Comment les gendarmes enquêtent-ils sur l'origine des incendies ?
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et qui veulent continuer à lutter malgré leur situation professionnelle, personnelle et touristique. Ils ont grillé leurs vacances... - S.Brakhlia: Merci.
A chaque départ de feu, la même question: quelle en est la cause? Une équipe a suivi des gendarmes enquêteurs qui remontent dans le sens inverse de progression des feux pour en déterminer la cause. - Ils sont parmi les premiers à enquêter après le passage des pompiers lors d'un incendie.
C'est les gendarmes de l'identification criminelle. - Quand on voit tout ce qui a brûlé, c'est impressionnant. - Le rôle de cet adjudant-chef et de cet adjudant, c'est de faire parler tous les indices possibles pour retrouver les origines d'un feu, comme sur ce rocher. - Sur toute cette face du rocher, c'est noirci.
La suie a dû se déposer. Le feu est allé dans ce sens. On va aller dans l'autre sens pour remonter la zone d'origine. - Ici, près de Perpignan, le feu a parcouru 4900 ha début juillet. 12 000 personnes évacuées et plus d'une semaine de lutte pour les soldats du feu. 1re étape pour les enquêteurs: identifier le sens de propagation de l'incendie qui laisse des traces un peu partout. - Au niveau de ce petit arbuste, on voit bien que les épines sont encore présentes.
Quand on regarde à peu près à la même hauteur, on n'en a plus du tout. Tout a brûlé. On a un feu, quand il a progressé, qui est allé comme ça.
Les flammes sont venues dans ce sens. Ca fait un biseau. - Analyse confirmée un peu plus loin grâce à un indice insoupçonné. - J'en ai vu un.
Il y a un escargot intéressant pour nous. Par exemple, on voit cet escargot qui est tout petit. La partie blanche est une zone qui a fortement brûlé.
Là, on a une partie plus noire, moins impactée par le feu. Le feu s'est propagé dans cette direction, comme ça. Ca va nous permettre de trouver une zone de départ, la zone d'éclosion.
Au sein de cette zone, on va essayer de trouver des éléments qui peuvent nous donner la cause de départ de l'incendie. - Les enquêteurs procèdent par élimination parmi les 5 principales causes: origine naturelle, installation présente, travaux agricoles, cause humaine, volontaire ou involontaire. - Si on retrouve un mégot, on le prélève.
On fait des prélèvements pour voir s'il n'y a pas eu de produits accélérants comme de l'essence ou du white-spirit, souvent utilisés pour faire un départ de feu. - Les enquêtes peuvent parfois aller très vite. La semaine dernière, alors que le feu dans la forêt de Fontainebleau est à peine fixé... *-4 personnes sont en garde à vue. *-Un pompier volontaire avoue avoir mis le feu. - Des pistes remontées en seulement quelques heures.
C'est dans ce laboratoire de la gendarmerie qu'arrivent les prélèvements faits sur le terrain. Leur analyse doit permettre d'identifier la présence ou non de produits inflammables. - Chaque pic correspond à un composé séparé par la machine et qui nous donne la réponse.
C'est l'image d'un super carburant, un carburant pour moteur essence qui peut être un sans-plomb 98. C'est l'ensemble de ces pics qui nous donne ce composé. - Des informations qui peuvent être cruciales pour résoudre des enquêtes amenées à se multiplier, avec des incendies toujours plus nombreux. - On traite entre 500 et 600 dossiers par an, ce qui est conséquent.
On en traite toute l'année. Les statistiques donnent à peu près 1 incendie toutes les 2 minutes en France. Pas forcément volontaire, mais quand même, ça fait énormément de dossiers. - Depuis le début de la saison, 128 personnes ont été interpellées en France dans le cadre d'enquêtes ouvertes après des incendies. - S.Brakhlia: On voit bien le travail minutieux mené par les gendarmes pour retrouver les causes de ces incendies.
Dans 9 incendies sur 10, l'origine humaine est suspectée, qu'elle soit intentionnelle ou par manque de prudence. On manque de sensibilisation sur le sujet? Le procureur de Gironde a annoncé des peines plus lourdes pour les comportements à risque. - A.Goutard: Dans l'incendie de Fontainebleau, ça démarre d'un chantier.
Les ouvriers utilisent une meuleuse. Ils ont été interpellés et placés en garde à vue à l'issue de l'enquête. Ils utilisent une meuleuse.
C'est l'étincelle de trop. - S.Brakhlia: De l'imprudence. - A.Goutard: Mais en même temps, les magistrats ont considéré que ces 2 hommes et leur entreprise devaient être poursuivis.
Ils sont poursuivis parce qu'ils ont été inconséquents, inconscients...
Ils n'ont pas maîtrisé leur environnement comme ils devaient le faire, dans une zone comme celle-là. - S.Brakhlia: Question. - A.Goutard: Ils sont jugés très sévèrement, les auteurs d'incendie.
Il y a les incendiaires, les pyromanes...
Il faut faire des différences entre les uns et les autres. Les peines sont lourdes. Elles sont tellement lourdes que vous n'avez que 4 % de récidive à l'issue des condamnations.
Ca dissuade et ça fonctionne plutôt pas mal. - S.Brakhlia: Que ce soit par accident ou par imprudence...
Quelles sont les activités humaines...
Comment un feu peut commencer alors que ce n'était peut-être pas voulu, mais c'est l'activité humaine qui le veut? - P.Dessertine: Ca peut être la tondeuse qui va être sur un silex ou la moissonneuse-batteuse.
On arrête, à ce moment-là. Il faut redire qu'il faut réprimer tous ceux qui mettent le feu, mais on doit avoir bien conscience qu'on a dit qu'on allait avoir une croissance des incendies...
Même si on n'a plus un humain dans la forêt, on aura des feux. Le dérèglement du climat fait que vous avez le feu. Il ne faut pas que nos téléspectateurs se disent que si on empêche les humains d'y aller, on n'aura plus de feu.
On doit réprimer ceux qui prennent plaisir, plaisir malade, ou vont mettre le feu. Ca n'arrêtera pas les feux. Vous avez des activités qui vont causer des départs d'incendie, dont les personnes ne se rendent pas compte.
Une personne sur un chantier qui va avoir besoin de sa meuleuse ne pense pas à l'idée de la propagation dans la forêt. - B.Musch: On n'a pas pris conscience de l'importance du dérèglement climatique et de la manière de s'adapter à ce dérèglement.
De l'inconscience de la part de ces 2 ouvriers, peut-être...
Je ne suis pas là pour juger. Ils n'ont pas pris conscience. Leur société aussi, du risque et de l'état de sécheresse qu'on pouvait avoir.
C'est pareil pour le promeneur. Il y avait un barbecue derrière sa voiture, avec des braises...
Les gens ne prennent pas conscience que le monde a changé et que la moindre étincelle peut provoquer des incendies. - S.Brakhlia: Il faut plus sensibiliser?
Ca ne fait pas partie des missions des autorités? - F.Denhez: On sensibilise beaucoup.
Ce n'est pas très tangible. C'est comme le risque climatique. Jusqu'à il y a peu de temps, ça concernait les autres.
On ne peut pas imaginer qu'en balançant un mégot, on va brûler une forêt entière. C'est difficile. Le changement climatique nous ramène à notre statut d'animal, d'être vivant soumis aux aléas de la nature.
On se retrouve tout nus. On pense être protégés, mais on ne l'est pas du tout. C'est déstabilisant, dans notre civilisation écologique, sociale, avec des infrastructures de protection.
Un mégot ou un barbecue...
L'intentionnel, c'est 25 %. Le mégot ou le barbecue, c'est 15. Le bricolage, c'est 35.
Le reste, c'est les transports. L'éclair sur le train qui passe ou le camion sur l'autoroute... - A.Goutard: 25 %, les pyromanes. - S.Brakhlia: Ceux qui prennent plaisir à mettre le feu. - F.Denhez: Le feu, c'est d'autant moins tangible qu'il est fascinant. - S.Brakhlia: C'est tellement fascinant que des pompiers mettent le feu... - F.Denhez: Je peux comprendre qu'un pompier fasse un feu... - A.Goutard: Sur 250 000 pompiers... - F.Denhez: Il n'y a pas un gamin qui n'a pas mis le feu à un bout de papier... - S.Brakhlia: Ce phénomène de pompier pyromane est très minoritaire.
C'est quand même assez intrigant. On l'a vu à Fontainebleau dernièrement. Est-ce que ces profils sont détectables avant de passer à l'acte? - E.Brocardi: On met tout en oeuvre pour essayer de les détecter.
Derrière chaque humain, il y a des faces cachées. Les sapeurs-pompiers représentent toute la société. Il y a les volontaires, les professionnels... 80 % sont des volontaires.
Ils représentent une tranche de notre société. Il faut dissocier l'homme de l'uniforme et faire comprendre que nous mettons tout en oeuvre pour essayer de le détecter. Nous avons des psychologues.
Il faut renforcer le sujet de la détection d'un pompier pyromane ou incendiaire. On essaie de proposer des filtres, mais dans toutes les catégories