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AutreSud Radio — L'invité politique (sur Site radio)· 21 mai 2026 15 minAutoproduitMixte

L'invité politique Sud Radio - Avec Jean-François Loiseau, président de l'ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires)

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0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Jean-François Aquili, votre invité ce matin sur Sud Radio, c'est Jean-François Loiseau. C'est le président de l'Association Nationale des Industries Alimentaires, l'Agnat.

0:16
Invité

Bonjour Jean-François Loiseau. Bonjour. Et bienvenue. Les Français traversent une crise sans précédent, des prix des carburants qui explosent à la pompe, une inflation au-dessus de deux points, un pouvoir d'achat qui se réduit, on va le dire, comme une peau de chagrin, vous avez décidé de prendre la parole ce matin sur Sud Radio, vous le patron de l'Agnat. L'Agnat, l'industrie agroalimentaire, c'est un secteur gigantesque en France, nous sommes d'accord.

0:41
Invité politique

L'industrie agroalimentaire, ce sont 23 000 entreprises, de petite taille, de taille intermédiaire et de grande taille. 98% ce sont ce qu'on appelle des PME réparties sur tout le territoire, dans tous les départements.

0:54
Invité

Et vous êtes le premier employeur industriel de France. Il y a un demi-million de salariés. Jean-François Loiseau, au passage, qu'est-ce que vous attendez ce matin des annonces sur les carburants du Premier ministre Sébastien Lecornu ?

1:07
Invité politique

Le problème du carburant, c'est que c'est un moyen absolument obligatoire pour pouvoir fonctionner tous les jours, que ce soit pour le travail, le tourisme. Les taxes sont beaucoup trop élevées. Les taxes sur le carburant, nous le savons. Mais le sujet, au-delà de la guerre au Moyen-Orient, ce sont les prélèvements sans fin du gouvernement de l'État, d'une manière générale, d'ailleurs sur les entreprises, sur les Français, au travers des carburants ou toute autre taxe qui existe. Donc c'est une machine infernale qui est absolument inébranlable en France, mais qu'il faut arrêter. Il faut arrêter ça.

1:40
Invité

Il faut moins de taxes sur les carburants, il faut des aides plus généreuses.

1:45
Invité politique

Non mais le problème de l'aide, c'est que l'aide, il faut bien la financer. Le problème, c'est que l'État dépense beaucoup trop d'argent, dépense l'argent qu'il n'a pas. L'État ne fait pas les efforts suffisants. Les administrations sont trop nombreuses, que ce soit à Paris ou dans tous les départements. L'emploi est menacé en France et pour autant, nous avons énormément, je dirais, d'emplois administratifs qui de toute façon seront en risque demain parce que l'intelligence artificielle, l'automatisation feront que nous devons prendre. Et l'État et d'ailleurs les futurs candidats à l'élection présidentielle doivent réfléchir plutôt à ce genre de décision à prendre.

2:19
Invité

Jean-François Loiseau, la question que chacun se pose ce matin, c'est qui fait monter les prix ? Voici ce que dit de vous Alexandre Bompard dans une interview aux Parisiens aujourd'hui en France ce matin. Le patron de Carrefour pointe, je le cite, le lobby des industriels. C'est vous, dont le seul objectif est d'accroître leur marge au détriment des agriculteurs et du pouvoir d'achat des Français. Que lui répondez-vous ?

2:42
Invité politique

Écoutez, moi j'ai beaucoup de respect pour M. Bompard et je dirais pour les grands patrons de la grande distribution. Ils ont fait un travail assez important. Ce sont de très très grandes entreprises, il ne faut pas l'oublier. Leclerc, c'est 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires. C'est 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires et tant mieux pour lui. Mais là, le vrai sujet, c'est que vous avez aujourd'hui en France à peu près 400 000 agriculteurs qui restent, 20 000 à 22 000 entreprises que je représente et 3 à 4 centrales, bientôt 3 centrales. Donc cette concentration, elle est aujourd'hui extrêmement négative et elle est néfaste au bon équilibre de la répartition de la valeur.

Nous, ce que nous souhaitons, ce sont des prix justes, pas des prix exagérément élevés. Mais compte tenu des discussions commerciales que nous avons eues, d'ailleurs c'est assez simple, nous avions demandé à l'occasion de ce qu'on appelle les négociations commerciales qui ont eu lieu entre le début du mois de décembre et la fin du mois de février, l'espèce de round classique annuel, 3,2 à 3,5% d'augmentation. Parce que nous l'avons dit tout à l'heure, les taxes, les salaires, les assurances, des risques industriels, etc. Tout à fait normal. Nous avons eu 0,05%. 0. 0. Donc on ne vient de pas dire que ce sont les industries.

Et là, je ne parle pas que des grands groupes, je parle des PME, des petites boîtes qu'il y a dans tout le pays. Donc ce n'est pas l'industrie agroalimentaire qui fait monter les prix ? Mais bien sûr que non, ça se saurait. Et d'ailleurs, c'est l'étude de la Banque de France qui le dit très bien. Donc chiffre officiel, 3,2 à 3,5% de demandes, 0. avec malgré tout une inflation en 2025 qui était à peu près de 1%.

4:21
Invité

Donc si ce n'est pas vous le profiteur de guerre, passez-moi l'expression, Jean-François Lajo, qui profite ? C'est la grande distribution à vos yeux ?

4:30
Invité politique

La grande distribution, je ne vais pas la défendre, mais elle ne fait pas des marges élevées. Mais in fine, c'est elle quand même qui fixe les prix dans les rayons. Donc une fois que les négoces sont terminées, à la fin du mois de février, la grande distribution a tout loisir de pratiquer les prix qu'elle veut dans les rayons toute l'année.

4:47
Invité

Il a tort de vous accuser ce matin, Alexandre Bompard, lui qui aussi dénonce une forme de lobby de l'industrie agroalimentaire qui pèserait sur le législatif, dit-il.

4:59
Invité politique

Écoutez, non mais je dirais que c'est l'hôpital qui se moque de la charité, parce que du lobbying, il faut être honnête, nous en faisons tous, plus ou moins, tout le monde. Je dirais que le lobbying, c'est le sport national en France. Mais derrière le mot lobbying, ce qui coûte, c'est de défendre des intérêts justes et une cause juste. Moi, je défends la cause de 23 000 petites, moyennes et grandes entreprises implantées sur tout le territoire.

Vous savez, dans certains départements, la seule entreprise, les seules entreprises qui restent, qui existent encore aujourd'hui, ce sont les entreprises alimentaires, parce qu'elles transforment les produits agricoles en produits, je dirais, pour l'alimentation. Donc, beaucoup de départements pauvres, moyens ou en tout cas très lointains.

5:42
Invité

Au final, quand on se reprend d'une pomme de terre, par exemple, puisque vous parlez de ça, ce circuit-là, une pomme de terre qui va finir dans un paquet de chips, dans une grande surface, de la grande distribution. Au final, que touche l'agriculteur ? Que touche le transformateur ? Que touche le distributeur ?

5:58
Invité politique

Alors, la question, elle est très précise et je n'ai pas les pourcentages. Ce que nous, nous pouvons vous dire de façon très officielle, c'est qu'il y a eu, à la suite des états généraux, ce que l'on appelle les fameuses lois égalimes. Et Dieu sait si on en parle et on en reparle sans arrêt. Les lois égalimes, elles ont quelques principes, je dirais, inébranlables, en théorie. Le premier de ces principes, c'est la protection de ce que l'on appelle la matière première agricole. C'est-à-dire protéger les agriculteurs. Donc protéger les agris et c'est normal.

Le médiateur public, qui est, je dirais, à la demande du gouvernement, qui est chargé de contrôler les prix, de contrôler les relations commerciales, de contrôler le dispositif, il le dit lui-même. La matière première agricole, et d'ailleurs c'est bien ce que révèle la commission d'enquête, la matière première agricole n'est pas respectée par la grande distribution. Donc la variable d'ajustement, ce sont les entreprises. Et je parle encore une fois de toutes les entreprises. J'encore en tête... Donc dans cette négociation annuelle, vous êtes un peu les victimes. Mais nous sommes la variable d'ajustement. Vous êtes la variable d'ajustement. Et il faut protéger l'agriculteur.

7:05
Invité

Vous parlez de la commission d'enquête. Il se trouve que c'est une commission d'enquête sénatoriale qui rend ses conclusions ce matin. Enfin, elle les rend officiellement, elle les officialise aujourd'hui, sur les marges des industriels, de la grande distribution. Qu'est-ce que vous attendez de ces conclusions ?

7:20
Invité politique

Une forme de vérité ? Mais d'ailleurs, ces conclusions révèlent une forme de vérité. Nous nous y attendions. C'est-à-dire ? Qu'est-ce qu'elle dit la commission ? La commission d'enquête, elle était tournée vers la grande distribution et les industriels pour voir comment étaient répartis les marges. Et qui tirerait un peu sur la ficelle. Le verdict est sans appel. Et moi, je suis sûr et certain que la grande distribution, à coup de lobbying et peut-être de passage radio ou télévision, ils en ont les moyens, va expliquer, va essayer de se défendre pour dire tout le contraire. Mais les faits sont là. Les faits sont là. Le rapport de force, de toute façon, il est inéductable.

Et c'est la grande distribution. Et on ne va pas taper sur la grande distribution. Nous en avons besoin. Deux tiers des produits agroalimentaires passent par la grande distribution. Mais vous voulez rétablir une vérité ce matin. Ce qu'il faut, c'est un certain équilibre. Ça se passe dans les autres pays d'Europe.

8:11
Invité

Elle contourne la loi, la grande distribution. Il y a la loi Egalim. Parce qu'il y a désormais, elle se fournit dans des grandes centrales d'achat européennes.

8:20
Invité politique

Alors ça, c'est un biais qui a été mis en place. Parce qu'il y a des avocats, il y a des juristes. Et beaucoup d'enseignes, enfin les enseignes françaises, contournent une partie de la loi en allant demander et en exigeant aux entreprises d'aller négocier. Je vais prendre un exemple. Vous parliez de la pomme de terre. Pomme de terre. Les produits d'étier. Cultiver en France. Réglementation française. Massé salariale française. Usine en France. Investissement en France. Et je dirais même distribution en France. puisque c'est le consommateur français qui va l'acheter pour le manger. Eh bien, la négo commerciale se déroule aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, en Suisse ou ailleurs.

Et ça, vous dites ce matin, il faut que ça cesse ? Mais c'est scandaleux. Il faut arrêter cette pratique. Elle est totalement déloyale. Et d'ailleurs, la grande distribution a augmenté, je dirais un peu, la panoplie des pratiques déloyales. En pratiquant ce que l'on appelle, excusez-moi, c'est un peu technique, du déréférencement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, je dis à un industriel, je dis à mon petit entrepreneur de charcuterie ou celui qui fabrique des yaourts en Bretagne, eh bien, je vais arrêter de te commander des produits, je vais te déréférencier, je vais enlever tes produits de ma gamme. C'est un levier de menace dans une négociation. C'est un fort levier. C'est même scandaleux.

Parce qu'au bout, vous avez des emplois. Et là, vous êtes obligé d'obtempérer quand il y a ces menaces de déréférencement ? Il y a quand même un commerce qui est assez libre. Il y a des outils juridiques qui doivent nous protéger, mais pas assez. Nous, ce que nous demandons, c'est que l'État fasse son travail. L'État doit faire son travail. Il fait voter des lois, les fameuses lois et galimes, eh bien, qu'il contrôle si la grande distribution... Et c'est ce que révèle très bien, d'ailleurs, cette commission d'enquête. C'est que la grande distribution n'a pas fait correctement son travail. Alors moi, je vais la défendre indirectement, deux secondes.

On lui a demandé, il y a 15 ans, de jubiler l'inflation. Je ne sais pas si vous vous souvenez, il y avait la fameuse loi de modernisation de l'économie, la LME, on l'a appelée autrement, pour certains petits plaisantins. Mais ça a donné tout pouvoir à la grande distribution pour s'occuper du pouvoir d'achat, soi-disant. Mais la partie alimentaire, aujourd'hui, dans le panier du consommateur, c'est 12%. Ce n'est pas 25 ou 30%. Il y a d'autres choses qu'on pourrait aussi juguler et resserrer. Laissons quand même l'agriculture et l'alimentaire vivre d'une économie juste.

10:36
Invité

Et Jean-François Loiseau, quand vous voyez Thierry Cotillard, le patron des Bousquetaires, on citait Alexandre Bompard ce matin, mais éminemment Michel-Edouard Leclerc, qui est à la tête de notre enquête sur les personnalités Sud Radio, IFOP, Fiducial, pour Sud Radio et Paris Match, il vous agace, ces grands patrons-là, parce qu'ils communiquent bien, en fait. Ils communiquent très très bien. Ils font passer le message que, eh bien, eux, ils sont là pour protéger les agriculteurs et c'est vous, l'industrie agroalimentaire, c'est vous qui faites exploser les prix. Ce message passe, quand même.

11:08
Invité politique

Il y a eu des négociations internationales, ce qu'on appelle les négo Mercosur, les négociations à l'ENA, le Traitech, le Canada, l'Australie. Tout ça, ça mène quoi ? Ça mène en fait que l'Europe importe de plus en plus de produits agricoles et la France aussi, particulièrement. On a importé en France 15 milliards de produits agroalimentaires. Donc, nous avons un vrai problème industriel de répartition et surtout de création de valeur. Donc, ces grands patrons, moi, je les respecte parce qu'ils ont réussi, ils ont fait, je dirais, des parcours formidables. Michel-Édouard Leclerc, c'est une saga magnifique.

Mais force est de constater, force est de constater, qu'ils représentent aujourd'hui, dans ce goulot d'étranglement, une menace pour l'économie réelle sur le territoire. Il ne faut pas oublier que derrière toutes nos entreprises, quelle que soit la taille, il y a des emplois. Que va-t-on faire de l'emploi demain ? De l'emploi dans ces usines ? Une menace. Avec des gens qui travaillent dès 5h du matin. Une menace, vous dites ce matin.

12:02
Invité

Il faut que peut-être le gouvernement, il ne reste qu'un an, intervienne et rétablisse ces deux lois égalimes qui, au fond, sont un peu dans l'impasse. On peut le dire, Jean-François Loiseau.

12:13
Invité politique

Une particularité française, d'ailleurs, qu'aucun pays européen ne souhaite, et alors je ne vous parle même pas des autres pays du monde, ce sont nos lois sans cesse françaises. Sans arrêt des lois sur des lois. On n'a même pas appliqué encore le égalime 3. Il n'est même pas appliqué correctement qu'il va falloir se pencher sur un égalime 4. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on redonne du pouvoir d'achat aux consommateurs. C'est-à-dire qu'entre un salaire brut et un salaire net, il y a une différence, et ça c'est l'État, ce sont les charges. Qu'on diminue les charges des salariés, ils pourront aller dans les magasins alimentaires bien plus facilement.

12:43
Invité

Toute dernière question, Jean-François Loiseau, vous l'évoquiez à l'instant, cette mauvaise nouvelle, celle d'une balance commerciale agricole et agroalimentaire négative en 2025. Vous incarnez le fleuron français de l'agroalimentaire, et aujourd'hui, c'est déficitaire.

13:00
Invité politique

Nous avons un très gros bateau qui est magnifique, mais il y a des trous dans la coque. Mais ça, nous le savons depuis longtemps. Ça fait longtemps que nous dérivons sur une petite piste bleue, et quand vous pensez qu'aujourd'hui, alors que nous étions jusqu'à 10, 12 milliards d'exportations de produits agricoles et agroalimentaires, nous sommes à l'équilibre, voire même à l'importateur. Dans quelques mois, fin octobre, 10 novembre, il y aura le plus grand salon international de l'agroalimentaire. Ça s'appelle le Cial, ça lui a huile peinte. Je fais de la pub.

Eh bien, pour la deuxième séance consécutive, deuxième salon consécutif, les entreprises italiennes seront plus nombreuses que les entreprises françaises. C'est scandaleux. Nous ne bougeons pas assez. La France, vous l'avez dit, c'était le fleuron de l'agroalimentaire. Nous étions le troisième pays exportateur de produits agroalimentaires. En 20 ans, nous glissons à la 7e place. Mais il faut prendre des décisions radicales de simplification, de baisse des coûts, d'allègement des charges pour redonner de la compétitivité aux entreprises. Elles ne demandent que cela. Laissons-les tranquilles de la compétitivité. Et rétablir l'équilibre, ce que vous dites ce matin,

14:00
Invité

Jean-François Lazeau, avec la grande distribution. Merci à vous. Merci.

14:04
Présentateur

Merci Jean-François Lazeau, président de l'Association nationale des industries alimentaires. C'est vrai que c'est assez... Ça interpelle en tout cas. Évidemment, quand en France, dans un grand salon de l'alimentation, ce ne sont plus des entreprises françaises qui dominent, mais des entreprises italiennes. Évidemment, on mange très bien en Italie. On aime l'Italie. On aime l'Italie, évidemment. Il y a de bons produits aussi. Très bons produits. Mais quand même, la France, c'était un peu l'un des greniers de l'Europe, voire du monde, même évidemment, avec le savoir-faire. Pourquoi ? J'aimerais que vous réagissiez en fait à ça. Notamment si vous êtes dans le secteur agricole.

Comment vous voyez les choses vous-même ? Alors, ce que disait Jean-François Lazeau, c'est intéressant. Pour les entreprises, évidemment, ce que l'on demande, c'est une baisse des charges, bien sûr. Mais alors, comment faire, évidemment, baisser les charges, alors qu'on est dans une situation assez peu complexe, bien sûr. Mais tout le monde le dit, mais personne ne le fait, évidemment, sur cette baisse des charges. Là aussi, j'aimerais vous entendre. De même que parmi les questions du jour que nous allons aborder, 0826 300 300, est-ce que vous comprenez les maires qui appellent Patrick Bruel à suspendre sa tournée ?

Là aussi, évidemment, nous en parlons sur YouTube, sur X et l'ensemble des réseaux sociaux, et vous pouvez réagir.