Après l'interview d'Emmanuel Macron, "un sentiment d'impuissance"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Quelle image vous a laissée Emmanuel Macron hier soir ?
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Vous vous dites tout ça pour ça, en fait ?
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Pourquoi, à l'arrivée, il a voulu prendre la parole ?
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Il aurait dû dire « Je ne peux rien faire en fait » ?
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Est-ce que le problème n'est pas qu'on analyse la parole du président comme s'il ne s'était rien passé ?
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Le référendum, cette fameuse carte joker qu'il se garde depuis des années, qu'en avez-vous pensé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Sur le référendum. C'était effarant. »
- 1:44InvitéFait
« Un sentiment d'impuissance terrifiant. »
- 1:54InvitéFait
« Emmanuel Macron est quand même une mécanique intellectuelle assez formidable. »
- 2:17InvitéFait
« Ukraine, Israël, une honte, ce que fait le gouvernement Netanyahou. »
- 3:00InvitéFait
« C'est tout ça pour quoi ? C'est-à-dire que le président est venu avec une liste de courses au gouvernement. »
- 4:14InvitéFait
« Est-ce que vous allez nationaliser Arcelor ? Ça n'est absolument pas du ressort du président de la République sans pouvoir. »
- 4:50InvitéFait
« Je n'y suis pas favorable et pour telle ou telle raison. »
- 5:11PrésentateurFait
« Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. »
- 5:54InvitéFait
« Il a l'air de passer à côté du diagnostic. »
- 7:05InvitéFait
« Le président avait quand même un atout majeur dans son jeu qui était l'arme du référendum. »
- 8:34InvitéFait
« En juillet dernier, il s'est dépouillé lui-même de son pouvoir. »
- 8:54InvitéFait
« Même la carte du référendum, quand vous lisez l'article 11, tout se fait sur proposition du gouvernement. »
- 10:35InvitéFait
« Il est en partie responsable du blocage politique qui existe dans le pays, en large partie, avec une dissolution ratée, malencontreuse, organisée au pire moment possible. »
- 21:05InvitéFait
« Je souhaite que la loi de janvier 2024 que tous les décrets se soient appliqués. »
Temps de parole
- Invité24 %
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- Invité 316 %
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France Inter, Simon Le Baron, le 7-10. Plus de trois heures en direct à la télévision, ce n'était plus arrivé depuis 2022 à Emmanuel Macron. C'était donc hier soir sur TF1. Mais pour dire quoi le président voulait, nous disait-on, revenir sur le devant de la scène nationale, lui qui s'est fait un peu plus discret médiatiquement depuis la dissolution, qu'en reste-t-il alors ce matin ? C'est ce que nous allons voir avec quatre observateurs très attentifs de notre vie politique. Nathalie Chuc, grand reporter au point, Natacha Polony, essayiste, Jean-Michel Apathy, éditorialiste chez Quotidia et Jérôme Jaffray, politologue, chercheur associé au CEPIPOF. Et bonjour à tous les quatre.
Et comme d'habitude, auditeurs de France Inter, vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000. Et sur l'application Radio France, vous cliquez sur le bouton réagir. Enfin, pour commencer, rapide tour de table, quelle image vous a laissée Emmanuel Macron hier soir ? Natacha Polony ? J'avoue que j'ai eu des réminiscences à la fois de François Mitterrand et de Jacques Chirac. C'est-à-dire que je me suis dit qu'en ressenti, on avait deux septennats. C'était assez lunaire d'ailleurs de voir cette image qui pour moi résume la soirée à la fin de l'émission.
Quand enfin on aborde la question qui, d'après les conseillers en communication d'Emmanuel Macron, allait être le sujet, TF1 avait préparé un habillage. Emmanuel Macron les annonce. Et là, rien. Sur le référendum. C'était effarant. Et en fait, ça raconte un président qui avait besoin de défendre son bilan, mais qui n'a fait qu'un triste aveu. Je disais Mitterrand pour contrôle chômage, on a tout essayé. J'aurais pu ajouter, Lionel Jospin, l'État ne peut pas tout. Un sentiment d'impuissance terrifiant. Jean-Michel Apathy ?
Moi, j'ai trouvé que Emmanuel Macron, pas le président de la République, mais Emmanuel Macron est quand même une mécanique intellectuelle assez formidable. Vous le dites, plus de trois heures d'émission. On passe sur tous les sujets. Après, on est d'accord, pas d'accord, mais il y a des raisonnements, il y a de l'argumentation. Il y a une certaine puissance personnelle. Et après, hélas pour lui, le président, la mise en scène fait que sa parole a une certaine force sur la politique internationale. Ukraine, Israël, une honte, ce que fait le gouvernement Netanyahou. Je trouve que ceci n'est pas beaucoup mis en valeur aujourd'hui, mais on en reparlera sans doute dans les jours qui viennent.
Et ensuite, son rôle réduit à rien d'autre que le commentaire sur la politique intérieure. Et là, il est dans un plaidoyer pour les huit ans passés. C'était un peu long, disons, parce que ça aurait pu être fait en 20 minutes très facilement.
Vous vous dites tout ça pour ça, en fait, Nathalie Chuc ? C'est votre sentiment aussi ?
C'est pas la même chose que Jean-Michel Apathy. J'avais l'impression de regarder The Artist. Vous savez, ce film avec Jean Dujardin, vous dites, l'acteur principal est quand même absolument bluffant. Il ne manque pas de brio et de panache. Et puis après, vous dites, mais en fait, il manquait le sous-titrage, quoi. C'est tout ça pour quoi ? C'est-à-dire que le président est venu avec une liste de courses au gouvernement. TVA social, chantier de simplification, etc. Et puis au fond, en fait, le sous-titrage, c'est quoi ?
C'est qu'il n'a pas de majorité, que le gouvernement de François Bayreau est à la merci d'une motion de censure sur le budget ou à la rentrée, et qu'on ne sait même pas si on va échapper à une nouvelle dissolution. Donc en gros, comme vous l'avez très bien dit, sentiment d'impuissance absolument désastreux.
Mais est-ce que vous comprenez, Jérôme Jaffray, je vais vous poser la même question, pourquoi, à l'arrivée, il a voulu prendre la parole ?
Écoutez, moi j'ai éprouvé un sentiment de gêne, quand même, dans ce trop long débat. C'est qu'au fond, il y a une croyance erronée et un non-dit. Et tout ça a couru pratiquement toutes les missions. Le non-dit, c'est qu'Emmanuel Macron exerce et incarne la fonction présidentielle, qu'il possède une autorité présidentielle liée à un certain nombre de secteurs incontestablement, mais qu'il ne dispose plus du pouvoir de faire. Car ce pouvoir de faire, il faudrait un gouvernement qui lui soit lié vraiment, et une majorité de députés pour voter les textes. Ce n'est pas le cas.
Et la croyance erronée, conjouée volontairement ou non ses interlocuteurs, je pense à Sophie Binet en particulier, lui disant « Est-ce que vous allez nationaliser Arcelor ? » Ça n'est absolument pas du ressort du président de la République sans pouvoir. Sous la cinquième, un président avec pouvoir aurait dit « Je demande au gouvernement de faire une loi et à mes députés élus sur mon nom au lendemain de la présidentielle de voter un texte. » Là, au lieu de répondre « Je n'y suis pas favorable et pour telle ou telle raison », le président Macron tombe à pieds joints dans le piège, allègrement « Je ne vais pas nationaliser Arcelor. » Mais ça n'est pas en son pouvoir.
Et ce non-dit a couru très très longtemps l'émission.
Il aurait dû dire « Je ne peux rien faire en fait, on en revient à la question de l'impuissance. » « Je n'y suis pas favorable, voilà pour telle et telle raison, UDT l'a juste répond. » On en revient à la question de l'impuissance que vous souleviez tout à l'heure, Natacha Polony. Le premier est qu'en effet, cette émission faisait apparaître au grand jour le fait qu'Emmanuel Macron n'arrive pas à intégrer l'article 20 de la Constitution. Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Et en effet, comme l'a très bien dit Jérôme Jaffray, pour l'instant, Emmanuel Macron n'a pas les leviers.
Pour autant, je suis d'accord avec Jérôme Jaffray sur le fait qu'il aurait pu livrer un diagnostic. On attend une parole qui soit une parole d'analyse et de guide vers une direction. Or, en effet, sur les questions internationales, je rejoins Jean-Michel Apathy sur la question de Gaza, il y avait une parole qui était une parole engagée et forte. Pour le reste, il a l'air de passer à côté du diagnostic. À force de vouloir défendre son bilan, il a l'air de découvrir, par exemple, la concurrence déloyale de la Chine. Et on a l'impression qu'il est totalement incapable même de comprendre ce qui est en train de se passer.
Donc il dit, on va essayer de faire en sorte que la Chine ouvre ses marchés. Enfin, on est sur une autre planète. Alors même que nous vivons actuellement un moment de déferlement qui risque de fragiliser, qui a déjà détruit notre industrie et qui risque de fragiliser maintenant notre commerce. Eh bien, il n'y a aucune réponse. Il a fallu attendre 1h45 d'émission pour que le président de la République prononce le verbe « produire ». C'est-à-dire, place le problème là où il est sur la capacité à produire en France pour créer de la richesse. Et à aucun moment, il n'y a eu d'analyse sur les raisons qui font que nous ne produisons plus. Je rebondis, Natacha, sur ce que vous dites.
C'est-à-dire que c'est le gouvernement qui gouverne. Est-ce que le problème, Nathalie Schuch, ce n'est pas qu'on est en train d'analyser la parole du président de la République comme s'il ne s'était rien passé ? C'est-à-dire, majorité relative en 2022, puis des fêtes électorales aux européennes et aux législatives à nouveau en 2024.
Alors, c'est tout à fait le cas. Mais le président avait quand même un atout majeur dans son jeu qui était l'arme du référendum. Le problème, c'est qu'on nous vend des référendums potentiels dans son entourage. Depuis, j'ai regardé le premier article que j'ai écrit là-dessus. Ça date de 2020, en plein Covid, où, à l'époque, on nous parlait éventuellement d'inscrire quelque chose sur l'environnement, dans la Constitution, en nous disant « ça le démange, il a très envie de le faire, de consulter les Français, et puis rien ». Hier soir, exactement la même chose. C'est-à-dire qu'on attend 22h45 ou 46 pour évoquer la question du référendum.
Autant dire qu'il ne faut s'attendre à rien à cette heure-là puisque le public est déjà pour partie rejoindre son lit. Et du coup, on n'a pas beaucoup plus de pistes que ce qu'on avait auparavant, à savoir peut-être un référendum sur la fin de vie si ça s'enlise au Parlement, ce qui est un encouragement, évidemment, à ce que ça se transforme en bourbier à l'Assemblée nationale. Peut-être sur les réseaux sociaux. On n'en sait pas beaucoup plus. Donc on se dit au fond, mais qu'est-ce qu'on attend en fait ? Donc il a des armes, il a des possibilités. Il a encore une parole qu'on écoute, notamment sur la question internationale, qui était la plus intéressante.
Et au fond, on se dit, peut-être aurait-il fallu en rester là. Mais oui, pour le reste, sur la politique intérieure, il en est réduit à Yacafaucon, puisqu'il n'a pas les leviers.
Le référendum, on va en parler. Cette fameuse carte joker qu'il se garde effectivement depuis des années, qui n'a pas encore sorti. Il a eu cet aveu tout de même, Emmanuel Macron, je ne suis pas un homme orchestre, ce n'est pas le président de la République qui fait les choses. Et encore moins depuis juillet dernier. Qu'est-ce que vous en avez pensé, Jean-Michel Apathy ?
Qu'il a raison. Encore moins depuis juillet dernier. En juillet dernier, il s'est dépouillé lui-même de son pouvoir. Donc, c'est lui qui a souhaité sans doute cette mise en scène hier soir. Pourquoi l'a-t-il souhaité ? Pour dire j'existe ? Pour dire je demeure un acteur important de la vie politique française ? Et il a pris le risque, puisqu'il n'avait pas d'annonce à faire, puisqu'il ne pouvait pas en avoir. Même la carte du référendum, quand vous lisez l'article 11, tout se fait sur proposition du gouvernement.
Donc, il faut, Jérôme le disait, il faut une complicité avec le gouvernement qui paraît ne pas exister aujourd'hui, parce que François Bayrou a aussi la nécessité de jouer sa carte, et puis le gouvernement est extrêmement divisé. S'il y avait un référendum, par exemple, sur la fin de vie, il y a un ministre important au moins, qui est Bruno Retailleau, qui appellerait à voter non à la loi. Probablement aussi, François Bayrou appellerait à voter non à la loi.
Et si on a compris, je ne sais pas trop avancer quand même, mais enfin, Emmanuel Macron est plutôt favorable à ce qu'une loi vienne résoudre les problèmes difficiles tels que l'a exposé Charles Bietrich, du difficile, je devrais dire, dramatique. Donc, la marge de manœuvre d'Emmanuel Macron est réduite à zéro. Hier soir, il a plutôt, c'est plutôt une volonté de dire je suis toujours vivant, en fait.
Et de défendre le bilan.
Et défendre le bilan, voilà. Mais défendre le bilan, c'est quand même, ça signale quand même la fin du parcours, quoi. Donc, c'est cette faiblesse-là qu'il a lui-même mise en scène. Ça ne peut pas être autrement. Sauf, je le répète juste, on n'en parlera peut-être plus, mais sur la politique étrangère, où là, puisqu'il y a un consensus, au fond, sur l'aide à l'Ukraine et le regard qui commence à être très critique sur ce qui se passe à Gaza, là, pour le coup, ça voit une certaine portée.
Jérôme Jaffray.
Oui, pour tenir un propos un peu plus aimable pour Emmanuel Macron et participer, donc, du débat, je dirais que, pourquoi, finalement, cet exercice, du point de vue d'Emmanuel Macron ? Il est en partie responsable du blocage politique qui existe dans le pays, en large partie, avec une dissolution ratée, malencontreuse, organisée au pire moment possible. Le pays lui en veut profondément à ce sujet. Il n'est pas sorti de cette dimension. En revanche, son message était autre. Son message était que l'immobilisme actuel du pays ne peut pas lui être imputé. Lui, il est partisan de faire plein de choses. C'est ce qu'il a dit tout au long de l'émission.
Et donc, c'est une charge indirecte contre François Bayrou et son gouvernement. Très fortement, je trouve. Et renvoyer du référendum... Il n'y a pas eu beaucoup de propos désagréables sur le gouvernement ? Précisément, il n'a pas souvent cité le François Bayrou et son nom, pas précisément souligné que c'était bien. Et quand il renvoie le référendum dans quelques mois pour des grandes réformes économiques et sociales, est-ce qu'il ne calcule pas la chute de François Bayrou à un autre gouvernement qui lui serait plus lié ? Par exemple, Sébastien Lecornu, Premier ministre, qui pourrait lui proposer à ce moment-là tous les référendums qu'il voudrait.
Et deuxième chose, très importante dans le message du Président, ne comptez pas que je disparaisse politiquement en 2027. C'est son message profond. Et on exagère trop en pensant au bilan. En réalité, le Président nous dit « Je continuerai à être dans la politique après 2027, bien que je ne puisse pas me représenter. » En 2032 ? D'ailleurs, quand la question lui est posée par Gilles Boulot à la fin de l'émission, est-ce que vous vous représentez en 2032 ? Il a dit qu'il allait réfléchir dès 2027 et chacun qui a tenu le coup jusque-là de façon méritoire a pu penser qu'il réfléchissait déjà.
Et il ne dit pas non, effectivement, quand on lui demande s'il pourrait se représenter en 2032. Ce que je trouve extraordinaire, c'est que Jérôme Jaffray nous présente cette explication comme étant davantage favorable à Emmanuel Macron. Alors, je ne suis pas certaine que ça plaide véritablement pour lui. C'est-à-dire que... Ah, vous êtes cruelle ! Peut-être. Mais il me semble que cette émission s'est ouverte avec des réactions de Français expliquant qu'ils constataient que le pays allait plus mal, que les problèmes ne s'étaient pas résorbés, qu'ils s'étaient au contraire aggravés.
Bref, le sentiment qu'ont beaucoup de Français d'une espèce de délitement, justement d'une impuissance généralisée, une économie qui va mal. C'est-à-dire que les urgences, elles existent. On comprend parfaitement, vous avez raison, qu'Emmanuel Macron s'est mis dans une situation où il ne peut plus agir. Pour autant, il y a déjà la nécessité de poser le bon diagnostic. Ça, ça n'est pas fait. Il y a la possibilité, justement, de faire surgir des débats et de peser sur le gouvernement pour proposer, pour agir.
Or, la situation dans laquelle il met François Bayrou implique, en effet, que c'est un siège éjectable et que, donc, le principal rôle de François Bayrou, c'est de faire en sorte de se maintenir sur ce siège éjectable, donc de ne rien faire. Donc, on est dans un blocage politique parce que chaque acteur joue son petit rôle pour essayer d'exister. Et Emmanuel Macron, en effet, a l'air de vouloir exister beaucoup plus longtemps que ne le souhaiteraient les Français. C'est bien dommage parce que des actions à mener, il y en a.
Ça pourrait être fait si le discours était clair et s'il y avait la volonté d'embarquer tout le monde et non pas d'essayer d'expliquer qu'on a fait les choses parfaitement. Nathalie Chuc.
Pour aller dans le sens de Jérôme Jaffray, je me suis posé la question à la fin de l'émission de savoir si le président n'avait pas un plan caché. Parce qu'annoncer tout ça mais sans les moyens de le faire avec le Premier ministre actuel, je me suis dit mais au fond, est-ce qu'il a dans l'idée de remplacer le Premier ministre s'il venait à sauter sur l'affaire Bétarama, il est auditionné aujourd'hui à l'Assemblée nationale ou à tomber sur une motion de censure ? Est-ce que, comme vous l'avez très bien dit, il a déjà son plan en tête ?
Tiens, je vais nommer Sébastien Lecornu avec qui je m'entends très bien à Matignon et je vais lui faire son discours de politique générale à l'avance comme il avait fait, souvenez-vous, avec Gabriel Attal. Janvier 2024, il nomme Gabriel Attal à Matignon, dix jours avant la déclaration de politique générale du Premier ministre, il lui fait toute la liste de courses en disant il faut faire le réarmement démographique, baisser les impôts de 2 milliards, etc., etc., etc., travailler sur les tablettes. Est-ce qu'au fond, il ne nous fait pas un peu la même chose ? On en est un peu réduit à se dire mais il lui reste encore une carte qui est de changer l'homme ou la femme qui est à Matignon.
La grosse question, comme vous l'avez dit, au janvier 2024, il nous annonce plein de choses et derrière, il ne se passe. Si j'ai changé le Premier ministre, il n'aurait toujours pas de majorité à l'Assemblée. C'est toujours le même problème. C'est une partie qui est terminée pour lui.
Quand vous l'entendez, Jean-Michel, dire il faut que les partis enfin travaillent ensemble, qu'on ait une grande coalition comme en Allemagne, il y croit vraiment ?
C'est comme quand moi je dis qu'au mois de mai, on est heureux qui est du soleil. C'est des banalités, c'est des généralités, ça n'a aucune importance. Emmanuel Macron a perdu le pouvoir il y a un an, il n'a pas les moyens de le retrouver. J'espère, s'il a deux sous de lucidité, qu'il a très peur d'une censure contre François Bayrou parce que s'il y avait une censure, je ne sais pas par qui il le remplacerait de manière efficace. S'il y avait une censure parce que l'automne va être très difficile de ce point de vue, les marchés financiers réagiraient peut-être d'une manière qui mettraient le pays tout entier dans une situation très difficile.
Vous savez, la situation est d'une extrême fragilité. Et s'il y a une remarque complémentaire à faire, c'est que ceci n'est pas du tout apparu hier. Il y a, heureusement pour lui, ça doit être une forme de protection psychologique, un optimisme et un allant chez Emmanuel Macron qui quelquefois peuvent surprendre.
Oui, il a commencé par ça en déplorant le pessimisme dont on fait trop souvent preuve.
C'est vrai que c'est ancré dans ce pays. Quand vous disiez, Natacha, qu'on reproche l'impuissance, on la reproche depuis tout le temps à tous les gouvernants. Vous savez, De Gaulle, on le met en balotage au deuxième tour de 65. En 67, il a une voix de majorité. Il y a 68 qui disent, ça suffit et en 69, on l'éjecte. Le pays n'est jamais tendre avec ses dirigeants. Jamais, nulle part. Un quinquennat, vous dégagez, un septennat, c'est fini. Enfin, quand même, la rotation est forte. Emmanuel Macron, le problème là, c'est qu'on est confronté à une difficulté qui est que le mensonge budgétaire depuis 50 ans arrive à son terme, qu'il faut régler ce problème là.
Aucun discours de soutien à son premier ministre qui tout de même, quand il propose son référendum sur le budget, c'est parce qu'il est un peu démuni, François Bayrou. Aucun soutien à son premier ministre sur ce terrain là. Et pire, si vous permettez, où est le plan ? C'est une des phrases les plus terribles de l'émission. Où est le plan de M. Bayrou ? Qu'il me le montre. Pour le moment, je ne l'ai toujours pas vu. Il n'a pas tort ? Oui, il n'a pas tort, mais quand vous disiez où sont les propos sur Bayrou, en voilà un. Et il n'est pas facile à faire le plan.
Une question d'Augustin, puisque Natacha Polony, vous disiez, il reste des choses à faire et on pourrait se retrouver, le président pourrait mobiliser sur des grands projets pour les deux années qui restent. Il avait dit lors de sa campagne présidentielle pour sa réélection en 2022, ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. Justement, question d'Augustin sur l'application de Radio France. La lutte contre le changement climatique peut-elle relancer le quinquennat et engager les Français dans une nouvelle cause commune ? Alors, ce serait une cause absolument essentielle et qui pourrait, là aussi, embarquer l'ensemble des citoyens si elle était articulée à la question de la production.
Quand Emmanuel Macron commence l'émission en disant rester libre, c'est l'enjeu, comment reste-t-on libre ? En ne dépendant pas des autres et sur l'écologie, évidemment que le chemin qui permet de réconcilier ceux qui ne veulent pas que cette écologie se fasse au détriment des plus pauvres et ceux qui considèrent qu'il y a une véritable urgence, ce qui permet de réconcilier, c'est de dire nous devons produire sur notre sol selon nos critères parce que externaliser la pollution, c'est la pire stupidité que nous puissions faire. C'est ça que j'attendais comme discours et là, ça permettait ensuite de décliner les mesures qui vont faire en sorte que nous puissions décider de tout ça.
Rien de tout ça n'a été dit.
Jérôme Geoffray ? Oui, après avoir été si aimable avec Macron, j'étais quand même aussi frappé de sa solitude politique et extrêmement frappante. C'est-à-dire, par exemple, il propose une conférence, il souhaite une conférence sur le financement du modèle social. C'est exactement reprendre la proposition de Gabriel Attal qui souhaite qu'il y ait même un référendum sur ce sujet. A-t-il cité Gabriel Attal à ce sujet ? A-t-il dit qu'il avait des appuis politiques et des soutiens politiques pour faire cela ? Pas du tout. Il n'a plus de parti. Et finalement, il s'appuie sur deux ministres.
Darmanin cité à tour de bras personnellement et Lecornu, moins cité mais très présent, on le sait, auprès du président de la République. Et les manques de l'émission, j'en ajouterai à ce que vient de dire Natacha Polony, très justement, deux fondamentaux. L'obsolescence de la Ve République que le président, évidemment, veut ignorer puisque être président, par définition, c'est le poste idéal. Pourquoi ? Mais obsolescence, une des réponses, c'est associer les citoyens aux décisions. Pourquoi c'est obsolète ? Vous demandez Jean-Michel Apathy ? Pardon ? Pourquoi ce système est obsolète ? Alors ça, ça nous entraîne un peu loin.
Le système de la Ve République est obsolète quand il y a une différence absolue entre le vote des Français et la gouvernance. C'est ce qui se passe depuis 2022. Je termine quand même sur le deuxième manque. Je vais juste une parenthèse sur la Ve République
et je vous redonne la parole Jérôme Jaffray. L'obsolescence,
faites un deuxième débat là-dessus, ça le mérite.
Mais sur les pouvoirs du président que lui accorde la Ve République, il y a eu un moment avec Robert Ménard quand il lui dit vous êtes sans doute le dirigeant le plus puissant en vertu de la Constitution de toutes les démocraties occidentales et Emmanuel Macron lui dit merci. ça a été un moment assez cocasse. Car le président
n'a pas aujourd'hui les pouvoirs les plus importants des présidents.
Le deuxième manque je rends la parole à Jean-Michel le deuxième manque c'est la dislocation de l'État telle que les Français la constatent mais les pompiers les gardiens de prison les policiers les salles de justice pour les Français ce sont les images les plus marquantes de ces dernières semaines c'est la dislocation de l'État pour les Français telle qu'elle se voit or c'était en parler longuement c'était mettre en cause Darmanin et Retailleau Retailleau a quelques jours de son élection comme président éventuel des Républicains et le président ne souhaitait pas la gêner et Darmanin qui est un de ses ministres les plus proches donc on n'a pas parlé de la dislocation
de l'État Vous êtes tous assez d'accord sur le constat et sur l'impuissance du président de la République dans le contexte actuel est-ce que Nathalie Chuc vous voyez une porte de sortie dans les deux ans à venir il lui reste tout de même deux ans est-ce qu'il sera condamné à défendre son bilan ou est-ce qu'il peut s'en sortir politiquement ?
Dans les événements d'impuissance du président hier soir il y avait sur le champ régalien la question de l'immigration il nous a dit je souhaite que la loi de janvier 2024 que tous les décrets se soient appliqués est-ce qu'on mesure ce que cette phrase veut dire quand même ça veut dire que les décrets d'application d'une loi de janvier 2024 ne sont toujours pas pris ni appliqués donc pour répondre à votre question si une loi de janvier 2024 n'est pas pleinement appliquée qu'est-ce qu'on peut faire d'ici 2027 au fond ?
Ça pose vraiment la question à l'issue La solution entre autres absurdité a bloqué de toute façon l'ensemble des décrets qui devaient être pris Exactement et peut-être que le président envisage de faire une je ne vois pas d'autre solution pour en sortir que l'arme atomique d'une nouvelle distribution Avec quel résultat ?
L'été prochain avant cela à très très court terme puisqu'il nous reste 30 secondes Jean-Michel Apathy et vous en parliez tout à l'heure audition pardon pas encore dissolution audition de François Bayrou aujourd'hui devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les violences en milieu scolaire il devra s'expliquer sur ses déclarations fluctuantes sur Bétarame il joue sa survie politique
une difficulté très grande et si l'audition est bien menée ce qui ressemble quand même à un mensonge risque d'apparaître donc comment François Bayrou va se sortir de cela je ne sais pas tout de même j'ai lu des papiers assez intéressants sur ce qu'est une commission d'enquête parlementaire sur
nous l'avons expliqué dans le journal de 8h aussi
sur le caractère tout de même très particulier de ceux qui peuvent mener les débats qui sont à la fois des juges et à la fois des acteurs politiques et ça n'est pas non plus très satisfaisant
Jean-Michel Apathy Nathalie Chuc Natacha Polony Jérôme Jaffray merci beaucoup à tous les quatre