Amélie de Montchalin, députée LREM de l'Essonne, est l'invitée de Léa Salamé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse directe
Le budget de la France, c'est pas trop de pression ?
- 0:41OuverteRéponse partielle
Pour taxer les yachts, qu'est-ce que vous avez décidé ?
- 1:04FerméeRéponse directe
Combien ils vont payer ?
- 1:10FerméeRéponse partielle
Les surtaxes sur les yachts et sur les voitures de luxe vont rapporter à l'État 10 millions, c'est ça ?
- 2:16RelanceRéponse partielle
Que valent ces 10 millions d'euros de taxes sur les yachts et les voitures de luxe par rapport aux 3 milliards que vous offrez en cadeau avec la suppression partielle de l'ISR ?
- 2:52RelanceRéponse partielle
Vous en êtes sûre que le très très riche qui va bénéficier de vos millions en cadeau ne va pas s'offrir un troisième yacht ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On est 38 et mon travail c'est de coordonner le travail sur le budget et de porter nos choix politiquement. »
- 0:26Invité politiqueFait
« C'est pas de pression parce que le cap est clair, c'est ce qu'on a défendu pendant notre campagne présidentielle. »
- 0:54Invité politiqueFait
« On alourdit le droit de port que payent effectivement déjà les propriétaires, mais surtout que ne payent pas des gens qui visitent la France et qui sont pourtant français. »
- 1:05Invité politiqueChiffre
« On est de l'ordre de 10 millions. »
- 1:16Invité politiqueChiffre
« C'est de l'ordre d'idées qu'on a en tête. On verra précisément le chiffrage qui est en train de tourner. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Notre but, ce n'est pas d'être des députés, on vote le budget, on a fini. Le but, c'est comment la feuille de paye va vraiment augmenter, comment l'investissement va repartir. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Ces 10 millions, ils valent qu'il n'y a pas d'effet d'aubaine avec notre réforme de l'ISF à aller investir dans des yachts ou des voitures. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Ces 10 millions, ils valent le fait que tout l'argent qu'on libère, aujourd'hui, il est fléché vers les entreprises et vers les PME. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Le problème, c'est si ce patrimoine, s'il est inégalement réparti et qu'il dort. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Si ce patrimoine, il est investi dans l'économie, s'il permet à l'entreprise de grandir, s'il permet à l'entreprise d'embaucher. »
- 4:27Invité politiqueFait
« S'il y a un jeune qui est milliardaire, je peux vous dire qu'il aura créé des centaines, des milliers, voire peut-être des millions d'emplois. »
- 5:46Invité politiquePromesse
« Notre objectif, c'est qu'il y ait des fortes incitations pour tous les Français à aller travailler, qu'on augmente cette prime d'activité à plus 80 euros par mois en 2022. »
- 5:56Invité politiqueFait
« Donc, ça sera réduit au SMIC. La prime d'activité, pas à ceux qui touchent 1,3 SMIC, mais seulement ceux qui touchent 1 SMIC. »
- 6:35Invité politiqueFait
« Nous sommes des gens lucides. Il y a effectivement, on le sait, à GMS, des gens qui vont perdre leur emploi. »
Temps de parole
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7h50, Léa Salamé, votre invitée ce matin et députée La République En Marche. Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour Léa Salamé. Merci d'être avec nous. Dans les couloirs de l'Assemblée Nationale, on vous appelle la WIP.
Qu'est-ce que ça veut dire la WIP ? Ça veut dire que je suis chef de file de la Commission des Finances pour les députés En Marche qui y sont. On est 38 et mon travail c'est de coordonner le travail sur le budget et de porter nos choix politiquement.
Voilà, vous avez 32 ans, vous êtes donc le référent de La République En Marche pour le budget 2018. Le budget de la France, c'est pas trop de pression ?
C'est pas de pression parce que le cap est clair, c'est ce qu'on a défendu pendant notre campagne présidentielle. C'est des choix qui sont des choix pour les Français, pour le pouvoir d'achat, pour la feuille de paye.
Alors on y va. Et on peut y aller. On y va sur les questions. Grosse réunion de votre groupe hier pour quel est le dernier amendement sur le budget 2018. Pour taxer les yachts, qu'est-ce que vous avez décidé ?
Hier on n'en a pas beaucoup parlé parce que les choses sont déjà bien annoncées. Donc vous connaissez les mesures. Par contre... Non, on va les préciser. Alors on va les préciser. Vous allez alourdir le droit de port que payent déjà les propriétaires de yachts ? On alourdit le droit de port que payent effectivement déjà les propriétaires, mais surtout que ne payent pas des gens qui visitent la France et qui sont pourtant français. Sous pavillons, Malte ou Chypriote. Combien ils vont payer ? On est de l'ordre de 10 millions. Mais ce que je voudrais vous dire sur ma réunion d'hier soir...
Pardon, je précise parce que les chiffres ne sont pas encore sortis. C'est-à-dire que les surtaxes sur les yachts et sur les voitures de luxe vont rapporter à l'État 10 millions, c'est ça ?
C'est de l'ordre d'idées qu'on a en tête. On verra précisément le chiffrage qui est en train de tourner, puisque vous voyez bien que ce sont des choses très précises. Là, on est dans le calage avant un projet de loi de finances dans le terme habituel. Mais ce que je voudrais vous raconter, c'est que j'aurais aimé qu'il y ait un journaliste pendant cette réunion hier soir. On était 130 députés. Il n'y a pas eu de cris, il n'y a pas eu de crise, il n'y a pas eu de polémique. On a passé notre temps, en fait, j'étais très surprise et surtout fière de ce travail. On a passé notre temps à nous dire qu'est-ce qui se passe après le 22 décembre ?
Comment on porte des amendements qui vont nous aider à suivre nos mesures ? Notre but, ce n'est pas d'être des députés, on vote le budget, on a fini. Le but, c'est comment la feuille de paye va vraiment augmenter, comment l'investissement va repartir.
Vous vouliez qu'un journaliste vienne noter que vous n'êtes pas des députés godillots ou que ce n'est pas trop le bordel pour citer un mot en vogue aujourd'hui à la République.
J'aurais surtout voulu que quelqu'un remarque que nous sommes exactement dans le renouvellement de la fonction de député. On est en train de travailler pas juste sur des mesures techniques, on est en train de porter politiquement des choix qui sont des vrais choix pour les Français.
Alors justement, les choix pour les Français, pardonnez-moi de revenir sur le technique, vous nous dites donc qu'il va y avoir ces 10 millions d'euros en plus que les riches vont payer. Que valent ces 10 millions d'euros de taxes sur les yachts et les voitures de luxe par rapport aux 3 milliards que vous offrez en cadeau avec la suppression partielle de l'ISR ?
Ces 10 millions, ils valent qu'il n'y a pas d'effet d'aubaine avec notre réforme de l'ISF à aller investir dans des yachts ou des voitures. Ces 10 millions, ils valent le fait que tout l'argent qu'on libère, aujourd'hui, il est fléché vers les entreprises et vers les PME.
Vous en êtes sûre que le très très riche qui va bénéficier de vos millions en cadeau ne va pas s'offrir un troisième yacht ?
Je ne peux pas en être sûre. Par contre, je sais que rationnellement, aujourd'hui, ce qu'il doit faire avec tout ce qu'on lui propose sur la table, c'est qu'il aille investir dans les PME et dans les entreprises. Ce dont je suis sûre également, c'est qu'on est aussi en train de faire un travail de fond sur les intermédiaires financiers. Vous savez qu'entre l'épargne et l'entreprise, il y a des gens qui sont clés. C'est les banquiers, les conseillers de gestion en patrimoine et les conseillers financiers. J'ai commencé un tour de France vendredi dernier. Je vais les pister. On va les auditionner en début d'année 2018. On va leur dire, c'est quoi votre feuille de route ?
C'est quoi les nouveaux produits que vous allez distribuer pour que l'épargne s'alloue différemment ? C'est quoi surtout le nouveau discours que vous allez tenir ? Si vous, madame Salamé, vous allez dans votre agence bancaire. Aujourd'hui, on vous propose un PEL, un livret A, une assurance vie. Demain, on vous propose un produit qui vous permet de mettre votre épargne dans le capital d'une PME. Et là, on aura changé les choses.
Ça existe déjà. Ce n'est pas le problème des riches. Ce n'est pas l'idée qu'on taxe les riches. Les riches ne sont pas forcément des grands méchants. Le problème, c'est qu'avec cette réforme de l'ISF, vous creusez les inégalités. Les inégalités entre les très très riches et les plus pauvres.
Sur le point des inégalités, je pense que le problème, c'est au fond, pour moi, pas le fait qu'il y ait des inégalités de patrimoine. Le problème, c'est si ce patrimoine, s'il est inégalement réparti et qu'il dort. Moi, je n'ai pas de problème avec des gens qui aient plus de patrimoine. Si ce patrimoine, il est investi dans l'économie, s'il permet à l'entreprise de grandir, s'il permet à l'entreprise d'embaucher. La plus grande inégalité aussi, c'est qu'on a des Français aujourd'hui qui ont des compétences et qui ne trouvent pas d'emploi. Ça, c'est une inégalité.
Ça ne vous dérange pas les très gros patrimoines ? Par exemple, comme Emmanuel Macron disait il y a quelques années, parce que ça date de 2015, « J'ai envie que les jeunes aient envie d'être milliardaires ». Vous êtes d'accord avec cette phrase-là ?
S'il y a un jeune qui est milliardaire, je peux vous dire qu'il aura créé des centaines, des milliers, voire peut-être des millions d'emplois. Donc moi, ça ne me gêne pas qu'on trouve des remèdes au chômage de masse. Un discours décomplexé vis-à-vis de l'argent. Décomplexé vis-à-vis de l'argent qui produit. Ce n'est pas l'argent, vous savez, qui est là pour dormir ou alors être dans la rente. C'est de l'argent qui produit. Pourquoi en France, on n'est pas capable de se dire que des entreprises qui vont mieux, ce sont des salariés qui vont mieux, ce sont des familles qui vont mieux ? Il faut qu'on remette. Ce n'est pas un problème d'argent, c'est vraiment un problème d'investissement.
Alors, question courte. Est-ce que vous êtes favorable à la suppression des allocations familiales pour les très riches, comme le suggère Bruno Le Maire ?
Moi, je suis favorable à ce qu'on remette tout sur la table. Vous savez qu'à la CAF aujourd'hui, il y a 23 allocations pour les familles. Vous savez qu'on a la politique fiscale, on a les allocations âgements. Sur le fond, vous êtes pour quoi ? Moi, je suis pour qu'on remette ça sur la table et qu'on se dise quelle politique sert quel objectif. La politique fiscale, ça peut être un objectif de démographie. La politique des allocations, peut-être, il faut la rendre beaucoup plus sociale. Donc, moi, je suis pour qu'on remette à plein.
Donc, peut-être moins d'allocations familiales pour les très riches. Dans un package global qu'on a revu en profondeur. Le gouvernement met également en avant la hausse de la prime d'activité, 20 euros en plus chaque mois pour ceux qui touchent 1,3 SMIC. Ça va rester ça ? C'est pour les 1,3 SMIC que vous allez réduire le périmètre à uniquement ceux qui touchent le SMIC ?
Notre objectif, c'est qu'il y ait des fortes incitations pour tous les Français à aller travailler, qu'on augmente cette prime d'activité à plus 80 euros par mois en 2022 et qu'effectivement, on la concentre peut-être un peu plus dans le temps vers les plus bas salaires et notamment sur les personnes qui sont à temps partiel. Donc, ça sera réduit au SMIC. La prime d'activité, pas à ceux qui touchent 1,3 SMIC, mais seulement ceux qui touchent 1 SMIC. L'effet sera maximal au SMIC. Ça ne veut pas dire que jusqu'à 1,3 SMIC, il n'y aura plus rien.
Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, il ferait mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas. Bordel, fainéant, ceux qui n'ont rien. Au-delà de la sémantique, quelle est la philosophie de vie d'Emmanuel Macron quand il dit ces mots-là ? Est-ce que c'est, en gros, il y a deux catégories, ceux qui réussissent et les autres, les paresseux ? Est-ce que c'est marche ou crève, sa relation à la vie ?
Moi, je ne vis pas avec Emmanuel Macron au quotidien, donc je ne peux pas parler de sa philosophie de vie. Par contre, je peux parler de notre posture. Nous sommes des gens lucides. Il y a effectivement, on le sait, à GMS, des gens qui vont perdre leur emploi. Ce qu'on veut, c'est savoir où est-ce qu'ils vont travailler, où sont les solutions. Ce que voulait dire Emmanuel Macron, et si vous lisez jusqu'au bout, c'est qu'il demande au préfet de se dire pourquoi à 50 km de chez GMS, il y a des emplois, il y a une entreprise qui ne trouve pas de personnel, et pourquoi on n'arrive pas à faire cette allocation. Et pourquoi ils foutent le bordel ? Il dit ça aussi. C'est maladroit.
Je pense que les mots, effectivement, peuvent toujours être revus à l'infini. Ce qu'il faut quand même avoir en tête, c'est qu'on a dans notre pays des gens qui font peur aux Français. Je ne parle pas des syndicats de GMS. Vous avez l'extrême gauche aujourd'hui.
Vous, qui avez 32 ans, qui avez un discours moderne, vous, de dire le mot fainéant ou de dire le mot bordel, ça vous choque ou non ?
Il y a des moments, moi je pense que je dis aussi des gros mots comme disent mes enfants. Je pense que ce qui est clé là-dedans, c'est qu'on ne fasse pas peur aux Français et qu'on concentre nos efforts sur qu'à la fin, les gens travaillent. Amélie de Montchalin était avec nous.
Merci à vous et belle journée. Merci Léa Salamé.
Amélie de Montchalin