Stéphane Peu est l'invité de "La politique s'éclaire"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Avec nous, vous êtes député communiste de SIN, président du groupe à l'Assemblée nationale. L'affaire Liana qui continue, on le voit, de secouer le monde politique au lendemain de de ces obsèques. Est-ce que vous demandez comme Mathil Panot, comme Jordan Bardella la démission de Gérald Armanin ?
Bon, moi je suis pas un adepte de demander des des démissions euh systématiquement, mais j'ai été quand même choqué euh de l'attitude de Gérard Arrmanin qui euh dès l'annonce euh de la mort de cette petite Liana s'est précipité sur les plateaux de télévision pour surtout ouvrir le parapluie au-dessous de sa tête en disant qu'il avait fait tout ce qu'il fallait, qu'il allait regarder les fautes individuelles. Or, on voit bien que d'abord la justice dans notre pays, elle est exang. On a ça a été dit, on a trois fois moins de procureur que la moyenne européenne, deux fois moins de magistrats.
Donc on a mis de côté la question des moyens. C'est la justice, un des grands services publics qui a été affaibli par 10 ans de macronisme comme l'a été l'école, comme l'a été aussi la sécurité intérieure, comme l'a été bien évidemment l'hôpital public. Donc vous vous dites c'est une question de moyen.
C'est pas ce que dit Join ni le président de la République. Ce n'est pas qu'une question de moyen mais c'est aussi une question de moyen. On peut pas constater qu'on a deux fois moins de magistrats en France que partout ailleurs en Europe et considérer qu'il y a pas un sujet quand même sur la capacité de la justice à traiter l'ensemble des affaires plus de moyens.
Ça aurait empêché l'affaire Liana. En tout cas, moi je suis signataire de la proposition de la de loi intégrale. Donc je je l'ai signé dès le mois de novembre.
Je fais partie des des des 60 parlementaires qui étaient les premiers signataires de cette loi et on essaie de la mettre à l'ordre du genre de l'assemblée parce qu'elle contient des moyens. Qu'est-ce qu'elle changerait que Gérald Armanin il dit ça n'aurait pas empêché la mort de la petite ? Et ben je suis pas je je on peut pas dire ça.
C'est pour ça que je m'interroge beaucoup sur le rôle de Gérald d'Armanain et je pense enfin je pense franchement que ça il aurait pu proposer sa démission, elle aurait peut-être pas été acceptée mais on ne peut pas tout de suite et immédiatement il y a une certaine indicence à dès l'annonce de la mort de cette petite ouvrir un parapluie au-dessus de sa tête et essayer de désigner des bou émissaires. Ça se fait pas. ce n'est pas digne.
Euh voilà, c'est assez indécent et je trouve que de ce point de vue son comportement euh n'est n'était pas n'était pas à la hauteur. Donc euh bien évidemment le pays il est est sidéré, le pays est en colère aussi. Moi, je suis comme beaucoup papa, grand-père et donc on se projette dans dans cette affaire avec effroid et donc euh il faut il faut, moi je crois surtout en urgence mettre cette loi cette loi intégrale en débat parce que c'est une loi qui dit beaucoup de choses sur la façon de réprimer et de punir les actes et les violences faites aux enfants, mais aussi beaucoup de choses parce qu'elle a été conçue avec les associations de défense des enfants.
Il y a elle dit aussi beaucoup de choses sur comment prévenir de tel et comment c'est une loi c'est une loi gobelin et elle pose aussi la question des moyens. Elle ne fait pas moyens 2,7 milliards de plus. Et donc oui, c'est c'est une loi qui permet et de mieux réprimer et sanctionner et aussi de mieux prévenir et de redonner à la parole de l'enfant une place que malheureusement elle n'a pas suffisamment dans la société.
Mais Stéphane P, cette loi, elle a quand même peu de chance de voir le jour, non ? 79 articles. He oui, mais euh c'est là où on va juger si le gouvernement en fait une priorité ou pas.
Il y a beaucoup d'autres lois qui pourraient être euh déplacées pour mettre celle-ci euh dans un examen prioritaire par euh le parlement avec les navettes parlementaires. L'étude de l'examen. Euh on vous demandez quoi ?
L'ouverture d'une session extraordinaire en septembre pour l'examiner. Oui oui, c'est session extraordinaire. On en aura une en juillet si c'est pas suffisant.
Il faut une session extraordinaire en septembre, mais il faut il faut aller vite. Enfin, je parce que là, le projet de loi sur la protection de l'enfance qui va être amélioré en conseil des ministres mercrediend en tout cas, euh il est pas suffisant pour vous ? Non, non, non. pire euh c'est c'est si vous voulez le ce gouvernement nous a habitué à chaque fois qu'il y a un fait d'hiver à faire une petite loi très très qui qui traite un des aspects là c'est une loi globale, c'est une loi intégrale qui doit élever la France dans sa prise en compte des violences faites aux enfants et notamment des violences des violences sexuelles.
Il faut en faire une priorité nationale. Et c'est ce que dit cette loi. le dit pas seulement en en allant puis dans le cerveau des parlementaires qui ont signé cette loi, mais c'est une loi qui a fait remonter les propositions de ceux qui sont au contact de ces violences, notamment les associations de défense de l'enfant.
Ce jeudi, vous aviez ce qu'on appelle votre niche parlementaire à l'Assemblée nationale. C'est une journée qui est réservée aux initiatives communistes et vous avez fait adopter pour la deuxè fois la nationalisation d'Arcellor Mital, le le groupe sidérurgiste. Est-ce que vous pensez que ce texte ira maintenant au bout ?
Alors bon, on est il a été adopté en première lecteur à l'Assemblée, il est allé au Sénat. Nous nous l'avons fait voter cette semaine, hier avant-hier, pardon, en 2è lecture. Donc il doit retourner au Sénat et ensuite il y a la lecture définitive.
La lecture définitive, c'est à la main du gouvernement. Donc nous allons demander au gouvernement de respecter les votes du parlement et d'inscrire la lecture définitive sur la nationalisation d'Arcelleror. Euh s'il s'y refuse en niant le vote majoritaire de l'Assemblée, bah ce sera un des grands sujets de l'élection présidentielle et et il faudra que chacun c'est un dénit de démocratie.
Bah oui, quand on respecte pas le vote des députés et le vote du parlement et accessoirement qu'on respecte pas aussi la volonté majoritaire des des salariés d'Arcelloir parce que est-ce qu'on nationalise pas les pertes en faisant cela ? Bah c'est c'est contradictoire parce que j'ai entendu les macronistes à l'Assemblée nous dire à quel point il fallait faire confiance à Mital parce que les perspective euh de développement de l'acier, notamment de l'acier en Europe, était florissante et qu'il y avait euh des des projections à 25 ans qui disaient à quel point de toute façon l'acier c'est la matière première de l'industrie. Donc tout discours qui c'est pas une question de souveraineté pour nous bien sûr on on ne fait pas de l'industrie de la défense, on fait pas de l'industrie de l'énergie, il y a de l'acier, il y en a partout dans ce studio.
Vous pouvez regarder plein de choses. Il y a de l'acier partout. L'acier, c'est la matière première de l'industrie.
C'est l'industrie de l'industrie. Et donc si on n'est pas souverain sur la production de l'acier, si on laisse Mital dépesser Arcelor comme il le fait depuis maintenant 20 ans et a envoyé tout ça en Inde, au Brésil, aux États-Unis et à faire que en France on ne produise plus d'acier, on aura plus de souveraineté sur la matière première de l'industrie et tous les discours sur la réindustrialisation sont des discours creux. Euh et donc c'est un sujet qui est absolument euh qui est absolument euh essentiel et moi je je constate que le la nationalisation d'Arcelor Mital est évaluée environ à 3 milliards d'euros.
Euh chaque année, le rapport un rapport sénatorial a montré que l'État français, la nation dépensé 211 milliards d'aide aux entreprises sans contrepartie, sans même d'ailleurs être capable de l'évaluer parce que si les sénateurs l'avaient pas évalué, le gouvernement était incapable de le chiffrer. Donc je vois que d'un côté on n'est pas regardant sur les aides aux entreprises, même quand elles ont aucune contrepartie mais de l'autre côté on pousse des cris d'offrais sur 3 milliards pour nationaliser alors que c'est la condition de notre souveraineté et de la réindustrialisation de la France. On parle retraite avec ce rapport du corps qui dit qu'il faut travailler jusqu'à 67,6 ans en 2070 pour euh équilibrer le régime.
C'est vrai qu'on a une démographie en baisse, une espérance de vie qui augmente. Euh faut le suivre ce rapport. Non mais il faut le lire surtout parce que tout le monde lit ce rapport.
Moi, je l'ai lu. Euh tout le monde bah il dit pas que ça, il dit euh il y a il y a un sujet démographique, ça personne peut le nier. Euh il y a plusieurs hypothèses.
Donc soit on allonge la durée euh de de travail, les 67 ans, euh soit euh on repense la cotisation sociale et donc ça y a il y a trois choses. L'âge euh soit les pensions qui sont qui baissent, soit on augmente les cotisations. Vous vous dites il faut augmenter les cotisations, il faut surtout stopper les exénérations de cotisation déjà, c'est-à-dire que tous ceux qui doivent cotiser cotisent.
Euh ça c'est la première chose. La deuxième, au moment où on a un grand débat sur l'intelligence artificielle, mais on a eu un débat sur les robots, repenser la cotisation sur la la produ sur le travail fait par les salariés mais aussi fait par les machines est un sujet. Et deuxièmement, moi je n'ai jamais compris pourquoi la rémunération par le salaire était soumise à cotisation sociale et que les rémunérations par les dividendes ne l'étaient pas.
Donc c'est valable pour la sécurité sociale, c'est valable pour les retraites. Donc on peut revoir l'assiette des cotisations et également le leur montant pour euh garantir dans notre pays une retraite par répartition et par exemple. Non, augmenter les cotisations sociales.
Les cotisations sociales. Euh il y a là un meeting de Raphaël Gluxman cet après-midi. Vous étiez à celui de Jean-Luc Mélenchon il y a une semaine.
Vous vous y serez ce soir. Alors j'étais pas au meeting de Jean-Luc Mélenchon. Je suis allé saluer Jean-Luc Mélenchon à l'issue de son meeting et comme j'habite sur la place où il y avait le meeting à Saint-Nis euh donc forcément j'ai j'ai regardé ça de ma fenêtre avec beaucoup d'attention puis je suis allé le saluer.
Ah vous vouliez pas spécialement y aller en fait ? Bah moi je suis euh un militant communiste donc mon parti est dans un processus. Il y a un congrès début juillet à Lille.
Ensuite, il y aura une une votation des militants communistes qui doit intervenir au premier weekend de septembre sur faut-il un candidat pas un candidat. Ah, les communistes se sont déjà présent prononcés à 64 sur le fait qu'il fallait un candidat autonome. Oui, mais il y aura un vote spécifique sur est-ce qu'il faudra un candidat ?
Est-ce qui est et qui ? Et ce sera début septembre. Moi j'aurais 61,4 % sur le principe d'une candidature autonome.
Non, c'est 61 % sur le texte de de la majorité de la direction du parti communiste. Certain, il y a pas forcément de majorité aujourd'hui. Fabien Roussel a dit, il y aura à l'issue du Congrès euh euh un vote pour trancher la candidature.
Enfin, c'est pas fait en fait. C'est pas encore fait. Et vous, vous dites quoi ?
Il faut un candidat autonome. Je le dis et je le redis. Je l'avais déjà dit d'ailleurs en 2022, donc je suis de assez constant.
Euh moi je pense que pour une formation politique comme le Parti communiste qui doit à tout prix pour être utile à ce pays rester une force nationale, la question majeure de pour le Parti communiste, c'est la question de ces groupes au Sénat et à l'Assemblée nationale. On a déjà aux élections européennes de 2024 en présentant une candidature autonome, on a déjà perdu notre présentation au Parlement européen. Je pense que si demain on perdait à force d'autonomie de vouloir s'autonomiser ou de vouloir ne pas être invisibilisé dans une campagne électorale mais le plus grand risque d'invisibilisation ou d'effacement du parti communiste, elle est comme force nationale, elle est dans la disparition de ces vers qui vous vous pouvez vous ranger ?
Je pense qu'il faut mélchon, c'est c'est le plus proche de vos idées. D'abord le faut savoir quand même que le Rassemblement national a la clé dans la serrure de la porte du pouvoir. Donc ça doit quand même qu'on est de gauche, on doit quand même avoir ça à l'esprit et être préoccupé par ce risque majeur.
Et donc je pense qu'il faut s'unir et je pense qu'il faut s'unir sur un programme de rupture derrière qui en tout cas c'est la démarche qu'on doit que l'on doit engager et donc moi je souhaite le rassemblement de la gauche. Je note que Fabien Roussell dit il y a pas de gauche irréconciliable. S'il y a pas de gauche irréconciliable on peut pas seulement parler au Parti socialiste et ne pas parler à la France insoumise.
Donc moi, je croirais effectivement qu'il y a pas de gauche irréconciliable. qu'on avec tout le monde et qu'on s'unisse sur un programme de rupture. Merci Stéphane peu d'avoir été notre invité député communiste de SI, président du groupe à l'Assemblée nationale.
Stéphane Peu