26ème sommet franco-espagnol à Montauban.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 18:00OuverteRéponse directe
Avez-vous parlé du passeport sanitaire/certificat vaccinal pour faciliter la mobilité touristique ?
- 19:00OuverteRéponse directe
Quand et comment avez-vous appris la sortie de Pablo Iglesias du gouvernement espagnol ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Allez-vous accepter Yolanda Díaz comme deuxième vice-présidente ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Faut-il suspendre le vaccin AstraZeneca par principe de précaution ?
- 24:00OuverteRéponse directe
La dépouille de Manuel Azaña pourrait-elle revenir en Espagne ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Allez-vous accepter Yolanda Díaz comme vice-présidente ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Emmanuel MacronFait
« C'est ici qu'est enterré le dernier président de la Seconde République espagnole, Manuel Azaña »
- 4:00Emmanuel MacronChiffre
« Nous avons 150 000 Français qui vivent en Espagne, 190 000 Espagnols qui vivent en France »
- 20:00Pedro SÁNCHEZFait
« La convention de nationalité que nous venons de signer vient combler une anomalie »
- 22:00Pedro SÁNCHEZFait
« Nous voulons une meilleure connaissance réciproque de nos jeunes, de nos étudiants »
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Bien ! Monsieur le Président du gouvernement espagnol, cher Pedro, Messieurs les ambassadeurs, Mesdames, Messieurs, Madame la préfète, je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui, à Montauban, le président du gouvernement espagnol, Pedro SÁNCHEZ, à l’occasion du 26ème sommet entre nos deux pays. Merci d’avoir pris le temps d’être là, dans cette ville.
Nous venons de tenir un sommet en visioconférence avec nos ministres, je salue aussi notre députée qui est ici présente, et nous avons donc signé à l’instant, avec nos ministres, plusieurs conventions et accords. Nous avons tenu ce sommet à l’instant, qui a été pour partie distanciel, comme on dit aujourd’hui, en raison des contraintes liées au COVID-19. Pour autant, cette rencontre ici, à Montauban, est, je le crois, une étape importante de la relation franco-espagnole, et cela pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, parce que nous consacrons ici un lien historique, politique, humain, très fort entre nos deux pays. En effet, nous avons choisi de le tenir à Montauban, qui est une ville extrêmement importante dans l'histoire et la mémoire de l'Espagne et de la France. C'est ici qu'est enterré le dernier président de la Seconde République espagnole, Manuel Azaña, et nous irons, juste après cette conférence, nous recueillir sur sa tombe avec Monsieur le président du gouvernement espagnol.
Et je crois qu'ici, nous devons continuer d'avoir tous et toutes en tête son dernier discours en juillet 1938, qui était un appel poignant à la paix, et qui rappelle l'engagement de grands intellectuels et des républicains espagnols dans ce combat mené d'abord dans leur pays, puis à travers l'Europe, et dans notre pays. Et vous avoir ici présent, Monsieur le Président du gouvernement, c'est en effet célébrer cette histoire, celle de tous ces combattants de la liberté qui ont fui l'Espagne pour retrouver la France, et qui ont souvent donné leur vie pour ensuite défendre la France elle-même. Ces dernières années ont permis de célébrer leur mémoire, mais nous n'oublierons jamais les nombreux républicains espagnols qui se sont joints à la Résistance française et nous ont permis de rester libres.
Ensuite, cette rencontre de Montauban nous a permis de signer à l'instant une convention historique, qu'on appellera, j'en suis sûr, la convention de Montauban, qui ouvrira la possibilité d'obtenir la double nationalité, française et espagnole. Et je le dis devant notre députée, qui justement a tous ces Français de l'étranger de la région dans sa circonscription, nous avons 150 000 Français qui vivent en Espagne, 190 000 Espagnols qui vivent en France. Et leur permettre de vivre pleinement leur appartenance à nos deux pays, de le vivre de manière totalement assumée, pacifiée, en ouvrant un avenir commun et en permettant d'avoir une génération de citoyens pleinement franco-espagnole, c'est ce que la convention d'aujourd'hui permettra de faire.
Et nous pouvons nous en féliciter ! C’étaient des propositions fortes que vous avez faites Monsieur le Président du Conseil du Gouvernement en arrivant aux responsabilités, sur lesquelles nos ministres, en particulier de la Justice, ont travaillé ensemble, et qui trouvent aujourd’hui leur aboutissement. Cette appartenance commune à l’Europe, ce destin qui nous lie, nous avons pu le constater dans nos échanges, sont le socle de cette amitié.
Tout d’abord, nous avons marqué notre soutien, durant ce sommet, à une Europe de la relance au service de tous les Européens. En effet, nos pays sont touchés par la crise, la crise sanitaire, mais également ses conséquences économiques et sociales. Nous nous sommes ensemble battus pour une relance européenne plus forte.
Et donc ce sommet nous a permis, dans nos échanges bilatéraux avec nos ministres, d’abord de défendre cette Europe de la Santé, un cadre européen pour l’achat des vaccins, une coordination européenne pour justement développer nos capacités de production de vaccins en Europe, pour organiser aussi la vaccination européenne. Donc nous sommes l’un et l’autre défenseurs de cette voie de coordination, de cette approche coopérative. Mais nous avons également, ensemble, voulu consacrer une réponse européenne à la crise, avec un plan de relance ambitieux, négocié en juillet 2020, qui doit nous permettre de décliner une relance écologique où l’énergie et le climat sont des axes structurants de cette aventure européenne, mais aussi de notre coopération bilatérale, puisque nous avons aujourd’hui rappelé et réenclenché, à travers les conventions signées, l’importance des interconnexions électriques et ferroviaires entre nos deux pays.
Nous avons également évoqué les enjeux d’innovation, parce que nous pensons que dans la compétition mondiale, l’Europe et les États membres doivent garder un temps d’avance. Et nous avons, avec l’Espagne, un tissu de coopération scientifique très dense, nourri par des échanges universitaires intenses. Notre volonté est de sortir de cette crise plus forts encore, en actant des coopérations renforcées dans des domaines tels que l’hydrogène, l’électronique, la connectivité et le Cloud.
Vous le voyez, l’objectif que nous partageons avec Pedro SÁNCHEZ, c’est que l’Europe soit en mesure d’agir pour elle-même, par elle-même, dans tous ces domaines, sorte plus forte avec une volonté d’investissement et de relance, une volonté aussi de souveraineté économique, industrielle et climatique renforcée. C’est le même objectif aussi, d’une coopération bilatérale forte et d’une ambition européenne, que nous poursuivons en matière de lutte contre le terrorisme, et cela depuis longtemps. Je le dis ici alors que, après l’hommage au Président Azaña, j’aurai l’occasion de rendre hommage aux victimes du terrorisme dans notre pays qui sont tombées il y a 9 ans sous les attaques terroristes, après en particulier celles de Toulouse.
Et nous avons, il y a quelques jours, le 11 mai, rendu hommage à toutes les victimes du terrorisme dans notre pays, en ce jour européen. La lutte contre le terrorisme a touché en effet cette région, cette ville, notre pays, il y a plusieurs années ; elle continue encore aujourd’hui. Elle a touché aussi l’Espagne, et ce 11 mai est une date européenne, parce que l’Espagne fut aussi touchée.
Je n’oublie pas la présence, l’année dernière, lors de cette cérémonie, de Sa Majesté le Roi d’Espagne. Nous avons destins liés en matière de lutte contre le terrorisme, Monsieur le Président. Nous avons historiquement toujours coopéré, et forgé cette alliance dans la lutte commune contre ETA, puis dans le combat contre le terrorisme islamiste et djihadiste.
Ce combat, nous l’avons réaffirmé nous-mêmes, nos ministres, à travers des coopérations renforcées sur le plan sécuritaire, sur le plan judiciaire. Et nous le poursuivons en matière de sécurité intérieure par les efforts conjugués de nos forces de police, de nos services de renseignements. Mais une coopération qui se poursuit aussi aujourd’hui sur la lutte contre les criminalités, les trafics, en particulier les trafics de stupéfiants.
En matière de protection de frontières et de migration, nous avons pu, là aussi, longuement échanger, avec une volonté commune : permettre dans les prochains mois de rénover notre politique migratoire, le cadre de Schengen, pour le rendre plus efficace ; plus efficace en coopérant mieux avec les pays d’origine et de transit, plus efficace en investissant davantage et en renforçant nos règles de protection des frontières extérieures communes, plus efficace en ayant davantage de solidarité intérieure. Ce triptyque nous réunit, et je sais que nous arriverons à œuvrer ensemble avec plusieurs pays qui partagent nos valeurs et notre volonté d’efficacité et d’humanité, mais également que nous arriverons à convaincre dans les prochains mois l’ensemble de nos collègues. Nous avons enfin également évoqué les sujets de politique étrangère et de défense, particulièrement structurants pour nos deux pays.
Nos deux pays, en effet, sont engagés dans les opérations européenne. Et je veux saluer ici l'implication sans faille de l'Espagne pour aider à la stabilisation du Sahel, le soutien conséquent qu'elle apporte à l'opération Barkhane. Et nous prolongerons et renforcerons également nos coopérations industrielles dans le domaine de l'armement, notamment le système de combat aérien du futur, l’Eurodrone, ou l'hélicoptère Tigre 3.
Je finirai en évoquant le sentiment d'appartenance à l'Europe. L'Espagne et la France sont fières de ce qu'elles sont, fières de leur histoire, de leur diversité, de leurs langues, de leur culture, fières d'être deux pays qui ont une ambition européenne chevillée au corps. Et c'est un chantier auquel contribuera la conférence sur l'Avenir de l'Europe.
Son lancement, la semaine dernière, est une bonne nouvelle. Il faut maintenant que nous nous en emparions, que nos citoyens y prennent toute leur place. Ce chantier trouvera son aboutissement sous présidence française au premier semestre 2022.
Mais l'ensemble de cet agenda européen, que nous portons l'un et l'autre, c'est celui aussi que nous voulons tresser à travers les présidences successives, française et espagnole, du Conseil – premier semestre 2022, deuxième semestre 2023 – avec, là aussi, une série de chantiers que nous souhaitons lancer en commun. Lors de ce sommet, une dizaine d'accords de coopération ont été conclus pour parvenir à une meilleure reconnaissance mutuelle des acquis et diplômes, pour faciliter la coopération en matière de formation professionnelle, pour catalyser les mobilités, hybrider nos créativités, nourrir la richesse de nos cultures respectives, mettre en place un programme commun pour célébrer ensemble le 50ème anniversaire de la mort de Pablo PICASSO en 2023, qui sera un très grand moment aussi de notre histoire commune culturelle. C'est enfin parce que la relation de confiance entre nos deux pays est exceptionnelle, que nous avons aujourd'hui évoqué deux projets d'avenir pour la relation franco-espagnole.
Nous initierons bientôt une stratégie transfrontalière globale entre nos deux pays, rendue nécessaire par la symbiose des territoires de vie de part et d'autre des Pyrénées. Et puis, je suis très heureux de vous annoncer que nous avons décidé de lancer les consultations pour un futur traité de coopération bilatérale franco-espagnole. L'intensité de nos échanges humains, économiques, commerciaux, justifie que nous structurions de manière inédite la relation entre nos deux pays à travers ce traité de coopération bilatérale, qui est une première, mais qui, nos travaux d'aujourd'hui l'ont montré, est pleinement justifié par l'amitié qu'il y a entre nos deux peuples, nos deux pays et nous-mêmes.
Merci, cher Pedro, d'être là aujourd'hui, dans un contexte sanitaire que nous savons difficile pour nos pays et notre continent. Merci de ton amitié, et je veux te dire la fierté qu’ont Montauban et la France de t'accueillir, et de célébrer cette mémoire des républicains espagnols. Merci beaucoup, cher Président Macron.
Tout d'abord, je tiens à saluer tous les médias ici présents, à remercier les ministres et les ambassadeurs ici présents. Je les remercie pour le travail réalisé ces derniers mois pour pouvoir tenir ce sommet bilatéral entre la France et l'Espagne sans aucun doute. Cher Président de la République française, cher Emmanuel, merci beaucoup pour ton hospitalité.
J'aimerais commencer mon intervention en soulignant l'importance pour l'Espagne de tenir ce sommet à Montauban, la ville où est décédé en exil le président de la république espagnole Manuel Azaña. Il y a quelques mois, cher Emmanuel, que nous avons célébré le 50ème anniversaire de sa naissance et le 80ème anniversaire de sa mort. Ce fut un grand chef d'état, un intellectuel, un penseur, un écrivain, une personne qui a transformé, qui a éclairé notre pays, et qui a laissé un héritage écrit qui, encore aujourd'hui, éclaire les esprits de nombreux compatriotes espagnols.
Pas seulement les espagnols ! Je remercie notamment la ville de Montauban pour avoir perpétué le souvenir de cette figure historique qui désormais appartient à l'Espagne et à la France. Les médias ici présents se rappelleront que nous avons rendu visite au collège de Manuel Azaña dans cette école, et nous avons rencontré dans la rue certains de ses élèves que nous avions rencontrés à l'époque.
Ce qui nous appartient, ce qui nous unit aussi, c'est l'héritage de ces milliers de compatriotes qui ont fui le franquisme, la dictature, en quête d'un avenir meilleur en France. Nombre d’entre eux, comme l’a dit le président français, ont contribué à la libération de la France. Et notre présence ici, aujourd’hui, est une reconnaissance à toutes ces personnes, à leurs descendants qui ont pris le relais de cette histoire commune entre la France et l’Espagne.
Certains de leurs représentants nous accompagneront ensuite au cimetière. Aujourd’hui, nous sommes ici pour dire que la conquête de la liberté n'est jamais un acquis. Ce n’est pas une question de passé, mais une question d'avenir.
Je pense que la convention de nationalité que nous venons de signer vient combler une anomalie, parce que de nombreux espagnols français, profondément attachés à leur pays d'accueil, ne pouvaient bénéficier de leur double appartenance. Les populismes identitaires conçoivent l'identité comme quelque chose de fermé. La pensée qui nous représente conçoit l'identité, non pas comme un choix entre une chose et une autre, mais un "et aussi", un "en plus".
Nous sommes dans une époque où les identités sont supranationales, et les exemples de ces compatriotes nous montrent que l'on peut aimer deux nations, que l'on peut lutter pour deux pays du moment que la cause est la liberté. Mais ce n'est pas seulement une action tournée vers le passé, c'est aussi une action tournée vers l'avenir. Comme je le disais, les européens ont la volonté d'avancer ensemble.
Et nous, en tant qu' européens, nous voulons avancer ensemble, ce qui se manifeste dans l'autre ensemble de mesures que nous avons actées lors de cette réunion. Nous voulons une meilleure connaissance réciproque de nos jeunes, de nos étudiants. Et nous voulons développer l'enseignement du français en Espagne, et l'enseignement de l'espagnol en France.
Nous allons adapter le BachiBac à l'éducation à distance. Nous voulons développer la formation, la mobilité des enseignants en formation. Nous voulons aussi faciliter l'accès et l'admission des universitaires d'un pays à l'autre.
Depuis 2007, nous négocions cette question, et finalement, nous sommes arrivés à bon terme. Les ministres qui se sont connectés ensuite depuis Madrid et Paris nous ont permis d'aborder trois grands enjeux auxquels nous devons faire face. Comme l'a dit le Président Macron, tout d'abord la gestion de la pandémie, tant en ce qui concerne l'impulsion de la production des vaccins, que la coordination de la mobilité.
Nous appuyons l'action de la Commission européenne. Nous voulons trouver la meilleure manière de restaurer une mobilité normale et sûre. Ensuite, la relance : mettre en route les fonds Next Generation EU.
Cela offre de nouvelles opportunités pour la collaboration entre nos pays, comme l'a dit le Président Macron. Nous sommes attachés l'un et l'autre à la transition écologique, la neutralité carbone. Et nous voulons aussi avancer dans le domaine des interconnexions électriques entre nos deux pays.
Enfin, nous voulons continuer de construire une Europe inclusive et sociale, une feuille de route qui est marquée au niveau européen avec la conférence sur l'Avenir de l'Europe, le pacte sur l'asile et l'immigration. Nous avons une vision commune sur ce sujet, et sur le prochain sommet social qui aura lieu en mai prochain. C'est un sommet extrêmement productif.
Nous avons abordé une multitude de questions, en particulier les questions transfrontalières, sur lesquelles nous voulons avancer. Nous nous donnons rendez-vous pour pouvoir poursuivre cette collaboration, et pour intensifier encore davantage nos relations. Encore une fois, merci beaucoup, Cher Président, pour ton hospitalité, cela me procure une grande émotion ; ensuite, en tant que président du gouvernement espagnol, d'être accompagné par le président de la République française pour rendre hommage à un grand homme qui a défendu la liberté, la démocratie, la tolérance en Espagne.
Je parle bien entendu du président de la Deuxième République espagnole, Monsieur Manuel Azaña. Merci. Nous allons maintenant prendre des questions, une première question du côté espagnol.
Bonjour à tous les deux, bonjour à tous ! Cette question s'adresse à vous deux. Dans le contexte de vos conversations concernant la pandémie et une mobilité sûre et normale, est-ce que vous avez parlé du passeport sanitaire, du certificat vaccinal ?
Est-ce que vous vous êtes mis d'accord sur ce sujet, un outil qui est très important pour le tourisme en Espagne ? Ensuite, Monsieur Sanchez, Président Sanchez, quand et comment avez-vous appris la sortie de Pablo Iglesias du gouvernement ? Quand est-ce que cette sortie va être effective ?
Et est-ce que vous allez accepter la proposition de Monsieur Iglesias proposant Yolanda DÍAZ comme deuxième vice-présidente, c'est-à-dire devant la vice-présidente économique, Madame Nadia Calvo ? Merci beaucoup pour vos questions. Concernant le passeport vaccinal dont vous parlez, je tiens à vous dire que le terme "passeport" ne me plait pas beaucoup !
On est dans l'espace Schengen, je crois que la mobilité entre les différents pays de l'Union européenne est réglementée de cette façon, donc nous voulons effectivement faciliter la mobilité dès que possible. Effectivement, pour certains secteurs comme le tourisme, c'est essentiel. Mais je dois vous dire que, d'un point de vue bilatéral, et surtout dans le Conseil européen et dans tous les travaux de la Commission, l'Espagne apporte son soutien, cela est clair.
Tous les gouvernements de l'Union européenne ont envie que ce projet soit mis en œuvre dès que possible. C'est ce que nous avons dit lors du dernier Conseil européen. Concernant le deuxième point, nous avons parlé ce matin, bien entendu.
Je lui ai souhaité bonne chance, un petit peu moins de chance qu'au candidat du parti socialiste, Angel Gabilondo, bien sûr. Mais bien entendu, je lui ai souhaité bonne chance dans ce nouveau projet politique, et je l'ai remercié pour sa contribution, son apport dans le cadre du portefeuille des droits sociaux au sein du gouvernement. Je prendrai bien entendu les décisions pertinentes pour faciliter la continuité de nos travaux dans les semaines à venir.
Bien entendu, j'ai une excellente idée de l'actuel ministre du Travail, Yolanda DÍAZ. Juste un mot, puisque la question était aussi adressée sur ce que vous avez appelé le "passeport sanitaire", je préfère aussi le terme de "certificat" sanitaire, sur lequel des travaux européens ont commencé depuis le mois de décembre. Ce qui est important, c'est qu'il y ait là aussi une coordination européenne, parce que, pour le secteur du tourisme, comme vous l'avez très bien dit, la question sera posée dans nos pays, d'abord de permettre à nos concitoyens de recirculer quand l'épidémie aura justement à nouveau baissé, selon des conditions épidémiologiques région par région qu'il faudra définir, mais qui devront être homogènes ; avec des règles qu'il faudra définir : est-ce qu'on demandera des tests aux gens ou pas ?
Et la question sera posée de la réouverture à des pays non-européens. C'est dans ce cadre-là que la question du passeport de personnes qui viendraient hors de l'espace Schengen et de l'Europe se pose dans une stratégie de réouverture. Donc toutes ces questions, qui sont des questions, vous le voyez bien, sanitaires, puisque ce n'est pas à nous de décider politiquement de savoir combien de temps durent l'immunité acquise quand on a eu le virus, l'immunité vaccinale, ce sont des questions que seuls les scientifiques peuvent régler.
La question des vaccins qu'on reconnaîtra : on va rouvrir, quand les choses iront mieux, nos secteurs touristiques, c'est très bien, mais est-ce qu'on reconnaîtra tous les vaccins qui sont faits à travers le monde ? Peut-être pas ! Ce sont des réponses sanitaires dont on a besoin.
Ensuite, on a besoin de clarifier des sujets éthiques, juridiques. Tout cela nécessite une coordination, et c'est pour ça que ces travaux ont commencé depuis le mois de décembre. Et d'ici à mai, ce sont des travaux qui seront très structurants pour organiser, en européens, la réouverture de [INAUDIBLE].
Question de Anne BOURSE, France 3. Bonjour, l'inquiétude grandit autour du vaccin AstraZeneca. L'Allemagne vient de décider de suspendre son utilisation, comme d'autres pays en Europe.
Même les pompiers des Bouches du Rhône ont annoncé aussi tout à l'heure qu'ils ne vaccinaient plus leur personnel avec. Est-ce qu'il est dangereux aujourd'hui de se faire vacciner avec AstraZeneca ? Est-ce qu'il faut le suspendre par principe de précaution ?
Vous avez raison de rappeler que plusieurs partenaires européens ont décidé de suspendre l'usage du vaccin AstraZeneca, jusqu'à, il y a quelques minutes, les autorités sanitaires allemandes. L'Autorité européenne, l’EMA, rendra demain après-midi un avis sur le recours à ce vaccin. Et donc, sur la recommandation du ministre des Solidarités et de la Santé, en lien avec les autorités sanitaires françaises – puisque ce sont des questions sanitaires qui doivent être éclairées par ces autorités indépendantes – la décision qui a été prise, en conformité aussi avec notre politique européenne, c’est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca, en espérant la reprendre vite, si l’avis de l’EMA le permet.
Donc, là aussi, nous avons un guide simple : être éclairés par la science et les autorités sanitaires compétentes, et le faire dans le cadre d’une stratégie européenne. Donc nous suspendons jusqu’à demain après-midi ! En ce qui me concerne, j’aimerais d'abord insister sur le point que si cela se produit, c'est parce que les agences de régulation, et en principe l’EMA, surveillent le processus de vaccination.
Il y a donc une garantie, une sécurité. C'est un message que nous devons envoyer à toute la population, concernant le processus de vaccination. En Espagne, nous avons également une institution qui suit le processus [--- coupure] de ce vaccin.
En Espagne, l'Agence espagnole des médicaments et des produits de santé, ainsi que d'autres agences de réglementation en Europe, et l’EMA, analysent la question. Cet après-midi, la ministre de la Santé va intervenir en Espagne, à Madrid, pour annoncer les décisions qui vont être prises, et qui dépendent bien entendu du critère technique, qui dira si, oui ou non, le vaccin AstraZeneca va être suspendu. Oui, pour les deux présidents : la visite à la tombe de Manuel Azaña a une forte composante symbolique.
Est-ce qu’il y aurait la possibilité que la dépouille d'Azaña revienne en Espagne ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Ensuite, Monsieur SÁNCHEZ, est-ce que vous acceptez que la vice-présidente soit Yolanda DÍAZ, ou bien est-ce que c'est quelque chose qui n'est pas encore décidé ?
Il sera plus facile de travailler sans Iglesias dans le gouvernement ? C'est une question. Ciudadanos a également joué un rôle essentiel, ces derniers temps.
Est-ce que le fiasco de Murcia peut faire que vous perdiez cet allié ? Est-ce que vous avez des critiques à ce sujet ? Concernant la première question, j'ai déjà dit que le président de la République espagnole fait partie désormais de l'histoire commune de la France et de l'Espagne.
Les membres de la famille vivants de Manuel Azaña sont d'accord sur le fait que la dépouille du président de la République doit rester là où il a été enterré, c'est-à-dire à Montauban. Maintenant, dans le cadre du débat parlementaire qui va avoir lieu concernant la loi sur la Mémoire démocratique, bien entendu, nous revendiquerons du point de vue historique la figure de personnes comme Manuel Azaña. Voilà ce que je peux vous dire.
Concernant votre question, nous n'envisageons pas que la dépouille de Manuel Azaña revienne en Espagne. En revanche, nous voulons revendiquer, dans le cadre de la mémoire démocratique, la figure de Manuel Azaña. C'est une histoire commune de la France et de l'Espagne, j'insiste, et je crois que Manuel Azaña doit reposer là où il a été enterré, c'est-à-dire à Montauban.
Concernant votre deuxième question, Yolanda DÍAZ peut compter sur tout mon soutien. C'est une ministre qui fait un travail fantastique en tant que ministre du Travail, et je respecte les accords du gouvernement de coalition – j'ai pu le démontrer toute cette année – et Unidas Podemos participe au gouvernement de l'Espagne. Et bien entendu, il y a une deuxième vice-présidence qui doit représenter Unidas Podemos au sein du gouvernement.
Il n'y a aucun malentendu. Il va y avoir une continuité, cela est évident. Je vous ai dit tout à l'heure que j'ai parlé avec Pablo Iglesias, que je lui ai souhaité bonne chance.
Et je l'ai remercié pour le travail qu'il a fourni dans un contexte très difficile, avec le problème des résidences de personnes âgées avec la pandémie. Il a joué un rôle en tant que ministre des Droits sociaux, un rôle essentiel en dépit de nos différences, car il est clair que nous faisons partie de deux formations avec des cultures différentes. Mais le travail avec Pablo Iglesias, la coordination, a été fantastique et optimale.
Et je l'ai déjà dit à d’autres reprises, je suis satisfait de la façon dont fonctionne notre gouvernement de coalition. Ensuite, quant à la motion de censure à Murcie, j’envisagerais la question d'une façon différente. Il y a, au sein du Parti populaire, un mélange entre changement et continuité.
La continuité, c'est la corruption, le transfugisme, pour pouvoir maintenir des gouvernements qui ont perdu leur majorité parlementaire. Mais outre cette continuité dans la corruption et les mauvaises pratiques, il y a aussi une espèce de changement, un tournant, un tournant vers l'extrême-droite, et la rupture de toute entente avec des partis de centre droite. Donc à Murcie, ce que l'on peut voir, et à Madrid également, c'est que le Parti populaire mélange la continuité de la corruption et le changement, le tournant vers l'extrême droite.
Sur la question que vous avez évoquée, Monsieur le président a répondu sur à la fois le souhait du gouvernement espagnol et de la famille. Pour ma part, je veux dire ici combien nous sommes fiers que la sépulture du Président Azaña soit sur notre sol, parce qu'elle scelle aussi une part de cette histoire commune que j'évoquais tout à l'heure. En mars dernier, j'avais eu l'occasion de célébrer une autre personnalité à travers Rafael Gomez Nieto, qui était le dernier survivant, à presque 100 ans, de la "Nueve", et de ces formidables républicains espagnols qui ont résisté et contribué à libérer Paris.
Tous ces destins-là sont de grands Espagnols, mais qui ont aussi beaucoup apporté à la France. Donc évidemment, ce sera toujours une histoire commune, et qui nous rend immensément fiers. Une question de Valérie GAS, de RFI.
Bonjour Messieurs. Monsieur le Président de la République, il y a un an, quasiment jour pour jour, vous décidiez de confiner la France. Aujourd'hui, la situation est à nouveau très tendue, surtout dans certaines zones, et on déplore déjà 90 000 morts dans le pays.
Est-ce que les Français, et particulièrement ceux qui habitent en Île-de-France, vont devoir passer par un nouveau confinement ? Le professeur RIOU, de l'APHP, estime que chaque semaine qui passe sans confinement est une semaine perdue. Que lui répondez-vous, Monsieur le Président ?
Vous savez, les décisions que nous prenons depuis un an, et que l'ensemble des gouvernements européens et des gouvernements du monde ont à prendre, ne sont jamais des réactions qui se font à la légère. Elles sont parmi les plus difficiles qui nous reviennent, car nous parlons simplement de la liberté, de la vie d'une nation, de l'intimité de nos concitoyens. Dans ce moment-là, vous avez raison de rappeler toutes celles et ceux qui sont tombés à cause de ce virus, et tant de familles endeuillées !
Quand nous avons pris la décision, il y a un an, de "confiner", comme on dit maintenant, et donc de demander à nos concitoyens des restrictions inédites, pour ces raisons sanitaires, de leur liberté d'aller et venir, de travailler et d'être éduqué, c'était parce que nous étions devant ce phénomène inédit, et que c'était le seul moyen de protéger les vies et de protéger notre système hospitalier. Ça a toujours été notre guide. Maintenant, nous avons tous à concilier plusieurs dimensions de la vie de notre nation : bien évidemment protéger les plus faibles, protéger la vie de nos concitoyens qui sont le plus menacés ; protéger notre système de santé ; protéger aussi des autres maladies qui continuent pendant ce virus ; protéger contre la détresse, qui va avec le fait d'être isolé, parce que nous avons aussi appris qu’isoler pour protéger conduisait à d'autres troubles, à des maladies mentales, à des dépressions graves ; protéger en éduquant nos enfants et nos jeunes, qui en ont besoin, et nous avons aussi appris que fermer des écoles avait des conséquences peut-être parfois plus graves ; protéger en permettant aussi à la vie économique et sociale de se poursuivre.
Donc c'est cet ensemble qu'il faut à chaque instant, constamment, prendre en considération, de manière adaptée, proportionnée, et en regardant la réalité de l'épidémie ville par ville, territoire par territoire. C'est ce que nous faisons en permanence. Et donc c’est en fonction de ces évolutions que nous aurons à prendre, dans les jours qui viennent, sans doute, de nouvelles décisions, et que nous aurons encore à en prendre, et que j'ai demandé aussi au Gouvernement de travailler pour que, dans les prochains jours, nous puissions redonner de la visibilité à nos concitoyens sur le calendrier.
Le maître du temps, c'est le virus, malheureusement, et nous sommes en train de le vivre. Notre collègue italien, ces derniers jours, a décidé un quatrième confinement en Italie, représentez-vous. Je pense qu'il faut regarder aussi la réalité, le caractère imprévisible de ce virus, et sa dureté.
Donc il faut à la fois beaucoup d'humilité. Il faut prendre tous ces paramètres en compte. Je souhaite aussi que nous puissions travailler pour redonner de la visibilité sur, pas simplement les prochains jours, mais également les prochaines étapes, en fonction aussi des clarifications que nous aurons sur les vaccins.
Donc, il y a toujours des éléments constants, et il y a des éléments d'incertitude qu'il faut pouvoir lever dans les prochaines heures et les prochains jours, pour répondre de la manière la plus adaptée à la question que vous venez de me poser. La conférence de presse est terminée, je vous remercie. Merci beaucoup, Mesdames, Messieurs.
Merci à vous. Merci, cher Président, et donc nous allons nous recueillir.
Emmanuel Macron