les choses. Si vous demandez aux Français avec toute une batterie d'items, où ils se situent ? Et on a environ 72% de Français qui nous disent classe moyenne inférieure ou classe moyenne. Et effectivement, les points importants… Ou classe moyenne supérieure dans les sondages qui est une formule que j'ai toujours trouvé un peu étonnante. La notion de classe moyenne supérieure. Ils sont à travers ces deux catégories bien dans les classes moyennes inférieures ou supérieures.
Parce que si ce n'est pas supérieur, pourquoi inférieure aussi ? Mais moi, ce qui me paraît important, c'est qu'effectivement, quand on s'adresse aux classes moyennes, ce qui n'est pas nouveau puisque c'était déjà le discours de Nicolas Sarkozy il y a une vingtaine d'années avec les mêmes thèmes, il avait bien compris les mêmes choses. Qu'est-ce qui a changé ? D'abord, quand on s'adresse prioritairement aux classes moyennes, ça veut dire qu'on a renoncé aux catégories populaires. C'est quand même ça aussi qu'il faut avoir à l'esprit. Et les catégories populaires...
Ça veut dire quoi qu'on a renoncé ?
Eh bien, c'est que le discours et l'attention de la politique est porté en direction des classes moyennes et pas des milieux populaires. Donc c'est quand même...
Renoncer parce qu'ils sont passés au RN ?
Parce qu'ils sont partis dans l'abstention, parce qu'ils sont au RN et parce qu'ils sont particulièrement difficiles, voire impossibles, à reconquérir pour notamment ce gouvernement. Donc ça, c'est aussi le premier point. Et puis le deuxième point, mais c'est ce qui a été déjà dit, c'est que bien sûr que l'expansion aujourd'hui, c'est la différence avec le Nicolas Sarkozy de 2005 ou 2007, l'expansion du RN, elle se fait maintenant dans les classes moyennes et plus seulement auprès des catégories populaires.
Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, Jean-Brunsé, des macronistes d'Emmanuel Macron lui-même, c'est de placer cette reconquête des classes moyennes sur les questions financières, sur les questions d'impôts, parce que ça, vous avez perdu. Pourquoi ? Hier, annoncé que la franchise sur les médicaments est doublée, comme on vient de le dire, que les tarifs d'électricité, alors j'ai noté cette formule du président, elle est quand même assez étonnante.
Comme les prix sont revenus à peu près à la normale, c'est naturel qu'il y ait une augmentation de l'électricité. Quelqu'un peut-il comprendre ce propos ? Si le marché de l'énergie est redevenu à un niveau normal, on se dit logiquement, il n'y a aucune raison d'augmenter. Et pas du tout, on augmente. Donc ça, les gens écoutent.
Non, le véritable terrain par rapport à la classe moyenne, d'abord, on parle quand même un peu aux catégories populaires, car si 72% des Français se sentent appartenir aux classes moyennes, c'est donc qu'une très grande partie des catégories populaires se considèrent des classes moyennes et du coup, en parlant aux classes moyennes, on parle quand même à ces gens, puisqu'ils pensent en faire partie. Mais surtout, pour eux, c'est la question du déterminisme social, donc c'est l'éducation des enfants. On revient à cet axe. La jeunesse. Et le président a eu cette phrase, qui est le contraire de ce que pensent les Français, mais qui est un axe important. Nos enfants vivront mieux que nous.
Qui est le contraire de ce que pensent les Français depuis une vingtaine d'années. et ils sont persuadés que ce n'est pas le cas.
On repasse maintenant à vos questions. Question d'Henri en Gironde. Cette conférence de presse a-t-elle été massivement suivie ? Oui, 9 millions. C'est beaucoup 9 millions sur les chaînes en même temps ? Oui, 9 millions, ça commence à faire quand même. Et puis malgré tout, elle fait l'actualité aujourd'hui. Donc oui, c'est plutôt... Frédéric en Gironde, encore lui. Depuis des décennies, on nous vend du Yaka Faucon. Macron agit et se remet en question quand ça coince. Qui peut se vanter d'en faire autant ?
C'est sûr qu'il y a de l'ambition, mais il y a un problème qui n'a pas changé. C'est qu'il n'y a pas de majorité absolue. Donc toutes ces lois, notamment économiques, parce que sur l'école, il va pouvoir passer hors loi. Mais comment on les fait adopter ? Je dirais même que ce nouveau gouvernement a fait reculer de quelques cases parce que LR s'est crispée et l'aile gauche de la majorité n'est pas très contente. Justement, Emmanuel Macron
a-t-il défendu la moindre mesure de gauche dans son discours ? Question de Jean-Louis en Ardèche.
Non. Il y a des déclarations, il y a une réaffirmation d'un certain nombre de principes, mais les mesures vraiment qu'on pourrait qualifier et d'emprunter à la gauche, moi je ne les ai pas vues. Notamment parce qu'il n'y a pas d'argent.
Il s'est adressé aux retraités ?
Pas directement.
Pas directement.
Mais il n'y a eu aucune mauvaise nouvelle pour les retraités. En soi, c'est une bonne nouvelle pour eux. La vraie difficulté, encore une fois, c'est que non seulement il n'y a pas de majorité absolue, mais les contraintes économiques font qu'il n'y a pas de marge de manœuvre ou très peu sur la question centrale du pouvoir de chambre.
Question de Régis, finalement une conférence de presse longue mais très incomplète. La dette, les EHPAD, la fin de vie, des sujets complètement oubliés.
Il va y avoir d'autres expressions, notamment du Premier ministre dans 15 jours et même Emmanuel Macron, par exemple, sur le SNU, le Service National Universel, il veut reparler, il veut reparler régulièrement pour annoncer d'autres choses. Rachida Dati se sert-elle
de son ministère comme d'un tremplin vers la mairie de Paris ? Bien sûr. Oui, bien sûr. Elle le dit ce matin, quasiment. Elle l'a dit.
Avec le risque que ça ne marche pas du tout, que le gouvernement devienne dans 6 ou 8 mois très impopulaire et qu'à ce moment-là, avoir été ministre dans ce gouvernement la plombe totalement. C'est un sacré pari que fait Rachida Dati.
Magali dans les bouches du Rhône. Emmanuel Macron annonce vouloir lutter contre l'infertilité que compte-il faire concrètement. C'est vrai, on ne l'a pas dit. Il a fait un long dégagement sur l'infertilité. Eh bien, justement, je trouve que c'est assez intéressant parce que c'est assez rare de voir un président se saisir de ce genre de choses. Mais effectivement, est-ce que c'est son nouveau plan cancer ? Parce qu'effectivement, il y a de plus en plus de couples qui souffrent d'infertilité. Il a dit qu'il aurait à développer ça. Je trouve que c'est un axe assez curieux, en tous les cas intéressant. Et assez inattendu. Tout à fait. Victor en Haute-Garonne.
Avec le virage à droite d'Emmanuel Macron, une opportunité se présente-t-elle pour la gauche sociale-démocrate ? Oui.
Il y a un espace ? Oui. Raphaël Glucksmann progresse dans les sondages. C'est d'ailleurs pourquoi, peut-être, la tête de liste renaissance sera une personnalité de gauche. Ça devait être Stéphane Séjourné qui est devenu ministre. On parle de Pascal Canfin, l'ancien écologiste.
Julienne en Haute-Seine. N'est-ce pas étonnant qu'un si jeune président revienne aux idées des années 60 et emprunte les accents de Charles de Gaulle ?
C'est toujours cette idée de s'adresser aussi à ce qui fait vibrer une grande partie quand même de la population. Et ces thématiques-là, oui, ont un écho dans la population. tout comme l'infertilité qui touche beaucoup de gens.
J'aime bien cette question, la dernière. La nation est une notion spirituelle qui nous dépasse. Emmanuel Macron serait-il devenu mystique ?
Superbe.
Superbe, dernière question. Je termine avec ça. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission. Il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU. Bonsoir, Anne-Elisabeth, au programme ce soir.
Bonsoir, Caroline. Emmanuel Macron a-t-il vraiment repris un slogan d'Éric Zemmour ? A-t-il multiplié les annonces, marcher sur les plates-bandes autant de commentaires qu'on a pu entendre après sa conférence de presse suivie hier par 8 millions de Français et quelques idées reçues auxquelles Patrick Cohen veut tordre le cou dans son édito à suivre avec les réactions du président des Républicains qui veut exclure la nouvelle ministre de la Culture de son parti, Éric Ciotti, est ce soir notre invité.
Bonne émission à vous. On se retrouve demain dès 17h30 pour un nouveau C'est dans l'air. N'oubliez pas que vous pouvez nous retrouver quand vous le souhaitez en replay et en podcast. Belle soirée.