Philippe Juvin - "Budget : je ne suis pas défavorable aux ordonnances"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Sud Radio, l'invité politique Jean-François Achili et Jean-François Achili, votre invité politique [musique] ce matin, c'est Philippe Juvin, le député des Haces qui est rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale et puis par ailleurs chef des urgences de l'hôpital Pompilou. On évoquera peut-être les questions médicales aussi. Bonjour Philippe Juvain.
Bonjour. Il y aura un budget en janvier, annonce la porte-parole Ma Brégon. Vous confirmez, c'est pour bientôt.
Est-ce qu'il y a une date ? Moi, je ne sais pas lire dans l'avenir. J'espère qu'il y aura un budget en janvier.
En tout cas, le gouvernement a tous les moyens constitutionnels à sa disposition pour qu'il y ait un budget en janvier. Il y a trois possibilités. Soit on lance le débat budgétaire selon la procédure habituelle, la commission puis le débat en hmicycle.
Soit le 493, soit les ordonnances. Donc oui, il y a tous les moyens d'avoir un budget en janvier. Le 493, c'est ce qui se profile ?
C'est ce que vous souhaitez vous-même. Moi, depuis le début du mois d'octobre, c'est le début de la discussion budgétaire, j'ai dit que c'était dommage que le gouvernement se prive d'emblé d'une des armes que la Constitution mette à sa disposition. Donc depuis le mois d'octobre, je suis favorable à ce que on puisse utiliser tout, y compris le 493.
Mais il y a aussi les socialistes, ils sont favorables. Je vous je te sensure pas, je fais le 493 mais tu me donnes deux trois textes et c'est bon. Alors d'abord le budget c'est pas une discussion de marchand de tapis un peu ça depuis le dé et moi je le regrette quand ça devient ça.
Les socialistes ont obtenu déjà je vous rappelle la suspension de la réforme des retraites. Donc la priorité c'est quoi ? C'est un d'avoir un budget dans l'ordre hein.
Première priorité avoir un budget. Deuxième priorité baisser l'endettement. On est à 5,3 % de déficit par rapport au PIB euh sur le texte voté au Sénat puisqu'on parle du texte voté au Sénat, je vous le rappelle.
Et et deuxièmement, il faut baisser la dépense publique. Les socialistes veulent augmenter la dépense publique. Donc un 493 avec une augmentation de la dépense publique et des impôts, ça c'est pas possible.
En revanche, les ordonnances, c'est un peu technique, mais quand même c'est ce qui permettrait de déverrouiller cette affaire qui dure depuis des mois. Les Français n'en peuvent plus, hein. Vous êtes d'accord ?
Fran pour que les Français comprennent, les ordonnances, c'est un outil qui n'a jamais été utilisé pour adopter un budget, mais qui existe et qui consiste en une chose extrêmement simple. Le gouvernement arrive un matin et dit voilà euh les ordonnances font que nous utilisons le budget les ordonnances pour faire adopter le budget. C'estàd que la France a un budget et c'est le texte du projet de loi initial.
C'est ça qui est le budget. Point final. Ça c'est Philippe Juvin qui en parle ou c'est quelque chose qui se qui s'échange qui se dit je crois que aujourd'hui tout le monde cherche une solution.
Ça fait partie des solutions. Moi je n'y suis pas défavorable. Évidemment en fait ça a un avantage et deux inconvénients les ordonnances.
L'avantage c'est vous avez un budget, là c'est fait, point final alors qu'avec le 493, vous pouvez ne pas avoir de budget s'il y a une motion de censure. Les deux des avantage, c'est que le texte qui est qui devient le budget, c'est le texte initial qui comporte bien des défauts. Donc ça c'est le la première difficulté.
Et la deuxième difficulté, mais après tout à mon avis, ce n'en est pas vraiment une. Il y a un risque évidemment de censure derrière parce que un certain nombre de gens à l'Assemblée diront bah au fond l'Assemblée ne servit à rien puisque les ordonnances sont adoptées sans accord de l'Assemblée. Nous nous sanctionnons le gouvernement.
Mais la la priorité, est-ce que c'est d'avoir un gouvernement ou d'avoir un budget ? Moi, je crois que dans l'ordre, c'est d'avoir un budget. D'avoir un budget.
Les uns et les autres sont reçus à Beri. Quand je dis les uns et les autres, ce sont les responsables de de groupe, sauf Rassemblement national, sauf France insoumise, sauf l'UDR. Vous avez quand même 210 députés représentés qui ne sont pas à la réunion d'aujourd'hui.
Est-ce que c'est la bonne méthode de Philippe Juvin ? Ah moi je parle parce qu'on recommence là les mêmes histoires. Je parle avec tout le monde.
Je pense qu'il faut parler avec tout le monde. Maintenant il est vrai qu'il y a un certain nombre de forces politiques qui d'emblé expliquent qui ne voteront pas le budget. Par exemple mon collègue Éric Cockrel qui est le président de la commission des finances qui est LFI a expliqué que jamais il voterait le budget.
Donc à partir de là on peut comprendre la décision du gouvernement de pas l'inviter. D'accord. Alors euh il y a un compromis qui se dessine, c'est un mot qui dure depuis des mois lui aussi.
Euh l'un IS, une surtaxe de l'impôt sur les sociétés des 300, elles sont 300 à peu près, 300 400 plus grandes entreprises. Ouais, c'est réel. Hausse d'impôt.
Alors, l'année dernière, ce que pour que les gens comprennent, vous savez que les entreprises payent une un impôt sur les sociétés, une IS. L'IS. Ouais.
Le gouvernement Barni avait dit, on va faire une surtaxe IS qui était de 8 milliards l'année dernière, ce qui a été voté. et Barnier avait dit ça sera 4 milliards en 2026 puis 0 en 2027. Le gouvernement Berou a repris les 8 milliards et a dit ça sera zéro en 2026.
Et le gouvernement, le cornu fait la proposition de reprendre la proposition Barnier en disant on va mettre une surtaxe sur les grandes entreprises plus de 7 750 millions de chiffres d'affaires. Donc c'est très gros très grosse boîte de 4 milliards. Mais en séance, le gouvernement a lui-même amendé son amendement en passant de 4 à 6,6 milliards.
Moi, je crois si vous voulez que les entreprises en France comme les Français ailleurs payent beaucoup d'impôts et le moins d'impôts sur les sociétés sera le bienvenu. Donc la solution, elle n'est pas d'augmenter les impôts parce que c'est la solution de facilité, monsieur Akili. La solution, c'est de baisser les dépenses.
Moi, j'ai fait une proposition, j'ai fait une proposition de baisse de la dépense et cette copie, elle est sur le bureau de Beril, elle est sur le bureau de Matignon, elle est sur le bureau de tous mes collègues. On peut baisser la dépense publique. Et pourquoi est-ce qu'on ne le fait pas ?
Parce qu'il y a des élections qui arrivent. On ne le fait pas par d'abord parce qu'on est dopé aux impôts. En France, paresse intellectuelle, quand on veut baisser le déficit, on pense d'abord augmenter les impôts.
Moi, je pense qu'il faut d'abord baisser les dépenses. C'est compliqué de baisser les dépenses, évidemment. Pourquoi ?
Parce que dès que vous dites "Je vais baisser les dépenses," vous avez l'entièreté du monde qui vient vous voir dans votre bureau qui vous appelle, qui vous envoie des mails vengeurs en disant "Oui, oui, vous avez raison de baisser la dépense mais pas moi." Moi, j'ai un exemple, le président d'une très grande institution française Oui. à qui j'ai dit "Bah moi, je vais vous baisser la dépense" comme je l'ai dit à tout le monde et venu me voir en me disant "Vous avez raison, il faut baisser la dépense publique, monsieur Juvin, allez-y." Et puis au moment de se lever et de me serrer la main et me dit "Au fait, oui, on va baisser la dépense mais pas pour moi.
Moi, vous comprenez, j'ai déjà fait des efforts. En en réalité, il faut commencer à à baisser la dépenses publique parce que sinon on n arrivera pas. Philippe Juvin, le monde s'est arrêté sur Trump, le Venéuela, bientôt, peut-être le Groenland et nous c'est le budget qui n'arrive toujours pas à être voté.
Est-ce qu'il y a pas quelque chose de dérisoire chez nous ? Nous, on parle, eux, ils agissent, ça a dit ici même à votre place hier matin, le général Pierre de Villier, il a raison. La France de Macron est en panne.
Bah, c'est pas la France de Macron, c'est la France et l'Europe même. Regardez, l'affaire du Venezuela est très intéressante. Les Américains interviennent au Venezuela.
On est pour, on est contre. On pourra peut-être en parler si vous souhaitez, mais ce qui est intéressant, c'est que l'Europe est un acteur. Voulons-nous être des acteurs du monde est un spectateur.
Voulons-nous être des acteurs ou des spectateurs du monde ? Nous sommes devenus des spectateurs passifs et on compte les points. Moi, je pense que l'Europe doit se donner les moyens de ne plus compter les points, c'est-à-dire d'être d'être crainte.
Hm. Et pour être cré le cas, ce qui est pas le cas. Non, bien sûr.
Jean-Luc Mélenchon qui réclame le retour de Nicolas Madurau. Euh qu'en pensez-vous ? Je pense que euh je pense qu'il y a peut-être d'autres idées plus intéressantes à développer dans le débat public.
Philippe Juvain, euh comprenez-vous la grève des médecins libéraux et est-ce que le d'ailleurs ce mouvement parce qu'il est question de suspendre les soins dans les cliniques affecte les urgences que vous dirigez à George Pompidou à Paris ? Ah ben de toute façon, vous savez tout tout dysfonctionnement du système de santé en ville en particulier affecte immédiatement automatiquement les services d'urgence parce que les gens ne pouvant pas trouver de médecins libéraux et bien vont vont vers les urgences hospitalières. Donc euh nous urgences nous avons l'habitude de d'essuyer les plâtres euh de toute difficultés et les peaux cassées.
Donc oui, ça va nous affecter et ça va affecter toutes les urgences de France. Vous regrettez cette vous regrettez cette grève ou pas ? Mais est-ce qu'ils ont raison en réalité ?
Oui et non. il probablement sur un certain nombre de leurs craintes ne sont plus fondés parce que le texte qui a été voté à l'Assemblée sur le projet de loi de finance de sécurité sociale n'est plus le texte qu'il craignait. Il y a des choses qui ont disparu heureusement qui étaient des choses malheureuses.
En revanche, là où ils ont raison, c'est que la vie d'un médecin libéral est devenue un enfer. On considère que un médecin généraliste installé en ville a 4 à 6 heures par semaine de tâche administrative au lieu de s'intéresser de au lieu de prendre du temps pour lui se reposer parce que c'est un métier exigeant ou ou de ou deou d'avoir plus de malade. Donc on demande aux libéraux des tâches de plus en plus chronophages qui se font au détriment de la qualité des par vous êtes vous êtes médecin dans le public chef de service des urgences je le rappelle.
Nous aussi nous souffrons d'une hypertrophie administrative. Oui. Voilà.
Et vous diriez que cette loi, c'est ce que semble dire les libéraux, favorise plutôt le public auement du privé. Non non non. Il a une sorte de médecine de vitesse du point de vue de l'État ou pas ?
Non, je pense que la médecine à deux vitesses, elle est ailleurs aujourd'hui en France. C'est que vous, monsieur Akili, vous savez pas où vous faire opérer. Moi, je sais où me faire opérer.
Ça c'est une grande différence entre c'est une première béde de vitesse mais il y en a une encore plus grave. Moi, je sais où ne pas me faire opérer et vous vous ne savez pas. Et et la médecine de vitesse, elle est plutôt là.
Et c'est là où est ma crainte, c'est qu'aujourd'hui tout se fait sur le réseau. Mais tout se fait sur le réseau. Les gens vont à l'hôpital maintenant même pour la grippe par défaut parce qu'ils n'ont plus de médecin libéral et parce que et parce que essayez d'avoir un rendez-vous, je sais pas, avec un généraliste, vous allez voir combien c'est difficile.
Essayez d'avoir un rendez-vous avec un psychiatre. Je parle un psychiatre pour enfants, vous allez voir, c'est absolument dément. essayer d'avoir une consultation contre la douleur.
J'ai entendu que certains euh voulaient relancer le débat sur la fin de vie, l'euthanasie. Vous vous rendez compte que euh sur le débat euh fin de vie, je me suis intéressé au délai pour obtenir une une consultation pour la douleur en France. C'est 2 à 9 mois. 2 à 9 mois pour avoir une consultation contre la douleur.
On est dans un système de santé qui est vraiment en très mauvais état. Le pic de grippe entre parenthèses est passé pour vous Philippe J ou pas ? On va probement savoir dans quelques jours quand on aura les stats, mais oui, il y a à 80 % de chance, on est au pic donc on devrait redescendre.
Mais on est donc au pic, c'est-à-dire que nos hôpitaux sont pleins de grippe et pas simplement. Il y a beaucoup de syndromes de type gripau avec un peu de Covid aussi. Philippe Juvain, vous évoquez le débat fin de vie.
C'est l'une des trois priorités dictées par le président Emmanuel Macron lors de ses vœux télévisés. Vous êtes un opposant. Moi je ne veux pas, si vous voulez le jour où ça va être voté hein cette année hein.
J'espère que non. Je pense qu'il y a d'autres priorités. J'ai deux choses à vous dire là-dessus.
D'abord vous savez qu' un français aujourd'hui qui meurt et qui a besoin de soins palliatifs avant de mourir et bien une fois sur deux, il n'a pas accès au soins palliatifs. Donc la priorité c'est que tout le monde ait accès au soins palliatifs et et pas de d'injecter un produit qui donne la mort. Deuxièmement, moi je ne veux pas, je suis médecin que quand j'entre en blouse blanche dans la chambre d'un malade, la le malade est à se poser la question de la raison de ma venue.
Vous vous le vivez ça ? Et bien entendu, tout moi je vois des gens mourir euh chaque semaine dans mon service et j'aide les gens à mourir. Mais je aider les gens à mourir, ce n'est pas leur injecter un médicament. aider les gens à mourir, c'est les accompagner, faire en sorte qu'il n'est pas mal, qu'il n'ait pas de nausée, que leur famille soit rassurée, que même soit rassurée.
C'est ça d'abord la la la mission d'un médecin, d'une infirmière, d'une aide soignant. C'est pas d'injecter un médicament pour sol de tout compte. Enfin, un médicament en réalité une une un produit qui donne la mort.
Ça ça non, c'est pas vrai. C'est le contraire de la fraternité. On nous a dit que c'était une loi de fraternité.
Hm. Vrai la la fraternité ça consiste à donner la main aux gens, pas à s'en débarrasser. Le président Emmanuel veut visiblement faire une loi dont on se souviendra après son son double quinquenin.
Enfin, je je vous garantis que dans tous les pays où l'euthanasie a été légalisée, tout ce qu'on appelait les les filiets de sécurité ont sauté et là où on disait que ça serait pour des cas exceptionnels, dans tous les pays où ça a été légalisé, ça s'est étendu aux handicapés, aux enfants, donc aux déms. Donc je je crois que ça sera une grande erreur. La France n'a vraiment pas besoin de ça.
Elle a besoin de fraternité, c'est-à-dire de reconstruire un système de santé qui apporte de la du soulagement de la souffrance avant de de permettre de d'une injection à l'étal. Et vous vous y opposerez, j'imagine en 2026. L'année dernière à l'Assemblée nationale, j'avais été le porte-parole de mon groupe sur le sujet, même si chacun était libre de son vote.
Bien entendu, j'avais exprimé toutes les raisons qui font qu'aujourd'hui légaliser l'euthanasie, c'est en réalité abandonner un certain nombre de patients à euh à à une injection létale qui est le contraire du soin. Merci à vous dans tous les cas, Philippe Juvain. Merci Philippe Juvain et évidemment Jean-François Kili.
On va revenir sur ce que vous avez évoqué bien sûr sur le budget mais également aussi sur la situation internationale parce que c'est vrai, il y a une question Donald Trump est intervenu au Venezuela euh pour mettre à terre un dictateur mais il y a l'autre question, il menace évidemment le droit international. Est-ce qu'il le menace selon vous ? C'est l'une des questions qu'on pose sur les réseaux sociaux.
Qu'est-ce que vous en pensez vous-même ? Les Européens d'ailleurs semblent assez tétanisés, c'est la une du Figaro ce matin, par Donald Trump, notamment très agressif. Il y a maintenant le Groenland dont on parle beaucoup.
J'aimerais vous entendre en fait sur ce sujet, même si c'est un peu complexe parce que c'est de la géopolitique internationale et puis euh autres questions, deux autres questions dans l'actualité. Les bouchons record aussi à cause de la neige. Est-ce qu'il faut chercher des responsabilités dans le manque d'anticipation ?
Bien sûr ce matin encore, c'est très très difficile en région parisienne. Les RERC ne fonctionnent plus, les lignes N plus et cetera. Alors que on nous annonçait que cette nuit, on avait fait rouler les trains pour que ça fonctionne ce matin.
On avait chauffé les lignes. Ça ne marche pas. Vous pouvez témoigner.
Et puis tiens, la baguette puisque c'est aussi la baguette, c'est de la galette aujourd'hui avec l'Épiphanie. Et bien les artisans boulangers devraient pouvoir ouvrir le 1er mai. Dominique te l'a confirmé ce matin.
C'est ce que lui a assuré Emmanuel Macron. Il faudra une loi tout de même avant ça.
Philippe Juvin