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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 3 décembre 2024 8 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & famille

Motion de censure du gouvernement : "C'est un peu le bazar, on est un peu démunis", reconnaît la CFE-CGC

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous inspire la situation politique actuelle ?

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Le gouvernement Barnier qui risque de tomber, qu'est-ce que vous en pensez ?

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Et est-ce que cette instabilité politique est-ce qu'elle ne risque pas de nourrir également une instabilité sociale au moment où les plans sociaux se multiplient en France ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut tout de même continuer à se mobiliser ?

  • 4:35OuverteRéponse directe

    il y a des dossiers de fonds sur lesquels il faut continuer à se mobiliser, notamment pour les fonctionnaires.

  • 5:36OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en dites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24InvitéFait
    « C'est un peu le bazar, personne ne s'y reconnaît vraiment. »
  • 4:54InvitéFait
    « Les régimes sociaux, pour le coup, qu'on parle des régimes de base ou des régimes complémentaires, ils n'ont pas tellement de problèmes financiers. »
  • 5:25PrésentateurPromesse
    « les actifs vont payer plus d'impôts en cas de censure du gouvernement et en cas de loi spéciale, car le barème de l'impôt sur le revenu ne sera pas indexé sur l'inflation. »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Présentateur39 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous François Omryl.

0:06
Invité

Bonsoir.

0:07
Présentateur

Président de la CFE-CGC, syndicat des cadres. Qu'est-ce que vous inspire la situation politique actuelle ? Ces deux motions de censure déposées par le nouveau Front populaire et le Rassemblement national qui seront examinées demain. Le gouvernement Barnier qui risque de tomber, qu'est-ce que vous en pensez ?

0:24
Invité

Un peu comme tout le monde je pense, c'est un peu le bazar, personne ne s'y reconnaît vraiment. Vous savez nous on est un peu démunis, on est comme tous les Français, on observe ce qui se passe. Moi je suis concerné un peu plus particulièrement en tant que responsable syndical, donc la CFE-CGC, les techniciens, les agents de maîtrise et les cadres, en cela que les membres du gouvernement, pour certains en tout cas sont nos interlocuteurs, je ne vais pas dire au quotidien, mais quand même on les voit souvent, on travaille avec eux, ils ont des cabinets, ils ont des équipes.

0:52
Présentateur

La ministre du Travail notamment.

0:53
Invité

La ministre du Travail notamment, mais aussi on va peut-être en reparler avec le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, avec ses équipes, on a quand même des dossiers, certains sont brûlants, sont préoccupants, et nous on a besoin d'avoir des interlocuteurs. Nous on travaille avec ces gens-là, et quand eux-mêmes de leur côté, ils ne savent plus trop s'ils seront en poste le lendemain, j'imagine qu'ils ne s'engagent pas de la même façon.

1:16
Présentateur

Vous le sentez ça depuis le début de la semaine, François Ombril, qu'il y a une sorte de fébrilité au sein de l'équipe gouvernementale ?

1:21
Invité

Alors honnêtement non, pour le coup, sur les deux personnes qu'on a citées ensemble, ils sont dans leur dossier comme au premier jour, mais on n'est pas dupes, on sait très bien que si demain il apparaît que le Premier ministre ne le sera plus, eux-mêmes ils vont expédier les affaires courantes le temps qu'il faut, et donc d'autres équipes vont se reconstituer. Et ça prendra du temps. Ça prendra du temps, ils devront s'approprier les dossiers, on devra nous-mêmes apprendre à les connaître, ils devront apprendre à nous connaître. Tout ça, ça prend du temps et c'est du temps perdu. Dans la période actuelle, c'est embêtant.

1:51
Présentateur

Selon la numéro 1 de la CFDT Marie-Lise Léon, la censure du gouvernement ne serait pas une bonne nouvelle pour les salariés. Est-ce que vous êtes d'accord ?

1:59
Invité

Moi, j'ai coutume de ne pas trop juger de l'étiquette du gouvernement tel qu'il est. Par contre, une fois qu'il est nommé, une fois que les ministres sont en place, je ne me gêne pas pour les critiquer quand je ne partage pas les options qu'ils décident. en matière de politique publique. En l'occurrence, comme on vient de le dire finalement, effectivement, cette instabilité n'est pas une bonne chose pour les dossiers sur lesquels on travaille aujourd'hui.

2:21
Présentateur

Et est-ce que cette instabilité politique, est-ce qu'elle ne risque pas de nourrir également une instabilité sociale au moment où les plans sociaux se multiplient en France ?

2:31
Invité

C'est ça justement le problème, c'est qu'il y a quand même une instabilité économique extrêmement importante. Ça a une répercussion sociale très très forte. L'instabilité sociale est liée depuis très très longtemps, elle n'est pas d'aujourd'hui, elle est présente, un peu comme un fonds commun. Et aujourd'hui, il y a ces difficultés économiques de la fin de l'année 2024 et qui se présagent pour l'année 2025, qui sont très très préoccupantes. Vous avez cité les plans sociaux, on pourra revenir dans le détail. Et on a besoin pour cela...

2:57
Présentateur

Il y a Michelin, Auchan, il y a quand même des dossiers importants.

3:00
Invité

On a besoin pour ces sujets-là d'avoir cause commune en fait avec le gouvernement. Pourquoi ? Parce que les répercussions de ces plans sociaux, forcément, ils sont coûteux sur le plan humain, mais ils sont aussi coûteux sur le plan financier. Il faut que Pôle emploi, France Travail aujourd'hui, se mettent en ordre de marche. Ce sont des gens qui vont être pris en charge par la solidarité dans la société. Il y a des problématiques de restructuration. Enfin bref, tout ça finalement nous concerne ensemble. Et il faut qu'on agisse ensemble.

3:26
Présentateur

Alors, néanmoins, cet après-midi, vous l'avez sans doute vu, des retraités se sont rassemblés devant le métro Varennes à Paris pour protester contre la désindexation partielle de leur pension à partir du 1er janvier. Jeudi, ce sera au tour des fonctionnaires de se mobiliser. 65% de grévistes annoncés dans le 1er degré. La CFE-CGC appelle d'ailleurs à ce mobilisation, à la mobilisation. Sauf que toutes ces mesures, elles ont de bonnes chances de ne pas avoir lieu si le gouvernement Barnier est censuré. Est-ce qu'il faut tout de même continuer à se mobiliser ?

3:56
Invité

En l'occurrence, pour la date du 5, il faut conserver cette date. On verra bien ce qu'il en sera.

4:02
Présentateur

Sauf que les 1,2 milliard d'économies sur la fonction publique, ce n'est pas du tout sûr qu'ils seront réels.

4:07
Invité

Moi, je vais vous dire, il faut que la fonction publique soit mobilisée en permanence. Ça fait 30 ans, en fait, que ce sont les agents de la fonction publique qui payent une partie de la politique dispendieuse de l'État. Aujourd'hui, ils ont en moyenne perdu à peu près 30% de pouvoir d'achat par rapport aux salariés du privé. Ça, c'est réel. C'est facilement objectivable. S'agissant des enseignants, par exemple, aujourd'hui, ce sont pratiquement les plus mal payés des pays de l'OCDE. Ce n'est quand même pas normal.

4:31
Présentateur

Donc, censure ou pas censure, budget ou pas budget, il y a des dossiers de fonds sur lesquels il faut continuer à se mobiliser, notamment pour les fonctionnaires. Mais pour les retraités ?

4:40
Invité

Les retraités, c'est un peu pareil. Vous savez, on nous objecte la dette, le mur de la dette, le déficit, etc. Moi, j'observe que les régimes sociaux, pour le coup, qu'on parle des régimes de base ou des régimes complémentaires, ils n'ont pas tellement de problèmes financiers. Pourquoi ? Parce que c'est nous qui les gérons. Et donc, comme on les gère de façon extrêmement sérieuse, ce qui n'est pas le cas des deniers de l'État, aujourd'hui, il y a des réserves, par exemple, dans l'Algérie Carco. Et l'État veut nous les piquer. Donc, moi, je pense qu'il faut en permanence rester mobilisé, qu'on soit salarié ou qu'on soit retraité. Parce qu'en fait, c'est la même population.

Tout salarié sera un jour retraité.

5:14
Présentateur

Mais vous défendez les cadres, notamment, et donc les salariés. Or, les salariés seront les grands perdants de la situation actuelle, fait remarquer le ministre des Comptes Publics, Laurent Saint-Martin, car les actifs vont payer plus d'impôts en cas de censure du gouvernement et en cas de loi spéciale, car le barème de l'impôt sur le revenu ne sera pas indexé sur l'inflation. Qu'est-ce que vous en dites ?

5:36
Invité

Oui, effectivement, ça, c'est un problème. Oui, c'est un problème. Il va y avoir une trappe, une trappe dans laquelle on va faire basculer 50 000 nouveaux foyers fiscaux, là où, normalement, il ne devait pas être éligible à payer l'impôt sur le revenu. Et par ailleurs, pour ceux qui le payent aujourd'hui, eh bien, il n'y aura pas de valorisation du barème. Eh bien, écoutez, moi, je ne sais pas trop ce qui va en advenir.

5:55
Présentateur

Non, mais est-ce que, par exemple, comme Thomas Cazenave, député Renaissance, qui était sur France Info ce matin, vous appelez les députés à la responsabilité demain, lors de l'examen des deux mentions de censure, pour ne pas arriver à cette situation qui fera que demain, les salariés, les contribuables, paieront peut-être plus d'impôts, en tout cas pendant quelques mois ?

6:16
Invité

Vous savez, je vais vous dire, dans la période actuelle, appeler les députés, d'une manière générale, à la responsabilité, c'est comme un peu demander à un enfant gourmand de ne pas manger de bonbons. Ce n'est pas trop la tendance, actuellement. Et puis, je ne veux pas trop m'en mêler, en vérité. Moi, je suis assez bien informé pour parler des conséquences qu'aurait la démission du gouvernement. Mais par ailleurs, chaque député, lui, il a des responsabilités vis-à-vis du mandat qu'on lui a donné. Je ne vais pas trop lui donner de consignes particulières.

Sur certains sujets, nous, on le fait, on fait du lobbying près des députés quand il s'agit de défendre un amendement dans une proposition de loi.

6:53
Présentateur

Est-ce que demain, François Ombril, vous appelez à plus de stabilité, en tout cas à un maintien d'une certaine stabilité ? Ou est-ce que vous vous dites que vous vous adapterez, quelle que soit la situation, demain soir ?

7:05
Invité

Vous savez, on a, je crois, fait assez bien la preuve qu'on était capables, nous, les organisations syndicales, de nous adapter. Ce que je veux dire, c'est que si la situation politique était plus stable, effectivement, ce serait meilleur pour nous. Mais si c'est pour revenir à un gouvernement du type de celui de Gabriel Attal, rien ne peut être pire que le gouvernement Gabriel Attal dans ses options et dans la façon qu'il avait de considérer les organisations syndicales. Donc là, je suis toujours méfiant. On sait ce qu'on a, on ne sait jamais ce qu'on trouve.

7:31
Présentateur

Merci beaucoup François Ombril, président de la CFE-CGC, invité éco de France Info ce soir. Sous-titrage Société Radio-Canada