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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 3 mai 2017 19 min

Édouard Philippe : «Je ne crois pas à l'ouverture comme celle pratiquée par Nicolas Sarkozy en 2007»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ni la gauche du ni le Parti socialiste, ni les républicains ne sont qualifiés pour ce second tour de la présidentielle. Situation inédite. Que vont devenir les Républicains ?

Est-ce qu'une sissageable ? Est-ce que certains vont vouloir aller travailler avec Macron ? C'est avec Édouard Philippe, le député maire du Havre ce matin que nous sommes. [Musique] Édouard Philippe, bonjour.

Bonjour. Euh François Barouin précisément ce matin, qui doit euh diriger la campagne euh des législatives pour les Républicains. Tous ceux qui se rapprocheront de Macron avant les législatives seront exclus.

C'est normal. Moi je comprends qu'ils le disent. Ouais, il peut le dire.

Ah, il peut pas parfaitement le dire. Je je je comprends qu'il le disent. Il est le chef d'un d'un parti qui s'apprête à livrer une bataille.

Je suis pas sûr qu'il soit le chef du parti, mais en tout cas, il est celui que que nous avons collectivement désigné comme comme ayant vocation à diriger euh la bataille entre guillemets, en tout cas la bataille électorale. Et par définition, il exprime un point de vue qui au fond est un point de vue de bon sens. On ne peut pas être ici et ailleurs.

Bien sûr, Bruno Lemire, nous pouvons travailler avec Macron pour un kakina utile. Vous êtes sur cet état d'esprit là. C'est c'est une des grandes difficultés du système institutionnel de la 5e République qui est fondée sur le fait majoritaire et dans lequel il y a une majorité qui s'oppose en pardon une opposition qui s'oppose à une majorité ou d'ailleurs plusieurs minorité qui s'oppose à une majorité.

Ouais. Euh c'est que euh on on surjoue d'une certaine façon l'affrontement. Il y a il y a toutes les gammes d'opposition possibles hein dans un système institutionnel comme le système c'est qui a votre préférence.

Je je continue. Moi moi j'ai été élu en 2012 député dans l'opposition. Ouais.

J'ai été dans l'opposition. J'ai combattu toute une série de mesures que je pensais mauvaise. J'ai voté contre des lois que je pensais une inadéquate.

Puis je l'ai fait sans sans sans sans m'en café naturellement. Mais il se trouve que j'ai aussi voté des lois dont je pensais qu'elles étaient bonnes et que il peut arriver et d'une certaine façon Dieu soit loué que sur un bon texte ou sur une bonne idée, on préfère essayer d'améliorer plutôt que par nature parce qu'on serait dans l'opposition systématiquement s'opposer. Mais je peux très bien comprendre d'autres calculs, d'autres attitudes.

Moi je sais que personnellement, je considère que dans le système démocratique et dans le système parlementaire, il faut être à la fois loyal vis-à-vis de l'étiquette et du parti avec lequel on a été élu et en même temps et en même temps d'une liberté intellectuelle qui autorise le fait de dire ça c'est intelligent et je le dis en traduction. Ça veut dire quoi ? et pardon de vous dire que ça me semble euh le plus élémentaire bon sens.

On va on va essayer d'éclaircir le plus élémentaire bon sens. Est-ce que vous restez chez les républicains ? Mais j'ai pas du tout vocation à partir des républicains.

Je voudrais simplement vous rappeler quelque chose. Il en 2002 ou celui qui a créé celui qui a créé ce parti qui s'appelait l'UMP c'était Alain Jupé. Moi, j'étais son directeur général, j'étais son plus proche collaborateur à l'époque et je l'ai aidé autant que je pouvais. pour rester chez les républicains.

C'est ce que je comprends. Non mais je du coup je voudrais vous répondre complètement à la question parce qu'elle est intéressante. Je l'ai aidé autant que je pouvais à créer ce parti qui était le rassemblement du RPR, des libéraux et d'une immense majoritaire partie de l'UDF.

C'était quoi le pacte fondateur de ce parti ? Non mais on va pas faire d'histoire, on parle de l'avenir. Mais justement, mais justement c'est pas du tout son lien.

C'était l'idée de dire on a une base politique suffisamment large pour garantir la présence de nos idées au deuxème tour d'une élection présidentielle. Qu'est-ce qui s'est passé cette fois-ci ? On n' pas été au deuxème tour de l'élection présidentielle. et notre base, elle s'est rétrée et tout le monde le sait.

En 2012, l'UDI est parti 2012 et aujourd'hui l'espace politique des Républicain, il est rétrécié. C'est un fait. On a quand même le droit de se poser des questions sur la ligne et sur ce qu'il convient de faire à l'avenir.

Est-ce que vous pourriez rentrer dans une majorité Macron ? Accessoirement, je ne suis pas candidat au législatif. Donc la question la question, elle est elle est plus intellectuelle que politique.

D'accord. Ce qui facilite d'ailleurs votre choix d'une certaine façon. Je pense que euh l'ensemble de la droite et que l'ensemble du paysage politique français va être confronté à une situation que nous ne connaissons pas encore et qui va dépendre de la capacité euh de l'Emmanuel Macron s'il est élu, ce qui ne me semble pas acquis.

Ouais, je vous le dis comme je le pense. Ouais. Mais s'il est élu, il a la possibilité de faire quelque chose que personne n'a jamais fait avant qui est de transgresser.

Je ne sais pas si Est-ce que vous pourriez être est-ce que vous pourriez être le ministre d'Emmanuel Macron ? Moi je ne la rumeur court. Très bien.

Quel cours ? J'en suis honoré ou désolé, je ne sais pas dans quelle place il faut se situer. Ce que je sais en revanche, c'est que je ne crois pas au système d'ouverture.

J'ai vu Nicolas Sarkozy pratiquer l'ouverture en au débauchage individuel. Je n'y crois pas. J'ai vu l'ouverture pratiquée en 2007.

Bon et encore une fois, c'est pas Emmanuel Macron qui l'a pratiqué en 2007, c'est Nicolas Sarkozy et il l'a pratiqué avec des gens qui sont par ailleurs tout à fait respectables. Je vois pas quel est l'impact politique de cette ouverture. Je ne crois pas à l'ouverture.

Je ne crois pas au débauchage individuel. Ensuite, si Emmanuel Macron euh compte tenu des conditions de sa victoire veut effectivement transgresser complètement et ben je pense que l'ensemble de la droite, ça sera pas Édouard Philippe, l'ensemble de la droite devra se poser la question. Donc ça veut dire que la droite peut seinder.

La droite parlementaire sa pas. Je ne sais pas. Elle a pas vocation à le faire.

Mais elle peut je ne sais pas. Ça se ferait ça se ferait elle s'est déjà Non mais là vous voyez non mais attendez il y a des discours qui sont très différents. Si on écoute monsieur Barouin, si on écoute quelques madame Morano qui sont sur une droite Oui mais on peut le dire comme ça une droite dure et d'autres comme vous comme le maire qui sont différents.

Je vois mon parti encore une fois dont je suis membre dont je suis membre du bureau politique et que j'ai contribué à créer comme beaucoup d'autres quand je vois mon parti tortiller pendant 2 he Ouais après un premier tour de l'élection présidentielle pour savoir pour qui voter pour savoir comment il faut dire qu'éventuellement pardon mais je me dis est-ce que est-ce qu'il y a encore l'affection sociétatis au-delà de la stratégie électorale de court terme pour les législatives est-ce qu'il y a encore ce qui ce qui nous dit c'est une vraie question est-ce que vous avez vocation à vivre encore ensemble tous cela mais je crois que c'est une question qui tarode énormément de gens alors comme on votre réponse comme comme il y a beaucoup de gens à droite et c'est parfaitement légitime qui prépare les législatives, tout le monde préfère dire allez on fait la on fait la tortue jusqu'au législative, on a une chance de les gagner. Bon, je comprends très bien ce raisonnement. Il y a une chance de cohabitation, vous pensez ?

Ça s'est jamais vu plus exactement. ERC Vert a l'air sur cette ligne. On a déjà on a déjà vu des cohabitations mais c'était des cohabitations de fin de mandat.

C'était pas des cohabitations de début de mandat. Alors, je sais pas, on verra bien. Mais euh mais mais on voit bien que euh on voit bien que cette question au fond, elle tarote beaucoup euh que il a été décidé par le bureau politique de ne pas se la poser avant les législatives.

Parfaitement respectable, parfaitement. Mais vous vous serez ceux qui la poseraient après les législatives. Mais c'est mais ce sera pas moi Jean-Paul Duchemol ou René qui la posera.

Tout le monde se la pose. Elle sera posée. Elle sera évidemment mais bien sûr.

Bon et il pourrait y avoir soit un rassemblement à ce moment-là. Vous décidez de si le résultat est très positif tous ensemble rien ou alors vous vous séparez. Il y a il y a il y a il y a un nombre de si avant d'arriver à cette question euh qui gagne le deuxème tour de l'élection présidentielle.

Je maintiens. Ouais. Non mais d'accord mais ouais mais pardon pardon je je je prétends Non mais votre prudence vous adore.

Mais quand même. Non non c'est pas de la prudence c'est du réalisme. Je je prétends que tous les types journalistes ou élus qui font des plans sur la comète à 6 semaines après les élections législatives alors qu'il y a une élection présidentielle un deuxème tour qui n'a rien de jouer dimanche euh sont des très beaux théoriciens, des esprits très fins mais mais qu'ils se trompent d'actualité et de réalité.

Si la droite se sépare, se divise en deux et qu'il y a un groupe, on va dire de votre dans qui est dans votre état d'esprit, est-ce que vous pouvez travailler avec Macron ? Intégrer la majorité de Macron ? Je je je ne sais je ne sais même pas quelle majorité Emmanuel Macron voudra construire.

Vous savez très bien qu'il veut essayer de une une majorité d'équilibre avec des gens de droite, des gens de gauche, des gens du centre. Ça s'appelle transgresser, c'est bien de le dire et on verra s'il ose le faire. D'accord.

Comment vous jugez la la campagne de cet entre deux tours ? Moi je la juge préoccupante. Pourquoi ?

Elle est très violente. Je fais parmi je fais partie de ceux qui qui pensent on n'est pas une majorité et qui ont toujours pensé que Marine Le Pen faisait une bonne campagne de premier tour. Oui, il y a eu beaucoup de gens qui disant "Elle fait une très mauvaise campagne." Oui, c'est ce que on a entendu.

Moi je pense qu'elle faisait une très bonne campagne de premier tour au sens où son objectif parce qu'elle était je crois à peu près certaine d'être qualifiée pour le sud, c'était de ne pas donner trop d'aspérité pour préparer le l'arrivée de gens qui n'ont pas vocation à voter pour elle à cause du plafond de verre, à cause des excès de son père, à cause des excès de son parti mais qui finalement aurait pu se retrouver et je crois qu'elle est en train de réaliser ce qu'elle a pensé. Euh cette campagne de 2e tour, elle aboutira, je crois, à quelque chose de totalement nouveau dans le monde politique. Hm hm.

C'est la dédiabolisation de Madame Le Pen. Elle est pas totale, elle est pas complète. Quand je vois les quand je vois les réactions à l'intérieur de Debout la République, le mouvement de Nicolas Duponignan à l'alliance conclu par Nicolas Du Pontignan, c'est-à-dire les démissions, le rejet ça, je vois bien que cette dédiabolisation n'est pas complète, mais elle est extrêmement bien entamée et elle va transformer, me semble-t-il, le débat public français après l'élection présidentielle parce que elle fera peser sur la droite euh sur la droite de la droite un poids qui n'aura à mon avis rien de comparable demain avec ce qu'il était hier.

Ah bon ? Vous pensez que ça sera incomparable ? Ah je pense, ouais, je pense que le le l'acquis essentiel d'ors et déjà acquis de cette élection présidentielle, c'est au fond une dédiabolisation pas encore totale mais assez large euh du Front National et ça s'attendre à un groupe important à l'Assemblée nationale rien.

Moi je je suis pas devin, je j'ai pas je ne sais pas ça. Ce que je vois bien, c'est qu'il y a un nombre considérable de gens qui ne se seraient jamais posé la question en 2002 et qui se la pose aujourd'hui que je vois un certain nombre de gens, y compris de ma famille politique, pas les responsables politiques mais des lecteurs qui vous disent sans barguiner que bah oui, cette fois-ci ils vont voter pour madame Le Pen. Ce que je vois c'est que il y a énormément de personnalités de corps intermédiaires ou de corps constitués qui alors qu'ils étaient d'une clarté totale en 2002 sont aujourd'hui d'une clarté plus relative.

À commencé, pardon de le dire, mais à commencer par nous, à commencer par le parti des Républicains qui encore une fois, même si au fond il y a pas de doute, ouais, a eu du mal à trouver les mots clairs. Et et et en soi, c'est un sujet, c'est un problème, il me semble. que la bataille des législatives à laquelle vous n'allez pas participer puisque vous ne vous représentez pas euh comme comme à la députation, est-ce que le programme des républicains va être par rapport à ce qu'on a connu du programme Fillon, il va y avoir davantage de social ?

Est-ce que par exemple la défiscalisation des heures supplémentaires va revenir à l'ordre du jour ? Alors, je crois pas que ce soit encore complètement arrêté, mais je suis certain, cétait Eric Vert qui a la charge de cet exercice et je suis certain que c'est un exercice difficile pour une raison au fond très simple, c'est qu'un programme, c'est un ensemble qui si on a si si on veut qu'il soit efficace et intelligent, c'est un ensemble qui a vocation à être cohérent. Ouais dit, quand on fait un effort supplémentaire, on dépense de l'argent sur quelque chose.

Par définition, soit on le finance par une augmentation d'impôts, soit on le finance par une réduction de dépenses ailleurs. Un programme, ça peut pas être on va en donner plus à tout le monde. Ou alors c'est ça, on en donne plus à tout le monde mais ça veut dire qu'on renonce à un certain nombre de choses pour lesquelles nous on est auquel nous on est attaché.

Donc l'exercice d'Eric Vert et de ceux qui l'entour est difficile parce qu'il faut à la fois faire évoluer le programme qui a été jugé par le peut-être pas suffisamment équilibré et en même temps lui conserver une cohérence. Voilà, ça va être compliqué dire pas d'augmentation d'impôts mais avec des dépenses supplémentaires quand on est à droite comme je le suis extrêmement soucieux d'équilibrer les comptes et et de faire attention à l'argent public. C'est vachement difficile.

C'était le talk de Édouard Philippe, député maire du Havre, député pour quelques semaines encore seulement. Et maintenant, chers internautes, nous passons à vos questions avec Mathilde Sirot. [Musique] Mathilde, bonjour.

Bonjour Yve, bonjour Édouard Philippe. Bonjour. Beaucoup d'internautes du Figaro qui nous écoutent en ce moment même en direct sur notre page Facebook nous disent vous disent qu'ils vont voter blanc.

Barbara nous dit "C'est la première fois dans une élection que je vais voter blanc." Et qu'est-ce que vous dites à ces électeurs ? Je je je ne leur dis pas ce qu'il doit faire d'abord parce que je pense qu'il y a pas un électeur qui écouterait ce que je lui dirai en la matière.

Le vote, il est libre. Moi, j'ai jamais condamné les gens ou jeté un anathème moral sur les gens avec lesquels j'étais pas d'accord. Voilà, les électeurs du Front National, ils sont citoyens, ils sont libres, euh ils sont ils ont les mêmes droits que tout le monde et s'ils veulent exprimer par ce bulletin de vote une colère, une envie, un engouement, c'est parfaitement leur droit.

Je je suis très profondément démocrate. Ce que je dis et je le dis clairement, c'est que pour tous ceux qui partagent les valeurs d'une droite républicaine, c'est-à-dire pour tous ceux qui pensent que la liberté est une valeur cardinale, pour tous ceux qui pensent que la place de la France dans le monde passe par une Europe forte, parce que si l'Europe n'est pas forte, la France est isolée. pour tous ceux qui comme moi, pensent que l'organisation de la production des choses est plus efficacement réalisé grâce au marché que grâce à un esprit de dirigisme.

Pour tous ceux qui pensent comme moi que le la construction européenne ou les idées du général de Gaulle peuvent être des références, non pas forcément un programme d'action pour aujourd'hui, mais des références. Le choix de Marine Le Pen se traduit par la politique qu'elle a prévu de mettre en œuvre qui est une politique qui provoquerait et c'est mon opinion, un chaos financier, un désastre économique, un immense problème pour la place de la France en Europe et pour la crédibilité de la France dans le monde et que je pense que on a le droit de ne pas aimer monsieur Macron, on a le droit de ne pas se reconnaître dans sa politique mais que la différence qui nous oppose quand on est un électeur républicain à monsieur Macron n'est pas de la même nature que la différence qui nous oppose avec le Front National. C'est ce que je pense profondément, c'est ce que j'essaie d'expliquer.

Le programme de Marine Le Pen, c'est la sortie de l'euro. Même si aujourd'hui c'est pas ce que j'ai dit, c'est pas ce que j'ai dit. Certains le disent mais ils peuvent dire ce qu'ils veulent et moi aussi comme ça tout le monde est content.

Mais c'est pas ce que je dis. Ce que je dis c'est que le programme de Marine Le Pen, c'est la sortie de l'euro. La sortie de l'euro, c'est immédiatement le défaut français sur la dette publique.

C'est arrivé une seule fois au début du 19e siècle à la fin de l'épopée napoléonienne. Et ça s'est mal terminé. Et ça s'est pas mal terminé pour les plus riches, hein.

Vous savez, est-ce que c'est les plus riches, ils mettront leur argent ailleurs. Ça s'est terminé pour ceux qui avaient le moins. Ça s'est très mal terminé pour ceux qui avaient le moins.

Donc je j'attire l'attention là-dessus. Et puis par ailleurs, le projet de société de Marie Le Pen, c'est pas le mien. Je le veux pas de cette société.

Est-ce que cette élection ressemble à un référendum pro ou antie-Européen ? Je pense qu'il y a des gens dans le dans les États-majeurs qui rêvent que le deuxème tour de l'élection présidentielle soit d'une certaine façon la la réitération par exemple du référendum de 2005. C'est-à-dire au fond pour ou contre au fond quoi ?

Pour ou contre le monde tel qu'il est, pour ou contre le monde globalisé. Le monde globalisé, il est là. Mathilde, pour l'instant, les enquêtes d'opinion montrent qu'Emmanuel Macron serait élu dimanche soir avec 59 ou 60 % des voix.

Est-ce qu'il y a un risque cependant qu'il soit mal élu et qu'est-ce que ça aurait comme conséquence politique ? J'aime pas le terme de mal élu d'abord parce que quand on est élu en démocratie, on est élu. En revanche, il y a une chose avec lequelle je suis parfaitement d'accord, c'est que être élu à 65 à 60 à 55 ou à 52, c'est pas la même chose.

Alors, c'est politiquement pas la même chose et c'est probablement pas les mêmes conséquences qu'on doit en tirer. Il y a une chose qui est presque désormais acquise, c'est que le score de Jacques Chirac de 2002, cette espèce de sursaut qu'on a appelé sursaut républicain en 2002, massif, collectif, il n'aura pas lieu. En tout cas, il serait pour le coup une surprise à mon sens une merveilleuse surprise mais je suis pas sûr qu'il aura lieu.

Voilà, donc je sais pas s'il sera mal élu ou bien élu. En vérité, ce que je ne sais pas, c'est s'il sera élu. Il y en a certains qui disent s'il est élu largement, c'est-à-dire au-delà de 65 de 60 %, on va dire, bien il sera embarrassé parce que ça veudra dire que il a beaucoup de voix qui ne partagent pas beaucoup ses idées.

Mais 52, ce serait la même chose. D'accord. Moi moi je suis mais mais bien sûr je suis convaincu que dans les gens qui voteront pour Emmanuel Macron dimanche, il y a des gens qui ne se retrouvent pas dans ces propositions, qui sont même en désaccord profond avec ces propositions mais qui considèrent comme moi que un désaccord avec Emmanuel Macron, c'est pas la même chose qu'un désaccord avec Marine.

Une question d'Alexandre qui nous suit régulièrement. Comment vous expliquez Édouard Philippe qu'en une semaine Alain Jupé a plus fait campagne pour Emmanuel Macron qu'il ne l'a fait pour François Fillon lors des 5 derniers mois ? C'est la perception qu'il en a.

Euh voilà. D'abord parce que je suis pas sûr que d'abord je sais pas si c'est vrai, j'ai pas compté le nombre de tweets et j'ai autre chose à faire mais je suis certain que votre auditeur l'a fait avec attention et et c'est sans doute vrai. Il y a une chose dont je suis certain, c'est de l'engagement extrêmement ferme d'Alain Jupé contre une France qui serait dirigée par Marine Le Pen.

Pour les raisons que je vous ai détaillé, c'est pas le projet de France qu'on a envie et et le risque il est absolument considérable. Et donc je crois que Alain Jupel a dit d'ailleurs très clairement dès dimanche soir qu'il s'engageait clairement pour faire en sorte que ça n'arrive pas. Dernière question.

Toute dernière question, on a à quelques heures du débat d'entre deux tours. Lequel des deux a le plus à perdre ? Lequel des deux est le moins préparé selon vous ?

Qu'est-ce qui peut se passer ? Est-ce que ça peut changer la donne ? On a on a deux profils très différents sur le fond et j'allais dire dans la forme.

On a d'un côté Marine Le Pen qui se présente volontiers comme une candidate hors système antisystème mais qui a fait des débats sur toutes les chaînes dans toutes les configurations depuis maintenant plus de 20 ans. C'est une c'est une routière de la de la politique en vérité. Elle est parfaitement habituée à ça.

C'est pas du tout son cas. Il se présente pour la première fois une élection. Bon en même temps, il a son audace. il a une intelligence des questions dans lesquelles nous vivons qui était évidente.

On aura un débat et on aura un débat dont j'espère qu'il sera intelligent parce que parce que les Français, tous ceux qui vont regarder ce débat et moi le premier ont droit à un débat intelligent qui nous permet de faire un choix éclairé. La démocratie c'est un choix éclairé. C'est pas un choix intuitif, c'est un choix éclairé.

J'espère que ce débat éclairera les Français sur euh la nature des enjeux et les préférences qu'il convient d'avoir. Voilà, c'était les réponses à vos questions d'Edouard Philippe, député maire du Havre. À quelques heures du débat et avant le second tour de cette élection présidentielle.

Merci Eddouard Philippe. Merci beaucoup. [Musique]