François Hollande, un discret retour en politique - Reportage #cdanslair du 30.05.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Vous pouvez le regretter ?
- 1:19OuverteRéponse partielle
Que pensez-vous qu'il faudrait faire pour qu'il y ait moins d'abstention lors des élections en France ?
- 1:41OuverteRéponse directe
S'engager, alors que près d'un tiers des jeunes s'apprêteraient à voter pour le RN aux élections européennes.
- 2:11OuverteRéponse directe
Et qu'en est-il de sa propre responsabilité ?
- 3:12OuverteRéponse directe
L'avenir de la gauche passera-t-il par le retour de François Hollande ?
- 7:45OuverteRéponse directe
François Hollande, un atout pour Raphaël Glucksmann ou un caillou dans sa chaussure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Une espèce de fracas qui s'est installé, de polémiques incessantes, d'un parlement, enfin d'une assemblée nationale très difficile à maîtriser »
- 0:52Invité politiqueFait
« c'est pas parce qu'il n'y a pas de majorité, mais parce qu'il n'y a pas de recomposition et l'engagement politique a perdu beaucoup de son sens »
- 2:17Invité politiqueFait
« Ce qui a manqué, c'est le dialogue, c'est la concertation, c'est la négociation »
- 2:21Invité politiqueFait
« j'aurais pu prendre plus de temps »
- 3:22Invité politiqueFait
« Moi, je pense que la bonne méthode, c'est d'en terminer avec ce qui s'est produit depuis maintenant des années, c'est-à-dire d'être absorbé par les rapports avec LFU »
- 3:32Invité politiqueFait
« LFU, c'est fini. La NUPES, c'est fini »
- 4:46InvitéFait
« Par exemple, sur Poutine, il a toujours eu une position extrêmement ferme, notamment au moment de la livraison des frégates »
- 4:52InvitéFait
« qu'il lui avait été reproché d'annuler »
- 6:49InvitéFait
« la réduction du parti socialiste à un tout petit parti qui a même dû vendre son siège de la rue de Solferino »
Temps de parole
- Présentateur19 %
- Invité18 %
- Invité 218 %
- François Hollande18 %
- Présentateur 216 %
- Invité 36 %
- Invité 42 %
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François Hollande dit aimer la discrétion, mais difficile d'être un passager comme les autres très longtemps, à peine le temps d'un jus de pomme pour l'ancien président normal.
Bravo pour cette deuxième carrière, c'est associatif, la fondation que je préside.
Vous pouvez le regretter ?
Alors je le regrette, oui, parce que c'était un président qui a incarné une forme de stabilité dans un monde qui aurait vraiment besoin de retrouver une stabilité.
Un retour en grâce que François Hollande savoure. Lui, le seul président à ne pas s'être représenté faute de popularité. Sept ans plus tard, il dresse un bilan sans concession de son successeur.
Une espèce de fracas qui s'est installé, de polémiques incessantes, d'un parlement, enfin d'une assemblée nationale très difficile à maîtriser, c'est pas parce qu'il n'y a pas de majorité, mais parce qu'il n'y a pas de recomposition et l'engagement politique a perdu beaucoup de son sens. Et ça c'est grave, parce qu'il ne peut pas y avoir une démocratie sans organisation pour l'animer.
L'ancien monde finalement, c'était pas si mal.
L'ancien monde, c'était le vrai monde.
Bonjour, bonjour, bonjour. Opération réhabilitation pour François Hollande, en campagne, pour promouvoir son livre sur l'Europe à destination des jeunes.
Que pensez-vous qu'il faudrait faire pour qu'il y ait moins d'abstention lors des élections en France ? Donc s'il n'y a pas d'idées, ou s'il y a des idées qui ne sont pas forcément les vôtres et qui ne sont pas mises dans la campagne électorale, vous risquez de vous abstenir. Et à vous aussi de vous engager, d'aller changer les choses. D'accord ?
S'engager, alors que près d'un tiers des jeunes s'apprêteraient à voter pour le RN aux élections européennes.
Beaucoup d'électrices et d'électeurs ne pensent pas que c'est un vote qui va les isoler, qui va les enfermer, qui va les réduire, y compris sur le plan de leur propre développement économique ou social. Et puis enfin, il y a un désert aujourd'hui sur lequel prospère l'extrême droite.
Un désert politique où, dit-il, les grands partis affaiblis par Emmanuel Macron n'ont pas su se recomposer. Et qu'en est-il de sa propre responsabilité ? L'ancien président reconnaît des erreurs.
Ce qui a manqué, c'est le dialogue, c'est la concertation, c'est la négociation. Ça, quelquefois, je me suis dit, j'aurais pu prendre plus de temps. Lorsqu'il s'agit de faire passer une réforme comme celle-là, il faut plus de temps, plus de respect pour le dialogue social, notamment pour les syndicats.
La loi travail, la déchéance de nationalité, des décisions politiques qui ont écœuré de nombreux électeurs de gauche. Et pourtant, dans cette brasserie de messe ce soir-là, ils sont nombreux à venir l'applaudir. Mon papa qui a 91 ans et qui a toujours plu au socialisme.
Bon, alors il faut le transmettre, hein, maintenant.
Il a été mal jugé après son départ. Donc, nous, c'est un espoir pour nous qu'il revienne. Le vote socialiste ou le vote de gauche a encore de l'avenir. Et justement, par des présences comme celle-ci. Comment tu t'appelles, ton frère de là, Nicolas ?
L'avenir de la gauche passera-t-il par le retour de François Hollande ? L'ancien président fait durer le suspense tout en disqualifiant un certain Jean-Luc Mélenchon. Tout le monde le dit !
Moi, je pense que la bonne méthode, c'est d'en terminer avec ce qui s'est produit depuis maintenant des années, c'est-à-dire d'être absorbé par les rapports avec LFU. LFU, c'est fini. La NUPES, c'est fini. Il faut créer quelque chose qui soit de l'ordre, de la construction, d'une espérance et d'une alternative.
Pour les européennes, selon François Hollande, l'espérance s'appelle Raphaël Glucksmann. Mais pour la suite, depuis le début de sa campagne, le député européen s'est affiché avec tous les ténors du Parti Socialiste, excepté l'ancien président de la République.
– Jeff Wittenberg, on a entendu à François Hollande plein de regrets. J'aurais dû prendre plus de temps, comme s'il regrettait de ne pas avoir retenté sa chance. Et on a vu une dame dire « mais en 2026, il y croit lui ? » – Moi, j'ai vu un François Hollande très souriant dans ce reportage. Et c'est vrai que depuis quelque temps, il l'est parce qu'il sait que la situation politique est extrêmement friable, extrêmement mouvante. Et il a, considère-t-il, plusieurs atouts dans sa manche. – On le dit suffisamment, en 2017, certes, il ne s'est pas présenté, mais du coup, il n'a pas perdu non plus.
– Contrairement à un certain Nicolas Sarkozy, vis-à-vis duquel, ou plutôt à côté duquel, lui n'a pas d'affaires judiciaires qui pourraient entraver la suite de sa carrière. Et puis François Hollande, il sent que, confusément, beaucoup de gens se disent « c'est celui qui a finalement de temps en temps raison avant tout le monde ». Par exemple, sur Poutine, il a toujours eu une position extrêmement ferme, notamment au moment de la livraison des frégates, qu'il lui avait été reproché d'annuler, sur la NUPES, qu'il n'a jamais cautionné. Aujourd'hui, on a Olivier Faure, le numéro 1 du PS, qui n'est plus favorable à la NUPES, mais François Hollande, lui, ne l'a jamais été.
Et puis, il a une assez longue carrière politique. Ça a été Monsieur 3%, ça a été dans un passé plus lointain, fraise des bois, comme l'appelait Laurent Fabius, en comparaison aux éléphants socialistes. Donc, il a toujours été méprisé, sous-évalué. Et donc, il se dit, après tout, pourquoi pas ? Vous savez qu'un autre de ses surnoms, c'était « culbuto », comme l'objet. – Celui qui ne tombe jamais. – Comme on dit, qui ne tombe jamais. Et c'est vrai qu'il a, pour employer ce mot-là aussi, une sorte de résilience par rapport à la défaite. Non, pas à la défaite, justement, à la non-défaite, mais à l'effacement qu'il a lui-même décidé, qui est effectivement assez spectaculaire aujourd'hui.
Est-ce que cela veut dire que c'est grâce à lui que Raphaël Glucksmann est à 15% dans certains sondages dans les intentions de vote ? À mon avis, en aucun cas. – Louis Ouzalter, on a un François Hollande sur un petit nuage qui, comme tout ancien président, se voit en recours. – Oui, c'est surtout ça. Tous les présidents qui ont tenté un recours parce qu'ils étaient suffisamment jeunes pour le faire, que ce soit Giscard, Sarkozy, Hollande, tout ça est du plus grand classique. Ce qui est très classique aussi, c'est la popularité sympathie-selfie d'un ancien président de la République.
C'était vrai de Chirac devenu un phénomène de popularité dans ses vieux jours, alors qu'il a terminé son deuxième mandat avec une cote catastrophique. Et c'est vrai de François Hollande qui a vraiment abattu les records, je crois, d'impopularité à la fin de son mandat au point qu'il n'a pas pu se représenter. Donc ceux qui, en réalité, ne sont pas très nombreux à gauche à le voir en recours, c'est surtout lui-même. Et ceux qui le voient en recours oublient un petit peu vite que c'est François Hollande.
C'est-à-dire que c'est le bilan du mandat Hollande qui a pavé la route à un Emmanuel Macron qui a récupéré une partie de ses électeurs, ce qui a entraîné le fracassement du clivage droite-gauche, la réduction du parti socialiste à un tout petit parti qui a même dû vendre son siège de la rue de Solferino. Donc compter sur lui pour aller réenchanter ce clivage et ressusciter la gauche, ça me paraît un petit peu court.
En revanche, ce qui est certain, et ce que va observer François Hollande qui suit la vie politique et qui est un excellent commentateur aussi de cette vie politique, qui continue à le faire, c'est la recomposition de la gauche après les européennes, puisque chacun va voir un midi à sa porte. Les socialistes vont dire, regardez le score de Raphaël Glucksmann, ça prouve bien que nous sommes de retour, c'est la première force de gauche. Les insoumis vont dire, mais non, c'est nous, regardez aux législatives, à la présidentielle, où plus de gens votent, c'est bel et bien Mélenchon qui a raflé la mise, notamment avec ses 20% à l'élection présidentielle.
Et ceux qui sont très mal en point dans les intentions de vote, c'est les écologistes, qui s'ils sont en dessous des 5%, n'auront pas d'eurodéputés. Je crois que ce n'est pas arrivé depuis les années 80. Alors justement, Raphaël Glucksmann, Caroline Vigoureux, question téléspectateur. François Hollande, un atout pour Raphaël Glucksmann ou un caillou dans sa chaussure ? Ce matin, il y avait un article du Parisien Aujourd'hui en France qui affirmait « L'irruption de Hollande dans la campagne agace le camp Glucksmann, c'est notre petit troll en chef ».
Alors ça, c'est un peu sévère comme critique, mais c'est vrai que c'est devenu un soutien assez encombrant pour Raphaël Glucksmann, dans le sens où certes, François Hollande bénéficie d'une vraie popularité incontestable et d'un statut d'ancien président qu'ils ne sont plus que deux à avoir en France. Donc, ce n'est pas anecdotique. Mais en même temps, François Hollande, c'est aussi un repoussoir pour toute une partie de la gauche radicale. Il a un côté vraiment radioactif à la fois chez les écologistes et à la fois chez les insoumis.
Et d'ailleurs, les insoumis en font l'un de leurs principaux angles d'attaque contre Raphaël Glucksmann en disant que c'est qu'une pâle copie du hollandisme et que c'est un retour préparé de François Hollande. Donc ça, Raphaël Glucksmann l'a bien compris. Et d'ailleurs, il a pris ses distances avec François Hollande. Ils se sont vus tous les deux au mois de décembre et depuis, ils ne se sont plus vus. Et François Hollande lui-même a noté que Raphaël Glucksmann avait pris ses distances. Et il n'est pas bête, c'est enfin un analyste politique. Il sait très bien qu'il peut avoir un côté radioactif.
Donc lui-même a acté l'idée qu'il ne s'impliquait pas vraiment dans la campagne de Raphaël Glucksmann. Il mène sa propre campagne à sillonner les collèges, lycées et facs de France pour présenter son livre. Moi, j'étais en déplacement avec lui la semaine dernière. Et c'est vrai qu'il a une popularité qui est assez impressionnante quand on se balade avec lui. Et en même temps, il a bien conscience qu'être populaire, ça ne veut pas dire adhésion politique, ça ne veut pas dire vote. Et il se posera toutes ses questions avant d'envisager son éventuel retour. Mais il est assez lucide.
Là où le doute est permis pour François Hollande, c'est qu'effectivement, il n'était pas parti sur un échec, mais sur un renoncement. Donc il a cet avantage sur Nicolas Sarkozy, par exemple, que les Français n'ont jamais eu l'occasion de lui dire « on ne veut plus d'vous ». Donc à partir de ce moment-là, le doute est permis.
François Hollande