GÉRALD DARMANIN : L’EXTRÊME DROITE À L’INTÉRIEUR
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur Macron, il dit des énormités, personne ne lui demande comment il finance tout ça. Madame Le Pen ne nomme pas l’ennemi, et je trouve en effet que je vous êtes plus molle que nous pouvons l’être. Quand j’entends le mot “violences policières”, moi personnellement je m’étouffe.
Gérald Darmanin, vous êtes en tant que ministre de l’Intérieur le ministre en charge des violences faites aux femmes. Est-ce que ça ne vous interroge pas d’être vous même accusé de viol ? Est-ce que ça ne vous pose pas un problème ?
Vous imaginez, comme disait le président Sarkozy, de l’indignité de votre question ? Il y a aussi une relation de confiance, d’homme à homme si je puis dire. Cela fait à peine plus d’un an qu’il est arrivé au ministère de l’Intérieur, et pourtant, vous avez probablement beaucoup entendu parler de lui.
Tantôt qualifié d’autoritaire, de brillant, de dangereux ou de menteur pathologique, qui est le premier flic de France ? Réponse tout de suite dans ce nouveau portrait de ministre. Gérald Darmanin vient de Valenciennes d’une famille très catholique et plutôt modeste.
Il effectue sa scolarité dans un établissement privé catholique réputé, au cœur de Paris avant d’entrer à Sciences Po Lille. Mais comment est-il monté aussi haut, et aussi vite ? Il faut dire que Gérald Darmanin a commencé la politique très tôt.
A 16 ans, il adhère au RPR, l’ancêtre des Républicains. A 22 ans, il rejoint le politique Christian Vanneste, qui vient pourtant de se faire condamner en première instance pour propos homophobes. On ne peut pas mettre sur le même niveau quelque chose qui est fondamental dans l’humanité, qui permet notamment à l’humanité de se perpétuer, et autre chose qui relève de la vie privée mais qui n’a pas à être considéré sur le même plan.
C’est tout. Aujourd’hui, cet ancien mentor est un peu embarrassant pour Gérald Darmanin puisque Christian Vanneste a depuis prôné une alliance avec le Front National, a donné sa voix à Marine Le Pen au deuxième tour et collabore avec Robert Ménard. Un an plus tard, il lui succède comme délégué de l'UMP dans la dixième circonscription du Nord.
Pendant ce temps-là, il écrit aussi quelques articles pour Politique magazine, l’organe de presse de l’Action française, un mouvement politique nationaliste et royaliste d'extrême droite. Il essaiera de s’en distancier un peu plus tard, mais l’Action française affirmera qu’il était bel et bien adhérent et qu’il a en plus participé à un de leurs camps d’été. Selon la journaliste Anne-Sophie Mercier, Gérald Darmanin adopte alors une “position catholique traditionaliste à tendance intégriste” et une position homophobe.
Des positions homophobes qu’il réitérera en 2013 en s’opposant fermement au mariage pour tous. Quelques années plus tard, Gérald Darmanin reviendra sur ces propos qu’il dit regretter et justifiera par un manque d’expérience. En 2010, Il est élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et devient député de la dixième circonscription du Nord en 2012.
Lui aussi fait partie des nouveaux députés, Gérald Darmanin, élu UMP dans la dixième circonscription du Nord. Dès les premiers mois de son mandat, il appelle la ministre des Sports à “interdire le port du voile sur les terrains de football de notre pays” et se fait remarquer pour sa lutte contre l’enseignement de la soi-disant “théorie du genre” à l’école, qui s’avère être une rumeur de l’extrême droite. Il est également très virulent à l’égard de Christiane Taubira qu’il qualifie de tract ambulant pour le FN, ce qui déclenchera une réponse très agacée de sa part.
Lorsqu’une personne est à ce point indifférente aux dégâts considérables qu’il peut produire par ses paroles, qui sont des insultes incontestablement, mais qui sont surtout des déchets même de la pensée humaine, moi je n’en attends rien, je n’en attends vraiment rien. En 2014, nouveau mandat, il devient maire de Tourcoing. Gérald Darmanin, 32 ans, député de la dixième circonscription du Nord, et maire de Tourcoing depuis mars 2014.
Début 2012, il soutient Xavier Bertrand pour la présidence à la tête de l’UMP, avant de soutenir François Fillon en 2012, avant de finalement soutenir Nicolas Sarkozy en 2014. Nicolas Sarkozy gagne la présidence de l’UMP et Gérald Darmanin est nommé secrétaire adjoint aux élections. Retenez bien cela, car Nicolas Sarkozy va devenir une sorte de mentor, au point que leur relation quasi filiale a fait l’objet d’un livre entier.
Parallèlement, il est le directeur de la campagne de Xavier Bertrand aux régionales. Celui-ci gagne, et Gérald Darmanin est élu vice-président du Conseil régional des Hauts-de-France. Si vous avez bien suivi, Gérald Darmanin se retrouve avec beaucoup de mandats, beaucoup trop de mandats cumulés, alors il doit démissionner du poste de député en plein milieu.
En 2016, il soutient Nicolas Sarkozy, avant de soutenir François Fillon lorsqu’il gagne la primaire. Mais lorsque les affaires Fillon sortent, il lâche finalement le candidat. Parallèlement, il publie cette tribune, une critique sévère d’Emmanuel Macron, qu’il qualifie “de poison de la France”, de “démagogue” et de “produit du système”.
Monsieur Macron, il dit des énormités. Personne ne lui demande comment il finance tout ça. C’est quelqu’un qui ne connaît pas le pays d’abord.
Lui qui aime bien la banque, je pense que c’est une bulle spéculative. Dans quelques semaines, la bulle va exploser. On sera au second tour de l’élection présidentielle.
L’inexpérimenté monsieur Macron et madame Le Pen. Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron est élu, et Edouard Philippe lui propose le poste de ministre de l’Action et des Comptes publics, ce qu’il accepte. C’est le retournement de veste de trop, il est exclu des Républicains le 31 octobre 2017, et dans la foulée, il adhère à la République en marche.
Il est ministre, et n’a donc pas le droit, selon une règle tacite de l’Elysée, d’être maire en même temps. Alors, il échange les rôles avec son premier adjoint de Tourcoing. Mais pas de panique, il lui reste encore quelques fonctions supplémentaires ailleurs, puisque selon Alternatives économiques, au 15 août 2017, soit trois mois après sa nomination, il cumule encore 26 autres postes en parallèle du ministère.
Mais son poste de maire semble lui manquer. En 2020, il se représente à la mairie de Tourcoing. Il gagne, et menace alors le président de la République et le Premier ministre de quitter le gouvernement s’ils ne lui font pas une dérogation.
Ils acceptent, et Gérald Darmanin peut donc cumuler les mandats malgré les promesses présidentielles. Il cumule aussi une partie des indemnités qui vont avec. Gérald Darmanin dépasserait donc le plafond légal autorisé selon le journal L’Obs, mais le ministre indique ne pas être au courant de cette règle.
Finalement, il quitte son poste de maire lorsqu’il est nommé ministre de l’Intérieur en Juillet 2020. Et c’est à partir de ce moment-là qu’il va vraiment être sous le feu des projecteurs. Plusieurs affaires ressortent à sa nomination, qui provoque la colère des féministes.
Nous refusons fermement qu’un violeur et un défenseur de violeurs représentent le peuple et notamment quand leurs postes ont pour mission la direction des institutions policières et judiciaires cruciales dans la lutte contre toutes les formes de violences. La première date de 2015, Gérald Darmanin est accusé d'abus de faiblesse par une habitante de Tourcoing, qui porte plainte en février 2018. Elle l'accuse de l'avoir obligée à des relations sexuelles en échange de l'obtention d'un logement et d'un emploi.
Gérald Darmanin la poursuit alors en justice pour dénonciation calomnieuse. L’affaire est classée sans suite, Gérald Darmanin retire sa plainte, l’enquête est réouverte puis à nouveau classée sans suite. En 2009, Sophie Patterson-Spatz, une sympathisante de l'UMP contacte le parti pour tenter de faire annuler une condamnation dont elle fait l’objet.
Gérald Darmanin, qui est alors conseiller municipal et communautaire lui dit qu’il veut bien l’aider, mais seulement en échange de faveurs sexuelles. Elle accepte, s’ensuit un rapport sexuel que Gérald Darmanin qualifiera plus tard de “moment de gêne et d’excitation”. En 2017, Sophie Patterson-Spatz elle, qualifie ce rapport de “non-consenti” et porte plainte pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.
L’affaire est classée sans suite en 2017. L’enquête est réouverte et refermée plusieurs fois suite à de nombreuses procédures judiciaires que nous n’allons pas détailler ici, la dernière en date étant la réouverture de l’enquête par la cour d’appel de Paris qui est toujours d’actualité. Si votre question c’est : Est-ce que vous avez pu être léger ?
Est-ce que vous avez pu envoyer des SMS un peu lourds ? Est-ce que j’ai déjà pris des vents ? La réponse est oui.
J’ai sans doute dû être pas très fin. Gérald Darmanin a là aussi entamé des poursuites judiciaires contre la plaignante pour dénonciation calomnieuse. En juillet 2020, Mediapart révèle des SMS du ministre qui s’est montré très insistant en envoyant une quarantaine de messages à la plaignante.
C’est l’ensemble de cette affaire qui a provoqué la colère des féministes depuis sa nomination. Gérald Darmanin, vous êtes en tant que ministre de l’Intérieur le ministre en charge des violences faites aux femmes. Est-ce que ça ne vous interroge pas d’être vous-même accusé de viol ?
Est-ce que ça ne vous pose pas un problème ? Vous imaginez, comme disait le président Sarkozy, de l’indignité de votre question ? On ne comprend pas pourquoi une personne qui fait l’objet d’abus de faiblesse, d’une enquête pour abus de faiblesse, pour harcèlement sexuel et pour viol, fasse partie d’un gouvernement.
C’est ça qui est problématique aujourd’hui. C’est qu’on à affaire à une personne qui fait partie du gouvernement, qui a avoué avoir demandé une faveur sexuelle en échange d’une faveur pour cette personne et c’est ça qui est problématique. Malgré la contestation, il est tout de même devenu ministre de l’Intérieur, défendu ainsi par Emmanuel Macron.
Il y a aussi une relation de confiance, d’homme à homme si je puis dire. De président de la République à ministre nommé, sur la réalité de ces faits et leurs suites. Je sais que lui-même d’ailleurs est sensible à cela pour pouvoir exercer dignement ses fonctions.
Dès sa prise de fonction, Gérald Darmanin se fait remarquer par cette petite phrase. Quand j’entends le mot “violences policières”, moi personnellement, je m’étouffe. Toujours selon les enregistrements, Cédric Chouviat alors menotté répète “j’étouffe” à sept reprises.
Les policiers le gardent pourtant plaqué au sol pendant de longues minutes. Il appelle également à “stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société”. Moi, j’ai utilisé le mot d’“ensauvagement” parce que j’ai constaté depuis un petit moment que je suis un élu local et que j’ai constaté des actes de sauvagerie.
L’ensauvagement, un terme popularisé par l'extrême droite. Le concept d’ensauvagement prend son envol au sein du Front National, avec la sortie d’un livre. Ce livre, c’est celui-ci.
France orange mécanique, de Laurent Obertone. C’est un livre qui donc a fait polémique parce que l’auteur, non seulement y décrivait des politiques supposément laxistes, une insécurité explosant et accessoirement faisant le lien entre insécurité et immigration. Ce concept est désormais une référence pour Marine Le Pen qui a d’ailleurs présidé à l’Assemblée Nationale en 2018 un colloque intitulé : “De la délinquance à l’ensauvagement.” Il affirme ensuite qu’en arrivant, “l’un de ses premiers gestes en tant que ministre a été de ne pas garder dans la police un agent qui avait porté un écusson qui rappelait le IIIe Reich”.
Sauf que non. C’est faux, comme le démontre Libération dans un article intitulé “le mytho de l’Intérieur”. Dès le mois d’octobre 2020, Il se fait le promoteur de la très controversée loi Sécurité globale.
Cette proposition de loi accroît les pouvoirs des polices municipales, permet l’usage de drônes en manifestation, l'élargissement de l'accès aux images des caméras de vidéosurveillance, la transmission d’images mobiles en temps réel dans les salles de commandement. Elle permet également aux policiers d’accéder à des établissements recevant du public en ayant une arme à feu sur eux, y compris dans des bars ou des boîtes de nuit. Gérald Darmanin défend l’article 24 qui vise à pénaliser l’usage “malveillant” d’images des forces de l’ordre.
Cet article 24, il vise effectivement à ne pas jeter en pâture les policiers et les gendarmes qui font un travail extrêmement difficile. Dans la foulée, il invoque à tort l’affaire d’un couple de policiers assassinés, selon lui, à cause de la diffusion de leurs images, sans que cela ne soit jamais prouvé par l’enquête. La proposition de loi provoque un tollé et est dénoncée par l’ONU, la Commission européenne, le Conseil de l’Europe, et de nombreuses ONG pour atteinte à la liberté d’expression, ou encore au respect de la vie privée.
Cette loi est définitivement adoptée en avril 2021, mais le Conseil constitutionnel censure quelques articles controversés un mois plus tard. Entre-temps, ces images d’un producteur de musique tabassé font le tour des médias. Gérald Darmanin défend la police et assure que la préfecture n'avait pas d'images de l'agression avant leur diffusion par Loopsider.
Il a fallu attendre mardi pour que le procureur de la République de Paris saisisse l’IGPN pour une enquête. Il n’y a pas d’images qui sont données. Le ministre de l’Intérieur, le préfet de police n’a pas eu accès à des images, et ces images ont été mises en ligne par le site informatif que nous connaissons.
Sauf que c’est faux, encore une fois. C’est démenti par le journaliste de Loopsider et par le procureur de la République de Paris. La vidéo issue du système de vidéoprotection du local était également saisie sur indication de monsieur Zecler.
Elle était exploitée par les enquêteurs dans la journée du 23 novembre. Un mois plus tard, Gérald Darmanin se fait remarquer par des propos jugés antisémites dans son dernier livre. Il compare l’action qui est la sienne à celle de Napoléon, vis-à-vis des juifs de France. “Certains d’entre eux”, écrit monsieur Darmanin, “pratiquaient l’usure et faisaient naître troubles et réclamations”.
Cet homme ne sait pas, ne sait plus, car ce que je viens de lire, ce sont les pires, les plus coutumiers clichés antisémites de notre histoire. Autre grand projet de Gérald Darmanin, la loi confortant le respect des principes de la République, dite aussi “loi séparatisme”, adoptée en juillet 2021. Le président de la République a évoqué dans son discours quelque chose qui ressemblerait à un projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains, mais l’idée est bien de lutter contre le séparatisme principal qui est l’islam radical.
Cette loi complexe est censée viser l’islam politique mais rencontre une forte opposition des défenseurs des libertés publiques, au motif notamment d'une remise en question de la loi de 1905, aux libertés de culte, d’association et d’enseignement. Même si aucune religion n’est citée dans le projet de loi, c’est bien le dévoiement de l’islam qui est visé par le gouvernement. Et cette loi, il va en discuter avec… Marine Le Pen justement, avec qui il va débattre sur France 2 en février dernier.
Le simple fait qu’il ait accepté ce débat fait polémique, car un ministre de l’Intérieur qui dialogue avec la cheffe de l’extrême droite, c’était une première. J’en reviens à votre livre parce que je l’ai lu avec beaucoup d’attention, et objectivement, à part quelques incohérences, j’aurais pu le signer. Vous décrivez là l’islamisme de manière extrêmement claire, mais ce n’est pas du tout le cas de la loi.
Mais cela va aller encore plus loin. Pendant cette émission, Gérald Darmanin se positionne à droite de l’extrême droite. Madame Le Pen, dans sa stratégie de dédiabolisation en revient quasiment à être un peu dans la mollesse, je vous trouve, faut vous reprendre des vitamines, vous n’êtes pas assez dure, je vous trouve là.
Vous êtes prête, si je comprends bien, à ne même pas légiférer sur des cultes et vous dites que l’islam n’est même pas un problème. Vous êtes partie assez loin, ça va décevoir beaucoup de vos électeurs j’imagine ce soir. Pardon, mais on a le sentiment que vous dites et que vous pensez la même chose.
Madame Le Pen ne nomme pas l’ennemi, et je trouve en effet que vous êtes plus molle que nous pouvons l’être. Vous regrettez qu’elle soit molle ? Je ne comprends pas bien.
Vous êtes à droite du Rassemblement national sur ces sujets-là. Je dis simplement que Madame Le Pen, je la sens un peu branlante, un peu molle sur les questions. Le journaliste au Monde, Abel Mestre, qualifiera cela de “dédiabolisation par procuration”.
Gérald Darmanin tient absolument à rester populaire auprès des policiers à tel point qu’en mai 2021, le ministre de l’Intérieur participe à une de leurs manifestations, pour réclamer davantage de moyens et exiger plus de sévérité à l’encontre de leurs agresseurs. Là encore, c’est une première pour un ministre. Il fait alors du ministre de l'Intérieur le représentant des policiers, quand son travail consiste normalement à gouverner la police.
Tous les matins quand je me lève, tous les soirs quand je me couche, je pense à vous. Donc, n’ayez aucun doute sur le soutien que je vous porte. Mais la promesse ne semble pas convaincre, le ministre de l’Intérieur est hué.
Au cours de cette manifestation, de vives attaques seront proférées contre la justice. Aujourd’hui, il faut être clair, alors soyons clairs. Le problème de la police, c’est la justice !
La justice, la justice doit rendre des comptes. De quoi inquiéter jusqu’à d’autres ministres du gouvernement. Ce qui me semble dangereux pour notre démocratie, c’est que l’on oppose en permanence la justice et la police.
Les policiers, les magistrats de ce pays sont dans la même barque républicaine. N’opposez pas, s’il vous plaît, deux grandes institutions de la République. C’est insupportable ça.
Autre grand axe de la politique de Gérald Darmanin, la lutte contre la drogue et particulièrement contre le cannabis, dont il fait une priorité nationale. Tous les jours, des associations, des parents, des policiers, des élus locaux, qui concrètement luttent contre cette merde, qu’est la drogue. Cette merde.
La drogue c’est de la merde. Il crée donc une nouvelle amende de 200 euros pour les fumeurs de joints. Quelques mois plus tard, il en remet une couche et se lance dans une grosse campagne de communication, avec une nouvelle proposition : une plateforme pour signaler les points de deal puis, en mai 2021, une amende contre les guetteurs.
Avec l’idée, c’est l’idée avancée par le ministre de l’Intérieur, que le citoyen peut participer à l’action de la police. Ce tweet assez mythique de la préfecture des Deux-Sèvres du 19 septembre dans lequel on nous dit qu’une vingtaine de militaires et une équipe cynophile ont mené une vaste opération à Bressuire où ils ont contrôlé 130 personnes dont une en possession de cannabis. Ah !
Alors ! Un an plus tard, il assure selon ses propres chiffres que cette campagne est un véritable succès. Il estime avoir “gagné une bataille” dans la “guerre” contre le trafic de stupéfiants malgré l’épisode des fraises tagadas que la police avait pris pour de l’ecstasy, ou des acteurs d’un clip de rap que le ministre avait confondu avec de vrais criminels.
Ces images de dealers donc, armés jusqu’aux dents. Des trafiquants de drogue posant complaisamment en gilets pare-balles. Ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin avait communiqué à son sujet via son compte Twitter.
L’État s’imposera face à l’ensauvagement des minorités de la société. C’est un clip de rap ! C’est un rap, on a fait un clip, de la musique !
Une opération de police est actuellement en cours sur place, bilan assez mince de cette opération très médiatique. On apprend aujourd’hui qu’il s’agirait des images d’un clip de rap. J’ai fait ce clip parce que ça faisait un petit moment que je rappais et ça galérait un peu, tu vois ce que je veux dire, ça galérait un peu et il y avait une opportunité de buzzer et je l’ai utilisée, et je l’ai fait.
Des rappeurs ont publié un clip sur youtube. Comme Stromaé, dans le clip Formidable j’ai laissé fuiter deux, trois images, pour préparer le buzz. J’ai attendu, j’ai attendu deux, trois jours que le buzz il prenne, il prenne, ça monte et là, j’ai balancé le clip.
Retour au poulailler, je suis là pour tout niquer. Grenoble c’est pas paumé. Corbac l’écrit à la fin du clip : “Les armes étaient factices, la drogue aussi.” Les images avaient pour but d’impressionner mais aussi peut-être de ridiculiser les forces et de l’ordre et la République.
D’abord, on n’en est pas sûr, il y a le procureur de la République qui s’est exprimé voilà quelques jours pour, effectivement, plutôt crédibiliser le fait que c’était manifestement une démonstration. Quand j’ai demandé des opérations de police au préfet de l’Isère, nous nous sommes aperçus au bout de trois opérations qu’il y a une saisie de 10 kilos de drogue dans ce quartier, dans les quartiers avoisinants. Alors vidéo vraie, ou pas vidéo vraie, ça méritait sans doute que la police s’y intéresse.
Fin août 2021, il se permet un enchaînement de mensonges, en deux interventions télévisées notamment à propos des drogues. Est-ce que vous pensez que quand des caïds, des voyous, vivent avec 100 000 euros d’argent liquide par jour, ils vont monter une petite échoppe, déclarer aux Urssaf et aux impôts ? Si l’on veut pousser le calcul avec les chiffres estimés de la drogue, il y aurait 3 dealers en France, et plus sérieusement, ces chiffres ont été très largement démentis depuis.
Enfin, et pas des moindres, Gérald Darmanin n’est vraiment, mais alors vraiment pas un fan de la critique. En 2017, Mediapart révèle que le ministre passe ses vacances en Corse dans la villa de l’ancien président de la chambre de commerce d’Ajaccio, condamné pour trafic de drogue international. Gérald Darmanin n’apprécie pas et fait un procès à Mediapart, qui sera innocenté par la justice.
Pendant les élections régionales en mai 2021, Audrey Pulvar, alors candidate et opposante politique, qualifie de “glaçante” la manifestation des policiers, ce qui lui vaut une plainte du ministre qu’il retirera par la suite alors que de nombreux observateurs qualifient cette poursuite judiciaire d’”atteinte à la démocratie”. Dès lors, cette plainte est au mieux, une grossière manœuvre d’intimidation, au pire, un terrible coup de canif contre la démocratie. Car il n’y a guère que dans les dictatures, quand même, qu’on voit le ministre de la police s’en prendre aux candidats de l’opposition.
Et plus récemment, il a menacé en direct à la radio la candidate écologiste Sandrine Rousseau de révéler des échanges privés qu’il avait eus avec elle, alors qu’elle est candidate à l’élection présidentielle. Maintenant, madame Rousseau, elle avait pas la même vision de ma personne lorsqu’elle est venue me demander d’être nommée directrice de l’IRA de Lille lorsque j'étais ministre de la Fonction publique. Et puis, si elle le souhaite, on peut publier les demandes de rendez-vous et les demandes de nomination.
Elle était très vexée que je ne la choisisse pas, et quand je vois ses déclarations publiques j’ai bien eu raison de pas proposer sa nomination pour former des nouveaux fonctionnaires. Vous la menacez de publier les textos qu’elle vous a envoyés ? Ca c’est ridicule, voilà.
En tant que premier policier de France, il enfreint la loi sur un plateau. Cela s’appelle du doxing, et c’est interdit par la loi. Je vous en ai énumérés quelques uns, mais les mensonges et polémiques de Gérald Darmanin sont si récurrents qu’on trouve carrément des compilations et top 10 sur internet.
On n’oubliera pas qu’il a aussi menti dans le scandale Adrexo révélé par Blast, qu’il a soutenu Nicolas Sarkozy alors que celui-ci venait d’être condamné par la justice pour corruption et trafic d’influence. Nicolas Sarkozy, qui a été un grand président de la République, et qui en ces moments difficiles a évidemment mon soutien, mon soutien amical. Nous n’oublierons pas non plus ses polémiques sur les rayons dans les supermarchés.
Moi, ça m’a toujours choqué d’entrer dans un hypermarché et de voir qu’il y avait en arrivant un rayon de telle cuisine communautaire et de telle autre à côté. Voilà, en tout cas moi c’est mon opinion. C’est comme ça que ça commence le communautarisme, je pense.
Ou encore, les propos sexistes qu’il a tenus à l’encontre d’une sénatrice en pleine commission d’enquête alors qu’elle était en train de l’interroger. Je me ferais plaisir de passer une soirée, une nuit, une journée, avec madame la sénatrice à la rencontre des habitants. A la rencontre des habitants… C’est la fin de cette émission non-exhaustive évidemment, je ne pouvais pas tout énumérer ou développer ici.
J’espère que ce nouveau portrait vous a plu. N’hésitez pas à me dire quel ministre vous voudriez voir dans la prochaine émission. Pour soutenir Blast, un petit like, un commentaire ou un partage, sur les réseaux sociaux Instagram, Twitter, Facebook ou YouTube, ça peut vraiment faire la différence pour nous.
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Gérald Darmanin