Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 16 octobre 2025 8 minComplaisantMixteJusticeSolidarités & famille

Bruce Toussaint : son enquête sur le féminicide de sa cousine

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous avez enquêté sur un féminicide qui n'a pas eu l'écho qu'il aurait dû avoir.

  • 1:30RelanceRéponse directe

    Il avait acheté un couteau au Prisunic de Dieppe.

  • 2:30RelanceRéponse directe

    Le procès de l'assassin de Nathalie a été expédié en 6 heures.

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Cet homme est toujours en vie. Il a purgé sa peine. Vous avez hésité à le rencontrer, avant d'y renoncer. Pourquoi?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Dans votre livre, vous évoquez aussi d'autres affaires ultra médiatiques: Grégory, X.Dupont de Ligonnès, C.Jubillar...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30B.ToussaintFait
    « Il a brisé ce jouet qu'il ne pouvait plus détenir. »
  • 2:30B.ToussaintChiffre
    « Il ne reste plus que 12 ans à peine, avec toutes les remises de peine... »
  • 3:30B.ToussaintChiffre
    « En 1984, pour tout le pays, sur l'année entière, il y a 3000 plaintes seulement pour viol. »
  • 3:30B.ToussaintChiffre
    « Aujourd'hui, sur une année comme 2023, c'est près de 200 000, et on est encore sans doute loin de la réalité précise du nombre de faits. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ce sont des milieux de la tradition. Il n'y a qu'une seule population en France où il y a encore une majorité absolue de gens hostiles à l'arrivée d'un homosexuel à la présidence, ce sont les Français musulmans. C'est une question de culture qu'il y a derrière et de traditions culturelles. - A.-E.Lemoine: Au terme de 4 semaines de procès, l'avocat général a requis 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de C.Jubillar, accusé du meurtre de sa femme, Delphine.

Un meurtre présenté par les parties civiles comme le paroxysme du féminicide. Non seulement l'accusé aurait tué sa femme, mais il l'aurait fait disparaître, peut-être à jamais. ... - A.-E.Lemoine: Bonsoir, B.Toussaint.

Merci de votre présence. Vous avez enquêté sur un féminicide qui n'a pas eu l'écho qu'il aurait dû avoir. L'assassinat de votre cousine, Nathalie, 14 ans lorsqu'elle est retrouvée dans une mare de sang dans la cour d'école de son village près de Dieppe, le corps criblé de 10 coups de couteau, victime d'un assassinat, un meurtre avec préméditation.

Ce fait divers, à l'époque, est relaté par les informations locales avec ce titre: "Dépit amoureux d'un être faible. Il tue la jeune fille qu'il avait cru pouvoir aimer." Ce titre-là est symptomatique d'une époque que vous avez voulu décrypter, relater. - B.Toussaint: Une époque où on parle de "crime passionnel".

Ca a été le cas pendant des décennies. Une époque où la société ne connaît pas ce mot de "féminicide". Il n'existe pas.

Elle a du mal à comprendre qu'un homme tue une femme parce qu'elle est une femme. En l'occurrence, c'est une très jeune femme, 14 ans. Elle se refuse à ce garçon, qui a 29 ans, qui ne va pas comprendre, ne pas accepter, et qui va se livrer à un harcèlement.

Tout ça se passe en quelques jours. Il va finir par commettre l'irréparable avec préméditation. C'est la raison pour laquelle on parle d'assassinat. - A.-E.Lemoine: Il avait acheté un couteau au Prisunic de Dieppe. - B.Toussaint: Il prépare son coup.

Il n'y a aucun mécanisme psychologique qui se met en place pour l'empêcher de commettre l'acte. Il considère qu'il est dans son droit. Au procès, qui aura lieu 3 ans plus tard, l'avocat général dira: "Il a brisé ce jouet qu'il ne pouvait plus détenir." - A.-E.Lemoine: Il a reconnu les faits, tout assumé.

Il a même lancé au père de sa victime, le lendemain de son assassinat: "Ta fille, je l'ai dézinguée." Au fond, il estimait qu'il en avait le droit. - B.Toussaint: C'est terrible.

Il y a quelque chose, chez ce jeune homme, d'effrayant. L'acte en lui-même est horrible, 10 coups de couteau. Au fond, il revendique son crime. "Ta fille, je l'ai dézinguée"...

Cette phrase, pour ce père qui cherche sa fille dans tout le village depuis 24 heures...

Il ne comprend pas de quoi il s'agit. On va finir par découvrir le corps. Tout ça dans une espèce de climat très particulier, qui est le climat de l'époque.

Je ne vais pas dénoncer ce climat. Au fond, j'avais 11 ans à l'époque...

Je me souviens de ce que m'ont raconté mes parents, mes grands-parents. Tout le monde est responsable. C'est une société qui jugeait différemment, à l'époque.

Le temps a fait son oeuvre. - A.-E.Lemoine: Le procès de l'assassin de Nathalie a été expédié en 6 heures.

Le verdict: 15 ans de réclusion. "15 ans, seulement", ajoutez-vous, et des circonstances atténuantes. - B.Toussaint: La famille est scandalisée.

Il y a eu déjà 3 ans de préventif...

Ils font le calcul au moment du verdict. Il ne reste plus que 12 ans à peine, avec toutes les remises de peine...

C'est un verdict vécu comme une agression. Ce procès, qui ne dure que quelques heures...

Celui de J.Daval a duré 6 ou 7 jours, 40 ans plus tard. Il montre que la justice a fait son travail...

Je ne suis pas là pour remettre en cause ce travail, mais de façon un peu expéditive... - A.-E.Lemoine: "Affaire suivante".

L'avocat de la défense évoque une jeune fille "qui fait plus que son âge, qui était consentante et semblait vivre une relation normale avec un homme qui avait le double de son âge". - B.Toussaint: L'histoire racontée à ce moment-là, par la famille de la victime, du meurtrier, pardonnez-moi...

C'est une histoire normale et banale. Non, il n'y a pas d'histoire banale entre une enfant de 14 ans et un garçon de 29 ans. On peut imaginer un flirt, éventuellement, une relation de proximité pendant quelques jours.

Pas davantage. - A.-E.Lemoine: Ca n'a aucun sens. - A.-E.Lemoine: Nathalie, quelques jours avant sa mort, avait confié à une amie qu'elle avait été violée.

Ca a refermé le piège du féminicide. - B.Toussaint: Ca symbolise cette affaire parmi tant d'autres oubliées aujourd'hui...

Quelques jours avant, le meurtrier la viole et il ne se passe rien. Il n'y a pas de plainte. On ne va pas au commissariat ni à la gendarmerie.

En 1984, pour tout le pays, sur l'année entière, il y a 3000 plaintes seulement pour viol. Aujourd'hui, sur une année comme 2023, c'est près de 200 000, et on est encore sans doute loin de la réalité précise du nombre de faits. Tous les signaux, toutes les alertes sont là et il ne se passe rien.

Cette adolescente va être assassinée d'une façon effroyable. - A.-E.Lemoine: Cet homme est toujours en vie.

Il a purgé sa peine. Vous avez hésité à le rencontrer, avant d'y renoncer. Pourquoi? - B.Toussaint: Ca a été l'interrogation...

C'est le journaliste ou le membre de la famille qui devait prendre cette décision. Le journaliste avait très envie de le faire. J'ai parlé à certains de ses proches.

Le membre de la famille a fini par y renoncer. La maman de Nathalie, qui a aujourd'hui 75 ans, continue de pleurer tous les soirs dans son lit. Je ne me voyais pas lui dire: "J'ai parlé à l'assassin de ta fille." Pour une raison très personnelle, j'ai renoncé à cela. - E.Tran Nguyen: Dans votre livre, vous évoquez aussi d'autres affaires ultra médiatiques: Grégory, X.Dupont de Ligonnès, C.Jubillar...

Comme beaucoup de Français, vous avez une passion pour les faits divers, mais aussi pour cette émission culte, "Faites entrer l'accusé". C'est juste une photo, pardon. J'attendais de le voir avec son manteau en cuir.

Paraît-il, vous avez postulé pour présenter l'émission. Vous n'avez pas été retenu. C'était votre rêve. - B.Toussaint: J'aurais adoré.

Il y a 3 ans, le présentateur a quitté l'émission. Il fallait un remplaçant. On m'a dit que ce serait bien que je fasse des essais, ce que j'ai fait de bonne grâce, pensant que mon immense talent suffirait.

Je n'ai pas été pris. Rires. On a pris C.Delay, un très bon journaliste qui fait ça admirablement.