Livret A "autour de 2,5%" : "C'est d'abord une baisse qui est logique", estime le directeur général de BoursoBank
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« Le ministre de l'économie, Éric Lombard, a confirmé ce matin que le taux du livret A allait baisser le mois prochain. »
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« Je pense que c'est d'abord une baisse qui est logique, il faut se rappeler qu'il y a eu un bouclier des 3% du livret A qui aurait dû baisser précédemment. »
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« En 2024, pendant toute l'année, il n'y avait aucune modification et donc là, c'est un juste retour des choses, c'est-à-dire qu'avec la baisse de l'inflation, la baisse des taux courts, il était assez légitime que dans la formule on retombe sur ce chiffre qui est de 2,5%. »
- 1:45PrésentateurPromesse
« même si la ministre des comptes publics Amélie de Montchalin a promis qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôt pour les classes moyennes. »
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« Alors nous on ne voit pas de baisse de la consommation, par contre ils ont épargné plus en 2024 qu'en 2023. »
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« C'est-à-dire les actions, les trackers, etc. et donc tout sur tous ces produits-là. »
- 3:23InvitéChiffre
« C'est encore aujourd'hui 90% du marché bancaire. »
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« Pour la moitié des clients, c'est une banque principale aujourd'hui, Bourse aux banques, sachant comme je l'ai dit tout à l'heure, on a recruté plus d'un million et demi de clients par an en 2022, en 2023 et en 2024. »
- 4:53InvitéChiffre
« 60% a même moins de 30 ans et pratiquement 50% a même moins de 25 ans. »
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« on voit qu'à peu près 10% en gros des Français utilisent, alors dans des proportions probablement assez faibles, encore en montant les cryptos. »
Temps de parole
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Bonsoir à toutes et à tous, ravie de vous retrouver dans l'invité éco de France Info, c'est la plus ancienne des banques en ligne, elle compte désormais plus de 7 millions de clients, Boursobank, ex-Boursorama dont vous êtes le directeur général, Benoît Crisoni, bonsoir. Le ministre de l'économie, Éric Lombard, a confirmé ce matin que le taux du livret A allait baisser le mois prochain, ce sera la première fois depuis 2020, il est aujourd'hui à 3%, il devrait baisser à 2,5%, comment les français vont-ils réagir selon vous, sachant que c'est leur placement préféré ?
Je pense que c'est d'abord une baisse qui est logique, il faut se rappeler qu'il y a eu un bouclier des 3% du livret A qui aurait dû baisser précédemment puisque c'est lié à une formule, elle n'a pas été baissée cette rémunération pour protéger quelque part la rémunération du livret A. En 2024, pendant toute l'année, il n'y avait aucune modification et donc là, c'est un juste retour des choses, c'est-à-dire qu'avec la baisse de l'inflation, la baisse des taux courts, il était assez légitime que dans la formule on retombe sur ce chiffre qui est de 2,5%, il ne faut pas oublier qu'il est.
Alors même si on l'attendait, est-ce que vous pensez que les français attendaient cette baisse ?
Alors évidemment qu'à chaque fois c'est plus difficile à expliquer mais je pense qu'ils peuvent comprendre que si l'inflation est revenue à 2% ou pas très loin, sachant que c'est avec aussi un avantage fiscal sur cette rémunération, c'est très important parce que du coup c'est un taux qui s'avoisine plutôt autour de 3% si on le compare à d'autres produits. C'est un produit sans risque et un produit liquide. C'est pour ça que les français l'adorent puisqu'il correspond à tous, à tous nos besoins, on a toujours besoin d'avoir une poche qui nous permet d'avoir un petit rendement sans risque.
Et donc vous pensez que les français vont réagir comment ?
Je pense que ça ne va pas empêcher du tout la collecte puisque c'est toute chose égale par ailleurs et par rapport à d'autres produits financiers, ça reste évidemment un produit qui restera attractif.
Alors sachant que la période est marquée par l'incertitude, certes il y a un nouveau gouvernement qui nous promet un budget avant la mi-février mais qui nous promet en même temps de la rigueur budgétaire, même si la ministre des comptes publics Amélie de Montchalin a promis qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôt pour les classes moyennes. Mais tout de même, on dit souvent que les français qui ont déjà le taux d'épargne le plus élevé d'Europe remplissent le bas de laine quand ils sont inquiets. Est-ce que vous le constatez ? Est-ce qu'en ce moment ils consomment moins et épargnent plus ?
Alors nous on ne voit pas de baisse de la consommation, par contre ils ont épargné plus en 2024 qu'en 2023, puisque nous on a une très forte croissance aussi de notre nombre de clients et donc il faut relativiser aussi en fonction de la croissance des clients. Mais on a vu qu'ils ont épargné plus de manière très diversifiée. Donc beaucoup d'épargne réglementée dont on a parlé, sécurisée, beaucoup de livrets et de comptes à terme encore puisque les rendements étaient encore intéressants sans risque. Et ils ont aussi fait pas mal de fonds euros dans l'assurance vie et de plus en plus et beaucoup plus que l'année dernière en 2023 sur l'investissement.
C'est-à-dire les actions, les trackers, etc. et donc tout sur tous ces produits-là. Et donc c'est bien sur cet ensemble-là qu'ils ont décidé d'épargner et au global ils ont plus épargné nettement par rapport à l'année 2023.
Mais donc ils ne consomment pas plus, on ne voit pas d'incertitude dans l'épargne de français.
Non pas vraiment, nous dans nos chiffres on ne les voit pas. Pour vous donner un exemple, on a 17 opérations par carte bancaire et par client, c'est exactement le même chiffre. Retraité de la croissance, c'est exactement le même chiffre que l'année dernière. Donc ils ont consommé en tout cas chez nous exactement la même chose que l'année dernière.
Alors BourseBank est une filiale de la Société Générale, 100% en ligne, pas d'agence physique, pas de conseiller. Au bout du fil, vous êtes rentable depuis l'an dernier. Qu'est-ce que ça signifie ? Est-ce que ça signifie que la banque digitale en gros est devenue la norme que les Français n'ont plus besoin de conseillers bancaires ?
Non pas forcément, je pense qu'il y a vraiment deux types de modèles. Il y a un modèle pour des clients qui ont besoin d'être accompagnés et pour ça la banque de réseau avec des conseillers personnels reste un modèle important. C'est encore aujourd'hui 90% du marché bancaire. Et puis il y a aussi des Français qui sont en autonomie, qui sont capables d'être autonomes dans leur gestion de leur argent. Nous on répond à cette promesse-là et donc en effet dans notre modèle, il y a des conseillers quand même au téléphone par exception. Si vous avez un sujet, oui bien sûr, on est toujours là pour aider.
Évidemment qu'il faut qu'il y ait toujours des personnes pour pouvoir aider, mais c'est vraiment, nous on assume totalement notre modèle dont la contrepartie est très claire, c'est le pouvoir d'achat. C'est-à-dire que nous on apporte un modèle où vous êtes autonome en tant que client, la contrepartie c'est que vous payez moins cher globalement les frais bancaires. On a des frais bancaires annuels de moins de 10 euros par an quand le marché est à peu près à 220 euros par an de frais bancaires. C'est logique puisqu'en fonction des modèles que vous choisissez, les coûts ne sont pas les mêmes et du coup les prix pour les clients ne sont pas les mêmes.
Donc c'est à chacun de se déterminer par rapport à ça.
Sachant qu'il y a beaucoup de vos clients sur les 7 millions pour lesquels c'est la banque principale.
C'est à peu près la moitié des clients. Pour la moitié des clients, c'est une banque principale aujourd'hui, Bourse aux banques, sachant comme je l'ai dit tout à l'heure, on a recruté plus d'un million et demi de clients par an en 2022, en 2023 et en 2024. Donc on est en très forte expansion. Et pourquoi ? Parce que je pense que la question du pouvoir d'achat, la question de l'autonomie vis-à-vis de son argent sont aussi des thèmes qu'on retrouve finalement dans l'actualité et dans les attentes des Français.
Est-ce que ça veut dire aussi que vous avez une clientèle qui est nettement plus jeune que les banques traditionnelles ? En gros, l'âge moyen, c'est 35 ans.
Il faut savoir que sur les millions et demi de nouveaux clients par an, 60% a même moins de 30 ans et pratiquement 50% a même moins de 25 ans. Donc on a vraiment un très fort rajeunissement chaque année avec évidemment, plus le Français est jeune, plus il a évidemment des besoins financiers qui sont plus limités. Et moins il a d'argent. Et voilà, et plus ça va avec le temps et plus évidemment il a des besoins qui se sophistiquent. Et c'est là où c'est important aussi d'être une banque en ligne, mais pas que sur le compte courant, mais d'être capable d'avoir une palette d'offres qui soit plus large.
J'ai vu que vous avez énormément de services, une cinquantaine de mémoires. Vous développez de nouveaux services avec une banque privée pour vos clients les plus aisés qui ont du patrimoine. Ça manquait, vos clients, alors on a dit que la plupart de vos clients, vous aviez une clientèle jeune, parfois qui n'avait pas beaucoup d'argent, mais il y en a qui ont des moyens. Qu'est-ce qui faisait de cet argent ?
Je pense qu'avant ils étaient dans des banques privées ou dans d'autres types de banques et nous ce qu'on veut leur envoyer comme message, c'est pas parce qu'on a aujourd'hui principalement des clients jeunes qu'on ne peut pas aussi adresser des besoins un peu plus compliqués, un peu plus sophistiqués. On estime à 400 000 clients sur les 7 millions le nombre de clients qui correspondent à ce type d'offres de services qui va permettre d'avoir des produits un peu plus compliqués, qu'on peut souscrire en ligne quand même, avec lequel il y a la même logique d'autonomie, plus un accompagnement quand même un peu plus personnalisé pour eux, s'ils le décident.
Et donc c'est un lancement qu'on a fait au mois de décembre et qui vient juste de démarrer.
Parce que j'imagine moi que le client connecté jeune, urbain, il n'a pas besoin de vous et qu'il va aller tout seul sur internet, qu'il va investir dans les cryptos, qu'il va investir à l'étranger.
Oui c'est vrai, en fait aujourd'hui plus vous avez d'informations, plus vous avez des outils pour comparer, plus vous allez choisir différents services. Nous ce qu'on voit c'est qu'il y a une plus forte partie des investissements qui vont vers les valeurs américaines, vers les ETF, ce qu'on appelle les trackers. Par exemple Nvidia qui est la dixième valeur la plus traitée l'année dernière. Les neuf premières sont françaises, heureusement, avec évidemment les classiques valeurs bancaires du CAC 40.
Mais ça veut dire qu'ils investissent dans des entreprises qu'ils connaissent.
Oui voilà, c'est-à-dire que pourquoi ils choisissent les marchés américains ? Bon d'abord il y a une performance relative des marchés américains qui est exceptionnelle l'année dernière, donc ça explique aussi en partie ça. C'est des sociétés et des entreprises qu'ils connaissent, que c'est celles qu'ils utilisent tous les jours. Et puis par ailleurs l'accès à ces produits-là aussi est simplifié aujourd'hui. Et vous avez beaucoup plus accès à l'information, vous participez, nous tous, avec beaucoup d'informations autour de Tesla, de Nvidia, etc. Et donc voilà, ça participe évidemment de ce phénomène.
Et dernière question, Benoît Grisonny, les cryptos. Est-ce que vous avez l'impression que les gens aujourd'hui, vos clients, quand ils enlèvent de l'argent, c'est pour aller investir dans les cryptos ?
On n'en fait pas nous directement, mais on peut voir en effet que, et ça, ça a été confirmé par des chiffres de l'OCDE qui avaient été faits par aussi l'AMF, on voit qu'à peu près 10% en gros des Français utilisent, alors dans des proportions probablement assez faibles, encore en montant les cryptos. Mais c'est un phénomène qui est tout à fait là aujourd'hui et qui est principalement d'ailleurs utilisé par les jeunes. Donc ça fait partie des phénomènes qu'on constate aussi.
Merci beaucoup Benoît Grisonny, directeur général de Boursobank, ex-Boursorama. 7 millions de clients aujourd'hui invités éco de France Info ce soir. Merci.