Face à Face : Mathilde Panot - 28/03
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:52OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à l'accusation d'Emmanuel Macron selon laquelle la France Insoumise surfe sur la violence ?
- 3:07RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à l'accusation selon laquelle Jean-Luc Mélenchon est favorable à toutes les formes de violences ?
- 3:29FerméeRéponse directe
Est-ce que, Mathilde Panot, vous souhaitez la révolution ?
- 4:57FerméeRéponse directe
Est-ce que vous assumez de tout conflictualiser ?
- 5:58RelanceÉludée
Est-ce que vous êtes toujours d'accord avec cette théorie inspirée de Hugo Chavez ?
- 9:01OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi, une issue policière, Mathilde Panot ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Mathilde PanotFait
« Emmanuel Macron joue un jeu extrêmement dangereux avec la démocratie. »
- 1:48Mathilde PanotFait
« Emmanuel Macron continue tout seul à vouloir ne pas retirer sa réforme des retraites. »
- 2:15Mathilde PanotPromesse
« Nous disons à Emmanuel Macron qu'il doit apprendre à faire comme l'ont fait Mitterrand, comme l'ont fait Chirac, comme l'ont fait beaucoup de présidents dans le monde, à ranger son égo, à ranger son caprice et à retirer cette réforme des retraites. »
- 3:32Mathilde PanotFait
« La révolution par les urnes, nous l'avons dit mille fois. La révolution citoyenne par les urnes. »
- 3:45Mathilde PanotFait
« Nous sommes contre la violence qui attaque l'intégrité des personnes. »
- 4:34Mathilde PanotFait
« Depuis le 49-3. Et le refus par, notamment, une jeunesse de la brutalité de ce passage en force. »
- 4:50Mathilde PanotFait
« avec un cheminot qui a été éborgné et avec deux personnes qui sont aujourd'hui dans le coma »
- 7:24Mathilde PanotPromesse
« Nous sommes partisans d'une sixième république avec une constituante où le peuple réécrirait la constitution. »
- 7:49Mathilde PanotPromesse
« le référendum révocatoire qui permettrait de révoquer des députés, voire même le président de la République »
- 7:55Mathilde PanotPromesse
« le référendum d'initiative citoyenne que demandaient notamment les Gilets jaunes qui permettaient à la fois de proposer une loi, mais aussi de l'abroger »
- 8:55Mathilde PanotFait
« il n'y aura pas d'issue policière à une crise politique. Il faut une issue politique. »
- 14:00Mathilde PanotPromesse
« il n'y aura pas de retour à la normale avant qu'il ne cède. »
- 15:00Mathilde PanotFait
« l'enjeu de l'eau est devenu l'enjeu numéro un du XXIe siècle »
- 16:30Mathilde PanotFait
« une vision du monde de l'agro-business »
- 18:42Mathilde PanotFait
« le Conseil constitutionnel a beaucoup de raisons de juger cette loi inconstitutionnelle. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Présentateur 231 %
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Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Vous êtes présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Vous êtes vous-même députée du Val-de-Marne, dixième journée de mobilisation aujourd'hui. De grèves, de blocages, des scènes de grande violence qui ont eu lieu en France depuis quelques jours. Des manifestations qui se crispent, des manifestants qui se radicalisent, des affrontements avec les forces de l'ordre dans les rues ou à Sainte-Solines ce week-end on va y revenir. Et Emmanuel Macron qui dans ce contexte vous accuse, vous, la France Insoumise.
Il y a un réel projet politique mené par la France Insoumise, dit le président, qui tente de délégitimer l'ordre raisonnable, de délégitimer nos institutions. Le projet politique de la France Insoumise c'est de surfer sur les violences. Ils veulent saper nos institutions, délégitimer les tenants de l'ordre responsable. Que répondez-vous ? D'abord que Emmanuel Macron joue un jeu extrêmement dangereux avec la démocratie.
Quand le président de la République compare et amalgame les manifestants aux factieux du Capitole, lorsqu'il considère qu'une opposition, qui est une opposition qui propose une alternative au pays, parce que c'est ça la démocratie, ce que fait la France Insoumise et la NUPES, c'est de dire nous pouvons vivre tout autrement dans ce pays. Et bien finalement, il joue un jeu très dangereux avec la démocratie, où il délégitime à la fois la démocratie et ses oppositions, et il délégitime aussi la démocratie sociale qui devrait exister dans ce pays. Donc lui vous accuse de délégitimer la démocratie, vous vous l'accusez de délégitimer la démocratie ? Mais bien sûr que oui !
Rendez-vous compte, il y a depuis des semaines, des Français qui manifestent par millions. Il y a des grèves, il y a les représentants du peuple qui allaient voter contre la réforme, puisque la Première Ministre a dit elle-même que le compte n'y était pas. Et pourtant, Emmanuel Macron continue tout seul à vouloir ne pas retirer sa réforme des retraites. Regardez, même Benjamin Netanyahou, qui n'est pas connu comme étant le plus grand démocrate, a décidé de faire une pause sur sa réforme des retraites. Il a annoncé la réforme des retraites, c'est la réforme de la justice, vous avez raison.
Et bien nous disons à Emmanuel Macron qu'il doit apprendre à faire comme l'ont fait Mitterrand, comme l'ont fait Chirac, comme l'ont fait beaucoup de présidents dans le monde, à ranger son égo, à ranger son caprice et à retirer cette réforme des retraites. On va revenir sur cette question de la suite politique de la réforme des retraites, y compris du Conseil constitutionnel, mais je voudrais quand même qu'on s'arrête un instant sur cette accusation. Cette accusation en effet de surfer, donc je le cite, sur la violence.
Olivier Véran, qui était à cette même place hier matin, précisait que pour lui, Jean-Luc Mélenchon, devant les violences policières, eh bien il était favorable à toutes les formes de violences. Écoutez.
Jean-Luc Mélenchon, il est insoumis devant les violences policières, mais il est soumis devant toutes les autres formes de violences. Et vous savez pourquoi ? Parce que Jean-Luc Mélenchon et ses amis, ce sont les rentiers de la colère, les rentiers de la misère des petits gens, et ce sont les actionnaires de ces formes de violences. Il faut le contester, je le dis, il y a d'un côté ceux qui sont prêts à saper nos institutions pour les causes qu'ils servent, et ceux qui les défendent. Et ceux qui les défendent, elles sont de notre côté.
Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Le gouvernement essaie de faire une diversion grotesque. Il essaie de changer la discussion dans le pays, qu'on ne parle plus des retraites, des deux ans de vie libre que les Français ne veulent pas se faire voler, pour aller pointer du doigt ici la force politique que nous sommes, qui est encore une fois une alternative et une force de gouvernement. Mais sur la question de l'agitation et de la violence, est-ce que, Mathilde Panot, vous souhaitez la révolution ? La révolution par les urnes, nous l'avons dit mille fois. La révolution citoyenne par les urnes.
Et je vais redire pour la millième fois à ce bureau que nous sommes contre la violence qui attaque l'intégrité des personnes. Après, vous avez, tout est amalgamé sous forme de violence. Des gens qui mettent des autocollants sur une permanence, des gens qui vont dégrader du type brûler une poubelle. Il faut arrêter avec ça. Moi, je salue le calme et le pacifisme. Vous estimez, par exemple, que brûler une poubelle, ce n'est pas de la violence ? Je salue le calme et le pacifisme de ce mouvement social. Et je vais vous dire, si pendant des semaines, les manifestations se sont extrêmement bien passées, pourquoi ? Parce qu'après le 49-3, il y a eu un changement de doctrine.
Et moi, j'appelle chacun et chacune... De doctrine quoi ? De force de l'ordre ? Mais bien sûr, les ordres qui ont été donnés. Le problème, ce sont les ordres qui ont été donnés. Le problème, ce sont les armes qui sont données. Le problème, c'est la recréation de la Bravem, ces voiles tigeurs qui avaient disparu avec le meurtre de Malik Ousekin et qui est revenu en 2019 avec les Gilets jaunes. Depuis le 49-3. Et le refus par, notamment, une jeunesse de la brutalité de ce passage en force. Eh bien, que s'est-il passé ?
De nouveau, on donne des ordres, on voit réapparaître le spectre des Gilets jaunes avec une accompagnante d'élèves en situation de handicap qui a perdu un pouce, avec un cheminot qui a été éborgné et avec deux personnes qui sont aujourd'hui dans le coma, avec une entre les vies et les armes. On va y revenir, mais je vous repose cette question. Est-ce que vous souhaitez la révolution ? Vous dites la révolution par les urnes. Deuxième question, est-ce que vous assumez de tout conflictualiser ? Oui, je pense que le conflit crée aussi la conscience et que ça permet de penser les choses.
Si je vous pose cette question, Mathilde Panot, c'est parce qu'effectivement, plusieurs membres de la majorité rappellent depuis quelques jours le mode d'emploi que Jean-Luc Mélenchon lui-même avait théorisé sur la prise du pouvoir. Edouard Philippe l'a évoqué hier soir à la télévision. Plusieurs membres du gouvernement en parlent ici et là. Il rappelle que Jean-Luc Mélenchon s'inspire d'Hugo Chavez. Et j'ai vérifié, en effet, les propos de Jean-Luc Mélenchon sont très clairs. Il dit comment passer de la révolte à la révolution. Il s'était exprimé le 7 octobre 2012. Il avait dit la révolution, ça se crée, c'est une stratégie qu'il faut mener.
Comme le camarade Chavez, disait-il, il faut transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire. La conquête de l'hégémonie politique à un préalable. Il faut tout conflictualiser. Est-ce que vous êtes toujours d'accord avec cette théorie ? Madame de Malherbe, là, vous êtes en train de rentrer pied dedans dans ce qu'est en train de faire le gouvernement. Vous puissiez répondre à ces propos. Non, je vais vous dire, lors des élections présidentielles... Donc vous ne répondrez pas là-dessus ? C'est quand même très important. Lors des élections présidentielles, qui datent de seulement il y a 8 mois. Il faut quand même repenser cela.
Lors des élections présidentielles, vous avez des adversaires politiques, les macronistes notamment, qui ont expliqué que si Jean-Luc Mélenchon a été élu président de la République ou premier ministre avec la NUPES, eh bien le pays serait dans le chaos. Qui est responsable du chaos aujourd'hui ? Qui est responsable de la violence aujourd'hui ? Il s'appelle Macron, il s'appelle Darmanin, et ce sont eux qui aujourd'hui sont en train de créer une situation dans laquelle la colère est immense. Et moi, je suis d'accord pour parler, autant que vous voulez, de la question de la violence dans les manifestations. Ce n'est jamais ce que nous avons choisi.
Nous, nous voulons faire nombre dans les manifestations. Nous, nous voulons que le peuple soit souverain dans ce pays. En fait, Mathilde Panot, je vous demande simplement si cette théorie, ce mode d'envoi... Je dis juste ne cachez pas les raisons de la colère. De Jean-Luc Mélenchon, mais je ne cache rien du tout. Et je vais vous interroger sur tout. Simplement, c'est très important. Aussi, de comprendre si vous avez effectivement un agenda derrière la question de la conflictualisation des sujets. Est-ce que vous êtes toujours d'accord avec le fait de s'inspirer de la manière dont Hugo Chavez a pris le pouvoir ?
Est-ce que vous êtes toujours d'accord avec les propos de Jean-Luc Mélenchon qui poursuit en disant « Et ensuite, une fois que le pouvoir est acquis, il faut non seulement conquérir le pouvoir, mais l'exercer de manière révolutionnaire. » Et il répète deux fois, « Et tout conflictualiser, oui, tout conflictualiser, ne pas consentir à l'ordre. » Nous sommes, je le répète, oui... Est-ce l'objectif ? Oui, nous sommes pour la révolution citoyenne par les urnes. Nous sommes partisans d'une sixième... Mais là, ce n'est pas par les urnes. Mais bien sûr que si. Vous avez déjà entendu Jean-Luc Mélenchon appeler les insoumis à aller assiéger je ne sais quoi. Jamais. Nous avons dit par les votes.
Et je le dis, nous sommes partisans d'une sixième république avec une constituante où le peuple réécrirait la constitution. Et je vais vous dire, si nous avions dans ce pays ce que nous proposons dans la constitution, c'est-à-dire le référendum révocatoire qui permettrait de révoquer des députés, voire même le président de la République, ou le référendum d'initiative citoyenne que demandaient notamment les Gilets jaunes qui permettaient à la fois de proposer une loi, mais aussi de l'abroger, nous aurions des possibilités de sortie par le haut de cette situation de chaos qu'a créée Emmanuel Macron. Et aujourd'hui, nous ne les avons pas parce que le pouvoir est concentré sur un seul homme.
Ça veut dire quand même que ce matin, Mathilde Panot, pour clore ce sujet, le vénézuélien de Chavez reste un modèle. Mais non, mais ce n'est pas ça que je suis en train de vous dire. Nous, nous inventons un modèle à la française. C'est ce que nous avons dit pendant toute la campagne présidentielle. C'est ce que nous continuons de dire. Et je vais vous dire, aujourd'hui, ce qui se passe avec le mouvement sur la réforme des retraites, le monde est en train de regarder la France.
Quand vous voyez le nombre de soutiens que nous avons, de syndicats étudiants, de forces politiques un peu partout, quand vous voyez les rassemblements devant les ambassades, à la fois en solidarité au peuple de France, mais aussi en réponse à la brutalité de la réponse policière qui est apportée par Emmanuel Macron, je crois qu'à la fois la France regarde le monde et Emmanuel Macron fait honte à la France à l'international. Et je le dis très solennellement ici, il n'y aura pas d'issue policière à une crise politique. Il faut une issue politique. Et c'est la question de savoir laquelle... Ça veut dire quoi, une issue policière, Mathilde Panot ?
Eh bien, d'avoir une sorte d'instrumentalisation de la police, de la justice, par le gouvernement, qui leur demande finalement de faire de la répression à tout va. On n'a jamais arrêté un mouvement de colère aussi fort... Oui, c'est ce que dit le syndicat de la magistrature, notamment, si vous regardez leur communiqué, qui explique qu'ils ne veulent pas être utilisés pour réprimer les manifestants. Quand vous voyez... Ne pas être utilisés pour réprimer les manifestants. Est-ce que ça veut dire que quand il y a violence, il faut laisser faire ? Moi, je vais vous dire, regardez la Suisse, regardez l'Allemagne. Il y a des black blocs là-bas. Vous êtes d'accord avec ça ?
On en annonce mille, en tout cas le ministère de l'Intérieur en annonce mille dans les portages en France aujourd'hui. Il y a des black blocs. Est-ce que vous avez déjà vu des images... Qui sont d'ailleurs souvent les mêmes, qui se déplacent de frontière en frontière. ...de police qui chargent de manière indistincte une foule ? Ça n'existe pas. J'ai écouté hier votre confrère suisse qui disait, en Suisse, nous sommes extrêmement choqués de voir une police qui va charger toute une foule, qui va de manière complètement indistincte gazer l'ensemble d'une foule. Ça n'existe nulle part ailleurs.
Pourquoi est-ce qu'en France, en 2023, on continue de perdre un œil, de peut-être perdre la vie ou de perdre une main lorsqu'on manifeste ? C'est ça la question qui est posée. Maintenant, je vous pose la question, Nathalie Pannot. Je vous dis juste une dernière chose. La France avait refusé de participer. Que doit faire la police ? Eh bien, faire ce qui se fait. Vous avez vu ces images, Jacinthe-Solines. Il y a eu des affrontements des deux côtés. Il y a eu une extrême violence. On va revenir sur les blessés. Mais quand vous voyez également les images vues depuis le camion des gendarmes, que doivent-ils faire ? Écoutez, quand je vous dis l'Allemagne et la Suisse.
Parce qu'il doit tendre l'autre joue ? Il y a eu des recherches qui ont été faites avec un groupe de recherche qui était composé à la fois de chercheurs et de policiers au Nouveau Européen. 12 pays européens y participaient. La France a refusé d'y participer. C'est juste. La France a refusé d'y participer. L'objet de cela, c'était la gestion pacifique d'une foule avec des chercheurs qui expliquaient qu'une foule est de manière assez naturelle solidaire les uns les autres. Et donc, que fait-on par exemple en Allemagne ? Eh bien, ils mettent des gros camions avec des énormes haut-parleurs sur lesquels ils font des sommations en disant, voilà, nous allons faire ça.
Ils arrivent à dévier un cortège de têtes avec des gens. Mais serait-il, écoutez, je vais vous donner un exemple, Mathilde Panot. Ce matin, je recevais une étudiante qui appelle aux manifestations, plus globalement depuis deux semaines et pas uniquement sur la question des retraites. Elle est à la tête du collectif qui s'appelle Point Levé. Et lorsque je lui posais la question, est-ce qu'au moment, à la fin des manifestations, quand il y a cette sommation, des policiers qui demandent à ce que la manifestation soit dispersée, que vous rentriez chez vous, est-ce que vous respectez ces ordres ? Elle disait non.
Mais vous, vous pensez qu'ils vont dire rentrer chez vous et que les gens vont rentrer chez vous ? Alors, madame de Malherbe, quand je vous dis que dans tous les pays du monde, on est choqués des images qu'on voit de la France... Ah non, mais tout à fait. Je vous demande juste si le mode d'emploi que vous proposez est efficace et crédible. Ça se passe dans tous les pays européens. Donc moi, je veux bien qu'on m'explique n'importe quoi. Mais ça se passe dans tous les pays européens.
Et pour répondre, parce que je ne vais pas esquiver cette question, pour répondre à ce que disait cette jeune femme que vous interrogiez ce matin, à un moment, madame de Malherbe, il faut se poser la question sérieusement. Lorsque vous avez un président de la République qui a refusé d'écouter des millions de manifestants chaque semaine depuis maintenant deux mois, qui refuse d'écouter une intersyndicale unie, qui refuse d'écouter les représentants du peuple qui voulaient voter contre la réforme, qui ne veut rien lâcher sur rien, quelles sont les voies démocratiques qui restent ?
Et donc, évidemment, le message qui est envoyé à des gens, lorsque vous avez un conseiller du président qui explique qu'il faudrait Paris à feu, un mort ou un attentat, c'est irresponsable de sa part. Et je le dis, la sortie ne peut être que démocratique. Donc, Emmanuel Macron doit céder... Je ne comprends pas parce que vous dites une chose et son contraire. Si j'ai bien compris, vous dites d'un côté, bon, en gros, à partir du moment où, de toute façon, il refuse un dialogue normal, il est quasiment automatique ou en tout cas logique qu'une autre forme d'expression, une forme plus radicalisée ou plus violente, finisse par émerger.
Et de l'autre côté, vous dites que c'est pas acceptable et qu'il faut qu'il y ait une sortie démocratique. Je ne comprends pas bien. Oui, je vous explique que d'avoir bouché toutes les issues démocratiques... Vous comprenez les manifestants qui se radicalisent ou qui font la violence ? Et j'appelle aujourd'hui, puisque nous allons être des millions de nouveaux à demander à Emmanuel Macron de retirer son projet de loi. J'appelle tout le monde au plus de sang-froid possible face aux provocations qui sont faites par les donneurs d'ordre de la police. Voilà ce à quoi je réponds là-dessus. Mais je le dis, ce que fait Emmanuel Macron est irresponsable.
Et comment va-t-il continuer dans une situation où le roi Macron est en quelque sorte confiné ? Regardez, il a dû annuler la venue du roi Charles III, il a dû annuler sa venue au Stade de France et maintenant, il annule sa visite à Toulon qu'il devait faire mercredi. Que va-t-il se passer ? Il va y avoir un président dans cette citadelle assiégé, les ministres à qui on conseille de ne pas sortir, les parlementaires macronistes à qui on conseille de ne pas sortir. Ce n'est pas sérieux de continuer comme cela. Donc il doit céder et je le dis, il n'y aura pas de retour à la normale avant qu'il ne cède. Je vous dis un mot là-dessus Madame Apolline de Marlerme parce que c'est très important.
Le pouvoir n'a pas compris pourquoi nous nous battions. Il n'a pas compris qu'il était question de la dignité du peuple. Il n'a pas compris qu'il était question de garder ses petits-enfants, de pouvoir s'investir dans la vie associative et citoyenne, libérée du temps contraint du travail. Voilà ce pourquoi les Français se battent. Et on va revenir dans un instant sur l'une des sorties éventuelles qui serait celle par le Conseil constitutionnel mais encore un mot de ces scènes de violence puisqu'il y a eu aussi ces scènes d'extrême violence, d'affrontement à Sainte-Solines ce week-end avec un manifestant qui est toujours entre la vie et la mort. Est-ce que vous avez de ces nouvelles ?
Non, si ce n'est que le scanner qui a été fait extrêmement mauvais et qu'il aura des séquelles qui sont irréversibles et par ailleurs, je le dis, malheureusement, ce n'est pas le seul. Certaines des personnes qui étaient à Sainte-Solines et qui, je le rappelle, manifestaient contre des méga-mastines qui sont une aberration à l'heure où l'enjeu de l'eau est devenu l'enjeu numéro un du XXIe siècle seront mutilées à vie. Deux personnes dans le commun et plusieurs blessés très graves. Hier, Mathilde Panot, vous étiez présente au blocage de l'incinérateur d'Ivry auprès des grévistes pour vous opposer à la réquisition de l'incinérateur.
Et là, alors que vous vous adressiez aux journalistes, vous avez tout arrêté pour annoncer au micro notamment de BFM TV. Nous ne l'avons pas diffusé par Respect pour la Famille mais vous annoncie à ce moment-là que le manifestant, vous disiez j'apprends à l'instant que le manifestant est mort, je l'apprends avec effroi. Voilà pourquoi, jusqu'où allons-nous aller ? Est-ce que vous regrettez d'avoir eu ces propos hier et pourquoi les avez-vous eus ? Bien sûr que je le regrette. Par ailleurs, je pense que ça serait bien d'ailleurs de ne même pas le dire dans cette interview. C'est une information ? C'est une information ? Vous étiez au micro de plusieurs... C'est une information.
J'essaye de vous expliquer. Quand je suis arrivée sur le piquet de grève à ce moment-là pour bloquer le plus gros incinérateur d'Europe, c'est une information qu'on m'a donnée et sur laquelle juste après on est revenu me voir et je suis allée voir immédiatement les journalistes en leur disant arrêtez tout, l'information n'est pas confirmée. Et je ne souhaite en aucun cas, si c'est ça que vous essayez de me faire dire, que ce manifestant soit mort, mais juste à un moment. La question qui se pose, alors vous pouvez faire une polémique sur ce que j'ai dit ou ce que je n'aurais pas dit, mais la question qui se pose, et pourquoi M.
Darmanin a choisi de mettre dans un champ alors qu'il y avait 30 000 manifestants, 4 000 grenades ? Pourquoi a-t-il décidé de déployer 3 000 policiers pour protéger un trou dans la terre ? C'est-à-dire absolument rien si ce n'est une vision du monde de l'agro-business. Pourquoi a-t-il... Et ça c'est les observatoires de la LDH... Qu'aurait-il dû faire ? Mais... Laissez s'installer une évangélisation... Autoriser une manifestation, faire en sorte qu'elle puisse se dérouler... Mais vous savez bien, Mathilde Panot, l'objectif était aussi de s'installer sur les lieux.
Vous savez, Madame de Malherbe, le chiffre qui est dans le dernier rapport du GIEC, en 2030, dans 7 ans, la demande en eau potable excèdera de 40% la ressource... La gestion de l'eau qui est une question évidemment essentielle. C'est quand même incroyable. Mais je voudrais savoir ce que vous auriez estimé. Une manifestation est interdite. Il y a en effet, comme vous le dites, près de 30 000, en tout cas 6 000 d'après la préfecture, mais peut-être beaucoup plus personnes qui arrivent, dont certains, il faut quand même le dire, qui sont arrivés.
Les choses ont été retrouvées dans leur sac avec des haches, des battes de baseball, des boules de pétanque, puisque vous parlez du nombre de grenades qui ont été apportées par les forces de l'ordre. Qu'aurait-il fallu faire ? Eh bien, autoriser une manifestation qui puisse se passer dans de bonnes conditions. Imaginez, on laisse les gens marcher 6 km. On ne met à aucun moment, à minima des... Quand on les laisse marcher, c'était interdit ?
Oui, enfin, excusez-moi, mais on ne met pas des gens dans un champ avec 4 000 grenades, des gens qui sont sur des quads, et en plus de ça, des observateurs de la LDH, et c'est pourquoi nous demandons une enquête, parce que c'est très important, des observateurs de la LDH qui expliquent... De la Ligue des droits de l'homme. De la Ligue des droits de l'homme qui expliquent que des ambulances auraient été bloquées par des ordres et qu'ils auraient mis ainsi une heure à une heure et demie. Le ministère de l'Intérieur pour l'instant, mais en effet, une enquête sera menée.
Oui, et nous demandons une commission d'enquête parlementaire sur ce sujet, parce que c'est extrêmement grave, et que vous imaginez que les blessés qui étaient protégés par des élus à la fois insoumis, puisque nous avions 7 députés insoumis sur place, et des élus écologistes, ont vu de leurs propres yeux des gens sur des quads leur envoyer des grenades vers l'endroit où il y avait une zone sécurisée sur les blessés. Donc, M. Darmanin, lorsqu'il conteste ça, ment. Le Conseil constitutionnel a un mois pour rendre sa décision sur la loi. Est-ce que vous reconnaîtrez la décision du Conseil constitutionnel, quelle qu'elle soit ?
Alors d'abord, je veux dire que le Conseil constitutionnel a beaucoup de raisons de juger cette loi inconstitutionnelle. D'abord, parce qu'il y a un problème de sincérité dans les débats, puisque vous vous rappelez, les 1 200 euros, c'était tout le monde, puis à la fin, 1,8 million, puis ensuite 40 000 personnes, puis ensuite 10 000 à 20 000 personnes. La sincérité des débats doit être le véhicule législatif où pour la première fois en Vème République, on utilise un texte budgétaire rectificatif sur un texte de fond qui est en plus. L'Assemblée ne l'a jamais voté. Bon, enfin, on a beaucoup d'arguments.
Ensuite, chacun doit comprendre que le Conseil constitutionnel, ce sont à la fois des anciens présidents et des proches du gouvernement. Donc, je ne sais pas ce que fera le Conseil constitutionnel. Les anciens présidents n'y siègent pas. Oui. Donc, ils n'y sont pas. Il n'y en a aucun. Oui, oui. Donc, qui vont décider de la manière si c'est constitutionnel ou si ce n'est pas constitutionnel.
Ensuite, vous respecterez, je vous repose ma question, parce qu'en fait, vous avez saisi comme beaucoup le Conseil constitutionnel, mais vous avez mis une sorte de petite astérix en demandant à ce que Jacqueline Gourault, qui en est membre aujourd'hui, qui a été ministre d'Emmanuel Macron dans le premier quinquennat, se déporte. Si elle ne le faisait pas, si Jacqueline Gourault restait membre du Conseil constitutionnel pendant cette réflexion et cet examen de cette loi, est-ce que vous considéreriez que la décision du Conseil constitutionnel en serait entachée ?
Je pense que oui, elle en serait entachée, mais enfin, écoutez, regardez, il y a une règle qui est qu'on peut soumettre devant le Conseil constitutionnel. Nous allons le faire, mais les gens ne se battent pas dans la rue parce que cette loi est inconstitutionnelle. Ils se battent parce que cette loi est injuste et elle le sera toujours. Alors, en démocratie, même lorsqu'il y a des règles, vous avez le droit de continuer à faire valoir votre point de vue. Et donc, si le Conseil constitutionnel... Votre point de vue, oui. On a le droit de manifester encore. On a le droit encore de faire grève. On a le droit. Eh bien, je vous le dis, le combat ne s'arrêtera pas.
Le Conseil constitutionnel, voilà, exactement. le combat ne s'arrêtera pas. Il ne s'est pas arrêté au moment où la loi a été adoptée. Il ne s'arrêtera pas si jamais le Conseil constitutionnel la valide. Oui. Mathilde Pannot, présidente du groupe La France Insoumise. de la République pouvait s'aider avant. Ça serait quand même bien pour des millions de gens dans notre pays. Mathilde Pannot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale, députée du Val-de-Marne. Merci d'avoir répondu à mes questions. Merci.