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ChroniqueFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 11 mai 2026 3 minAutoproduitDivertissement

Cinéma : avec "Michael" en 4DX, vous apprendrez quelque chose sur vous

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Présentateur

Et c'est l'heure de votre humeur du jour, Guillaume. Et ce matin, vous avez failli aller au cinéma ? Eh oui, ce week-end, j'ai failli aller au cinéma, mais j'ai préféré aller voir Michael, le biopic inspiré de la vie de Michael Jackson. Alors, vous allez me dire, mais pourquoi ? Alors, je pourrais vous répondre que la programmation a été faite par un public adolescent entièrement responsable de ce choix. Je ne vous parlerai pas du film. Lucille Comeau l'a fait mieux que moi. Je vous renverrai donc à sa chronique, pour le dire en deux mots. Disons que ce film n'écorgne pas l'image de la star. C'est un long clip entrecoupé parfois de quelques paroles.

Mais rassurez-vous, celles-ci sont assez rares et produisent un effet de sens plutôt modeste. C'est une sorte d'agiographie. C'est un film très malrussien. Il est inspiré d'André Malraux. Enfin, Malraux qui disait « La vie d'un homme, c'est un misérable tas de secrets ». Et ce biopic considère qu'il ne vaut mieux pas s'étendre sur ce misérable tas de secrets concernant Michael Jackson. De toute façon, je ne veux pas du tout vous parler de cinéma. Je vais vous parler de 4DX. Car j'ai eu la chance, ou l'expérience anthropologique, de voir Michael en 4DX. Qu'est-ce que le 4DX ? Dans un cinéma pâté de quartier. Le 4DX, ça veut dire que le siège bouge. Vous avez un ventilateur face à vous.

Vous avez de l'eau qui tombe. Et puis, vous avez aussi un flash qui se déclenche à chaque fois que Michael monte sur scène. Vous passez donc deux heures avec un stroboscope dans la rétine. Au début, vous vous demandez si vous n'allez pas rendre vos pop-corns parce que le fauteuil n'arrête pas de vous secouer. Mais finalement, ça se passe convenablement. Il ne se passe rien de catastrophique. Tout ça, évidemment, m'a fait penser au sociologue Gerox Zimmel parce que Zimmel avait réfléchi à l'encombrement des sens dans la modernité. L'individu moderne ne se satisfait plus de voir, de sentir ou d'écouter seulement. Il veut tout cela à la fois et davantage encore. Et le 4DX, c'est exactement ça.

Le cinéma ne suffit plus. Il faut du mouvement, du souffle, des vibrations, des odeurs, bientôt sans doute, afin que le spectateur ait le sentiment d'exister suffisamment fort. Comme si notre époque avait fini par considérer que l'attention ne pouvait plus naître du silence ou de la contemplation, mais seulement de l'agression sensorielle permanente, plus de sensations, plus de stimuli, plus de nervosité, plus d'excitation. Le 4DX est la réponse à l'excitabilité de nos sens. Et j'attends, je dois vous le dire, la radio en 4DX.

Alors oui, si vous allez voir Michael, allez-y peut-être en 4DX, non pas pour apprendre quelque chose sur Michael Jackson, le film s'en charge assez peu, mais parce qu'au moins, vous apprendrez quelque chose sur nous.