Macron : l'espoir... quoi qu'il arrive ? #cdanslair 01.01.2020
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Questions et réponses
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Votre réaction à ces images des Champs-Élysées vides ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Peut-on faire un parallèle entre les vœux au coin du feu et ces images ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Faut-il continuer les mesures barrières malgré le vaccin ?
- 5:25FerméeRéponse directe
Le niveau de 20 000 cas positifs est-il élevé pour une rentrée ?
- 6:28OuverteRéponse directe
Les Français respectent-ils globalement les consignes ?
- 8:09OuverteRéponse directe
Quelle est la peur principale des Français selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30PrésentateurFait
« « Quoi qu'il arrive », l'espoir est là selon le président. »
- 0:41PrésentateurFait
« Emmanuel Macron voit déjà frémir une reprise économique et veut se projeter au printemps 2021. »
- 0:52PrésentateurFait
« Accélération de la vaccination, couvre-feu dès 18h dans 15 départements à partir de demain. »
- 1:01PrésentateurFait
« Les établissements culturels ne rouvriront pas le 7 janvier. »
- 3:40PrésentateurFait
« « Nous sommes en guerre. » »
- 12:54Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a tenté de répondre aux nombreuses critiques sur la stratégie choisie par la France. »
- 13:10Invité politiqueFait
« « Je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquels la vaccination doit se faire. » »
- 13:21Invité politiquePromesse
« « Dès lundi, les soignants de plus de 50 ans pourront se voir injecter leur première dose. » »
- 14:24Invité politiqueFait
« « Notre nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience. » »
- 15:14PrésentateurChiffre
« Emmanuel Macron a récolté en 2017 un peu moins de 21 millions de voix. »
- 15:33PrésentateurFait
« « Le confinement, les confinements ont été globalement respectés. » »
- 16:47InvitéFait
« « Ça a commencé, ça va continuer lundi pour les soignants de plus de 50 ans. » »
- 17:00InvitéFait
« « On a exactement le même nombre de doses que les autres pays européens, enfin, ramenées au prorata de la population française. » »
- 43:06InvitéFait
« j'ai voulu faire les réformes, il y a eu cette épidémie, je n'ai pas pu les mener à bien, mais ma volonté est intacte. »
- 44:49PrésentateurChiffre
« la France a le niveau de défiance sur la gestion de la crise, qui est le plus élevé quasiment de tous les pays. »
- 49:37InvitéChiffre
« on doit faire sept à huit pièces par mois. »
- 51:00InvitéChiffre
« le chiffre d'affaires des compagnies aériennes est en baisse de 50% pour 2020. »
- 51:05InvitéChiffre
« avec une estimation de 84 milliards de dollars de pertes au total pour l'industrie. »
- 51:26InvitéChiffre
« le groupe a annoncé en juin dernier 5000 suppressions de postes en France. »
- 52:08InvitéChiffre
« le gouvernement français a annoncé un plan de soutien de 7 milliards d'euros pour aider Air France. »
- 52:24PrésentateurFait
« nous apporterons un soutien financier supplémentaire à Air France parce que c'est une question de souveraineté nationale. »
- 52:38InvitéChiffre
« l'État a de son côté racheté 20% des parts de Lufthansa. »
- 55:35PrésentateurFait
« ce que vient de dire le patron d'Airbus que ça peut toucher aussi que ce soit les usines ou les sièges sociaux. »
- 56:45InvitéFait
« le gouvernement, Emmanuel Macron, le gouvernement ne devait pas se rater parce que le début de la gestion de l'épidémie a été très critiqué à raison sur les masques. »
- 57:17InvitéChiffre
« les choses ont été redressées mais il a fallu quand même 4 ou 5 jours. »
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Bonsoir à tous et au nom de toute l'équipe de C'est dans l'air, très bonne année 2021. Elle sera difficile au moins jusqu'au printemps cette année 2021. Ce sont les propos d'Emmanuel Macron hier soir lors de ses voeux aux Français. Mais après le « quoi qu'il en coûte », voici le « quoi qu'il arrive ». « Quoi qu'il arrive », l'espoir est là selon le président. Espoir du vaccin et première réponse aux critiques de ces derniers jours. Je ne laisserai pas s'installer de lenteur injustifiée. Emmanuel Macron voit déjà frémir une reprise économique et veut se projeter au printemps 2021, voire au-delà. Mais c'est bel et bien l'épidémie qui occupe l'actualité en ce 1er janvier.
Accélération de la vaccination, couvre-feu dès 18h dans 15 départements à partir de demain. Et cette annonce qui ne surprend personne, mais c'est désormais officielle, les établissements culturels ne rouvriront pas le 7 janvier. Alors Macron, l'espoir, quoi qu'il arrive, voilà le titre de notre émission ce soir. Vos questions sont attendues, SMS, Internet, réseaux sociaux. Quatre invités pour y répondre. Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique. Bernard Sananès, politologue, président de l'Institut de sondage et lab. Citons votre interview la semaine dernière au quotidien Les Echos. « Les conséquences politiques de la crise sanitaire n'ont pas été réglées ».
Et puis en duplex avec nous, Swazic Kemener, rédactrice en chef du service politique de Marianne. Votre article d'hier pour le site Internet de Marianne avait pour titre « Macron en apnée jusqu'au printemps ». Et docteur Christine Rouziou, professeure émérite de virologie à l'hôpital Necker, vous êtes membre de l'Académie de médecine et de l'Académie de pharmacie. Merci à tous les quatre d'être en direct avec nous un 1er janvier. Et d'abord, je voudrais votre réaction à ces images. « Les Champs-Elysées vident hier soir, 31 décembre ». Ce n'est pas un 31 décembre comme les autres. « Les places de nos communes sont éteintes », disait hier soir Emmanuel Macron.
Cette image, là qu'on voit, résume à elle seule cette année 2020 et cette fin d'année 2020. Christophe Barbier. Oui, c'est-à-dire l'effondrement de tout ce qui fait l'essentiel, un autre mot, de cette année 2020 dans nos vies, c'est-à-dire les festivités, le vivre ensemble, la capacité à se réunir. Il y a deux ans et demi, ces Champs-Elysées étaient envahies pour fêter la victoire de la France en Coupe du monde de football. Et les voilà soudain désertés, comme sans doute ils ne l'ont pas été depuis 1944, depuis la fin de la guerre. Et donc, on a hâte de les retrouver. Espérons qu'on gagne le championnat d'Europe de foot 2021. Ce sera une bonne occasion de tous y retrouver.
Espérons aussi qu'il y aura, au moment où nous pourrons décréter la fin de l'épidémie, quand vraiment le virus ne circulera plus dans notre pays, une heureuse initiative, c'est-à-dire une grande fête populaire, je ne sais pas, un bal, une sorte de deuxième fête de la musique, où tout le monde pourra, sans masque, descendre dans la rue, fêter la fin de ce long tunnel d'ennui et de tragédie. Voilà une idée qui est lancée. Est-ce qu'on peut faire un parallèle ? On parlera plus longuement des vœux d'Emmanuel Macron hier, des vœux au coin du feu, assis devant une table basse. On peut faire un parallèle avec ces images des Champs-Elysées ?
Oui, je pense qu'il y avait chez Emmanuel Macron la volonté de se rapprocher de ce que vivaient les Français, c'est-à-dire une intimité chaleureuse, quelques-uns autour de la table, des familles qui n'étaient pas vraiment réunies, mais tout de même la chaleur humaine, la chaleur du feu de cheminée. Clin d'œil aussi à Valéry Giscard d'Estaing, qui a disparu il y a peu de temps, et qui causait au coin du feu. Mais les causeries au coin du feu n'ont pas été inventées par Valéry Giscard d'Estaing.
Elles ont été inventées par Franklin Roosevelt, quand il expliquait aux Américains la terrible dépression économique des années 30, et quand il expliquait ce qu'il essayait de faire pour sortir ce pays de la crise. Et c'est bien le message que voulait envoyer hier Emmanuel Macron, l'épidémie n'est pas finie, la guerre continue, la crise économique est déjà là, et il ne faudra pas ajouter au coût de la crise le coût de l'inaction, a-t-il précisé, c'est-à-dire qu'il faudra engager des réformes et donc d'autres sacrifices, d'autres efforts, pour que le tsunami de la crise économique ne s'ajoute pas au séisme de l'épidémie.
Et aborder la question des finances publiques, Christine Rousiou, on redoutait la multiplication des fêtes clandestines, alors il y en a eu, notamment dans l'Île-et-Vilaine, c'est très parti à 2500 participants, mais globalement cette nuit du 31 décembre s'est bien passée, et là aussi cette emblématique de l'année 2020, au fond des Français, des polémiques sur la politique sanitaire, mais des Français qui suivent les consignes, qui acceptent les restrictions.
Oui, je crois que plus que jamais il faut y faire attention, l'épidémie est quand même à un niveau assez important, et je crois qu'il faut vraiment rappeler que, certes le vaccin est là, mais le virus est encore là, et donc il faut vraiment, vraiment que les personnes à risque se protègent, que les mesures barrières continuent. Je crois qu'on a des signaux assez positifs par ailleurs, qui sont assez importants à communiquer aux Français. La médecine de ville rapporte que le nombre d'infections chez les enfants, chez les adolescents, infections respiratoires, gastro-entérites, a considérablement diminué durant ce trimestre, alors qu'habituellement ce sont des infections diverses.
On voit bien que les mesures barrières ont des effets au-delà du coronavirus, et ça moi je trouve que c'est une information assez intéressante, puisque les gens attendaient cette preuve des mesures barrières. Et là, il va falloir les continuer, et comme l'a dit le Président de la République, il va falloir les continuer un certain temps, pendant la période de vaccination.
Et la grippe, dont on n'a pas entendu parler, ou quasiment également. Mais vous dites, alors que la rentrée se fait lundi, qu'on arrive à cette rentrée, à un niveau élevé de l'épidémie, 20 000 nouveaux cas positifs des slayers, c'est un niveau élevé pour commencer l'année ?
Ah oui, c'est un niveau élevé, d'autant que la cible de 5 000, bien sûr, est éloignée. On pensait vraiment que les mesures de novembre et de début jusqu'au 15 décembre allaient donner de meilleurs résultats. C'est évident que là, les résultats sont modestes, voire médiocres, dans certaines régions. C'est vrai qu'on arrive à la période de grand froid. Le froid favorise beaucoup les infections respiratoires. Les poumons sont un petit peu agressés par le froid, et le virus aime bien pénétrer, se multiplie bien dans les voies aériennes supérieures quand il fait froid.
L'humidité aussi favorise, et donc ça explique cette répartition particulière du virus en France, avec notamment les régions Grand Est qui sont assez largement infectées.
Et qui vont passer sous couvre-feu des 18 heures. Bernard Stannanet, je voudrais revenir sur les images qu'on voyait en ouverture de l'émission, et qui disent encore une fois que oui, il y a des controverses, mais au fond, les consignes, les Français globalement les respectent. Oui, et puis ces images disent aussi autre chose, il ne faut pas l'oublier. Elles disent ce qui a été le point le plus marquant dans l'opinion cette année, c'est l'inquiétude, la peur. Cette inquiétude, la peur, elle est omniprésente, elle l'a été tout au long de l'année, que ce soit d'ailleurs la peur sanitaire, que ce soit la peur économique.
Et on pourrait parler bien sûr, évidemment, de la préoccupation terroriste. Mais la peur sanitaire, la peur économique, l'inquiétude du pays, elle n'a pas bougé depuis le mois de mars. Plus fort encore que le regret des restrictions de liberté. Alors c'est extrêmement net, et c'est pour ça que parfois, moi je suis toujours un peu surpris, non pas que ce sujet ne fasse pas débat, évidemment.
Il y a une partie de l'opinion qui, soit par envie de retrouver une vie normale, évidemment, qu'on a tous, soit par opposition aux mesures qui ont été prises, considérant qu'elles sont trop strictes, qu'elles sont inadaptées, mais on a près de deux tiers des Français, souvent plus, qui disent qu'il faut parfois savoir renoncer à certaines libertés, provisoirement évidemment, pas de manière définitive, pour se protéger en matière de santé. Et d'ailleurs, c'est très intéressant, on pense que les jeunes sont d'un avis différent, ils ne le sont pas beaucoup, c'est plutôt les jeunes actifs, ceux qui sont entre 25 et 34 ans, qui sont les plus réticents à ces mesures.
Donc il y a ce sentiment d'inquiétude. Et deuxièmement, il y a une acceptation des mesures, au global, encore une fois, même quand on y est opposé. Il y a une partie des Français, quand on les testait sur les mesures prises au moment du confinement, des restrictions de circulation, qui disaient, non, on n'y est pas favorable, évidemment. Mais pourtant, on les respecte. Voilà. Après, évidemment, tout le monde sait bien qu'hier soir, il n'y a pas eu que du 6 à table partout. Mais on voit bien qu'il y a eu cette prudence. Et cette prudence, elle est dictée, ne nous y trompons pas, par l'inquiétude et par la peur.
Soisique et Ménère, derrière les images, il y avait aussi 100 000 policiers et gendarmes postés un peu partout en France. C'est ça aussi le bilan de l'année 2020. C'est des restrictions à nos libertés et des habitudes qui sont prises. Voilà, on sort moins, on est plus surveillé par la police. Ça aussi, c'est le bilan de l'année 2020, à travers cette image.
Oui, c'est vrai, c'est le moment d'un pays qui a changé, d'un monde qui a changé, d'acceptation de mesures qui paraissaient totalement inacceptables. On a été privés de liberté pendant un premier confinement, privés un peu moins, mais privés tout de même de liberté pendant un second confinement. On a accepté de signer des attestations, on a accepté une nouvelle vie, en fait, très rapidement. Et une vie qui n'était pas… Quand on parle d'une nouvelle vie, en général, c'est la vie, mais en meilleure. Nous, on a tous collectivement accepté.
Alors, Bernard Sananès le disait tout à l'heure, parce qu'on avait peur, mais aussi parce qu'il y a eu énormément de solidarité, en tout cas, lors du premier confinement. Ça, c'est quelque chose qui a fonctionné. On s'est découvert très solidaires, solidaires avec les soignants, même s'il y a eu des polémiques politiques très importantes sur les masques, sur les tests, là encore cette semaine sur les vaccins. Donc, on s'est un peu redécouverts différents, inquiets et capables d'accepter des choses qui paraissaient inacceptables. En voyant cette image des Champs-Elysées, j'étais étonnée. Je pensais qu'il y aurait un peu… Des gens qui auraient tenté un peu plus de braver le couvre-feuille.
Eh bien, non, parce que finalement, je crois que le message de prévention de cet été, depuis cet été, c'est-à-dire de dire attention, ce sont les jeunes qui, à travers les réunions, peuvent ensuite diffuser le virus. Quelque part, il a été entendu. Cet appel à la responsabilité, je pense qu'il a été entendu aussi. Ça, c'est une petite note d'optimisme, mais je pense que pour ceux qui faisaient des fêtes, en tout cas, on entendait beaucoup. On va se faire tester, on va faire attention. C'est-à-dire que celui qui prend des risques en est conscient aujourd'hui, alors que ce n'était pas le cas cet été.
On a vu l'opinion évoluer là-dessus, Bernard Sananet. Oui, bien sûr, et comme vous l'avez choisi, en plus, il faut rappeler, on n'a jamais autant testé que les derniers jours. Donc, il y a eu cette responsabilité, il y a eu cette prise de conscience, sans doute aussi le fait de se dire, on ne peut pas tout attendre du vaccin. Bien sûr, le vaccin est une formidable promesse, une formidable chance, on va y revenir, mais il n'y a pas que le vaccin. Il y a la responsabilité individuelle qui est quelque chose qui a joué maintenant. Il faut aussi être prudent. Quand on parle de l'état de la société française, ça fait neuf mois, on a eu un confinement, un deuxième qui était différent.
On parle maintenant, peut-être, et personne ne le souhaite, d'une reprise de l'épidémie. Évidemment, l'effet d'accumulation peut aussi jouer.
Il peut y avoir un moment où la société française, même si elle est résiliente, et là-dessus le président a eu raison de le dire, je suis moins d'accord avec ce qui a été dit sur l'unité, on y reviendra, mais sur la résilience, une vague de confinement, une deuxième vague, on voit bien qu'il y a des conséquences sur le moral des Français, ça on le mesure dans les enquêtes, le moral des Français, et évidemment, et comment ne le serait-il pas à la baisse, tous les témoignages de psychologues notamment montrent qu'il y a évidemment une grande détresse qui s'exprime dans beaucoup de cas. On a un sentiment sur les jeunes aussi, chez ceux qui sont les plus précaires.
Donc, que se passerait-il s'il y avait une nouvelle vague de l'épidémie ? Est-ce que la société française conserverait la même capacité de résilience ? Là, il faut être prudent. Alors, c'est donc devant une table basse, au coin du feu, clin d'œil à Giscard et à Roosevelt, qu'Emmanuel Macron a présenté hier soir ses voeux aux Français. 15 minutes, neuvième intervention de l'année, ça aussi, ça raconte 2020, c'est beaucoup, neuf interventions présidentielles. Le chef de l'État a voulu rendre hommage aux Français, résilients face à cette crise. Passer un message d'espoir et lancer une consigne ferme d'accélération de la vaccination. Laura Radeau et Christophe Roquet.
Hier soir, c'est au coin du feu que le président a présenté ses voeux aux Français. Des Français anonymes à qui il a souhaité rendre hommage dans un style inédit.
Marie-Corentine a 24 ans. Jean-Luc est chauffeur et boueur en Guyane. Gérald est entrepreneur près d'Angers. Tous ces prénoms, ces visages sont ceux de l'espérance, ceux de France.
Une litanie de prénoms, parfois moqués sur les réseaux sociaux, notamment par l'opposition.
Consternant. Ici, Jean, Lise, Cathy, Christian pensent qu'il les prend pour des imbéciles. Un quart d'heure de propagande, une fois par an, on devrait être respecté. Arrogance permanente, infantilisation des Français en leur parlant par leur prénom, comme si nous étions des demeurés, des enfants.
La crise sanitaire et le vaccin arrivés en fin d'année, des thèmes incontournables de ces voeux du 31. Emmanuel Macron a tenté de répondre aux nombreuses critiques sur la stratégie choisie par la France.
Je ne laisserai personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquels la vaccination doit se faire. Et je ne laisserai pas davantage, pour de mauvaises raisons, une lenteur injustifiée s'installer.
Dans la foulée, le ministre de la Santé a promis une accélération de la campagne vaccinale. Dès lundi, les soignants de plus de 50 ans pourront se voir injecter leur première dose. Insuffisant, répond ce professeur en médecine.
Il n'y a aucune justification à limiter à 50 ans pour l'âge des professeurs de santé. Si l'on veut vraiment accélérer la vaccination, il faut faire preuve de beaucoup de pragmatisme. Il y a beaucoup de Français qui sont volontaires pour la vaccination. Ces Français doivent pouvoir y accéder sans attendre 3 voire 4 mois. Au travers d'une plateforme, ils pourraient facilement se manifester et ensuite être convoqués pour être vaccinés.
Pour atteindre le million de vaccinés fin janvier, le chef des socialistes appelle lui aussi l'exécutif à changer de braquet.
Que demandions-nous ? Tout simplement que la France se mette exactement au même niveau que ses voisins. Que l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, qui ont tous fait la démonstration qu'on pouvait mettre en place des chaînes logistiques très longtemps en avance.
Prudent sur l'issue de la pandémie en 2021, le chef de l'État a tout de même voulu adresser un message d'optimisme.
Notre nation a traversé cette année avec une telle unité et une telle résilience. Rien ne peut lui résister. Notre nation a été capable dans ces temps difficiles de tant d'innovation, d'inventivité, de générosité. Tout lui est possible. En 2021, quoi qu'il arrive, nous saurons donc faire face aux crises sanitaires, économiques et sociales, terroristes, climatiques, qui ne s'éteindront pas avec le 1er janvier.
Emmanuel Macron écouté hier soir par plus de 17 millions de Français, un record pour des voeux présidentiels.
9 interventions télévisées, il y en a eu une à 37 millions, je crois, 17 millions hier. Ça aussi, c'est inouï en 2020. Oui, c'est inouï, c'est énorme. Emmanuel Macron a récolté en 2017 un peu moins de 21 millions de voix. Donc quand il a 36 millions de téléspectateurs, ça déborde largement, bien entendu, le camp de ses électeurs. Les Français étaient suspendus aux lèvres du président de la République française parce que nous sommes un pays extrêmement centralisé. Et qu'à un moment donné, quand il y a une crise, on se tourne vers l'État et l'État a un chef. Et donc on écoute ce chef. Pas forcément pour l'approuver, mais en grande partie, il faut le constater, pour lui obéir.
Puisque le confinement, les confinements ont été globalement respectés. Il y a peut-être eu de la résilience, c'est même évident, dans cette nation. Il y a eu de la solidarité. Les applaudissements pour les soignants en étaient un témoignage. Est-ce qu'il y a eu de l'unité ? Je ne sais pas. En tout cas, elle sera démontrée dans la sortie de crise. Mais Bernard sera plus éloquent que moi sur ce sujet. Moi, ce qui m'a surpris aussi, c'est de voir les Français aussi effrayés, aussi peureux. Peur du virus, bien sûr, et d'en mourir parce que c'était terrible.
Peur du gendarme, ce qui a fait qu'on a respecté la plupart du temps les règles, sauf dans certains cas et peut-être la jeunesse un peu en révolte. Peur du déclassement et de la crise économique à la sortie, d'où le fait de se tourner vers l'État pour que l'État paye, paye, paye et que le quoi qu'il en coûte évite les drames économiques et sociaux. Et enfin, peur du vaccin. Et cette peur-là risque de nous faire prendre du retard dans le combat économique, dans la sortie de crise. Ça serait une sorte de peur suicidaire de la part du peuple français. Alors allons-y sur le vaccin avant de revenir proprement sur Emmanuel Macron. Sois-y, Kéméner, cette question de Henri dans le Haut-Rhin.
C'est la honte. On a vacciné 300 personnes contre 130 000 en Allemagne. Est-ce qu'on laisse dormir des vaccins dans des frigos ?
Alors, on l'a vu, il y a eu des reportages ce matin qui montraient effectivement qu'il y avait quelques vaccins, des doses de vaccins dans des frigos, parce qu'il fallait les autorisations pour qu'ils soient délivrés aux soignants. Alors, ça a commencé, ça va continuer lundi pour les soignants de plus de 50 ans. Alors, on a exactement le même nombre de doses que les autres pays européens, enfin, ramenées au prorata de la population française. Voilà. Donc, nous, on a 15% de l'ensemble des doses qui ont été distribuées dans l'Union européenne. Donc, il n'y a pas de problème de doses en France. Il y a des doses.
Donc, effectivement, là, il y a des décisions très importantes quand même qui ont été annoncées hier soir et encore ce midi par le... Hier soir par la ministre de la Santé, ce midi par le porte-parole du gouvernement, c'est-à-dire qu'on va accélérer. C'est-à-dire que les inquiétudes ont été entendues. Après, on va voir quelle est la possibilité pour la France d'accélérer, pardon, réellement. Parce qu'on sait, donc, les soignants de plus de 50 ans vont être vaccinés. Il y a des demandes, on l'a vu dans le reportage, pour la population générale. Certains réclament que ceux qui souhaitent se faire vacciner puissent se faire vacciner.
Donc, il va y avoir encore des pressions pour accélérer davantage. Alors, est-ce qu'on aura la chaîne logistique suffisante ? Est-ce qu'on pourra répondre vite à toutes les demandes ? Pour l'instant, ce qui a toujours été dit par le gouvernement, c'est que ce serait très étalé en fonction de l'arrivée des doses. Alors, il y a une nouvelle usine qui va être mise en place chez Pfizer pour justement répondre à la demande. Donc, ça, c'est toute la course logistique des semaines qui s'ouvrent. Mais c'est vrai que les chiffres, le différentiel est très, très important aujourd'hui. Après, on vient quand même juste de commencer. C'est-à-dire qu'on a commencé il y a à peine quelques jours.
Donc, il faut attendre un petit peu avant de voir comment les choses se mettent en place. Mais le gouvernement a bien senti qu'il y avait une polémique qui naissait. Il a réagi. Est-ce qu'il a réagi suffisamment ? Ça, c'est la question à laquelle on aura la réponse dans les prochains jours. On verra si ça se met vraiment en place. Mais oui, il y a des doses qui ont été distribuées pour répondre à la question du téléspectateur. Il y a effectivement des doses qui sont dans des frigos et qui vont être délivrées à des soignants.
Christine Rosiou, l'accélération, les soignants de plus de 50 ans qui peuvent se faire vacciner dès lundi. Bientôt, plus d'une centaine d'hôpitaux équipés pourront délivrer les vaccins, dit le ministre de la Santé, dans une série de tweets hier, juste avant l'intervention d'Emmanuel Macron. Début février, avant début février même, les premiers centres de vaccination ouvriront en ville. Cette accélération, elle était nécessaire, voire indispensable ?
Oui, elle me paraît tout à fait évidente. Il n'était pas possible de ne pas vacciner rapidement les soignants. Ce sont de loin les plus exposés parce qu'ils prennent en charge des patients qui sont Covid+. Je trouve que la politique du gouvernement qui a été de cibler les EHPAD et les personnes âgées très à risque de morbidité et de mortalité était importante. Malgré tout, c'est une politique qui est difficile, surtout pendant la trêve des confiseurs. Il faut quand même dire que les médecins, les coordinateurs des EHPAD, les médecins référents et autres, ils ont quand même beaucoup travaillé ces derniers temps et ils ont le droit à leurs 3-4 jours de répit ces jours-ci.
Donc je pense que tout va démarrer en janvier. Maintenant, il faut rappeler que vacciner dans les EHPAD, c'est quand même assez compliqué dans la mesure où il y a beaucoup d'EHPAD en France et elle regroupe assez peu de patients finalement, assez peu de résidents. On est entre 30, 40, 70 résidents. Voilà, ça ne peut pas aller très très vite en fait, puisque c'est très très disséminé. Alors que des grands centres de vaccination vont permettre de rattraper peut-être le retard vis-à-vis de l'Allemagne. Ce que je trouve intéressant, c'est le fait que les gens commencent à râler sur le fait que ça ne va pas assez vite alors que la semaine d'avant, ils râlaient parce qu'ils avaient peur du vaccin.
Donc on voit au cours du temps une évolution d'une certaine acceptation d'un certain nombre de personnes et je crois que progressivement, cette acceptation va s'améliorer de plus en plus. En tout cas, autour de moi, beaucoup de personnes me demandent ce que je vais faire. Bien sûr, dès que possible, dès que je vais pouvoir accéder au vaccin, je ne manquerai pas de le faire.
Le président parlait hier d'une lenteur injustifiée à propos du début de cette campagne de vaccination. Il y a eu un loupé, il y a eu des ratés. Alors vous expliquez effectivement que le fait d'aller en EHPAD, c'est plus compliqué de vacciner en masse qu'en vaccinodrome. Mais comment ça se fait quand même, cet écart de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers en Allemagne ?
Oui, je pense que les Allemands n'ont pas du tout pris cette décision de vacciner en EHPAD en premier. Encore une fois, ce réseautage d'EHPAD et de distribution des vaccins était peut-être en place plutôt en Allemagne. Mais là, la distribution de l'ensemble des doses sur l'ensemble du réseau français était presque quasiment organisée et des études à blanc avaient été faites. Par contre, ce que les EHPAD attendaient, c'était le feu vert. Le feu vert pour demander le consentement des résidents, demander le consentement aux familles. Il y a quand même pas mal de résidents qui ne peuvent pas donner leur consentement eux-mêmes.
Il faut que le médecin référent indique s'il existe une comorbidité ou une contre-indication au vaccin. Et donc, tout ça, une consultation systématique médicale, ça ne peut pas se faire. Enfin, ce n'est pas du tout pareil qu'une vaccination de masse. On comprend que les EHPAD, il y a quand même un certain temps. Encore que, moi, je suis encore en contact avec le groupe SOS. Et on a travaillé encore la semaine dernière et toute cette semaine. Et il y a eu des vaccinations dans les EHPAD du groupe SOS. Donc, moi, je les ai trouvés vraiment très, très accro pour démarrer au plus vite et être capables de répondre à cette attente.
Alors que, voilà, ils ont tous besoin quand même de quelques jours de vacances et ils ont travaillé.
Ils ont vécu une année difficile. Bernard Sananès a vouloir prendre, a vouloir convaincre le plus possible, a vouloir répondre aux arguments des anti-vaccins. On a presque pris un peu trop de temps, un peu trop de précautions. En tout cas, le gouvernement et sans doute Emmanuel Macron ont considéré qu'il y avait un risque majeur d'opinion. Et on l'a bien senti, les médias se sont emparés du sujet, les réseaux sociaux aussi, depuis 48 heures. Et d'ailleurs, il s'est passé, en termes de communication politique, quelque chose d'assez rare hier. C'est qu'un ministre s'exprime deux heures avant le président de la République.
Vous savez, en général, quand le président de la République s'exprime pour les voeux, le jour même ou même 36 heures avant, il n'y a pas un ministre qui s'exprime. Là, Olivier Véran a dû, par un long thread, comme on dit sur Twitter, répondre à ce début de polémique. Pourquoi ? Parce que le risque pour l'exécutif, il était assez simple. Une crainte d'une reprise de l'épidémie. N'oublions pas que le Conseil scientifique a publié un avis en disant qu'il y avait un risque d'une reprise incontrôlée de l'épidémie dans les prochaines semaines.
Et donc, ce risque qui était daté, je ne suis pas scientifique, mais pour les prochains jours, après l'effet réveillon, comme on dit, espérons encore une fois que ça n'ait pas lieu, et qu'on soit à ce moment d'une éventuelle reprise de l'épidémie avec une polémique, donc plus de cas et pas de vaccins. C'était quelque chose de terrible pour l'exécutif. D'autant que, évidemment, le début de polémique sur les vaccins vient après ce qui s'est passé sur les masques et sur les tests, mais surtout sur les masques. Et donc, se posent plusieurs questions et on vient de l'évoquer à l'instant.
La question du rythme, évidemment, il fallait être prudent, mais il ne faut pas non plus que la prudence alimente le doute. La deuxième question, c'est la question de transparence. Il ne faut pas donner la moindre prise au sentiment dans l'opinion, qui pourrait bien sûr être alimenté par les anti-vaccins, mais pas seulement que finalement on ne sait pas tout, qu'on n'aurait pas les bonnes doses, qu'on n'en aurait pas assez. Donc là aussi, l'exécutif a dû éteindre cet incendie. Et puis, le troisième risque, c'est celui de l'organisation et de la logistique. Et c'est vrai que là, quand on regarde ce qui se passe dans d'autres pays, l'opinion peut se poser des questions.
Donc, il y avait vraiment un risque très fort. Et Olivier Véran a dû essayer de le déminer hier. On verra dans les prochains jours si ça suffit. Et lenteur injustifiée, les mots du président, c'est une bonne pierre dans le jardin du ministre de la Santé, Christophe Barnier. Du ministre de la Santé et de toutes les administrations, de cette administration de la santé, qui a détruit des masques pendant des années sans nous le dire, qui a raté le testé tracé isolé, et qui est en train de transformer la vaccination en fiasco. Un mot italien qui veut dire flacon, d'ailleurs. Ça vient d'un comédien qui avait fait un gag avec un flacon qui n'avait pas marché du tout. Donc, il avait fait un fiasco.
Et là, flacon pour les doses, c'est bien adapté. L'homme de théâtre a parlé. C'est une pierre dans le jardin des administrateurs, parce que pendant que les Allemands, dans leurs six semaines de préparation, faisaient des vaccins au Drôme, nous, on faisait 45 pages de protocoles à suivre. Pour être sûr que tout le monde soit vacciné de la même manière dans tous les établissements de France, selon le même protocole, et surtout que personne ne puisse se retrouver devant un tribunal parce qu'il aurait vacciné de manière différente du voisin. C'est ça, la France, aujourd'hui. C'est la France qui, devant un risque juridique, préfère faire des formalités.
Et pendant que les Allemands attendent la piqûre, nous, on attend le coup de tampon pour que les doses qui sont dans des frigos mystérieux finissent par arriver près des patients. Alors, comparaison avec l'Allemagne, restons-y, et on en vient aux vœux d'Emmanuel Macron. Message d'espoir, il a répété le mot à plusieurs reprises. Ce n'était pas exactement la même tonalité chez Angela Merkel ? Non. D'abord, elle n'est pas dans la même situation. C'était ses derniers vœux avant de quitter le pouvoir. Elle est dans un pays qui n'est pas le même qu'un pays décentralisé. La décentralisation allemande a eu des vertus pendant la première vague.
Elle a montré des faiblesses pendant la deuxième, et donc on n'était pas du tout devant le même défi. Par ailleurs, les vœux ne sont pas le 31 décembre à 20h, c'est plusieurs heures avant. Ce n'est pas du tout la même importance politique que chez nous. Donc on n'avait pas du tout une comparaison possible. Et puis encore une fois, la chancelière est l'organisatrice d'un pays qui se prend en main, l'Allemagne. Le président français est le chef d'un État qui doit tout faire pour des Français qui se tournent vers lui dès que ça va mal. D'ailleurs, si vous permettez, Angela Merkel, c'est intéressant les mots, Angela Merkel a insisté sur l'hiver. L'hiver sera encore rude, a-t-elle dit.
Ces jours et ces semaines sont des temps difficiles. Alors qu'Emmanuel Macron, lui, a donné la perspective sur le printemps. Cette différence de saison dans les discours traduit bien, comme vient de dire Christophe, qu'on n'est pas dans le même point de vue, on n'est pas dans les registres. Alors, il y a les différences habituelles du style de la communication et des exécutifs entre les deux. Angela Merkel, il faut le rappeler, est à 60% de popularité. Il y a aussi une forme de réalisme. Peut-être qu'hier, une partie de l'opinion a trouvé Emmanuel Macron trop optimiste. Certains diront qu'il est complètement dans son rôle, finalement, si lui n'incarne pas l'espoir qu'il va le faire.
Et d'autres diront qu'il ne se rend pas compte de la réalité, de la dureté de la situation. Soazique Kemener, arrêtons-nous sur cette liste de prénoms qu'il a cités. Un éboueur, une infirmière, un étudiant. Comment interpréter ça ? C'est un petit artifice de communication pour dire « je suis avec vous, Français, je vous rends hommage ». Comment vous avez interprété cette… Je crois qu'il a cité onze prénoms en tout.
Oui, alors c'est vrai que quand on entend ça, l'idée c'est d'essayer de donner une impression de proximité. Mais c'est vrai que ce n'est pas du tout habituel dans la bouche d'un président français. Et puis c'est un peu étonnant aussi. Et en fait, en cherchant, c'est des choses qu'on retrouvait à la fin des discours de Barack Obama. C'est-à-dire qu'à la fin de ses discours, Barack Obama avait l'habitude de rendre hommage à telle personne employée dans telle ville, etc. Donc ça, c'est directement dupliqué, comme Christophe Barbier parlait tout à l'heure de Roosevelt. Alors il y a aussi du Obama dans ce Macron du 31 décembre. Mais c'est vrai que c'est très américain.
C'est-à-dire que c'est quelque chose qu'on n'a pas l'habitude d'entendre dans la bouche des responsables politiques français. Et c'est aussi pour ça qu'il a été que certains de ses opposants, tel Jean-Luc Mélenchon, vous le voyez dans votre reportage, s'en sont saisis. Après, c'est toujours l'idée des héros français d'Emmanuel Macron. C'est l'idée qu'il essaie de mettre en avant depuis le début de son quinquennat, de chercher des figures auxquelles les Français puissent se raccrocher.
Alors là, ce qui est intéressant, évidemment, c'est qu'il cite à la fois une infirmière, il cite un chauffeur-éboueur, enfin ceux qui étaient les premiers de corvée, souvent c'est comme ça qu'on les appelait, surtout pour ce qui est des caissières, etc. pendant le premier confinement. Donc l'idée, c'est de dire qu'il est en contact avec la France, avec les souffrances des Français, avec les efforts qu'ils ont pu faire. Parce que ces efforts, c'est un mot qui a été utilisé pendant ses voeux aussi, et d'essayer de se rapprocher. D'ailleurs, ce sont des voeux très sobres.
On parlait tout à l'heure de la mise en scène, mais ce n'est pas un Macron très lyrique, un Emmanuel Macron très lyrique qu'on a pu entendre hier soir. Il a parlé d'espoir, mais on n'était pas dans les jours heureux, on n'était pas dans la réinvention. Il fait beaucoup plus sobre. Il ressemble beaucoup plus au discours que pouvait faire à un moment son ancien Premier ministre, dont la popularité fait en parler, Édouard Philippe. Donc c'est des voeux de proximité, de rapprochement avec les Français.
Et il n'a pas oublié de citer les policiers de Nice, les gendarmes tués dans le puits de Dôme, les militaires morts au Mali. Double constat, résilience, unité des Français, Bernard Sananès. Est-ce que ce constat est pertinent ? Ce constat, je dirais qu'il y a un peu de méthode Coué de la part d'Emmanuel Macron. Parce qu'il ne faut pas confondre deux choses. Il y a eu, et on l'a dit tout à l'heure, de la solidarité. Une partie des Français a exprimé de la solidarité, notamment avec les soignants ou avec ceux de la deuxième ligne. Il y a eu aussi le besoin qu'ont eu les familles, les proches, de se retrouver. On s'est tous retrouvés dans un cocon, un cercle familial, amical.
Mais il n'y a pas eu ce que les anglo-saxons appellent « rally around the flag », c'est-à-dire le sentiment qu'on est tous unis, la nation mobilisée en entier pour faire face au... Et c'est d'ailleurs une forme aussi d'insuccès d'Emmanuel Macron, de ne pas avoir réussi à mobiliser le pays tout entier pour se dire, voilà, on va sortir de cette situation. Il y a bien sûr... Quels sont les éléments qui montrent ça ? D'abord, les débats et leur violence. Il y a eu des débats dans tous les pays, évidemment, sur la stratégie de réponse à la crise sanitaire. En Allemagne aussi, en Italie évidemment, mais en Allemagne aussi. Mais la violence, l'intensité des débats a été extrêmement forte en France.
Il n'y a eu finalement aucun moment de consensus. Je ne parle même pas d'unité nationale. Je vais vous prendre un seul exemple. Le premier tour des élections municipales. Moi, j'ai longtemps cru, je me suis trompé, que finalement, à 23h30, on allait annuler le premier tour des élections municipales. Et je me suis dit, c'est quoi les conditions pour que ça puisse avoir lieu ? Eh bien, c'était sans doute qu'il y a la télé, ensemble, le président de la République, le président de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil constitutionnel. Eh bien, cette unité politique, même sur un moment comme celui-là, elle n'a pas été possible. Donc, il y a eu de la solidarité.
On ne peut pas dire qu'il y ait d'unité nationale et il n'y a pas eu, sous quelques réserves près, à quelques moments près, notamment à l'annonce du premier confinement, d'unité nationale autour d'Emmanuel Macron. Christine Rouziou, quel rôle pour les politiques, pour inciter les gens à se faire vacciner ? 200 maires ont appelé, voilà, en disant qu'ils étaient prêts à se faire vacciner eux-mêmes. La reine du Danemark s'est fait vacciner aujourd'hui. Est-ce que si Emmanuel Macron, si Jean Castex, si les ministres un peu plus âgés, peut-être, pour montrer, se faisaient vacciner publiquement, est-ce que ça aurait un effet ?
Alors, c'est ce que l'Académie de médecine a postulé comme idée. Et effectivement, le communiqué de l'Académie dit, nous, voilà, à l'Académie, on est prêts à tous s'organiser pour se faire vacciner tous ensemble, avec l'âge que nous avons les uns et les autres. Donc, c'est un signal, effectivement, comme quoi un certain nombre du personnel médical, du personnel soignant, tout le monde est finalement demandeur. Et c'est ce que je disais tout à l'heure. On voit progressivement, après ces semaines de doute, beaucoup plus de mouvements vers la demande et de critiques. Ça ne va pas assez vite, alors que finalement, la semaine d'avant, ils disaient, je ne vais peut-être pas me faire vacciner.
Non, je pense qu'il faut lutter autant pour que les idées progressent dans la tête des gens. Et je pense qu'en plus, au fur et à mesure de la vaccination, ça va bien se passer. On sait bien que le vaccin ne va pas faire d'effet secondaire gravissime et tout ça. On sait très bien que les choses vont quand même se passer correctement pour la majorité des patients. De fait, pour la majorité des sujets, de fait, progressivement, la confiance va venir. Il n'y a pas que le politique qui doit induire toujours tout. Il faut aussi voir que les choses vont arriver progressivement. Ça me semble assez juste de sentir le fait que les gens sont en train de réclamer cette vaccination.
Alors, lorsqu'il y a un an, Emmanuel Macron présentait à l'époque pour la troisième fois du quinquennat ses voeux aux Français, c'était le temps des manifestations contre la réforme. Des retraites ont suivi 12 mois assez infernaux pour le président. L'épidémie est loupée dans sa gestion. Les municipales ratées, la crise économique, la nouvelle vague d'attentats. Et jusqu'à ce mois de décembre, où lui-même a été testé positif au Covid 2020, l'année impossible d'Emmanuel Macron. Romain Bessnenou et Ilana Zinko. « Dans quelques heures, une nouvelle décennie s'ouvrira. » C'était il y a un an, autant dire une éternité. « Plus de 500 000 emplois ont été créés.
La France n'avait pas connu un tel élan depuis des années. » C'était un autre monde. « Je vous souhaite une très bonne année 2020. » Pour Emmanuel Macron, 2020 aurait dû être l'année des réformes de l'écologie, une année charnière à mi-mandat. Mais rien ne s'est passé comme prévu. Le mois de janvier est marqué par les grèves et manifestations contre la réforme des retraites. Des centaines de milliers de personnes descendent dans les rues et défilent le gouvernement.
« Moi, je ne peux pas baisser les bras. C'est trop important pour moi, pour mes enfants, pour mes élèves. C'est trop important. »
Inquiets pour leur avenir, même les avocats s'y mettent. Deux mois de grève dure et des actions chocs. Le 13 février, c'est l'impensable. Une vidéo à caractère sexuel fait le tour des réseaux sociaux. Elle implique Benjamin Griveaux, proche du président et candidat à la mairie de Paris. Il démissionne le lendemain.
« Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir une telle violence. »
Mais l'affaire est vite balayée par une tempête venue de Chine et qui prend de plus en plus d'ampleur. Un mystérieux virus s'apprête à paralyser le monde, mais en ce début d'année, qui s'en inquiète.
« Le risque d'importation de cas depuis Wuhan est modéré. Il est maintenant pratiquement nul, puisque la ville, vous le savez, est isolée. »
Qui aurait pu imaginer la suite ? Le confinement. « Nous sommes en guerre. » La cacophonie autour des masques.
« Et vous savez quoi ? Moi, je ne sais pas utiliser un masque. Je pourrais dire « Je suis ministre, je me mets un masque. » Mais en fait, je ne sais pas l'utiliser. »
Et bien sûr, la crise de l'hôpital. « En termes de matériel, dites-moi les choses. »
« En termes de matériel, c'est un peu difficile. Personnellement, moi, je sais que j'ai dû faire au moins 10 pharmacies pour pouvoir avoir des masques. »
Après deux mois et demi de crise, la France sort petit à petit du confinement. Et en juin, le deuxième tour des élections municipales a enfin lieu. Échec cuisant pour la majorité. Agnès Buzyn est largement battue à Paris et les grandes villes du pays tombent aux mains de la gauche et des écologistes. À la rentrée, on se dit que le pire est derrière nous, que le Covid, c'est du passé. Mais l'économie est à terre. Chômage, dettes, PIB. Après la crise sanitaire, la crise sociale. Un symbole, l'usine de Bridgestone à Béthune. « Aujourd'hui, notre DG nous annonce une fermeture. Et aujourd'hui, on joue avec 5000 familles. » Pour l'opposition, c'est le moment de monter au front. « On est en France.
On ne jette pas les gens comme des kleenex. On n'est pas aux Etats-Unis. On n'est pas au Far West. » Fin octobre, une vague d'attentats rappelle l'intensité de la menace djihadiste. Devant Charlie Hebdo, à l'église de Nice ou à Conflans-Sainte-Honorine avec l'assassinat de Samuel Paty, la France replonge dans l'horreur. « Nous continuerons. Oui. Ce combat pour la liberté et pour la raison dont vous êtes désormais le visage. » En novembre, pas de répit. Le projet de loi Sécurité globale est fragilisé par cette vidéo d'un producteur tabassé par des policiers. L'émoi est grand dans une France à bout de nerfs. Le gouvernement doit retirer l'article 24 de son texte si controversé.
Et puis, l'année finit aussi mal qu'elle a commencé avec de violentes manifestations début décembre et le retour du coronavirus qui touchera même le président de la République. « J'ai attrapé ce virus. Peut-être, sans doute, un moment de négligence, un moment de pas de chance aussi. » Petite consolation en guise d'exploit pour Emmanuel Macron. Il finit cette étrange année à un meilleur niveau de popularité qu'il ne l'a commencé. 7 points de plus depuis janvier. « Christophe Barbi, il y a une chose qui est frappante en regardant ces images, c'est à quel point la chronologie de cette année 2020 est étrange.
On a l'impression de critiquer chaque décision au fur et à mesure, mais il y en a plein qu'on a déjà oublié. Les déclarations de Sibeth Ndiaye, les déclarations d'Agnès Buzyn, c'est étonnant cette chronologie de l'année 2020. » « Oui, c'est le propre des événements très puissants. C'est qu'il renvoie aux oubliés très très vite ceux qui sont dévorés par cette actualité, Agnès Buzyn, Sibeth Ndiaye, ou bien les autres phénomènes politiques. Le Griveau Gate avec cette fameuse vidéo, ça nous semble d'abord totalement anecdotique, dérisoire, et ça nous semble très très très très vieux. L'épidémie a tout écrasé.
Raison de plus pour qu'un président dise « attention, n'oublions pas, n'oublions pas ce qu'il faut faire. Il y a d'autres risques, par exemple le terrorisme, et puis il y a d'autres devoirs devant nous, notamment continuer les réformes. Il ne faut pas que la France se laisse obséder, étouffer, asphyxier par cette épidémie. Il ne faudrait pas que les Français pensent que le jour où le virus sera terrassé et pourra lui aussi être rangé aux archives, on retrouvera le monde et le pays intact qu'on connaissait avant. » Macron, dans la Somme, vous demande, après une succession d'ennuis, gilets jaunes, Covid-19, où Macron peut-il trouver de quoi restaurer son image en 2022 ?
D'abord, il va lui falloir gérer... On verra que l'image, c'est plus complexe que ça. Il va lui falloir gérer la sortie de cette crise épidémique. Souvent, quand il y a un moment tragique, sombre, les peuples font un peu corps autour de leurs dirigeants. Puis quand on peut tourner la page de cet événement tragique, eh bien le nom du dirigeant, il est inscrit sur cette page. On aime bien le tourner avec. Quelle plus grande ingratitude que celle des Britanniques qui ont limogé Churchill à la sortie de la Seconde Guerre mondiale ? Donc Emmanuel Macron aura, de toute façon, même s'il travaille bien, à gérer ses rendez-vous terribles des dirigeants.
Une fois que le pire est derrière nous, si on pouvait liquider seul l'homme qui incarnait le pire, pas de sa faute, mais parce qu'il était là à ce moment-là, eh bien on peut le faire. Ça, ça sera très compliqué pour lui. Et puis, il faut qu'il revienne sur le moteur du macronisme. Le moteur du macronisme, c'est la réforme. Changer le pays, le moderniser. S'il abandonne ça, il perdra son noyau d'électeurs qui, pour l'instant, lui reste fidèle. D'où cette petite phrase très importante, hier, dans ses voeux, par rapport à l'argent qui a été dépensé, le « quoi qu'il en coûte, je l'assume », alors que le macronisme n'était pas une idéologie de la dépense publique.
Mais il ajoute, il nous faudra bâtir ensemble les réponses pour que ce fardeau ne pèse pas sur les générations futures. Traduction, nous allons tout de suite devoir faire des réformes pour faire des économies qui nous permettront de rembourser la dette et de relancer l'économie. Ça promet de beaux débats publics et de belles tensions sociales. Swazik et Ménère, il pourra réformer dans les mois qui restent d'ici à la fin du quinquennat et dans le contexte qu'on décrit depuis le début de cette émission ?
Toute la difficulté, c'est que le compte à rebours de la présidentielle est enclenché. On est à moins de 500 jours maintenant. S'il s'avère effectivement, comme le dit le président de la République, qu'au printemps, on pourra avoir laissé les jours sombres derrière nous et que finalement, une bonne partie de la population aura pu se faire vacciner, qu'on vivra plus sous couvre-feu, qu'on pourra envisager peut-être d'enlever les masques et de revivre un petit peu normalement. Alors, ce ne sera peut-être pas au printemps, peut-être plus à l'automne, mais il aura très peu de temps puisque la campagne présidentielle, elle va commencer.
Alors, elles sont de plus en plus courtes, mais elle va commencer. On va commencer à s'y pencher sérieusement au mois de septembre. On aura une idée. Les challengers vont commencer à se mettre en place. Et là, on va entrer. Lui, il parle d'une année utile. Il a expliqué que 2021 devait être une année utile. C'est les mots qu'avait utilisé Jacques Chirac en 2000 et les mots aussi qu'avait utilisé Nicolas Sarkozy en 2010. Mais là, ensuite, on va être vraiment dans un moment très politique et ça va être très compliqué de mener des réformes. Et puis, comment imaginer arriver à l'élection présidentielle alors qu'une réforme des retraites vient d'être discutée ?
On a vu comment ça pouvait cliver et soulever le pays. Alors, effectivement, il a besoin d'inscrire quelque chose sur ses tablettes. On voit sa volonté. D'ailleurs, hier, c'était intéressant de rétablir, de réhabiliter son bilan pour 2020. Il a fait toute une liste. On a baissé les impôts, le congé pour les aidants, l'allongement du congé de paternité. Il a fait toute une liste comme ça pour dire qu'il s'était passé des choses en 2020, pour dire donc, je n'ai pas abandonné, je continue à faire des choses.
Et tout à l'heure, il a fait toute une série de tweets avec les sept bonnes nouvelles de 2021 sur le remboursement des frais dentaires à 100%, sur l'aide pour les parents en situation de handicap, etc. Toute une série de ce qu'il qualifie de bonnes nouvelles pour 2021 pour dire le Covid n'a pas tout écrasé, j'ai fait des choses en 2020, je vais pouvoir encore en faire en 2021. Mais c'est vrai qu'on a du mal à imaginer comment il va pouvoir faire passer une grande réforme structurelle avant la présidentielle. Le calendrier est très court et puis on sait qu'on est dans un paysage social éruptif.
Comment imaginer recommencer de vivre ce qui s'est passé à l'hiver dernier, c'est-à-dire réforme des retraites avec les réactions qui s'en suivent. Ça paraît très compliqué. D'ailleurs, quelqu'un comme Richard Ferrand explique, il l'a dit dans une interview, que la réforme des retraites, c'est pour le début du prochain quinquennat et que ce sera plutôt un argument pour la campagne présidentielle. Parce que ça peut être aussi une solution, c'est-à-dire de dire j'ai voulu faire les réformes, il y a eu cette épidémie, je n'ai pas pu les mener à bien, mais ma volonté est intacte.
C'est ce qu'il essaie de faire passer en tout cas comme message au moment précis où personne ne sait, l'année 2021 est tellement incertaine, comment tout ça va se finir ?
Bernard Sananès, est-ce que les autres sujets qu'Emmanuel Macron a essayé de mettre en avant ces dernières heures, est-ce qu'ils impriment dans l'opinion ou est-ce que tout est accaparé par l'épidémie ? Il y a deux sujets qui dominent, c'est bien sûr les questions sanitaires et la question économique, notamment la peur du chômage, la peur de la crise dont certains disent qu'elle est devant nous.
Après, tout au long de l'année, on a vu que malheureusement, les attentats terroristes, mais aussi les sujets environnementaux qui restent très présents, qui n'ont pas du tout disparu comme certains pouvaient le penser, qui pensaient que le sanitaire emporterait les questions environnementales, non, ce n'est pas le cas. On voit bien en tout cas qu'en termes de préoccupations premières, c'est un duo santé-emploi, santé-pouvoir d'achat qui domine. Donc ça, c'est très net aujourd'hui dans les préoccupations des Français. Notre téléspectateur nous parlait de restaurer l'image d'Emmanuel Macron d'ici à 2022.
Le paradoxe, on parlait de 2020, année impossible, c'est que son image ne s'est pas tellement dégradée, elle n'a pas tellement bougé depuis janvier. Il y a deux paradoxes en fait. Le premier, c'est que, alors que le jugement des Français sur la crise est assez sévère, on a moins de 4 Français sur 10 qui considèrent que la crise a été bien gérée, Emmanuel Macron n'en souffre pas. Il est stable chez Elab de janvier à décembre, il est même en hausse chez certains de nos confrères.
Donc ça, c'est intéressant de voir que ce jugement sur la crise, finalement, il n'impacte pas en négatif la popularité d'Emmanuel Macron, alors qu'on le sait, la France a le niveau de défiance sur la gestion de la crise, qui est le plus élevé quasiment de tous les pays. Et puis le deuxième paradoxe, c'est que, comme au moment des Gilets jaunes, aucun des leaders de l'opposition, j'allais dire, n'en profite, ou en tout cas n'émerge. Leur code de popularité, à eux aussi, finalement, est extrêmement stable. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, dans ce moment très particulier qu'on a vécu et qu'on est encore en train de vivre, les Français ne sont pas dans le jeu politique.
La vie politique, en elle-même, a été un peu anesthésiée. Les sujets dont on parle sont évidemment des sujets de la chose publique, très important. Mais le débat politique, la projection dans une campagne présidentielle, ça, c'est encore beaucoup trop tôt. Les Français, pour beaucoup d'entre eux, on le voit bien dans les enquêtes, s'il y a un côté, bon, d'abord, sortez-nous de là. Et puis après, on verra sinon. Mais qu'est-ce que sera le momentum d'un début de campagne électorale ? Je pense, comme Soissi Kempner l'a dit, que le moment du début, ce sera septembre, si l'épidémie est derrière nous.
Mais à ce moment-là, il y aura des questions différentes qui vont se poser, déjà, dans quel moment économique serons-nous ? Est-ce qu'on sera au plein cœur de la crise ou est-ce qu'on commencera à sortir, à avoir des perspectives plus optimistes en matière économique ? Et puis, il y a une deuxième question qui, à mon avis, est sans doute essentielle pour le calendrier de la campagne. Est-ce qu'une partie des Français se dira finalement, cette crise, c'est une nouvelle preuve du déclin français ?
Ce qu'on a vu sur les masques, la mauvaise capacité à gérer la crise, c'est une nouvelle preuve, vous savez, ce sentiment décliniste qui est très forte dans l'opinion et qui, évidemment, nourrit notamment l'électorat anti-Macron. Ou alors, certains se diront, mais finalement, c'est la preuve de la résilience du modèle français et notamment du modèle social français et le quoi qu'il en coûte a réussi, finalement, à protéger la France d'une situation beaucoup plus grave. Là, je ne me risquerai pas à faire un pronostic sur la réponse à cette question. Christine Rouziou, regarde la scientifique que vous êtes sur cette année politique, cette année de gestion de l'épidémie.
On a revu dans le sujet les déclarations qui aujourd'hui font sourire sur les masques ou sur la circulation du virus. Mais en même temps, les scientifiques eux aussi ont appris en direct de ce virus. Est-ce que finalement, la France en est bien tirée, moins bien tirée que les autres dans la gestion de l'épidémie ?
Je trouve que dans l'ensemble, la France en est bien tirée dans la gestion de la prise en charge des patients. Très rapidement, on a vu que l'oxygénothérapie était importante pour limiter le passage en réanimation, la corticothérapie, les anticoagulants. Je trouve que quand même la prise en charge clinique, médicale, à l'hôpital a rapidement progressé. Et là, la communauté médicale et scientifique a vraiment bien travaillé. Là où ça ne s'est peut-être pas bien passé, c'est l'organisation générale de l'ensemble des recherches qui auraient pu être mieux organisées et moins dispersées sur toute la France avec des mini-études à droite et à gauche.
Ne parlons pas des dégâts considérables faits par l'histoire d'hydroxychloroquine qui a montré à quel point certains pouvaient, je dirais, travailler finalement assez mal et ne pas comprendre ce que c'était que réellement la recherche clinique conséquente appréhendait bien d'emblée qu'il y a beaucoup d'asymptomatiques, il y a des possy-symptomatiques, il y avait quand même des stades de la maladie qui se décrivaient au fur et à mesure du mois de février, mars, avril et les premiers essais ne prenaient pas en compte tous ces chiffres-là. Et donc, du coup, on voyait que les études cliniques pouvaient déraper facilement comme celles notamment de l'hydroxychloroquine.
Alors, le vaccin ne réglera pas tous les problèmes ouverts par l'épidémie. Le volet économique et social de la crise est largement devant nous. Hier, le président a eu un mot pour tous les professionnels les plus touchés, la culture, hôtellerie, restauration, le tourisme, le sport, les étudiants. Il aurait pu ajouter le secteur de l'industrie aéronautique, secteur qui sort fracassé de cette année 2020. Juliette Vallon et Mathias Garnier.
Le bruit des machines résonne à nouveau dans cette entreprise toulousaine spécialisée dans la fabrication de pièces en métal pour les avions. Fermée pendant dix semaines lors du premier confinement, elle a finalement pu se remettre en activité. Mais la crise du Covid a sérieusement fait chuter le carnet de commandes de ce sous-traitant. Donc, c'est une pièce, ça s'appelle un bras carénage pour moteur d'avion. Cette pièce est en titane. On devait faire à peu près cinquante pièces par mois. Donc là, aujourd'hui, on doit faire sept à huit pièces par mois. Airbus, Boeing, des gros clients perdus pour cette PME qui a divisé son chiffre d'affaires par deux cette année.
Bien conscient que cette crise va durer, son patron a trouvé une solution pour ne pas mettre la clé sous la porte, la reconversion. Exemple, avec ses bornes de distribution automatique. Elle est destinée à commander les repas. Vous avez un écran tactile et un système monétique avec un monnaie hier. Vous commandez votre repas via l'écran. Ce sont de nouvelles prises de marché. Parce qu'aujourd'hui, il faut bien se dire, on a notre outil de production qui tourne à 25%, 25 voire 30%. Donc, c'est pour remettre un peu de l'activité et du chiffre d'affaires dans l'entreprise. La crise du Covid, un choc pour la filière de l'aéronautique, hier encore très prospère. C'est totalement inédit.
Les chiffres que nous a mentionné nos clients, c'était des plans de charge en croissance. On nous demandait de nous doter et d'assurer cette montée en charge. On a toujours répondu présent. On ne pouvait même pas s'imaginer qu'un jour, ça arriverait. Des sous-traitants pris à la gorge et des salariés licenciés aujourd'hui dans toute la France, victimes collatérales de la crise qui clouent les avions au sol depuis 9 mois maintenant. Le chiffre d'affaires des compagnies aériennes est en baisse de 50% pour 2020, avec une estimation de 84 milliards de dollars de pertes au total pour l'industrie. Certaines compagnies ont déjà fait faillite, comme Flybe au Royaume-Uni.
Pour le fleuron de l'aviation européen, Airbus, les conséquences sont dramatiques.
Si pendant deux ans, je n'ai aucune compagnie aérienne qui prend livraison d'aucun avion, je n'ai plus d'entreprise, je n'existe plus.
Le groupe a annoncé en juin dernier 5000 suppressions de postes en France. Une menace sur l'emploi qui pourrait toucher notamment la région Occitanie, avertit ce syndicaliste toulousain.
Dès le mois de mars, les intérimaires ont été éjectés de leur poste. Donc, bien sûr, c'est eux qui souffrent d'ores et déjà. Et quand on voit la misère qui monte en France, on peut penser que c'est cette population-là qui s'est retrouvée tout de suite écartée du travail. Ça s'adresse notamment aussi aux jeunes. C'est les jeunes qui se retrouvent dans ces situations-là.
Face à cette crise sans précédent, comment soutenir la filière aéronautique ? Il y a quelques mois, le gouvernement français a annoncé un plan de soutien de 7 milliards d'euros pour aider Air France au bord de la faillite. Début novembre, le ministre de l'Économie affirmait que l'État est prêt à refaire un geste pour sauver le groupe dont il est actionnaire.
S'il y a besoin, à un moment donné, d'un soutien financier supplémentaire à Air France, nous apporterons un soutien financier supplémentaire à Air France parce que c'est une question de souveraineté nationale, d'avoir notre propre compagnie aérienne nationale et puis derrière, il y a des dizaines de milliers d'emplois qui sont concernés.
En Allemagne, l'État a de son côté racheté 20% des parts de Lufthansa pour éviter la disparition de la compagnie aérienne. Selon l'Association de transport aérien international, 2020 restera comme la pire année de l'histoire pour le secteur de l'aviation.
Christophe Barbier, Claudius en Meurthe-et-Moselle nous demandent comment relancer l'économie si nous sommes confinés tous les deux mois. Il faut en finir avec ce risque du confinement tous les deux mois, du stop and go comme on dit en bon français qui fait qu'on ne peut absolument pas poser une stratégie économique et qu'on est obligé à chaque fois, à chaque reconfinement de solliciter l'argent public. Seul moyen d'en finir, c'est le vaccin. Donc il y aura un avant et un après vaccination totale de la population.
À un moment, on va pouvoir dire aux Français vous reprenez la vie d'avant, non seulement son aspect convivial, les terrasses de café, les restaurants, mais aussi son aspect économique. Ça n'aura pas que du bon. Ça veut dire qu'à ce moment-là, l'État dira il n'y a plus de chômage partiel, il n'y a plus les aides chaque mois qui compensent tant de pourcents du chiffre d'affaires perdu par telle entreprise et donc chacun se retrouvera dans l'eau glacée. Et puis il y aura les prêts garantis par l'État, les PGE. Les prêts ont été donnés par les banques. Évidemment, l'État était garant. Mais à un moment donné, la banque va dire à celui qui a remboursé, remboursé.
Et là, il y a des entreprises qui pourront, des entreprises qui ne pourront pas. Et l'État ne pourra pas les sauver toutes. D'autant qu'il y a parmi elles des entreprises qui auraient dû disparaître même sans l'épidémie et qui ont traversé une sorte de sursis, de bulle avec cette épidémie. Donc l'atterrissage, pour rester dans la métaphore aérienne, va être extrêmement rude pour l'économie. Ça doit passer par deux conditions si on veut éviter le crash. C'est d'abord que l'État continue à aider sans être dans la perfusion financière mais dans l'aide à la restructuration de tous ces secteurs économiques. Puis deuxièmement, on n'échappera pas à un effort collectif.
Là encore, c'est entre les lignes, c'est en filigrane des voeux d'Emmanuel Macron hier. L'effort collectif, ça peut être de remettre sur le tapis le temps de travail, les fameux 35 heures. C'est évidemment la réforme des retraites. C'est aussi une réflexion des entreprises sur le rapport entre capital et travail pour ce qui est de la rémunération. Il faut mieux payer les gens si on veut leur demander un effort supplémentaire. Et c'est des hausses d'impôts ? Ça peut être des hausses d'impôts mais la France est déjà un pays qui est grevé d'impôts. Plus d'impôts, on l'a vu en 2012-2014 avec la politique Hollande-Hérault, ça casse l'économie, ça ne la motive pas.
En revanche, Emmanuel Macron a allégé les impôts de toute une catégorie de la population en espérant que cette population les plus riches allaient remettre l'argent dans l'économie. Je ne suis pas sûr qu'ils aient tous remis l'argent dans l'économie française. C'est peut-être le moment de le faire. Bernard Sananès, il y a un secteur qui est plus gros de colère sociale que d'autres. Là, on a vu l'aéronautique, on a beaucoup parlé des commerçants au cours de l'automne. On a appris aujourd'hui que les établissements culturels ne rouvriraient pas le 7 janvier. Il y a un secteur où la crise sociale peut aboutir à plus de manifestations, de contestations, de colères ?
Déjà, l'inquiétude, elle est partagée et c'est assez rare dans une période de crise économique, elle est partagée quasiment au même niveau dans les milieux populaires qui sont toujours les plus exposés, donc les plus inquiets, mais aussi, par exemple, chez les cadres. Parce qu'on a bien compris quand on voit ce que vient de dire le patron d'Airbus que ça peut toucher aussi que ce soit les usines ou les sièges sociaux. Donc, il n'y a pas... Dans la crise, on sait que cette crise, dans l'opinion en tout cas, on sait que cette crise va être difficile. Après, il y a des inquiétudes différentes. Il y a celle des indépendants, des petits entrepreneurs.
C'est vrai qu'un des enjeux, c'est de savoir comment le tissu des PME, notamment, on a parlé là des sous-traitants, mais en général, comment le tissu des PME va pouvoir résister à la crise durablement une fois que les événements, notamment le moment du remboursement des PGE, dont a parlé Christophe, se présentera. Et puis, il y a bien sûr tous ceux dont la situation individuelle était déjà difficile. Je pense notamment aux précaires, à ceux qui étaient aux intermittents, à toutes ces personnes-là qui sont très exposées et dont la crise, évidemment, on le voit avec la demande de minima sociaux, renforce l'exposition et la précarité. Allez, nous en revenons à vos questions.
Et beaucoup de questions sur le départ de tortue de la vaccination. C'est dans ce message-là. En particulier, ce départ de tortue pour la vaccination ressemble fort à un très mauvais message envoyé aux Français. Qu'en dites-vous, Soazie Kemener ?
Qu'effectivement, c'est sur les vaccins, le gouvernement, Emmanuel Macron, le gouvernement ne devait pas se rater parce que le début de la gestion de l'épidémie a été très critiqué à raison sur les masques. On s'est aussi posé la question de l'isolement. Finalement, il a été décidé de ne pas travailler cet isolement contraint comme Jean Castex avait à un moment envisagé. Donc, le vaccin, c'est vraiment, c'est vraiment, c'est à la fois, c'est à la fois la clé de la libération des Français et c'est en même temps une clé politique très importante pour Emmanuel Macron. Donc, effectivement, il ne fallait pas se rater. Là, les choses ont été redressées mais il a fallu quand même 4 ou 5 jours.
C'est très long en temps politique. Dès mardi soir, Olivier Véran était invité au journal de France 2 justement pour s'exprimer notamment sur cette question-là. Donc, les remontées politiques, les alertes politiques existaient mais la réponse, elle arrive le jeudi puis le vendredi ce qui laisse déjà Bernard Sananès parce qu'il le dirait sans doute mieux que moi mais qu'il laisse déjà s'installer dans l'opinion cette idée mais le vaccin c'est le fiasco alors qu'on a finalement commencé à vacciner dimanche dernier.
On n'en est pas là où on ne le mesure peut-être pas encore Bernard Sananès. On ne le mesure pas encore, vous savez, il y a peu de sondages entre les fêtes également, les personnes qui ont interrogé des confiseurs, on le verra la semaine prochaine mais ça c'est qu'il mène à raison. En tout cas, le doute a pu s'installer donc le gouvernement avait besoin de réagir très vite. Est-ce que ça suffit ? Je ne sais pas, on l'espère en termes de santé publique mais c'est vrai qu'il va falloir qu'il rassure à la fois sur l'approvisionnement, à la fois sur l'organisation de la logistique, à la fois de manière très concrète.
Si je veux me faire vacciner demain, qu'est-ce que je dois faire si je suis dans les populations concernées ? Il y a toute une série de questions comme ça. Il va y avoir une campagne de vaccination. La communication évidemment peut jouer un rôle très important dans cette période mais comme on l'a dit tout à l'heure, finalement, le meilleur argument de communication pour le vaccin, c'est le vaccin lui-même. C'est-à-dire, plus le vaccin est déployé, plus on verra qu'il n'y a pas d'effet indésirable ou quasiment peu, en tout cas, je parle sous le contrôle évidemment de la santé publique, plus évidemment les craintes dans l'opinion, les doutes, parce qu'ils existent, pourront être levés.
Christine Rousiou, Claude à Paris nous demande quel motif avons-nous d'espérer ? Alors la question est politique mais pas seulement. Vous, quand dites-vous, quelle réponse à cette question ? Quel motif avons-nous d'espérer aujourd'hui, 1er janvier 2021 ?
Moi, je pense que le vaccin va réellement réduire la circulation du virus. Ça va être progressif, ça va mettre du temps, ça va se cumuler avec le printemps qui va voir la température remonter, les conditions climatiques un petit peu plus favorables. Mais je pense que le vaccin va réellement réduire la circulation du virus. Donc au niveau collectif, ça va bien se passer. Mais au niveau individuel, ça va aussi bien se passer. Ce savoir vacciné, ce savoir protégé et se dire que ouf, ça y est, je suis libéré, je suis enfin protégé de ce fichu risque d'une maladie grave, je pense que ça aussi, ça va changer l'état d'esprit des Français.
Encore une fois, je pense qu'ils n'ont pas encore réalisé que vacciné, on va être libéré.
Quel motif avons-nous d'espérer, Christophe Barbier ? Je vous renvoie la question aussi. Moi, j'ai un motif d'espérer, c'est l'épargne des Français. Les Français ont beaucoup épargné pendant cette période, encore plus que d'habitude. C'est vraiment un peuple d'écureuils qui est sur son terrier. On a la possibilité de réinjecter dans l'économie par la consommation, par l'investissement, cette épargne des Français et donc de donner un coup de dopant à l'économie pour qu'elle redémarre. Encore faut-il trouver dans le langage politique la bonne communication, la bonne motivation pour que les Français acceptent de délier les cordons de leur bourse.
Docteur Rousiou, des vœux lyriques, des héros du quotidien romancé, tout ça, en attendant la courbe des 40 terminations qui va remonter dans 10 jours, nous dit Alain dans le Maine-et-Loire. C'est une crainte justifiée ?
Écoutez, moi, j'ai trouvé que les commentaires sur ce qui s'est passé cette nuit étaient finalement moins graves que ce qu'on avait anticipé. Je pense qu'il y a eu effectivement des grosses fêtes. Il y a eu des plateaux de fruits de mer pour 20 personnes qui ont été commandées à droite à gauche. Donc, il y a eu des gens qui n'ont pas assez. Mais le point positif est le fait que beaucoup de gens se sont testés avant de venir voir leur famille. Le fait de beaucoup de tests en semaine 51 est un vrai signal de prise en charge et de prise en compte vraiment d'un risque qu'il ne faut pas faire prendre à ses parents, à ses grands-parents et à sa famille.
Donc, je trouve que je pense que peut-être que ça va se passer un petit peu mieux que ce que le Conseil scientifique avait annoncé. Il n'empêche qu'on va retourner au travail, on va retourner, la vie va reprendre. Et là, il faut que la vie reprenne avec évidemment ce couvre-feu de 18 heures qui va quand même être un petit peu difficile. Mais il y a encore toutes ces mesures barrières vraiment à maintenir parce que l'hôpital ne doit pas revivre une troisième période. Ce n'est pas possible. Vraiment, les Français n'accepteraient pas de savoir encore autant à risque alors que le vaccin est là.
Et garder la parole, va-t-on revenir au vaccinodrome de la précédente épidémie de H1N1 ?
Alors, je ne sais pas. C'est un petit peu ce qui était annoncé. Je dois avouer que j'ai trouvé très positif le fait que les Français s'étaient précipités sur le vaccin antigrippal et qu'il n'y en avait même pas eu assez tellement les gens étaient enthousiastes pour se vacciner contre la grippe. Et là, il n'y a pas eu besoin de vaccinodrome pour écouler les 12 millions de vaccins en moins d'un mois. Donc, on voit bien que la médecine de ville peut vraiment très bien participer à cet effort de vaccination à condition, bien sûr, que la distribution du vaccin soit bien coordonnée avec les pharmacies. On a quand même cinq jours avec le vaccin à plus 4 degrés.
Ça laisse quand même un peu de temps pour utiliser des doses quand elles sont bien réparties dans tous les départements. Franchement, je pense qu'on va pouvoir bien s'appuyer sur la médecine de ville et que ça pourrait quand même... C'est d'autant important qu'il faut vraiment qu'on surveille et qu'on suive la réponse au vaccin avec la diminution en parallèle de l'épidémie. On a toute une épidémiologie à faire pour suivre l'impact du vaccin. On a aussi l'épidémiologie moléculaire à faire de façon à voir quels sont les vaccins, les virus qui vont circuler au fur et à mesure que le vaccin va faire pression sur cette circulation virale. Est-ce qu'on va avoir des variants ?
Est-ce qu'on va avoir les variants anglais ? Etc. Et que différents vaccins vont arriver. nous, à surveiller.
Bernard Sananès, Frédéric Danleraud nous demande ne devrait-on pas rendre obligatoire la vaccination pour les plus de 65 ans ? Si j'en crois les enquêtes et les dispositions, ce ne serait pas une bonne idée. Je pense qu'il y a une adhésion à faire progresser. Le rôle, ça vient d'être dit, le rôle des médecins de proximité, des médecins de ville est clé quand on demande aux Français au moment de décider pour vous faire vacciner quels sont les avis dont vous tiendrez compte. Le premier, pour plus d'un Français sur deux et de manière très nette, c'est l'avis de son médecin. Et d'ailleurs, il n'y a que 15% de gens qui disent je prendrai la décision tout seul.
Donc c'est intéressant, il va y avoir beaucoup d'interactions sociales, familiales. À tous les coups, on le sait, ça a été un des sujets de discussion dans les réveillons. Est-ce que je vais ou pas me faire vacciner ? Donc il y a une adhésion à faire progresser dans une opinion qui n'est pas, on dirait en politique, elle n'est pas cristallisée. Il y a 30%, 25 à 30% de Français qui sont contre, qui ne se feront pas vacciner. Il y a une petite partie de la population 1 sur 5 qui est plutôt décidée. Mais il y a 4 Français sur 10 aujourd'hui qui disent ou probablement non ou probablement oui. Et ceux-là disent dans le premier argument qu'est-ce qu'ils pourraient décider ?
Le premier, c'est bien sûr de reprendre une vie normale. Et le deuxième, c'est de se protéger. Et donc plus l'épidémie, on va avoir le sentiment que ça dure, plus on va avoir cette envie de reprendre une vie normale. Et donc là aussi, plus l'adhésion au vaccin va progresser. Soazie Kamenari, il nous reste une minute. Concrètement, que peut dire ou faire Emmanuel Macron pour nous convaincre qu'il maîtrise la situation ? Nous demande Bernard dans le Tarn.
Alors ça, c'est une question très compliquée, mais effectivement, de la réactivité, de l'anticipation, je pense que c'est essentiel. Et qu'on ait des chiffres que tous ceux qui veulent se faire vacciner puissent se faire vacciner le plus vite possible. Ce sera ça, le véritable juge de paix de la gestion de cette phase, quasiment de cette phase 3 de l'épidémie de coronavirus.
Christophe Barbier, sur cette question. Oui, il doit réussir cela. Il doit aussi réussir à convaincre les Français de reprendre des réformes pour redresser l'économie. S'il appuie trop sur les réformes, il y aura une explosion sociale. S'il ne relance pas l'économie, il y aura aussi une explosion sociale, un effondrement avec la flambée du chômage. Et il joue sa présidentielle sur ces trois chantiers. Vaccin, réforme, sauvetage de l'économie. Merci à tous les quatre d'avoir participé. C'est la fin de cette émission de C'est dans l'air, rediffusion 22h40 pour le direct. Je vous retrouve avec plaisir demain soir. Très belle année sur France 5.
Emmanuel Macron