Condamnation de Nicolas Sarkozy: l'interview en intégralité de son avocat Me Christophe Ingrain
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes donc l'avocat de Nicolas Sarkozy qui vient d'être condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs relaxé de tous les autres chefs d'accusation. On va en parler avec vous. On va prendre le temps nécessaire pour comprendre cette décision de justice dans ce qu'on appelle dans ce qu'on appelle l'affaire libyenne, c'est-à-dire des soupçons de financement par le dictateur libien Mohamar Kaddafi de la campagne présidentielle de 2007.
Là aussi, je pèse mes mots car tout ça est extrêmement complexe, mais surtout Nicolas Sarkozy a été placé sous mandat de dépôt avec effet différé et exécution provisoire. C'est du langage juridique, technique, mais ça signifie que l'appel que vous allez peut-être déposer, vous nous direz qui est déjà déposé. C'est une première information que cet appel ne suspend pas l'exécution de cette peine et que Nicolas Sarkozi va donc aller en prison.
On ne connaît pas encore la date précisément. Vous étiez à côté de lui à la mi-journée quand la présidente du tribunal a prononcé ce jugement. Quelle a été sa réaction ?
Nicolas Sarkozy a été très très surpris par la violence de de cette condamnation de la peine imposée et l'humiliation qui est qui lui est aussi imposée avec comme vous le disiez ce mandat de dépôt à effet différé. Euh il est innocent, il se sait innocent, nous en sommes convaincus. Il est innocent, il se bat pour démontrer son innocence.
Le tribunal correctionnel a la relaxé sur trois des quatre délit. Trois des quatre délits, pas n'importequel. Le tribunal correctionnel dit il n'y a pas eu de financement par la Libye de la campagne de 2007.
Le tribunal correctionnel dit il n'y a pas eu de corruption. Euh et pourtant, en dépit euh de la disparition de cet effondrement de ces piliers de l'enquête euh ces piliers qui soutenaient l'enquête depuis près de 12 ans, le tribunal dit "Mais euh vous avez eu connaissance vous auriez eu connaissance du fait que certains de vos collaborateurs pouvaient envisager un financement sortefeu notamment pouvait envisager un financement par la Libye de la campagne et ça ça constitue le délit d'association de malfaiteurs." On va revenir sur tous ces points ma parce que au cœur du dossier, il y a notamment les voyages en Libye fait par Claude Guéan et Brisortefeu.
Bris Sortefeu qui sera d'ailleurs l'un de nos invités tout à l'heure, lui a été condamné aujourd'hui à 2 ans de prison mai. Je sais que les discussions entre un client et son avocat secrètes par définition, mais ce scénario, celui d'une condamnation et d'un renvoi à la case prison, renvoi immédiat, est-ce que vous l'aviez envisagé avec lui dans vos discussions pour préparer ce procès par exemple ? Nous avions envisagé tous les scénarios y compris celui-là. tous les scénarios, passer euh 14 semaines devant un tribunal correctionnel pour répondre de de faits qui sont graves après 12 ans d'instruction, on sait on sait que tout est sur la table, que toutes les peines et toutes les modalités d'exécution des peines sont sur la table.
On espérait que le tribunal aurait le courage de désavouer le travail qui avait été fait préalablement par les juges d'instruction et par le PNF. On ne peut que regretter Arquet national financier pardon ne peut que regretter qu'il n'ait pas eu ce courage et que il est condamné au bénéfice du doute Nicolas Sarkozi avec en utilisant cette voiture balais du droit pénal qui est l'association de malfaiteurs qui est une sorte d'infraction fourtou qui permet euh même si tout s'effondre de trouver quand même un petit quelque chose pour condamner. Nicolas SarkoZi est donc condamné à 5 ans de prison ferme.
D'après nos informations, il est convoqué dans 3 semaines, le 13 octobre prochain, par le parquet national financier. D'abord, est-ce qu'il ira au rendez-vous ? Nicolas Sarkozy est allé à toutes les convocations pas à la justice.
Jamais, jamais, jamais. Oui, c'est une discussion que vous avez pu avoir avec lui aujourd'hui. Jamais, jamais.
Euh, c'est ce jour-là qu'il va le savoir à quel moment il va être incarcéré ? Alors euh c'est le 13 octobre ou est-ce qu'il peut aller directement en prison le 13 octobre ? En tout cas euh dans les semaines qui vi qui viennent, en effet, il aura une une un rendez-vous avec le parquet national financier, rendez-vous au cours duquel seront discuté les modalités euh de la mise à exécution de de la décision du tribunal.
Donc je n'ai aucun détail évidemment, on est très très en amont de tout ce qui va se passer mais euh les il y a 4 mois euh entre le prononcé de la peine et la mise à exécution de la peine, je n'ai évidemment aucune date et aucune idée de comment ça va se dérouler. Vous avez entendu il y a quelques minutes, vous étiez dans les coulisses de ce plateau ce que dit Ségolen Royal, ancienne candidate à l'élection présidentielle qui dit "Si Nicolas Sarkozi a du panache, du respect pour la fonction qu'il a exercé, il doit aujourd'hui respecter la décision de justice." C'est un pilier de la République, vous nous dites.
C'est une décision violente et humiliante. Il y a eu une humiliation aujourd'hui. Très clairement, Nicolas Sarkozi n'accepte pas ce qui a été dit.
Nicolas Sarkozi peut pas accepter cette condamnation dans la mesure où il est innocent. Euh je peux j'entends j'entendais en effet ce que disait euh euh madame Royal. Euh il y a une valeur qui est plus forte que tout qui est le respect de la présomption d'innocence.
Et quand on est innocent, on n'accepte pas euh de baisser la tête pour quelle que soit la raison pour laqu il serait invoqué. Quand on est innocent, on crie qu'on est innocent et on se bat pour voir son innocence reconnue. C'est ce qui se passera.
Il en est absolument convaincu. Ça prendra le temps qu'il faut. On a eu 12 ans d'enquête.
S'il y a 12 ans encore devant nous pour que son innocence soit reconnue, on les prendra et on les utilisera. En attendant ce possible procès en appel, puisque vous nous dites ce soir que l'appel a déjà été interjeté, est-ce qu'il y a des recours ? Est-ce que vous pensez encore que l'ancien chef de l'État peut échapper à la à la prison qu'il attend ?
Alors à l'heure qu'il est, on est quelques heures après le le délibéré rendu par le travailler exactement. Non, on travaille sur ces éléments. Bon, vous pouvez pas nous en dire plus pour l'instant.
Je suppose qu'il y a eu des réunions euh toute la journée. Euh un recours contre l'incarcération ou une demande de libération conditionnelle au vu de son âge puisqu'il a 70 ans. Je suppose que ça fait partie des des pistes possibles.
On regarde toutes les pistes. Bon, euh est-ce que vous savez à quelle date il entrera en prison si ces pistes ne fonctionnent pas ? Ce qui semble très probable.
J'en ai j'en ai à l'heure qu'il est d'abord. C'est très prématuré et évidemment on n'est pas dans ce niveau de détail. Mais vous avez pu en parler avec lui ces dernières heures de l'hypothèse de vivre pendant des mois dans une cellule sans doute à la prison de la santé 9 m².
Non, la seule chose dont on parle avec lui, dont on parle aujourd'hui encore avec lui, c'est qu'est-ce qu'on fait maintenant pour la suite de la procédure et faire reconnaître son innocence ? Le reste, il ne veut pas y penser à la prison pour l'instant. C'est pas C'est c'est on se bat, on se bat.
La justice a relaxé, vous l'avez rappelé maître Nicolas Sarkozi, des accusations de corruption passive, recelle de détournement de fonds public et financement illégal de sa campagne de 2007, mais elle l'a jugé coupable d'association de malfaiteurs pour avoir laissé ses proches Claude Guéant, Brisortefeu démarcher le pouvoir libyen pour aller y chercher de l'argent. Si je résume, il savait mais il n'a rien fait. Alors ça c'est une théorie du tribunal hein.
Ça reproche sur rien. C'est la conclusion. C'est la conclusion qui a été donnée ce matin par la présidente.
Absolument. C'est le c'est ce qui fondent la condamnation. Ça ne repose sur rien.
Ça ne repose sur rien. C'est-à-dire que la présidente, le tribunal considère que lorsque Claude Guéan et Brisortefeu rencontrent des des officiels libyens, c'est forcément forcément pour évoquer un possible financement de la campagne électorale de Nicolas Saint. offici, c'est pas n'importe qui.
On parle d'un homme qui est le beaufrère de Mohamar Kadfi qui a été condamné à la perpétuité en France pour avoir organisé un attentat qui a fait 170 morts. C'était l'attentat contre le décéd du TA qui est chef des services secrets libyens. C'est pas un c'est pas n'importe qui cette rencontre. ces rencontres de Claude Guéan et et Brisfeu.
Nicolas Sarkozi ne savait pas que son bras droit Claude Guéan et son meilleur ami Bris Sortefeu allait rencontrer cet homme. Ah je vous le confirme. Il ne le savait pas.
Il a jamais posé la question. Par hypothèse, s'il le savait pas, il pouvait pas leur demander qui il avait rencontré et s'ils avaient rencontré cette personne. Il n'a jamais demandé ni demandé préalablement ni validé postérieurement une rencontre avec cette personne.
Jamais. Et il y a rien dans le dossier qui vient établir le contraire, rien. Euh vous parliez des des relaxes, on nous dit pas de financement, pas de corruption, mais peut-être quand même que on a discuté d'un financement et cette cette thèse condamner quelqu'un sur une thèse, c'est normalement pas possible au tribunal de Paris dans l'affaire du modè François Baou.
François Baïou est relaxé parce que le tribunal considère que une théorie fut-elle vraisemblable, une hypothèse fut-elle vraisemblable ne permet pas d'établir la culpabilité de quelqu'un ? Cette jurisprudence qui bénéficie à François Berou et j'espère à plein d'autres personnes à Paris et ailleurs, elle n'a pas bénéficié à Nicolas Sarkozi. Il y a pas eu d'enrichissement personnel, ça ça a été démontré par la justice.
Mais ce que dit là encore précisément la présidente ce matin, c'est nous avons constaté que des flux d'argent sont effectivement partis de Libye, mais que les éléments de la procédure ne font pas la démonstration que ces fonds sont bien arrivés dans les caisses de la campagne Sarkozy, mais en droit, vous savez que l'intention suffit pour condamner. Oui. Alors, c'est quand même un vrai problème ce que vous nous expliquez ce que ce que vous rappelez c'est d'ailleurs que non que le tribunal vous rappelez ce que ce qu'a dit le tribunal ce matin, que des flux soient partis de Libye, bon ils vont où ils veulent.
Le tribunal dit "Il y a pas d'élément démontr que ces flux arrivent dans la campagne." Alors, j'ai du mal à comprendre pourquoi on condamne Nicolas Sarkozi. Si ces flux partent de Libye et arrivent ailleurs, qu'est-ce que la campagne de Nicolas Sarkozy et qu'est-ce que Nicolas Sarkozy vient faire au milieu de tout ça ?
Il appartient quand même. On a eu 12 ans d'enquête, il y avait le temps de d'essayer de de démontrer si ces flux étaient arrivés dans la dans la campagne. Il y a rien.
Alors, je ne sais pas où ils sont allés mais moi je suis pas ni juge ni enquêteur. Alors, je vous pose la question à vous. Que faisait Claude Guéant et Brisfeu avec le beauf-frère de Moimar Kaddafi ?
Si c'était pas pour parler d'argent, qu'est-ce qu'ils allaient faire là-bas ? Qu'est-ce que le directeur de cabinet de l'Élysée va faire avec un homme recherché par la justice ? Ils s'en sont expliqués pendant l'audience.
Ils ont expliqué que ils avaient été victimes de piège. Je le directeur le on les a emmené en disant qu'ils avaient un rendez-vous. On leur a pas dit avec qui avec un dignitaire libien.
On l'aura pas dit avec qui mais enfin un secrétaire un directeur de cabinet du ministre de l'intérieur ou un ministre de ou un ministre comme était Bris Ortefeu ministre des collectivités territoriales ce qui n'a pas de lien évident avec la Libye quand même. Le tribunal a reconnu ce matin que le l'accord qui avait été signé entre le ministère des collectivités territoriales et son homologue libien était fondé ne pouvait pas être remis en cause. Donc non, il y avait avec son homologue libien, pas avec le chef du renseignement.
Oui, mais le chef du renseignement, le fonctionnement de l'État libien est assez peu similaire au fonctionnement de l'État français. Il y a pas une répartition des tâches aussi clair et des ministères aussi clairs que on peut l'avoir en France. Par ailleurs, Brisfeu et il vous le confirmera, j'imagine tout à l'heure, a expliqué lui aussi qu'on lui avait indiqué qu'il rencontrerait un dignitaire libien, mais il ne savait pas qui sont des rencontres qui ont été très brèves.
Il y a, je n'étais pas présent, personne n'est présent. On ne peut se reposer que sur ce que disent Brisfeu et Claude Guéant. Il y a j'imagine des sujets divers qui ne sont pas forcément le financement de la campagne de 2007.
Le tribunal décidés, c'est le financement ou rien. Mais je sais pas d'où il le sort. Si je résume, Claude Guillant s'est fait piéger.
On a rencontré un homme banni de la communauté internationale. Brisortefeu s'est fait piéger par le même homme et Nicolas Sarkozy ne savait rien de ses déplacements, ni avant ni après. Oui, jamais.
Il n'a rien su. Non, il a pas su. On peut le comprendre hein.
Il y a rien de très glorieux pour Claude Guéant ou pour Brisortefeu d'avoir été piégé et d'avoir été mis en face de fait de cette personne. Je moi je peux comprendre que on quand ils reviennent à Paris, ils n'aillent pas s'en vanter. Vous pensez pas que si Brisfeu ou Claude Guand effectivement se sont fait piéger par un homme encore une fois qui est recherché par la police française depuis des années et des années, il va en parler au chef de l'État pour lui dire "Je me suis fait piéger, peut-être que ça va te retomber dessus." Je pense que les deux hommes se tutoi.
Ils ne l'ont pas fait. Ils ne l'ont pas fait. C'est une faute de leur part.
Je n'ai aucun élément là-dessus. Ils ne l'ont pas fait et vous le confirmera, Briso vous le confirmera. Est-ce que vous dites comme Nicolas Sarkozy ce matin que ce jugement a été un scandale guidé par la haine ? la haine.
Je je comprends qu'il puisse se poser, qu'il puisse avoir ses doutes et qu'il puisse avoir cette réflexion dans la mesure où on ne lui a pas appliqué la jurisprudence habituelle du tribunal. Je comprends qu'on se pose des questions comme celle-là. Je comprends il y a quelque chose entre dire, pardon ma je vous ai coupé entre dire je ne reconnais pas cette décision, je suis innocent et dire il y a eu de la haine de la haine des magistrats contre moi.
On vous relaxe pour trois des quatre délits qui vous sont reprochés. On vous condamne avec un délit qui est une voiture balaise. On vous condamne à une peine extrêmement lourde avec un mandat de dépôt à effet différé qui prive l'appel d'une partie de son intérêt, hein.
Le mandat de dépôt a effet différé. Ça veut dire qu'en effet, ce qu'on espère, c'est que quand vous serez jugé en appel par la cour d'appel, vous aurez déjà accompli une grande partie de la peine et que si la cour d'appel vous relaxe, et bien vous avez quand même fait de la prison. Et ce temps passé en prison, on peut pas revenir dessus.
Alors, je peux comprendre qu'il est ce type de réflexion. Euh, il y a une autre personnalité politique, Marine Le Pen, qui a été condamné euh elle à une peine d'inligibilité et qui a vu également euh ce même procédé de la la peine qui doit s'appliquer euh immédiatement. L'exécution provisoire, elle a d'ailleurs dit aujourd'hui que le cas de Nicolas Sarkozy comme le sien, c'était une atteinte à la présomption d'innocence.
Vous diriez la même chose dans les mêmes termes. L'exécution provisoire, c'est une atteinte à la présomption d'innocence puisque on doit purger sa peine avant de pouvoir aller en appel. On n'arrive pas avec la même euh le même bénéfice de la présno devant la cour d'appel quand on a des menotes en main ou quand on n' pas de monotom.
Les magistrats qui ont prononcé cette mesure le savent et en effet la présno est pas tout à fait la même. Et la présno elle est atteinte lorsqu'on prive une personne de l'effet de l'appel. Vous considérez que les juges ont voulu pardon pour l'expression le scalpe d'un ancien président.
Je je je que la présidente a voulu faire je ne alors c'est le tribunal, c'est pas la présidente. Il faut pas personnaliser. Moi je je je je n'imagine pas les choses comme ça.
Je je suis très choqué et j'ai du mal à comprendre. Je ne comprends pas. Enfin si ma réflexion après coup, c'est de me dire que s'appeler Nicolas Sarkozi, c'est une infraction.
C'est ça le sujet. C'estàd que il ne bénéficie pas euh de ce dont les autres prévenus peuvent bénéficier. Il ne bénéficie pas des jurisprudence dont je vous parlais, du fait qu'on ne peut pas condamner quelqu'un sur une hypothèse.
Vous êtes à deux doigts de nous dire qu'il y a une justice d'exception contre lui. En tout cas, si n'est pas protégé comme les autres français. En tout cas, je comprends qu'on puisse s'interroger.
Vous contestez donc tout he j'essaie de bien résumer la le principe de la condamnation, la peine, les 5 ans et l'exécution provisoire pour vous, il y a rien qui va dans ce jugement. Ah, il y a rien qui va parce que il y a pas de financement de toute façon. Il y a pas eu de financement, il y a pas de corruption.
Le tribunal le reconnaît. Le tribunal dit "Mais malgré tout, il y a quand même quelque chose." Et ce petit quelque chose qui reste, qui est arrivé dans le dossier d'instruction en toute fin d'instruction, hein, c'est vraiment un délit qui est arrivé dans les derniers mois de de l'enquête, des 12 ans d'enquête.
Ouais. On utilise ça pour le condamner et pour lui imposer une peine extrêmement lourde avec une mise en œuvre extrêmement rapide. On croyait quoi ?
Qu'il allait sauver Nicolas Sarkozi, qu'il allait repartir essayer de financer une campagne avec euh un autre état. Il l'a jamais fait. Il a répondu à toutes les convocations.
Il a pas financé sa campagne avec de l'argent étranger. C'est quoi l'intérêt de d'ordonner la mise en œuvre de cette de cette peine d'emprisonnement ? C'est quoi l'objectif si c'est pas l'humilier ?
Je sais que vous êtes avocat. Maîre, je sais que votre rôle est de défendre les citoyens, quel qu'ils soient, les les présidents ou les les anonymes. Est-ce qu'au-delà du cas de Nicolas Sarkozy, oublions-le quelques instants, est-ce que le risque aujourd'hui c'est pas celui du tous pourri ?
C'est-à-dire que ce jugement éloigne encore un peu plus les Français de leur classe politique à partir du moment où un ancien président sera dans quelques semaines en prison ? Je crois que le risque il est il est il est autre. Le risque il est qu'on ne comprend pas cette décision, qu'on ne comprend pas pourquoi lui on lui demande d'aller en détention très rapidement alors que dans d'autres dossiers dans lesquels la le mandat de dépôt est beaucoup plus logique, des violences, des choses comme ça, euh c'est beaucoup moins euh c'est c'est ça n'est pas prononcé.
Je pense que c'est ça le sujet. La présidente a donné une justification à l'exécution provisoire. Elle dit une décision justifiée par la préparation, je cite, d'une corruption au plus haut niveau possible, des faits d'une gravité exceptionnelle de nature à altérer la confiance des citoyens.
Ça c'est ça c'est c'est là aussi qu'on rentre dans quelque chose qui n'est plus de la justice mais qui est de la morale. On condamne pas des gens sur la morale. Mon appréciation de la morale n'est peut-être pas la vôtre et n'est probablement pas celle du tribunal.
Mais quand on est président ou candidat à l'élection présidentielle, c'était le cas de Nicolas Sarkozi à l'époque, on doit peut-être être plus exemplaire et plus vigilant que mais il a été exemplaire puisque le tribunal a reconnu qu'il n'y avait pas eu de financement de la campagne par la Libye. Voyez, il y a une contradiction qui est quand même incroyable. On lui dit plus exactement, elle dit qu'elle n'est pas sûre que les fonds soient arrivés.
Elle n'est pas sûre que les fonds soient arrivés et qu'elle n'a pas pu le prouver. C'est quand même un vrai sujet sur un un problème de financement de campagne électorale. Quand on n'est pas sûr, c'est qu'il y a pas Vous savez, c'est quand même très étrange pour un tribunal correctionnel de dire "On n'a pas pu prouver qu'il y avait eu un financement mais on n'a pas pu prouver le contraire non plus.
Ça s'appelle une condamnation au bénéfice du doute. C'est insupportable. S'il y a pas de preuve, il y a pas de condamnation.
Merci beaucoup maître Ingrain. Vous allez retrouver votre client je suppose ce soir, demain dans les jours qui viennent pour préparer cet appel que vous nous avez confirmé ce soir sur ce plateau. Merci beaucoup d'être venu ce soir sur BFM
Nicolas Sarkozy