Sébastien Lecornu : la tentation de l'Elysée
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
7h 9h Europin 7h51 [musique] sur Europ on retrouve lesdito politique. Bonjour Carléus. Bonjour Alexis, bonjour à tous.
Journaliste au Figaro ce matin. Vous nous parlez de Sébastien Lecornu, le premier ministre qui a décidé de s'exprimer, de poser pour Paris Match une décision qui n'a rien d'anodin selon vous Carl. Et oui, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous journalistes politiques, ça veut dire beaucoup.
Accorder un long entretien, se laisser prendre en photo dans Paris match. Pour un homme politique en exercice, cela s'apparente à un acte politique. Vous savez que vous ne vous adressez pas seulement au lecteur habituel de l'heomadaire, mais que tout sera décortiqué, analysé, commenté par la classe politico-médiatique parce qu'il y verra un tournant ou un signe.
En l'occurrence, le signe que celui qui s'est présenté à son entrée à Matignon comme un moine soldat a décidé de changer de costume et de passer à une nouvelle étape. D'ailleurs, c'est amusant, mais il y a quelques semaines, un proche d'Emmanuel Macron me faisait remarquer justement que le Premier ministre avait réellement changé de costume. Il emporter depuis quelques semaines des mieux taillés pour lui, accompagné de cravates plus larges.
Un signe qu'il disait que Sébastien Lecnu avait désormais les yeux fixés sur l'Élysée. Vous pensez vraiment Carl que le Premier ministre a changé de costume parce qu'il pense désormais à la présidentielle 202. Mais Alexis changer de costume est tout sauf un Odin.
Al, c'est peut-être parce qu'il ain mais on peut aussi se dire qu'il a quelque chose en tête car il y a d'autres signes qui plaident dans ce sens. À l'Élysée, certains ont remarqué qu'il voyait moins souvent les hommes du président. Quand il était ministre de la défense, il les invitait souvent chez lui à l'hôtel de Brienne.
Visiblement, il à l'hôtel de Matignon, il a pris ses distances. Certains de ces interlocuteurs ont été également remarqué qu'il était moins catégorique dans son refus d'aborder le sujet. Et puis tout le monde se souvient de ses dénégations à vouloir rentrer à Matignon quand en réalité il s'y préparait activement avec ses proches.
Comme le dit un conseiller du président, le cornu est très bon élève du cardinal de Ret, le fameux cardinal qui proclamait "On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment". Autre signe politique plus sérieux peut-être, le contenu de l'entretien qu'il accorde à Paris Match. Il ne dit pas clairement "Je ne serai pas candidat en 2027".
Il dit juste "Je ne me mêle pas de l'élection présidentielle." La porte n'est donc pas fermée. Surtout que juste avant, il explique qu'il faut donner des perspectives pour l'avenir.
Or, c'est justement le rôle d'une campagne présidentielle. Et enfin, il constate que les Français ne voient pas encore se dessiner une réelle perspective avec les idées proposées par les candidats déjà déclarées. Dit autrement, le Premier ministre con constate que l'offre politique actuelle ne satisfait pas les Français.
Or, le sondage au Doxa pour le Figaro de vendredi dernier a montré que près de 60 % des sympathisants Renaissance et 38 % des Français estimait qu'il ferait un meilleur candidat que Gabriel Atal ou Édor Philippe. Ça ne lui a pas échappé. Enfin, dernier signe politique, on en a parlé hier, le vote de la loi sur l'urgence agricole cette semaine.
Faute de consensus, Sébastien Lecnus est tourné vers la droite et le Rassemblur national pour faire passer son texte plutôt que de négocier avec le Parti socialiste et les écologistes comme il l'avait fait sur son budget l'année dernière. Là encore, c'est tout sauf àodin. Sébastien Lecornu est un homme de droite qui sait qu'en 2027, c'est dans ce camp que se jouera la victoire.
Il n'est donc pas inutile de donner des gages dans cette direction. Après tout, on va pas reprocher au Premier ministre de faire de la politique. Il ne fait que suivre les traces de ses prédécesseurs.
Parce que tous ces prédécesseurs ont eu cette envie à un moment ou un autre, une envie de l'Élysée. Quasiment tous. Et on peut pas les blâmer, c'est humain.
Quand vous êtes à Matignon, pardonnez-moi l'expression, mais c'est vous qui vous tapez tout le sale boulot. À un moment, le premier ministre se dit "Je sais gérer l'État, je pourrais tout aussi bien le faire du palais de l'Élysée. Seuls deux 29 premier ministres depuis 1958 y sont arrivés, George Pompidou et Jacques Chirac".
La plupart se sont cassé les dents pour avoir oublié qu'on est nommé à Matignon quand on est élu à l'Élysée. Jacques Chabandelmas, Raymond Bar, Édard Baladur, Lionel Jospin ou François Fillon ont échoué aux portes du second tour. Michel Rocard, Laurent Fabus, Manuel Vals ou Alain Jupé n'ont jamais pu faire la campagne présidentielle dont il rêvait.
Le problème pour Sébastien Lecornus, c'est que pour pouvoir créer son chemin présidentiel, il devra passer l'obstacle du vote de la budget de la sécurité sociale, du projet de loi de finance, compter sur l'effondrement des candidats du bloc central déjà en Lis et leur abandon à son profit. Mais comme disait Lininine qui n'est peut-être pas son auteur favori, là où il y a une volonté, il y a un chemin. Exactement.
Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Merci beaucoup Carl. M.