Municipales : la poussée des extrêmes au premier tour
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Questions et réponses
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- 3:01OuverteRéponse directe
Quel premier renseignement tirez-vous de ce scrutin ?
- 4:19RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il y a aussi des divisions qui vous coûtent cher ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Quel premier renseignement vous tirez de ce scrutin ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a aussi des déceptions ?
- 6:51OuverteRéponse directe
Sur les premiers grands enseignements pour le Parti socialiste ?
- 7:51RelanceRéponse partielle
Pour vous, la progression de LFI est-elle surestimée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:02Invité politiqueFait
« Nous avons des maires sortants RN qui ont quasiment tous été réélus dès le premier tour. »
- 5:37Invité politiqueFait
« On fait d'énormes évolutions, d'énormes progressions. Je prends le cas de Nice. »
- 6:30Invité politiqueChiffre
« On fait quasiment 47% à Lens. »
- 7:27IntervenantFait
« Le RN s'enracine. Mais il s'enracine particulièrement là où il était déjà enraciné. »
- 18:25Invité politiqueFait
« Pourquoi est-ce que M. Alizio a fait un énorme score ? Parce qu'il a axé sa campagne contre l'immigration, contre l'insécurité. »
- 36:21Invité politiqueFait
« le front républicain, ce n'est pas un projet »
- 36:45IntervenantChiffre
« Jeanne Barséguet n'a reculé que 19,72% des voix »
- 36:47IntervenantChiffre
« Elle a perdu quasiment un tiers de son électorat par rapport à 2020 »
- 38:30IntervenantFait
« si Mme Barséguet ne fait pas alliance avec LFI, elle n'a aucune chance de conserver la mairie de Strasbourg »
- 42:40IntervenantFait
« je suis hostile aux accords avec la France Insoumise »
- 43:49IntervenantFait
« Pas une voix pour LFI. LFI n'est pas dans le champ républicain »
- 44:16Invité politiqueFait
« Partout, on peut l'emporter et éviter la gauche »
Temps de parole
- Intervenant21 %
- Intervenant 219 %
- Invité politique18 %
- Intervenant 311 %
- Intervenant 411 %
- Présentateur7 %
- Intervenant 56 %
- Intervenant 64 %
- Intervenant 73 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. À Paris, c'est le favori des sondages qui est arrivé en tête. Le socialiste Emmanuel Grégoire dévance de 10 points Rachida Dati. Mais la victoire n'est pas acquise. La gauche parisienne, pour asseoir son pouvoir, aurait bien besoin des voix de Sofia Chikirou, arrivée troisième. Mais Olivier Faure l'a rappelé hier. Aucun accord PSLFI.
À gauche, la stratégie de conflictualisation de Jean-Luc Mélenchon a montré ses limites. En conséquence, au premier comme au second tour, il n'y aura pas d'accord national entre le parti socialiste et la France insoumise.
À Marseille, deux visions de la ville s'opposent au vu des résultats. Arrivé en tête, l'union de la gauche menée par le sortant Benoît Payan, talonné par le Rassemblement national de Franck Alizio. Le président du RN tend la main pour un rassemblement des droites et gagné.
Partout où le contexte local le permet, le Rassemblement national tend la main aux listes de droites sincères, aux listes indépendances et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l'extrême-gauche et la dilution dans le macronisme.
Performance décevante à Lyon pour l'ancien président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, donné pourtant ultra-favori durant la campagne et arrive en deuxième position derrière Grégory Doucet de l'union de la gauche. La candidate LFI est aussi qualifiée pour le vote de dimanche prochain. Horizon, le parti d'Edouard Philippe qui a fondé son mouvement sur les élus locaux, joue gros. Le chef du parti arrive en tête au Havre avec dix points d'avance sur son concurrent du PCF. Mais à Nice, Christian Estrosi est deuxième derrière Éric Ciotti de l'UDR. Impossible pour Gabriel Attal, le secrétaire général de Renaissance, allié d'Horizon, d'envisager une alliance avec les extrêmes.
Pour ce qui est de renaissance, nous sommes et resterons d'une clarté absolue. Nous ne participerons à aucune alliance directe ou indirecte, ni avec l'extrême gauche de la France insoumise, ni avec l'extrême droite du Rassemblement national de Reconquête ou de l'UDR.
Les partis ne disposent que de quelques heures pour négocier de possibles alliances locales, avant le dépôt officiel des listes demain à 18h.
– Et place à notre débat politique. Bonjour messieurs, merci beaucoup d'être avec nous. Olivier Paco, sénateur LR de l'Oise, merci d'être là. Rémi Ferraud, bonjour. – Bonjour. – Sénateur socialiste de Paris, André Akotarac, bonjour. – Bonjour. – Porte-parole du Rassemblement national et dans quelques instants, David Cormand pour les écologistes va nous rejoindre. On continue évidemment notre tour de France des villes. On sera à Paris dans quelques instants avec Thibaut Enoch à Marseille, avec Alexandre Poussard. On sera également à Nice-Strasbourg et à Lyon dans quelques instants. D'abord messieurs, quel premier renseignement vous tirerait de ce scrutin ?
Parce qu'en écoutant un petit peu chacun de vos camps hier soir, on avait l'impression que vous aviez tous gagné. Olivier Paco. – C'est souvent comme ça. Alors c'est des fois un peu la langue de bois, mais c'est vrai que pour prendre les grandes villes, on a l'impression quand même que le Parti socialiste s'en tire pas mal, à Paris ou même à Marseille. Mais le RN peut revendiquer aussi de bons scores dans certaines grandes villes, LFI aussi. Et alors vous allez me dire, et les LR puisque je viens au nom des LR ? – C'est ça !
– Les LR, quand on prend les villes de plus de 9000 habitants, on est en position vraiment de force sur les plus de 9000 habitants, mais ce ne sont pas forcément les plus grandes villes. Alors sur les plus de 9000, il faut quand même avoir des chiffres, il y a 1100 villes de plus de 9000 habitants. Sur ces 1100 villes, LR en a déjà gagné, dès le premier tour, 414. C'est-à-dire plus de 40%. 414, alors que le PS en a gagné 82 et le RN 12. Donc les résultats ne sont pas mauvais, d'autant plus qu'il en reste plus de 400 où les LR sont qualifiés au deuxième tour et où dans 212 d'entre elles, ils sont en tête. On a donc gagné aussi des villes symboliques comme Aurillac, Millau, Beaune.
C'est moins bling-bling que Paris ou Marseille, mais le résultat de l'enracinement local des LR est bon. Est-ce qu'il y a aussi des divisions qui vous coûtent cher ? Toulon, la droite divisée, le RN en tête, Nîmes, la droite divisée, le RN au coude à coude avec les communistes. Est-ce que vous regrettez quand même qu'il y ait eu autant de divisions dans votre parti ? C'est incontestable que la division amène toujours la défaite ou en tout cas de mauvais score. Le cas de Toulon, c'est un bon exemple. Il y a un deuxième tour. Et effectivement, à la mi-temps, à Toulon, le RN mène 2 buts à 1.
Ça peut se terminer par 3-2 pour la maire sortante puisque le sénateur LR Michel Bonus va certainement la rejoindre. Et ça peut vraiment inverser la donne. André Akotara, quel premier renseignement vous tirez de ce scrutin ?
Nous, d'abord, c'est que nous avons des maires sortants RN qui ont quasiment tous été réélus dès le premier tour. Ça vaut pour les grandes villes comme Perpignan, dont la préfecture elle-même avait salué le travail, notamment en matière de sécurité. Les habitants ont confirmé et ont transformé cet essai-là. Ça vaut pour les villes moyennes qui sont depuis de longues années tenues par le Rassemblement national, comme en un moment où c'est quasiment 80% dès le premier tour. Donc, ça ne s'invente pas. Quand vous choisissez RN, vraisemblablement, les habitants l'adoptent derrière. Et puis, aujourd'hui, on a d'énormes progressions.
En nombre de voies, je ne compare pas à 2020 parce que c'était le Covid, mai à 2014. Vous prenez la ville de Toulon, vous en avez parlé, ville-préfecture, grande ville du Sud. Qui fut RN. Qui fut RN en 1995 quand j'avais 6 ans. Bon, pour moi, ça remonte un peu plus loin. Mais on fait d'énormes évolutions, d'énormes progressions. Je prends le cas de Nice. Alors, on a eu M. Estrosi qui expliquait qu'il avait un excellent bilan de mandat, qu'il avait doublé le nombre d'étudiants à Nice. Vraisemblablement, il n'a pas doublé le nombre d'électeurs puisque les gens l'ont sanctionné et il y a une vraie volonté de changement. Donc, on va voir. C'est le premier tour.
Parce que là, évidemment, vous parlez des villes que vous gagnez. Est-ce qu'il y a aussi des déceptions ? Je pense à Lens. Lens, c'était une cible du Rassemblement national et finalement, le maire socialiste a gardé la ville.
Oui, exactement. Lens, c'est une grande ville, une métropole. Effectivement, le maire socialiste l'emporte au premier tour puisque je crois qu'il y avait vraiment deux listes et une troisième. Mais l'évolution du Rassemblement national est spectaculaire. On fait quasiment 47% à Lens. Donc, on voit que le travail du Rassemblement national au niveau du terrain avec les députés, demain avec les élus locaux, est en tout cas témoigne et reflète d'une énorme progression du Rassemblement national sur l'ensemble du territoire français dans toutes les régions, contrairement à ce que j'ai entendu.
Rémi Ferrault, sur les premiers grands enseignements pour le Parti socialiste ? Alors, chacun va dire ses points de force. Les municipales, c'est des municipales. Donc, c'est extrêmement différent suivant les communes. On a beaucoup regardé hier soir, cette nuit, les résultats des métropoles, des grandes villes. Oui, la gauche est forte. Et oui, les socialistes tiennent leur rang. Alors, c'est particulièrement le cas à Paris, où la dynamique est du côté de la gauche, bien plus que tout ce qui avait été annoncé. Je m'en réjouis, évidemment. Mais ensuite, il y a des situations qui sont extrêmement différentes. Oui, le RN s'enracine.
Mais il s'enracine particulièrement là où il était déjà enraciné. Oui, certainement, que dans les petites villes, les candidats sortants de droite, de gauche, les maires sortants, sont confortés dans cette élection. Et puis, il y a des surprises. Je trouve qu'on surestime aussi les commentaires sur la percée, j'ai entendu, de LFI dans cette élection. Pour vous, c'est surestimé ? Il y a quand même beaucoup de villes, de grandes villes, où LFI est devant le Parti socialiste. À Toulouse, à Limoges, c'est lié à des situations locales, à des campagnes locales, à des candidats. Ce sont des élections municipales.
À Paris, plus des trois quarts des électeurs de gauche ont voté pour la liste d'Union de la Gauche derrière Emmanuel Grégoire. Mais quand même, est-ce que cette progression d'LFI, si on est honnête, Rémi Férault, ce n'est pas un peu votre épine dans le pied pour ce premier tour ? Mais ça dépend des villes. Vous y attendiez à une telle progression ? À des tels scores dans certaines villes, oui, bien sûr. D'ailleurs, à Paris, le score de Sofia Chikirou correspond à celui des sondages. Et il n'a pas empêché une dynamique de la liste d'Emmanuel Grégoire, bien plus que celle qui était prévue. Justement, on va y aller à Paris. On retrouve Thibaut Henoch à l'hôtel de ville de Paris.
Thibaut, un petit point sur les leçons de ce premier tour, justement, dans la capitale. Oui, d'abord, une première leçon, c'est la forte avance, vous le disiez, du socialiste Emmanuel Grégoire. 38% face à Rachida Dati, 24,5%. 13 points d'avance. Une dynamique, mais qui pourrait être rebattue par le deuxième chiffre important de ce premier tour. Cinq candidats en position de se maintenir pour ce deuxième tour. Une quincagulaire. Voilà qui ouvre un jeu d'alliance. Alors à gauche, Emmanuel Grégoire a d'emblée semblé écarté la main tendue par Sofia Chikirou. 11,7% pour la candidate LFI qui a appelé à une fusion.
Mais Emmanuel Grégoire a dit qu'il refuserait cette alliance en toutes circonstances. Et ce matin, le secrétaire général du Parti socialiste a dit que cette alliance n'aurait pas lieu. Emmanuel Grégoire compte lui sur un vote utile. Il a appelé les électeurs du camp républicain et progressiste à le rejoindre pour ce deuxième tour. À droite, la situation est plus compliquée puisque Rachida Dati, avec 24,5%, a besoin de report de voix. Elle a appelé cette nuit le candidat centriste Horizon Pierre-Yves Bournazel qui a fait 11% hier. Les discussions sont en cours.
Pierre-Yves Bournazel qui est plutôt partisan d'un maintien mais il est sous la pression notamment du président de son parti Horizon Edouard Philippe qui prône lui un rapprochement avec les listes de Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel dont le téléphone a chauffé. Il a aussi reçu des appels du secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal et même du président de la République, Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, des réunions sont en cours en ce moment même autour de lui. La décision pourrait intervenir dans la journée. Dernière candidature qu'il faudra scoter, c'est celle de Sarah Knafo. La candidate d'extrême droite reconquête 10,4% ce matin.
Dans un message sur X, elle a adressé une main tendue à Rachida Dati pour une fusion de leur liste mais la situation est compliquée pour Rachida Dati puisque Pierre-Yves Bournazel et les centristes ont dit qu'une fusion ne serait pas possible si Rachida Dati se rapprochait de Sarah Knafo. Voilà pour cette géométrie variable du deuxième tour. Alors la mairie de Paris restera-t-elle à gauche pour la cinquième fois consécutive dimanche prochain ? Vous le voyez, ça va dépendre de ce qui va se passer dans les prochaines heures. Le suspense est complet. Merci beaucoup Thibault. Rémi Ferrault, je le rappelle, vous êtes sénateur de Paris.
Emmanuel Grégoire qui arrive largement en tête de ce premier tour. Problème, il n'a plus de réserve de voix. Ça, c'est pas vrai. Qu'est-ce qu'il a ? D'abord, il peut y avoir des mobilisations supplémentaires. Il y a une bonne mobilisation à Paris mais elle peut être supérieure au deuxième tour. Et ensuite, il y a tous les électeurs et les électrices qui aient voté Sophia Chikirou ou pour Pierre-Yves Bournazel qui ne veulent pas de la victoire de Rachida Dati. Vous appelez également des électeurs de Pierre-Yves Bournazel à voter pour vous ? Je n'appelle pas les électeurs. Ils devront choisir. Le maire sera Emmanuel Grégoire ou Rachida Dati. Donc c'est un choix.
Au deuxième tour, on choisit le maire. Et moi, je vois dans cette élection à quel point on nous a survendu Rachida Dati depuis des années, à quel point elle était surcotée et à quel point les Parisiens ne veulent pas qu'elle devienne maire de Paris, y compris parce que dans six mois, elle sera en procès pour corruption. C'est une mauvaise nouvelle. C'est un mauvais résultat pour la droite, pour les LR à Paris. Olivier Paco ? Je serais totalement malhonnête de vous dire que Rachida Dati a fait un bon score. Elle est 14 points derrière Emmanuel Grégoire.
Il y a, entre guillemets, des réserves de voix, mais des réserves de voix difficilement conciliables, puisque s'il y avait un accord entre Rachida Dati et Sarah Knafo, immédiatement, Pierre-Yves Bournazel déchirerait la possibilité d'accord. Donc, la situation est très compliquée pour Rachida Dati. Et c'est vrai qu'un deuxième tour… Mais pardon, est-ce qu'elle a été très claire hier soir parce qu'elle n'a quand même pas du tout fermé la porte à Sarah Knafo ? Est-ce que vous êtes d'accord avec sa stratégie ou est-ce que vous la regrettez ? Mais sa stratégie, c'est l'union des électeurs.
Évidemment qu'un électeur de Sarah Knafo aura plus envie de voir Rachida Dati qu'Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris. C'est une évidence. Néanmoins… Mais est-ce qu'elle doit répondre à la main tendue de Sarah Knafo, Rachida Dati, ou est-ce qu'elle doit fermer la porte et dire « je préfère faire Paris que gagner avec Sarah Knafo ? » Il faut être d'une subtilité diplomatique remarquable pour accepter la main de Sarah Knafo sans que celle de Pierre-Yves Bournazel se recule. Donc, c'est très compliqué. André Akotarak, alors le RN a fait un très mauvais score à Paris. Thierry Mariani est autour de 2%. Mais qu'est-ce que vous pensez du score de Sarah Knafo ?
Et est-ce que pour vous, il faut qu'il y ait une fusion, en tout cas une convergence entre Sarah Knafo et Rachida Dati ?
Mais en réalité, ça ne me regarde pas vraiment. Parce que le RN fait un score effectivement décevant. Je vais faire comme vous, je ne vais pas vous dire le contraire. Je apporte mon affection d'ailleurs à Thierry Mariani, qui est un ami. Mais la France n'est pas Paris. Et je crois que si Rachida Dati a fait un score plutôt décevant à Paris, c'est aussi parce qu'elle ne peut pas se faire croire qu'elle est la candidate de la droite. Il y a encore deux semaines, c'était la ministre d'Emmanuel Macron. Donc, M. Bournazel a reçu des appels de M. Macron. Rachida Dati aurait très bien pu aussi avoir des appels de M. Attal, M. Macron.
La réalité aujourd'hui, c'est que je crois qu'on est en fin de règne du macronisme. Et que tous ceux qui se sont approchés de près ou de loin du macronisme ont des scores décevants. C'est le cas de Mme Dati, qui était encore ministre. C'est le cas aussi de M. Hollas. M. Hollas, sur le papier, moi qui suis un élu du territoire et d'Auvergne-Rhône-Alpes, donc de Lyon. M. Hollas, sur le papier, c'était très bien. Son premier rendez-vous, il a rencontré M. Attal et Renaissance. Bon, déjà, il a réduit son champ. Et puis ensuite, il n'a pas voulu parler au RN. Il a encore réduit davantage son champ. Et aujourd'hui, il pleure en parlant du match-retour.
Andréa Kotarac. Rémi Ferro, comment vous réagiriez si Rachida Dati acceptait d'une manière ou d'une autre la main tendue de Sarah Knafou ? Ce serait clairement l'alliance de la droite et de l'extrême droite. Mais ça vous inquiète ? Bien sûr. Et en même temps, on voit bien que cette fusion, qui devrait nécessiter une mobilisation contre, a peu de chances de se produire et aurait peu de chances de l'emporter. Moi, je ne veux pas me situer dans la fiction. La réalité, aujourd'hui, elle est pour Pierre-Yves Bournazel. S'il fusionne avec Rachida Dati, il se dédie par rapport à tout ce qu'il aurait dit avant le premier tour.
Est-ce que le camp d'Emmanuel Grégoire va tendre la main à Pierre-Yves Bournazel ? Vous nous avez parlé des électeurs, on a compris. Mais est-ce qu'il va y avoir des discussions entre Emmanuel Grégoire et Pierre-Yves Bournazel ? Pour une fusion ou quoi que ce soit, non, pas du tout. Et ça avait été dit clairement. Emmanuel Grégoire avait dit que sa liste de deuxième tour serait la même qu'au premier tour. C'est pour ça que nous avons fait l'union avant le premier tour. Notamment pour créer cette dynamique et être clair, ce sera le cas. On va aller à Marseille. Là, André Akotara, que ça s'est mieux passé pour le RN. On retrouve Alexandre Poussard sur le vieux port de Marseille.
Alex, le maire sortant, Benoît Payan, se retrouve donc dans un duel très disputé avec le Rassemblement national. Effectivement, Oriane, le Rassemblement national n'avait jamais été aussi proche de gagner la deuxième ville de France. La liste de Franck Alizio pour le RN a récolté 35% des voix. Juste derrière, celle du maire sortant, Benoît Payan, le socialiste. Une liste qui a récolté 36,7% des suffrages. Alors, le candidat du Rassemblement national, Franck Alizio, veut faire, je cite, de Marseille un exemple français pour inspirer toutes les autres villes de France qui sont victimes d'insécurité.
Le candidat du RN qui a sans doute siphonné les voix de la droite marseillaise puisqu'en troisième position, la liste de Martine Vassal pour la droite et le centre ne récolte que 12,4% des suffrages. À gauche, tous les regards sont désormais tournés vers Sébastien Dologu. L'Insoumis, dans la liste, a récolté 11,9% des voix. Et Sébastien Dologu, justement, qui pourrait se désister. C'est une question. Est-ce qu'il pourrait se désister pour empêcher la victoire du RN ? Alors, c'est la question qui se pose. Mais pour l'instant, la réponse est non. Sébastien Dologu n'a pas prévu de se désister au second tour.
Et il appelle plutôt à une fusion avec la liste de Benoît Payan, le maire sortant de Marseille, qui a répondu tout de suite hier soir. Il rejette la main tendue de la France insoumise. Je le cite, je ne ferai pas de négociation de couloirs, je ne ferai pas de tambouilles. Je serai très clair sur ce que je suis, a dit hier soir Benoît Payan, le maire socialiste de Marseille. Il appelle au désistement de Sébastien Dologu. Et il appelle à la mobilisation des Marseillais pour empêcher la victoire du RN. Une mobilisation qui sera un des facteurs clés dans ce second tour à Marseille, alors que l'abstention au premier tour a atteint plus de 47%. Merci beaucoup. Merci Alexandre.
Depuis le vieux port à Marseille, on accueille David Cormand. Bonjour. Bonjour. Merci d'être là, député européen écologiste. Marseille où donc la gauche et le RN sont au coude à coude. Franck Alizio qui peut peut-être faire basculer Marseille. Là aussi, problème ? Avec qui, André Akotarak ?
Le problème, c'est que je fais à contrario. Vous avez vu que les magouilles, c'est M. Payan qui en parle le mieux. Puisqu'il dit non mais je ne veux pas discuter, je veux être clair, etc. On parle de désistement, de fusion, fusion technique. J'entendais Mme Autain qui parlait de gauche propulsive. Enfin, la réalité, c'est qu'ils veulent des places.
En quoi c'est une magouille ? Benoît Payan, il dit que c'est pas bien passé avec Sébastien Delogu.
Pourquoi est-ce que M. Alizio a fait un énorme score ? Parce qu'il a axé sa campagne contre l'immigration, contre l'insécurité. On connaît la situation à Marseille contre la précarité et contre la pauvreté. Et aujourd'hui, on voit après des années de gauche à Marseille, après dix ans de macronisme à l'échelle nationale, que les Français, dans une démocratie saine, souhaitent l'alternance. Et dans des communes comme ça, qui souffrent, comme Marseille, comme Toulon, comme Nîmes et comme bien d'autres, effectivement, le Rassemblement national reflète cette France du travail, cette France des actifs et reflète finalement l'alternance.
– Mais j'en ai la question, Andréa Cotard, comment vous allez passer devant Benjamin Payan ? Est-ce que vous tendez la main, Martine Vassal ?
– Je répondrai de la même manière que M. du Parti socialiste à l'ensemble, M. le sénateur. On a encore d'énormes réserves de voix. – Vous tendez la main, Martine Vassal ? – Aujourd'hui, mais c'est à elle de venir nous voir. C'est nous qui sommes en position de gagner. – Mais sauf que vous ne pouvez pas gagner si vous n'avez pas les voix de la droite. – Que souhaite faire Mme Vassal ? Voilà, moi je pose la question à l'air, parce que d'un côté à Paris, ils sont proches des macronistes d'Horizon, dans le sud, ils vont se dire on est proche du RN ou du Parti social, on ne sait pas où est la droite et où elle habite. Donc, il faudrait inviter M.
Alizio pour savoir ce que lui aurait dit Mme Vassal, mais en tout état de cause aujourd'hui, on a un duel. La gauche ou le camp du peuple avec le Rassemblement national. Et les Marseillais devront choisir. J'espère que M. Alizio sera le prochain maire de Marseille. Ça donnerait finalement une bonne dynamique avant 2027.
– Mais vous attendez un signe de Mme Vassal. Franck Alizio n'ira pas vers Mme Vassal.
– Mais je pense que les électeurs de Mme Vassal ne sont pas stupides. De la même manière que les Parisiens ne sont pas stupides d'avoir donné un mauvais score à Mme Dati. Elle était encore ministre de Macron il y a quelques semaines. Bon, Mme Vassal, on ne sait pas où elle habite. Donc, je pense que ces électeurs, eux, en revanche, préfèrent M. Alizio à la gauche de M. Payan.
– Olivier Paco, c'est l'effondrement de la droite à Marseille. – Ce n'est pas faux. Quand on pense qu'il y a encore quelques années, le maire s'appelait Jean-Claude Godin, effectivement, on ne peut pas pavoser. Alors, il y a quand même eu une abstention très forte. Et alors, on peut espérer que… Les réserves de voix, elles sont là, elles sont dans l'abstention. Alors, est-ce que cette abstention est chez un électorat populaire qui pourrait aller au RN ou, au contraire, aller chez M. Payan ? Je ne suis pas sûr qu'il ira vers Mme Vassal. Que va faire Mme Vassal ? Honnêtement, je ne le sais pas. Mais, il me semble que pour la famille LR, elle ne peut pas prendre la main de M.
Alizio parce que ce serait signé la mort des LR à Marseille. Donc, c'est sûr… – C'est la chose avec les socialistes, c'est la mort…
– Ah bah… – Non, mais je veux dire, qu'on soit clair.
– Oui.
– Mme Vassal a une énorme responsabilité.
– Tout à fait, mais elle n'ira pas s'allier, encore moins, je pense, avec Sébastien Delogu, j'en parle pas, et Benoît Payan. Mais c'est elle qui va se prononcer. – Cas concret, pour le coup, pour la gauche, Rémi Ferrault, Benoît Payan a été clair hier, il n'y aura pas de fusion avec la France insoumise, mais est-ce que la gauche peut conserver Marseille sans la France insoumise ? – Oui. Visiblement, il y aura une cadre angulaire au second tour. Benoît Payan a été clair. Si les Marseillais ne veulent pas que la ville passe à l'extrême droite, que la mairie passe à l'extrême droite, il n'y a qu'un seul vote, c'est celui de Benoît Payan.
Et en effet, il y a besoin d'un sursaut de mobilisation pour cela. J'y crois, mais je sais qu'il y a besoin de ce sursaut de mobilisation parce que c'est là qu'il y a les réserves de voix. Et puis, y compris, les électeurs marseillais qui ont voté pour Sébastien Delogu au premier tour doivent se poser la question du vote plus qu'utile, du vote efficace au deuxième tour. Et c'est celui de Benoît Payan pour faire gagner la gauche et empêcher l'extrême droite de gagner. – La question, elle va aussi se poser, David Cormand, pour les écologistes. Est-ce qu'il faut faire alliance ou pas avec la France insoumise ? Je prends le cas de Lille, par exemple.
Lille, le Parti socialiste est arrivé en tête. En seconde position, la France insoumise. En troisième position, les écologistes, qui donc ont la clé du scrutin. Vers qui faut-il se tourner ? – À Lille, il n'y a pas d'enjeu de défaite de la gauche, a priori. Donc, en fait, c'est assez confortable. – Vous allez faire gagner le PS ou vous allez faire gagner la France ? – Non, non, non, mais attendez. On n'est pas là pour faire gagner ou quoi. Notre logique, c'est le rassemblement de la gauche derrière la liste qui arrive en tête. C'est la règle. C'est d'ailleurs nous les seuls qui sommes assez clairs. On est pour le faire partout.
Donc, il y a une logique à Lille où une liste est arrivée en tête. C'est la liste du Parti socialiste. Donc, on pense que les gens doivent se rassembler derrière la liste rassemblés en tête à gauche partout en France. Parce que c'est le meilleur moyen de faire obstacle à la droite et à l'extrême droite qui, j'entends son arrogance, mais au niveau du RN, n'a pas tant performé que cela en dehors de ses zones de force habituelles. Le RN gagnera vraisemblablement moins de villes qu'il l'espérait.
Et puis, il y a une droite qui, dans les grandes villes, est en difficulté, mais peut encore l'emporter dans de nombreuses villes, mais par contre, reste solide dans les villes intermédiaires, entre 10 et 50 000 habitants. Donc, en fait, là, c'est l'enjeu pour le peuple de gauche, c'est de donner des perspectives là où c'est possible. Et pour donner des perspectives, il faut se rassembler. C'est aussi simple que cela. – Se rassembler avec la France insoumise ? – Il faut rassembler la gauche avec la France insoumise. Enfin, depuis quand la France insoumise n'est plus de gauche ? Moi, j'hallucine un peu. Regardez à Lyon, on a Olaz qui dit « Ah, mais c'est horrible !
Regardez, ils vont fusionner avec l'FI. » – À corde-là, on t'invite. – Ça fait 6 ans qu'on gère Lyon et la métropole avec la France insoumise. Vous avez trouvé qu'il y avait des trucs affreux qui se sont passés, en tout cas, pas les lyonnais. Pas les lyonnais, M. Cotarac ? – Non, mais pas de souci. – Pas les lyonnais, pas les lyonnais. – J'ai quand même le droit de donner mon avis. – En fait, il est assez minoritaire aussi à la métropole,
mais je comprends que vous soyez agacés
parce que c'est moins que ce que vous auriez espéré parce qu'effectivement, le grand périmètre d'Olaz entre Wauquiez et le centre vous a, y compris, pompé pas mal de voix. Donc en fait, la solution pour faire des meilleurs résultats la semaine prochaine, c'est de rassembler l'ensemble de la gauche. – Il y a des questions qui se posent sur ces alliances. Il y a des villes où, effectivement, vous ne pouvez faire basculer la ville qu'avec une alliance avec le Parti socialiste. À Toulouse, à Limoges, avec la France insoumise, pardon. À Toulouse, à Limoges, à Avignon, Nantes aussi. Est-ce que Johanna Roland peut conserver Nantes sans accord avec la France insoumise ?
Hier, Olivier Faure disait pas d'accord national. Ça exclut pas des accords locaux ? Quelle va être la position du PS ? – Olivier Faure a dit hier soir pas d'accord national. Et ensuite, peut-être que la question se posera dans un certain nombre de villes d'accords locaux. Moi, comme socialiste, je défends la position que j'ai toujours défendue, je suis hostile à tout accord local avec la France insoumise. Pour des questions de principe. Et je pense même que ces accords ne seraient pas des accords gagnants. Mais ensuite, je ne veux pas donner de leçons ville par ville, je vous donne ma position de principe, elle est claire.
– Mais ça veut dire que si, par exemple, dans ces villes, il y a un accord avec PS et LFI, vous n'en offusquerez pas ? – Il n'y en a pas pour le moment. Donc ne me demandez pas de faire de la politique fiction. – À Toulouse, par exemple, ça ne saurait tarder ? – Ne me demandez pas de faire de la politique fiction. – On va aller à Nice, justement. À Nice, retrouver Stéphane Duguay sur la promenade des Anglais. À Nice, il y avait un duel fratricide entre Éric Ciotti et Christian Estrosi. La bataille du second tour est lancée. À Nice, Stéphane, elle sera décisive, justement, dans ce duel fratricide, avec quand même un avantage au candidat UDR-RN.
– Oui, Éric Ciotti est arrivé en tête avec 43,43% des voix. C'est beaucoup, loin devant son ancien menteur, Christian Estrosi. Il y a le maire sortant qui est 10 points derrière. Mais tous les regards, maintenant, sont tournés vers dimanche parce que tout est encore possible, veut-on croire, dans le camp Estrosi. D'abord parce qu'Éric Ciotti n'a pas beaucoup de réserve de voix sur sa droite. Ici, le candidat Reconquête n'a obtenu hier que 1,8% des suffrages. Et de son côté, Christian Estrosi appelle à ce qu'il nomme un rassemblement de la résistance. Appel aux abstentionnistes, mais aussi aux électeurs de gauche.
Sauf que ce deuxième tour à Nice, ce ne sera pas un duel, mais ce sera bien une triangulaire puisqu'il y a aussi la candidate écologiste PS-PCF et écologiste Juliette Chénel-Leroux qui refuse totalement de se retirer. Des réunions sont prévues de tous les côtés. Aujourd'hui, à gauche, pour une éventuelle fusion avec la liste de Mireille Damiano soutenue par LFI qui, elle, n'a pas réussi à se qualifier pour le second tour. Réunion aussi du côté de chez Christian Estrosi pour échafauder un plan de bataille d'ici dimanche. Bataille qui n'est pas celle de Nice, a dit le maire sortant hier soir. C'est une bataille pour la France.
Si Nice passait sous pavillon UDR-RN, ce serait évidemment un symbole très fort puisqu'ici, ce sont deux conceptions de la droite qui s'affrontent. Celle qui a rejoint Emmanuel Macron, ça c'est celle de Christian Estrosi, et celle d'Éric Ciotti qui a pris la direction de l'extrême droite en faisant alliance avec le parti de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. Merci beaucoup Stéphane. Cette large avance d'Éric Ciotti, est-ce que c'est la validation de sa stratégie ? Est-ce que c'est une très mauvaise nouvelle pour les Républicains, Olivier Paco ? Monsieur Estrosi n'est pas LR. Non mais bon, il est soutenu par les Républicains.
Éric Ciotti était le chef de votre parti il y a encore quelques mois. Là, il arrive en tête devant un candidat LR Macron. Vous remuez le couteau dans la plaie. Vous remuez le couteau dans la plaie. Non, c'est un cas particulier, Nice, parce que cette élection municipale, elle est marquée, contrairement à ce qu'on annonçait, par peu de dégagisme. Mais là, dans le cas de Nice, visiblement, il y a un vent de volonté de nouveauté qui a soufflé. Effectivement, 12,5 points de retard, ça me semble très compliqué à rattraper. Ça ne peut se faire qu'avec le soutien de la gauche, là, qui va se maintenir. Donc, objectivement, je ne vois pas comment les choses vont bouger.
Et effectivement, là, les LR sont dans une situation pas particulièrement brillante, oui. Vous craignez un front républicain anti-Éric Ciotti, anti-RNUDR, André Sotarac ?
Un prétendument républicain. Parce que les Français ont vu aux élections législatives quels étaient les résultats de ce prétendument front républicain qui visait à asphyxier la démocratie, à asphyxier et empêcher l'alternance. La réalité, c'est que le pouvoir d'achat est en crise. La réalité, avec ce front républicain, c'est qu'on a un record de défaillants entreprises. La réalité, c'est qu'on a un record de taux de pauvreté, de précarité dans le pays, un record de déficit et de dettes publiques. Donc, je crois que les Français savent ce que c'est que le résultat. La réalité, c'est que je ne suis pas sûr que Nice soit un cas particulier.
Toutes les personnes qui se sont rapprochées, de près ou de loin, de la Macronie, sont sanctionnées. M. Estrosi est un candidat horizon, proche d'Edouard Philippe, proche des macronistes, on ne savait pas trop, mais aussi un peu sarkozy. Il était sanctionné parce que M. Ciotti a eu un choix beaucoup plus clair. L'alternance autour du Rassemblement national et de l'UDR. Il est aujourd'hui poussé par les électeurs. M. Hollas avait sur le papier quelque chose de bien à faire. Premier rendez-vous qu'il a pris, c'était Gabriel Attal. Il est sanctionné. Mme Dati, qui se dit être candidate de droite, était ministre d'Emmanuel Macron il y a quelques jours.
Donc, on voit qu'il y a quand même des faisceaux d'indices communs.
Il y a aussi des macronistes qui sont en bonne position à Nevers, à Annecy, à Bordeaux. Ce n'est pas encore plié non plus.
Le principe des élections municipales, c'est que vous avez toujours des contre-exemples. Mais là, sur les grandes villes, en tout cas, parce que Nice, c'est, je crois, la quatrième ville de France, si vous me corrigerez, on a quand même des faisceaux d'indices qui prouvent que le macronisme est très largement sanctionné dans notre pays aux élections municipales.
Que doit faire la gauche à Nice ? Là aussi, c'est un cas assez concret. Rémi Féraud, Éric Ciotti, Christian Estrosi, est-ce que la gauche et les écologistes, je vous pose la même question à tous les deux, puisque c'est une candidate d'union, parti socialiste, écologiste, est-ce qu'il faut se retirer ou pas ? Je crois qu'elle a annoncé qu'elle se maintenait. Il faut que la gauche soit représentée à Nice, c'est la cinquième ville de France. Quitte à ce qu'Éric Ciotti gagne ? Quitte à ce que Christian Estrosi perde, parce que c'est cela la question qui se pose.
Moi, je ne souhaite évidemment en rien qu'Éric Ciotti devienne maire de Nice, mais là, la situation, elle est locale et je pense qu'il faut que la gauche existe à Nice également. David Cormand ? Le problème, c'est que là, à Nice, il y a un microclimat quand même qui ne donne pas envie, entre Ciotti, quand même, et Estrosi, qui n'en finit pas avec ses affaires diverses et variées. Donc moi, je me mets à la place des copines et des copains sur place qui militent dans cette ville, dans ce département, qui a largué les amarres, qui est complètement sur le truc droite-extrême ou extrême-droite. Et donc, c'est compliqué. Après, mon avis personnel, c'est que malgré tout ça, il y a l'extrême-droite.
Et moi, je crois au Front républicain. Je crois à la République. Et je sais, dans notre pays, qui sont ceux qui l'ont appelé, à sa naissance, la gueuse. Et ces groupes politiques d'extrême-droite qui haïssent fondamentalement la République, aujourd'hui, ils peuvent reprendre le pouvoir. Et donc, il faut leur faire obstacle. Il faut leur faire obstacle. Parfois, sauver la République, ce n'est pas forcément une proposition offensive, mais c'est sauver l'essentiel de ce qu'est notre pays. Et donc, voilà. Alors, Nice n'est pas la France, mais une fusion républicaine, même si elle est compliquée, aurait pu être une solution.
Après, je pense vraiment que c'est trop compliqué, y compris parce que Christian Estrosi, voilà, c'est quand même too much. Qu'est-ce que je voulais vous dire ? Allez, Autreville qui était scrutée hier. Et c'est l'une des grosses surprises de la soirée. On en a un peu parlé. C'est Lyon, Lyon. On vous retrouve, Stéphanie Despierre. Énorme surprise à Lyon. Jean-Michel Aulas a été donné avec beaucoup d'avance dans les sondages jusqu'à il y a encore quelques jours. Et finalement, il n'en est rien.
Et oui, le maire écologiste a déjoué à tous les pronostics. Grégory Doucet est tout juste devant Jean-Michel Aulas. Un peu plus de 1000 voix séparent les deux adversaires, alors que la participation a été très forte. 10 points de plus qu'en 2014. L'ex-pratron de l'Olympique Lyonnais a reconnu qu'il avait perdu le match allé, mais il y croit encore pour le match retour. Pourtant, il n'a pas beaucoup de réserve de voix. Il a déjà rassemblé derrière lui la droite et les centristes derrière sa candidature avant le premier tour. Il a fermé la porte hier soir à une alliance avec l'extrême droite, avec la liste RN-UDR, qui a fait 7% des voix.
Son principal argument dans ce second tour, ce sera donc de dénoncer, ce sont ces mots, l'alliance de la honte entre Grégory Doucet et Jean-Luc Mélenchon. Alliance pour l'instant encore théorique. La France insoumise arrivée 3e avec 10,4% des voix peut se maintenir, mais elle a proposé une fusion aux écologistes pour garder Lyon à gauche. Le maire sortant n'a pas dit oui. Avant le premier tour, il n'avait pas fermé la porte totalement aux insoumis. Alors Grégory Doucet, parviendra-t-il à jouer les prolongations à la tête de la capitale des Gaules ? Le suspense reste entier. Le prochain gros rendez-vous pour les candidats, c'est mercredi soir.
Un débat est prévu chez nos confrères de France 3.
Merci beaucoup Stéphanie. C'était la divine surprise pour les écologistes hier soir à Lyon, David Cormand. En fait, on peut le présenter comme ça. La réalité, c'est que ça fait des mois qu'on nous explique sur tous les tons que les écolos vont se prendre des tôles partout, que plus personne ne peut les supporter, que c'est vélo, c'est incroyable, qu'il faut faire des tunnels pour les voitures, c'est ça que les gens veulent. Bon, visiblement, c'est un peu plus compliqué que ça. Non seulement Grégory Doucet crée une surprise et une remonte à la, M.
Ola s'appréciera à la référence assez historique, donc ça c'est formidable, ça fait toujours plaisir, mais surtout c'est le total gauche à Lyon sur lequel j'attire votre attention, qui augmente de 5 points en 6 ans. C'est-à-dire que non seulement il n'y a pas de rejet de l'écologie, il n'y a pas de rejet de la gauche, et les Lyonnais ont adressé un très clair message à une alliance de toutes les droites, de Wauquiez à Attal, enfin, en principe, qui pleuve, qui vente, qui neige, le père Ola s'il devait faire 40-42%.
Et il a en plus siphonné l'extrême droite, et je pense que les Lyonnais ont adressé aussi un message de l'extrême droite à Lyon, où il y a eu ce qui s'est passé avec Quentin Derang. Et les Lyonnaises et les Lyonnais, ils savent où est le danger et la violence à Lyon, comme ailleurs, et là aussi ils ont adressé un message, y compris électoral, qui, de mon point de vue, me paraît très satisfaisant. André Cotarac, vous êtes conseiller régional de Vendronalp, je le rappelle. Oui, je trouve la réflexion
de M. Cormont assez désobligeante. Il nous parle d'un…
Vous allez vous en remettre, M. Cotarac. Je pense que je vais vous en remettre. On n'est pas à cette heure
partigée, vous allez… Vous voyez, on est à ces 8h et quelques du matin, vous avez commencé par dire l'extrême droite, vous êtes arrogant… Vous êtes d'extrême droite, M. Cotarac. Vous étiez à l'extrême gauche, après l'extrême droite. C'est bien, M. Cormont. Vous avez passé… Ne soyez pas désobligeants, vous savez. Moi, je vous respecte. Je ne vous ai pas coupé la parole. J'aurais pu vous dire d'apprendre la géographie pour savoir placer l'Iran puisque vous avez voté d'innombrables résolutions. J'aurais pu demander à M. Jadot de savoir que la Bulgarie c'est membre de l'Union européenne. Mais je ne le fais pas. On va revenir surtout au cœur du débat des municipales.
Sur Lyon, vous savez qu'à Lyon et d'ailleurs sur tous les plateaux de télé, on oublie une chose assez importante, c'est qu'on a une métropole de Lyon qui n'est pas une intercommunalité, qui est une collectivité territoriale à part entière. Donc les Lyonnais ont voté trois fois, les grands Lyonnais. Et là, le RN fait un score à deux chiffres parce qu'il y a beaucoup de questions qui vont se poser au niveau de la métropole de Lyon. Je sais qu'à Paris, on voit un peu mal, on arrive mal à cerner cette collectivité territoriale à statut particulier. Il n'en reste pas moins que le RN fait un score à deux chiffres.
Ça, ils font aussi l'analyser.
Par ailleurs, M. Cormand parle d'alliances énormes de Wauquiez, les droites extrêmes, etc. Pardon, mais si M. Wauquiez a été réélu dans son fièvre de Haute-Loire, c'est parce que la candidate écologiste s'est retirée au profit de M. Wauquiez contre le RN. Donc si vous voulez, les alliances... Non mais d'accord, Front républicain. Donc vous voyez, M. Cormand, vous voyez, M. Cormand, l'alliance avec Laurent Wauquiez, vous n'en avez pas une au Rassemblement national. Par contre, vous, vous en comptez même, c'est que ce front prétendument républicain qui est un front du déni, ce n'est pas un programme, M. Cormand.
Vous voyez bien, avec l'honnêteté avec laquelle vous critiquez Wauquiez, et vous avez raison, vous n'êtes pas d'accord avec M. Wauquiez. C'est un fait. Il ne reste pas moins que vous avez réélu M. Wauquiez. Si M. Wauquiez, aujourd'hui, a une place importante à l'Assemblée nationale, auprès des LR, à la région de Vierne-Rondale, c'est grâce au parti de Mme Sandrine Rousseau et de M. Cormand. Donc vous voyez, le front républicain, ce n'est pas un projet, alors que les Français, ils souffrent. Ils souffrent.
Allez, on termine notre tour des villes avec la presse régionale. On va dans deux villes actuellement dirigées par les écologistes. On commence par Strasbourg. Bonjour Frédéric Vézard, rédacteur en chef des dernières nouvelles d'Alsace et de l'Alsace. Ville dirigée par les écologistes, mais à Strasbourg, ils sont en difficulté. La mer sortante n'arrive que troisième. Oui, Jeanne Barséguet n'a reculé que 19,72% des voix. Elle a perdu quasiment un tiers de son électorat par rapport à 2020. Et l'essentiel de la contestation de ce report de voix s'est fait vers la France insoumise.
On a une situation très particulière à Strasbourg parce qu'on va avoir trois candidats de gauche au second tour, sauf s'il y a alliance entre Jeanne Barséguet et le candidat de la France insoumise. Et donc, une situation qui est assez inédite et je pense assez complexe à l'échelle nationale parce que l'alliance entre les écologistes et les filles ici n'a rien d'évident. La campagne a été assez dure. Ils ont des points de divergence. Donc, on va voir ce qui va se passer mais dans tous les cas, je crois qu'on s'est acheminée vers un second tour qui sera très, très, très disputé. Il va y avoir des alliances et lesquelles, Frédéric ? L'alliance possible.
Ce qui est clair, c'est qu'aujourd'hui, Mme Barséguet, si elle veut être élue, doit passer un accord avec la France insoumise et donc doit se soumettre à un certain nombre, je pense, de conditions. Il faut savoir que Mme Barséguet a une alliance à faire rassemblement également avec certaines branches du Parti socialiste ou proches du Parti socialiste, notamment Place Publique qui s'est dit hostile à toute alliance avec qui elle est fille. Et donc, il va falloir qu'elle choisisse. Voilà.
Il va falloir qu'elle choisisse et on a Catherine Trottmann qui représente un socialisme géré municipal historique qui est en position un petit peu de force et puis le candidat de droite qui réalise un bon score, Jean-Philippe Véther, LR, qui est au-dessus de ce que prédisaient les sondages. Voilà. Donc, on a à l'arrivée trois blocs à peu près à 30% et avec une seule certitude, c'est que si Mme Barséguet ne fait pas alliance avec LFI, elle n'a aucune chance de conserver la mairie de Strasbourg. Merci beaucoup Frédéric Vézard et d'acteur en chef des dernières nouvelles d'Alsace et de l'Alsace. Autre ville écologiste, Poitiers-Tours.
On va en parler avec vous, Luc Bouriane, directeur de la rédaction de la Nouvelle République. Avant de faire un point sur ces deux villes, un mot sur Châtellerault. Là, c'est le Rassemblement National qui est en tête. Oui, absolument, Auriane. Alors, si dans les grandes villes du centre-ouest que sont Blois-Hautour, par exemple, le Rassemblement National sera certes au second tour mais sans capacité de peser. La surprise est venue de Châtellerault où le Rassemblement National arrive en tête en profitant, il faut le dire, de l'éclatement à Châtellerault de la majorité sortante qui est éclatée en trois listes.
Globalement, sur notre zone de diffusion, dans les cinq départements de la Nouvelle République, le Rassemblement National fait de meilleurs scores dans les campagnes, par exemple en Sologne ou dans le sud Indre avec des listes plus ou moins clairement soutenues par le RN. Mais c'est là qu'il le performe plus que dans les villes. Alors, on revient à Poitiers et à Tours. Luc, on le disait, deux villes dirigées actuellement par les écologistes. Comment ça s'est passé ? L'otage plus favorable à Tours pour le maire écologiste Emmanuel Denis qu'à Poitiers pour la mer sortante. Léonore Monconduie à Tours d'abord.
Emmanuel Denis arrive, vire en tête avec plus de dix points d'avance sur le candidat investi par LR et Renaissance, l'ancien maire Christophe Boucher. Mais, signe d'une certaine fébrilité sûrement, Emmanuel Denis n'a pas dit un mot hier soir. Il était sûrement beaucoup trop occupé à discuter d'une fusion avec la liste insoumise en capacité de se maintenir au second tour la liste de conduite par Marie Quinton. Reste à savoir si ce rapprochement très probable n'indisposera pas trop les alliés socialistes d'Emmanuel Denis qui étaient avec lui dès le premier tour. Et quant à Poitiers, cela s'annonce particulièrement complexe pour Élo et Honor m'ont conduit.
Pas moins de six listes sont en capacité de se maintenir à Poitiers au second tour. Et pour la maire écologiste, il y aura peut-être un choix à faire entre s'allier avec la liste insoumise ou avec celle conduite par François Lanchard socialiste. Car à Poitiers, vous le voyez, Aurélien, l'offre était particulièrement éclatée au premier tour à gauche. Et dès hier soir, les appels au ralliement se sont multipliés, parfois de manière d'ailleurs assez contradictoire. À Poitiers, la nuit a été courte et la journée s'annonce particulièrement longue. Merci beaucoup Luc. Et je m'ai dit que dans beaucoup de villes, la nuit a été courte, la journée s'annonce longue.
On le rappelle, c'est jusqu'à demain, 18h, que peuvent se faire les tractations. Tractations locales, mais qui vont dire beaucoup aux nationales. Je vais vous poser la question à tous les quatre. Ça va dire beaucoup pour ces municipales, ça va dire beaucoup aussi pour la présidentielle. Il y a des choses qui se jouent à gauche. Ça peut acter la rupture entre la France insoumise, le PS. Avec les écologistes, David Cormand, on a l'impression qu'ils sont un peu entre les deux. Non, non, mais ça, c'est ce qu'on nous dit tout le temps. Le problème, c'est que moi, je ne crois pas aux gauches irréconciliables. Et d'ailleurs, le résultat de ces municipales nous le disent.
Ces élections municipales, elles disent une autre chose très claire. C'est que s'il y a une gauche éclatée, elle n'a aucune, absolument aucune, perspective de victoire. La ligne, entre guillemets, de la clarté, sans les méchants insoumis ou quoi, on voit que ça marche parfois, mais pas partout. En tout cas, ça ne fera pas la majorité dans la France. Et l'intransitence de Mélenchon suivait mon panache rouge et regardait ma radicalité, la mer va s'ouvrir, ils font des bons scores, mais en fait, ça ne gagne pas non plus.
Et donc, pardon de répéter inlassablement la même chose, c'est qu'il y a un chemin pour la victoire de la gauche dans notre pays, mais elle impose, oui, de la clarté, mais aussi l'unité. Et au municipal, dimanche prochain, il y a deux solutions. Soit il y a une union de la gauche la plus large possible et ça sera une victoire de la gauche au municipal. Soit il n'y a pas cette union et ça sera une défaite de la gauche au municipal. Pour la France, ça sera pareil. Rémi Férault, qu'est-ce que vous répondez à David Cormand ? Et alors, on n'est plus dans la politique fiction. À Toulouse, le Parti Socialiste et la France Insoumise annoncent une liste commune pour le second tour.
Comment vous réagissez ? C'est passé de feu, Rémi Férault. Les élections municipales, c'est municipal. Il y a des situations différentes. Moi, je suis hostile aux accords avec la France Insoumise. C'est un principe, un principe de clarté, une question de valeur. Vous êtes opposé au choix de François Bréhenson, le candidat socialiste à Toulouse. Il n'aurait pas dû s'allier avec la France Insoumise. Ensuite, il y a des situations locales. Chacun prend ses responsabilités. Ce sont les municipales. Ce sont aussi des questions de projet, de situation locale, de personnalité. Donc, ne transformons pas des élections municipales en des élections législatives.
On parlait de Poitiers, on parlait de Tours, on parlait de Strasbourg. On voit bien des situations extrêmement différentes. Moi, je me félicite qu'à Paris, la gauche soit en dynamique et n'ait aucun besoin ni aucune envie de faire des alliances qui brisent cette clarté sur les valeurs et sur le projet. Même question pour vous deux, Olivier Paco, Andrea Cotarac. Hier, Bruno Retailleau a été très clair. Je n'ai qu'une seule consigne. Ce n'est pas une voix à la France Insoumise. Jordan Bardella, il en appelle à la droite sincère. Est-ce qu'il peut y avoir des accords, des alliances entre vos deux formations ?
Alors, très clairement, ce que vous nous avez annoncé sur Toulouse, Toulouse, moi, je cherche le verbe, mais je suis consterné. Je pense que Rémi Ferraud aussi. Pas une voix pour LFI. LFI n'est pas dans le champ républicain. Et donc, pour les LR, c'est très clair. Nous ne ferons pas, aussi, par ailleurs, d'alliance avec le RN parce que ce serait renier une partie et de nos valeurs et de notre programme économique, le RN étant, je vous le rappelle, économiquement plus proche de Rémi Ferraud que de moi. André Akotarac. Jean-Denard Nélai, il a dit qu'il prend la main à la droite sincère. Ça veut dire quoi ? Vous espérez des alliances avec les Républicains ? Nous,
on est assez clair. Partout, on peut l'emporter et éviter la gauche. On tendra la main aux autres qui ne souhaitent pas la gauche. Par ailleurs, je constate qu'à gauche, vous mettez deux élus de gauche sur un plateau et il y a cinq courants politiques.
Merci beaucoup. Merci à tous les quatre d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.
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