Le "block challenge" : Louis Boyard veut réinventer la politique
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:47OuverteRéponse directe
Question d'abord au Sénat, passage à 64 ans, adopté. Votre réaction ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Si ce texte est définitivement adopté, est-ce que le combat est fini ? Quelle sera votre attitude ?
- 1:11RelanceRéponse directe
Quelle est la légitimité politique de l'Assemblée nationale et du Sénat de voter cette réforme des retraites ?
- 2:58RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire que vous, député élu avec 58% d'abstention, vous vous dites que vous n'êtes pas légitime ?
- 3:49OuverteRéponse partielle
J'ai bien compris que vous étiez pour le retrait de la réforme des retraites. Est-ce qu'il ne craint pas que ce faisant, on aggrave une dette imposée à la jeunesse ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on finance ce régime social ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08Invité politiqueFait
« Jusque-là, les lycées et les universités n'ont pas énormément participé au mouvement de protestation contre la réforme des retraites. »
- 0:11Invité politiqueFait
« Louis Boyard les a appelés dimanche un blocus challenge. »
- 0:16Invité politiqueFait
« Faire circuler sur les réseaux sociaux des photos, des vidéos de blocage de leur établissement. »
- 0:19Invité politiqueFait
« En guise de récompense, une équipe de bloqueurs sera tirée au sort et invitée à visiter l'Assemblée nationale. »
- 0:51PrésentateurFait
« Pas étonnant. On voit bien qu'il y a un accord qui est fait entre la Macronie et la droite pour des gens qui revendiquent une réforme de gauche. »
- 1:23PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a été élu en expliquant qu'il a été élu contre Marine Le Pen et que le vote des Français l'obligeait. »
- 1:35PrésentateurFait
« C'est un petit peu trois bras d'honneur qui sont faits par Emmanuel Macron. »
- 1:41PrésentateurFait
« Un premier qui est fait à la démocratie en enchaînant le 49-3 sur le budget de l'État. »
- 1:45PrésentateurFait
« Un deuxième qui est fait au monde du travail en proposant cette réforme des retraites qui n'est voulue par personne dans ce contexte d'augmentation des prix. »
- 1:47PrésentateurFait
« Un troisième bras d'honneur qui est fait aux Français qui rejette massivement tout ça. »
- 2:04PrésentateurFait
« Dans une démocratie saine, cette réforme des retraites n'aurait pas lieu. »
- 2:33PrésentateurFait
« Nous sommes dans une démocratie malade. Une démocratie qui pourrit de l'intérieur. »
- 2:44PrésentateurFait
« Vous avez Elisabeth Borne qui est aussi impopulaire que Manuel Valls à l'époque. »
- 3:26PrésentateurFait
« Il faut reconnaître qu'aujourd'hui, vous avez beaucoup de Français qui se déconnectent du politique justement parce que le système est défaillant. »
- 3:30PrésentateurPromesse
« Je vous propose de réunir une assemblée de citoyennes et de citoyens qui n'ont jamais été élus, qui écrivent une nouvelle constitution et qui fassent la VIe République. »
- 4:16PrésentateurFait
« La préoccupation de la jeunesse, c'est justement de sortir d'un système qui est productiviste. »
- 4:28PrésentateurChiffre
« Il y a quand même plus de 40% des jeunes qui disent ne pas avoir foi en l'avenir. »
- 5:08PrésentateurFait
« C'est celui du président du Conseil d'orientation des retraites, qui écrit noir sur blanc qu'il n'y a pas de dynamique non contrôlée des dépenses des retraites. »
- 5:16PrésentateurChiffre
« Le système reviendra à l'équilibre en 2070. »
- 5:30PrésentateurFait
« Nous, nous contestons le fait qu'il y ait une urgence du déficit. »
- 6:06PrésentateurFait
« Qui fait des exonérations de cotisations sociales plutôt que de faire des augmentations de salaires ? Vous faites des exonérations de cotisations sociales, Macron et Le Pen adorent ça. »
- 6:13PrésentateurFait
« Vous faites des augmentations de salaires, vous remplissez les caisses de retraite. »
- 6:13PrésentateurPromesse
« Nous, nous n'arrêtons pas de proposer des augmentations des salaires qui soient au même niveau que l'inflation. »
- 6:29Invité politiqueChiffre
« Fait valoir 1,7 million d'emplois créés depuis 2017. »
- 6:47PrésentateurChiffre
« On estime qu'il y a entre 400 000 et 800 000 emplois qui sont disponibles. »
- 6:55PrésentateurChiffre
« Vous avez 9 millions de Français qui n'arrivent pas à se nourrir correctement. »
- 7:07PrésentateurFait
« On est face à l'enjeu du siècle qui s'appelle le réchauffement climatique. »
- 7:11PrésentateurChiffre
« Vous avez besoin de 300 000 agriculteurs de plus. »
- 11:04Invité politiqueChiffre
« Il y a un syndicat qui parle d'une trentaine de sites dans les universités. »
- 11:26PrésentateurFait
« Vous avez de la répression administrative, c'est-à-dire des cours qui sont passés en distanciel ou même la fac qui se ferme d'elle-même plutôt que d'être bloquée. »
- 13:20Invité politiqueChiffre
« 67% des 18-24 ans, 61% des 25-29 ans déclarent avoir participé aux deux tours des élections présidentielles. »
- 13:28Invité politiqueChiffre
« C'est 86% pour les plus âgés. »
- 14:27PrésentateurFait
« Je pense que la loi Asile et Immigration est un bon signal qui est envoyé pour le Rassemblement National. »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- Louis Boyard28 %
- Locuteur non identifié7 %
- Auditeur2 %
≈ 3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
22 ans, élue la France insoumise. Jusque-là, les lycées et les universités n'ont pas énormément participé au mouvement de protestation contre la réforme des retraites. Alors Louis Boyard les a appelés dimanche un blocus challenge. Faire circuler sur les réseaux sociaux des photos, des vidéos de blocage de leur établissement. En guise de récompense, une équipe de bloqueurs sera tirée au sort et invitée à visiter l'Assemblée nationale. L'appel a suscité la controverse. Est-ce cela la nouvelle manière de faire de la politique ?
On mesurera aujourd'hui la mobilisation de la jeunesse, puisqu'une série d'organisations appellent à une journée d'action dans les lycées et les facs avec Manif tout à l'heure, dans une demi-heure, départ de la gare Saint-Lazare à Paris. 01 45 24 7000, appelez-nous pour vos questions aux députés de la 3e circonscription du Val-de-Marne. Vous pouvez aussi passer par l'appli France Inter rubrique réagir. Bonjour Louis Boyard. Bonjour. Question d'abord au Sénat, passage à 64 ans, adopté. Votre réaction ?
Pas étonnant. On voit bien qu'il y a un accord qui est fait entre la Macronie et la droite pour des gens qui revendiquent une réforme de gauche. Je ne m'attendais à rien. Je suis quand même déçu.
Si ce texte est définitivement adopté, hypothèse la plus probable, à l'Assemblée nationale dans les jours à venir, est-ce que vous considérez que le combat est fini ? Quelle sera votre attitude ?
Je pense qu'il faut quand même réfléchir. Quelle est la légitimité politique de l'Assemblée nationale et du Sénat de voter cette réforme des retraites ? Emmanuel Macron l'a dit quand il a gagné...
Sachant que les deux ont été élus, comme vous le savez.
Oui, mais Emmanuel Macron a été élu en expliquant qu'il a été élu contre Marine Le Pen et que le vote des Français l'obligeait. Il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale pour faire cette réforme des retraites. Je pense que c'est important de le dire. On le verra dans les jours à venir. Mais ce que je veux dire, c'est que vous avez la majorité du peuple français qui est contre cette réforme des retraites. Pour paraphraser un petit peu l'acte de Dupond-Moretti, c'est un petit peu trois bras d'honneur qui sont faits par Emmanuel Macron. Un premier qui est fait à la démocratie en enchaînant le 49-3 sur le budget de l'État.
Un deuxième qui est fait au monde du travail en proposant cette réforme des retraites qui n'est voulue par personne dans ce contexte d'augmentation des prix. Et un troisième bras d'honneur qui est fait aux Français qui rejette massivement tout ça. J'aimerais terminer en disant qu'on parle beaucoup de l'Assemblée nationale, du Sénat. Ce n'est pas nous. La démocratie, c'est le peuple français qui est au pouvoir. Le peuple français ne veut pas de cette réforme. Dans une démocratie saine, cette réforme des retraites n'aurait pas lieu.
Quand même, c'est un point important. Vous nous dites que ce soit via le 49-3 ou s'il y a une majorité qui se dégage. Si le texte est adopté, vous jugez que ce n'est pas légitime. Mais vous savez, lors du contrat première embauche, cette réforme des retraites n'a pas de légitimité populaire. Même si elle est adoptée au Parlement, c'est ça ma question.
Mais si elle est adoptée au Parlement, vous aurez toujours une majorité de Français qui seront contre cette réforme. Ça me paraît être un point essentiel.
Mais c'est important d'entendre vous, le député, dire ça.
Mais je le dis. Je suis député et déjà qui a été élu pour s'opposer à cette réforme des retraites. Et je le dis, nous sommes dans une démocratie malade. Une démocratie qui pourrit de l'intérieur. Regardez, vous avez Elisabeth Borne qui est aussi impopulaire que Manuel Valls à l'époque. Ça devrait quand même être un symptôme qui nous inquiète. Et d'ailleurs, quand vous avez un tel niveau de tension, je me demande pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas par exemple un référendum ou une dissolution de l'Assemblée nationale. Mais on ne pourra pas dire que si jamais l'Assemblée nationale votait cette réforme des retraites, ce qui n'est pas encore sûr, on pourra être fier de la démocratie française.
Est-ce que ça veut dire que vous, encore une fois député, qui avez été élu avec une abstention de 58% au détour des législatives dans le Val-de-Marne, ni plus ni moins que beaucoup d'autres, vous vous dites que je ne suis pas légitime à cause de ce taux d'abstention, je ne suis pas en lien avec ma population ?
Je pense qu'il ne faut pas regarder les choses à une échelle individuelle, mais qu'il faut les regarder à une échelle collective. La Ve République est défaillante. Et oui, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, vous avez beaucoup de Français qui se déconnectent du politique justement parce que le système est défaillant. C'est pourquoi moi je vous propose une solution. Je vous propose de réunir une assemblée de citoyennes et de citoyens qui n'ont jamais été élus, qui écrivent une nouvelle constitution et qui fassent la VIe République. Parce qu'on ne pourra pas continuer encore des décennies comme ça, c'est certain.
Alors la mobilisation de la jeunesse, beaucoup de questions au standard pour vous après votre appel au blocus challenge dans les facs et dans les lycées. Bonjour Alain.
Bonjour.
Nous vous écoutons. Vous nous appelez de l'ISER.
Oui, c'est assez simple. La question que je voulais poser à monsieur le député, la suivante. J'ai bien compris qu'il était pour le retrait de la réforme des retraites. Est-ce qu'il ne craint pas que ce faisant, on aggrave une dette qui est imposée au final sur la jeunesse qui prétend défendre ?
Louis Boyard, si jamais on réfléchissait avec une logique libérale, oui, mais vous avez un enjeu qui est crucial pour la jeunesse, qui est la question du réchauffement climatique, dans lequel vous ne pouvez plus réfléchir avec la doctrine de la croissance à tout va. La préoccupation de la jeunesse, c'est justement de sortir d'un système qui est productiviste, dans lequel on dit, avec cette réforme des retraites, on pourra continuer de produire plus. Oui, mais produire plus, pourquoi ? Dans un monde où les ressources sont limitées. Justement, il y a quand même plus de 40% des jeunes qui disent ne pas avoir foi en l'avenir. Il y a la question de la perspective d'avenir.
Et clairement, dans cette doctrine économique-là, la jeunesse n'a pas d'avenir. C'est ça qu'elle revendique.
Au-delà de la production, Louis Boyard, il y a la question du financement des régimes sociaux. Le gouvernement fait valoir, évidemment, vous n'êtes pas d'accord, que l'enjeu, c'est de sauver ce qui est un trésor commun, présenté souvent comme ça, qui est notre régime de retraite par répartition. Il se trouve qu'on vit de plus en plus longtemps, que le rapport entre les actifs et les retraités est de plus en plus déséquilibré, que effectivement, les déficits se creusent, que la productivité est en baisse en France. Comment est-ce qu'on finance ce régime social ?
Je vais vous citer, parce qu'on peut chacun donner notre avis, mais donnons quelqu'un qui a un avis qui peut faire foi. C'est celui du président du Conseil d'orientation des retraites, qui écrit noir sur blanc qu'il n'y a pas de dynamique non contrôlée des dépenses des retraites, et que le système reviendra à l'équilibre en 2070. Le corps dit aussi qu'il y a un déficit de 10 milliards à horizon 10 ans. Il explique qu'il pourrait y avoir un déficit en 2030, parce que je rappelle qu'il disait qu'on devait être en déficit en 2022, et que ça ne s'est pas fait malgré la crise du Covid et malgré la crise inflationniste. Mais posons-nous même la question.
Nous, nous contestons le fait qu'il y ait une urgence du déficit. Et qu'il n'y ait pas de problème de financement du système de protection sociale. Eh bien, je vais vous expliquer sur la question du financement. Déjà, il n'y a pas de dynamique non contrôlée des dépenses de retraite, et je cite le rapport du corps pour le dire. Le système reviendra à l'équilibre en 2070. C'est loin 2070. Oui, mais à la fin, vous revenez quand même à l'équilibre. C'est ça qui paraît important. Donc non, ce n'est pas vrai de dire que le système va s'effondrer. Mais si jamais on est vraiment inquiet de voir le système s'effondrer, il faut réfléchir à qui vide le système.
Qui fait des exonérations de cotisations sociales plutôt que de faire des augmentations de salaires ? Vous faites des exonérations de cotisations sociales, Macron et Le Pen adorent ça. Vous videz les caisses de retraite. Vous faites des augmentations de salaires, vous remplissez les caisses de retraite. C'est pourquoi nous, nous n'arrêtons pas de proposer des augmentations des salaires qui soient au même niveau que l'inflation.
Le gouvernement vous répond à un point d'augmentation des cotisations sociales, c'est des milliers de chômeurs en plus.
Ah ça c'est intéressant. Parce que vous trouvez que le gouvernement lutte correctement contre le chômage ? Vous avez 6 millions de personnes...
Fait valoir 1,7 million d'emplois créés depuis 2017. C'était Olivier Dussoptier chez nous.
Très bien. Et on se fait bien d'avoir un travail, encore faut-il en vivre ? Or vous avez beaucoup de gens qui n'arrivent pas à vivre de leur travail. Parce que ce sont des personnes qui se retrouvent dans des métiers qui sont haberisés, ou même ce sont des métiers qui ne sont du temps partiel. Mais vous avez 6 millions de personnes qui sont inscrites à Pôle emploi. Il y a un débat sur le chiffre que je vais vous donner. Mais on estime qu'il y a entre 400 000 et 800 000 emplois qui sont disponibles. Même si vous reconnaissez que le taux de chômage n'a jamais été aussi bas depuis quasiment 40 ans en France.
Attendez, à quoi bon avoir un taux de chômage aussi bas si jamais vous avez 9 millions de Français qui n'arrivent pas à se nourrir correctement ? Moi je m'en fiche que les gens ils ont un travail si jamais ils ne peuvent pas en vivre. C'est ça le véritable sujet. Et au-delà de ça, j'aimerais quand même rappeler qu'on est face à l'enjeu du siècle qui s'appelle le réchauffement climatique, que vous avez besoin de 300 000 agriculteurs de plus. C'est bien de dire qu'il faut créer des emplois, pourtant on manque de professeurs, pourtant on manque de soignants dans les hôpitaux.
Donc créer de l'emploi, écoutez, pourquoi pas, encore faudrait-il que ce soit des emplois qui permettent à nos services publics notamment de pouvoir fonctionner correctement. Samuel Ostendard, bonjour Samuel.
Bonjour. Étudiant à l'université de Nanterre, 20 ans, votre fac est bloquée ?
Oui, alors je fais partie des rares personnes, en tout cas qui s'assument, qui sont contre les blocages et qui soutiennent la réforme des retraites. Écoutez, je pense qu'Emmanuel Macron a été élu démocratiquement. Certes, il n'a pas la majorité absolue, mais il a quand même la majorité relative à l'Assemblée. Mais voilà, je pense que Jean-Luc Mélenchon aurait très bien pu être qualifié pour le second tour. Malheureusement, ça ne s'est pas produit. Rien ne l'empêche, rien n'empêche un candidat à LFI en 2027 de se représenter, de devenir président et de réinstaurer la retraite à 60 ans. Je voudrais juste terminer, vous parler de l'écologie.
Moi, je fréquente les gens d'extrême-gauche de Nanterre. Ils n'en ont rien à faire de l'écologie, ils n'arrêtent pas de surconsommer, c'est que du blabla. En fait, c'est faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il y a une hypocrisie que je trouve, mais qui me donne envie de vomir.
Alors, ça, on ne peut pas vérifier, c'est votre point de vue. La question, au fond, qu'est-ce que vous dites dans les sites où c'est bloqué et ceux qui veulent aller étudier, qu'est-ce que vous leur dites ?
Alors, déjà, premièrement, si jamais les étudiants de Nanterre qui consomment dans une société qu'ils n'ont pas choisi, nous vous donnent envie de vomir, je n'imagine pas la réaction que peuvent vous donner les Bolloré et les Bernard Arnault, qui, eux, entretiennent un système productiviste, qui, eux, sont responsables du réchauffement climatique. Ensuite, sur la question des mobilisations des jeunes, il y a une véritable question. Aujourd'hui, quels moyens d'expression démocratique les jeunes peuvent-ils avoir pour faire entendre leur voix ? Il y a des personnes qui disent aux jeunes, allez en manifestation.
Les jeunes ont organisé des grèves mondiales pour le climat, des dizaines de millions de jeunes partout à travers le monde. Est-ce que vous avez l'impression que la parole des jeunes, elle a été écoutée ? Je veux dire, le seul moyen qu'on a de pouvoir faire entendre une parole de la jeunesse dans le débat public, c'est par les blocages. Et d'ailleurs, moi, je pense que si jamais on veut sortir de ces situations, on a besoin peut-être d'avoir un cadre qui permette, tout comme les salariés peuvent faire grève dans le monde du travail pour pouvoir protester, réfléchir à quel cadre est-ce qu'on peut donner aux jeunes pour pouvoir se mobiliser.
Parce que les jeunes font aussi face à de la répression administrative, à de la répression policière. Et nous, nous ne souhaitons pas cela. C'est pourquoi nous voulons un cadre d'expression des jeunes.
Est-ce que LFI finance, équipe les organisations de jeunesse pour les manifs et les mobilisations ? Non. En aucun cas ? Non. Quel rôle vous jouez ?
Nous, notre rôle, c'est le rôle d'un mouvement politique qui est celui de porter une parole politique. Particulièrement, moi, mon combat, je me suis fait celui des jeunes sur les questions climatiques, sur les questions de précarité étudiante, sur les questions de moyens dans l'éducation nationale. Et d'ailleurs, j'ai été étonné de voir des personnes s'indigner lorsque j'ai lancé le blocus challenge. Alors qu'avant, j'ai expliqué qu'il fallait bloquer les universités lorsqu'ils ont refusé le repas à 1 euro. Je ne les ai pas entendus commenter. Pourquoi ? Parce que ces gens, ils s'en fichent que le repas à 1 euro ne soit pas passé. Quand j'ai expliqué qu'il fallait bloquer...
Ils sont émus parce que, par exemple, bloquer un lycée, c'est illégal.
Il se trouve que c'est... Voilà. Ok, très bien.
Donc du coup, les jeunes, ils font quoi ? Ils restent chez eux ? Ils attendent que le monde s'effondrait sous leurs yeux ? Qu'est-ce qu'ils devraient faire ? Non, c'est une question que je vous pose. Les jeunes font des manifestations mondiales. On ne les écoute pas. Par contre, les jeunes, ils commencent à bloquer leurs lycées, leurs universités. Là, tout de suite, les gens qui dirigent à la place de la volonté des jeunes pour leur avenir, ils commencent à s'inquiéter.
Pourquoi, de votre point de vue, ça ne prend pas plus que cela dans la jeunesse, ce mouvement de mobilisation contre la réforme des retraites jusque-là ? Sincèrement, ça ne prend pas beaucoup. Autant il y a des manifestations monstres, autant dans la jeunesse, on ne peut pas dire que dans les lycées, dans les universités, ça prend beaucoup. Pourquoi, de votre point de vue ? Franchement, on voit bien qu'il n'y a pas énormément de blocage. Ça remonte très vite du terrain.
Vous les voyez, si vous descendez en bas de France Inter, peut-être qu'il n'y a pas de lycée,
mais est-ce que vous avez les chiffres à l'échelle nationale ? Alors, il y a un syndicat qui parle d'une trentaine de sites dans les universités. C'est ça. Ce qui ne fait pas beaucoup. Et pardon, je repose ma question. Sincèrement, on pourrait imaginer qu'il y ait des mouvements plus importants. Pourquoi ce n'est pas plus important de votre point de vue ? C'est une vraie question.
Vous avez 35 sites aujourd'hui qui sont bloqués, en sachant qu'en fait, vous avez une quinzaine, vingtaine de sites qui devraient être mobilisés, mais vous avez de la répression administrative, c'est-à-dire des cours qui sont passés en distanciel ou même la fac qui se ferme d'elle-même plutôt que d'être bloquée. Donc, vous trouvez qu'il y a une mobilisation importante pour l'instant ? Mais bien sûr, il y a une mobilisation de la jeunesse, et on aimerait qu'elle soit... Bien sûr qu'on aimerait qu'il y ait tous les jeunes qui soient là. Ce ne sera jamais suffisant. Mais je n'aime pas cette chose qui dirait « oui, regardez, il n'y a pas assez de jeunes ».
Oui, on est d'accord, on aimerait qu'il y ait plus de jeunes. Je ne veux pas dire qu'il n'y en a pas. Et j'aimerais terminer en disant quelque chose. Est-ce que vous pensez que les jeunes sont favorables à la réforme des retraites ? Est-ce que vous pensez que les jeunes sont favorables à la politique qui est menée par Emmanuel Macron par rapport au fait qu'on les laisse dans la précarité étudiante, par rapport au fait qu'ils les sélectionnent à la sortie du lycée, ou même par rapport au fait que vous ayez 18% de chômage des jeunes ? Enfin, non, en fait, les jeunes, ils ne sont pas d'accord avec la politique d'Emmanuel Macron.
Et quand vous en avez qui bloquent leurs universités ou leurs lycées, on se retrouve à les insulter en boucle à la radio ou dans l'hémicycle. Donc, il ne faut pas ensuite s'étonner que vous ayez des jeunes qui se sentent déconnectés d'un système médiatique et politique.
Pour les lycéens, les épreuves de spécialité du bac approchent, c'est autour du 20 mars. Le bac ou les manifs ? On prépare le bac ou on va en manifs ?
J'ai envie de dire, allez en manifestation et réviser votre bac. On peut faire les deux ? Moi, j'ai fait les deux, personnellement. Vous avez fait les deux.
Mais là, encore une fois, se repose la même question. C'est la question de la responsabilité aussi du député qui appelle à manifester. Il y a aussi ça derrière la question.
Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui auraient intérêt à ce qu'on dise aux jeunes « non, restez chez vous, ne faites rien, vous avez le baccalauréat » et qu'en fait, on dise aux jeunes « ne vous exprimez pas du tout ». Parce qu'au fond, c'est ça qui intéresse Emmanuel Macron, c'est que les jeunes ne sortent pas dans la rue. Pourquoi ? Parce qu'à partir du moment où les jeunes sortent dans la rue, alors c'est gagné. Donc moi, je dis aux jeunes, vous êtes légitimes, vous êtes forts, vous êtes puissants, mobilisez-vous. Gérard Ostendard.
Oui, bonjour messieurs, bonjour monsieur le député. Moi, je vous appelle, vous avez parlé de symptômes inquiétants. Le symptôme inquiétant n'est-il pas celui du manque de jeunes aux urnes quand il s'agit de voter ? Et ne serait-il pas plus intéressant de les inciter à voter plutôt que d'aller faire la révolution dans la rue ?
J'ajoute ce chiffre, 67% des 18-24 ans, 61% des 25-29 ans déclarent avoir participé aux deux tours des élections présidentielles. C'est 86% pour les plus âgés. Quelle réponse à cette question ?
La réponse que je leur donne, c'est premièrement, la démocratie ne s'arrête pas tous les 5 ans. Vous devez aller voter et dans le même temps, mobilisez-vous contre cette réforme des retraites. Mais sur la question du rapport entre les jeunes et les institutions politiques, c'est une question qui est intéressante. Moi, je crois que la jeunesse n'a jamais été aussi politisée, parce qu'elle est très connectée, très informée via les réseaux sociaux. Mais il y a une déconnexion entre la jeunesse et les institutions politiques. Et c'est ce que j'essaye de faire en utilisant des codes qui sont les miens, qui sont les codes des réseaux sociaux. J'ai grandi avec ça et je fais de la politique avec ça.
Et justement, c'est ce que j'essaye de faire, de montrer que les institutions politiques, elles peuvent être connectées aux réalités des jeunes, justement pour les encourager à aller voter. C'est le sens de mon compas en tant que député.
Est-ce que si le débat devait reprendre à l'Assemblée depuis le début, LFI se comporterait exactement de la même manière ? Je vais jusqu'au bout de ma question. Beaucoup disent, avec cette attitude de bordélisation, là c'est l'expression de Gérald Darmanin, on fait monter le Front National, le Rassemblement National, plus qu'autre chose ?
Je crois que ce qui fait monter le Rassemblement National, c'est la République En Marche qui fait des lois avec eux. Je pense que la loi Asile et Immigration est un bon signal qui est envoyé pour le Rassemblement National. Et je pense aussi que c'est notre rôle, nous en tant que députés insoumis, qui avons été élus pour empêcher cette réforme des retraites de passé, de ne pas donner de légitimité politique à une réforme qui n'est pas voulue par la majorité du peuple français, qui est le seul véritable maître dans une démocratie zen.
Merci Louis Boyard.
Merci à vous.
Louis Boyard