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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 20 novembre 2024 9 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Grève SNCF : "Un très mauvais signal envoyé" à ceux qui utilisent le fret ferroviaire, selon l'Association française du rail

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53InvitéFait
    « La SNCF n'a pas d'autre choix aujourd'hui que de démanteler le fret. »
  • 1:42InvitéPromesse
    « Il faut doubler cette part modale du ferroviaire, du transport de marchandises par train. »
  • 6:27InvitéChiffre
    « On en a un énorme besoin. »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Présentateur31 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Locuteur

France Info

0:02
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. L'activité frette de la SNCF, c'est-à-dire le transport de marchandises, est sur le point d'être scindé en deux. C'est le compromis trouvé entre la Commission européenne et l'entreprise ferroviaire. Un des motifs du débrayage de 24 heures qui commence ce soir avec des perturbations limitées sur les grandes lignes et surtout de la grève illimitée à laquelle appellent 4 syndicats de cheminots à partir du 11 décembre. Les syndicats demandent un moratoire, ce à quoi se refuse le gouvernement. Bonsoir Solène Garcin-Berson. Bonsoir.

Vous êtes la directrice générale de l'AFRA, l'association française du rail, qui regroupe donc les opérateurs du rail, du français Transdev à l'italien, traîne italien en passant par DB Cargo, filiale de l'allemand Deutsche Bahn. Le gouvernement a-t-il raison ? La SNCF n'a pas d'autre choix aujourd'hui que de démanteler le fret.

0:53
Invité

Alors, ce que les auditeurs doivent déjà bien comprendre, c'est que le plan de discontinuité, qui peut être qualifié par certains de démantèlement ou de casse de fret SNCF, en réalité, c'est un plan qui vise à préserver, à sauver fret SNCF de la faillite si elle devait être condamnée à rembourser les 5,3 milliards d'euros d'aides illégales qu'elle a perçues.

1:19
Présentateur

Donc, de toute façon, la SNCF n'a pas d'autre choix.

1:21
Invité

Pas le choix. Et si la Commission européenne, justement, risque de la condamner à ce remboursement qui la mettra en faillite, c'est parce qu'elle poursuit un objectif de développer le rail. Et un objectif qui est celui de doubler la part des marchandises qui sont transportées par le rail. Et ça, c'est un impératif écologique. C'est nos objectifs climatiques, environnementaux qui l'imposent. Il faut doubler cette part modale du ferroviaire, du transport de marchandises par train. La question aujourd'hui, c'est comment y parvenir ? Comment y parvenir ?

1:57
Présentateur

En démantèlement fret SNCF.

1:59
Invité

Alors, en démantèlement, ça, c'est la solution qui a été envisagée pour justement donner de la rentabilité à un opérateur. Ce que je veux rappeler, et ce que je veux bien préciser ce soir, c'est que l'ouverture du marché du fret ferroviaire en France, elle s'est opérée à partir du milieu des années 2000. Et ça, ça a déjà commencé à permettre d'enrayer le déclin du fret ferroviaire qui, lui, avait débuté dès le milieu des années 70.

2:28
Présentateur

Donc, en gros, c'est le sens de l'histoire et c'est ce qui va permettre au fret de se développer et de devenir rentable. Donc, ce que vous dites aujourd'hui au syndicat de la SNCF, c'est que ce n'est pas le moment de se mettre en grève sur ce sujet.

2:41
Invité

Alors, sur le sujet des grèves, justement, moi, il ne m'appartient pas de commenter des mouvements qui sont des mouvements internes au groupe SNCF, dont les opérateurs que je représente ne font pas partie. Enfin, en tout cas, pour fret SNCF. Mais ça donne un mauvais signal. Alors, ça donne un très mauvais signal. En fait, il y a deux choses sur le sujet des grèves. Parce que je vous dis que les opérateurs alternatifs, eux, ils sont mobilisés pour assurer le service qui est dû à leurs clients. On va recevoir un sur l'ouverture. Voilà, non, mais ils ne sont pas en grève.

Ils sont quand même susceptibles d'en subir les conséquences et ça arrive très régulièrement, puisqu'en fait, ils dépendent du gestionnaire d'infrastructures SNCF Réseau. C'est l'aiguilleur du ciel du rail, si vous voulez. Et donc, qui assure la gestion opérationnelle des circulations. Donc, si SNCF Réseau, enfin, les agents de SNCF Réseau sont en grève, ça empêche les opérateurs alternatifs, qui ne le sont pas, de circuler. Donc, ce n'est pas bon pour l'ouverture à la concurrence. Ça, c'est la première chose.

Mais la deuxième, et qui est d'autant plus importante, et finalement à contresens, c'est que les clients, les entreprises qui ont des marchandises, qu'elles souhaitent faire transporter, si les agents, si les trains ne peuvent pas circuler, elles vont se reporter sur d'autres modes de transport,

3:56
Présentateur

et pas sur le rail, et notamment la route. Dans l'accord qui a été conclu avec la commission, il y a déjà eu l'abandon par la SNCF d'une vingtaine de flux de marchandises, 20% de son chiffre d'affaires à des concurrents, des opérateurs belges, allemands et français, vos adhérents. Donc, est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui que c'est une opération rentable pour les acheteurs ?

4:15
Invité

Alors, si vous voulez, avec ces flux qui ont été remis sur le marché, ce qu'il faut bien avoir en tête aussi, c'est qu'aucun de ces flux ne va repasser à la route. Et pourquoi ? Parce que justement, les opérateurs alternatifs, ils sont mobilisés pour les reprendre, ils y ont consacré des ressources, ils auraient pu consacrer à du développement, et donc ils vont reprendre l'ensemble de ces trafics et aucune marchandise ne va repasser à la route. Et ça, c'est une très bonne nouvelle.

4:41
Présentateur

Ça se passe bien, alors ça vient de, comment c'est ? Depuis le début de l'année 2024, donc que ces flux ont été cédés à des concurrents de la SNCF, pour l'instant, vous pouvez nous dire que ça se passe bien ?

4:53
Invité

Les flux sont repris, effectivement. Les opérateurs alternatifs ont pris leur responsabilité, justement. C'est un sens, justement, de l'intérêt général de ne surtout pas abandonner des flux qui sont abandonnés par fret SNCF dans cette opération.

5:11
Présentateur

Sachant que le frais de ferroviaire a diminué de 17% sur un an en 2023, selon l'autorité de régulation des transports. Vous pensez qu'avec la reprise de ces flux par des concurrents de la SNCF, la tendance va s'inverser à l'avenir ?

5:26
Invité

Vous évoquez l'année 2023, c'est une année, tout le monde s'en souvient, marquée par des grèves, des grèves autour de la réforme des retraites, une année noire pour le ferroviaire, alors que, justement, le ferroviaire commençait à regagner des parts de marché. Et c'est pour ça que j'insistais tout à l'heure sur le fait que, véritablement, ce que les clients demandent pour faire transporter leurs marchandises, c'est de la fiabilité. Et des grèves, c'est leur envoyer un très mauvais signal. Et si ceux qui, aujourd'hui, ont recours au ferroviaire, s'ils subissent une grève qui les empêche de réaliser, justement, de livrer, de faire livrer les marchandises, le lendemain, ils passent à la route.

Ils ne peuvent pas supporter de manque de fiabilité. Et en défi de tous les efforts qu'on peut faire pour offrir un bon service.

6:14
Présentateur

Et des efforts, y compris financiers, 4 milliards d'euros d'investissement public étaient dans les tuyaux à l'horizon 2032 pour le fret. Est-ce qu'ils sont toujours d'actualité, Solène Garcin-Berson ? Et est-ce que vous en avez besoin ?

6:25
Invité

Alors, est-ce qu'on en a besoin ? On en a un énorme besoin. Parce que, comme je l'indiquais, il ne suffit pas d'avoir des entreprises compétitives qui sont mobilisées pour assurer un bon service. elles dépendent du réseau sur lequel elles circulent.

6:40
Présentateur

Est-ce que vous avez l'assurance que ces 4 milliards d'euros d'investissement seront maintenus ?

6:44
Invité

Alors, on est mobilisés pour travailler sur le plan d'investissement, parce qu'il s'agit bien d'investissement, pour justement les obtenir. Le gouvernement a confirmé que ça restait la feuille de route. sur ces 4 milliards aujourd'hui, il y en a 2 milliards qui sont financés et on recherche 2 milliards complémentaires pour clore ces financements.

7:07
Présentateur

Alors, on a parlé du fret, parlons maintenant des voyageurs, beaucoup de nouveaux opérateurs. Trenitalia sur l'axe Paris-Lyon, la Reinfé entre Barcelone et Lyon, entre Madrid et Marseille, le train qui compte ouvrir des liaisons dans l'ouest de la France en 2027. Est-ce qu'il y aura d'autres opérateurs ?

7:28
Invité

Alors, le marché français qui s'ouvre, qui commence à s'ouvrir à la concurrence, il y a déjà des acteurs connus, parce que Trenitalia France circule déjà sur le Paris-Lyon, il a déjà su séduire de nombreux voyageurs et faire augmenter le nombre de voyageurs sur cette ligne, d'attirer des nouveaux clients. Avec des baisses de prix ? Avec des baisses de prix, effectivement, c'est un des effets dont on parle beaucoup, un des effets de la concurrence. Ce n'est pas le seul.

Si un des effets de la concurrence, c'est la baisse des prix, je crois que l'effet principal et l'effet qui est particulièrement important et qui permet justement de continuer à attirer des nouveaux voyageurs, c'est l'amélioration de la qualité de service d'une part et puis c'est surtout l'offre. C'est surtout l'offre. Et donc de nouveaux opérateurs à venir ? Tout à fait, de nouveaux opérateurs à venir. On n'en est qu'au début de l'ouverture à la concurrence avec déjà des beaux succès sur le terrain. Mais les ferroviaires, vous savez, c'est des temps longs. Ça met du temps à se mettre en place. C'est bien normal d'ailleurs.

On a déjà des premiers exemples et ça a effectivement vocation à continuer à grandir, à faire grossir l'ensemble du marché ferroviaire pour justement continuer à attirer de nouveaux voyageurs.

8:46
Présentateur

C'est que le début de l'ouverture à la concurrence pour le fret et pour les voyageurs. Merci beaucoup. Solène Garcin-Berson, directrice générale de l'AFRA, l'association française du rail. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.

8:58
Invité

Merci à vous.