Christiane Taubira "L'esclavage est un crime contre l'humanité" | Archive INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Christiane TaubiraFait
« cette tragédie qui a duré 4 siècles qui a saigné l'Afrique qui a mis en contact dans le commerce triangulaire l'Europe l'Afrique les Amériques et la Caraïb ainsi que l'océan Indien »
- 1:00Christiane TaubiraChiffre
« cette tragédie qui a concerné entre 15 et 70 millions 15 millions entre 15 et 30 millions arrivés aux Amériques mais probablement 70 millions »
- 1:45Christiane TaubiraFait
« l'esclavage crime contre l'humanité est déjà reconnu dans le code pénal »
- 3:30Christiane TaubiraFait
« la traite négrière Chang qu'est-ce que ça peut changer ce mot de réparation »
- 5:00Christiane TaubiraFait
« le mot réparation qui était dans votre texte initial a disparu »
- 6:30Christiane TaubiraFait
« il n'y a pas de culpabilité héréditaire et qu'il n'y a plus de survivants parmi les coupables »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Chistiane tobira de laanon bonjour bonjour madame camouli alors fallait-il une loi pour reconnaître l'esclavage crime contre l'humanité le Code noir qui déclarait que l'esclave est un bien meuble qui expliquait que le maître avait le droit à la première fuite de lui couper l'oreille et de le marquer à la fleur de Liss à la deuxème fuite de lui couper le Jaret et de le marquer à la fleur de Liss à la troisième fuite de le mettre à mort ce Code Noir a séjourné dans le droit français pendant près de 2 siècles seul une loi solennelle disant la volonté du peuple français pouvait contrebalancer et dire très clairement que la France fidèle à ce qu'elle représente dans l'imaginaire universel fidèle à sa réputation de patrie des Droits de l'Homme la France des Lumières reconnaît aujourd'hui que ce crime qui était légal qui était officiel qui était justifié également par des textes ecclésiastiques ce crime était un crime contre l'humanité et en fait elle fait son travail de nation phare dans le monde en disant la première qu'elle reconnaît qu'elle se désolidarise de ce crime et qu'elle reconnaît que c'était un crime contre l'humanité alors concrètement qu'est-ce qui va changer euh l'esclavage crime contre l'humanité est déjà reconnu dans le code pénal l'esclavage non daté l'esclavage non localisé l'esclavage en tant que générique est effectivement classé parmi les autres crimes contre l'humanité cette tragédie qui a duré 4 siècles qui a saigné l'Afrique qui a mis en contact dans le commerce triangulaire l'Europe l'Afrique les Amériques et la Caraïb ainsi que l'océan Indien cette tragédie qui a concerné entre 15 et 70 millions 15 millions entre 15 et 30 millions arrivés aux Amériques mais probablement 70 millions puisque les historiens disent qu'il faut compter CIN fois plus puisqu'il y a eu des morts pendant les rasia et pendant la traversée donc cette tragédie là très précise qui a concerné l'ensemble de l'Europe qui a enrichi les ports atlantiques qui a bâti des fortunes qui est à l'origine de nos sociétés de nos sociétés plus culturel mais de nos sociétés longtemps traumatisé cette tragédie là en tant que telle n'était pas encore nommée alors auriez-vous souhaité que la France fasse acte de repentance je ne demande pas à une République laïque de faire un acte de contrition donc que la repentance pour moi ne relève absolument pas de l'acte de légiférer et de la reconnaissance par un exécutif qui s'honore en proclamant haut et fort les valeurs de la République alors vous le savez cette notion de crime contre l'humanité a fait l'objet de controverse l'an passé au moment des émoration notamment entre les juristes et les intellectuels explication su de l'opportunité et de l'intérêt de reconnaître la traite négrière comme crime contre l'humanité les avis sont partagés non pas sur la condamnation morale mais sur l'utilité d'une telle proposition de loi d'un côté les intellectuels emmenés entre autres par l'écrivain antillet édard glissant ils estiment qu'une telle reconnaissance permettrait de conjurer certains nit de l'histoire coloniale ensemble encore nommons la traite et l'esclavage perpétré dans les Amériques crime contre l'humanité regard tourné non pas vers le passé mais vers l'avenir pour Federico Maor Directeur général de l'UNESCO l'intérêt d'un tel texte réside avant tout dans le message qu'il véhicule ce qui compte vraiment c'est dire à tout le monde qu'aujourd'hui nous devons dans notre tête aussi finir avec le colonialisme avec l'esclavage avec l'imposition de les uns sous les autres du côté des juristes en revanche les avis convergent pour considérer qu'un tel texte n'aurait pas de valeur juridique et donc pas d'effets concrets l'examen de cette proposition de loi peut rendre un peu perplexe dans la mesure où il s'agit euh d'une condamnation de principe sur lequel bien entendu je suis en accord total avec ce texte mais on voit difficilement euh les effets concrets que le texte peut avoir au moins pour le passé une position qui néanmoins n'a pas empêché l'adoption de ce texte soutenu par la commission des lois alors Christian tobira deslanon les juristes on l'a vu en tout cas une partie d'entre eux étaient sceptique à l'époque le gouvernement aussi seul Laurent Fabius sétait déterminé en faveur de l'esclavage crime contre l'humanité est-ce que ce n'est pas parce que cette notion de crime contre l'humanité impliquait réparation je n'en suis pas sûr mais je ne sais pas parce qu' se sont pas prononcés là-dessus moi je citerai d'autres juristes pierre trug procureur général de Paris qui dit très précisément que c'était un crime contre l'humanité que cette déportation de population d'Afrique aux Amériques réglementé par le Code noir était un crime contre l'humanité Mireille Delmas Marti définit le crime contre l'humanité comme étant l'atteinte à la part la part d'homme éternel qui se trouve en chacun d'entre nous il est incontestable que la situation des esclaves était atteinte euh dans sa sa part éternelle d'être humain mais euh ce qui est surtout important c'est de savoir s'il y a une contestation manifestement il n'y en a pas euh c'est l'utilité alors ça peut être effectivement une démarche de juriste de s'interroger sur l'utilité notamment les conséquences pénales euh mais il y a d'autres intellectuels il y a des philosophhe politique je pense à Louis salam Molin qui explique bien clairement euh donc la question est de savoir si parce que pendant 150 ans on a organisé l'oubli et le silence on continue à l'organiser pendant des millénaires ou on constate que le non dit est un traumatisme pour un certain nombre de sociétés pour des peuples entiers et qu'on y mette un terme alors on a bien vu que c'était effectivement l'objectif de cet article de loi tout de même le mot réparation qui était dans votre texte initial a disparu est-ce que vous le regrettez aujourd'hui je le regrette dans un sens où je pense que c'est un concept en construction qui que sa construction aurait commencé et aurait été substantiel durant nos débats à l'Assemblée nationale ça a été le cas d'ailleurs pour une part et que sa construction va se poursuivre puisque l'ONU doit examiner une résolution signée par Israël le Cuba et le Sénégal visant à reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité donc la traite négrière Chang qu'est-ce que ça peut changer ce mot de réparation ben le problème c'est la perception qu'il y a sur le terme le concept pour moi n'a pas d'ambiguïé il s'agit d'une réparation symbolique la reconnaissance du crime le fait de lui donner non et statut il s'agit également d'une reconnaissance d'une réparation politique dans le fait de dire qu'il y a des sociétés qui sont aujourd'hui sur des fondements inégalit qui sont déstabilisés essentiellement du fait du système esclavagiste qui a perduré après l'abolition en tout cas dans son organisation sociale ensuite il y a une réparation morale essentielle le fait de dire qu'il y a toujours eu des résistances en Afrique aux Amériques en Europe et que ces résistances ont été extrêmement solidaires et ont abouti à l'abolition mettre tout ça dans les livres scolaires inciter à la recherche aux tes universitaire il y a aussi une réparation culturelle par la réhabilitation des lieux de mémoire donc tout ça ce sont des réparation extrêmement importantes qui n'ont rien à voir avec des réparations financières et qui ne sont pas lié non plus à des jugements dans la mesure où il n'y a pas de culpabilité héréditaire et qu'il n'y a plus de survivants parmi les coupables je remercie beaucoup Christian
Christiane Taubira