Canicule : à Pau, "le maire et le directeur académique n'ont pas pris la mesure" pour le syndicat enseignant FSU
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Comment vos élèves de CP et vous-même avez vécu cette canicule ?
- 0:46FerméeRéponse directe
Il n'y a pas de clim à Henri IV ?
- 1:10OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut équiper les écoles de clim ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Vous parliez de casquettes, aussi ces ombrières ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a eu beaucoup d'absents la semaine dernière ?
- 4:32OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas compris le message de M. le maire et du directeur académique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49PrésentateurFait
« Non, il n'y a pas de clim. »
- 0:55PrésentateurFait
« Dans ma classe, j'ai des brasseurs d'air qui ont été posés pendant les vacances de Pâques »
- 3:00PrésentateurFait
« il faisait déjà 30 à 8 heures du matin dans beaucoup de classes de Pau »
- 3:15PrésentateurFait
« le directeur académique comme M. le maire n'en ont pas forcément pris la mesure »
- 3:27PrésentateurFait
« Les conditions d'apprentissage dans les classes n'étaient pas réunies parce qu'il faisait très chaud »
Temps de parole
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Cyber Ambigore, premier sur l'actu locale. Il est 7h45, retour en classe ce matin avec des températures respirables. Après les orages de hier soir, on est avec la secrétaire dans le 64 du syndicat enseignant FSU. Bonjour Elsa Delinière. Bonjour.
Vous êtes enseignante à l'école Henri IV à Pau. Comment vos élèves de CP et vous-même d'ailleurs, vous avez vécu cette canicule de la semaine dernière ?
Je crois comme la plupart des enseignants, c'est-à-dire qu'on s'est adapté, on a fait au mieux, mais ça n'a pas été simple. On a eu très chaud, il y a eu beaucoup d'ordres et de contre-ordres qui ont fait qu'on n'avait pas forcément la ligne à suivre et qu'on a essayé de se débrouiller avec les moyens du bord.
Il n'y a pas de clim à Henri IV ?
Non, il n'y a pas de clim. Dans ma classe, j'ai des brasseurs d'air qui ont été posés pendant les vacances de Pâques qui ont effectivement prouvé leur efficacité jusqu'à une trentaine de degrés parce qu'effectivement, ça donne un petit sentiment de fraîcheur, même si ça ne fait pas vraiment descendre la température. Autant vous dire qu'au-delà de 30 degrés, on sentait beaucoup moins l'intérêt des brasseurs.
Est-ce qu'il faut équiper les écoles de clim, par exemple ? On voyait dans le reportage à Saint-Castin, à 7h30 avec la nouvelle école, que malgré les températures extrêmes, on n'installe pas automatiquement des clims dans les nouveaux bâtiments. Est-ce que c'est quelque chose sur lequel il faut réfléchir ?
Alors oui, de toute façon, je crois que la réflexion est entamée. Le problème après, c'est que les moyens qui vont avec pour investir dans les bâtiments, la rénovation des bâtiments, c'est quelque chose qui fait défaut et que donc c'est sur un temps très long. La climatisation, je ne sais pas si c'est la solution systématique. Je ne suis pas technicienne. Je sais qu'il y a d'autres choses qui comptent énormément dans le fait de rafraîchir des bâtiments. On peut poser des espèces de ce qu'ils appellent des casquettes. Il y a la végétalisation, etc. Après, les personnes qui sont compétentes ont certainement des propositions à faire.
Mais ce qui est essentiel, je pense, c'est que la vie des enseignants soit prise en compte parce que parfois, des personnes qui ne sont pas usagères peuvent avoir des idées qui vont sur le papier être intéressantes, mais qui ne vont pas forcément être opérationnelles dans la vie, le fonctionnement quotidien d'une école.
Vous parliez de casquettes, aussi ces ombrières qui cachent du soleil. Il y a eu cinq écoles fermées dans le 64, celles de Tarbes fermées aussi l'après-midi. À Pau, le choix, c'était plutôt l'essai de hauts parents. On les amène ou on ne les amène pas. Beaucoup, apparemment, n'ont pas amené leur enfant à l'école, même le matin, d'après le maire et le directeur académique, qui leur ont un peu tapé sur les doigts. Est-ce qu'il y a eu beaucoup d'absents la semaine dernière, le matin notamment ?
Ça dépend vraiment des matins. En fait, dans les classes, au fur et à mesure des jours de la semaine qui passait, il faisait de plus en plus chaud parce que la chaleur s'accumulait dans les murs. Donc, il faisait déjà 30 à 8 heures du matin dans beaucoup de classes de Pau. Donc, c'est aussi, et on l'assume, à l'initiative des enseignants qui ont dit que si les parents le pouvaient, pouvaient garder leur enfant dans de bonnes conditions, il serait mieux à la maison qu'en classe parce que le directeur académique comme M. le maire n'en ont pas forcément pris la mesure. Mais ce n'est pas vrai. Les conditions d'apprentissage dans les classes n'étaient pas réunies parce qu'il faisait très chaud.
Il y a eu des solutions de repli qui ont été proposées, mais sans forcément avoir vérifié avant la faisabilité de ce repli. Quelle solution ? Alors, par exemple, il y a eu, pour mon école, c'était la Tour de la République qui était proposée comme repli. Pour d'autres, c'était le Parc des Expositions, le Palais Beaumont. Mais en fait, tout ça, c'est très bien sur le papier aussi. Mais il faut ensuite se préoccuper de savoir si les familles vont pouvoir récupérer leur enfant, si les enseignants vont pouvoir rentrer à l'heure de la fin de la classe. Ça n'a pas pu être fait au final ? Alors, pas forcément systématiquement. Il y a eu des difficultés.
Il y a certainement eu aussi des choses qui ont fonctionné, mais beaucoup de difficultés. Rien que pour la Tour de la République, en fait, on n'avait pas une salle par classe. Donc, on a dû se mettre à plusieurs classes par salle. Il n'y avait pas forcément assez de chaises, assez de tables. Les personnes n'étaient pas forcément prévenues qu'on arrivait, ou en tout cas, elles n'étaient pas forcément enchantées de cohabiter avec des enfants. Ça a généré des tensions. Donc, non, les conditions d'apprentissage n'étaient pas réunies. On était très contents de n'avoir que des demi-classes à gérer dans ces conditions-là.
Donc, vous n'avez pas forcément compris ce message, j'imagine, de M. le maire et de M. le directeur d'académie ?
Oui, pour nous, ça a été très violent, en fait, parce que, justement, les enseignants se sont donnés beaucoup de mal pour essayer de gérer sans consigne, que ce soit nationale ou locale. En fait, on nous dit qu'il faut s'adapter au local. C'est très bien, sauf qu'il faut quand même un cadrage aussi pour des situations types. Des enseignants qui se sentent mal, des enfants qui se sentent mal. Voilà, on a dû naviguer un peu à vue et forcément de recevoir derrière une espèce d'injonction, alors qu'on a fait tout ce qu'il fallait pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de malaise chez les enfants comme chez les adultes. C'était un peu violent.
Merci beaucoup Elsa Delinière, secrétaire dans le 64 du syndicat enseignant FSU et également enseignante à l'école Henri IV à Pau. Merci d'avoir été notre invitée ce matin. Merci.