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Discours / meetingLe Média (sur YouTube)· 15 mai 2019 6 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEnvironnement & énergieSolidarités & famille

ENFIN UN REFERENDUM POUR DIRE NON À EMMANUEL MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Fait
    « ADP a un quasi monopole de l’accès en avion dans la région parisienne, elle pourra donc imposer ses tarifs et ses conditions aux compagnies d’aviation, en particulier à Air France. »
  • Chiffre
    « Les trois privatisations : ADP, Française des Jeux, Engie, rapporteraient 15 milliards à l’Etat, il en utiliserait 5 pour se désendetter, et 10 seraient placés dans un fond qui rapporterait 250 millions par an »
  • Chiffre
    « Ces trois sociétés rapportent actuellement environ 1 milliard de bénéfices par an à l’Etat, soit une rentabilité de plus de 6% »
  • Fait
    « L’Etat ou la Banque Publique d’Investissement, peuvent aujourd’hui s’endetter sur 10 ans à 0,3% pour financer de grands programmes industriels. »
  • Fait
    « Les sociétés d’autoroute avaient réussi à obtenir de l’Etat des contrats déséquilibrés en jouant du peu de motivation de certains jeunes hauts fonctionnaires »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le conseil constitutionnel l’a donc confirmé, le 9 mai dernier à la suite d’une proposition de 248 parlementaires : il y aura un referendum sur la privatisation de l’entreprise Aéroports de Paris, du moins si cette proposition recueille les signatures de 10% des électeurs inscrits, soit de 4,7 millions de personnes. Le conseil constitutionnel a rappelé que le préambule de la constitution de 1946 faisait partie des lois fondamentales de notre République. Son article 9 stipule : toute entreprise qui a les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait doit devenir la propriété de la collectivité.

C’est un rappel utile, il faudrait l’appliquer aujourd’hui à de nombreuses sociétés : les sociétés d’autoroute mais aussi Google ou Facebook. Il est dangereux qu’une entreprise privée utilise sa situation de quasi monopole pour obtenir d’importants profits pour accroître encore ses pouvoirs grâce à ses réseaux dans l’administration, la presse, les milieux dirigeants, les forces politiques. En ce qui concerne ADP comme d’ailleurs la Française des Jeux, leurs privatisations sont totalement injustifiables.

ADP a un quasi monopole de l’accès en avion dans la région parisienne, elle pourra donc imposer ses tarifs et ses conditions aux compagnies d’aviation, en particulier à Air France. Certes, l’Etat aura théoriquement un droit de regard, mais l’utilisera-t-il ? L’accès aux aéroports parisiens, comme le contrôle des passagers et des marchandises incombe aux pouvoirs publics.

Faut-il que l’Etat prenne à sa charge les dépenses, tandis qu’une société privée recevrait les recettes ? ADP possède d’importantes réserves foncières tout autour de Paris. Est-il acceptable qu’ADP décide de bétonner ces terrains, ce qui irait à l’encontre des nécessités de la transition écologique ?

Peut-on privatiser la Française des Jeux en oubliant que celle-ci ne doit pas avoir l’objectif de développer au maximum son activité, mais doit au contraire éviter les jeux trop attractifs pour lutter contre l’addiction des joueurs, en particulier des plus jeunes, qu’elle doit aussi se doter comme objectif de lutter contre le blanchissement d’argent sale ? Du point de vue financier, c’est une opération absurde. Les trois privatisations : ADP, Française des Jeux, Engie, rapporteraient 15 milliards à l’Etat, il en utiliserait 5 pour se désendetter, et 10 seraient placés dans un fond qui rapporterait 250 millions par an, 250 millions qui seraient utilisés nous dit-on, pour financer des innovations de rupture.

Mais ces trois sociétés rapportent actuellement environ 1 milliard de bénéfices par an à l’Etat, soit une rentabilité de plus de 6%. Pourquoi les vendre pour placer à 2,5% ? Par ailleurs, l’Etat ou la Banque Publique d’Investissement, peuvent aujourd’hui s’endetter sur 10 ans à 0,3% pour financer de grands programmes industriels.

Il n’y a nul besoin de vendre des bijoux de famille. L’exemple de l’aéroport de Toulouse aurait du servir de leçon. Fallait-il confier une infrastructure vitale pour une région à une entreprise chinoise pirate, soucieuse avant tout d’en tirer un maximum de cash ?

De même, les sociétés d’autoroute avaient réussi à obtenir de l’Etat des contrats déséquilibrés en jouant du peu de motivation de certains jeunes hauts fonctionnaires qui ne faisaient pas le poids face à des cadres aguerris des entreprises du BTP que ces jeunes aspiraient d’ailleurs à rejoindre. Face aussi aux marges de manoeuvre financières des sociétés du BTP par rapport à celles de l’Etat. Comment expliquer alors de telles opérations de privatisation ?

Des grandes entreprises comme Bouygues, Eiffage, Vinci dans le BTP, LVMH, Keiring ou Orange par ailleurs, sont devenues des états dans l’Etat. Elles disposent de profits abondants, de capacités d’emprunt quasi illimitées, alors que l’Etat lui s’est appauvri en diminuant les cotisations sociales et les impôts sur les grandes entreprises. L’Etat leur sous-loue maintenant la politique d’aménagement du territoire, comme de plus en plus l’enseignement supérieur, la formation professionnelle comme le sport ou la culture avec l’appel au mécénat.

En somme, l’Etat se retire pour laisser un champ d’action aux grandes entreprises privées. Certaines grandes entreprises ont encore aujourd’hui une stratégie de long terme. Ce n’est plus le cas de l’Etat en France qui a renoncé à une politique industrielle forte, protégeant l’emploi, organisant la transition écologique.

Chacune de ces trois privatisation, Engie, ADP, la Française des Jeux, marque à sa manière un renoncement de l’Etat. Voilà pourquoi nous devrons nous mobiliser dans les mois à venir pour obtenir ces 4,7 millions de signatures, pour réaffirmer que l’Etat doit rester le garant du bien commun